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« Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups. » (Christie Agatha)

« Rien n'est plus dangereux que lorsque l'ignorance et l'intolérance sont armées de pouvoir. » (Voltaire, l'esclavagiste)

Nous avons été piégés par les sectes et les Loges oxydentales et arabo-musulmanes qui nous ont amené à nous détourner de notre spiritualité Ankhcestrale qui fait de l'Homme négro-africain authentique est un vrai BÉGON (GUERRIER) de ZANGBETO.

Voilà pourquoi Mama Africa peine à se relever des griffes de ses envahisseurs. Ils ont subtilement formés leurs agents locaux nègres pour continuer à propager la dispersion des fluides énergétiques (désordre sexuel), avec comme corolaire l'amour de l'argent, pour continuer le pillage à huis clos des ressources naturelles et humaines de Mama Africa.

Ces sataniques des temps ''modernes'' ont bien compris que le combat pour la libération TOTALE de Mama Africa est avant tout spirituel puis culturel et enfin économique. C'est pourquoi, ils encouragent le désordre sexuel en faisant la promotion des film, vidéo, documentaires, etc. qui mettent en avant la dépravations des mœurs.

La tolérance vis-à-vis des chansons obscènes fait partie de ce vaste complot, mieux, la guerre secrète menée par les sectes et les Loges oxydentales et arabo-musulmanes contre les Confréries traditionnelles négro-africaines depuis l'Égypte antique, en passant par la Nubie jusqu'en Afrique noire contemporaine.

Voici la cerise sur le gâteau:

L'écrasante majorité des femmes (négro-africaines en l'occurrence) dite ''modernes'' sont fausses et dénaturées à fond. Tout sur elles est faux: fausse approche des concepts existentielles, fausse peau, faux ongles, faux cheveux, faux fond de teint, etc.

En matière de dépravation des mœurs, encouragées et vivifiées par le féminisme oxydental, elles refusent de faire un travail d'élévation sur elles-mêmes pour être des véritables épouses négro-africaines authentiques et fières de l'être, capables d'aider l'homme à canaliser son fluide énergétique.

Pour combler cette paresse à l'origine d'une personnalité ''dédoublée'' et faussement oxydentale, elles remplissent les ''églises de réveil'' et les maisons des faux guérisseurs pour trouver la poudre magique qui va les aider à ''gérer'' leurs époux et leurs foyers. Le cercle vicieux se referme sur l'homme et la femme, faisant ainsi le bonheur des multinationales oxydentales et par ricochet, le malheur de Mama Africa.

Dans le combat mené par les sectes et les Loges oxydentales et arabo-musulmanes contre les Confréries traditionnelles négro-africaines, la femme dite ''moderne'' est leur bras armé pour attaquer l'homme et affaiblir ses forces de combat pour la libération Totale de Mama Africa. Voilà pourquoi les hommes négro-africains dit ''modernes'' ont quasiment perdu leur ''virilité'' et ne sont plus de vaillants guerriers à l'instar des nationalistes d'antan comme Um Nyobè, Capois-la-mort, Steve Biko, etc. pour relever Mama Africa et ses enfants dispersés partout dans le monde en babylonie.


 Constat amer

La majorité des hommes de mon entourage avec qui nous menions des réflexions pour apporter notre modeste contribution à la Renaissance de Mama Africa, dès qu'ils se sont mariés, ils ne sont plus dans la logique de s'élever spirituellement pour lancer l'assaut final pour libérer Mama Africa des griffes des agents locaux nègres de la Négrophobie vampirique mondialisée et tropicalisée des sectes et les Loges oxydentales et arabo-musulmanes.

Comment sortir de ce traquenard?

Seule une INSURRECTION-RÉVOLUTION suivie d'un ENRACINEMENT(rupture épistémologique et paradigmique) permettra à Mama Africa de renaître afin de montrer le chemin à suivre à l'humanité complètement déréglée par le néo-libéralisme capitalisant des sectes et les Loges oxydentales et arabo-musulmanes. Ceci passe obligatoirement par une ''évasion existentielle'' c'est-à-dire un transfert de pouvoir de l'extérieur vers l'intérieur (Kâ divin), car nous sommes des êtres souverains, doués des facultés de création et d'auto-régénération.

Birago Diop disait que: « L''arbre ne s'élève qu'en enfonçant ses racines dans la terre nourricière. »

« Le Créateur a donné à la femme LE POUVOIR pour ne pas plonger les vivants dans l'empire de l'arbitraire elle qui sait offrir à chaque créature ce qui lui revient selon sa nature et son mérite...Il a donné de même à l'homme L'AUTORITE pour conduire chaque créature à accomplir son devoir et sa mission selon sa force et sa volonté... L'INIQUITE a surgi quand l'homme a abusé un jour de son AUTORITE pour dépouiller la femme du POUVOIR hérité du Créateur.» (PAROLES de la Divine Adoratrice KAROMAMA).

Tu piétines la femme avec ton argent, elle se sert de son sexe pour te descendre. Dès lors, Elle peut même te tuer si elle veut et dis-toi que si tu es encore en vie, c'est tout simplement parce qu'elle ignore que Dieu lui a donné un énorme POUVOIR.

« Pour étouffer par avance toute révolte »

Ce texte attribué partout à Aldous Huxley, auteur du ''Meilleur des mondes'', est en fait celui de Serge Carfantan, professeur de philosophie. Il date de 2007 (Leçon 163: Sagesse et révolte). Il s'agit d'une prosopopée (une figure de style qui consiste à faire parler un mort).

L'auteur nous indique bien en introduction dudit texte :

« Le livre de Huxley est paru en 1932. Son caractère visionnaire est stupéfiant. Presque inquiétant. Tous les ingrédients du roman sont aujourd'hui effectivement réunis pour que le scénario soit ... en passe d'être réalisé. Si nous devions formuler dans un discours une prosopopée du cynisme politique incarnée par le personnage cynique d'Huxley, cela donnerait quoi ? Petit essai »

« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s'y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d'Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l'idée même de révolte ne viendra même plus à l'esprit des hommes.

L'idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées (cf. les individus de type alpha, béta, gamma). Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l'éducation, pour la ramener à une forme d'insertion professionnelle.

Un individu inculte n'a qu'un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l'accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l'information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l'émotionnel ou l'instinctif.


On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d'empêcher l'esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n'y a rien de mieux. (cf. le rôle de la drogue et du sexe dans le roman de Huxley). En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l'existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d'entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l'euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu'il faudra entretenir – sera celle d'être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L'homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu'il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l'être un troupeau.

Tout ce qui permet d'endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l'éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d'abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu'il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l'argent et du pouvoir (la proposition est dans le roman !). »

Tagne Jean Bruno s'est étonné de ces camerounais qui refusent de s'insurger contre ce qu'ils vivent au quotidien. Le journaliste parle d'un petit peuple qui soutien son bourreaux et finir par s'accommoder à l'injustice dont il fait face. Tel un vrai Syndrome de Stockholm.

« Ce qui me chagrine, ce n'est même pas l'attitude de ceux qui nous gouvernent. On peut même les comprendre ; ils se battent pour faire perdurer le système qui les nourrit. Ce qui est incompréhensible c'est ce petit peuple misérable qui vit toute sorte d'injustice et qui s'en accommode. Il trouve même des arguments pour soutenir les bourreaux. Et le peu d'énergie qui lui reste, il l'oriente contre d'autres victimes du système. Ça me dépasse. Je pense que tout cela relève de la psychiatrie. C'est trop fort », a écrit sur sa page Facebook l'ancien journaliste de Canal 2 International.

« Aussi triste que ce soit, il est presque normal et accepté par tous (les noirs en tête) que l'homme/la femme noir(e) soit méprisé voir même brimé. La société s'attend presque toujours à voire le noir en situation de galère ou de misère. Du coup dans les situations ou un frère ou une sœur n'est pas en train de galérer ça dérange les gens (noirs en premiers) et ils ont tendance à essayer de normaliser la situation en brimant ou maltraitant le noir "anormal" pour le mettre dans la catégorie ou il doit être selon leur perception du normal: celle des gens misérables. Ce n'est même pas de la méchanceté à vrai dire c'est juste la perception acceptée du "normal".» (Joëlle Kana)

« La hiérarchie intérieure et dans la nature

À qui vous adressez-vous dans la vie pour arranger vos affaires : à la concierge, au balayeur, à la bonne? Non, mais à un personnage haut placé qui a plus de pouvoirs que vous. Eh bien, sachez que de même qu'il existe une hiérarchie extérieure que vous devez respecter pour obtenir ce dont vous avez besoin, de même il existe une hiérarchie intérieure au sommet de laquelle règnent votre âme et votre esprit, et c'est à eux que vous devez faire appel pour résoudre vos problèmes.

Tant que les humains n'arrivent pas à accepter cette hiérarchie intérieure, qu'ils refusent de se soumettre au principe divin, ils sont condamnés à l'échec. Tous ceux qui ont pu étudier la réalité des mondes supérieur et inférieur dans la nature et en eux-mêmes ont constaté qu'ils étaient peuplés d'entités de toutes sortes.
Les êtres du monde supérieur se manifestent avec amour, bonté, générosité, douceur, patience, tandis que les créatures du monde inférieur sont cruelles, sans merci. Alors, pourquoi toujours écouter les chuchotements de ces entités mauvaises, au lieu de prêter l'oreille aux esprits lumineux ? » (Omraam Mikhaël Aïvanhov)


La phallocratie ou l'homosexualité comme arme de contrôle de l'élite africaine pendant la colonisation

L'homosexualité avait été introduite en Afrique pendant la sinistre colonisation du continent africain par l'occident impérialiste. La sodomie étant considérée par les africains comme un acte abominable nauséabond contre-nature, le colon s´en ait servi abondamment pour le bizutage, le chantage, la domination et le contrôle des africains.

L'homosexualité pendant la colonisation était une pratique imposée aux africains qui souhaitaient avoir accès aux promotions, aux privilèges et au confort social de la vie occidentale en Afrique. Il faut ajouter à cela l'obligation d'appartenir à un cercle ésotérique (franc-maçonnerie, rose-croix, etc...).

L'homosexualité n'était donc rien d'autre pour le colon qu'une technique contre nature de contrôle, de domination, de déshumanisation et d'assujettissement de l'élite africaine. Il s'agissait pour le colon d'asseoir sa maîtrise sur l'homme africain et d´avoir une élite africaine sous contrôle à lui dévouer afin de s'assurer du service de ses intérêts en Afrique. LA PHALLOCRATIE ou promotion sociale, la domination et le contrôle de l´homme africain par le phallus.

Cela passait par des traitements et actes sexuels dégradants, déshumanisants et humiliants lors des grandes orgies nocturnes coloniales. Ces pratiques gluantes mystico-anales héritées de la colonisation se poursuivent encore aujourd´hui dans beaucoup de cercles de pouvoir en Afrique. Corruption sexuelle, compromis et compromissions magico-anales pour recevoir un strapontin.

Sur cette image illustrative du livre "COLONIALISM AND HOMOSEXUALITY" de Richard Aldrich, vous pouvez rendre compte de la réalité de cette pratique nauséabonde imposée aux africains. Bref à tous ceux des africains qui rêvaient avoir droit à la gestion des affaires publiques. Sur cette photo soldat africain en train de se faire sodomiser par colon blanc. Nous devons mettre un terme à ce genre de pratiques nauséabondes, honteuses et dégradantes venues des pays du grand froid par un retour à nos traditions ancestrales.

« Celui qui veut assassiner un peuple, détruira son âme, profanera ses croyances, ses religions, niera sa culture et son histoire. » Jean-Marie Adiaffi dans son livre ''La Carte d'identité''. La domination occidentale de l'Afrique n'est pas seulement militaire, politique et économique elle est aussi sexuelle. Car pour eux les africains sont des sous-hommes voir des animaux qu´il faut sodomiser et violer avec joie.

(Patrick Mballa)


« En effet, il est suicidaire de continuer à rester indifférents, passif ou muet face aux ravages des loges, sectes, réseaux maffieux et à la pratique de l'homosexualité au Cameroun, un pays qui se porte sportivement, économiquement et politiquement mal en ce moment. Pis, la flamme des loges, sectes et réseaux mafieux tue le mérite et consume toute réussite saine. La prise en otage de notre société par les cénacles cautionne toutes les dérives que nous essayons de combattre aujourd'hui. Le plus dramatique est que très peu de Camerounais appartenant aux cercles fermés assument publiquement leur identité.

Le fait que la plupart des succès au Cameroun sont devenus louches, est un indicateur du déclin de notre société au moment où nous attendons l'avènement de la troisième République avec tous les espoirs que cela suscite. Loin de nous d'engager un combat contre l'existence des loges dans leur essence, nous condamnons leur utilisation chez nous au vu des pratiques qui en découlent. »

(Charles Ateba Eyene. ''Le Cameroun sous la dictature des loges, sectes, du magico-anal et des réseaux mafieux. De véritables freins contre l'émergence en 2025 (La logique au cœur de la performance)''. Édition Saint-Paul Yaoundé, septembre 2012, p.20)

  Comment peut-on apprécier l'ampleur du pourrissement social ou individuel ?

Quand on a vécu longtemps à côté de la poubelle, on devient insensible aux mauvaises odeurs et on se moque de la propreté du voisin.

Comment peut-on apprécier le degré d'évolution spirituelle d'un individu ou d'une société donnée?

D'après les vertus cardinales de L'UBUNTU négro-africain(Kamit), voici les codes indispensables qui fondent la vie en société : l'Intégrité, l'Honneur, la Dignité et la Fidélité.

On dit au village que:

"Mieux vaut la mort que la honte".

Le respect de la parole donnée étant la cerise sur le gâteau. Quand un individu a cessé de se laisser imprégné (transmuter) par ces valeurs, il devient un danger pour lui-même et pour la société. Quand une société prend l'option de tourner le dos à ces valeurs essentielles qui fondent la vie en communauté, quand dans une société les gens n'ont plus honte, ceux qu'il est convenu de qualifier "d'êtres humains" qui la composent, sont profondément déshumanisés. Dès lors, toutes les dérives sont possibles. Il faut s'attendre à tout sauf aux actes qui portent les empreintes des Êtres Humains.

En guise de conclusion:

« Le scientifique (et tous les hommes) d'aujourd'hui est un grand handicapé qui s'ignore. Il soigne avidement son bourreau (intellect) sans savoir que c'est lui qui le détruira et bientôt entraînera son anéantissement. L'esprit par contre ne connaît pas ces fausses notions. En l'éveillant en chacun pour qu'il reprenne son rôle de maître devant l'intellect, il inondera la Terre de pures lumières bienfaisantes. »

« Ceux qui sont destinés à devenir grands sont caractérisés par la patience, ils sont forgés par les épreuves. Leurs racines se fortifient dans le secret. Le silence les construit et ils apprennent dans l'humilité, souvent même dans l'humiliation. Mais quand vient leur temps, ils sortent non pas comme des lionceaux mais comme des lions. » (Sagesse africaine)

Que celui qui a des oreilles pour voir, ''voient''. Que celui qui a des yeux pour entendre, ''entendent''.

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mercredi, 22 avril 2020 01:30

EXTERMINER LES INDIENS PAR LA VARIOLE

Tout le monde sait, plus ou moins confusément, que les Indiens d'Amérique ont été victimes de maladies importées par les Européens et on ne peut pas croire que ce fut en partie volontaire.

 On se trompe.

À la fin de l'ère précolombienne, en l'absence de données fiables à l'exception du Codex Mendoza qui fournit la liste des tributs versés à l'Empereur des Aztèques en 1519, on évalue le nombre des Amérindiens pour l'ensemble de l'Amérique de quarante à cent millions et de sept à douze millions pour la seule Amérique du Nord. Ces populations subissent à partir du XVIe siècle un choc viral d'une violence inouïe.

Les épidémies de variole, de typhus, de grippe, de diphtérie, de rougeole, de peste, ainsi que des maladies telles que la coqueluche, la rougeole ou la variole auraient tué environ 80% de la population indigène. Aussi, on pourrait croire que seule la fatalité est en cause lorsque l'on apprend que cinq cent mille Amérindiens peuplaient le Nord Est de l'Amérique du Nord avant l'arrivée des colons britanniques mais qu'ils n'étaient plus que cent mille au début du XVIIIe siècle.

On aimerait le croire, mais lors de mon dernier billet, j'ai signalé le cas de Jeffrey Amherst, commandant en chef des troupes britanniques qui a fait distribuer aux Indiens des couvertures contaminées par la variole pour les éliminer. J'ai cherché des détails sur son comportement et voici ce que j'ai trouvé sur cette conspiration digne des nazis :

Henri Bouquet (1719-1765), un mercenaire suisse, est entré au service de l'armée britannique en 1756 avec le grade de lieutenant-colonel. À partir du mois de mai 1763, Pontiac, un chef de guerre des Outaouais, soulève les Amérindiens afin qu'ils ne soient pas chassés de leurs terres par les colons et s'empare de plusieurs forts tenus par les Anglais. Pour le combattre, Bouquet rassemble à la hâte cinq cent hommes, essentiellement des mercenaires écossais. Le 5 août 1763, il bat les Indiens à la bataille de Bushy Run, puis libère Fort Pitt.


À la suite de cette victoire, il est nommé commandant de Fort Pitt. Le général en chef britannique Amherst lui ordonne alors de « répandre la variole parmi la vermine », la « vermine » étant les Indiens pour Armherst, à quoi son subordonné, le colonel Henry Bouquet répondit qu'il l'avait fait au moyen de couvertures contaminées provenant de l'hôpital du fort. Et ca marche ! On constate en effet qu'une épidémie de variole s'est effectivement répandue au voisinage de Fort Pitt parmi les Amérindiens en 1764.

Voici le ton des lettres de Bouquet échangées avec Armherst, qui témoignent de la volonté d'exterminer la population amérindienne:

Bouquet à Amherst, le 25 juin 1764 : « I would rather chose the liberty to kill any Savage... »

Amherst au Sire William Johnson, Superintendent of the Northern Indian Department, le 9 juillet 1764 : «...Measures to be taken as would Bring about the Total Extirpation of those Indian Nation.»

 Amherst à George Croghan, Deputy Agent for Indian Affairs, le 7 août 1764 : « ...their Total Extirpation is scarce sufficient Atonement... »

Amherst à Johnson, le 27 août 1764 : « ...put a most Effectual Stop to their very Being ».

 Les couvertures infectées de variole ne furent pas le fait d'initiatives excessives de subordonnés pris dans le feu des combats, mais un outil d'une politique murement réfléchie et ordonnée au plus haut niveau de l'armée britannique : obtenir « the total extirpation of those Indian Nation », arracher, détruire, faire disparaître les nations indiennes...D'ailleurs, pour récompense de ses « exploits », Bouquet est promu l'année suivante général de brigade et placé à la tête de toutes les forces britanniques dans les colonies du Sud.

Mais un châtiment divin l'atteint presque instantanément, puisqu'il meurt au sud de la Floride le 2 septembre 1765, victime de la fièvre jaune. Il aura eu ainsi une idée intime de ce qu'il avait fait subir aux Amérindiens. Dommage pour les Indiens que les Français n'aient pas pu conserver le Canada, car ils leurs auraient permis d'échapper à la volonté exterminatrice des Britanniques qui ont utilisé la méthode des couvertures infectées lors d'autres conflits, comme en Nouvelle-Zélande.

Concernant les seuls Etats-Unis, l'anéantissement des Amérindiens, le bombardement sans merci des civils allemands en 1944-1945, la destruction par l'arme atomique de deux villes pleines de civils japonais en 1945, les sept millions de tonnes de bombes utilisées au Vietnam et ses trois millions de morts, les Irakiens tués par centaines de milliers sans compter les Syriens et les Libyens, Trump utilisant avec fierté une bombe géante en Afghanistan, l'idée est toujours la même : soyons pratique, si nous faisons la guerre, utilisons tous les moyens à notre disposition pour gagner au moindre coût, quel que soit le nombre de victimes chez l'adversaire.

La sécurité des Etats-Unis, utilisée à tout propos, justifie même l'assassinat, à l'aide de drones, de supposés terroristes à dix mille kilomètres du pays qu'ils sont supposés « menacer ». Elle justifie aussi, bien sûr, les mensonges, l'espionnage et les génocides, avec la meilleure conscience du monde. À partir de cette affaire de couvertures infectées de variole traitreusement remises aux Indiens, on détient la clé de la vision du monde par les Etats-Unis, qui ne date pas d'hier.

You can't be too careful!

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partie XIV:

 La recherche scientifique africaine dans l'étau du néolibéralisme

 

ROCKFELLER et L'OMS - Les dessous du Cartel Pharmaceutique:


http://www.youtube.com/watch?v=UJTXqetKdBw&feature=youtu.be&fbclid=IwAR3VU3InSCnmbmKxDrB_fIh1MnkiwofNt_8hPfVNPAEnpp3T-L-EE03RYmU

 

Paludisme – Jérôme Munyangi: «L'Artemisia est la solution pour l'Afrique»

Par Jérôme Munyangi et Jérôme Duval / Mondialisation.ca, 30 décembre 2019

Malaria business : les laboratoires contre la médecine naturelle ?

 


http://www.youtube.com/watch?v=W6TgP5RlsDQ

 Le docteur Jérôme Munyangi est diplômé en Médecine à l'Université de Kinshasa, il a obtenu un Master à l'Université Paris Diderot et un autre à l'Université d'Otawa. En 2011, il a été recruté par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme chercheur sur les maladies tropicales négligées. Il travaille depuis maintenant 6 ans sur un traitement alternatif contre le paludisme à base d'une plante en République démocratique du Congo (RDC), 3ème pays d'Afrique le plus touché par cette maladie, après le Nigeria et le Mozambique.

Ses recherches démontrent l'efficacité du traitement à base d'Artemisia, plante avec laquelle les chinois se soignent depuis plus de 2000 ans. Pourtant l'OMS et d'autres organisations internationales s'opposent à son utilisation, la France et la Belgique l'interdisent et le sujet crée la polémique alors que le fléau continue de s'abattre sur les populations concernées. Selon le dernier rapport de l'OMS, le World Malaria Report 2018, toutes les 2 minutes, un enfant de moins de 5 ans meurt de cette maladie guérissable.


Docteur Jérôme Munyangi, récemment vous avez fui votre pays, la République démocratique du Congo, pour des raisons de sécurité. Cela fait maintenant plusieurs mois que vous êtes à Paris. Qu'est-ce qui vous a motivé à vous exiler en France ?

En 2015, j'ai commencé à subir des menaces de revendeurs de médicaments qui travaillent en relations avec des firmes pharmaceutiques indiennes et chinoises et qui s'installent un peu partout en Afrique. Ces firmes sont reconnues pour être impliquées dans le trafic de médicaments falsifiés. J'ai résisté à plusieurs attaques depuis 2015, puis j'ai été empoisonné comme cela a été clairement dit dans le documentaire Malaria Businesss[1], et dans la presse en 2017.

Pouvez-vous nous rappeler les faits ?

Nous avons commencé une étude clinique sur la malaria dans la province du Maniema à Kindu en novembre 2015, avec toutes les autorisations requises à Kinshasa, du ministère de la Santé, du ministère de la Recherche scientifique, etc. Le médecin chef de zone a fait une première tentative pour arrêter les travaux. Finalement, nous sommes allés voir le ministre à Kinshasa qui est intervenu pour que l'étude reprenne son cours. Une semaine plus tard, je ne me sentais pas bien du tout, je commençais à vomir et j'étais sans l'énergie nécessaire pour continuer à travailler.

Un phytothérapeute a décelé un empoisonnement. Toutes les personnes qui vivent dans la partie Est de l'Afrique connaissent ce poison et celui-ci n'a pas d'antidotes. Je suis allé dans une autre province, à Goma, à la frontière avec le Rwanda, pour me soigner pendant environ 2 semaines. Après cela, je suis allé au Canada début 2016 pour faire des examens et on a pu observer que j'avais des ulcères dans l'estomac interne qui était perforé.

Récemment vous avez à nouveau reçu des menaces qui vous ont incitées à quitter la RDC ?

Je suis rentré en France, non pas par simple envie, mais suite à une arrestation en mars 2019 à Kinshasa où j'ai été arbitrairement et illégalement arrêté la nuit, vers 22h, puis retenu pendant 3 jours par la police, sans aucune plainte ni mandat. Un magistrat m'a auditionné et, en fin de compte, on a compris que le dossier était vide, sans aucune preuve.

Sollicitez-vous l'asile politique et où en sont vos démarches ?

Je travaille avec une ONG française, La maison de l'Artemisia, qui fait la promotion de cette plante pour promouvoir un traitement efficace et accessible à cette population pauvre et démunie d'Afrique. On m'a fait quitter le Congo et je suis resté à l'ambassade de France à Bangui [capitale de la République centrafricaine] pendant un certain temps, puis j'ai obtenu un visa pour venir en France. J'effectue maintenant les démarches pour ma demande d'asile politique afin de bénéficier d'une protection que je n'ai pas dans mon pays d'origine ou en Afrique en général.

Vos travaux sur cette plante ont commencé en 2014. Quel a été l'élément déclencheur ?

C'était en 2012. J'étais encore étudiant à la faculté de médecine au Congo et j'avais l'habitude d'organiser des journées de réflexion scientifique à Kinshasa où je réunissais des étudiants, professeurs et chercheurs pour débattre sur les questions de maladie et d'actualité scientifique.[2] Un jour, je suis tombé malade de la malaria et, à l'hôpital on m'a proposé un traitement à la quinine. Mais je ne supportais pas cette molécule dont je connais les effets secondaires.

J'ai demandé à un ami médecin s'il existait une alternative. Il m'a répondu : « J'ai des gélules qui viennent du Luxembourg, c'est de l'Artemisia. » Devant l'insistance du médecin, j'ai accepté les gélules et 3 jours après je me sentais très bien. Il m'a dit de poursuivre le traitement jusqu'au 7ème jour. Le 8ème jour, au laboratoire à Kinshasa où j'avais accès, j'ai analysé et constaté que mon sang était semblable à celui de quelqu'un qui n'avait jamais vécu dans une zone endémique.

En 2014, je suis venu en France pour faire mon master en biologie synthétique sous la tutelle des universités Paris VII et Paris V. Cet ami médecin qui m'avait soigné au Congo en 2012, a écrit à son professeur au Luxembourg pour le prévenir de mon arrivée en France. Celui-ci a alors écrit à la docteure Lucile Cornet-Vernet, fondatrice de l'association Maison d'Artemisia, pour lui dire qu'un médecin congolais ayant déjà expérimenté l'Artemisia était en France et qu'on pourrait lui proposer un thème de recherche en rapport avec cette plante.


Mais pour le réseau de défense de l'Artemisia, on considérait que je pouvais être une « taupe » puisque j'avais déjà travaillé avec l'OMS, organisation qui ne recommande plus l'utilisation de la tisane d'Artemisia, suite à quoi la France et la Belgique l'ont interdit. De plus, j'avais, et garde toujours, de bonnes relations avec tous ceux qui m'ont encadré à l'OMS et qui occupent des postes de décision en Afrique. J'étais donc peu recommandable, voir indésirable. Mais la docteure Lucile Cornet-Vernet a une autre vision des choses, elle m'a invité à son cabinet à Paris et nous avons enfin commencé à travailler sur l'Artemisia.

Comment a été perçue votre étude à Paris ?

Nous avons travaillé sur un modèle animal, la paramécie, qui pousse un peu partout dans les eaux usées. Celle-ci a les spécificités moléculaires du plasmodium, l'agent causal de la malaria. La paramécie est utilisée pour évaluer le dosage des médicaments. Nous sommes arrivés à des résultats concluants à partir desquelles nous avons fait des essais biologiques et cliniques.

Pourquoi la plante est-elle interdite en France et en Belgique ? Comment expliquer cette interdiction ?

L'OMS est un organe qui régule les questions de santé en se basant sur les études d'experts, d'instituts de recherche et de scientifiques. L'OMS peut être induite en erreur par des scientifiques selon leurs positionnements ou leurs intérêts. On sait qu'aujourd'hui toutes les recherches scientifiques y compris celles des écoles de médecine, sont financées en grande partie par les firmes pharmaceutiques attentives à leurs intérêts.

L'OMS, dans son communiqué de juin 20122, ne recommande pas l'utilisation de l'Artemisia annua, sous quelque forme que ce soit, y compris le thé, pour le traitement ou la prévention du paludisme. L'OMS a pris cette décision un peu hâtivement et a insisté sur la résistance au traitement, sans se référer aux documentations scientifiques qui existent depuis longtemps. En conséquence, la France et la Belgique ont appliqué à la lettre cette recommandation de l'OMS en allant jusqu'à l'interdiction formelle.

Pourtant, la plante se trouve facilement. Ici à Paris, on la retrouve le long de l'autoroute qui mène vers Lille. En Afrique nous avons une variété, l'Artemisia afra, qui pousse partout, c'est une plante endémique, autochtone, connue des populations indigènes.

Vous parlez de menaces à votre encontre. D'après vous les laboratoires pharmaceutiques sont-ils à la manœuvre pour vous empêcher de nuire à leurs intérêts ?

La malaria fait partie du business. Les multinationales occidentales perdent beaucoup d'argent sur le traitement de la malaria en Afrique. Ces firmes pharmaceutiques ont du mal à écouler leurs produits en Afrique parce que le continent est devenu le monopole des Chinois et des Indiens.

La France, la Belgique, Interpol en général, travaillent en collaboration avec les fédérations internationales de douanes contre le trafic de médicaments falsifiés. La production légale de médicaments en Europe représente près de 1.000 milliards d'euros, la production de faux médicament représente 70 ou 200 milliards.

Connue en Chine depuis plus de 2.000 ans, l'Artemisia annua est entrée dans l'histoire le siècle dernier lorsque, pendant la guerre du Vietnam (1959-1975), la plante était préconisée aux soldats nord-vietnamiens décimés par le paludisme pour se soigner avec un certain succès.

De leur côté, les États-Unis, également affecté par la maladie, avaient recours à un traitement à la méfloquine, connu sous le nom commercial de Lariam®, efficace mais non dépourvu d'effets secondaires neuropsychologiques inquiétants : cauchemars, perte de mémoire, paranoïa, dépression et pensées suicidaires... Ce traitement à base de mefloquine a pourtant été largement utilisé par les troupes états-uniennes lors de déploiements en Afrique, en Irak et en Afghanistan.

Comment expliquez-vous que la méfloquine (Lariam® 250), produite par la société suisse Hoffmann-La Roche, soit toujours recommandée par l'institut Pasteur3 malgré ses effets secondaires, alors que l'Artemisia ne l'est plus par des organisations internationales comme l'OMS ?

Cette question m'interpelle chaque jour. Pourquoi cette politique de deux poids, deux mesures de notre organe régulateur de la santé mondiale, l'OMS, de tous les instituts de recherche aujourd'hui dans le monde et des gouvernements et décideurs politiques africains ? Le Lariam®, dont les effets secondaires dévastateurs sont incomparables avec la plante est un exemple emblématique. Si on compare le risque-bénéfice du Lariam® avec la tisane d'Artemisia, je suis certain qu'une majorité de personnes opteraient pour la tisane parce qu'il y a beaucoup de risques à prendre le Lariam®. Il est inimaginable qu'on préconise le Lariam® et qu'on interdise l'Artemisia.

En 2001, l'OMS déclarait que l'artémisinine représentait « le plus grand espoir mondial contre le paludisme ». Finalement, en juin 2012, dans le communiqué que vous citez, l'OMS déconseille son utilisation. Pourtant, en 2015, Tu Youyou est devenue le premier prix Nobel de médecine chinois pour avoir démontré son efficacité dans les traitements antipaludéens.


 Pourquoi l'OMS s'oppose-t-elle à l'utilisation de l'Artemisia sous sa forme naturelle ? Est-ce par manque d'évidences scientifiques – difficiles à obtenir sachant que l'OMS ne finance pas la recherche sur la plante – ou par le risque très hypothétique de développement de résistance ?

Il n'y a pas de résistance à la tisane à base d'Artemisia annua qui ait été prouvée. Il n'est pas possible de développer de la résistance à une polythérapie, on développe des résistances contre une molécule. Les vaccins contre la malaria sont efficaces à seulement moins de 30%. Des scientifiques travaillent actuellement car des résistances au traitement se développent en Chine, et commencent en Afrique.

Pourquoi les instituts de recherche, l'OMS et autres bailleurs de fonds, ne veulent pas mettre de l'argent pour en finir une fois pour toute avec la polémique sur cette plante ? Ne devrait-on pas l'étudier ?

Si la Maison de l'Artemisia et moi-même, nous sommes décidés à mener ces études, ce n'est pas pour créer un médicament ou breveter une invention. Ce qui nous intéresse, c'est que les scientifiques, les bailleurs de fond, les décideurs politiques africains braquent leurs projecteurs sur la tisane qui est la solution pour les Africains. Dans un pays continent comme le Congo, pourquoi la tisane ne pourrait pas être une première solution pour les populations éloignées des villes avec des routes impraticables, avant que les personnes affectées ne soient prises en charge dans un centre de santé ?

La tisane pourrait être un soulagement pour ces personnes avant leur entrée à l'hôpital. L'Afrique est le continent le plus dépendant en médicaments, près de 95 % des médicaments consommés sont importés. En Afrique centrale, 99 % des médicaments antipaludéens consommés viennent de l'Inde et de la Chine. L'Afrique pourrait énormément gagner à cultiver son héritage culturel, médicinal et traditionnel si elle développait, finançait et appuyait ses propres recherches, comme nous l'avons proposé pour développer nous-mêmes ce traitement d'Artemisia. Pourquoi les gouvernements, pourquoi les bailleurs de fond ne veulent pas s'intéresser à cette question. C'est juste une question d'intérêt financier parce que des milliards de dollars sont en jeux.

Pour la première fois sur le continent africain, environ 6.400 moustiques génétiquement modifiés ont été lâchés dans une localité du sud-ouest du Burkina Faso, pays où la maladie reste la première cause de mortalité et où plus de 27 000 personnes en sont décédés en 2017. Cette expérience constitue la phase de test du programme Target Malaria, financé par la fondation Bill et Melinda Gates à hauteur de 60 millions d'euros €. Quelle est votre réaction ?

C'est un carnage. J'aimerai qu'il y ait un Thomas Sankara dans ce pays qui exige les preuves d'efficacité en amont, avant de lâcher des moustiques génétiquement modifiés dans l'environnement. Nous ne connaissons pas les conséquences de ces moustiques sur l'environnement ni sur la santé humaine.

Comment peut-on autoriser ce genre d'étude et interdire la consommation d'une plante qui pourrait soigner, prévenir et lutter efficacement contre la malaria ?

La fondation Bill et Mélinda Gates est impliquée dans la distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide, or on sait qu'actuellement dans un pays comme le Congo, les moustiquaires n'ont même pas été imprégnées d'insecticide comme cela a été reconnu par le ministre congolais démissionnaire de la Santé dans sa lettre de réponse au Collectif des organisations de la société civile pour la santé et la lutte contre le paludisme. Cette fondation et d'autres bailleurs de fonds ne respectent pas leurs engagements. Ces expériences n'ont aucun sens, c'est une insulte pour les chercheurs, les peuples et les gouvernements africains.

Source de l'image en vedette : latempete.info

Notes :

[1] Malaria Business, film documentaire de Bernard Crutzen, coproduction Caméra One Télévision – RTBF, 2017, Belgique, Congo, Sénégal, Madagascar. Une version est disponible en ligne.

[2] « Effectiveness of Non-Pharmaceutical Forms of Artemisia annua L. against malaria », WHO Position Statement, OMS et Global Malaria Programme, Juin 2012.

La source originale de cet article est Pour (journal)

Copyright © Jérôme Munyangi et Jérôme Duval, Pour (journal), 2019


  Professeur Michel Balaka-Ekwalanga :

« En Afrique, on vit dans des milieux multi-infectieux, ce qui provoque des antigènes, dont certains croisent celui du coronavirus. Autrement dit, la réponse immunitaire est plus rapide... »

 By La rédaction 25 mars 2020

Le professeur Michel Balaka-Ekwalanga est immunologiste et virologue de la RDC, membre de l'équipe de recherches de l'Université de Lubumbashi. Il est formé à l'Institut Pasteur de Paris et à Cuba. Dans une interview accordée à la journaliste Belge Collette Braeckman, il nous donne son point de vu sur le Coronavirus et sur sa propagation sur le continent africain.

A la question de savoir si les pays africains semblent moins touchés que l'Europe ? Pourrait-on alors l'expliquer par la chaleur ?

Voici sa réponse :

« La température extérieure n'a rien à voir. La réalité, c'est que les pays africains ont déjà connu plusieurs épidémies causées par des virus, qui ont sévi avec des intensités diverses, le SRAS, le virus Mers qui a frappé en Egypte mais pas au Soudan. Pourquoi cette différence ? Mon analyse, c'est qu'en Afrique, on vit dans des milieux multi-infectieux, ce qui provoque des antigènes, dont certains croisent celui du coronavirus.

Autrement dit, la réponse immunitaire est plus rapide...En Europe, la situation n'est pas la même, les milieux ambiants sont beaucoup plus aseptisés et la population est donc plus vulnérable. L'environnement joue aussi : il y a plus d'allergies dans les villes que dans les campagnes et dans des situations de stress, de pollution, le système immunitaire fournit une réaction inappropriée. »

Le professeur Balaka-Ekwalanga est aussi revenu sur le protocole médical qu'ils utilisent pour faire face à ce virus :

« Notre équipe s'attache surtout à « booster » le système immunitaire. Le protocole proposé par l'Université de Lubumbashi se compose de trois molécules, les interférons, la chloroquine et des antioxydants. Rappelons que les interférons sont des protéines fabriquées naturellement par les cellules de notre corps. Elles sont chargées de nous défendre lorsque nous sommes attaqués par un virus quel qu'il soit. Ces molécules stimulent le système immunitaire et réagissent contre le virus. Nous pouvons aider en amenant des interférons extérieurs, de type 1 et 2 (alpha et beta), fabriqués en laboratoire. Autrefois ils étaient utilisés pour lutter contre l'hépatite.

Nous avons observé la coopération entre la Chine et Cuba, rarement mentionnée en Occident. A Cuba, il y a longtemps que l'on utilise les interférons pour combattre les virus et cette année, Cuba en a fourni aux Chinois, pour un montant de 300 millions de dollars. C'est ce qui a permis de combattre le coronavirus, qui est maintenant en régression.

Au Venezuela, le président Maduro a lui aussi préconisé de faire davantage de prévention, en donnant aux gens des molécules dont les interférons et les anti oxydants, afin de renforcer le système immunitaire. Dans notre protocole, nous travaillons sur la conjugaison de plusieurs molécules, les interférons mais aussi la chloroquine qui a été longtemps utilisée pour lutter contre le paludisme ; même si elle a été délaissée car elle n'agissait plus, ses propriétés immunologiques sont demeurées entières dans le cas d'autres infections. La chloroquine est, entre autres, utilisée dans le cas de sclérose en plaques et de cancer. »

En définitive cet interview révèle que les pays africains devront plutôt trouver leur propres voient pour lutter contre ce mal car les réponses immunitaires face au coronavirus peuvent changer d'une région à une autre. L'Afrique n'a pas les mêmes moyens de lutte que l'occident pour faire face à cette pandémie, d'où la nécessité de réunir les scientifiques africains pour apporter des réponses adaptés à nos réalités.


 Interféron alfa 2B : le médicament cubain utilisé en Chine pour soigner le coronavirus

10 février 2020 14:02:12

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a félicité gouvernement chinois pour son dévouement dans la lutte contre le coronavirus 2019-NCOV, avec des résultats palpables dans la guérison de plus de 1 500 patients

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a félicité gouvernement chinois pour son dévouement dans la lutte contre le coronavirus 2019-NCOV, avec des résultats palpables dans la guérison de plus de 1 500 patients
Sur son compte Twitter, le président cubain a écrit : « Interferon alpha 2B : le médicament cubain utilisé en Chine contre le coronavirus. Notre soutien au gouvernement et au peuple chinois dans leurs efforts pour combattre le coronavirus », tout en mettant en évidence l'utilisation des produits issus de la biotechnologie cubaine pour résoudre les problèmes de santé du monde.

Ce médicament fait partie de la trentaine de produits choisis par la Commission nationale chinoise de la santé pour soigner cette maladie respiratoire et, selon les déclarations à la télévision cubaine du Dr Luis Herrera Martinez, conseiller scientifique et commercial du président de l'entreprise BioCubaFarma, son choix est dû à l'efficacité démontrée contre des virus aux caractéristiques similaires à celle-ci.

« Il a l'avantage que dans de telles situations, il sert de mécanisme de protection ; son utilisation évite aux patients ayant des possibilités d'aggravation et de complications d'atteindre ce stade, qui entraînerait la mort », a expliqué le spécialiste.

Herrera Martinez a déclaré qu'un transfert de technologie avait été effectué il y a quelques années dans la province de Jilin, qui a donné naissance à l'usine sino-cubaine ChangHeber dans la ville de Changchun. «Cette usine fabrique le même produit que nous, avec exactement la même technologie, et répond aux normes de qualité qui ont été approuvées par les autorités réglementaires chinoises et cubaines », a-t-il déclaré.

« L'usine sino-cubaine de Changheber à Jilin produit de l'interféron alpha (IFNrec) en utilisant la technologie cubaine depuis le premier jour du Nouvel An lunaire. La Commission chinoise de la santé a sélectionné notre produit parmi ceux utilisés dans la lutte contre les coronavirus », a confirmé la présidence cubaine sur son compte Twitter.

Selon l'ambassadeur cubain en Chine, Carlos Miguel Pereira, l'usine mixte Changheber a commencé la fabrication du médicament cubain depuis le 25 janvier dernier, en tenant compte de « son potentiel à guérir les patients en situation de "difficulté respiratoire" ».

Selon les spécialistes, l'IFNrec est appliqué contre les infections virales causées par le VIH, les papillomatoses respiratoires récurrentes causées par le papillomavirus humain, le condylome acuminé et les hépatites de types B et C, en plus d'être efficace dans les thérapies contre différents types de cancer. Le 30 janvier 2020, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence internationale pour la propagation du nouveau coronavirus.


  Apivirine, un médicament venu du Bénin contre le Coronavirus en essai clinique

 Lebledparle.com, Le Mif Zambo Publication : 5 avril 2020

L'Apivirine, du Dr. Valentin Agon, utilisé avec succès dans le traitement du COVID-19:

 


http://www.youtube.com/watch?v=DPbjhd8iQ74

 L'information connaît un succès retentissant sur la toile depuis plusieurs jours. L'Apivirine, un médicament africain aurait prouvé son efficacité contre l'infection au Covid-19. Cet antirétroviral initialement prévu pour guérir le Sida, serait efficace contre le Coronavirus. Mis au point par le béninois Valentin Agon, il permettrait de soigner plusieurs maladies dont le nouveau coronavirus qui fait actuellement des ravages dans le monde.

«Il y a 20 ans j'ai travaillé sur ce médicament. Il a été mis au point au départ pour lutter contre le Sida. Il traite aussi plusieurs maladies. Je suis donc heureux et fier que face à cette problématique pathologique majeure, l'Afrique peut oser des solutions innovatrices», s'est réjoui le chercheur béninois Valentin Agon dans des propos rapportés par 7 info.ci.

L'Apivirine, le médicament mis au point par ce dernier, a montré des effets positifs sur le coronavirus selon le Ministère burkinabè de la santé. Il va subir quelques essais cliniques avant sa validation par un comité scientifique puis, son utilisation de manière officielle dans le traitement des malades.

«Certains malades confirmés du covid-19, ont déjà eu recours avec succès à Apivirine durant leur maladie. Ils ont tout de suite obtenu l'amélioration de leur état de santé allant de l'amendement des symptômes à la négativation du test de dépistage du coronavirus après le traitement», a révélé le Ministère Burkinabè de la santé, dans un communiqué.


  Essai clinique en cours

Les autorités du Burkina Faso dans un autre message, ont tenu à calmer l'enthousiasme naissant en affirmant qu'un essai clinique devrait d'abord être lancé pour certifier sur le plan scientifique, la validité de l'Apivirine dans le traitement contre le Covid-19. Alors que l'hypothèse d'utiliser l'Afrique pour effectuer les premiers tests du vaccin contre le Coronavirus évoqué par deux spécialistes sur la LCI a suscité l'ire de nombreux africains qui refusent de se faire passer pour des rats de laboratoires, la trouvaille de Valentin Agon pourrait vite devenir salvatrice pour tout un continent en quête d'autonomie médicinale.

 L'épidémie de coronavirus et la complicité chinoise et occidentale contre les Africains: les vérités qu'on ne nous dit pas et les précautions que nous devons prendre

Par Dr. Marthe Mulumba (RD Congo), Dr. Thomas Koffi (Côte d'Ivoire) et Dr. Elisabeth NYONGO (Kenya)

Kinshassa, Abidajan et Nairobi, le 15 février 2020

Nous, médecins et personnel de santé africains, nous avons décidé de lancer cet appel urgent pour avertir tous les Africains de ne pas croire en la vidéo qui circule actuellement sur les réseaux sociaux ces derniers jours en provenance de Chine et qui montre un étudiant africain qui aurait prouvé qu'il est immunisé contre le coronavirus et de dire les vérités que nos gouvernements et les puissances étrangères ne veulent pas que nos populations sachent sur cette maladie.

Cette vidéo est complètement fausse et elle fait partie d'une manipulation et une stratégie cyniques pour réduire la population africaine. En effet, comme vous savez, dans la majorité des intérêts et projets que les Chinois ont en Afrique, ils n'emploient que leurs propres frères.

Donc, si les Africains croient qu'ils ne courent pas de risque avec le coronavirus, les Chinois pourront toujours massivement envoyer leur main-d'œuvre dans nos pays. Comme le cheval de Troie, ces chinois porteurs du coronavirus vont infecter les Africains, en commençant surtout avec les femmes.

Car tout le monde sait que pour répandre rapidement une maladie dans les pays africains, il faut passer par les femmes parce qu'elles sont majoritaires dans les domaines et les espaces publics comme les marchés, les champs, la gastronomie, etc. où les populations sont en contact permanent et non protégé les unes avec les autres. Les Chinois ont fabriqué cette fausse vidéo pour baisser la vigilance des Africains et nous empêcher de nous protéger efficacement en les empêchant d'entrer dans nos pays.

Malheureusement, sous le prétexte de vanter la force physique et la puissance naturelle des gènes noirs, beaucoup de nos internautes et militants bien intentionnées mais naïfs, propagent cette fausse vidéo. Il est honteux que cet étudiant africain ait accepté de jouer cette comédie pour quelques billets de banque. C'est scandaleux et indigne de notre jeunesse!


Mais nous devons surtout dénoncer publiquement les pressions que nous et plusieurs autres collègues médecins avons reçues de nos gouvernements pour ne pas dire la vérité sur les manœuvres de la Chine et des puissances occidentales dans cette affaire de coronavirus. En effet, comme toujours quand éclate une épidémie, les pays occidentaux prennent des mesures efficaces pour informer, avertir et protéger leurs populations. Puis ils partagent leurs informations, leurs connaissances et leurs techniques de prévention et de guérison avec les asiatiques et les arabes.

Mais les Africains et la Diaspora Noire, ils s'en fichent complètement. Au contraire, à travers le FMI et la Banque Mondiale, les occidentaux imposent des politiques économiques, sociales et financières qui forcent les pays africains à privatiser la santé et l'éducation.

Or, nos dirigeants sont tellement corrompus, peureux et incompétents qu'ils ne peuvent pas leur résister pour protéger la santé et défendre les vies des Africains. Conséquence: les Africains sont ceux qui sont toujours le plus touchés par toutes sortes d'épidémies. Pire, quand elles sont finies chez les autres, chez nous ces épidémies s'accumulent sur celles qui n'ont jamais été éradiquées, ce qui aggrave la situation.

Nous, médecins et professionnels de santé africains, nous n'avons pas le pouvoir de changer les dirigeants africains et de mettre fin aux interventions néfastes des occidentaux dans nos politiques de santé. La seule arme que nous avons pour aider notre peuple, c'est l'information et la sensibilisation.

Et vous, chers Sœurs et Frères, chers Enfants, Parents et Grands-Parents, votre seule chance de rester en bonne santé et en vie, c'est de faire de la bonne prévention. En effet, si vous attendez de tomber malades, l'absence de bonnes structures médicales dans nos pays va aboutir à votre mort. Même ceux qui vivent en Europe sont aussi en danger car comme vous savez, en cas d'urgence médicale ou de crise sanitaire, ce sont toujours les blancs qui sont d'abord bien traités, ensuite les asiatiques et les arabes, et nous on ne nous considère qu'en dernier lieu. Donc, évitons avant tout ces maladies qui sortent on ne sait d'où.

La seule façon pour les Noirs de se protéger contre le coronavirus:

Devant l'épidémie de Coronavirus, nous vous appelons tous à respecter scrupuleusement les mesures suivantes:

1. Évitez au moins pendant les deux prochaines années tout contact avec les ressortissants, les aliments, les animaux et tout autre produit en provenance de Chine et d'Asie.

2. Évitez aussi les contacts avec les ressortissants, les aliments, les animaux et tout autre produit en provenance d'Europe et des Pays Arabes.

3. La raison est que, comme la période d'incubation du Coronavirus est très longue, c'est sûr que les ressortissants, aliments, animaux et produits en provenance de Chine qui étaient déjà sur le marché international étaient déjà contaminés avant que l'épidémie n'explose.

Mais comme les hommes d'affaires européens, asiatiques et arabes ne peuvent plus écouler ces produits dans leurs pays au risque de contaminer leurs populations, c'est en Afrique et dans la Diaspora Noire qu'ils vont déverser cela comme toujours. Rappelez-vous le scandale des déchets toxiques déversés en Côte d'Ivoire et au Ghana, de l'épidémie de choléra apportée en Ayiti par les soldats Népalais de l'ONU, etc.


3. Donc, à ceux qui vivent en Afrique: s'il-vous-plaît, n'achetez plus rien de ce que vous devez manger, mettre dans ou porter sur votre corps dans les magasins d'import-export. Approvisionnez-vous directement et exclusivement auprès des agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, artisans, industriels locaux. Pareil pour ceux qui sont dans les Antilles et l'Amérique du Sud.

Quant à ceux qui sont dans les pays européens, asiatiques et arabes, qu'ils exigent des boutiques afro qu'elles commandent désormais leurs produits directement chez les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, artisans et industriels basés en Afrique. Et s'il-vous-plaît, exigez qu'ils vous montrent la preuve que ce qu'ils vendent vient vraiment d'Afrique.

Car, comme vous savez, les mafias chinoises, asiatiques, européennes et arabes copient et contrefont maintenant beaucoup de produits africains pour les déverser partout en Afrique et les remplir dans les Afro-Shops à l'étranger (qu'ils contrôlent d'ailleurs pour la plupart) afin de gagner l'argent qui circule dans les familles et les communautés africaines qui veulent consommer africain en Europe.

4. Les États Africains doivent interdire provisoirement aux compagnies chinoises, asiatiques, européennes et arabes qui opèrent sur le Continent, d'envoyer de nouveaux travailleurs en provenance de leurs pays chez nous et limiter les visas dans ce sens, car ils sont potentiellement porteurs du nouveau virus. De la même manière, ceux qui sont déjà chez nous ne doivent pas retourner dans leurs pays et revenir chez nous (soit ils ne bougent pas, soit ils rentrent pour ne plus revenir pendant deux années minimum).

L'importance du délai de deux ans:

Nous vous prions de respecter ces précautions et appliquer ces mesures pendant au moins deux ans parce que, du point de vue médical, contrairement à ce que l'industrie pharmaceutique occidentale vous fait croire juste pour vendre ses médicaments inefficaces et ses drogues addictives, le corps humain a besoin d'un minimum de temps pour s'adapter à une nouvelle maladie et développer des mécanismes internes pour la combattre efficacement, avec ou sans médicament.

Or, ce processus d'adaptation dure plus ou moins longtemps en fonction de la distance qu'il y a entre le foyer (topologique/géographique, anthropologique/physiologique, économique/matériel et sociologique/culturel) où la maladie a éclaté et les endroits où elle se propage ensuite. Cela signifie par exemple que, si une maladie éclate en Chine, les Chinois en souffriront beaucoup plus que les autres au début, mais ils sont aussi ceux dont les organismes s'adapteront le plus vite au nouveau virus. De sorte que, quand ce virus sortira de la Chine et fera des ravages ailleurs, les corps des Chinois auront entretemps développé des antigènes ou des anticorps qui leur permettront de résister plus efficacement à la maladie. Dans cette situation, les pays et peuples qui sont le plus éloignés des Chinois seront aussi ceux qui souffriront le plus des effets de ce virus.

Or c'est le cas des pays africains; et avec l'absence de bonnes politiques de santé et de bonnes structures et infrastructures médicales, les ravages vont être terribles. (Sans oublier le fait que racistes comme ils sont, un jour vous entendrez Asiatiques, Européens et Arabes se mettre ensemble pour prétendre qu'en fait, ce virus ne venait pas de Chine, mais d'Afrique).

C'est aussi pourquoi, même si cela sera difficile au niveau de certaines de nos familles, il faudra que nos gens qui vivent, travaillent ou étudient actuellement en Chine, ne rentrent pas au pays pendant les deux prochaines années.

C'est sûr que, dans deux ans, la maladie aura atteint tous les quatre coins de la terre, dont l'Afrique et on saura comment les différents groupes de populations réagissent à ça. En fonction de cela et d'ici là, les médicaments appropriés auront été trouvés et on aura vérifié leur efficacité. Avant ce délai, ce serait irresponsable et dangereux pour nous, Africains et les Noirs en général, d'aller en Chine et en Asie et d'avoir des contacts trop étroits avec les gens, les aliments, les animaux et les produits en provenance de ce pays et de cette région. Merci d'appliquer ces consignes et de partager ce message. Informons-nous, éduquons-nous et protégeons-nous ensemble, ou bien nous mourrons tous ensemble.


 En Afrique, trop peu d'infrastructures et de médecins mais des bonnes volontés

Par Vanessa Resnais / 01/02/2018

Pr. Didier Raoult : les intelligents chez moi sont les Noirs et les Arabes

 


http://www.youtube.com/watch?v=2giQKN8K8wE&feature=share&fbclid=IwAR0ce6c7c6IDiSAinid7S-yYJcUbk5TrTywto5kkv0zpYFdczZTYABN432k&app=desktop

 Le droit à la santé est un droit inaliénable – en Afrique comme ailleurs. Un droit corrélé à l'accès à des structures et personnels médicaux de qualité. Or le continent africain manque cruellement d'infrastructures sanitaires adéquates, ainsi que de personnel soignant. La conséquence d'un sous-investissement chronique et d'une explosion démographique, la population africaine devant même doubler d'ici à 2050 et passer de 1,2 milliard d'habitants en 2017 à 2,5 milliards.

Plus de médecins béninois en Ile-de-France qu'au Bénin

Les indicateurs donnent la mesure de cette décorrélation entre population et offre de soins. Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise un ratio de 7 médecins et 30 lits d'hôpital pour 10 000 habitants, l'Afrique subsaharienne n'en compte respectivement qu'un et 10. Dans la même région, les dépenses de santé restent dix fois inférieures à la moyenne mondiale. L'espérance de vie est inférieure de 14 ans à la moyenne.

Un Africain a deux fois plus de chances de mourir à la naissance qu'un autre habitant de la Terre. Selon une étude récemment parue dans la prestigieuse revue The Lancet, les complications post-opératoires touchent un patient africain sur cinq. Rien d'étonnant, alors que le continent compte 0,7 spécialiste (chirurgien, obstétricien, anesthésiste, etc.) pour 10 000 habitants, contre 20 à 40 recommandés. Enfin, malgré un profil à faible risque en raison du jeune âge des patients, et des interventions moins lourdes qu'ailleurs dans le monde, les patients africains sont deux fois plus susceptibles de mourir après une opération chirurgicale que la moyenne mondiale.


Les Etats africains se sont pourtant engagés, en signant l'accord d'Abuja en 2001, à allouer 15% de leur budget au secteur de la santé. Dix-sept ans après, aucun n'a atteint ce seuil, et ce même si les dépenses publiques par habitant sont passées, en moyenne, de 70 à 160 dollars. Un montant cependant dérisoire, qui contraint nombre d'Africains à rechercher à l'étranger des soins qu'ils ne trouvent pas dans leur propre pays. Les patients ne sont pas les seuls à se rendre à l'étranger.

Les professionnels de santé, au premier rang desquels les médecins, participent à une véritable fuite des cerveaux au détriment de l'Afrique. Alors que les pays développés manquent de personnels soignant, ils attirent ceux en provenance du continent, qui est devenu un véritable « centre de formation » pour les pays du Nord.

Et ce alors que les 47 pays d'Afrique subsaharienne ne comptent que 168 facultés de médecine. Conséquence, il y a désormais plus de médecins béninois travaillant en Ile-de-France qu'au Benin. Plus de sept médecins formés au Mozambique sur dix, et plus de trois infirmières du Zimbabwe sur dix, exercent à l'étranger. Quant aux écoles de médecine africaines, elles ont perdu de 10% à 18% de leur corps enseignant au cours des cinq dernières années. En tout, il manquerait 4,2 millions de médecins au continent africain.

Des pistes pour remédier au manque d'infrastructures

Des solutions existent pourtant, notamment afin de remédier au manque d'infrastructures médicales. Le développement des partenariats public-privé (PPP) est l'une d'entre elles. Les entreprises privées peuvent, en effet, être efficacement appelées à financer les infrastructures sanitaires, leur équipement et leur gestion. Une manière de partager les risques et les responsabilités, qui peut se décliner selon plusieurs modalités.

Les partenaires privés des autorités publiques peuvent ainsi assurer le fonctionnement efficace des structures médicales. Les gouvernements africains peuvent aussi mettre à disposition du secteur privé leurs infrastructures et équipements sanitaires, afin d'améliorer leur performance et leur gouvernance. Enfin, les entreprises privées peuvent financer la construction d'infrastructures de base et les transférer aux gouvernements, tout en conservant la gestion privée des services.

D'autres pistes existent. A commencer par le renforcement de l'offre de formation sur le continent, aboutissant sur des diplômes lisibles et comparables entre eux. Une expérience d'harmonisation des programmes a d'ailleurs débuté dans l'espace Cedeao. Renforcer la mobilité des professionnels de santé constitue une autre piste : pourquoi ne pas créer un programme d'échange sur le modèle d'Erasmus, appliqué aux étudiants et professeurs d'Afrique ?

En Côte d'Ivoire, Dominique Nouvian Ouattara va inaugurer un nouvel hôpital

En Côte d'Ivoire, les choses avancent. A Bingerville, un hôpital mère-enfant est sur le point d'ouvrir ses portes. D'une superficie de 16 000 mètres carrés, l'établissement disposera de plus de 120 lits. Ses très nombreuses spécialités pédiatriques seront soutenues par un plateau technique de pointe, un laboratoire d'analyse médicale, un service d'imagerie et sept blocs opératoires.

L'hôpital, privé et à but non lucratif, devrait être inauguré en mars 2018, et accueillera quelque 475 professionnels, ainsi que des étudiants.

Pour Dominique Ouattara, l'épouse du président ivoirien et principale instigatrice de l'opération, « l'hôpital Mère-Enfant de Bingerville a été conçu dans le but de fournir aux mamans et à leurs enfants les soins spécifiques dont ils ont besoin. (...) Je me suis engagée, par le biais de la Fondation Children of Africa (dont elle est présidente), à construire cet établissement qui soulagera grandement les populations non seulement de Côte d'Ivoire mais aussi de toute la sous-région ».

D'autres infrastructures verront prochainement le jour au sein du pays : ainsi d'un nouveau centre de radiothérapie, qui sera fonctionnel à partir de la fin janvier ; de l'hôpital général d'Angré, transformé en Centre hospitalier universitaire, inauguré le 15 décembre dernier par Alassane Ouattara ; ou encore du centre de médecine nucléaire, qui sera ouvert au cours du premier semestre 2018, ou des dix cliniques mobiles qui ont été déployées sur le territoire ivoirien l'été dernier.


  Les maladies du Nord migrent en Afrique

Signe des profondes transformations à l'œuvre en Afrique, les maladies dites « de pays développés », comme le diabète ou les défaillances cardio-vasculaires, se répandent dans la plupart des États du continent. Si les nouvelles habitudes alimentaires sont aussi en cause, cette dégradation de la santé des populations trouve sa source dans l'urbanisation accélérée et les pratiques de l'agro-industrie.

Par Frédéric Le Marcis

On les surnomme « maladies des pays industrialisés » ou « maladies de civilisation » ; mais en Afrique, dès 2030, les maladies non transmissibles (MNT) — diabète et maladies cardio-vasculaires notamment — devraient provoquer davantage de décès que les maladies transmissibles, dont le sida (1). Si, dans l'imaginaire occidental, le continent noir a toujours été perçu comme une terre de risque sanitaire en raison du paludisme, de la fièvre jaune, puis du sida et d'Ebola, il subit aujourd'hui une sorte de « double peine » : un lourd tribut payé aux maladies infectieuses et une hausse des MNT qui pèse sur les systèmes de santé comme sur les familles, premières pourvoyeuses de soins (2).

Le cas du diabète est exemplaire des enjeux que pose l'expansion de ces pathologies en Afrique. Encore trop souvent ignorées, elles se développent à un rythme rapide. Leur prise en charge implique une éducation sanitaire des individus et l'engagement politique des États. « Le diabète a toujours existé dans nos pays, souligne le diabétologue sénégalais Saïd Norou Diop. Mais il connaît au Sénégal une véritable explosion depuis une dizaine d'années (3). » Les MNT ont tué en 2012 plus de 38 millions de personnes dans le monde.

Les quatre cinquièmes de ces décès — soit 29 millions — se produisent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (4) : Sénégal, Cameroun, Congo-Brazzaville, Gabon... Leur émergence est liée à la transformation des modes de vie, dont l'urbanisation rapide est un accélérateur. À l'orée des indépendances, 15 % de la population seulement du continent vivait en ville ; aujourd'hui, le chiffre avoisine 38 %. Cette dynamique provoque un changement des habitudes alimentaires (la consommation de viande devient plus régulière, et celle d'huile, de sel, de boissons sucrées de type soda augmente) alors que les individus deviennent plus sédentaires (5).

À cela s'ajoutent l'ingestion accrue d'alcool, le tabagisme et l'exposition aux produits chimiques. Le manque, voire l'absence, de programmes de prévention est souvent mis en cause, ainsi que les prédispositions génétiques de certaines populations. Cependant, ces arguments, qui renvoient les individus à leur responsabilité (innée ou acquise), ne doivent pas faire oublier le rôle décisif de l'agro-industrie, qui inonde les marchés africains de produits peu onéreux mais de mauvaise qualité. Le remplacement du soumbala (une épice produite à partir de la graine de néré) par le cube Maggi, vendu à grand renfort de publicité, symbolise ces dérives. Les gouvernements sont les seuls en mesure d'encadrer la distribution des produits et de diffuser les informations nécessaires aux populations pour veiller à leur bien-être.

Malnutrition et obésité coexistent

En 2014, les frais de santé qu'engendre le diabète étaient évalués à 612 milliards de dollars (6). Plus généralement, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'inquiète de l'augmentation des « pertes économiques cumulées » dues aux MNT : poids de la pathologie sur le système de santé, dégradation du marché du travail en raison de l'affaiblissement de la main-d'œuvre malade ou absente, fragilisation du tissu social, etc. Selon elle, ces pertes s'élèveront à 7 000 milliards de dollars pour la période 2011-2025, alors même que le coût de la réduction de la charge mondiale des MNT n'est estimé qu'à 11,2 milliards de dollars par an.


Parmi elles, ce sont les maladies cardio-vasculaires qui provoquent le plus grand nombre de décès (17,3 millions par an), suivies des cancers (7,6 millions), des maladies respiratoires (4,2 millions) et du diabète (1,3 million), selon l'OMS. Dans les pays africains les plus pauvres, on estime que 75,1 % des individus vivant avec un diabète sucré ne sont pas diagnostiqués (7). Dans ceux à revenu faible ou intermédiaire (Gabon, Afrique du Sud, Kenya par exemple), l'attention — justifiée — portée aux maladies transmissibles (comme le VIH/sida, la tuberculose, le paludisme) a freiné la reconnaissance des MNT (8).

On impute à ces quatre groupes d'affections environ 80 % de l'ensemble des morts dues aux MNT. Parmi les facteurs de risque, la mauvaise alimentation inquiète particulièrement en raison de ses conséquences sur le développement des enfants (9). Le surpoids prédispose aux maladies cardio-vasculaires et au diabète. Or les enfants des pays à revenu faible ou intermédiaire sont particulièrement vulnérables aux problèmes de poids. Ils souffrent d'une alimentation insuffisante dans la période prénatale, infantile et juvénile, et par la suite d'une nourriture médiocre, souvent trop riche en graisses, en sucre, en sel et présentant de faibles qualités nutritives. En conséquence, malnutrition et obésité coexistent (10).

Ces transformations ont été soulignées par l'OMS dès 1991, sans réaction adaptée des pouvoirs publics (11). En 2002, l'organisation réitère son appel à redoubler d'efforts et souligne encore les conséquences sanitaires de la transition nutritionnelle. À l'époque, les inégalités profondes entre le Nord et le Sud, mais aussi entre les élites prises en charge dans les cliniques marocaines et européennes et la population sans accès aux soins, étaient déjà connues. Cependant, l'irruption de l'épidémie de sida à la fin des années 1980 et la mise en place de programmes massifs de lutte contre la maladie (création de l'Onusida en 1996) ont sonné le glas pour vingt-cinq ans d'un investissement dans la prise en charge du diabète et des autres pathologies non transmissibles.

Si les programmes verticaux — qui concentrent financement et agents de santé sur le traitement d'une seule pathologie — consacrés au VIH ont suscité l'espoir d'une éradication de la maladie, cela s'est fait en partie au détriment du financement de la lutte contre d'autres pathologies. Justifiée par le risque que représentait le sida à l'échelle planétaire, l'identification des maladies à traiter en priorité est aussi un héritage des services coloniaux, qui se consacraient à une seule affection (comme la maladie du sommeil).


Une percée spectaculaire

Agnès Stienne Aperçu

Alors que la lutte contre les MNT revient à l'ordre du jour, portée notamment par l'OMS, le développement simultané des épidémies Ebola et Zika fait à nouveau planer la menace de son occultation. L'engagement des pays les plus riches dans le financement de la santé globale obéit en effet plus à la perception d'un éventuel risque pour les pays du Nord qu'à un élan humanitaire fondé sur l'analyse de données épidémiologiques (12). Si le paludisme, le diabète ou la mortalité maternelle étaient contagieux, la face de la santé globale serait sans doute différente.

Le diabète de type 2, le plus fréquent en Afrique, est une maladie évolutive qui peut nécessiter l'usage de l'insuline. Les systèmes de santé des pays les moins développés manquent des outils de diagnostic, de surveillance (comme les moyens d'établir le taux d'hémoglobine glyquée afin de prévenir une complication) et de prise en charge du diabète autres que l'amputation pour les cas sévères. Les programmes de prévention et d'éducation du patient sont insuffisants, et les moyens financiers des plus pauvres ne leur permettent pas de suivre un régime alimentaire adéquat (lire « Le diabète en pleine expansion »).

àLe gouvernement sénégalais soutient l'initiative « m-diabète » mise en place par l'OMS et l'Union internationale des télécommunications : elle utilise la téléphonie mobile (au Sénégal, 83 % de la population possède un portable) pour diffuser des messages de prévention du diabète et des conseils portant sur l'alimentation, le soin des pieds ou la façon de gérer la maladie lors de la période du ramadan, par exemple.
Étant donné le manque de moyens des systèmes de santé du Sud, la reconnaissance des MNT repose en partie sur la bonne volonté des acteurs internationaux.

Cette situation appelle un choix politique : faut-il admettre que les pathologies se distribuent dans la société en fonction de la capacité des individus à garantir la qualité de leur environnement, de leur alimentation comme des soins qu'ils reçoivent (parfois dans des capitales occidentales) ? Ou devons-nous collectivement et avec les États concernés prendre la mesure des enjeux de cette transition épidémiologique qui expose les plus pauvres à des pathologies nécessitant des soins de longue haleine, trop coûteux pour être pris en charge par le système public et dispensés à tous dans des conditions optimales ?

Depuis la fin des années 1980, la production d'outils de mesure et de qualification du diabète a permis de reconnaître sa dimension épidémique. Pourtant, force est de constater que cela n'a pas provoqué les mêmes effets politiques que pour la pandémie de sida. Aujourd'hui, lutter contre le diabète et plus largement les MNT suppose de rendre disponibles des outils de diagnostic et de traitement, ainsi que des compétences spécifiques, mais également de lutter contre les inégalités, de construire un système de santé juste et efficace et de s'opposer aux lobbys de l'agro-industrie qui inondent le continent de sodas et d'aliments favorisant l'apparition de la maladie.

« Contrairement aux croyances établies, souligne un rapport de l'OMS, le diabète de l'adulte devrait désormais être considéré comme une menace particulière pour la santé publique des communautés du tiers-monde vivant dans des pays en développement ainsi que pour les minorités défavorisées des pays industrialisés (13). » Souhaitons que les nouvelles urgences Ebola et Zika ne viennent pas freiner la fragile reconnaissance des maladies non transmissibles et l'appel à proposer une réponse politique globale.

Frédéric Le Marcis

Anthropologue, École normale supérieure de Lyon. Avec la collaboration d'Hélène Colineau, ENS de Lyon.

(1) Nasheeta Peer, André Kengne, Ayesha Motala et Jean-Claude Mbanya, « Diabetes in the Africa region : An update », Diabetes Research and Clinical Practice, n° 103

(2) , Amsterdam, février 2014.

(2) Jean-Pierre Dozon, « D'un tombeau l'autre », Cahiers d'études africaines, vol. 31, n° 121, Paris, 1991.

(3) « Le diabète africain, une maladie à part », Destination santé, 17 juin 2014.

(4) Cité par Adama Ly, « Cancers et autres maladies non transmissibles : vers une approche intégrée de santé publique », Journal africain du cancer, vol. 4, n° 3, Midrand (Afrique du Sud), 2012.

(5) Lire Benoît Bréville, « Obésité, mal planétaire », Le Monde diplomatique, septembre 2012.

(6) Fédération internationale du diabète, « Rapport annuel », Bruxelles, 2014.

(7) Nasheeta Peer, André Kengne, Ayesha Motala et Jean-Claude Mbanya, op. cit.

(8) Jessica Beagley, Leonor Guariguata, Clara Weil et Ayesha Motala, « Global estimates of undiagnosed diabetes in adults », Diabetes Research and Clinical Practice, n° 103 (2), 2014.

(9) Adama Ly, « Politiques internationales et maladies non transmissibles : actes manqués et objectifs de développement durable », Journal africain du cancer, vol. 7, n° 3, août 2015.

(10) Organisation mondiale de la santé, Bulletin de l'Organisation mondiale de la santé, n° 311, Genève, 2015.

(11) Hilary King et Marian Rewers (au nom du groupe spécial OMS sur la notification du diabète), « Le diabète de l'adulte : désormais un problème dans le tiers monde », Bulletin de l'Organisation mondiale de la santé, n° 70 (1), 1992.

(12) Lire Bruno Canard, « Des treillis sous les blouses blanches », Le Monde diplomatique, décembre 2014.

(13) Gayle Reiber et Hilary King, « Guidelines for the development of national programmes for diabetes mellitus », document de l'OMS non publié, 1991.

Published in Santé et nutrition

Par Moustapha Dahleb (écrivain tchadien, le 21 mars 2020)
(revue de presse : Afrik.com – 24/3/20)*

Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d'invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l'ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.

Ce que les grandes puissances occidentales n'ont pu obtenir en Syrie, en Libye, au Yemen, ...ce petit machin l'a obtenu (cessez-le-feu, trêve...).

Ce que l'armée algérienne n'a pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (le Hirak à pris fin).

Ce que les opposants politiques n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (report des échéances électorales. ..).

Ce que les entreprises n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (remise d'impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d'investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..).

Ce que les gilets jaunes et les syndicats n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée...).

Soudain, on observe dans le monde occidental le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu'ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n'est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d'une vie réussie.

Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.

Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l'argent n'a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.

Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.

Quelques jours seulement ont suffi à l'univers pour établir l'égalité sociale qui était impossible à imaginer.

La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour cloner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.

Puisse cela servir à réaliser la limite de l'intelligence humaine face à la force du ciel.

Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation.

Il a suffi de quelques jours pour que l'Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge.

Il a suffi de quelques jours pour que l'humanité prenne conscience qu'elle n'est que souffle et poussière.

Qui sommes-nous ? Que valons-nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?

Rendons-nous à l'évidence en attendant la providence.

Interrogeons notre « humanité » dans cette « mondialité » à l'épreuve du coronavirus.

Restons chez nous et méditons sur cette pandémie.

Aimons-nous vivants !

*Source : afrik.com

Published in Coutumes et sociétés

Partie XIII:

L'Afrique, cobaye de Big Pharma et des firmes pharmaceutiques oxydentales

 

LCI prof. Camille Lotch, cobayes Africains pour tester un vaccin contre le Covid-19 ce 2 Avril 2020:

 


http://www.youtube.com/watch?v=XqYLDZnq4Hs&feature=emb_title 

 

L'OMS fustige des propos « racistes » et une « mentalité coloniale », cliquez ici.

 

Non au vaccin c-19 en Afrique. Nous ne sommes pas des cobayes-par Lise Manzambi:


 http://www.youtube.com/watch?v=CwbQthEKVuc


COMMUNIQUÉ [PLAINTE CONTRE Dr Jean-Paul Mira & Pr Camille Lotch].

Suite aux propos échangés entre les deux protagonistes, le Pr Jean-Paul MIRA – chef de service de réanimation à l'hôpital Cochin à Paris - et le Pr Camille LOCHT – Directeur de recherches à l'INSERM – à une heure de forte audience sur LCI lors d'une « spéciale Coronavirus / TRAITEMENT : la piste du vaccin BCG » qui plus est en période de confinement, la Ldna (Ligue de défense Noires africaine) a décidé de déposer plainte auprès du Parquet de Paris.

Les paroles sur un ton assez badin entre ces deux individus soi-disant érudits et spécialistes sont inqualifiables et témoignent de cet esprit nauséabond qui persiste même dans ses sphères censées être au service et au secours de l'Humain sans distinction d'origines ou de couleurs !

Non, l'Afrique ne fournit pas des cobayes marrons ( NOIRS ) pour assurer la survie des Hommes roses ! La Ldna s'étonne de la totale 'absence de réaction à la fois du CSA et du gouvernement qui ne cesse de nous rabâcher que nous devons nous en remettre aux « sachants », terme employé par Mr Macron en personne !
Chers sachants et savants, nous vous exhortons à expérimenter ces tests de traitements sur votre propre famille, vos enfants, vos parents, vos frères, sœurs et cousins !

Verbatim de la conversation publique :

(Jean-Paul MIRA) : « Si je peux être provocateur, est-ce qu'on ne devrait pas faire cette étude en Afrique où il n'y a pas de masques, pas de traitement, pas de réanimation, un peu comme s'est fait pour certaines études dans le SIDA où chez les prostituées on essaye des choses, elles sont hautement exposées et elles ne se protègent pas, qu'est-ce que vous en pensez ?

(Camille LOCHT ) – Alors vous avez raison et d'ailleurs on est en train de réfléchir en parallèle à une étude en Afrique justement pour faire ce même type d'approches avec le BCG, un placebo. Je pense qu'il y a un appel d'offre qui est sorti ou va sortir, je pense qu'en effet qu'on va sérieusement réfléchir à cela (...) ».
NB: Adhérez à la LDNA en participant à leurs différentes action. Inscrivez-vous en cliquant sur le lien de contact ci-dessous pour devenir adhérent.

https://liguededefensenoireafricaine.com/contact/


 Le Nigeria porte plainte contre le géant pharmaceutique américain Pfizer

Le Monde avec AFP et AP Publié le 05 juin 2007 à 09h21 - Mis à jour le 20 juillet 2007 à 12h16

La firme américaine Pfizer est accusée d'avoir réalisé en 1996 des essais thérapeutiques dans l'Etat de Kano, sans avoir obtenu les accords nécessaires des autorités régulatrices du Nigeria. Plusieurs enfants seraient décédés. Le Nigeria demande plusieurs milliards de dollars de réparation.

Le gouvernement nigérian a porté plainte, lundi 4 juin, contre le groupe pharmaceutique américain Pfizer et réclame 7 milliards de dollars (5,2 milliards d'euros) de dommages pour des essais d'un médicament responsable de la mort de nombreux enfants, a-t-on appris de sources judiciaires.

Le groupe pharmaceutique américain Pfizer est accusé d'avoir réalisé en 1996, sous le couvert d'une action humanitaire dans le cadre d'une épidémie de méningite et de rougeole, des essais d'un médicament, le Trovan Floxacin, dans l'Etat de Kano, le plus grand de la fédération nigériane, et ce sans avoir obtenu les accords nécessaires des autorités régulatrices du pays.

LA MORT DE 11 ENFANTS

Dans la plainte déposée auprès de la Cour suprême fédérale du Nigeria, le gouvernement indique que 200 enfants qui ont pris les médicaments de Pfizer ont ensuite souffert de diverses affections, notamment de surdité, de paralysie, de troubles de la parole, de lésions cérébrales ou de cécité. Onze enfants seraient décédés, selon le procureur.

Selon la plainte, "aux environs du mois d'avril 1996, une épidémie de méningite bactérienne, de rougeole et de choléra avait sévi dans le nord du Nigeria, particulièrement dans l'Etat de Kano, et certains patients recevaient des soins à l'Hôpital des maladies infectieuses (IDH) grâce aux efforts conjoints du gouvernement fédéral du Nigeria et du gouvernement de l'Etat de Kano".

"Au milieu de l'épidémie, Pfizer a imaginé un arrangement lui permettant de déformer et de cacher ses intentions premières sous couvert de participer aux soins des victimes de l'épidémie. (...) Pfizer n'a jamais révélé qu'il avait eu l'intention de faire des expérimentations sur des victimes vulnérables ou de mener de quelconques essais cliniques, sans les approbations nécessaires des agences régulatrices du Nigeria, mais il a prétendu venir apporter une aide humanitaire."

DOUBLE ACTION JUDICIAIRE

Les autorités de Kano ont intenté, en mai, un procès semblable à Pfizer devant la Haute Cour de l'Etat, réclamant 2,75 milliards de dollars (2,03 milliards d'euros) d'indemnités à la société pharmaceutique pour avoir "secrètement utilisé des enfants comme cobayes dans les tests d'un médicament sous le prétexte d'apporter une aide humanitaire". Le procureur général de l'Etat de Kano, Aliyu Umar, a demandé au tribunal de retenir contre le laboratoire 29 chefs d'accusation dont "comportement antiéthique, comportement délictueux, complot, dissimulation et mort de victimes innocentes".

Un tribunal fédéral de Manhattan a rejeté en 2001 une poursuite engagée contre Pfizer par des Nigérians handicapés qui disaient avoir participé à l'étude, mais les plaignants ont fait appel. Les autorités de l'Etat de Kano estiment que l'affaire Pfizer attise la méfiance d'une bonne partie de l'opinion publique à l'encontre des programmes de santé du gouvernement, notamment la campagne de vaccination des enfants contre la poliomyélite, qui rencontre une forte résistance dans le nord du pays.

Les dirigeants musulmans de l'Etat de Kano à grande majorité musulmane ont présenté l'affaire Pfizer comme la preuve d'une conspiration menée par les Etats-Unis. Des rumeurs selon lesquelles le vaccin contre la poliomyélite sert à inoculer le virus du sida ou rendre infertile accompagnent le boycott de la campagne publique dans le Kano et un autre Etat à majorité musulmane, celui de Zamfara. Les programmes de vaccination ont repris au Nigeria en 2004 après un boycott de onze mois, mais l'éradication de la poliomyélite en a été retardée et une épidémie a gagné toute l'Afrique et le Moyen-Orient.

Le Monde avec AFP et AP


 La "guerre des virus" adresse à la jeunesse panafricaine du monde-par le Pr Sech Coovi Gomez:


 http://www.youtube.com/watch?v=r2K4J5dGy-4

L'affaire W. Basson: projet qui visait à mener une offensive bio-chimique contre la population noire


http://www.youtube.com/watch?v=f0FgGiHKVwo&fbclid=IwAR15xNxWzcBgJv1D9qhM_TqKyVXxPfWADCWnYT7_k7ucccjN-ZeGB-RNOOI

 Par Jean-Philippe Chippaux

Attirés par la faiblesse des coûts et des contrôles, les laboratoires pharmaceutiques testent leurs produits en Afrique, au mépris de la sécurité des patients. Face à la multiplication des accidents, certains essais ont dû être interrompus. Ces dérives révèlent comment les industriels du médicament utilisent les populations du Sud pour résoudre les problèmes sanitaires du Nord.

En mars 2005, les essais cliniques du Tenofovir ®, un antiviral utilisé contre le sida, ont été suspendus au Nigeria, en raison de manquements éthiques graves. Menées par l'association Family Health International pour le compte du laboratoire américain Gilead Sciences, ces expériences étaient financées par le gouvernement américain et par la Fondation Bill et Melinda Gates. Si elles ont été aussi interrompues au Cameroun (février 2005) et au Cambodge (août 2004) (1), elles se poursuivent en Thaïlande, au Botswana, au Malawi, au Ghana et aux Etats-Unis.

En août 2001, des dérives semblables ont conduit à l'ouverture d'une action judiciaire. Une trentaine de familles nigérianes ont saisi un tribunal new-yorkais afin de faire condamner le laboratoire américain Pfizer pour le test du Trovan ®, un antibiotique destiné à lutter contre la méningite. Au cours de cette étude, pratiquée en 1996 pendant une épidémie de méningite, onze enfants sur deux cents avaient trouvé la mort et plusieurs autres avaient gardé de graves séquelles cérébrales ou motrices (2).


Partout dans les pays du Sud, des firmes pharmaceutiques organisent des essais cliniques au mépris de l'éthique et de la sécurité des patients : absence de consentement des sujets, information sommaire, contrôle thérapeutique insuffisant, faible bénéfice pour le malade ou la population... Pourtant, l'essai clinique constitue une procédure formalisée et rigoureuse, indispensable à la validation et à la commercialisation d'un nouveau médicament.

Il sert à évaluer sa tolérance et à mesurer son efficacité. Près de 100 000 essais cliniques seraient conduits chaque année dans le monde, dont 10 % dans les pays en voie de développement et 1 % en Afrique. En 1999, les fonds publics ou privés américains auraient financé 4 458 essais hors des Etats-Unis contre 271 en 1990 (3).

La « médecine des preuves », qui implique l'utilisation de statistiques et la pratique d'essais, s'est imposée en Occident à partir de la fin du XIXe siècle (4). L'essor de l'éthique médicale après la seconde guerre mondiale – le premier document en la matière est le Code de Nuremberg, adopté à la suite du procès de médecins nazis en 1947 – ne s'est que lentement traduit dans le domaine pharmaceutique. Au gré des scandales et des accidents, une réglementation a été élaborée.

Plusieurs déclarations internationales complètent et précisent le Code de Nuremberg, notamment celles d'Helsinki en 1964 et de Manille en 1981 : la première définit les principes éthiques de la recherche médicale; la seconde a plus spécialement été conçue pour les études cliniques menées dans les pays en voie de développement.

Ces textes insistent, en particulier, sur la compétence des investigateurs, le respect du consentement des participants, la confidentialité et la protection des sujets. Cependant, il s'agit de recommandations qui ne prévoient aucune sanction.

En France, les affaires du Stalinon ®, un antiseptique qui tua 102 patients en 1955, de la thalidomide, responsable de 12 000 fœtopathies de 1957 à 1962 et du talc Morhange, avec l'intoxication de 145 nourrissons et le décès de 36 autres en 1972, pour ne citer que les plus connus, contribuèrent à imposer les essais cliniques et à préciser les règles les régissant. Mais il a fallu attendre la loi Huriet-Serusclat du 20 décembre 1988 pour que les exigences éthiques soient définitivement fixées, reconnaissant implicitement que, pendant deux décennies, les essais cliniques ont été conduits en toute illégalité.


 Contournement des principes éthiques

En Afrique, les éventuelles réglementations médicales et pharmaceutiques datent de l'époque coloniale et apparaissent obsolètes ou inadaptées (5). Les risques de manquements à l'éthique sont d'autant plus grands que les laboratoires délocalisent de plus en plus leurs tests sur le continent noir. En effet, leur coût y est jusqu'à cinq fois moindre que dans les pays développés.

En outre, les conditions épidémiologiques en Afrique se révèlent souvent plus propices à la réalisation d'essais : fréquence élevée de maladies, notamment infectieuses, et existence de symptômes non atténués par des traitements itératifs et intensifs. Enfin, la docilité des patients, en grande détresse compte tenu de la faiblesse des structures sanitaires locales, facilite les opérations.

Ce terreau favorise le contournement des principes éthiques. C'est ainsi que, lors de l'essai clinique du Trovan ®, ni les autorités nigérianes ni le comité d'éthique n'ont été consultés, du moins formellement, sur l'information donnée aux familles et l'obtention de leur consentement. De même, les tests de l'antiviral Tenofovir ® auprès de 400 prostituées camerounaises, de juillet 2004 à janvier 2005, ne répondaient pas aux exigences éthiques.

Cette molécule réduit la transmission du VIS, l'équivalent du VIH, chez le singe. Le fabricant, souhaitant vérifier cette propriété chez l'être humain, a choisi une population à risques, les prostituées de pays à forte prévalence de VIH, en raison de la probabilité élevée chez ces dernières de contracter le virus.

Les volontaires, souvent francophones et illettrées, reçurent d'abord une information écrite en anglais. Selon les associations Act Up-Paris et le Réseau camerounais éthique, droit et sida (REDS), certaines femmes pensaient même qu'on leur administrait un vaccin. En outre, l'utilisation par une partie d'entre elles d'un placebo (6) – nécessaire pour mesurer l'efficacité du médicament – ne s'est pas accompagnée d'un renforcement de leur suivi médical et de la prévention du sida.


Curieusement, cela ne semble pas avoir alerté le comité national d'éthique camerounais. Pourtant, rappelle M. Fabrice Pilorgé, de l'association Act Up, « il y a un évident conflit d'intérêts entre faire de la prévention et mener un essai pour un médicament préventif » – d'autant plus, souligne-t-il, que « l'essai ne peut fonctionner que si les filles sont exposées et s'infectent ».

Les comités d'éthique ont été recommandés par l'Association médicale mondiale dès 1964 dans la déclaration d'Helsinki. Ils doivent examiner le protocole d'expérimentation avant l'essai, s'assurer de sa pertinence et vérifier son applicabilité dans le contexte social et économique des lieux où l'étude sera entreprise. Les comités se mettent en place en Afrique très progressivement depuis une dizaine d'années, mais ne sont pas toujours pourvus des compétences et moyens nécessaires (7).

Des essais cliniques doivent pouvoir être effectués sur place, en Afrique, compte tenu de la nature propre des pathologies qui s'y développent, des conditions particulières de l'exercice de la médecine et de la pharmacovigilance. Cependant, les tests pratiqués sont-ils toujours pertinents ? Sur 1 450 nouveaux médicaments commercialisés entre 1972 et 1997, 13 seulement concernent les maladies tropicales (8). C'est l'industrie pharmaceutique elle-même qui choisit, finance et organise ces études.

La sélection des médicaments faisant l'objet d'étude et leur évaluation sont ainsi systématiquement biaisées: d'un côté, les laboratoires se préoccupent surtout de rentabiliser leurs investissements, de l'autre les autorités locales peinent à définir une politique du médicament claire et cohérente leur permettant de contrôler vraiment l'activité des laboratoires.

L'opposition entre intérêts scientifique et commercial s'exacerbe dans les pays en voie de développement en raison du décalage considérable entre les enjeux industriels du médicament et la pauvreté des pays du Sud. A la fin des années 1990, le chiffre d'affaires mondial de l'industrie pharmaceutique (380 milliards d'euros) était supérieur au produit intérieur brut des pays d'Afrique sub-saharienne (300 milliards d'euros).

Par exemple, l'essai clinique du Trovan ® était peut-être justifié scientifiquement, car il permettait d'en tester l'efficacité dans des conditions homogènes auprès d'un nombre approprié de patients, en l'occurrence 200 enfants. Cependant, les promoteurs du test ne se sont préoccupés ni du coût du produit ni de ses possibilités de commercialisation en l'absence de prise en charge ou de remboursement, et donc de son improbable utilisation en Afrique.

On ne s'est pas davantage interrogé sur la crédibilité du Tenofovir ® en Afrique. En effet, si l'essai clinique confirme le blocage de la transmission du VIH, le Tenofovir ® sera proposé en prophylaxie du sida. Un tel objectif est-il réaliste sur un continent où le traitement des malades et l'usage du préservatif, disponible et moins coûteux, soulèvent tant de difficultés ? La question méritait d'être posée : l'expérience de la prophylaxie antipaludéenne a bien montré que la prise quotidienne et permanente d'un médicament, surtout s'il est cher et que l'on se sait en parfaite santé, est illusoire.

Certains n'ont pas hésité à penser que l'essai clinique avait été effectué dans les pays du Sud, a fortiori chez des prostituées, parce qu'il permettait d'obtenir une réponse rapide et décisive, sans complication administrative ni coûts excessifs.

Certains scientifiques, tel M. Philippe Kourilsky, directeur général de l'Institut Pasteur à Paris, soutiennent que l'urgence de répondre aux besoins sanitaires dans le tiers-monde autorise à assouplir les contraintes réglementaires (9). Cependant, disqualifier le principe de précaution à cause de son coût insinue qu'il existe un gradient géographique de critères (10). Au Nord, la priorité serait donnée à la valeur intrinsèque du produit. Au Sud, la sécurité serait subordonnée à la solvabilité : la population devrait se contenter de ce qu'elle peut payer si l'efficacité est confirmée par la pratique.

Se met ainsi en place une sorte d'impérialisme stratégique, qui impose des règles spécifiques aux pauvres sans leur demander s'ils les acceptent. Affirmer, comme M. Philippe Kourilsky, que se manifesterait au contraire « une forme d'impérialisme idéologique à diffuser des règles de riches à ceux qui ne peuvent pas les endosser » ouvre la voie à un relativisme difficilement acceptable. Des tiers – a fortiori ceux qui définissent les règles – ne peuvent désigner qui peut ou non « les endosser ».


Une appropriation par les Africains de l'essai clinique paraît indispensable à la satisfaction des besoins spécifiques de la santé publique sur le continent. Cet enjeu est d'autant plus important que les tests peuvent aussi concerner la pharmacopée traditionnelle, dont l'utilisation est plus économique et mieux acceptée par la population. L'expérimentation clinique pourrait démontrer l'innocuité et l'efficacité de remèdes valorisant ainsi le patrimoine national. Une industrie pharmaceutique locale pourrait en émerger.

Des plantes africaines, réputées anti-infectieuses, anti-inflammatoires ou diurétiques pourraient être employées contre les infections, rhumatismes, hypertension ou insuffisance cardiaque et suivre les exemples désormais fameux de la quinine extraite du quinquina, l'aspirine provenant du saule, la réserpine isolée d'un Rauwolfia africain et les anticancéreux issus de la pervenche de Madagascar.

Les médicaments expérimentés en Afrique doivent correspondre aux besoins du continent. Ils devraient satisfaire plusieurs critères spécifiques déterminés par leur future utilisation : efficacité et innocuité du produit au regard de l'insuffisance de la pharmacovigilance locale ; facilité d'emploi du médicament (simplicité de prescription, d'administration et de conservation) favorisant la distribution et l'adhésion des patients au traitement et palliant les faiblesses du système de santé ; accessibilité du produit. Mais il s'agit surtout de susciter une capacité locale de décision, de réalisation et de surveillance, qui permette aux pays du Sud d'exploiter en toute indépendance les recherches cliniques.

Jean-Philippe Chippaux

Médecin, directeur de recherche, Institut de recherche pour le développement (IRD), Dakar, auteur de Pratique des essais cliniques en Afrique, IRD Editions, Paris, 2004.

(1) « Complément d'enquête », France 2, 17 janvier 2005.

(2) Le jugement n'a pas encore été rendu.

(3) Sources : ministère de la santé et des affaires sociales, Washington, 2001.

(4) Lire Harry Marks, La médecine des preuves : histoire et anthropologie des essais cliniques (1900-1990), Institut Synthélabo, coll. « Les empêcheurs de penser en rond », Paris, 1999.

(5) Lire Jean-Pierre Olivier de Sardan, « Une médecine de proximité et de qualité pour l'Afrique », Le Monde diplomatique, février 2004.

(6) Il s'agit de comparer les résultats de deux groupes, l'un recevant effectivement la molécule, l'autre un comprimé ne contenant pas le principe actif.

(7) Voir le site Pan-African bioethics initiative.

(8) Patrick Trouillet, C. Battistella, J. Pinel, Bernard Pécoul, « Is orphan drug status beneficial to tropical disease control ? », Tropical Medecine and International Health, Oxford, 1999, 4, p. 412-420.

(9) Philippe Kourilsky, « Vaccination : quand l'éthique devient immorale », Pour la science, Paris, 2004, 322, 8-11.

(10) Lire le rapport au premier ministre de Philippe Kourilsky et Geneviève Viney, Le principe de précaution, Odile Jacob et la Documentation française, Paris, 2000.

 Pour une commission internationale d'enquête sur les vaccins en Afrique. Cliquez ici.


 Médecines du corps noir pendant l'esclavage

À propos de : R. A. Hogarth, Medicalizing Blackness ; D. C. Owens, Medical Bondage ; D. R. Berry, The Price for Their Pound of Flesh
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Par Élodie Grossi , le 27 avril 2018

Florissante, l'histoire des rapports entre race et de santé s'est récemment tournée vers les origines de la médecine aux États-Unis et le rôle décisif que les esclaves africains, morts ou vivants, y ont joué. Une histoire à leur corps défendant et dont pourtant leurs voix émergent. Les 23 et 24 février 2018, à l'université de Rice, à Houston au Texas, s'est tenu le tout premier colloque international consacré à l'histoire de la médecine dans le contexte de l'esclavage dans les Amériques

Le colloque rassemblait aussi bien des historiens et des américanistes travaillant principalement sur une période allant de l'ère esclavagiste (XVIIIe-XIXe siècles) jusqu'au début du XXe siècle, que des acteurs de la société civile et membres d'organisations de défense des droits civiques s'intéressant particulièrement aux liens que ces recherches historiques peuvent présenter avec les luttes contre les discriminations « raciales» dans le domaine de la santé aujourd'hui, aux États-Unis.

L'organisation d'un tel évènement scientifique témoigne de la vivacité d'un champ de recherche qui s'est structuré relativement récemment, 40 ans après la publication du livre pionnier de Todd Savitt (Savitt, 1978).

Longtemps pensées comme marginales par rapport aux travaux plus généralistes d'histoire économique et sociale traitant des sociétés esclavagistes, les études historiques sur la race et la médecine ont connu un renouveau tout particulier depuis les années 2000, avec la publication de nombreux ouvrages et articles éclairant à la fois les relations entre le développement de l'esclavage aux États-Unis et l'émergence de nouvelles pratiques et théories médicales déployées majoritairement par des médecins blancs pour traiter les corps noirs sur les plantations (Willoughby, 2017 ; Kenny, 2011), les expérimentations sur les corps des esclaves par les médecins blancs, mais aussi la mise en place, par les esclaves et leurs descendants, pendant et après l'esclavage, de pratiques médicales alternatives et de soins auto-administrés, souvent désignés comme illégitimes par les médecins qui, eux, pratiquaient une science de tradition euro-centrée (Long, 2016 ; Fett, 2002 ; Schiebinger, 2017).

Ce nouveau champ de recherche saura intéresser à la fois les philosophes, les sociologues et les historiens de la médecine et des sciences, mais aussi les sociologues des relations inter-ethniques et les historiens des minorités raciales et sexuelles, puisqu'il permet de penser les relations de domination et de subjectivation des corps marginalisés avec les processus de médicalisation et d'essentialisation du social dont ils font l'objet.


S'appuyant sur des recherches minutieuses en archives, les ouvrages de Hogarth, Cooper Owens et Berry ont en commun de proposer une réflexion sur les pratiques de biologisation du social, de commodification et de médicalisation des corps noirs entre les XVIIIe et XIXe siècles.

Faisant l'histoire des expérimentations médicales, du développement de la science médicale aux dépens des corps noirs, mais aussi des pratiques de résistance des esclaves confrontés à l'objectivisation de leurs propres corps, leurs travaux viennent nourrir une réflexion d'actualité en révélant les relations de pouvoirs inhérentes à la production des savoirs médicaux.

Ils mettent en évidence le rôle décisif d'un corps noir créé par le marché et la médecine dans la rigidification de la hiérarchie raciale aux États-Unis.

Les maladies du corps noir

Dans Medicalizing Blackness : Making Racial Difference in the Atlantic World, 1780-1840, l'historienne Rana A. Hogarth met en lumière les théories et les pratiques médicales développées par des médecins britanniques et étatsuniennes sur les esclaves sur la côte de la Caroline du Sud aux États-Unis et dans les colonies britanniques des Caraïbes entre 1780 et 1840.

Hogarth s'intéresse non seulement au développement de savoirs médicalisant les différences corporelles des esclaves, mais aussi aux processus de circulations de ces nouveaux savoirs dans une économie plus large des pratiques, en relation avec le maintien du système esclavagiste dans les Amériques.

L'auteure se concentre sur la « médicalisation » (medicalization), qu'elle définit comme une dynamique qui «résume la manière dont certains états, traits ou conditions, qu'ils soient aigus ou chroniques, ont été pathologisés médicalement, l'idée étant que ces conditions peuvent être définies et gérées par le discours et par la pratique médicale » (p.2).

Comme d'autres historiennes avant elle (Bankole-Medina, 1998 ; Fett, 2002), Hogarth fait l'histoire de l'émergence de la médecine raciale sur les plantations et dans les hôpitaux, dans les lieux où les médecins avaient accès au corps noir, plutôt que dans les écoles médicales dans les

États du Sud et du Nord.

Elle suit particulièrement le développement, dès le XVIIIe siècle, de théories médicales à propos de l'immunité à la fièvre jaune des esclaves en Caroline du Sud, et la circulation de la science en Jamaïque, où les médecins britanniques « laissaient entendre que les personnes noires et blanches avaient des constitutions distinctes, exigeaient différents types de conditions d'existence, et étaient adaptées différemment aux nouveaux environnements qui les entouraient » (p. 75).

Dans une deuxième partie, Hogarth détaille les observations médicales de médecins britanniques et américains à propos de la Cachexia Africana, une maladie désignant les pratiques d'ingestion de terre (« dirt eating ») des esclaves sur les plantations où ils officiaient. Comme elle le rappelle, cette maladie « n'était pas simplement une construction qui révélait l'ambition des médecins de l'île ; il s'agissait, au contraire, d'un rappel particulièrement sombre de la façon dont les Blancs ont investi des significations dans les corps noirs et la santé noire, dans le seul but d'assurer leur propre prospérité » (p. 92).

En effet, il convenait, pour les médecins et les planteurs, qui partageaient les mêmes intérêts politiques et financiers, de décourager cette pratique qui contrevenait aux « attentes standardisées d'un corps noir productif idéalisé » (p. 85) et « affermissait la croyance médicale que la race était une marque de distinction tangible » (p. 102).


Comme le rappelle Hogarth, l'ingestion de terre, dont la description donnée par les médecins de l'époque ressemble aux définitions contemporaines des troubles de comportements tels que le « pica » ou la « géophagie », déjà pratiquée en Afrique de l'Ouest, trouvait probablement ses racines dans les carences nutritionnelles en vitamine B1 dont les esclaves souffraient (p.93). Les médecins blancs décrivaient l'ingestion de terre comme une « pathologie » propre aux Noirs, sans y voir une pratique culturelle à part entière.

Comme dans d'autres travaux historiques à l'intersection de l'histoire de l'esclavage et de l'histoire de la médecine, on peut s'interroger sur le choix de l'auteure d'avoir limité sa recherche aux régions de la Caroline du Sud et de la Jamaïque pour illustrer la circulation des théories médicales dans toutes les Caraïbes et le Sud des États-Unis. Ou encore regretter que les cas médicaux propres aux gens libres « de couleur » (Free People of Color), des Amérindiens, ou aux autres populations racialisées ou genrées, comme les femmes « noires », ne fassent pas partie de l'analyse.

Mais l'apport du livre de Rana A. Hogarth n'en est pas moins indéniable. Elle démontre d'abord que l'apparition des théories médicales sur les corps « noirs », entre 1740 et 1840, ne servait pas tant à défendre le système de l'esclavage, déjà vu comme moribond d'un point de vue politique par ses contemporains dans les États du Nord des États-Unis, qu'à renforcer les croyances en une infériorité biologique noire qui venait affermir, en creux, la supériorité intellectuelle et physiologique blanche toute puissante.

De même, la médecine développée pour traiter les esclaves n'avait pas pour seule fonction le contrôle des corps sur les plantations (l'application des théories médicales par les médecins et les planteurs ayant une fonction de normalisation du système économique en place), mais servait également aux médecins du Sud à développer une spécialité corporatiste bien particulière et rivale, par rapport aux productions scientifiques qui émergeaient en dehors des contextes esclavagistes, notamment au Nord. Les médecins du Nord n'écrivaient en effet que très peu sur les maladies « propres » aux corps noirs, car ils étaient moins fréquemment en contact avec la population d'esclaves vivant dans les États esclavagistes du Sud.

Le corps noir et la fondation des sciences gynécologiques

Au cours de ces dernières années, les recherches à propos de la race et de la médecine dans les Amériques du XVIIIe au XIXe siècle se sont également penchées sur l'histoire des expérimentations médicales sur les corps noirs par les médecins blancs, soulignant là encore leur rôle fondamental dans la structuration de cette profession. Les récents travaux de Deirdre Cooper Owens révèlent que les expérimentations médicales sur les femmes noires de 1800 à 1850 formaient la pierre angulaire de la fondation des sciences gynécologiques, sous l'égide du médecin de l'Alabama, J. Marion Sims.


L'auteure s'appuie sur une littérature qui s'intéresse tout particulièrement aux conditions de vie des femmes noires esclaves, ainsi qu'aux violences sexuelles et à la reproduction (Fett, 2002 ; McGregor, 1998). La médecine reproductive était essentielle au maintien et au succès de l'esclavage. Les observations médicales des docteurs, qui étaient pour la plupart des hommes blancs issus de l'élite sociale, économique et intellectuelle de la région, affectaient le flux des marchés aux esclaves du pays : ils décidaient du prix de chaque femme vendue, en fonction de ses qualités reproductives.

Cependant, le corps des esclaves n'était pas seulement apprivoisé en tant que capital économique par les planteurs blancs, mais aussi comme capital « médical » par les médecins qui souhaitaient améliorer leurs pratiques scientifiques. En examinant les revues médicales du Sud, Cooper Owens suit le développement graduel des études gynécologiques dès la première moitié du XIXe siècle, à l'encontre des récits qui placent la naissance de la gynécologie dans les années 1870, avec la fondation de l'American Gynecological Society.

Elle rappelle que les expériences des femmes noires sur les plantations sont à mettre en relation avec les efforts des planteurs pour accroître leur travail reproductif et le gain potentiel qu'elles représentaient pour l'infrastructure esclavagiste dans le Sud des États-Unis.

L'effroyable exploitation sexuelle des esclaves allait souvent de pair avec les « explorations médicales des médecins, et les publications, qui médicalisaient les agressions sexuelles et leurs effets physiques sur les femmes » (p.73). Cooper Owens retrace également le travail clandestin des infirmières et des sages-femmes noires, qui contestaient l'autorité des médecins blancs, pour lesquels elles travaillaient.

Si les expérimentations médicales se développèrent dans les plantations du Sud des États-Unis en prenant pour objet des femmes noires plutôt que sur des femmes blanches, dans les villes du Nord, et notamment à Philadelphie et New York, Cooper Owens montre que les médecins se tournèrent en effet vers de jeunes femmes irlandaises, souvent immigrantes de première génération, pour tester et appliquer leurs nouvelles théories gynécologiques. Les corps des femmes noires et irlandaises furent tour à tour conçus comme «étranges et pathologiques » (« strange and pathological », p. 106), sur un continuum allant de la pauvreté, à la blackness.

Coexistaient ainsi des croyances médicales qui affirmaient l'existence de différences biologiques inhérentes entre Blancs et Noirs, et le recours à des expérimentations médicales par les docteurs blancs sur les corps noirs afin de faire fructifier une science d'application universelle. Autre paradoxe : les médecins concevaient, simultanément, le corps des esclaves comme naturellement voué au travail, et donc particulièrement sain, d'un point de vue physique, tout en le pensant comme biologiquement inférieur.

Comme le rappelle Cooper Owens, l'une des fonctions les plus importantes du corps médical noir, tel qu'objectivé par les médecins blancs, était que les femmes noires étaient utilisées [...] en grande partie pour le bénéfice de la santé reproductive des femmes blanches. (p. 7)

Les femmes noires étaient ainsi pensées par les médecins blancs comme des corps dans lesquels les maladies pouvaient être localisées et problématisées, devenant ainsi la quintessence de la pédagogie et du consumérisme médical au XIXe siècle.


Coexistaient ainsi des croyances médicales qui affirmaient l'existence de différences biologiques inhérentes entre Blancs et Noirs, et le recours à des expérimentations médicales par les docteurs blancs sur les corps noirs afin de faire fructifier une science d'application universelle. Autre paradoxe : les médecins concevaient, simultanément, le corps des esclaves comme naturellement voué au travail, et donc particulièrement sain, d'un point de vue physique, tout en le pensant comme biologiquement inférieur.

Comme le rappelle Cooper Owens, l'une des fonctions les plus importantes du corps médical noir, tel qu'objectivé par les médecins blancs, était que les femmes noires étaient utilisées [...] en grande partie pour le bénéfice de la santé reproductive des femmes blanches. (p. 7)

Les femmes noires étaient ainsi pensées par les médecins blancs comme des corps dans lesquels les maladies pouvaient être localisées et problématisées, devenant ainsi la quintessence de la pédagogie et du consumérisme médical au XIXe siècle.

Les valeurs des corps noirs à l'époque de l'esclavage

Les expérimentations sur les femmes noires pour faire avancer les sciences gynécologiques sur les plantations ne représentaient qu'une des multiples facettes de l'histoire des exploitations scientifiques des esclaves par les médecins blancs aux XVIIIe et XIXe siècles. Afin d'apprendre les pratiques médicales en situation, les médecins suivaient souvent les cours d'anatomie dispensés dans les écoles médicales. Ces cours s'organisaient bien souvent autour de dissection de cadavres d'esclaves, partout dans le pays.

Daina Ramey Berry a étudié le marché domestique des cadavres (« domestic cadaver trade »), et son rôle dans le développement des savoirs médicaux aux États-Unis au XIXe siècle. Elle met en évidence un système souvent complexe et contradictoire de valeurs symboliques et économiques attribué au corps noir vivant, puis mort, à l'époque de l'esclavage.

Ses recherches font écho à celles de Deirdre Cooper Owens, qui montrent, elles aussi, toutes les ambiguïtés à l'œuvre dans les expérimentations médicales sur les corps noirs, pensés comme différents mais dignes de devenir des sujets scientifiques. Elles font suite également aux travaux de Ruth Richardson (2001) à propos du cadavre comme commodité économique au XIXe siècle et aux découvertes d'ossements d'esclaves dans les sous-sols du Medical College of Georgia en 1989 et de la Virginia Commonwealth University en 1994 (Blakely et Harrington, 1997).


Les cadavres noirs étaient transportés et vendus dans les écoles de médecine pour ce que Daina Ramey Berry appelle une « valeur fantôme » (« ghost value », p. 38). Ces corps faisaient l'objet d'une double spéculation financière : une « valeur fantôme » leur était attribuée quand il s'agissait d'expertiser les revenus et capitaux de leur maître, dans le cas du règlement d'une succession par exemple, ou d'un partage de biens, mais aussi quand ils étaient destinés à être vendus à des médecins pour des dissections.

Les cadavres des esclaves représentaient à la fois une nouvelle source de revenus pour les planteurs blancs, mais aussi un ensemble de capitaux médicaux pour les médecins qui cherchaient à accroître leurs connaissances en anatomie. Le débat sur la valeur de l'esclave sortait ainsi des cadres du vivant puisque « à cette période, la mort avait pris une valeur monétaire » (p. 27). Ainsi, la recherche de Berry vient complexifier une historiographie à propos de l'économie des plantations, trop souvent centrée uniquement sur les questions relatives au travail et aux productions matérielles des esclaves.

À rebours de cette ghost value, Berry identifie des « soul values », désignant par ce terme une valeur spirituelle, insufflée par les parents à leurs enfants. La « soul value » était une valeur que les esclaves attribuaient à leur propre personne, aux pratiques spirituelles entourant quotidiennement leur vie et celles de leurs proches. Elle désignait la fierté qu'ils et elles nourrissaient à l'égard de leur travail, leurs connaissances en matière de nutrition, de musique, d'artisanat du textile, ainsi que leur ingéniosité et leur détermination à résister au travail forcé sur la plantation.

Dans la continuité du travail de Stephanie Camp et Philip D. Morgan, qui ont identifié certaines pratiques culturelles et artistiques que les esclaves dissimulaient à leurs maîtres (Camp, 2004 : 75-76 ; Morgan, 1998: 419-421), car elles venaient défier la vision proprement matérialiste de la valeur corporelle qui leur avait été attribuée, Berry voit dans la puberté et l'adolescence un moment de « l'accroissement de la conscience spirituelle » de l'esclave et de sa « soul value » (p. 168), bien distincte de leur valeur strictement monétaire sur le marché (market value) ou de leur valeur estimée (appraisal value), définie par les banquiers, les assureurs ou les percepteurs d'impôt (p. 7).

En utilisant le terme de « soul value », Berry parvient ainsi à montrer que les esclaves ne définissaient pas leur amour-propre par l'évaluation économique auxquels ils et elles étaient assujettis. Si la valeur monétaire des esclaves diminuait d'ailleurs à l'âge adulte, surtout après quarante ans chez les femmes esclaves qui ne pouvaient plus procréer, leur « soul value » ne cessait d'augmenter.


 Agentivité et commodification des corps

Tout comme les ouvrages de Rana Hogarth et Deirdre Cooper Owens, le récit de Berry s'attache à mettre en évidence l'agentivité et la dignité des esclaves. Le concept novateur de « soul value » fait écho aux stratégies de résistance quotidienne des esclaves, aux pratiques des infirmières noires et esclaves identifiées par Deirdre Cooper Owens, qui traitaient les maladies gynécologiques sur les plantations et facilitaient les accouchements, ou encore à l'ingestion de terre décrite par Rana Hogarth.

Les trois ouvrages ont surtout en commun de mesurer l'importance des recherches sur les liens entre esclavage et médecine, entre biologisation du social, contrôle des corps et maintien du système d'exploitation esclavagiste des corps au travail. Bien que ces trois ouvrages présentent des divergences notoires, le livre de Rana Hogarth s'appuyant sur une analyse transnationale, tandis que les deux autres se concentrent sur l'histoire du Sud des États-Unis, tous participent à souligner l'importance du corps dans les études sur l'esclavage dans les Amériques.

En le remettant au centre des questionnements, ces études permettent de réitérer la distinction entre l'histoire de la médecine et l'histoire des soins (healing), qui prend toute son ampleur ici. Par ailleurs, ces ouvrages montrent de manière flagrante que la médecine raciale ne faisait pas figure de pseudo science pour ses contemporains, mais participait, au contraire au développement de la science de l'époque.

On peut également se poser la question des usages sociaux de ces ouvrages par les acteurs de la société civile formulant des demandes de réparations pour l'esclavage, puisqu'ils mettent en lumière l'exploitation économique des corps noirs et leur monétisation sur les plantations. Lors de sa parution, on avait vu dans le livre de Berry une contribution aux débats d'actualité sur « l'esclavage, les réparations, le capitalisme, et l'éducation médicale au XIXe siècle ».

Les comptes rendus de l'ouvrage avaient été relayé sur de nombreux blogs et sites, au-delà des cercles académiques. Il ne fait aucun doute que ces nouvelles recherches, en réactualisant les questionnements à propos des pratiques de biologisation du social, de commodification et de médicalisation des corps noirs, fournissent un point de départ historique nécessaire à l'analyse du racisme systémique qui structure encore les institutions médicales aujourd'hui.

Recensés : Rana A. Hogarth, Medicalizing Blackness : Making Racial Difference in the Atlantic World, 1780-1840, Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2017, 290 p. ; Deirdre Cooper Owens, Medical Bondage : Race, Gender, and the Origins of American Gynecology, Athens, University of Georgia Press, 2017, 182 p. ; Daina Ramey Berry, The Price for Their Pound of Flesh, Boston, Beacon Press, 2017, 256 p.

par Élodie Grossi, le 27 avril 2018 

Katherine Bankole-Medina, Slavery and Medicine : Enslavement and Medical Practices in Antebellum

Louisiana, New York, Garland Publishing, Inc., 1998.

Robert Blakely et Judith M. Harrington, Bones in the Basement : Postmortem Racism in Nineteenth-Century

Medical Training, Washington, Smithsonian Institution Press, 1997.

Stephanie Camp, Closer to Freedom : Enslaved Women and Everyday Resistance in the Plantation South,

Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2004.

Sharla Fett, Working Cures, Healing, Health, and Power on Southern Slave Plantations, The University of

North Carolina Press, 2002.

Stephen Kenny, « Sickness and Chains : the significance of enslaved patients in antebellum Southern infirmaries ». Medical Historian, vol. 21, p. 63-91.

Deborah Kuhn McGregor, From Midwives to Medicine : The Birth of American Gynecology, New Brunswick, Rutgers University Press, 1998.

Gretchen Long, Doctoring Freedom : The Politics of African American Medical Care in Slavery and Emancipation, Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2016.

Philip D. Morgan, Slave Counterpoint : Black Culture in the Eighteenth-Century Chesapeake and Lowcountry, Chapel Hill, The University of North Carolina, 1998.

Ruth Richardson, Death, Dissection and the Destitute, Chicago, The University of Chicago Press, 2001.

Todd Savitt, Medicine and Slavery The Diseases and Health Care of Blacks in Antebellum Virginia, Champaign, University of Illinois Press, 1978.

Londa Schiebinger, Secret Cures of Slaves : People, Plants, and Medicine in the Eighteenth-Century Atlantic World, Palo Alto, Stanford University Press, 2017.

Christopher Willoughby, « "His Native, Hot Country" : Racial Science and Environment in Antebellum American Medical Thought », Journal of the History of Medicine and Allied Sciences, vol. 72, n°3, 2017, p. 328-351.

Published in Santé et nutrition
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