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Les belles voitures, derniers cris du génie inventif de l'Intellect des "êtres humains" sont garées dans les parking dont certains sont sous surveillance électronique. 

Coronavirus (Covid-19) a repoussé l'orgueil des "êtres humains" jusqu'à son dernier retranchement dans des maisons durement acquis et chèrement payés au bénéfice des banquiers internationaux, qui nous maintiennent dans l'enclos du capitalisme néolibéral comme de pauvres moutons qui ont besoin des berges pour leur montrer le chemin de la victoire de l'Esprit sur l'Intellect.

Il a fallu qu'un petit virus de rien du tout, vienne nous rappeler:

Que nous ne sommes rien.

Que nous n'avons rien.

Que nous ne savons rien et que nous avons tout à apprendre y compris:

Comment se laver les mains.

Combien c'est difficile de se tenir loin l'un de l'autre (la distanciation sociale).

Comment c'est inhumain de demander aux enfants de jouer désormais tout seul, chacun à 2 mètres de distance de l'autre dans des petites cages virtuelles(des petits carreaux) tracés au sol dans la cour de récréation.

Combien c'est invivable d'avoir tourné le dos aux secrets des plantes médicinales.

Combien c'est difficile de vivre chacun calfeutré dans les frontières créés de toute fantaisie par le génie de l'Intellect.

Coronavirus (Covid-19) a montré sa "suprématie" sur les autres maladies en les renvoyant avec nous dans nos enclos humains de confinement.

Pendant ce temps, les animaux que nous avons confinés dans les enclos naturels de dehors, sortent et prennent la place des "êtres humains" dans leurs belles rues.

Présentement, les "êtres humains" sont confinés tandis que les animaux sont déconfinés.

À quand le véritable "DÉCONFINEMENT" de l'Esprit que nous avons eu l'illusion d'avoir "CONFINER" dans l'enclos de l'Intellect?

Que ceux qui ont des oreilles pour voir, "voient". Que ceux qui ont des yeux pour entendre, "entendent".

Vie, Santé, Force!

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Domestiquer l'âme des conquis, seule garantie d'une domination réussie:

 


  http://www.youtube.com/watch?v=y4EN4jzyOmI

Les Enfants perdus de M'Bour:


http://www.youtube.com/watch?v=sKhj1g1yo9Y


  HISTOIRE DE L'IMMIGRATION AUX ANTILLES APRES 1848

Après l'abolition de l'esclavage en 1848, se pose le problème de trouver une main-d'œuvre pour les travaux agricoles. Souvent, les travailleurs libres quittent les habitations pour acquérir leurs propres lopins de terre ou occuper sans titre des terres moins riches dans des régions plus accidentées. Ceux qui restent doivent être payés par les colons, qui souvent manquent de liquidités. Dès 1848, par conséquent, la solution de l'immigration est évoquée, à l'exemple des colonies anglaises de la Caraïbe.

En fait d'immigrants, l'ordre de préférence est celui-ci :

INDIENS, AFRICAINS ("neg kongo" ou Congolais) et CHINOIS.

Dans un premier temps, l'on se tourna vers l'immigration africaine. Quelques centaines de Noirs libres furent introduits par M. Chevalier, venant de la côte occidentale de l'Afrique, mais les difficultés furent telles pour leur recrutement que le trafic cessa bientôt. Le ministre de la Marine autorisa le recrutement parmi les Noirs esclaves d'Afrique. Ces esclaves étaient rachetés, puis introduits libres dans les colonies avec droit au rapatriement à l'expiration de l'engagement.

Le 1er juillet 1861, la signature de la convention entre la France et l'Angleterre réglementant l'introduction des Indiens, permit de mettre fin à cette immigration qui, par certains aspects rappelait trop les pratiques esclavagistes.

Les résultats de l'immigration asiatique ne furent guère plus heureux si l'on en juge par l'exemple de la Guadeloupe. En 1894, furent introduits environ 500 travailleurs japonais pour les plantations de Grande-Terre. Très vite ils entretinrent de mauvaises relations avec les travailleurs créoles et les employeurs. A la suite de nombreuses rixes et surtout de grèves qu'ils déclenchèrent en juillet-août 1895, ils furent rapatriés dans leur pays d'origine.

Quant aux 272 Annamites, après une révolte, les uns furent déportés en Guyane, les autres renvoyés en Indochine. Finalement, à l'exception de l'apport de populations indiennes, toutes ces expériences d'immigration se soldèrent par des échecs. En effet « l'Indien est plus doux, plus soumis, il est moins exigeant que le Noir et, s'il fournit moins de travail, il n'est pas sollicité par de capricieuses aspirations vers l'indépendance, et l'oisiveté. C'est un instrument de travail moins productif mais plus maniable, plus régulier et moins facile à se déranger ». Telles étaient la pensée de l'époque, telles sont encore les causes de la préférence accordée à l'immigration indienne.

L'IMMIGRATION INDIENNE AUX ANTILLES FRANÇAISES

L'immigration « des Indiens » fût organisée entre 1854 et 1885 par les pouvoirs publics en vue de pallier le manque de main-d'œuvre locale consécutif à l'abolition de l'esclavage en 1848.

Une immigration réglementée :

Il existe deux formes d'immigration :

- L'immigration libre effectué à titre individuel par les planteurs
- L'immigration massive sous contrôle gouvernemental, accompagné d'une aide.

C'est la seconde solution qui prévaut.

Le ministère de la Marine et des Colonies signe avec des armateurs et des compagnies maritimes des « traités » prévoyant le transport régulier de contingents indiens. Le premier de ces traités est conclu en 1852, avec le capitaine BLANC pour le transport en six ans, aux Antilles françaises de 4 000 Indiens. L'Etat s'engage à payer une prime de 250 F par Indien adulte et 150 F pour un non-adulte.

L'engagiste doit verser une somme sensiblement égale et rembourser les 50 F d'avance faite par le recruteur à l'engagé en Inde. Le 25 avril 1855 est crée à Pondichéry la Société d'immigration de l'Inde française pour organiser le recrutement et l'expédition des Indiens vers les colonies françaises; enfin, le 1er juillet 1861, une convention franco-anglaise est signée permettant de recruter de la main-d'œuvre dans l'Inde du nord à partir du port de Calcutta.

Qui sont les Indiens et d'où viennent-ils ?

L'origine des immigrants est diverse : jusqu'en 1861, l'essentiel de la main d'œuvre provient de l'Inde méridionale : les TAMOULS, originaires de la « présidence » de Madras et de loin les plus nombreux, sont embarqués à Pondichéry et Karikal. A partir de 1873 et jusqu'en 1875, le recrutement à partir de Calcutta devient prépondérant avec des Indiens du nord-ouest de l'Inde. Les types physiques sont différents et Singaravalou, un historien guadeloupéen, indique que les Indiens recrutés dans les différentes circonscriptions n'avaient pas la même allure, ni les mêmes aptitudes au travail de la terre.


 Comment sont-ils perçus par la population ?

En 1878, Haurigot, un écrivain français témoigne dans son livre « Excursions aux Antilles françaises » :

« Ils sont grands, minces, élancés, avec des attaches légères et des traits d'une finesse extrême. Leur cheveux plats sont longs et rudes, et d'un noir terne. Ils sont en général doux et adroits, soumis, obséquieux même. Ils forment une caste distincte qui se mêle peu aux autres habitants et constituent ainsi un élément à part, un noyau nouveau de population ».

Les origines socioprofessionnelles sont semblables même si les immigrants sont d'origines géographiques différentes : castes moyennes et inférieures forment le gros des contingents. Les adeptes de la religion hindoue sont les plus nombreux : plus de 8 Indiens sur 10. Les Chrétiens sont en très petits nombre, par contre une minorité non négligeable est musulmane.

QUEL EST LE STATUT DE L'IMMIGRÉ INDIEN ?

Tout immigré indien est titulaire d'un contrat d'engagement. Il doit aussi avoir un livret et un passeport intérieur.

- Le livret est obligatoire pour tout travailleur indien âgé de plus de 10 ans. C'est à la fois une carte d'identité et un moyen de contrôle qui doit pouvoir être présenté à tout moment sous peine d'amende.

- Le passeport intérieur est indispensable à tout adulte de plus de 16 ans, sous réserve de payer l'impôt.

- Le contrat d'engagement stipule que celui-ci ne peut excéder une durée de cinq années.

A la fin de son contrat, le « COOLIE » qui n'use pas de son droit de rapatriement à plusieurs possibilités :

- Signer un nouveau contrat de travail

-S'engager comme travailleur libre ayant renoncé définitivement à son droit de rapatriement ou l'ayant « réservé »

-Travailler avec un permis de résidence libre sous le régime de droit commun

L'Indien qui n'est pas un citoyen français, bénéficie de la protection du service de l'immigration composé d'un inspecteur d'arrondissement, et d'agents chargés de veiller aux conditions d'existence des Indiens. Ces derniers doivent faire des tournées, recevoir les plaintes et doléances des immigrants, vérifier les carnets, contrôler l'état de santé et les conditions de travail.

Ce sont les agents de l'immigration qui vont pour eux en justice; ne sachant pas le français, les Indiens n'ont pas le moyen d'exprimer leurs besoins, leurs plaintes; ils dépendent entièrement des agents pour le redressement de leurs griefs. Ils sont donc peu défendus.

L' accès des Indiens à la citoyenneté française

Ce n'est pas sans difficultés que les Indiens des Antilles françaises ont obtenu la reconnaissance de leur qualité de citoyen français à part entière. Cette reconnaissance est le résultat de la lutte d'un Guadeloupéen d'origine indienne, Sidambarom, qui finit par obtenir définitivement gain de cause en 1922. Les membres de la communauté indienne, suivant l'exemple de Sidambarom, participèrent d'abord avec réticence puis de plus en plus à la politique locale.

L'assimilation des Indiens à la nation martiniquaise s'est faite progressivement, avec le temps. Toutefois, peu d'éléments ont permis d'apprécier la lutte des Indo-martiniquais pour leur assimilation politique, comme sociale. Mise à part la fameuse affaire des « seize de Basse-Pointe » dans laquelle trois Indiens ont activement participé, la seule trace retenue serait celle d'Eugène GOVINDIN, élu municipal de la commune de Basse-Pointe et compagnon de route de Joseph LAGROSILIERE.

Malheureusement, nous ne pouvons prétendre que son œuvre ni celle de PERMAL aient eu des retombées particulières sur la reconnaissance des droits civiques et politiques des descendants d'immigrés indiens dans les colonies françaises d'Amériques. Même si l'abstention de toute la communauté indienne, en 1952, a fait capoter l'élection municipal du candidat favori de Basse-Pointe, à cause de propos malveillants qu'il avait émis à leur encontre chez son coiffeur.


 LA VIE QUOTIDIENNE DES INDIENS

A la Martinique, lors des premières années, le débarquement a lieu à Saint-Pierre, puis à partir de 1857, pour des raisons de contrôle sanitaire, il est déplacé à Fort-de-France où un « dépôt des immigrants » est construit à leur intention sur la rive droite à l'embouchure de la rivière Levassor. Une fois les formalités administratives remplies, les travailleurs sont attribués aux engagistes qui doivent logement, nourriture et soins. L'immigré doit effectuer un maximum de neuf heures trente de travail par jour, mais « n'est pas considéré comme travail l'obligation de pourvoir les jours fériés aux soins des animaux et aux besoins de la vie habituelle ».

Il perçoit un salaire fixe de 12,50 francs pour les hommes, 10 francs pour les femmes et 5 francs pour les enfants, vêtements et vivres (214 grammes de morue, 85 centilitres de riz, 20 grammes de sel) devant être fournis par les propriétaires. Le salaire est dû après les vingt-six jours réellement effectués. L'habitant étant le seul juge du nombre de jours effectués, des abus sont nombreux, surtout les salaires impayés. La réalité est tout autre. Le contrat n'est pas respecté. Les immigrés sont logés misérablement sur l'habitation.

Ils sont littéralement parqués dans les cases des anciens esclaves, le planteur n'ayant pas jugé bon de modifier la structure de son habitation du fait de l'arrivée des immigrants. Il n'y a pas de médecin, pas d'infirmerie comme le prévoyait le contrat. Les mauvais traitements, les détentions sévères et arbitraires sont nombreux et tout cela avec la complicité des syndics. Les bastonnades et les assassinats sont fréquents.

Les immigrants engagés, comme tous les autres ouvriers agricoles, sont attachés à l'habitation comme de véritables serfs, avec leurs cases en paille au sol en terre battue, sans horaire fixe, travaillant les dimanches et jours de fête. Ils sont souvent payés avec le « caïdon », sorte de pièce en métal (souvent en cuivre) sur laquelle sont inscrites les initiales du béké, et d'une valeur de cinquante centimes.

Avec ces « caïdons », ils ne peuvent acheter que dans la boutique du propriétaire, située généralement sur la propriété ou dans ses alentours proches. Au moment de la paie, leur dette était déduite de leur salaire. Leur compte étant toujours débiteur, ils restaient liés à leur béké et à l'habitation. Il n'en demeure pas moins que le « caïdon » permettait de mieux contrôler la présence des salariés.

Ce n'est qu'en 1912 que cette pratique du « caïdon » sera supprimée.

Les immigrants indiens vivent donc cloisonnés à l'habitation, dans une misère effroyable: le montant du salaire journalier n'a guère évolué entre 1853 et les prix ne cessent d'augmenter. Ils sont taillables et corvéables à merci, éloignés de toute évolution de la vie sociale comme politique de l'île, pourtant en pleine ébullition. Les immigrants indiens engagés, salariés dans le cadre d'un contrat, et leurs descendants métis ou non nés sur le sol français des colonies des Antilles, demeurent sujets de la Reine d'Angleterre et doivent être régis par la loi britannique.

En conséquence, l'engagé indien n'est pas soumis au droit commun comme le créole – bien que le régime du travail réglementé ait été aboli en 1884-85, mais « au régime exceptionnel... aggravé par une réglementation toute spéciale à l'immigrant », l'engagé indien étant toujours considéré comme sujet de sa Majesté la Reine d'Angleterre et non comme sujet et encore moins comme citoyen français. Ainsi, les engagés indiens continuent d'être assimilés à des étrangers. Leur sort est injuste, car, exposé à l'arbitraire. Ils travaillaient sans avoir aucun des avantages des pays libres.

Les réactions des indiens face au non-respect du contrat

Dans cet univers concentrationnaire, l'Indien ne pouvant s'exprimer pour réclamer lui-même ses droits, adopte plusieurs attitudes : la révolte, le désespoir ou la fuite. Ainsi, dès 1861, ils deviennent des incendiaires pour se venger des mauvais traitements infligés, des « coolies marron » pour fuir cette réalité abominable « en 1885, on note que la Savane du Fort de Saint-Pierre était élue domicile par les coolies vagabonds de Saint-Pierre, déguenillés, sales, malingres... ». Tout cela parce qu'ils ne sont pas soumis au droit commun et par conséquent exposés à l'arbitraire.

Il faut dire qu'il y avait une comptabilité spéciale pour les Indiens. Une simple absence est signalée par la mention « marronnage » ! Le vieux réflexe de l'esclavage se perpétue. Il ne s'agit là, que d'un non-respect du contrat de travail. Le maître, l'engagiste, est peu soucieux d'exécuter les clauses du contrat, se sachant « à l'abri dans sa mauvaise foi, grâce à la connivence tacite des autorités locales », comme le disait si bien Armand CORRE, dans son étude politico-sociologique en 1890.

En 1868, les incendies devenant de plus en plus fréquents, le Gouverneur finit par admettre qu'il s'agit bien d'une réaction contre les procédés des propriétaires. A CORRE nous précise que « l'incendie était une des formes les plus ordinaires de l'attentat parmi les coolies ; ils se vengeaient de la mauvaise foi ou de l'inhumanité de leurs engagistes en les frappant dans leurs biens, n'osant les atteindre jusque dans leur personne ». Pour ce, « ils mettaient le feu aux cannes déjà mûres pour la récolte ou récoltées et emmagasinées, à l'usine,... avec l'intention de nuire aux maîtres... ».

Malgré tout, les désertions des ateliers de travail continuent à un rythme si soutenu que le Directeur de l'Intérieur dépassé, signale au Gouverneur que les « Indiens emploient tous les moyens possibles pour se soustraire à leurs obligations de travail ». Les « incendiaires » indiens « mettent le feu afin d'être envoyés à Cayenne, où ils espèrent, en subissant leur peine, trouver tout à la fois, repos et bonne nourriture ».

 Et cette opinion est fortement accréditée. L'année 1870 va vivement secouer la Martinique. La tension sociale déjà grandissante se trouve accrue par les répercussions de la guerre franco-allemande sur le plan économique : les planteurs sans numéraires et ne bénéficiant plus d'avances des commissionnaires de Saint-Pierre, ne peuvent plus rémunérer les travailleurs.


 De 1881 à 1886, la Martinique vit en pleine crise sucrière.

Avec cette crise, apparaîtront les premières rancoeurs des anciens esclaves envers les immigrants.
Pour la population de l'époque :

« Il existe deux catégories de travailleurs :

•-« Ceux qui sont soumis au droit commun, les Créoles

• -Ceux qui sont soumis au régime exceptionnel, les Indiens ».

Le salaire des Indiens est fixé par décret, et c'est donc le travailleur indigène qui supporte la crise. Il coûte cher et ne chôme pas. L'immigration devient une concurrence organisée au détriment du travailleur créole. En effet, réguliers étaient les mouvements de « briseurs de grève » élaborés par les planteurs qui déplaçaient les travailleurs indiens de leur plantation de Saint-Pierre par exemple jusqu'à leur propriété de Basse-Pointe afin de couper court au mouvement déclenché. Et vice-versa. Ce qui ne manque point de faire considérer les Indiens comme des briseurs de grève. Ce qui permet de mieux comprendre le mépris qu'affichèrent les anciens esclaves envers la population indienne.

LA FIN DE L'IMMIGRATION INDIENNE

A la Martinique, le Conseil Général se prononce le 18 décembre 1884 pour l'arrêt des introductions et décide de ne pas renouveler les contrats arrivés à l'expiration ; il supprime en même temps la prime de réengagement. A la suite de cette motion, un arrêté du 17 janvier 1885 fixe le régime des immigrants.
Le travail réglementé est aboli.

La question du rapatriement :

En 1853 et 1884, selon les statistiques du Conseil Général pour 24584 Indiens arrivés à la Martinique, il y a 3 605 naissances 11 944 décès (soit prés de la moitié des immigrants) et 4260 rapatriements par 16 convois. L'organisation de voyage retour reste sensiblement identique à celle de l'aller. Le chiffre minimum du contingent est fixé à 600 adultes ou équivalents (sachant que 2 enfants de 1 à 10 ans équivalent à l'adulte) dans le cahier des charges. Le convoi est divisé selon les raisons du rapatriement, en plusieurs catégories.

En rapatriés :

- Par expiration de contrat

- Comme non-valeurs

- Par mesure de police.

Il est possible de donner une évaluation en pourcentage des retours par rapport aux entrées. On estime le nombre à 43 % pour la Martinique. Une cause de ce pourcentage relativement peut élevé peut être d'ordre comptable. Schœlcher mentionne dans le Moniteur des colonies du 19 octobre 1884 que l'administration n'organise pas régulièrement des départs de bateaux vers l'Inde. Cela amène de nombreux Coolies à partir à leurs frais pour Demeran afin de profiter de navires en partance pour l'Inde.

Tous ces départs n'ont pas été pris en compte dans les statistiques officielles. En 1896, le Conseil Général, demande le dénombrement de tous les Indiens vivant dans la colonie et leur rapatriement, et, dans un même temps, de prévoir les sommes à dépenser pour ce rapatriement. De 1853 à la Martinique, 11 077 ont été rapatriés vers l'Inde. Les Indiens qui renonçaient à leur rapatriement devraient considérer la colonie comme dégagée de toute obligation à leur égard.

Ceux qui désiraient être rapatriés, devaient se présenter devant le commissaire de police de leur canton et s'inscrire sur la liste. Et ceux qui quittaient leur habitation, pour se rendre à Fort-de France, perdaient leur départ. Mais les crédits ne furent pas votés, et l'emprunt n'a jamais été envisagé. La question du rapatriement n'est réglée finalement qu'en 1903, par la signature d'une convention le 1er juillet de cette année entre la France et le Royaume-Uni.

La situation des indiens en 1884

En attendant cette décision, les Indiens ballotes, épuisés et ayant perdu confiance, se sont établi au plus près, la où les déposait leur total dénuement, au dépôt de la Pointe Simon.

Leur errance est tragique. Elle se déroule sur un fond de pauvreté et de précarité

L'Indien ressent l'exclusion, car dépossédé d'une véritable expression. Hors du monde social, il fait sienne l'image péjorative que lui revoie la société coloniale. La population martiniquaise fragilisée par les rapides mutations tant économiques que sociales a peur de ces Indiens laissés pour compte, auxquels elle associe très vite la légende dégradante du vagabondage. C'est en effet à cette période que bon nombre des proverbes et des chansons à consonance très péjorative enrichissent notre patrimoine culturel. Qui n'a pas gardé en mémoire ces expressions méprisantes de :

- « Coolie mangé chien »

- « Faible kon an coulie »

- « Coolie dalot » pour ceux qui étaient chargés de la propreté à Fort-de-France

-« Tout coolie ni an kout dalo (trotwa) pou i fé » : l'Indien se retrouve toujours un jour ou l'autre en train de mendier dans la rue.


Et les termes « échappé coolie » montre bien la discrimination due au préjugé de race et de couleur, et comment l'individu peut sortir de cette condition, et en être « sauvé » ! La biguine « Vini oué coulie ya » montre comment la malédiction poursuit l'homme indien qui est jugé incapable de prendre femme et de l'entretenir, et finit par se retrouver dans les rues de la ville, comme un vagabond.

En outre, comme le faisait remarquer J.F WAGNIART, le vagabondage est lié à d'autres figures diaboliques, comme celles du fou, du gitan, de l'anarchiste . La peur sociale suscitée se manifeste donc avec plus ou moins de violences selon les périodes. Les derniers Indiens du dépôt sont transférés à l'asile municipal, à la veille de la première guerre mondiale.

Cependant il ne faut pas oublier que jusqu'en 1884, la ville de Fort-de –France set sale et son nettoyage n'est pris en charge que par un entrepreneur. Pour y remédier, on fait appel aux immigrés indiens qui se trouvent dans le dépôt en attente du bateau de rapatriement. Ainsi, les Indiens s'occupent de certains travaux dans le ville, dont notamment le balayage des rues.

Mais leur rémunération pose problème, car la ville de Fort-de-France ne dispose pas encore de service de nettoyage et le Conseil général chargé du rapatriement, donc responsable de cette situation précaire, doit y participer. Ce n'est que sous le mandat de Victor SEVERE que les immigrés indiens travaillant pour la ville deviennent employés municipaux, la ville ayant entrepris de grands travaux d'assainissement.

Les autres se fixeront dans les communes.

Quelque années plus tard, en 1915, Conseil Général accorde à la ville de Fort-de-France la jouissance du « dépôt des immigrants ». Vers 1958, les fortes pluies qui s'abattent sur Fort-de-France font déborder la rivière Levassor qui quitte son lit, entraînant des pertes considérables non seulement pour la population mais aussi aux commerçants. Le maire, Aimé CESAIRE, après une enquête sociale, fait attribuer un lopin de terre sur les terres encore très boisées de Trénelle, aux habitants infortunés de cette catastrophe . Ainsi bon nombre d'Indiens purent reconstruire leur vie à Trénelle

L'INTÉGRATION DE L'INDIEN A LA SOCIÉTÉ ANTILLAISE

Arrivés tardivement aux Antilles par rapport aux Européens et aux Africains, les Indiens n'ont pas été totalement assimilés par la société créole qu'ils ont contribués à faire évoluer. Pour juger de l'intégration et la « créolisation » des Indiens, quatre facteurs essentiels doivent être pris en compte : le créole, la religion catholique, le mode de vie, la nationalité.

L'acquisition du créole

Les Indiens apprennent le créole : cela se comprend très bien dans la mesure où, sur la plantation, le créole est indispensable pour prendre les ordres du « géreur ». On notera aussi que, pour les populations originaires des régions géographiques éloignées les unes des autres, le créole joue comme l'anglais en Inde, le rôle de langue véhiculaire et permet la communication, contribuant ainsi à souder les « TAMOULS »et les « CALCUTTA » en une « nation » indienne plus homogène. Cet acquis du créole distingue les Indiens des Antilles françaises à ceux de Trinidad ou du Guyana, qui ont conservé leurs langues originelles HINDI ou OURDOU.

L'adoption de la religion catholique

Comme le remarque Singaravalou, il y a une « conversion massive et rapide des Indiens au catholicisme : conversions volontaires parfois, mais souvent sous la contrainte morale et matérielle. Cependant, la religion indienne, malgré un syncrétisme avec le catholicisme, se fait encore nettement sentir à travers les temples notamment à Basse-Pointe (Martinique) qui possède deux chapelles et un temple hindou.

L'adoption du mode de vie créole

Les cartes postales anciennes du début du siècle sont témoins du maintien d'abord, puis de l'abandon progressif des habitudes vestimentaires originelles. L'assimilation est complète : robe « madras », bijoux créoles ; seules l'apparence physique justifie la dénomination « indienne ».

L'adoption aux habitudes alimentaires, consommation de viande de bœuf mise à part, s'est également faite sans grande difficulté. Il faut cependant rappeler ici que les Indiens ont apporté aux recettes culinaires, végétaux et graines utiles à l'utilisation dans les mets nationaux comme le colombo, le calalou et le curry.

Actuellement, 10 000 Indiens et Métis « CHAPÉS COOLIS » forment la communauté indienne de la Martinique, tandis qu'à la Guadeloupe elle peut être estimée entre 25 000 et 50 000 personnes selon que l'on compte ou non les Métis. L'importance numérique de cette population ne peut se comparer aux 400 000 Indiens du Guyana (55 % de la population totale) et de Trinidad (40%) ou même aux 150 000 Indiens du Surinam (40 %).

( Source : http://etabs.ac-martinique.fr/rneris/projetsfaits/Immigration%20indienne.htm)

Published in Coutumes et sociétés

MONTRÉAL — Des demandeurs d'asile au front contre la COVID-19 dans les CHSLD

 Certains demandeurs d'asile qui sont venus au Québec en quête d'une nouvelle vie se retrouvent maintenant en première ligne de la crise sanitaire, travaillant par centaines dans des résidences pour aînés durement frappées par la COVID-19.

Ze Benedicte Carole, une demandeuse d'asile originaire du Cameroun, se rétablit chez elle après avoir contracté le nouveau coronavirus. Elle avait répondu à l'appel du premier ministre François Legault et s'était portée volontaire pour travailler dans un foyer de soins de longue durée de l'ouest de Montréal.

«Mon rêve a toujours été de de me sentir importante dans la société, pour faire ma part», affirme la jeune femme, arrivée au pays en tant que travailleuse étrangère temporaire il y a quatre ans. Mme Ze Benedicte raconte avoir été affectée à des tâches comme le nettoyage dans ce qui devait être une zone «froide». Mais des résidents de sa zone se sont rapidement avérés porteurs du virus.

Trois jours plus tard, elle a commencé à souffrir de maux de tête, de fièvre et de douleurs musculaires, même si elle avait porté des masques, des gants, des jaquettes et des visières. Lorsqu'elle a appelé la ligne téléphonique dédiée à la COVID-19, on lui a répondu qu'elle ne pourrait pas se faire dépister sans carte d'assurance-maladie, rapporte-t-elle, même si elle détient un numéro d'assurance sociale et qu'elle a été exposée au virus dans le cadre de son travail.

«C'est quand nous mourrons au front que nous sommes appelés des anges gardiens, se désole-t-elle. Mais quand nous avons besoin d'être traités comme des êtres humains à part entière, on n'est plus des anges gardiens. On n'est plus personne. On devient invisible.» Elle a finalement pu subir un test de dépistage après avoir demandé l'aide d'un groupe de défense des droits des migrants. Deux semaines plus tard, elle dit se sentir enfin mieux, malgré une fatigue et des douleurs persistantes, et avoir hâte de retourner au travail.

Elle fait partie des milliers de demandeurs d'asile qui ont trouvé un emploi dans des foyers de soins de longue durée et d'autres services de première ligne, où certains paient le prix pour avoir choisi de prendre soin des autres. Montréal-Nord enregistre le taux d'infection le plus élevé de la métropole, avec ses logements surpeuplés qui rendent la distanciation sociale impossible et une population qui travaille en grande partie dans des services essentiels comme les soins de santé, la sécurité et le secteur alimentaire.

Ruth Pierre-Paul, qui milite pour la communauté haïtienne de Montréal, estime que des centaines de migrants ayant traversé la frontière en dehors des points d'entrée officiels au cours des dernières années se sont tournés vers les foyers de soins de longue durée comme porte d'entrée sur le marché du travail, en raison de la rapidité de la formation requise et de la grande banque d'emplois disponibles.

Mme Pierre-Paul et d'autres militants demandent aux gouvernements du Québec et du Canada d'accorder la résidence permanente aux nombreux demandeurs d'asile qui travaillent dans les services essentiels en guise de reconnaissance pour leur contribution pendant la pandémie.


«Ces gens vivent un double stress: ils doivent aller travailler et sont au front pour une maladie qui pourrait les amener jusqu'à la tombe, et leur statut ne leur accorde aucun bénéfice», souligne-t-elle. En plus de ne pas détenir de carte d'assurance-maladie, les demandeurs d'asile n'ont pas accès aux garderies subventionnées. Ze Benedicte Carole, qui appuie les revendications de résidence permanente, s'inquiète également pour ceux qui sont sans papiers et qui n'ont pas accès à une aide financière d'urgence.

La semaine dernière, la députée indépendante Catherine Fournier a déposé une motion pour reconnaître la contribution de «centaines de demandeurs d'asile, majoritairement d'origine haïtienne» travaillant comme préposés aux bénéficiaires, et pour demander à Ottawa de «régulariser rapidement leur statut, dans un souci de reconnaissance du travail accompli pendant la crise sanitaire actuelle».

La motion a été rejetée par la Coalition avenir Québec et le premier ministre François Legault a plus tard laissé entendre qu'elle aurait pu encourager davantage de demandeurs d'asile à franchir la frontière, qui est présentement fermée en raison de la pandémie.

«On demandait d'appuyer la venue de demandeurs d'asile. Ni le gouvernement du Québec ni le gouvernement du Canada n'appuie ça actuellement», a-t-il déclaré en point de presse à Montréal. L'an dernier, Pierre Kiosa Nakatala a amené sa famille au Canada par le passage irrégulier du chemin Roxham, après avoir fui la violence en République démocratique du Congo. Motivé par sa foi chrétienne et son dévouement envers les personnes âgées depuis qu'il a pris soin de sa propre grand-mère, l'homme de 45 ans a suivi une formation pour devenir préposé.

Il travaille maintenant de longues heures auprès de malades - parfois mourants -dans un établissement durement touché à Montréal-Nord. Bon nombre de ses collègues ont été infectés, ce qui signifie que deux employés doivent désormais faire le travail de trois ou quatre. Il s'inquiète d'attraper le virus et de le ramener à la maison à sa femme et leurs trois enfants en bas âge, qui ne comprennent pas toujours qu'ils ne peuvent pas embrasser leur père avant qu'il prenne sa douche. Bien qu'il espère obtenir la résidence permanente, Pierre Kiosa Nakatala affirme que ce n'est pas sa principale motivation pour travailler dans le foyer de soins.

«Nous ne le faisons pas pour les papiers. Nous le faisons pour aider.»

En guise de conclusion:

« Aussi triste que ce soit, il est presque normal et accepté par tous (les noirs en tête) que l'homme/la femme noir(e) soit méprisé voir même brimé. La société s'attend presque toujours à voire le noir en situation de galère ou de misère. Du coup dans les situations ou un frère ou une sœur n'est pas en train de galérer ça dérange les gens (noirs en premiers) et ils ont tendance à essayer de normaliser la situation en brimant ou maltraitant le noir "anormal" pour le mettre dans la catégorie ou il doit être selon leur perception du normal: celle des gens misérables. Ce n'est même pas de la méchanceté à vrai dire c'est juste la perception acceptée du "normal''.» Joëlle Kana

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En 1665, la princesse Kongo conduit 10 000 hommes au combat contre le royaume du Portugal

En 1665, la princesse Aqualtune Ezgondidu Mahamud da Silva Santos conduisit 10 000 hommes à la bataille de Mbwila; entre le Royaume de Kongo et le Royaume de Portugal. On estime que 5 000 hommes sont morts pendant la guerre. La princesse Mahamud était la fille d'un roi du Kongo; royaume situé dans le nord de l'Angola, la République du Congo, la partie occidentale de la République démocratique du Congo et le sud du Gabon.

Après la bataille de Mbwila, la princesse a été transportée au port de Recife, un entrepôt et un moulin à sucre. Les membres survivants de l'armée Kongo ont été capturés et vendus comme esclaves au Brésil . Parmi ceux-ci figurent le roi de Kongo, ses deux fils, ses deux neveux, quatre gouverneurs, divers officiers de justice, 95 ouvriers du royaume et 400 autres aristocrates.


La princesse a ensuite fondé le Palmares ou le Quilombo dos Palmares, une communauté d'Alagoas, au Brésil, composée d'esclaves en fuite. La princesse était la mère de Ganga Zumba et la grand-mère maternelle de Ganga Zumbi . Il est documenté que la princesse a été achetée uniquement dans le but de la reproduction avec d'autres esclaves. Quand elle est tombée enceinte, la princesse a été vendue à un moulin à Porto Calvo, au Brésil.

Dans son deuxième au dernier mois de grossesse, la princesse a formulé le Palmares. Elle a ensuite donné naissance à Ganga Zone, Ganga Zumba, Sabina et Zona. Zumba était le premier chef des Palmares. Par la suite, les allées et venues et le destin de la princesse sont inconnus.

Kimpa Vita, la prophétesse des Kongos: Son influence dans les religions Afro-Américaines

 Posté le 03/16/2020

Son influence dans l'Histoire du Peuple Noir et dans les religions Afro-Américaines

Nous sommes en 1704, au Royaume Kongo, alors occupé par les Portugais. Elle s'appelle KIMPA VITA (TCHIMPA VITA OU KIMPA M'VITA), et Ndona BEATRICE de son nom occidental. Elle est agée de 20 ans et elle est originaire du Mont Kibangu, une région où coulent 5 rivières. Au mois d'aout de cette année là, la jeune femme reçoit la vision d'un homme qui lui dit :

Je suis Saint Antoine, j'ai été envoyé par Dieu pour apporter son enseignement aux Kongos. J'ai longtemps essayé de venir en aide a ce peuple, allant de province en province, j'ai d'abord été à NZETO, mais ils ne m'ont pas bien reçu. Ensuite je suis allé à SOYO, ils ont voulu me battre. J'ai fui et je suis arrivé à BULA, la même chose m'est arrivée. Actuellement, j'essais ici a Kibangou et je t'ai choisie ensuite .

L'homme aurait alors pris alors possession du corps de KIMPA VITA.

Selon la tradition Kongo, l'endroit où coule une rivière est un endroit sacré, car il constitue la frontière entre le monde réel et le monde invisible (la foret et les chutes d'eau aussi). KIMPA VITA est une NGANGA MARINDA, c'est à dire une prêtresse traditionnelle ou initiée de la société secrète "KIMPASI". Elle y avait été initiée très jeune mais avait décidé d'abandonner. La société KIMPASI avait pour mission de délivrer les gens des forces du mal à travers des cérémonies d'exorcisme appelées "MBUMBA KINDONGA". Pour les missionnaires, la société KIMPASI était une société secrète de sorcellerie, et la plupart de leurs temples qui se trouvaient dans la foret ont été détruits par les capucins. Inversément, pour les membres de la société KIMPASI, les prêtres capucins étaient des sorciers.

KIMPA VITA, annonça a à sa famille de quelle façon St Antoine l'avait possédée et leur expliqua sa vision. Elle leur dit que Dieu lui avait donné la mission de prêcher la vraie religion des NE-KONGO. Elle commença par prêcher sur le mont Kibangou, la montagne sacrée, et osa ensuite se présenter en personne au palais royal pour demander au ROI PEDRO IV de se joindre à elle pour pouvoir prier le « vrai Jésus » afin de restaurer le royaume alors saccagé par la guerre.

Un prêtre portugais, le PERE BERNARDO DA GALLO, qui témoigna de cette visite de Kimpa Vita au palais, raconte qu' au passage de la jeune femme des arbres tordus ou à terre se sont redressés et que les portes du palais se sont ouvertes elles-mêmes, comme repoussées par des mains invisibles. Kimpa Vita leur disait:

Nous aussi nous avons des saints au Kongo. Les blancs ont blanchi Dieu pour leur profit mais un nouveau royaume va naître et il faudra reconstruire la ville, relever les maisons.


Bientôt on se presse de ramasser les miettes qui tombent de sa main, de lécher les gouttes d'eau qu'elle fait tomber en buvant dans sa calebasse. Et d'un simple toucher, la jeune femme rend fécondes les femmes stériles.
Lors des cérémonies de prière de Kimpa Vita, les personne entrent en transes, ce qu'on appelle en kikongo KIMPEVE. Selon KIMPA VITA, le Kongo est la TERRE SAINTE, les pères de l'Eglise sont en réalité des africains et St Antoine est le plus important de tous les saints, il est le patron des humbles et des démunis. Selon elle, l'histoire de l'église est une histoire africaine, une histoire Kongo. JESUS CHRIST est née à MBANZA KONGO.

Et quand le catéchisme parle de BETHLEHEM , c'est en fait de Mbanza Kongo dont il est question. Il est dit que Jésus avait été baptisé à Nazareth, mais en réalité Jésus avait été baptisé au Nord de la province de NSundi. Et Marie était une esclave de NZIMBA MPANGUI quand elle avait enfanté le divin enfant Jésus Christ.

KIMPA VITA était toujours entourée d'une grande foule. Le PERE BERNARDO DA GALLO avait fini par compter et reconnaître 80 milles conversions par KIMPA VITA. Même DONA MARIA HIPOLITA, l'épouse du roi PEDRO IV, s'était aussi ralliée à la nouvelle religion du BUNDU DIA MAMA KIMPA VITA. Kimpa Vita était décidée à restaurer le Royaume Kongo et son message était un cri qu'elle appelait « M'LOLO » pour le rassemblement et pour la renaissance du royaume.

Selon elle, l'homme blanc était originaire d'une pierre en argile appelée « FUMA » en kikongo, et les hommes noirs sont originaires d'un arbre appelé « MUNSANDA ». L'arbre et la foret sont des symboles du monde invisible, et les esprits des ancêtres vivent dans des lacs et les océans, on les appelle des « NSIMBI».

L'écorce de l'ARBRE MUNSANDA était la matière avec laquelle on avait enveloppé Jésus à sa naissance et toute personne qui sera habillée de cette écorce recevra la bénédiction de Nzambi a Mpungu. D'ailleurs, tous les adeptes de Kimpa Vita furent vêtus d'habits faits de l'écorce du munsanda. Toujours selon Kimpa Vita, l'arbre connu sous le nom de « TAKULA », dont l'écorce produit une sève rouge, est le sang de Jésus qui pouvait transformer la vie.

MAMA KIMPA M'VITA , a prêché à LEMBA , MBANZA KONGO(SAO SALVADOR), MULUMBI, EVULULU, MBULI, NSUKA, MALEMBA (ROYAUME DE NGOYO, UN VASSAL DU ROYAUME KONGO). Ses disciples ont prêché à LUVOTA (PROVINCE DE MBAMBA), à MBANZA SOYO, à NZETO , NSUKULU, MATARI NZOLO ET NKUSU NZONZO.

La renommée de Kimpa Vita menaçait celui des missionnaires. Elle était devenue une menace considérable qui risquait de conduire à la chute de l'Eglise, à la défaite de la théologie chrétienne et donc à la perte de contrôle du royaume par les missionnaires. Ill fallait trouver une astuce pour l' éliminer. Pour la jeune femme, les capucins étaient des sorciers. Elle les surnommait « NDOKIS » , « NKADI A MPEMBE ».

Le conseil royal sous la présidence de DOM BERNARDO , LE VUZI A NKANU (LE GRAND JUGE), assisté du SECRETAIRE ROYAL MIGUEL DE CASTRO prononcera la sentence de mort contre KIMPA VITA pour hérésie , crime de nature religieuse et mensonges, après un procès monter de toute pièce par les capucins.

Elle fut conduite sur un grand bucher et fut exécutée le 2 juillet 1706, mais un autre miracle se produisit: à l'endroit où elle fut brûlée, on vit apparaître une grande étoile. Des rumeurs circulaient et annonçait que Kimpa Vita devait se réincarner quelque part au KONGO. Et d'ailleurs, quelques jours après son exécution, quelqu'un avait dit que l'on avait aperçu Kimpa Vita dans la région du Mbanza Kongo.

La véritable histoire de Kimpa Vita est connue de source orale grâce aux églises qui sont nées des siècles après sa mort dont celle de SIMON KIBANGU, DIANGUENDA KUNTIMA, SIMON MPADI, SIMAO TOKAIO, qui elles toutes revendiquaient la restauration du royaume Kongo. MAMA KIMPA VITA eut une très grande influence après sa mort. En effet, beaucoup des prisonniers du Royaume Kongo, qui étaient vendus comme esclaves, étaient des partisans du BUNDU DIA MA MA KIMPA VITA.

Ces esclaves étaient exportés à partir du port de Kabinda ou de Soyo, où les bateaux des Anglais et des Hollandais, qui dominaient la traite, venaient « s'approvisionner en esclaves ». Pour ces esclaves du Kongo, ces voyages en bateaux relevaient du mystère, parce que selon la cosmogonie Kongo, l'eau est le lieu ou vivent les ancêtres et les morts.

Ces Kongos pensaient donc être transportés dans l'univers des morts par les blancs, et la couleur blanche était d'ailleurs la couleur de la mort. Selon le témoignage du père LORENZO DA LUCCA qui avait voyagé dans le navire « Nossa Senora Do Cabo » qui transporta des esclaves à SALVADOR (province de BAHIA au BRESIL) le 10 aout 1709 , beaucoup d'esclaves portait des médailles antoniens (Notez que LES PREMIERS ESCLAVES A ARRIVER AU BRESIL ETAIENT DONC KONGOS).

Des Kongos vendus comme esclaves furent aussi conduit au SURINAM, en JAMAIQUE, aux BARBADES, à ANTIGUA et en VIRGINIE (USA) à PORT YORK. On sait aussi que les Kongos ont travaillé dans des plantations de café en HAITI , EN CAROLINE DU SUD (USA) et plus tard à LA NOUVELLE ORLEANS (LOUISIANE-USA) où ils avaient apporté avec eux leurs cultures et leur religion, c'est à dire celle de KIMPA VITA, pour la grande majorité d'entre eux.


 Les influences de Kimpa Vita dans les religions afro-americaines

En AMERIQUE

L'historien américain PETER WOOD dans son oeuvre NEGRO IN COLONIAL SOUTH CAROLINA FROM 1670 THROUGH THE STONO REBELION (New-York 1974), stipule que plus de 60% des esclaves de la Caroline du Sud étaient des Kongos. Ils avaient parait-il des qualités mystiques: c'était des hommes mystérieux, qui avaient la capacité de disparaitre mystiquement OU DE SE RETROUVER DANS PLUSIEURS ENDROITS A LA FOIS!

Le professeur JOHN THORNTON de l'Université de Pennlsylvanie a d'ailleurs confirmé que tous les esclaves chrétiens de la Caroline du sud s'étaient convertis dans la religion CATHOLIQUE, mais ensuite reconvertis dans celle de KIMPA VITA (cf John Thornton, « The congolese Saint Anthony », Cambridge University Press,1998). Le 9 Septembre 1739, en Caroline du Sud un esclave Kongo connu sous le nom de JEMMY fut à la tête d'un soulèvement d'esclaves connu comme « THE STONO REBELLION OF 9 SEPTEMBER 1739» , considéré comme LE PLUS GRAND SOULEVEMENT D'ESCLAVES DANS TOUTE L'HISTOIRE DE L'AMERIQUE DU NORD. C'était un dimanche jour de repos à côté de la Rivière Stono , situé a quelques kilomètres de la ville de CHARLESTON.

Ces esclaves avaient attaqué une cache d'armes; certains était des guerriers qui avait combattu dans la province de Mbamba et savaient donc manier les armes. Ils semèrent la terreur, brulèrent des maisons en criant « lukangu ou lucangu » un mot qui veut dire « fermer » , mais aussi « libérer », récité dans le Salve Antoniana, une prière du Bundu de Kimpa Vita.

Ces esclaves originaires du Kongo se réfugièrent ensuite en Floride, où les colons espagnols qui avaient promis la liberté aux esclaves d'Amérique, leurs donnèrent une terre en créant la ville de SANTA TERESA DE MOSE, PREMIERE VILLE DES NOIRS LIBRES DANS TOUTE L'HISTOIRE DE L'AMERIQUE DU NORD.

Il faut noter que c'est à partir de la révolution de Stono que les colons d'Amérique du Nord ont cessé d'importer des esclaves Kongos, en se tournant vers l'Afrique de l'Ouest, pendant presque une décennie. Ensuite, ce sont les Francais qui ramenèrent des esclaves Kongos en Louisiane.

A HAITI

On notera également que les REVOLUTIONNAIRES HAITIENS chantait en kikongo « KANGA MUNDELE, KANGA NDOKI » (enfermez ces Blancs, enfermez ces sorciers) des paroles que l'on retrouve également dans le Salve Antoniana, une prière de Mama Kimpa Vita. Ces révolutionnaires haïtiens avait infligé une défaite cuisante à l'armée napoléonienne, la plus puissante de l'époque. Pendant cette période révolutionnaire d'Haïti, on a beaucoup parlé d'un certain MAKANDALA, nom transformer par les occidentaux en MACK DAL.

Il fut un grand révolutionnaire d'origine Kongo qui avait exécuté un grand nombre de Français. Cette révolution donna naissance a la première république noire de l'histoire de l'humanité. Ce sont aussi les Haïtiens qui ont aidé SIMON BOLIVAR dans sa lutte contre les Espagnols. Et c'est du port de Jacmel en HAITI que les troupes de SIMON BOLIVAR s'élancèrent en 1816 vers les victoires et la libération du joug colonial espagnol de 5 pays d'Amérique Latine.

Le vaudoo d'Haïti: certains stipulent qu'elle est la symbiose de la pratique traditionnelle KONGO , YORUBA du NIGERIA, et FONS DU DAHOMEY (BENIN) , dans son folklore et sa pratique. On utilise souvent les PAKETS KONGO , TALISMAN EN TISSU pour la protection contre les forces négatives, on invoque les NSIMBI ( esprit eaux dont Kimpa Vita parlait lors de ses prédications). Dans la musique traditionnelle d'Haïti, on retrouve également un rythme appelé « YAYA TIKONGO » et le tambour « BONGA », d'origine Kongo.

En JAMAIQUE

En JAMAIQUE, la population noire est divisée en deux: les « Maroons Nation » et les « Kongo Nation » ou « Bongo Nation ». Les Maroons Nation sont originaires de l'Afrique de l'Ouest et parlent le 'kromanti', qui vient du Cormantin, parlé au Ghana. Les Maroons Nation sont concentrés dans les Blue mountain de la Jamaïque (cfr l'Histoire de Nanny des Maroons sur ce site), tandis que les Kongos Nation ou Bongos Nation sont concentrés dans l'est de la Jamaïque, et parlent une langue très similaire au Kikongo. Ces derniers sont les descendants des esclaves Kongos, arrivés en Jamaïque au 18 ème siècle.

Le rythme musicale des Kongo Nation de la Jamaïque est appelé « KUMINA », ou « KODONGO » . Leur drum s'appelle le « NGOMA », et ils l'utilisent pour invoquer les esprits des ancêtres. Leur musique s'appellent le « NYABINGHI » (cfr l'Histoire de Nyabinghi, Reine des Rastafari sur ce site). Les Kongo Nation, bien que plongés dans l' Universal Negro Catechism de MARCUS GARVEY, un Jamaïcain originaire des Maroon Nation, et aussi aux théories du Jah Rastafari HAILE SELASSIE, croient en la négritude de Jésus-Christ comme leurs ancêtres Kongos, qui eux ont acquis cette connaissance de mama Kimpa Vita.


 Au BRESIL

AU BRESIL , les premiers esclaves à arriver furent des Kongos en 1705 , et ces derniers furent les premiers Noirs à être en contact avec les Indiens du BARA-TZIL ( terre de la croix, terre de la lumière selon les Indiens). Ces Kongos ont été cofondateurs de la samba, la rumba, le maculele. D'ailleurs, l'un des plus grands musiciens de la samba n'est autre qu'un Kongo, connu sous le nom d'ERNESTO JOAQUIM MARIA DOS SANTOS ALIAS DONGA.

Le groupe OITA BATUTAS , les Kongos du Brésil, se sont illustrés dans tous les mouvements de lutte pour la liberté des Noirs du Brésil, avec notamment des Kongo tels que « ZUMBI », premier leader du mouvement de libération des Noirs du Brésil, l'un des pionniers des QUILOMBOS (communautés indépendantes des Noirs au Brésil, fondés par les Kongo).

Nous ne manquerons pas de citer également BESOURO MANGANGA, MANUEL DOS REIS MACHADO alias MESTREBIMBA...A SALVADOR, la plus grande ville noire du Bresil, dans la province de BAHIA, prédomine une religion appelée CANDOMBLE, qui est un mélange de la pratique spirituelle des esclaves KONGO et YORUBA du

Nigeria.

Cette religion est divisée en deux: le GEGE-NAGO CANDOMBLE basé sur la tradition yoruba, et le CABOCLO CANDOMBLE( caboclo= caboclo de aruanda , les Indiens de Luanda ) ou encore le CONDOMBLE DO KONGO, qui est une danse en l'honneur de DIEU et des SAINTS. Les praticiens du CANDOMBLE croient eux aussi en la négritude de Jésus-Christ, et des pères de l'Eglise .

Toujours au Bresil, on parle aussi de la religion UMBANDA, QUIMBANDA, dont l'origine est méconnue. Certains parlent néanmoins d'une origine indienne, mais d'autres stigmatisent que Umbanda vient du kikongo « KUMBANDA » , qui signifie guérir avec l'aide des esprits appelés les « Zumbi », un mot dérivé de « Simbi », esprits des ancêtres qui vivent dans l'eau comme disait Mama Kimpa Vita. Il est beaucoup pratiqué dans le sud du Bresil. Pour finir, on distingue aussi la religion « MACUMBA », dans laquelle on trouve quelques pratiques Kongos.

A CUBA

A CUBA également les premiers esclaves arrivèrent d'abord en provenance d'Haïti en 1513. Ensuite, en 1520, 300 esclaves arrivèrent d'Afrique, du KONGO. Il y eu des mouvements révolutionnaires où des esclaves s'enfuirent dans les montagnes de l'est de Cuba. Ces fugitifs sont connus dans l'histoires de cuba comme les « CIMARRONES OU CIMARRONES KONGO ».

Dans ces montagnes, ils formèrent des communautés « LES PALENQUENS ». Les Kongos de Cuba ont continué leurs pratiques religieuse du « Kongo Dia Ntotela », et c'est de ces Palenquens de Cuba qu'est né le « PALO MAYOMBE », originaire du Kongo: une façon de communiquer avec les esprits.

L''arbre et la foret sont considérés comme des symboles du monde invisible, comme le disait KIMPA VITA. DIEU est appelé « ZAMBI », et les esprits « ENKISI », et les esprits de la lumière « ENSAMBI ». Les esprits des ténèbres sont appelés « ENDOKI », et les adeptes males sont appelés des « TATA », et les adeptes femelles sont appelées des « YAYA ». Celui qui dirige le culte est appelé « TATA NGANGA ».

Pendant la guerre d'indépendance de Cuba ou guerre hispano-américaine, ce sont également des noirs originaire du Kongo Dia Ntotela que se sont illustrés les légendaires « GRITO DE YARA » cri de YARA, MARIANO GANGA, DOMINGO MACUA, FELIPE MACUA, MAYIMBE JOSE DOLORES, AMBROSIA CONGO, FELIPE GANGA, LORENZO GANGA SANS OUBLIER MA DOLORES IZNAGA, l'esclave GANGA qui guérissait les esclaves traditionnellement.

AU MEXIQUE, VENEZUELA, COLOMBIE , ARGENTINE, SURINAM ET AUX BARBADES

Dans ces pays, les communautés noires pratiquent aussi le PALO MAYOMBE , qui a une connotation Kongo, et dont les pratiques proviennent et sont similaires au Bundu Dia Mama Kimpa Vita. Il faut savoir que le Mexique a eu un président Noir nommé VICENTE GUERRERO , commandant de l'armée du Mexique de 1823 à 1824 ,ensuite PREMIER PRÉSIDENT NOIR DU MEXIQUE de 1829 a 1830. On dit qu'il avait des origines Kongos.

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