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La science de la "modernité" nous a tellement plongé dans une paresse mentale et spirituelle si bien que nous sommes "obligés" d'utiliser les téléphones cellulaires pour communiquer entre nous, ce qui nous rend dépendant de la rapacité des compagnies de fabrication de la téléphonie mobile, je veux dire que nous demeurions des "prisonniers de l'intellect".

 Aujourd'hui, pour jouer au détective privé en épiant les faits et gestes "cachés" de son(sa) conjoint(e), certaines femmes et certains hommes n'hésitent pas à scruter dans les moindres détails l'écran du téléphone cellulaire de son(sa) conjoint (e). D'autres vont même jusqu'à scanner cet outil de communication périphérique pour ''contrôler'' son(sa) partenaire.

Mais, où est passée notre capacité à communiquer par télépathie (par le CENTRE)?

Quand j'étais adolescent, ma grand-mère maternelle savait regarder la position du soleil pour lire l'heure avec exactitude. Rien qu'en observant la position du soleil, elle pouvait aussi savoir s'il allait pleuvoir ou pas dans les minutes qui suivent. Le cas échéant, malgré un soleil ardent, elle nous demandait de retourner immédiatement à la maison. Nous nous exécutâmes et avant de franchir le seuil de la porte, quelques gouttes de pluie nous avaient bénis.

Pour savoir si la récolte serait abondante ou pas, elle observait la position de la lune. Dans le cas de la récession annoncée, elle remplissait le grenier en prévision des moments difficiles.

 

Nos grands-parents savaient anticiper, en conformité avec les Lois de la nature. Ils avaient de grandes connaissances en astronomie.

Les Dogons du Mali ont pu identifier Sirius B, l'une des étoiles les plus brillantes de la constellation, rien qu'en observant la position de la lune.;

Au village, nos grands-parents communiquaient entre eux avec le son du tam-tam. Ils pouvaient avertir la population de l'arrivée d'un ennemi, rien qu'avec le son du tam-tam. Le tam-tam était l'un des supports essentiels de la communication par la PÉRIPHÉRIE.

Les MUNTU(Hommes "réalisés") maîtrisaient l'art de la communication par le CENTRE. Les techniques de communication oratoire (les oracles) leur permettaient de communiquer même avec les morts car "les morts ne sont pas morts".

Quand est-ce que les Hommes de la "modernité" capitalisant pourraient-ils se passer des téléphones cellulaires pour communiquer entre eux?

Vanité des vanités, tout est vanité.

Que ceux qui ont des yeux pour entendre, "entendent". Que ceux qui ont des oreilles pour voir, "voient". Qu'ayant "vu" et "entendu", qu'ils agissent en conséquence pour ne pas se retrouver sur le chemin du trop tard.

Vie, Santé, Force!

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upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/...Pour lui, la vie est un rapport de force et la morale est une invention des faibles pour se protéger des forts. Faire le mal doit nous faire sentir coupable. Cette entreprise de culpabilisation qui accompagne la morale est un moyen pour empêcher au fort d'écraser le faible. Pour Nietzsche, l'essence de la morale, c'est la culpabilité. Dans une vie terrestre qui est caractérisée par les rapports de force, le fort accepte l'idée qu'il doit accepter d'exercer sa véritable nature en se confrontant à la force de l'autre. Le faible a tout intérêt pour amener le fort à ne pas se faire écraser par le fort.

 Les interdits, la morale et les lois sont là pour amener le fort à hésiter à utiliser sa force contre le faible. Le faible est conscient qu'Il sera perdant dans le rapport de force avec le fort. Si on enferme les deux dans une pièce, le faible est conscient qu'Il est mort. Par contre si on les place devant une salle de procès où on applique la loi qui dit qu'on ne doit pas faire du mal au faible, qu'on ne doit pas le faire souffrir, et bien dans cette situation-là, le fort devient le faible.

Celui qui a exercé sa force devient le coupable.

Coupable non pas aux yeux de la nature et de l'élan vital, mais coupable aux yeux des règles morales.

 Coupable aux yeux des règles de la coexistence pacifique.

 Coupable aux yeux de la société. Voilà ce qui définit le principe de la morale selon Nietzsche. Le principe de la morale c'est l'auto-institution de la bonté des bons.

Et qui sont les bons? Ce sont les faibles.

Ce sont ceux qui ne peuvent pas se permettre autre chose qu'être bons. Parce que pour Nietzsche, si on est bon c'est parce qu'on n'a pas les moyens d'être autre chose. Si on est bon, c'est parce qu'on ne veut pas s'attirer les foudres du fort. Et donc en érigeant leur bonté en valeur, les faibles venaient de créer la morale qui devient l'impossibilité de survivre si on ne limite pas l'expression de la force.

 Qu'est-ce qui définit en général les règles morales? C'est la bienveillance, la générosité, la considération de son prochain. Pour Nietzsche, c'est quelque chose qui n'a pas sa place dans la nature car l'oiseau de proie ne se pose pas la question sur la moralité de son action lorsqu'il mange l'agneau comme son ennemi. Au contraire, il en raffole de l'agneau. Alors que l'agneau parce qu'il a développé une peur de l'oiseau de proie, il va le détester. Il va lui en vouloir. Il va lui reprocher d'être un oiseau de proie. Il va le lui reprocher parce que l'oiseau de proie est une menace pour lui. Et ça permet de comprendre ce que Nietzsche appelle l'origine de nos jugements moraux.

 Et de comprendre que le bien et le mal ne sont pas des notions transcendantes et absolues. C'est-à-dire ne sont pas des notions qui nous viennent du ciel, mais ce sont e notions proprement humaines qui n'ont d'autre but que de nous protéger. L'idée que le bien ou le mal sont des notions universelles voire divines, pour Nietzsche ça n'a aucun sens parce qu'en tant que naturaliste, il veut trouver l'explication naturelle et physiologique de toutes nos productions mentales.

 De toutes nos productions culturelles. Le bien ou le mal c'est ce qu'on considère comme bien ou mal du point de vue de notre intérêt. Ce qui veut dire si on est engagé dans une lutte contre le fort, on a aucun intérêt à placer ses pieds sur son propre terrain. On a aucun intérêt à rivaliser de force avec lui.
Au contraire on a tout intérêt à monter que son terrain n'est pas légitime. On a intérêt à montrer qu'en recourant à la force, le fort fait quelque chose d'injuste. Quelque chose de condamnable, de répréhensible. Et si on arrive à démontrer qu'en utilisant la force, le fort se rend coupable, et bien on a gagné. On a gagné parce qu'on aura entraîné la réprobation vis-à-vis du fort qui dès lors cesse d'être fort. Le fort isolé cesse d'être fort. Le fort face à la foule des faibles, il est dépassé.

 C'est en sens qu'on peut définir la morale comme la force des faibles parce que c'est la force des faibles coalisées qui parce qu'ils ne sont pas dotés d'une force individuelle, vont chercher à créer la force à titre collectif. Évidemment si les faibles constituent la majorité d'une population, et qu'ils arrivent à s'entendre sur ce qu'ils veulent condamner chez le fort, et bien à ce moment-là, ils deviennent les forts. Ils deviennent les dominants.


 Ainsi, la morale pour Nietzsche c'est une entreprise de renversement des valeurs qui va consister à faire passer la force pour une faiblesse et la faiblesse pour une force. C'est pourquoi Nietzsche considère la passion de Christ, sa sanctification comme une faiblesse. C'est la béatification de l'impuissance. C'est comme ça que Nietzsche analyse le christianisme. La béatification de l'impuissance, l'éloge de la passivité. Parce que le Christ c'est celui qui accepte son sort, il accepte sa condamnation. Et lorsqu'il dit "pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font", il est en train de trouver des excuses à ses oppresseurs.

 Il est en train d'aimer ceux qui mettent fin à son élan vital. Pour Nietzsche, la morale c'est quelque chose de mortifère en ce sens qu'elle va contre la pulsion vitale de l'homme. Cette pulsion qui va faire qu'on va se défendre coûte que coûte à un ennemi qui représente une menace pour notre survie. Accepter que l'autre menace notre vie, accepter qu'Il interrompe notre élan vital, selon Nietzsche, c'est ça qui devrait être condamné. C'est ça qui devrait faire l'objet d'une disqualification. Et au contraire, exalté l'élan vital, célébrer la volonté de puissance, c'est ça qui devrait être érigé en valeur suprême. Voilà pourquoi la critique nietzschienne de la morale ne correspond pas à une absence de morale.

 C'est simplement que pour Nietzsche, parler de bien ou de mal, c'est simplement hypocrite parce que c'est voulons passer pour valeurs absolues ce qui ne sont en fait que des moyens de survie. C'est vouloir faire passer pour valeurs universelles et transcendantes ce qui ne sont en fait que des inventions du genre humain pour se conserver. Voilà pourquoi Nietzsche récuse les termes de bien et de mal, mais il ne récuse pas pour autant l'idée de bon et de mauvais parce que bon ou mauvais c'est toujours par rapport à quelque chose. Rien n'est ni bon ou mauvais en soi, c'est toujours bon ou mauvais d'un certain point de vue.

 Est-ce qu'un couteau c'est bon ou mauvais? Si c'est pour couper une entre-côtes, c'est bon, mais si c'est pour aller planter le voisin, c'est mauvais si on admet que le planter c'est mauvais. On voit que le bien et le mal c'est toujours relatif. Ça dépend toujours des normes et des critères qu'on présuppose. Donc il n'y a pas de bien ou de mal absolu. Il n'y a pas de bien ou de mal en soi. Le bien et le mal sont relatifs à la survie de l'être humain. Relatif à l' intérêt des hommes. Et toutes les valeurs que l'homme va créer pour juger tel comportement, pour disqualifier que telle chose est bonne ou mauvaise, pour Nietzsche, tout ça n'est qu'artifice. Tout ça n'est qu'hypocrisie. Tout ça n'est que vaine tentative humaine pour se cacher notre véritable nature.

 Et donc à partir du moment où personne on condamne le comportement d'un individu selon le critère qui serait le bien ou le mal, on est dans la négation même de l'essence d'un être humain. On est dans la négation de la vitalité qui anime un être humain. On est dans ce que Nietzsche appelle le nihilisme qui n'est pas pour lui le rejet des valeurs dominantes, ce n'est pas le rejet des valeurs qui ont triomphé, c'est le rejet de ce qui fait l'essence de l'homme.

 C'est le rejet de ce que Nietzsche considère comme étant la véritable valeur de l'homme. Et la véritable valeur de l'homme, selon Nietzsche, c'est la PUISSANCE (le POUVOIR). Pour lui, tout ce qui rejette la puissance participe du nihilisme. Tout ce qui rejette la force, l'affirmation de soi, la vitalité, pour Nietzsche, c'est du nihilisme. Le nihilisme ne consiste donc pas à dire que rien n'a de valeur, ou que toutes les valeurs se valent, le nihilisme consiste à refuser que tout ce qui a de la valeur, c'est la puissance. Pour Nietzsche, ce n'est pas la forme de l'acte qui fait sa valeur, la valeur morale d'un acte c'est sa force. Autrement dit, c'est la volonté de puissance qui ont investi cet acte.

 On peut trouver la volonté de puissance dans un acte de générosité. On peut trouver la volonté de puissance dans un acte de partage et de bienveillance. Ce n'est pas incompatible parce que tout dépend de l'énergie et de l'intention qu'on met dans notre action.

 Ce que Nietzsche appelle la "morale d'esclave", c'est lorsque l'action est animée non pas par l'élan vital, par l'exaltation de la vie, c'est lorsque l'action est animée par le ressentiment. C'est lorsque l'action est animée par l'animosité, l'envie, la jalousie, c'est-à-dire par des forces qui sont anti-vitales, par des forces mortifères. Le combat n'est pas mortifère parce qu'il fait partie de la vie.

 Il est même l'un des principes de la vie. Mais le ressentiment, le désir de vengeance, l'aigreur, la rancune, ça ce sont des forces mortifères. Ce sont les  forces du faibles qui a besoin de parcourir à la stratégie pour parvenir à ses fins. L'hypocrisie c'est la force du faible. La médisance c'est la force du faible. Et ce sont les forces mortifères parce qu'elles vont à l'encontre de la vie qui est l'AFFIRMATION DE SOI. La volonté de puissance, c'est une volonté d'affirmation. Là où le faible va s'inscrire non pas dans une logique d'affirmation, mais dans une logique de négation.

 Le faible ce n'est pas celui qui va chercher à affirmer ce qu'il est, mais à nier ce qu'est l'autre. C'est ça la différence. Le faible c'est celui qui a besoin de nier l'autre pour pouvoir s'affirmer. Autrement c'est celui qui est toujours dans un rapport de comparaison avec l'autre et non d'affirmation de soi. De frustration vis-à-vis de l'autre. C'est celui qui, voyant que son voisin a une belle voiture, une belle maison, une belle femme, va nourrir une rancœur contre lui. Va employer sa vie à lui nuire simplement parce qu'il est jaloux de ce que lui n'a pas. Simplement par faiblesse morale.

 La morale du ressentiment, la "morale d'esclave", c'est la morale de la négation. C'est la morale de la réactivité vis-à-vis de l'autre. Là où le fort va être dans un rapport de force proactif au monde, c'est-à-dire le désir d'entreprendre, de produire, de créer, le faible va être dans un rapport de réaction vis-à-vis du monde. Le faible c'est celui qui a besoin du fort pour pouvoir employer contre le fort les armes du faible.

 Le faible c'est celui qui a besoin du fort pour jouer son rôle de faible. Là où le fort n'a pas du tout besoin du fort pour jouer son rôle de fort car il se contente d'être, d'affirmer sa puissance vitale, d'affirmer sa volonté de puissance, d'être dans la vie.


 Lorsqu'on dans le ressentiment, de justifier ce qu'on est, le besoin de prouver des choses à soi-même ou aux autres, c'est parce qu'on manque de la confiance dans ce qu'on est, quand on a besoin de se rassurer. Mais le fort n'a pas besoin de se rassurer. Il est conscient de sa force. Et c'est parce qu'il est conscient et confiant en sa force, qu'il n'a pas besoin de l'afficher en permanence.

 Qu'il n'a pas besoin d'en faire la démonstration en permanence. C'est ainsi qu'un puissant boxeur est extrêmement paisible en dehors du ring. Les grands combattants en général ne sont pas des gens qui vont aller chercher de l'embrouille. Ils n'ont pas besoin de prouver qu'ils sont les meilleurs. Ils se contentent de l'être. D'une certaine manière, la volonté de prouver qu'on est le meilleur est inversement proportionnelle à la certitude qu'on a d'être le meilleur.

 C'est pourquoi en Afrique noire profonde, le faible ou le fort(Muntu=Homme "réalisé") sont "commués" à se conformer aux valeurs cardinales de l'UBUNTU("Nous pensons, donc je suis". "Autrui m'aide à me réaliser". "Je ne suis rien sans l'autre". Etc.) c'est-à-dire que le fort n'est pas quelqu'un qui va sur-réargir aux actes du faible et s'il réagit, c'est parce qu'il aura considéré que le faible pouvait représenter à un moment donné, une menace contre lui ou une tentative de lui opposer sa force.

 Et dans ce cas-là, le fort fera ce qu'il sait faire de mieux : il emploiera sa force. Mais il ne l'emploiera que parce qu'il aura estimé que ne pas l'employer ce serait comme nier la vie en lui. Le fort c'est d'abord un combattant de la vie. Une vie qui ne rejette pas le conflit, mais qui assume le conflit dans un but d'élévation spirituelle. D'une vie de ne pas être consciente que paix et amour, d'une vie d'être consciente que la destruction fait partie de la vie.

 Et il faut parfois savoir détruire pour reconstruire. Le fort n'hésite pas à détruire parce qu'il sait qu'il reconstruira. Et que de la même façon que la naissance (ANKH) succède à la mort, la construction succède à la destruction. Le fort ne plaint pas que la vie le fasse souffrir parce qu'il sait que la souffrance n'est qu'éphémère, mais il sait que vouloir que la vie le prémunisse contre la souffrance, ce serait vouloir que la vie ne soit pas la vie. Ce serait vouloir que la vie ne soit plus la vie. Le fort accepte la vie. Il embrasse la vie. Il danse avec la vie. Il fusionne avec la vie en conformité avec les Lois Cosmiques. Parce qu'il admet l'idée que ce qui le dépasse, que ce qui l'anime, soit aussi ce qui lui survivra.

 Autant il accepte la vie, autant il accepte le faible même s'il aimerait parfois que le faible se réveille. Qu'il se redresse. Qu'il vive. Car alors-là, le faible ne sera plus le faible, il deviendra le maître, il deviendra un surhomme.

 Vanité des vanités, tout est vanité.

 Que ceux qui ont des yeux pour entendre, "entendre entendent". Que ceux qui ont des oreilles pour voir, "voient". Qu'ayant "vu" et "entendu", qu'ils agissent en conséquence pour ne pas se retrouver sur le chemin du trop tard.

 Vie, Santé, Force!

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NOIR versus BLANC

 La Meulanine (habituellement confondue avec la mélanine) est le pigment par excellence de la couleur NOIRE de la peau des premiers êtres humains sur cette belle planète Terre que nous sommes en train de transformer en une véritable "prison-enfer". C'est ce pigment qui les protège des radiations ultraviolets hautement nocives pour la santé. Il leur permet donc de s'adapter à la région tropicale très ensoleillée. Le soleil étant porteur des Ondes infrarouges dont celles à ondes courtes sont nocives pour la santé humaine, tandis que celles à ondes longues lui sont bénéfiques.

Ainsi donc, fondamentalement la vie humaine voit le jour dans le NOIR à ne pas confondre avec l'obscurité.

En cas de décès (perte de la vie, le "Kâ divin s'en va", la "corde d'argent se rompt", etc.), la lividité cadavérique (début de la Blancheur de la peau) apparaît après 72 heures. S'ensuit une série de réactions physico-chimiques aboutissant à la décomposition de la peau et des muscles si le corps est exposé à l'air libre aux bons soins des bactéries aérobies, s'il n'est pas formolisé.

En cas d'hémorragie importante aboutissant à une baisse significative de la volémie, le corps tend à Blanchir.

En cas d'anémie sévère avec un taux d'hémoglobine inférieur à 6g/l de sang, les conjonctives sont décolorées, c'est-à-dire qu'elle deviennent Blanches. Elles le sont parce qu'il n'y a plus de traces de sang dans l'œil.

Ainsi donc, le NOIR symbolise la Vie(ANKH) c'est-à-dire le sang (Énergie). À ne pas confondre avec le sang rouge sombre des veines qui est lié à l'activité du carboxy-hémoglobine(HbCO2) qui assure le transport des déchets et du gaz carbonique (CO2) des organes vers le cœur droit pour qu'il poursuive son cycle de purification par le foie(détoxication) et les poumons (oxygénation) pour se retrouver dans le cœur gauche (riche en O2).

Lorsque les leucodermes que nous qualifions maladroitement de Blancs décèdent, la peau tend à Blanchir plus rapidement que chez le meulanoderme. La peau du leucoderme comporte une très faible proportion de Meulanine. Par conséquent, la lividité cadavérique est plus évidente chez lui.

On vient au monde dans la NOIRCEUR et on s'en va dans la BLANCHEUR.

Le NOIR c'est le soleil levant. Le BLANC c'est le soleil couchant.

La Vie (ANKH) étant cyclique, la Mort(perte d'Énergie) n'est qu'un changement d'état.

Vivre(Noircir) ou Mourir (Blanchir) sont des processus de la Création très bien détaillés dans la Cosmogonie d'Iounou(Cosmogonie des Mba-tù) où il est expliqué que la Vie "surgit" dans le NOUN, c'est-à-dire "L'Incrée qui crée Tout sans perdre une seule de ses Facultés".

Depuis la Nubie en passant par l'Égypte ancienne jusqu'en Afrique Noire impériale, on célébrait la Vie(ANKH) par le tissu NOIR et en s'habillant en NOIR. Pour accompagner le défunt dans sa "dernière demeure sur terre", on arborait le tissu BLANC en signe de "dévitalisation".

Dans ma tendre enfance, sur la couverture du livre de catéchèse, le "diable" était représenté en couleur NOIRE avec une longue queue comme le serpent, tandis que la BLANCHE était réservée aux "anges" et ils portaient des ailes comme la colombe.


Voilà pourquoi toute personne qui agissait mal, on disait :

"Tu es NOIR comme ton cœur". Puis suit la punition.

Celle qui affichait un bon comportement, on disait :

"Tu agis comme un BLANC, hein!" et on la félicitait.

La Bible consacre la couleur NOIRE comme étant celle de la "malédiction" en évoquant l'histoire de Cham(Chus), maudit par Noé relatée dans Génèse 9, 21-27. C'est cette soi-disant "malédiction de Cham" qui a été à l'origine de la Bulle papale du 08 janvier 1454 où le Pape Nicolas V ordonna au roi du Portugal Alfonso Ier de "procéder à la déportation de ces malheurs Sarrazins(Noirs) dans le Nouveau Monde(Amérique) pour les purifier par le baptême de la malédiction de Cham à travers la noble mission de l'église catholique apostolique et romaine".

Au 18è siècle, la Controverse de Valladolid est venu entériner l'idée selon laquelle, "finalement, les Indiens d'Amérique ont une âme et non les NOIRS d'Afrique".

En mars 1685, Colbert vote le Code Noir dans l'université de la Sorbonne, une des "prestigieuses" universités européennes de l'époque. Le Code Noir réaffirme que le NOIR est un "bien meuble". Jetant ainsi les bases "légales" des razzia négrières transatlantiques, une continuité des razzia négrières arabo-musulmanes.

Lors de l'abolition de l'esclavage dans les Antilles en 1848, les esclavagistes ont été indemnisés "parce qu'ils ont perdu leurs esclaves".

Nous sommes en 2020, l'esclavage a été reconnu par L'UNESCO et la loi française comme "crime contre l'humanité", mais aucune forme de "réparation" n'a été envisagée.

Le meurtre collectif et planifié des NOIRS aux États-Unis par le Ku Klux Klan suivi de leur assassinat par les policiers "Blancs" y compris la Négrophobie mondialisée et tropicalisée des sectes et des Loges oxydentales et arabo-musulmanes, s'inscrivent parfaitement dans le continuum selon lequel NOIR=MALÉDICTION.

Aujourd'hui, dans les levées de corps à la morgue, dans les veillées, lors de l'enterrement, durant les funérailles, pour marquer le signe de deuil, les gens s'habillent en NOIR.

Lors du "baptême", de la "première communion", de la "confirmation" et durant les cérémonies où on exprime la joie, les gens s'habillent en BLANC.

Quand est-ce que ceux qu'il est convenu de qualifier "d'êtres humains" de la "modernité" vont-ils rétablir les CODES DE LA CRÉATION à leur place originale?

Vanité des vanités, tout est vanité.

Que ceux qui ont des yeux pour entendre, "entendent". Que ceux qui ont oreilles pour voir, "voient". Qu'ayant "vu" et "entendu", qu'ils agissent en conséquence pour ne pas se retrouver sur le chemin du trop tard.

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ARCHEOLOGIE Ces pierres auraient été taillées entre 200 et 1.000 ans avant Jésus-Christ

20 Minutes avec agences/ Publié le 21/10/20 à 16h05 — Mis à jour le 21/10/20 à 16h05

Les douanes américaines ont annoncé ce mardi avoir saisi à l'aéroport de Miami d'anciennes pierres sculptées en provenance du Cameroun, connues sous le nom de monolithes d'Ikom. Elles sont arrivées aux Etats-Unis en utilisant de faux documents.

ALOK IKOM STONE MONOLITHS Akwasnshi/Atal as the monolith is called among the Ejagham people of the Cross River State is distributed among over" thirty communities. In each community, the stones are found in circles, sometimes perfect circles, facing each other standing erect,

Selon des experts, ces pierres ont été taillées entre 200 et 1.000 ans avant Jésus-Christ, a déclaré dans un communiqué le service des douanes et de la protection des frontières des Etats-Unis (CBP). Les douanes n'ont pas indiqué combien de ces pierres, véritable trésor archéologique, avaient été saisies.

Ces pierres sont uniques au monde

Les autorités ont précisé qu'elles seraient « rapatriées » au Cameroun. Les monolithes d'Ikom proviennent d'une région proche de la ville du même nom, dans le sud du Nigeria, frontalier du Cameroun. Selon l'Unesco, ces monolithes en pierre volcanique gravée comportent « une forme d'écriture et un système complexe d'informations codifiées » et « chaque pierre, comme une empreinte digitale, est unique ». Cette saisie est « le dernier exemple » des efforts réalisés afin de « mettre en œuvre les lois internationales sur le rapatriement des objets anciens », s'est félicité Robert Del Toro, responsable des douanes à l'aéroport international de Miami.

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Par Andre Vltchek pour Counter Punch le 19 septembre 2017

Il est difficile de calculer le coût du refus obstiné de la population thaïlandaise d'apprendre des langues étrangères. Certaines estimations audacieuses, cependant, calculent que les pertes pourraient être de dizaines de milliards de dollars par an. Et la situation ne s'améliore pas.

Bangkok veut être le centre de l'Asie du Sud-Est et, à de nombreux égards, elle a déjà atteint cet objectif. L'aéroport international de Suvarnabhumi est le deuxième plus achalandé de la région. Presque toutes les agences de presse internationales sont basées ici, et non pas à Jakarta ou à Kuala Lumpur. Plusieurs agences des Nations Unies se trouvent maintenant à Bangkok, ainsi que des centres commerciaux et des centres médicaux privés de premier plan, destinés principalement aux personnes vivant en Birmanie, au Cambodge, au Laos et au Moyen-Orient.

Pendant des années et des décennies, la Thaïlande a été très active dans la promotion de l'imagination de millions de personnes dans le monde entier.

Certains se demandent si elle pourrait vraiment faire mieux que ce qu'elle est déjà en train de faire. Selon Forbes, Bangkok est récemment devenue la ville la plus visitée sur Terre:

"Selon le Global Destination Cities Index de Mastercard, la capitale thaïlandaise a accueilli 21,5 millions de visiteurs pour au moins une nuit en 2016. En comparaison, Londres a accueilli 19,9 millions de visiteurs ayant passé minimum une nuit alors que Paris en comptait 18 millions. The Big Apple (New York) se trouvait encore plus loin dans la liste avec 12,8 millions."

32,59 millions de visiteurs étrangers se sont rendus en Thaïlande en 2016, et leur nombre ne diminue pas.

Les statistiques varient, mais les voyages et le tourisme représentent désormais environ 20% du PIB de la Thaïlande. C'est beaucoup, beaucoup plus que dans les autres pays de la région.

Pour la Thaïlande, c'est une bonne nouvelle, ou du moins en théorie.

Mais malgré son flair cosmopolite, Bangkok reste une société relativement fermée et ségrégée.

Maintenant, il semble y avoir plus de restaurants japonais au centre de Bangkok que de restaurants traditionnels thaïlandais. Cependant, essayez de commander à l'un d'entre eux, par exemple, un thé glacé dans une autre langue que le thaï, et vous serez très surpris. Il y a toutes les chances pour que le personnel ne parle aucune langue étrangère.

Et cela devient beaucoup plus sérieux que cela: les gens qui travaillent dans les banques pour satisfaire les clients étrangers, du moins théoriquement, ne parlent guère que le thaï. Même la "police du tourisme" ne comprend pas ce dont vous parlez lorsque vous essayez de signaler un crime.

L'autre jour, à Bangkok, j'ai essayé de récupérer un paiement substantiel auprès d'un magazine étranger qui, pour une raison quelconque, utilisait Western Union pour transférer des fonds. Western Union en Thaïlande est associé à la grande banque Krungsri. Dans l'une de ses succursales, j'ai passé une heure et demie humiliante à essayer de réaliser une transaction simple qui prendrait normalement 2 minutes ailleurs, même à Beyrouth ou à Nairobi. L'incompétence du personnel était masquée par des expressions faciales malveillantes et une impolitesse flagrante (en utilisant les normes asiatiques et non occidentales). De plus en plus de nouvelles "informations supplémentaires" étaient demandées au fur et à mesure de manière sadique, en montrant certains imprimés déroutants. Il n'y avait pas une personne sur six qui ne parlait autre chose que le thaï.

De manière générale, beaucoup de Thaïlandais estiment que le fait de tirer un revenu décent des touristes et des expatriés étrangers est leur droit inhérent. La perception est qu'aucun niveau élevé de connaissances, de maîtrise de la langue ou de prestation de services de qualité n'est requis de leur part.

Une fois mon interprète local m'a dit:

"Tout le monde veut venir en Thaïlande, tout le monde aime ce pays, alors ils doivent accepter les choses comme elles sont dans le Royaume."


Récemment, en essayant d'acheter un équipement vidéo professionnel au showroom SONY de Bangkok, j'ai réalisé que les assistants ne parlaient absolument aucune langue étrangère. J'ai eu la même expérience en studio, où je tentais de récupérer deux de mes cassettes HDV endommagées.

C'était tout à fait acceptable lorsque la Thaïlande était, il y a de nombreuses années, l'un des endroits les moins chers de la planète, un paradis pour les routards et les romantiques. Depuis lors, tout a changé. Le pays tente désespérément de fournir des services haut de gamme. Mais les services et les biens comparables sont souvent moins chers à Londres, à Paris ou à Tokyo qu'à Bangkok. Il en va de même pour la nourriture dans les supermarchés. Et pourtant, il n'y a pas de maîtrise des langues étrangères.

Comme l'a récemment souligné un ancien voyageur japonais:

"Il était beaucoup plus facile d'accepter un bol de pâtes trop cuites et insipides d'une serveuse grossière qui ne parlait pas de langues étrangères, quand elle n'était vendue qu'à un prix symbolique de 2 dollars. Il est beaucoup plus difficile de rester "bienveillant", si le service est toujours terrible, personne ne parlant autre chose que le thaï, mais que le coût est deux fois plus élevé que celui d'un bon plat de spaghetti dans un excellent restaurant de Venise."

Mais la Thaïlande est convaincue que des hordes de gens continueront à venir.

C'est en partie à cause de la propagande extrêmement positive émanant d'innombrables médias occidentaux. En cas de critique de la Thaïlande, elle est généralement exceptionnellement douce et "bienveillante". Tous les éléments de base des dogmes occidentaux - sur la qualité, la décontraction, la sécurité et le confort du pays - sont confirmés dans ces rapports.

Pas étonnant! Quel que soit le gouvernement en charge, le pays reste l'un des alliés les plus fervents des États-Unis en Asie.

La Thaïlande a pleinement mis en œuvre le système économique promu par l'Occident. Pendant la guerre froide, elle a tué, torturé ou au moins emprisonné des milliers de communistes et de gauchistes (il n'y a pas eu besoin d'interventions).

Dans le passé, le Royaume acceptait et accueillait facilement les nombreuses troupes vaincues (de Chine), génocidaires de Chiang Kai-Shek. La Thaïlande a participé aux campagnes sauvages de bombardements du Vietnam, du Laos et du Cambodge, prêtant souvent ses propres pilotes, et a poussé des jeunes femmes pauvres des campagnes à servir, en tant que prostituées, les pilotes et les techniciens américains, australiens ou autres basés à Pattaya et dans d'autres aéroports militaires.

Elle a adopté des lois draconiennes qui interdisent toute critique et mentionnent souvent même presque tous les éléments de puissance de base injectés en Thaïlande par l'Occident.


Depuis cela, les récompenses ont été conséquentes.

Quelle que soit la grossièreté de l'interaction entre les locaux et les visiteurs étrangers; le pays maintient toujours la réputation de "pays du sourire".

Alors que le taux de meurtres est plus élevé en Thaïlande qu'aux États-Unis, le Royaume est toujours perçu comme un endroit relativement sûr.

Les coups d'État sans fin qui renversent les gouvernements démocratiquement élus sont généralement acceptés et après quelques gros titres, ignorés par la presse grand public occidentale.

Alors que pratiquement tous les littoraux sont irréversiblement surexploités, voire ruinés, la Thaïlande est connue comme "paradis tropical".

Il y a en fait un groupe de Thaïlandais qui parle parfaitement l'anglais - les élites. La plupart de leurs membres ont été formés aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Australie. Certains d'entre eux mènent une vie de jet-set, cosmopolite, avec plusieurs propriétés dans différentes parties du monde.

Mais ce ne sont pas ces personnes que les étrangers rencontrent lors de leurs vacances de deux semaines. J'ai rencontré plusieurs d'entre elles à différentes occasions et je peux "témoigner" que leur maîtrise des langues étrangères, notamment de l'anglais, est excellente.

Franchement et honnêtement, j'aime vraiment Bangkok. C'est chaotique, envahi par la végétation mais ça reste une ville extrêmement complexe et passionnante. J'ai travaillé dans près de 160 pays, sur tous les continents, mais Bangkok demeure l'un de mes endroits préférés sur Terre. Cette ville me rend fou, elle me défait souvent, mais je ne peux pas imaginer ma vie sans elle. C'est l'un des endroits où je viens réfléchir et écrire.

Mais ce n'est pas un lieu convivial, et ce n'est pas bon marché. Ce n'est certainement pas une ville facile et confortable. Elle est ce qu'elle est. Pour moi, elle est géniale mais pour beaucoup d'autres ce n'est pas le cas. Mais elle n'est certainement pas du tout ce qu'en dit la propagande positive occidentale.

La Thaïlande pourrait changer. Elle pourrait grandement s'améliorer si ses populations profitaient chaque année de ces dizaines de millions de visiteurs étrangers et s'informaient sur de nombreux autres lieux, pas seulement sur les États-Unis, l'Europe et le Japon. Les voyageurs ne viennent pas seulement de l'Occident, ils arrivent aussi de Chine, d'Inde, de Russie et d'Amérique latine, voire d'Afrique.

Et le capitalisme sauvage n'est pas le seul système économique actuellement proposé. De plus, la "vérité" occidentale n'est plus exclusive.

La meilleure chose pour la Thaïlande serait d'interagir, de profiter de ces millions de visiteurs pour apprendre quelque chose de nouveau avec eux. Et quoi de mieux que d'apprendre par l'interaction, en apprenant des langues.

Bangkok est maintenant une ville mondiale, une métropole cosmopolite, mais avec une mentalité provinciale. Tout cela peut et doit changer. Pas pour les visiteurs étrangers, mais pour le peuple thaïlandais!
Andre Vltchek est philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d'investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des dizaines de pays. Vltchek réside actuellement en Asie de l'Est et au Moyen-Orient et continue de travailler dans le monde entier. Sur la photo, il est en compagnie d'une famille indonésienne.

Andre Vltchek est philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d'investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des dizaines de pays. Vltchek réside actuellement en Asie de l'Est et au Moyen-Orient et continue de travailler dans le monde entier. Sur la photo, il est en compagnie d'une famille indonésienne.

Lien de l'article en VO:

https://www.counterpunch.org/2017/09/19/in-bangkok-no-speak-your-language-speak-thai-or-die/

mercredi, 14 octobre 2020 00:05

Lettre ouverte aux jeunes de Hong Kong

Par Andre Vltchek pour China Daily le 3 janvier 2020

Alors que votre ville est en flammes depuis plus de six mois, que vos familles se sont divisées et qu'aucune fin de la violence n'est en vue, j'ai décidé d'écrire ce court essai, sous forme de lettre ouverte, aux jeunes de Hong Kong. 

 

Tout d'abord, je voudrais demander: pourquoi?

Pourquoi toute cette fumée et ce feu, cette colère et cette violence? Vos vies, avant les soi-disant «protestations» ou «émeutes», étaient-elles vraiment si lugubres?

Vous avez vécu dans l'une des villes les plus riches de la Terre. Même selon les évaluations occidentales, Hong Kong a l'un des «indices de liberté» les plus élevés, supérieur à celui de la plupart des pays occidentaux.

L'eau qui vient de vos robinets est propre, Internet est extrêmement rapide et les transports en commun sont bon marché et parmi les meilleurs du monde. Vous pouvez profiter d'une vie culturelle passionnante, ainsi que de grands espaces publics construits le long de vos impressionnantes côtes maritimes.

Naturellement, Hong Kong n'est pas un endroit parfait, car il n'existe pas d'endroits parfaits sur cette planète.

Votre logement est parmi les plus chers au monde. Les possibilités d'emploi pour les diplômés du collégial ne sont pas vraiment excellentes. Certaines villes du continent chinois sont maintenant des endroits plus excitants pour vivre, créer et rêver que ce «bon vieux» Hong Kong. Mais quand même, c'est une ville fascinante et solide, avec sa propre culture, sa mentalité et son histoire complexe. Et à bien des égards, c'est une belle ville, belle et unique.

Alors pourquoi? Qu'est-il arrivé? Pourquoi tout à coup une telle colère et une telle frustration?
 


 


Faut-il en parler? Je vous en prie, débattons.

J'ai travaillé dans environ 160 pays et territoires, sur tous les continents. J'ai écrit et filmé de nombreuses guerres et conflits. J'ai couvert des révolutions et des rébellions, mais aussi de terribles émeutes déclenchées par les pays occidentaux. Vous avez probablement entendu parler des soi-disant «révolutions de couleur», ou du «printemps arabe».

J'ai été un témoin de première main du sort de pays qui ont été occupés puis complètement détruits par les États-Unis et l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord; l'Afghanistan et la Syrie, l'Irak et la Colombie, pour n'en nommer que quelques-uns. J'ai vu des millions de vies ruinées dans des pays où l'Occident a renversé des gouvernements de gauche, puis injecté du fascisme: des endroits comme l'Indonésie (1965) et le Chili (1973). Maintenant, il ne reste plus rien de l'Indonésie; sa nature est complètement ruinée et la grande majorité de ses habitants vivent dans la misère. Au Chili, les gens se sont levés et se battent fièrement et meurent pour le socialisme qui leur a été volé par les gouvernements et les sociétés occidentales.

J'ai vécu et travaillé partout sur le continent africain, la partie la plus dévastée du monde, colonisée et terrorisée d'abord par l'Europe, puis par les États-Unis, pendant de nombreux siècles.

À Hong Kong, je vous vois agiter des drapeaux américains. Vous voulez que ce pays vous «sauve de la Chine» - de votre propre nation, essentiellement. J'ai lu une traduction de votre programme scolaire. Elle salit la Chine et glorifie l'Occident. Vous a-t-on jamais dit qu'au nom de ce drapeau composé d'étoiles et de rayures, des dizaines de millions de personnes dans le monde ont été assassinées, des démocraties violées et la liberté d'expression horriblement opprimée? Ou lisez-vous seulement ce qui vous est apporté par Reuters et d'autres agences de presse occidentales?

En agitant les drapeaux britanniques, rappelant avec nostalgie vos maîtres britanniques et leur domination sur Hong Kong, pensez-vous même à certains des crimes les plus monstrueux commis dans l'histoire de l'humanité? Sur tous les continents du monde, l'Empire britannique a assassiné, humilié, violé et pillé des centaines de millions de personnes. Les êtres humains ont été réduits en esclaves. Leurs vies, leurs identités ont été réduites à néant.

Vous a-t-on dit cela? Vous en rendez-vous compte? Lorsque vous agitez ces drapeaux, lorsque vos dirigeants reçoivent des pots-de-vin des États-Unis et de l'établissement de l'UE, vous arrive-t-il de réfléchir à quel type d'argent vous touchez? Avez-vous déjà pensé que cet argent était trempé de sang?

J'ai vu plusieurs d'entre vous exiger «l'indépendance vis-à-vis de la Chine». J'ai même vu certains d'entre vous appeler la Chine un État «terroriste».

Avez-vous jamais, sérieusement, comparé le système politique chinois à cette soi-disant «démocratie» de l'Occident?

Permettez-moi de vous donner un simple quiz: au cours des dernières décennies, combien de pays ont été attaqués par la Chine et combien par l'Occident? Faites simplement un calcul simple, s'il vous plaît. C'est tellement simple et si clair. Combien de pays ont été bombardés et complètement ruinés par la Chine et combien par l'Occident?

Et la démocratie? En Chine, le gouvernement écoute son peuple. En réalité, la démocratie ne signifie rien de plus que la traduction directe du grec - la domination du peuple. En République populaire de Chine, le gouvernement s'emploie à améliorer la vie de ses citoyens, tout en mettant en place une infrastructure mondiale pour tous (Initiative Nouvelle Route de la Soie). Maintenant, regardez l'Occident: la plupart des citoyens en Amérique du Nord et en Europe détestent leur système, mais ne peuvent pas s'en débarrasser. Certains d'entre vous voyagent régulièrement vers l'Ouest. N'entendez-vous pas ce que les gens disent là-bas?

Au cours des deux dernières décennies, la Chine a sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté. En Occident, les gouvernements ont englouti des milliards de personnes dans la misère dans toutes leurs colonies. Malgré le terrible pillage du monde, des dizaines de millions de personnes sont sans ressources chez elles, en Amérique du Nord et en Europe.

Malgré un PIB par habitant pas trop élevé, la Chine n'a presque pas de misère, tandis que des dizaines de millions de citoyens américains vivent dans la pauvreté. Il y a beaucoup plus de détenus (par habitant) dans les prisons américaines que dans les prisons chinoises.

De nombreuses prisons américaines sont désormais privatisées; c'est une grosse affaire. Plus les prisonniers sont détenus derrière les barreaux, plus les bénéfices sont importants!

Est-ce un système dans lequel vous voudriez vivre? Est-ce cela que vous souhaitez vraiment?

Je connais très bien l'Occident. Et je connais la Chine. De nos jours, à Hong Kong, certains d'entre vous brandissent des drapeaux occidentaux tout en insultant Pékin.

L'Occident a la propagande la plus puissante sur Terre. Il a la capacité de tout manipuler, de prétendre que le noir est blanc et vice versa.

Mais franchement, c'est Pékin qui a la capacité et le désir d'aider à résoudre les problèmes de Hong Kong.

Pensez-vous vraiment que Washington, Londres ou Berlin soient vraiment intéressés à aider votre ville? Je suis convaincu qu'ils veulent seulement briser la Chine et continuer à régner sur le monde.

Pour conclure cette lettre, permettez-moi de dire ce qui doit être dit. Après avoir parlé à des gens qui agitent maintenant avec colère des bannières noires, ainsi que des drapeaux américains et britanniques, j'ai réalisé qu'ils connaissaient très peu l'état du monde. Et, ils ne veulent pas écouter les différents points de vue. Lorsqu'ils sont confrontés intellectuellement, ils deviennent violents.

Ce n'est pas une approche démocratique; pas du tout.

Je suggère que nous parlions. Publiquement. Discutons des définitions mêmes de la démocratie. Voyons qui a fait le plus de mal au monde: la Chine ou l'Occident? Je suis prêt à en débattre à tout moment.

Si les dirigeants des émeutes ou «manifestations» de Hong Kong sont convaincus de leur exactitude, affrontons-nous et discutons-en devant les microphones et les caméras.

J'adore votre ville. J'adore Hong Kong. J'aime la Chine. Et je crois fermement que la Chine et Hong Kong sont une belle entité inséparable.

Je suis prêt à faire de mon mieux pour prouver ce point.

L'auteur est romancier, cinéaste et journaliste d'investigation.

Lien de l'article en anglais:

https://www.chinadailyhk.com/articles/58/161/122/1578014479529.html

Publié le 24 août 2019 Par Andre Vltchek pour New Eastern Outlook le samedi 17 août 2019 

C'était comique, mais tout à coup ce n'est plus le cas. Dans le passé, la haine aveugle envers la Chine pouvait être attribuée à l'ignorance, ou du moins à l'endoctrinement de la propagande occidentale et des médias.

Mais maintenant? Le formidable bond en avant de la Chine, ses excellentes politiques sociales humaines et sa recherche scientifique déterminée, orientée vers le peuple, ainsi que sa progression vers une "civilisation écologique" sont bien documentés, à tel point que si quelqu'un veut vraiment savoir, il ou elle a beaucoup de possibilités pour apprendre la vérité.

Mais il semble que très peu veulent apprendre. Du moins très peu en Occident.

La Chine est perçue négativement dans presque tous les pays occidentaux et leurs satellites. Alors que des enquêtes menées dans des pays comme l'Afrique, où la Chine entretient des relations intenses avec la population, les aidant à briser les chaînes de dépendance de leurs maîtres néo-colonialistes d'Europe et d'Amérique du Nord, montrent clairement qu'elle est admirée et appréciée.

L'année dernière (2018), un sondage mené par le très influent Centre de recherche Pew («Cinq graphiques sur les perspectives mondiales de la Chine») a montré que la Chine était généralement perçue de manière positive dans les pays non occidentaux: 67% au Kenya, où la Chine est impliquée dans de nombreuses infrastructures et projets sociaux, 61% dans la nation africaine la plus peuplée, le Nigéria, 70% en Tunisie, 53% aux Philippines, alors même que l'Occident alimentait un conflit sur les îles de la mer de Chine méridionale et 65% en Russie, qui est maintenant l'allié le plus proche de la Chine.

Au Royaume-Uni, 49% des citoyens voient la Chine de manière positive, 48% en Australie, mais seulement 39% en Allemagne et 38% aux États-Unis.

Mais ce qui est vraiment choquant, c'est l'attitude de l'Occident à l'égard du leadership du président chinois - Xi Jinping - un penseur déterminé qui conduit la Chine vers un véritable socialisme avec des caractéristiques chinoises, qui a presque éliminé l'extrême pauvreté (d'ici 2020, il ne devrait plus rester aucune poche de misère, nulle part sur le territoire de la RPC), et qui fait passer la culture, une qualité de vie élevée, l'écologie et le bien-être général du peuple chinois au-dessus des indicateurs économiques.

La Pologne conservatrice et anticommuniste est en tête du peloton: seuls 9% des Polonais «ont confiance» dans la direction du président Xi, 11% des Grecs, 14% des Italiens et 15% des Espagnols. Cela en dit long sur l'Europe, puisque même au Canada, ce chiffre est de 42% et aux États-Unis, de 39%.

Est-ce vraiment juste de l'ignorance?

Lorsque je suis interrogé par divers médias chinois, on me pose souvent la même question: "Pourquoi sommes-nous constamment critiqués en Occident, alors que nous essayons de respecter les règles et de faire de notre mieux pour améliorer la planète?"

La réponse est évidente: "C'est précisément pour cette raison."


Il y a une vingtaine d'années, la Chine et son projet socialiste étaient encore au stade «inachevé». Il y avait de grandes différences dans les niveaux de vie, entre les zones urbaines à l'est et la campagne. Le transport était inadéquat. La pollution dans les villes industrielles était très très grave. Des dizaines de millions de personnes essayaient de migrer de la campagne vers les villes, à la recherche d'emplois et d'une vie meilleure, ce qui mettait à rude épreuve le système social du pays.

Ceux qui n'aimaient pas la Chine avaient alors beaucoup de «munitions» pour la critiquer. Le pays avançait, mais le rendre prospère, propre et en bonne santé semblait presque impossible.

Ce qui a suivi fut un miracle absolu, sans précédent dans l'histoire humaine. Avant la Seconde Guerre mondiale, seule l'Union soviétique avait enregistré une croissance et une amélioration du niveau de vie de sa population supérieures à celles de la Chine au cours des deux dernières décennies.

Tout en Chine a changé. Ses villes sont devenues propres, vertes, écologiques, avec de nombreux parcs publics, des appareils de musculation pour adultes et enfants. Les centres urbains regorgent maintenant de transports en commun de première classe (tous écologiques), de musées impressionnants, de salles de concert, d'excellentes universités et de centres médicaux. Des trains à très grande vitesse subventionnés relient toutes les grandes villes du pays. En Chine communiste, tout est prévu par le gouvernement et par le Parti communiste, et le secteur privé est là pour servir la nation, et non l'inverse. Ça marche. Cela fonctionne remarquablement bien. Les citoyens ont beaucoup plus à dire sur la manière dont leur pays est gouverné que ceux de l'Ouest.

Les villes sont propres, efficaces, conçues pour le peuple. Pas de mendiants et pas de taudis. Pas de misère. Les choses vont de mieux en mieux.

Les étrangers qui viennent en Chine pour la première fois sont sous le choc: la Chine semble beaucoup plus riche que les États-Unis ou le Royaume-Uni. Ses rues, ses aéroports, ses métros, ses trains à grande vitesse, ses théâtres, ses trottoirs, ses parcs font facilement honte à ceux de New York ou de Paris.

Mais elle n'est pas riche. Loin de là! Le PIB par habitant de la Chine reste relativement faible, mais c'est précisément ce qui rend le «socialisme aux caractéristiques chinoises» si impressionnant et supérieur au capitalisme occidental alimenté par l'impérialisme. La Chine n'a pas besoin d'avoir un revenu moyen de plus de 50,000 dollars par habitant pour prospérer, donner à sa population une vie de plus en plus belle, protéger l'environnement et promouvoir une culture de qualité.

Se pourrait-il que ce soit précisément la raison pour laquelle l'Occident tremble de peur?

L'Occident, où la croissance économique est primordiale, où les gens vivent dans une peur constante sans aucun espoir optimiste pour l'avenir. L'Occident, où des milliards de dollars et d'euros sont gaspillés chaque année, afin que les élites puissent vivre dans un luxe étrange et présider à une surproduction irrationnelle et inutile et à une accumulation d'armes, qui n'apportent aucun bien-être à la majorité.

La Chine et sa planification centrale offrent un système bien meilleur et logique, pour ses citoyens et pour le monde.

La majeure partie de sa science est orientée vers l'amélioration de la vie sur cette planète, pas pour des profits froids.

L'idée originale du président Xi, la BRI (Belt and Road Initiative, en français "Nouvelle route de la soie"), est conçue pour sortir de la pauvreté des milliards de personnes dans le monde et pour connecter le monde au lieu de le fragmenter.

Alors, pourquoi le président Xi est-il si mal aimé en Europe?

Se pourrait-il que ce soit précisément à cause du gigantesque succès de la Chine?

*****

Retour au point précédent: il y a 20 ans, la Chine avait d'énormes problèmes sociaux et environnementaux. Les Occidentaux qui n'appréciaient aucun parti communiste se pointaient et montraient du doigt: "Vous voyez, Shanghai et Shenzhen sont maintenant prospères, mais regardez les autres villes de la côte: voyez le contraste?"

Ensuite, les villes de la côte ont toutes commencé à s'améliorer, à aménager des parcs, des universités, des métros et de belles rues.

Les critiques de l'Occident ont continué: «Maintenant, quittez la côte, allez à l'ouest, et vous verrez à quel point la Chine est inégale!»

Finalement, l'ouest de la Chine s'est tellement amélioré qu'il n'y a pratiquement aucune différence entre la qualité de la vie dans les villes et sur les côtes.

«Tout est si cynique», poursuit le discours: «La différence entre les villes et les campagnes est telle que les paysans sont obligés d'abandonner leurs villages et de chercher du travail dans les grandes villes.»

Sous la direction du président Xi, l'ensemble de la campagne a bénéficié d'une refonte considérable. Les transports, les services médicaux, les établissements d'enseignement et les emplois disponibles se sont tellement améliorés qu'en 2018, pour la première fois de l'histoire moderne, les gens ont commencé à revenir des villes à la campagne.

Maintenant quoi? Et ensuite? Les "Droits de l'homme?" Plus grand chose à critiquer, si on regarde les yeux ouverts.


Mais plus la Chine s'améliorera, plus elle se souciera de sa population ainsi que de la population mondiale, plus elle sera attaquée.

Pas un «whoah!» de la part du régime occidental et de ses principaux médias. Pas un seul "La Chine est maintenant le leader mondial en matière d'écologie, de politiques sociales, de sciences et de pratiquement tout ce qui est public".

Pourquoi?

La réponse est évidente et malheureusement déprimante: c'est parce que l'Occident ne veut pas que la Chine et son président réussissent. Ou s'ils réussissent, il faut le taire. Les deux systèmes sont si différents que si le système chinois est correct, le système occidental est erroné.

Et l'Occident ne cherche pas un concept qui soit bon pour le monde. Il ne veut que son propre concept pour survivre et dominer la planète. Arrêt complet.

C'est pourquoi la Chine est si populaire dans les pays qui veulent sauver leur peuple de la misère et construire de nouvelles sociétés meilleures. C'est la raison pour laquelle la Chine est ternie et détestée, voire haïe, en Occident et dans une poignée d'autres pays où les Occidentaux et leurs descendants dirigent et contrôlent les médias (Argentine).

Terminons sur une note positive, malgré la propagande déterminée et vicieuse diffusée par les grands moyens de communication de masse occidentaux ou sous contrôle occidental, le nombre de personnes qui font confiance au président Xi est supérieur à celui du président américain Donald Trump, qui n'inspire que 27% de la population mondiale.

Lien de l'article en anglais:

http://axisoflogic.com/artman/publish/Article_85333.shtml

Andre Vltchek est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d'investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des dizaines de pays. Il est l'auteur de nombreux livres dont "Exposing Lies of the Empire" qui dénonce les mensonges des Etats-Unis. Vltchek réside actuellement en Asie de l'Est et au Moyen-Orient et continue de travailler dans le monde entier. Il peut être contacté via son site web et son Twitter.

Le journaliste-écrivain américain d'origine russe André Vltchek, qui voyage dans ces pays depuis des décennies, a pu constater cette invasion migratoire occidentale et aussi le fait que la majorité de ces migrants occidentaux arrivent avec un complexe de supériorité et ne respectent pas beaucoup les cultures locales.

Voici son article:

Arrêtez les millions d'immigrants occidentaux!

Par André Vltchek pour Counter Punch le 9 octobre 2015

Des dizaines de millions d'immigrants européens et nord-américains, légaux et illégaux, inondent les villes et les campagnes d'Asie, d'Amérique latine et même d'Afrique.

Ces migrants occidentaux chargent comme des taureaux et le sol tremble sous leurs pieds; ils fuient l'Europe et l'Amérique du Nord en hordes. Au fond, ils ne peuvent pas supporter leur propre style de vie, leurs propres sociétés, mais vous les entendrez difficilement le dire. Ils sont trop fiers et trop arrogants! Mais, après avoir constaté que d'innombrables régions du monde étaient adaptées à leurs besoins personnels, parce qu'elles étaient sûres, attrayantes et bon marché, ils ont tout simplement fait leurs bagages et s'y sont rendus!

On nous dit que quelques centaines de milliers d'exilés africains et asiatiques provoquent maintenant une grande "crise de réfugiés" dans toute l'Europe! Les gouvernements et les médias sont en train de répandre la panique, les frontières sont reconstituées et les forces armées interrompent la libre circulation des personnes. Mais le nombre d'étrangers entrant illégalement en Europe est incomparablement inférieur au nombre de migrants occidentaux qui inondent, souvent de manière illégale, pratiquement tous les coins du monde.

Aucun "paradis secret" ne peut plus être caché et aucun pays ne peut maintenir sa structure de prix raisonnable. Les immigrants potentiels d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Australie sont déterminés à s'enrichir par tous les moyens, aux dépens des populations locales. Ils sont constamment à la recherche de bonnes affaires: ils surveillent les prix partout, prêts à passer à l'acte, à condition que le lieu offre de bonnes affaires, des lois d'immigration laxistes et un cadre juridique faible.

Tout ce qui est pur et inexploité est en train d'être corrompu. À la vitesse de l'éclair, les immigrants occidentaux s'emparent de terrains et de biens immobiliers à prix raisonnables. Ensuite, ils imposent leur mode de vie à tous ces "territoires nouvellement conquis". En conséquence, des cultures entières s'effondrent ou changent au point qu'on ne puisse plus les reconnaître.

En général, les migrants occidentaux sont arrogants et têtus; ils ne ressentent aucune pitié pour les pays qu'ils inondent. Ce qui les entoure n'est qu'un fond coloré pour leur précieuse vie. Ils ne peuvent ni ne veulent "adopter" les coutumes locales, car ils sont habitués au fait que leur culture est la "culture phare" - la culture qui contrôle le monde.

Ils viennent, ils exigent, et ils prennent tout ce qu'ils peuvent - souvent par la force. Si rien n'est fait, ils prennent tout. Après, quand il ne reste presque plus rien à piller, ils passent simplement à autre chose. Après eux, "aucune herbe ne peut plus pousser"; tout est brûlé, ruiné et corrompu. Comme à Bali, Phuket, au sud du Sri Lanka, dans de grandes parties des Caraïbes, au Mexique et sur la côte est africaine, pour ne nommer que quelques endroits.

Qui représente la plus grande "menace": quelque 300,000 réfugiés "clandestins" qui fuient des pays déstabilisés ou complètement détruits par l'Occident, ou ces millions d'occidentaux qui fuient chaque année leur mode de vie déprimant et s'imposent égoïstement dans des parties du monde plus vulnérables économiquement?

Je crois que la réponse est évidente.


Les habitants des pays dévastés n'ont souvent pas d'autre choix: beaucoup se livrent à leurs bourreaux, contraints d'accepter des conditions totalement déraisonnables, l'humiliation et la marginalisation. Ils doivent travailler extrêmement dur. Ils doivent accepter des emplois que les Occidentaux refusent de faire parce qu'ils se considèrent "trop bons pour le faire" et ils sont censés, voire ordonnés, de "s'adapter" culturellement. Ils passent par des entretiens épouvantables et doivent presque tous se dégrader pour survivre et nourrir leurs enfants. Seule une minorité est autorisée à rester. Ceux qui restent contribuent grandement aux économies locales.

Bien sûr, cela fait partie du sale jeu: l'Occident a besoin d'étrangers; il ne peut pas survivre sans immigrants, sans cette main-d'œuvre bon marché. Mais il ne l'admettra jamais ouvertement. Avant de "les accepter", il doit d'abord les humilier et briser même ceux dont il a désespérément besoin. Il doit humilier davantage ceux qui viennent de nations qui ont déjà été dépouillées de tout, et même qui ont dû subir la guerre à cause de la politique étrangère impérialiste de l'Occident et par son terrorisme.

Les migrants occidentaux subissent un traitement totalement différent dans la plupart des pays qu'ils inondent.

Pour commencer, les immigrants occidentaux n'ont même pas besoin de visas pour entrer dans la plupart de ces pays. Il y a des décennies, l'Empire a ouvert par la force la quasi-totalité des "États en développement". Les Occidentaux sont traités de manière préférentielle et sont généralement promus comme "source de revenus" par les régimes locaux.

Ce sont principalement les multinationales occidentales qui se divisent le butin des pays d'Asie, d'Afrique et du Moyen-Orient, mais une partie du butin finit toujours dans les poches de ces citoyens européens et nord-américains ordinaires, principalement sous la forme de régimes de retraite ou d'autres avantages sociaux. Ensuite, chaque année, des dizaines de millions d'Occidentaux, disposants de fonds mal-acquis dans le "monde en développement", cherchent à faire fructifier leur argent dans les pays d'origine de leurs fonds!

Ce n'est un secret pour personne que les migrants occidentaux profitent de la pauvreté, des prix bas et de la corruption des systèmes juridiques. Leur arrivée fait augmenter les prix du logement et de la terre. Cela laisse littéralement des millions de locaux sans abri et augmente les prix de la nourriture et des services de base pour la population locale.

D'une certaine manière, les habitants de nombreux pays pauvres se font voler à deux reprises: par des sociétés occidentales, et encore une fois, par des migrants occidentaux.

Mais les pays endommagés n'envoient pas de navires de la garde côtière pour intercepter ces migrants occidentaux. Et il n'y a presque pas de déportations. Seuls ceux qui osent critiquer le système sont expulsés.

J'ai vu des îles entières dévorées vivantes par des immigrants occidentaux. Il ne reste pratiquement plus rien des zones côtières pour les habitants des îles indonésiennes de Lombok et de Bali. Tout est tombé aux mains des mafias scandinaves, des mafias d'Europe centrale, des mafias australiennes... Le vol a atteint des proportions inimaginables. Même lorsqu'il est illégal d'acheter des terres, les Européens et les Nord-Américains s'associent à des gangs locaux ou élaborent des programmes qui incluent des mariages avec des femmes locales. Les migrants occidentaux sont extrêmement prudents! Il y a toujours moyen de contourner les lois et de dépouiller les pauvres des pays les plus misérables de la planète.

La "prise de contrôle" italienne de la côte kenyane... la prostitution d'enfants là-bas...

Les îles paradisiaques de la Thaïlande ont toutes disparues. Il ne reste plus aucune culture, presque aucune maison appartenant à la population locale... presque aucune partie de la côte n'est laissée intacte. Il y a juste une infrastructure touristique banale et horrible, et des millions de migrants occidentaux cuisant au soleil toute l'année, le ventre bedonnant, vêtus de tongs, buvant de la bière, main dans la main avec leurs compagnes thaïlandaises à la culture déracinée. Qu'est-ce que ces gens ont apporté en Thaïlande? La liberté? La prospérité? Un haut niveau culturel? Parlons sérieusement et honnêtement, n'est-ce pas simplement une corruption morale et une ruine culturelle totale?


Il y a littéralement des millions - voire des dizaines de millions - de migrants occidentaux (principalement européens) vivant dans toute l'Asie du Sud-Est. Les chiffres exacts sont inconnus. Il n'y a pas d'études et de statistiques fiables. De nombreux immigrants occidentaux en Asie du Sud-Est sont en réalité "illégaux". Certains sont "semi-légaux", avec leurs "visas" permanents, leurs faux mariages et leurs investissements louches.

Le Cambodge est l'un des endroits qui attire les migrants les plus dépravés de l'Occident. Leurs virées sexuelles et leurs bonnes affaires de cul à "2 dollars" ont été décrites en détail dans plusieurs livres colorés.

J'ai rencontré de nombreux "expatriés" et "migrants" lorsque j'ai enquêté pour la première fois dans ce pays où j'ai aidé à fermer l'un des centres de prostitution enfantine les plus notoires de la planète appelé "kilomètre 11", situé juste à l'extérieur de la capitale, Phnom Penh. Des milliers de filles kidnappées, dont beaucoup de mineures, y étaient contraintes de servir une clientèle essentiellement européenne. Certains d'entre elles ont été kidnappés et violés en cours de route par des trafiquants venus de tout le Cambodge et du Vietnam voisin. Les filles vivaient en captivité, gardées par des gangsters vicieux. Et venus de toutes les parties du monde occidental, se la pétant en affichant leurs ventres remplis de bière, c'étaient de joyeux migrants européens d'âge moyen, qui venaient d'emménager ici qui, comme je l'ai souvent entendu de leurs bouches, péroraient en disant que "se taper une fille mineure, c'est beaucoup moins cher que de boire une pinte de leur bière de merde".

Un correspondant local de Reuters et moi-même avions réussi à interroger plusieurs filles âgées de 14 ans, dont certaines étaient clairement en train de mourir du sida. Plus tard, lorsque nous avons commencé à photographier la scène depuis notre voiture, une foule d'hommes a commencé à nous charger, des bouteilles de bière à la main, un short tombant par derrière, prêt à tuer. Un grand gain pour le pays du Cambodge, ces migrants européens!

J'ai lutté de toutes mes forces contre ces venimeux immigrés allemands de Colonia Dignidad, dans le sud du Chili. Là-bas, de nombreux fanatiques religieux chrétiens européens ont créé leur mini-État à l'intérieur de l'État chilien, en étroite collaboration avec la dictature de Pinochet, soutenue par les États-Unis. À un moment donné, Bormann y était présent, ainsi que d'autres hauts dirigeants nazis. Après s'être installés dans leur "nouvelle patrie", ces immigrants allemands ont commencé à y "travailler", violant des enfants, effectuant des expériences médicales sur des orphelins locaux et torturant sans pitié les opposants à la dictature fasciste. Bien sûr, ils n'ont pas immigré uniquement au Chili; des millions d'émigrés fascistes européens affluaient aux quatre coins de l'Amérique du Sud. Les plus importants d'entre eux ont été expédiés avec précaution par les services de renseignement américains et britanniques.

Alors que la propagande occidentale continue de parler d'immigrants clandestins en provenance du Mexique qui arrivent aux États-Unis, on parle très peu de ces dizaines de millions de personnes qui immigrent continuellement de l'Europe en Amérique latine et s'installent au Paraguay, au Brésil, en Argentine, au Chili, au Venezuela et ailleurs. Avant que la dernière vague de révolutions latino-américaines ne finisse par garantir l'égalité et le respect des peuples autochtones du continent, la plupart de ces migrants européens réussissaient à implanter une ségrégation raciale et sociale profonde. Dans certains pays comme le Pérou et la Bolivie, la situation ressemblait beaucoup à celle de l'apartheid sud-africain. Jusqu'à récemment, ces migrants européens poussaient la population indigène à l'extrême marge, volant leurs terres et sabotant leurs cultures. Cela a été fait dans toute l'Amérique latine et dans de nombreuses autres régions du monde.

Alors, "que va-t-on faire de ces millions d'immigrés occidentaux?"

Pouvons-nous vraiment nous permettre de les avoir dans nos pays? Pouvons-nous les accueillir? Pouvons-nous payer pour leurs besoins, leur agressivité, leur arrogance culturelle et leurs comportements sauvages et violents? Pouvons-nous leur permettre de tout prendre à ceux qui possèdent très peu?

Regardez à gauche et à droite: la planète entière est pleine d'immigrants occidentaux. Ils contrôlent les mines de diamants en Afrique du Sud ainsi que les "zones de conservation" au Kenya. Ils possèdent d'énormes étendues de terres en Asie et pratiquement toutes les terres et les industries commerciales rentables d'Amérique latine.

Et ils vont et viennent! Ils sont imparables. La plupart d'entre eux en ont marre de leur vie grise en Europe et en Amérique du Nord. Ils se pointent avec leurs complexes de supériorité, mais en réalité, ils feraient n'importe quoi pour échapper à la solitude, à la dépression et au vide qu'ils vivaient chez eux.

Afin de pouvoir rester "légalement" en Asie du Sud-Est, des millions d'immigrants masculins occidentaux épousent des servantes, des danseuses et même des travailleuses du sexe. Mais ensuite, ils les traitent avec méchanceté (beaucoup d'entre eux ne savent pas comment se comporter autrement à l'égard de personnes d'autres cultures). C'est le cas de dizaines de milliers d'anciens GI américains vivent dans les villages du nord de la Thaïlande, au Cambodge, au Laos et au Vietnam. Après avoir bombardé l'Asie du Sud-Est pour la ramener à l'âge de pierre, ils "n'ont pas pu supporter le traitement reçu après leur retour chez eux". Et ainsi ils ont immigré; ils sont retournés dans ces pays qu'ils avaient déjà détruits, empoisonné et violé de manière si profonde.


J'ai rencontré beaucoup d'entre eux, alors que j'écrivais sur cette partie du monde pendant de nombreuses années. Certains anciens immigrants ex-GI étaient maintenant totalement fauchés, essayant de m'emprunter de l'argent et inventant des histoires et des stratagèmes bizarres. Presque tous éprouvaient de la rancune envers la population locale, mais étaient incapables de retourner dans leur pays d'origine, car ils avaient perdu tous les contacts et les compétences qui pourraient leur permettre d'y vivre. Certains ont dépassé la durée de validité de leurs visas et devaient payer des amendes considérables aux autorités locales.

J'ai entendu d'innombrables histoires désespérées. Mais, contrairement aux histoires profondes et déchirantes racontées par les migrants des pays détruits par l'Occident, les histoires des immigrants occidentaux étaient principalement égoïstes, centrées sur le désir d'améliorer leur vie ou le désir d'échapper aux conditions déplaisantes qui régnaient dans leur pays d'origine. La plupart du temps, leur présence n'apportait rien de positif dans les pays où ils ont réussi à s'installer.

Dans son livre emblématique "Karma Cola", une écrivaine indienne, Gita Mehta, décrivait, il y a déjà un quart de siècle, les millions d'Occidentaux qui envahissaient le sous-continent à la recherche de "lumières", de styles de vie alternatifs et d'autres productions imaginaires occidentales sur des tendances culturelles et religieuses adaptées à leur mode de pensée. Beaucoup ont fini par devenir des migrants clandestins, pourrissant dans des ashrams et des communes étranges, certains vendant même leurs passeports pour survivre.

Le monde a été patient - je dirais même trop patient - avec ces immigrants occidentaux!

Cette patience devrait prendre fin, à cause de la brutalité, voire de la sauvagerie, manifestée récemment par l'Europe envers ces hommes, femmes et enfants désespérés qui tentaient de s'échapper de leur pays et ressemblaient à des "navires en perdition"; "Navires" torpillés par l'impérialisme occidental.

Le monde ne doit rien à l'Occident, bien au contraire! Par conséquent, les politiques en matière de visas et d'immigration devraient être réciproques, ce qui correspond exactement à l'approche de plusieurs pays d'Amérique latine.

En pratique, il y a beaucoup plus d'immigrés occidentaux légaux et illégaux vivant en Indonésie ou en Thaïlande que l'inverse. La même chose vaut pour des pays comme le Chili.

Après des siècles horribles au cours desquels le colonialisme et l'impérialisme occidentaux ont réussi à détruire des milliards de vies humaines aux quatre coins du monde, l'Europe ose toujours traiter ses victimes désespérées comme des êtres pires que des animaux. J'ai récemment été témoin de sa haine vis-à-vis de réfugiés arrivant en Grèce, en France, en Allemagne et en République tchèque.

Et après ce que j'ai vu, je me sens indigné et consterné.

Trop c'est trop!

Avec ses guerres, ses campagnes de déstabilisation, sa terreur économique et son pillage de la planète, l'Occident continue de démontrer à quel point sa culture est impitoyable et brutale. Les "crises de réfugiés" ne sont que le dernier chapitre de ce spectacle néo-colonialiste d'horreur interminable.

Alors que les navires européens continuent à intercepter des bateaux pitoyables regorgeant de naufragés qui luttent pour leur vie, tandis que les armées européennes rétablissent le contrôle des frontières, plusieurs pays d'Amérique latine gouvernés par des gouvernements progressistes, notamment l'Argentine et le Chili, ont fait preuve d'une grande supériorité morale, de solidarité et d'internationalisme, en invitant et en prenant soin de milliers de réfugiés syriens et palestiniens, et en plus, en les traitant avec dignité et gentillesse!

Dans un bar tard dans la nuit d'un hôtel de Sao Paulo au Brésil, j'ai entendu une conversation entre un homme d'affaires suisse en visite et son homologue chilien:

"Vous savez, ces immigrants que nous appelons "sans papier", a déploré le Suisse. "C'est trop, trop! Nous devrions simplement les jeter directement à la mer; nous devrions les noyer! Nous n'avons pas besoin d'une telle merde en Europe. "

Quelques jours plus tôt, mon ami, un responsable du gouvernement équatorien basé à Quito, m'a raconté une histoire:

"Dernièrement, de nombreux Européens continuent à venir en Équateur et dans d'autres pays d'Amérique latine, à la recherche d'un emploi, en essayant de migrer. Leurs économies s'effondrent, mais il ne font pas preuve d'humilité quand ils viennent ici, seulement d'arrogance. Un jour, un espagnol est venu me chercher un emploi. Je lui ai demandé son CV. Il m'a regardé avec une indignation totale: "Mais je suis Espagnol! a-t-il crié. "Et alors?" ai-je répondu. "Ces jours sont finis, camarade, ces jours où il ne suffisait que d'être un Européen de race blanche pour trouver un emploi n'importe où en Amérique latine!"


Le monde non occidental ne peut tout simplement pas se permettre de tolérer un afflux annuel de millions d'immigrants occidentaux! Tout d'abord, il a été agressé par l'Occident, puis dépouillé et à la fin, il devrait tolérer d'énormes hordes d'immigrés égoïstes et égocentriques, qui essaient de profiter du peu qu'il reste après le pillage des sociétés et gouvernements occidentaux.

Des régimes de visas réciproques devraient être mis en place. Les cadres juridiques doivent être renforcés pour prévenir la corruption et la spéculation sur les terres et l'immobilier. Les éventuels immigrants occidentaux devraient être obligés de prouver que leur présence profiterait au pays où ils veulent s'établir, que leurs compétences sont réellement nécessaires, de la même manière que tous les immigrants africains et asiatiques sont obligés de prouver cela lorsqu'ils souhaitent s'établir en Europe, en Amérique du Nord ou en Australie.

Et encore une fois: n'oublions pas qu'il y a beaucoup plus d'immigrés occidentaux qui tentent de s'établir à l'étranger que de ressortissants de pays pauvres qui demandent la résidence en Occident.

Crises d'immigration? Oui bien sûr! Mais pas vraiment une "crise" pour l'Occident!

Ceux qui ne s'en rendent pas compte devraient vérifier les chiffres!

Certes, beaucoup d'entre nous comprennent à quel point de nombreux Occidentaux sont déprimés; comment leur vie en Europe et en Amérique du Nord est désagréable, grise et déroutante. Nous comprenons vraiment à quel point ils souhaitent immigrer dans une partie du monde plus chaleureuse (en termes de climat et de relations humaines). Et s'ils admettaient humblement ce qu'ils ressentaient, au lieu de faire preuve d'arrogance et de supériorité... s'ils faisaient preuve d'ouverture... si les mêmes règles s'appliquaient à tout le monde... si elles étaient les mêmes pour ceux qui souhaitent immigrer en Europe, aux États-Unis, en Asie, en Afrique ou en Amérique latine... alors je suis sûr qu'au moins certaines personnes seraient disposées à manifester leur sympathie et envisageraient d'accepter au moins certains des migrants les plus désespérés d'Occident.

Mais il ne peut y avoir de sympathie s'il n'y a pas de justice. Alors que les Occidentaux immigrent librement où ils le souhaitent, l'Europe déploie désormais ses forces militaires dans le but d'intimider, d'humilier et de mettre un terme à l'immigration des victimes agressées et torturées de l'empire!

André Vltchek est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d'investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des dizaines de pays. Vltchek réside actuellement en Asie de l'Est et au Moyen-Orient et continue de travailler dans le monde entier. Vous pouvez le contacter via son site Web et son Twitter.

Lien de l'article en VO:

https://www.counterpunch.org/2015/10/09/stop-millions-of-western-immigrants/

Publié le 30 janvier 2018

 Par Andre Vltchek pour New Eastern Outlook

J'ai déjà beaucoup écrit sur le Cambodge, mais à chaque fois que je retourne dans ce pays ancien et meurtri, je suis tellement outré par le cynisme auquel je dois faire face là-bas, à chaque coin de rue, que je dois recommencer à écrire sur ces questions essentielles que je couvre déjà depuis des décennies.
Une question me revient toujours à l'esprit:

"Comment une nation qui a tant souffert, perdant des centaines de milliers, peut-être des millions de ses fils et filles (le chiffre officiel est de 1,7 million), peut-elle accepter un récit totalement tordu fabriqué à Washington, Londres, Paris et autres capitales occidentales? Et pas seulement "accepter" - le Cambodge profite en fait grandement d'avoir aidé à répandre la propagande anti-communiste au vitriol au nom de ses manipulateurs létaux.

Dans toutes les librairies du pays, le récit officiel de la propagande occidentale (du style "les Khmers rouges les ont tous tués") est diffusé et en vente: des biographies de Pol Pot, des récits horribles des soi-disant "Killing Fields", des chambres de torture de l'ancien lycée "S-21" à Phnom Penh, ainsi que d'innombrables témoignages détaillés des victimes.

 

J'ai demandé à la propriétaire d'une librairie à Siem Reap:

"Qu'en est-il des quelques livres sur les atrocités commises par l'Occident? En avez-vous quelques-uns sur les bombardements de la campagne cambodgienne par les États-Unis, qui ont tué à eux seuls plusieurs centaines de milliers de personnes?

"Moi, pas avoir," répondit-elle, d'un air de défi.

"Avez-vous des livres sur la façon dont des millions de Cambodgiens ont été déplacés par les bombardements massifs des États-Unis et de leurs alliés; comment ils ont été forcés de fuir à cause des bombes et des explosifs de toute sorte? Rien sur ces gens qui sont morts de faim?

"Pas avoir," fut la réponse.

"Pourquoi pas?" Demandai-je poliment.

"Je ne sais pas", a-t-elle répondu, clairement ennuyée.;

Dehors, mon chauffeur local était prêt à offrir ses services, m'emmenant à la recherche des champs de mines. Il pensait que j'étais européen. "Mines chinoises, mines russes..." Il prit une longue respiration, fit une pause dramatique, et expira: "Khmer Rouge pas bon." Au lieu de me lancer dans un débat historique, j'ai simplement demandé: "Cette ville - Siem Reap - compte 230,000 habitants. Est-ce qu'elle produit quelque chose?"

Le conducteur a hésité pendant un moment:

"Pourquoi devrions-nous produire quelque chose? Il est moins cher d'importer des marchandises en provenance de Thaïlande, de Chine et du Vietnam. Sinon, il y a de l'agriculture en dehors de la ville ... "
Il avait raison. J'ai vérifié plusieurs sources. Même Wikipedia décrit la situation en termes non équivoques:
"Économie: Le tourisme est un aspect très important de l'économie de Siem Reap - on estimait en 2010 que plus de 50% des emplois dans la ville étaient liés à l'industrie du tourisme ... Un grand nombre d'ONG et d'autres organisations à but non lucratif sont installées autour de Siem Reap, et elles jouent un rôle vital dans l'économie, tout en aidant à le développer pour l'avenir. Des milliers d'expatriés ont faits de cette ville leur foyer et ils ont aussi un impact significatif sur l'économie..."


 

Siem Reap dépend entièrement des Occidentaux; des millions de touristes qui visitent Angkor à proximité, mais aussi des "experts" qui viennent ici pour dire aux habitants comment gérer leurs communautés, comment penser et comment percevoir leur propre présent et passé. Le pays entier dépend des dons, et ceci sans vergogne. La plupart de ses enseignants, journalistes et artistes produisent ce qu'on leur dit de produire, disent ce qu'ils sont censés dire. La majorité d'entre eux ont déjà perdu la capacité de se faire leur propre opinion.

Ce que je n'ai pas dit à mon chauffeur, c'est que j'avais déjà parcouru presque tout le pays, pendant plus de 20 ans, en visitant tous ses coins, en parlant aux victimes, aux anciens soldats khmers rouges, et même aux gardes personnels de Pol Pot. J'ai parcouru les champs de mines près du Vietnam, ainsi qu'à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, au temple de Preah Vihear, perché sur la montagne et encore disputé aujourd'hui. Au Cambodge, comme au Rwanda, je voulais comprendre comment est né le récit occidental, comment il a été fabriqué, comment il s'alimente et enfin comment il domine, en réussissant à s'imposer dans le cerveau des gens du monde entier.

Alors qu'en 2014, je visitais un bastion de l'ancien commandant Ta Mok (ex-bras droit de Pol Pot, qui a plus tard divisé le mouvement Khmer Rouge) au fond d'une jungle, un de mes amis - un grand avocat international, Christopher Black - a contribué à mon rapport, confirmant essentiellement ce que de nombreuses victimes au Cambodge m'avaient déjà dit:

"Les procès pour crimes de guerre soutenus par les Nations Unies contre des dirigeants khmers rouges sont des procès qui visent à diaboliser une fois de plus les communistes et à les prendre comme bouc-émissaires pour les millions de Cambodgiens tués par les bombardements américains au Cambodge. Ce dont le monde a besoin, ce sont les procès pour crimes de guerre des dirigeants et des officiers supérieurs américains pour les bombardements massifs du Vietnam, du Laos et du Cambodge (Nous avions le Tribunal de Bertrand Russell pour les crimes de guerre dans les années 70, mais il ne pouvait pas faire appliquer ses jugements)."

San Reoung, un ancien agent de sécurité personnel de M. Ta Mok, a confirmé que toute cette propagande sur les "massacres communistes" commis par les Khmers rouges était un non-sens absolu:

"Cela n'avait vraiment rien à voir avec l'idéologie... Nous n'en savions pas grand-chose. Personnellement, j'étais très en colère contre les Américains. Je suis devenu soldat à l'âge de 17 ans. Et mes amis étaient furieux eux aussi. Ils ont rejoint les Khmers rouges pour combattre les Américains, et en particulier la corruption de leur dictateur fantoche de Phnom Penh, Lon Nol."

Ces tueries ont-elles eu lieu? Des gens sont-ils morts pendant le règne des Khmers rouges? Bien sûr que oui! Mais les proportions étaient totalement différentes: beaucoup d'autres sont morts à cause des bombardements et de la famine qui ont suivi le déplacement des paysans. Dans la zone des champs de la mort (killing fields), environ 20,000 restes de cadavres humains ont été trouvés. C'est beaucoup; c'est vraiment terrible. Mais on nous a affirmé que 1,7 million de Cambodgiens sont morts. Les chiffres ne correspondent pas en quelque sorte.

Les B-52 étaient clairement incomparablement plus meurtriers que les crosses de fusils des Khmers rouges. Après presque un quart de siècle, je suis convaincu que depuis que j'ai commencé à écrire sur le Cambodge, le public mondial est complètement et irréversiblement endoctriné par des clichés et des demi-vérités provenant des médias occidentaux et des universités. Il est temps de revenir sur quelques faits et témoignages que j'ai recueillis dans le passé. Certains d'entre eux sont déjà inclus dans mon livre "Exposing Lies of the Empire".


Après l'une de mes visites à la fameuse prison/musée "S-21", j'ai écrit:

"Après que le Vietnam ait chassé les Khmers rouges de Phnom Penh à la fin de 1978, ce centre de torture a été transformé en "musée du génocide" par les Vietnamiens et les Allemands de l'Est qui utilisaient leur expérience acquise lors de la création du musée d'Auschwitz en Pologne. Ils ont gardé intactes les cellules d'interrogation (à l'origine des salles de classe), avec des sols ensanglantés, des chaînes ainsi que des machines primitives pour les chocs électriques. Des milliers de photographies en noir et blanc des détenus regardent étrangement les visiteurs, leurs yeux exprimant l'horreur et la résignation.

Certaines des images les plus terrifiantes sont celles de Vann Nath, peintre et ancien prisonnier de S-21, l'un des très rares détenus à avoir réussi à survivre grâce à son talent et sa capacité à dessiner des portraits élogieux de Pol Pot et des fonctionnaires en charge du centre d'interrogatoire. Après l'invasion vietnamienne, Vann Nath a peint des tableaux de ses souvenirs les plus terrifiants; une mosaïque dépeignant la barbarie et la brutalité insensée des interrogateurs - une mère dont le bébé est assassiné sous ses yeux, un homme dont les ongles sont extraits par des pinces, une femme qui se fait couper le mamelon.

Mais même Van Nath, lors d'une conversation que nous avons eue il y a près de dix ans, affirmait que les Khmers rouges avaient tué environ 200 000 personnes durant leur règne, un chiffre qu'il utilise également dans son livre "Un portrait cambodgien de la prison S-21 "(édité par "White Lotus Press"). Et parmi les survivants khmers, il y a un consensus comme quoi la majorité des gens sont morts non pas à cause de l'idéologie communiste ni à cause d'ordres directs de Phnom Penh d'exterminer des millions de personnes, mais à cause de la vengeance personnelle d'officiers et de cadres locaux contre les citadins déportés et les "élites" à qui ils reprochaient à la fois le bombardement sauvage américain du passé et le soutien à la dictature pro-occidentale corrompue et sauvage de Lon Nol."

Cela fait plus de 20 ans que je me suis assis avec M. Vann Nath et que nous avons eu une série de discussions longues et franches. J'ai parlé à beaucoup de gens au Cambodge, des paysans les plus pauvres à l'épouse du premier ministre Hun Sen, à l'intérieur du Palais Royal de Phnom Penh.


Les témoignages qui m'ont convaincu que le récit officiel était totalement erroné ne provenaient pas exclusivement du peuple cambodgien, tant des victimes que des auteurs. À un moment donné, j'ai réalisé que ce récit officiel avait été conçu seulement pour le grand public: même les idéologues occidentaux eux-mêmes n'y croient pas. En 2006, par exemple, j'ai passé toute une soirée à discuter de la question avec un haut fonctionnaire de l'UE, lors de sa longue visite de travail à Phnom Penh. Il ne voulait pas être identifié (si son nom devait apparaître sous de telles déclarations, affirmait-il, cela signifierait la fin de sa carrière), mais il m'a demandé d'utiliser son témoignage anonymement:

"Les Khmers rouges tuant plus d'un million de Cambodgiens? Impossible! Ils n'avaient pas la capacité de tuer autant de gens. Bien sûr, entre un et deux millions de personnes sont mortes entre 1969 et 1978, mais ce nombre comprend les 500,000 ou plus qui ont été massacrés par les bombardements américains avant que les Khmers rouges ne prennent le pouvoir... Ensuite, la plupart des gens sont morts de faim et de maladies. De plus, ces terribles massacres n'ont pas eu lieu à cause de l'idéologie communiste des Khmers rouges. Cela n'a jamais atteint ce niveau.

Les bombardements massifs américains et la dictature brutale de Lon Nol, entièrement sponsorisés par l'Occident, ont opposé les populations locales. Les meurtres ont été accomplis par vengeance et non pas sur des bases idéologiques. Les paysans sont devenus fous à cause des bombardements massifs des B-52. Beaucoup ont été torturés, massacrés et ont disparu pendant le règne de Lon Nol. Les gens du pays détestaient les citadins, les blâmant pour tous les malheurs et les horreurs qu'ils devaient endurer, ainsi que pour leur collaboration avec les étrangers. Et la plupart des soldats et des cadres khmers rouges étaient originaires de la campagne."


Après que le Vietnam ait libéré le Cambodge des Khmers rouges, l'Occident, en particulier les États-Unis, ont continué à soutenir Pol Pot et sa clique, exigeant aux Nations Unies le "retour immédiat du gouvernement légitime". L'Occident était prêt à faire n'importe quoi pour empêcher le Vietnam communiste et pro-soviétique de devenir une véritable puissance régionale.

Les États-Unis ont soutenu sans scrupules un gouvernement impitoyable, corrompu et fasciste à Phnom Penh; ils ont assassiné des centaines de milliers de paysans cambodgiens avec leurs bombardements massifs et brutaux, et ont même soutenu l'armée khmère rouge alors qu'elle était en pleine déroute... Ils auraient fait beaucoup plus si cela avait été nécessaire; ils auraient fait n'importe quoi pour empêcher la vraie gauche asiatique de prendre le pouvoir! "Si nécessaire", ils auraient organisé le massacre de millions d'autres gens, comme ils l'avaient déjà fait en Indonésie, après le coup d'Etat de 1965.

À la suite de cette politique, au moins 1,5 million de Cambodgiens sont morts. Non pas à cause d'un "génocide communiste" imaginaire, mais à cause de la politique de terreur que l'Occident avait mise en œuvre partout - une politique visant à empêcher les mouvements communistes de gagner des élections et des révolutions; une politique qui a déjà tué des dizaines de millions de personnes dans le monde entier, particulièrement en Asie et en Amérique latine. Maintenant, le travail principal (et très bien rémunéré) des intellectuels cambodgiens, ainsi que des éditeurs de livres, des libraires, des enseignants, des journalistes et des guides touristiques, est de confirmer le récit officiel occidental sur le passé de leur pays.

Promouvoir l'interprétation du "génocide des Khmers rouges" par Washington est un business formidable, et exposer le vrai génocide commis par les États-Unis et leurs alliés ici et partout en Asie du Sud-est et du Nord est absolument inutile car cela pourrait facilement ruiner des vies et des carrières, rendre une personne inemployable, ou pire. Le tourisme de masse amène des millions d'individus déjà instruits et endoctrinés, prêts à raconter des histoires captivantes et faire des selfies de génocide. Au Cambodge, ils rencontrent des milliers de "guides" volontaires qui fournissent, si on les paye, d'autres détails morbides et des histoires pré-approuvées.

Comme ça, rien ne changera jamais.

La vérité peut être trouvée loin des monuments et des musées; elle se cache dans la jungle, dans d'humbles villages situés dans tout le pays, notamment près de la frontière avec le Vietnam. Là, les gens savent, ils se souviennent et sont prêts à parler. Mais il semble que personne, à l'heure actuelle, ne veuille les écouter.

***

Andre Vltchek est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d'investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des dizaines de pays. Il est l'auteur de nombreux livres dont "Exposing Lies of the Empire" qui dénonce les mensonges des Etats-Unis. Vltchek réside actuellement en Asie de l'Est et au Moyen-Orient et continue de travailler dans le monde entier. Il peut être contacté via son site web et son Twitter.

La version originale en anglais de cet article a été publiée par 3 sites web. Voici les liens:

https://www.globalresearch.ca/cambodias-twisted-history-promoting-washingtons-interpretation-of-the

khmer-rouge-genocide/5621644

http://21stcenturywire.com/2017/12/08/cambodia-1-5-million-died-result-western-orchestrated-aggression-media-deception/

 https://journal-neo.org/2017/12/04/cambodia-keeps-perverting-its-own-history-for-cash/

Interview d'André Vltchek par Binu Mathew, rédacteur en chef de Countercurrents.org le 4 décembre 2018

BM: Vous êtes l'un des plus grands critiques de l'impérialisme. Pouvez-vous nous dire comment êtes-vous devenu ce que vous êtes? Pouvez-vous nous parler de vos années de formation?

AV: Mes années de formation... Elles ont été nombreuses. En fait, j'ai le sentiment de continuer à évoluer, jusqu'à aujourd'hui. C'est ce que nous faisons tous, en tout cas je le crois et je l'espère. Je suis né en URSS, dans la magnifique ville de Leningrad, construite par Pierre le Grand, un fou, et par quelques architectes italiens et français non moins fous, sur les rives du vaste et puissant fleuve la Neva, tout près des marais infestés de moustiques. Je n'y ai pas vécu longtemps, juste trois ans environ, mais la ville est toujours restée en moi. Ma mère est moitié russe, moitié chinoise, tandis que mon père est un scientifique tchèque.

À l'âge de trois ans, on m'a emmené dans une ville industrielle et ennuyeuse, Pilsen (Plzen), dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie, une ville également connue pour sa bière et sa proximité avec la Bavière. Mon père appartient à cette ancienne génération de scientifiques qui croyaient pouvoir changer et améliorer le monde. Il aimait la musique classique, la philosophie, la littérature et le bon vin. Pour lui, tout cela était indissociable des concepts scientifiques, du rêve et de l'imagination. Il m'a expliqué la théorie de la relativité d'Einstein à l'âge de 8 ans et m'a appris à jouer aux échecs ainsi qu'à penser de manière logique.

Ma mère n'était qu'un bébé lorsque la seconde guerre mondiale a éclaté. La moitié de ma famille est morte pendant le siège de Leningrad, affamée et bombardée par les nazis allemands. En fait, elle a failli mourir de faim. Ma grand-mère a combattu les Allemands et a été décorée pour son courage. Elle a aidé à défendre puis à reconstruire sa ville bien-aimée. Son mari, mon grand-père, était un communiste, un ministre soviétique. C'était un Chinois du Kazakhstan. Il a occupé des postes ministériels, dans le domaine de la santé et de l'approvisionnement. Il fut dénoncé comme espion japonais avant la guerre (à l'époque où les réseaux d'espionnage allemand avaient réussi à infiltrer le système de communication du Renseignement soviétique et avaient transmis de fausses informations au gouvernement soviétique, ce qui l'a considérablement affaibli avant la guerre).

Mon grand-père a été exécuté. Puis "réhabilité" à titre posthume, quand la vérité a enfin émergé. Il avait été l'amour de la vie de ma grand-mère, elle ne s'est jamais remariée.
Pourquoi est-ce que je te dis ça, Binu? Parce que mes années de formation ont commencé quand j'avais trois ans. Ma famille me coupait en deux. Ma grand-mère et ma mère m'ont éduqué comme un garçon soviétique, me familiarisant avec la grande littérature russe, la musique, la poésie. Chaque année, on m'envoyait passer deux ou trois mois à Leningrad, chez ma grand-mère, et elle me gâtait énormément, me traînant à l'opéra, à des concerts, dans des musées.

J'aimais la Russie qui me manquait beaucoup, alors que je vivais la majeure partie de l'année dans une Tchécoslovaquie froide et pragmatique. Ces deux femmes – ma mère et ma grand-mère – n'ont jamais essayé de me cacher toutes les horreurs auxquelles elles avaient survécu pendant la guerre. J'ai su ce qu'elles ont dû vivre pendant le siège de la ville. Ma mère me lisait souvent de la poésie russe et elle pleurait. Son pays et sa ville lui manquaient énormément. Elle était terrifiée par la guerre, même plusieurs années après sa fin. Leningrad me manquait aussi. Elle me manque encore.


Puis vint 1968. J'avais à peine 5 ans. Depuis lors, je n'ai pas eu d'enfance. A partir de la première année d'école primaire, ma vie a été une grande bataille pour la survie. Entre chaque cours, des garçons venaient me battre violemment, simplement parce que j'avais une mère russe. D'abord, j'ai souffert en silence. Puis j'ai commencé à répondre. Vous savez à quel point les Européens sont racistes. J'ai été constamment attaquée, pas seulement parce que ma mère était "russe"; c'était surtout parce qu'elle avait des traits asiatiques. Je me souviens encore de cette conversation: "Regarde tes oreilles dégoûtantes asiatiques, espèce de merde". Quand je jouais au badminton dans un gymnase, les enfants pissaient dans mes chaussures en hiver et l'urine gelait.

Mes parents ont divorcé. Leur mariage s'est brisé. C'est aussi parce que leurs idées politiques étaient différentes. Mon père a quitté le Parti communiste de Tchécoslovaquie. Depuis l'âge de cinq ans, j'avais droit à deux interprétations complètement différentes des événements politiques, de la part de plusieurs membres de ma famille, des intellectuels brillants. A moi de décider ce qui était vrai ou faux. Ils ont détruit mon enfance, mais ils ont fait de moi un écrivain solide, très jeune. Je ne leur ai jamais pardonné, et dans le même temps, je leur en suis très reconnaissant. Mais surtout à ma grand-mère, qui est décédée il y a une vingtaine d'années. Elle me manque et je l'admire de plus en plus.

BM: Vous êtes devenu citoyen américain à l'adolescence. Pouvez-vous nous dire pour quelle raison?

AV: Pour être précis, je suis devenu citoyen américain quand j'avais 20 ans. Mais j'ai quitté la Tchécoslovaquie très jeune, avec un passeport soviétique. C'est une longue histoire, et je la raconte souvent, sous forme abrégée, mais laissez-moi essayer, ici, d'expliquer plus en détail. À la fin de mon adolescence, j'ai finalement "craqué". Dans un sens, c'était 'trop': mes antécédents familiaux, mon enfance gâchée, toute cette saloperie, ainsi que ce manque de sincérité qui m'entouraient.

Les Tchèques étaient déterminés à haïr les Russes/Soviétiques, mais dans le même temps, ils collaboraient sans vergogne avec le système. Ils ont toujours fait de même : avec l'empire austro-hongrois, avec les nazis et maintenant avec l'Occident. Ils en ont chié tout au long de leur histoire moderne, mais ils restaient au service de ceux qui avaient le pouvoir. Et ils vivaient extrêmement bien. Sous le "communisme", ils avaient des appartements confortables, des maisons d'été, des voitures. A l'époque où j'ai grandi, rien n'était "sacré". Les gens faisaient des blagues très vulgaires à propos de tout, aucune femme n'était respectée, les beuveries n'en finissaient pas. Je suppose que, en tant que jeune écrivain, je rêvais d'un minimum de pureté.

J'ai aussi touché à la bouteille. Je fumais deux paquets par jour. Étant dans une école secondaire d'élite, ma ''différence est soudain devenue un atout. Je pouvais avoir presque n'importe quelle fille que je désirais. Mais tout cela allait, d'une manière ou d'une autre, dans une mauvaise direction. J'ai commencé à écouter les médias de propagande occidentaux. À Pilsen, ils étaient partout : à la radio, sur les émissions de télévision en provenance d'Allemagne de l'Ouest et il y avait les samizdat (littérature "interdite", principalement de la propagande occidentale, photocopiée en général dans les bureaux du gouvernement, après les heures normales).

J'ai commencé à écouter Voice of America, Radio Free Europe, la BBC en anglais, russe et tchèque. Cela m'a lavé le cerveau, et j'ai fini par croire au récit officiel occidental concernant les "événements de 1968" et accepter la thèse selon laquelle l'implication de l'Union soviétique en Afghanistan était un "crime". Le divorce de mes parents a signifié que j'étais libre, dès mon plus jeune âge, de faire ce que je désirais. J'ai voyagé en train dans toute l'Europe de l'Est, des Balkans à la Pologne, seul.


Je pense que j'ai commencé dès l'âge de 15 ans. J'ai eu une petite amie en Pologne, une étudiante qui était membre de "Solidarité". Nous avons fait deux voyages à Gdansk, lors de manifestations. J'ai commencé à me prendre pour un grand dissident, écrivant de la poésie érotique ou révolutionnaire, correspondant avec la BBC. Je me fichais pas mal des diplômes. Lorsque j'avais besoin d'argent, je faisais quelques traductions car je parlais couramment plusieurs langues.

En regardant en arrière, je me dis que j'étais trop jeune pour tout cela et bien sûr, je l'étais. Mais, comme je l'ai déjà dit, je n'ai pas eu d'enfance ni de sentiment d'appartenance à une patrie. Ma vie n'était pas structurée. Je n'ai pas essayé d'être différent, j'étais différent, surtout à cause des circonstances. À cette époque, je me croyais communiste mais "réformiste". En fait, j'étais de plus en plus influencé par la propagande occidentale et je perdais mes repères. Pour faire vite, j'ai envoyé mon premier recueil de poésie en Occident, et à un moment on m'a ordonné de quitter le pays. Après tout, j'avais la citoyenneté soviétique et les autorités tchécoslovaques me considéraient comme un gêneur - elles ne savaient pas quoi faire de moi.

Après avoir fait de l'auto-stop dans des conditions difficiles à travers la moitié de l'Europe, j'ai passé quelque temps en Italie, puis, très vite, j'ai obtenu l'asile politique et je me suis installé à New York. J'ai étudié le cinéma. J'ai travaillé simultanément en tant qu'interprète. Ma première femme était une pianiste de concert extrêmement talentueuse originaire de Houston. Dès le début, j'ai réalisé que j'avais été endoctriné et que la réalité de l'Occident était totalement différente de ce qu'en disaient ses médias de propagande.

J'étais entouré d'élèves de l'école de cinéma de l'Université de Colombie, quand eut lieu la première attaque contre la Libye (1986). On m'a rapidement expliqué ce qui se passait. En venant du campus est de l'université de Columbia, je pouvais voir, la nuit, des incendies qui brûlaient partout à Harlem. C'était avant que Harlem ne devienne un quartier de classe moyenne - avant que les pauvres ne soient obligés d'en partir. C'était le vrai Harlem. J'y allais tout le temps, dans un vieux club de jazz appelé Baby Grand, pour boire un verre avec la population locale et apprendre à connaître sa vie.

BM: Qu'est-ce qui vous a poussé à sortir de l'antre du diable, les États-Unis et à prendre parti pour le peuple? Pourquoi avez-vous choisi cette voie difficile?

AV: Pendant ces années, j'ai vu la vraie Amérique. J'ai beaucoup voyagé, mais j'ai surtout eu la possibilité de voir en quoi consistait ce «merveilleux» capitalisme. Ma première femme venait d'une famille très riche. Ils étaient dans le commerce du pétrole. Si je l'avais choisi, j'aurais pu avoir tout ce que je voulais. Je ne l'ai pas fait. Mais j'ai clairement vu comment ce monde fonctionnait. Vous savez, quelques années plus tôt, leurs voisins avaient eu Lady D comme fille au pair. Ce genre-là...

Je n'étais pas encore prêt à faire des films. J'ai écrit mon premier roman, en tchèque, et j'ai aussi commencé à «gagner de l'argent» en tant qu'interprète. Et c'est là que j'ai «tout vu». Vous savez, ce sont les années au cours desquelles l'Union soviétique s'est effondrée et l'Occident a essayé de tout piller. J'étais présent aux négociations, lorsque des centres téléphoniques des grandes villes soviétiques étaient «privatisés» ou lorsque des navires soviétiques d'une valeur inestimable, consacrés à la recherche scientifique, étaient vendus pour des clopinettes à des entreprises multinationales du secteur alimentaire, afin qu'ils puissent aider à la pêche au homard en eau profonde quelque part au large du Chili et du Pérou.

J'étais interprète, et j'ai donc assisté à des réunions à huis clos. Je n'aurais jamais imaginé qu'un tel cynisme et une telle dégénérescence morale puissent exister. C'était le capitalisme à l'état pur. Les anciennes républiques soviétiques, mais aussi l'ancienne Tchécoslovaquie, étaient en train d'être dépouillées. Et j'ai vu ce que personne n'était censé voir. Ils payaient bien pour l'interprétariat de haut niveau. À cette époque, le tarif en vigueur se situait entre 500 et 1 000 dollars par jour, plus les frais. Mais bien que je ne sois qu'un interprète, je me sentais sale, dégoûté de moi-même et du monde.

J'étais déprimé, suicidaire. Je ne voyais aucun sens à continuer ce genre d'existence. Je voulais m'enfuir. J'avais besoin de m'enfuir. À la fin, je me suis vraiment enfui. Je me suis séparé de ma femme. J'ai tout laissé tomber. Et je suis parti avec presque rien (il n'y a aucun moyen de mettre de l'argent de côté à New York, quel que soit votre revenu) au Pérou. Le Pérou, à cette époque, pendant ce qu'on a appelé la «sale guerre», était décrit par beaucoup comme «le lieu le plus triste de la Terre».

C'était un lieu totalement ruiné, désespéré, dangereux et extrêmement difficile à vivre. J'ai brûlé tous les ponts derrière moi. J'avais besoin d'un nouveau départ. J'ai toujours affirmé que j'étais malgré tout un communiste. C'était le moment de le prouver. C'était le moment de prouver que j'avais encore de la colonne vertébrale, des couilles et le cœur là où il fallait - à gauche.

BM: Comment avez-vous vécu la situation après avoir rejeté les États-Unis et sa politique? Comment avez-vous survécu? Ce doit être un rude combat !

AV: Au début, ça a été difficile, très difficile. Mais j'ai toujours été certain que je pouvais écrire et faire des films, et que je pouvais le faire correctement. Mais vous voyez, mes décisions avaient été prises sur «des bases morales». Je n'ai pas rejeté le système occidental et son impérialisme, parce que je n'arrivais pas à m'en sortir dans ce système. Au contraire: j'y ai réussi, j'y ai même trop bien réussi. J'avais tout ce dont la plupart des immigrants ne font que rêver, et même plus. Mais justement, cette vie que d'autres désirent tant m'a donné la nausée, m'a même dégoûté de vivre.

Je ne rejetais pas seulement les Etats-Unis, je rejetais tout l'Occident, principalement l'Europe. Je vois et ai toujours vu l'Europe comme la racine de tous les problèmes (et de toutes les horreurs) auxquels le monde est confronté. Les États-Unis ne sont que le rejeton de l'Europe. Une version vulgaire et vigoureuse de celle-ci. Mais les fondements de cette approche globalisée et colonialiste de l'Occident viennent d'Europe. Même les crimes les plus terribles commis sur le territoire américain ont été commis par les première et deuxième générations d'Européens: holocauste contre les peuples autochtones et introduction de l'esclavage.

Aujourd'hui encore on peut voir comment ça se passe : la quasi-totalité de la propagande anti-russe est conçue et produite au Royaume-Uni. Il en est de même pour la façon dont s'écrit l'histoire du néo-colonialisme. Mais revenons à votre question et aux difficultés que je rencontre dans ma lutte contre l'impérialisme occidental. Je n'ai jamais vu mon choix comme un sacrifice. C'est un grand privilège, un honneur de combattre l'Occident colonialiste.


Je le combats, en particulier cette façon d'écrire l'histoire qui relève du lavage de cerveau, sur tous les continents et aux quatre coins du monde. C'est un grand combat et j'adore y participer. Je me sens souvent trahi, voire abandonné, par certains de mes camarades (bien que jamais par des gens comme vous, Binu), je tombe parfois d'épuisement ou sous le coup de blessures. Mais je ne regrette jamais de m'être engagé dans cette voie. Il est de mon devoir de lutter pour un meilleur monde socialiste. Je ne vois jamais cela comme un sacrifice.

 BM: Quel a été votre premier projet anti-impérialiste ?

AV: Comme je l'ai mentionné plus tôt: le Pérou. Mais le Pérou n'était pas que le Pérou. J'ai également travaillé intensément dans les pays voisins : en Bolivie, en Équateur et au Chili d'après Pinochet. J'ai vite compris et j'ai commencé à décrire ce que l'on fait aux peuples autochtones d'Amérique latine. J'ai vu et compris que la richesse de l'Occident repose sur le pillage des autres. J'ai compris à quel point les cultures «précolombiennes» des Amériques sont formidables.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BM: Vous avez travaillé de longues années en Amérique latine. Pouvez-vous nous parler du travail que vous y avez accompli?

AV: J'ai fait pas mal de choses là-bas, essentiellement dans tous les pays hispanophones, plus le Brésil et les Caraïbes. Entre autres sujets, j'ai couvert les guerres au Pérou et en Colombie, mais surtout les grandes luttes révolutionnaires au Venezuela, en Bolivie et en Équateur. Je vais toujours à Cuba, régulièrement, car c'est mon chez-moi intellectuel et émotionnel. J'ai beaucoup écrit sur le Brésil sous Lula et Dilma, et j'ai sillonné cet immense pays. J'ai couvert les «Archives de l'horreur» laissées par la dictature de Strossner au Paraguay. J'ai travaillé avec le grand écrivain uruguayen Eduardo Galeano, auteur de Les veines ouvertes de l'Amérique latine, et au Chili, sur la colonie nazie allemande «Colonia Dignidad».

J'ai écrit sur des gangs horribles au Guatemala, au Salvador et au Honduras, et sur les conséquences de l'attaque américaine contre le Panama, en particulier dans la ville de Colon. Et j'ai passé beaucoup de temps au Mexique... Ma dernière visite a eu lieu en septembre 2018, après la victoire de AMLO aux élections et le choix par les Mexicains de leur premier gouvernement de gauche depuis des décennies. Pendant trois semaines, j'ai filmé dans tout le pays, de Tijuana à Merida, dans le Yucatan. En tout, j'ai passé environ 5 ans en Amérique latine.


 

BM: Vous avez également travaillé dur en Afrique. Pouvez-vous nous parler du travail que vous y avez fait?

AV: C'est le continent le plus couvert de cicatrices de la planète. Le monde entier a souffert de l'impérialisme occidental et du pillage, mais l'Afrique est «unique», car nulle autre part dans l'histoire moderne, la brutalité des Occidentaux n'a atteint un tel sommet. Enfin, à l'exception peut-être de l'Asie du Sud-Est. J'ai tourné pour la chaîne de télévision d'Amérique latine Telesur dans les bidonvilles les plus difficiles du Kenya et de l'Ouganda. J'ai produit un film documentaire sur le camp monstrueux de Dadaab, construit principalement pour les réfugiés somaliens au milieu d'un désert.

Et j'ai produit et réalisé mon grand documentaire de 90 minutes, «Rwanda Gambit», sur la manière dont l'Occident a élaboré un récit totalement faux sur le génocide au Rwanda et sur le silence qu'il observe au sujet de l'un des génocides les plus monstrueux de tous les temps, qui a lieu dans la République démocratique du Congo (RDC), où le Rwanda et l'Ouganda, pour le compte de l'Occident, ont totalement dépouillé ce pays riche en minéraux. La RDC a tout - du coltan à l'uranium, de l'or au diamant. Quelques neuf millions de Congolais sont déjà morts depuis l'invasion du Rwanda.

BM: Je pense que vous avez une histoire d'amour avec l'Asie. Vous avez vécu et travaillé de longues années en Asie, en particulier en Indonésie. Comment est-ce arrivé?

AV: L'Asie est ma patrie. Je suis culturellement asiatique et une partie de mon sang vient d'ici. J'aime la Chine, mais je me sens aussi très à l'aise au Japon et dans d'autres pays.

L'Indonésie n'en fait pas partie. Je ne vis pas là-bas, je n'ai jamais pu, je préfèrerais mourir. Cela me fait tellement horreur que j'en parle souvent et que j'y fais des films. Je le fais comme un avertissement au monde. Je suis en Indonésie pour des raisons totalement opposées à "l'amour" : après 1965, ce quatrième pays le plus peuplé du monde a été transformé en un immense laboratoire par l'Occident. L'Indonésie n'est pas un pays, c'est un «concept».

Avant 1965, sous le président anti-impérialiste de gauche Sukarno, l'Indonésie était un pays progressiste, le berceau du Mouvement des pays non alignés. Toutes les ressources naturelles étaient nationalisées. L'Occident a renversé Sukarno par le coup d'état le plus sanglant du 20ème siècle. De 1 à 3 millions de personnes ont été massacrées et les rivières étaient jonchées de cadavres : membres du Parti communiste (PKI), intellectuels, enseignants, syndicalistes. J'appelle ce coup d'état: 'un Hiroshima intellectuel'.

L'Occident a suggéré de fermer tous les théâtres et studios de cinéma, d'interdire les langues chinoise et russe ainsi que l'idéologie communiste. Presque tous les écrivains et les peintres ont été emprisonnés dans le camp de concentration de Buru. Des viols de masse ont eu lieu partout dans l'archipel.

Les gens qui pensaient ont été assassinés ou réduits au silence pour toujours. A leur place, de la pop bon marché, des films hollywoodiens et de la malbouffe ont été injectés et promus. À bien des égards, la culture indonésienne a cessé d'exister et sa diversité a été détruite. L'Indonésie a commis, avec l'aide de l'Occident, trois génocides en un peu plus de 50 ans: le génocide de 1965, puis celui du Timor oriental, et le génocide en cours en Papouasie occidentale. La nation est devenue extrêmement religieuse, oppressive et dogmatique. En même temps, ce pays de plus de 300 millions d'habitants (250 millions selon les statistiques officielles qui mentent) ne compte aucuns grands écrivains, cinéastes, penseurs ou scientifiques.


Tout le monde là-bas pense la même chose – à la façon dont ils «sont supposés penser»: on aime le capitalisme, on déteste les communistes, on considère la destruction des ressources naturelles comme un «progrès», tout le monde écoute la même musique pop dépassée, regarde les plus mauvaises productions de Hollywood ainsi que des films d'horreur locaux et on y compte le moins de livres lus par habitant.

J'essaie d'expliquer, d'analyser ce qui s'est passé là-bas. Je tourne simultanément deux grands documentaires : l'un sur la destruction totale de la nature dans la troisième plus grande île du monde, Bornéo (connue en Indonésie sous le nom de Kalimantan) - et l'autre sur l'effondrement de Jakarta, qui est maintenant la plus polluée et peut-être l'une des plus «invivables» des grandes villes de la planète.

Bien sûr, je fais cela sans aucun financement, car en Occident et en Asie du Sud-Est, l'Indonésie est «intouchable». Elle fait exactement ce que l'Occident veut qu'elle fasse: elle sacrifie des centaines de millions de gens, ainsi que sa nature, pour que la population occidentale puisse prospérer. Par conséquent, elle n'est presque jamais critiquée. Voilà pour l'Indonésie. J'aime l'Asie, dans son ensemble, et c'est ma patrie. En particulier le nord : la Chine, le Japon, la Corée et l'Extrême-Orient russe.

L'Asie du Sud-Est a une histoire totalement différente. C'est une 'histoire sombre' que je continue à documenter. Elle a énormément souffert au cours des 60 dernières années: Vietnam, Laos, Cambodge, Timor oriental, Papouasie occidentale, Indonésie et même la Thaïlande. Elle a souffert précisément à cause de l'impérialisme occidental. Mais les gens sont conditionnés à ne pas voir, à ne pas comprendre ce qui leur a été fait. Donc, j'y travaille, j'écris des livres et fais des films. Il faut bien que quelqu'un le fasse...

BM: Vous êtes également correspondant de guerre. Vous devez avoir assisté à beaucoup d'événements mémorables en tant que correspondant de guerre. Y a-t-il quelque chose de particulier que vous aimeriez partager avec nous ?

AV: Oui. Mais la guerre est omniprésente, pas seulement dans les quelque rares endroits où elle est officiellement reconnue. Bien sûr, je travaille en Afghanistan, en Syrie et en Irak. Mais je travaille aussi au Cachemire ou dans les bidonvilles les plus difficiles d'Afrique, dans les terres livrées aux gangs d'Amérique centrale ou à Gaza. Ce sont aussi des zones de guerre. La guerre est l'endroit où la justice, y compris la justice sociale, s'est effondrée, a été détruite.

Je suis tout à fait d'accord avec ce que Hemingway a écrit : "Il existe deux types d'écrivains: ceux qui sont allés à la guerre et ceux qui les envient". Comme la guerre existe presque partout, un écrivain qui ne s'en approche pas est un menteur. La guerre est la réalité. C'est quelque chose de terrible, mais quand on se bat pour la justice et la liberté, c'est beaucoup mieux que la fausse paix créée par les colonialistes occidentaux. Dans ce type de «paix», tous les problèmes de santé et d'espérance de vie d'une zone de guerre sont présents.

Viols, blessures... tout comme dans une zone de guerre. Les propagandistes occidentaux ont créé un «culte de la paix» très dangereux. Pour l'Occident, la paix, c'est quand le pays sacrifie entièrement ses ressources naturelles et son peuple, au profit des entreprises et des citoyens occidentaux, tandis que la population est soumise, résignée. On dit souvent et très correctement en Amérique latine: pas de justice, pas de paix!

BM: Vous avez travaillé avec Noam Chomsky sur un livre et un documentaire. Pouvez-vous me parler de cet homme légendaire? Quelque chose que l'on ne connaît pas sur l'homme Chomsky?

AV: Noam aime les roses. Et un bon vin. C'est, essentiellement, un homme très gentil, avec un grand sens de l'humour. Malheureusement, nous avons des désaccords en ce moment: sur la Russie, la Syrie et la Chine, par exemple. Mais je respecte la plus grande partie de ses travaux et je dois dire qu'il a fait beaucoup, vraiment beaucoup, pour l'humanité et pour cette planète.

BM: Noam Chomsky a dit à propos de votre livre Oceania qu'il montrait "la réalité du monde contemporain. Et qu'il retraçait les racines historiques de ces douloureuses et - en ce qui concerne l'Occident - honteuses réalités." Des commentaires?

AV: Noam a gentiment critiqué favorablement plusieurs de mes livres et a même écrit des préfaces. En ce qui concerne les propres écrits de Noam relatifs à ce que vous appelez " les racines historiques de honteuses réalités", il est particulièrement convaincant lorsqu'il décrit la conquête du "Nouveau Monde", en particulier de ce qu'on appelle maintenant l'Amérique latine, mais aussi les États-Unis et le Canada. Je crois que ses écrits sur ce sujet ont ouvert les yeux de millions de personnes à travers le monde.

BM: Vous écrivez beaucoup de livres sur l'histoire, la politique contemporaine, la philosophie, la fiction, etc. Quel est votre livre le plus apprécié?

AV: Le livre le plus acclamé par la critique est mon roman révolutionnaire, Le point de non-retour. Il a même fait l'objet d'avis extrêmement positifs de la part des critiques les plus craints du Monde, du Figaro et de Paris Match. Dénonciation des crimes de l'Empire, de 840 pages, a connu aussi grand succès. C'est une compilation de mes travaux d'investigation sur tous les continents, là où l'impérialisme dérobe, détruit et manipule les gens. Il est écrit dans un style totalement nouveau, expérimental, mais très bien accueilli par les lecteurs, entre roman et fiction politique, entre philosophie et journalisme. Bien sûr, mon livre écrit avec Noam Chomsky sur le terrorisme occidental se porte très bien et il a été traduit en quelques 35 langues (j'ai en fait perdu le compte).


 BM: Vous êtes également réalisateur de documentaires. Comment passez-vous d'auteur à cinéaste si facilement ?

AV: En fait, ce n'est pas si facile. C'est surtout un immense combat contre l'impérialisme occidental et pour l'avenir heureux du communisme mondial, non? Mon travail est comme une immense mosaïque, une seule bataille. J'utilise différentes armes, comme j'utilise différentes façons de m'exprimer. Cela peut être des romans, le journalisme d'investigation, la philosophie, des livres documentaires, des films, des photographies, mais aussi des interviews que je donne constamment, des conférences publiques ou dans les grandes universités.

BM: Vous avez voyagé dans 160 pays à travers le monde. Dans quel pays préférerez-vous résider après votre retraite? Je sais bien sûr que vous n'êtes pas le genre de combattant qui pense à la retraite.

AV: Vous avez raison : je ne prendrai jamais ma retraite, ce serait ma fin. Mon histoire est ma vie et mon voyage est mon histoire. On appelle la révolution "le processus" dans de nombreux pays d'Amérique latine. C'est un voyage continuel qui ne peut jamais finir. Si quelqu'un est fatigué de ce voyage, c'est qu'il ou elle est fatigué de ce monde et de la vie elle-même. Où habiter, si je pouvais choisir ? Vous seriez surpris, car cela n'aurait rien à voir avec ma lutte révolutionnaire.

Enfin, pas tout à fait, car l'un des pays serait mon bien-aimé Cuba. Un autre est le Japon. Mais j'habite là-bas depuis de nombreuses années. Ou plus précisément c'est l'un des pays où j'ai vécu, l'une de mes "bases" jusqu'à présent. Bien sûr, la politique étrangère du Japon est absolument détestable, mais j'admire sa culture, sa nature, sa poésie, sa littérature, son cinéma, sa gastronomie. Je circule dans tous les coins, je m'y sens en sécurité et j'écris bien quand je suis là-bas.

Et le Chili. J'y ai vécu, à différentes occasions, environ quatre ans en tout. Et là encore - le Chili a une nature magnifique, une culture profonde, une poésie et une littérature extraordinaires, une cuisine et des vins excellents.

BM: Comme vous avez voyagé dans le monde entier, quel est le pays dont vous pensez qu'il agit le mieux pour ses citoyens?

AV: Il y a en fait deux questions cachées dans votre question :

Premièrement: quel pays agit le mieux pour ses citoyens, aux dépens des pays pillés et colonisés? La réponse à cette question serait: à coup sûr, presque toute l'Europe.

Deuxièmement: quel pays agit le mieux pour ses citoyens sans piller le monde? La réponse est: la Bolivie, Cuba, la Chine, la Russie, l'Iran, la Corée du Nord (autant que possible), le Venezuela (autant que possible malgré la terreur importée de l'étranger).

BM: Selon vous, comment peut-on briser la mainmise étouffante de l'impérialisme ?

AV: On ne peut pas négocier avec le fascisme et l'impérialisme. Les pays opprimés et pillés doivent s'unir et se battre. Le premier round a déjà été remporté, dans le passé. Par exemple, l'héroïque nation vietnamienne a vaincu militairement les colonialistes français puis les impérialistes américains. Mais ensuite les impérialistes occidentaux se sont regroupés.

Ils se sont enhardis en réussissant à diviser la Chine et l'Union soviétique, puis en détruisant l'Union soviétique avec l'aide de ce crétin de Gorbatchev et de Eltsine, cet ivrogne criminel. Ils ont récupéré ce qu'ils avaient perdu, tout en criant "Paix, Paix!" ce qui signifiait "N'essayez pas de nous combattre, acceptez et soumettez-vous!"

Les impérialistes peuvent être vaincus. Cela a été clairement démontré en Syrie. Et aujourd'hui la Chine et la Russie ensemble résistent fermement, face aux menaces, provocations, sanctions et intimidations occidentales. Il ne faut jamais montrer de faiblesse face au terrorisme occidental. Regardez la planète, regardez ce qui est arrivé aux pays qui ont cédé, qui se sont agenouillés: regardez les horreurs en Indonésie, en Afrique orientale, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est. Regardez l'Inde depuis qu'elle a commencé à s'incliner devant les puissances du marché. Est-ce cela le monde que nous voulons? Sinon, toutes les forces anti-impérialistes devraient s'unir et se battre.

Et nous ne devrons jamais nous attendre à ce que le public occidental nous rejoigne. Le public occidental est gâté par les privilèges dont il jouit. Il n'a plus d'aile gauche. Il n'y a plus que des clubs de discussion autosatisfaits et pleurnichards. Les pays qui luttent réellement contre l'impérialisme occidental n'ont presque pas d'alliés en Occident.


BM: Que pensez-vous de la montée en puissance de dirigeants autocratiques tels que Trump aux USA, Modi en Inde, Bolsonaro au Brésil? Pensez-vous qu'il existe un modèle? Un courant sous-jacent?

AV: Oui Dans des pays plongés dans la confusion, où leurs maîtres occidentaux, les médias de masse et les systèmes éducatifs ont réussi à fabriquer une bande de soi-disant "élites" obéissantes, centrées sur elles-mêmes, sans colonne vertébrale, que peut-on espérer? Ils ont déconsidéré la gauche, examiné au microscope les partis et les mouvements de gauche, et ont lavé le cerveau et embrouillé les électeurs. Croyez-le ou non, la grande majorité des citoyens, même dans les pays gouvernés par des gouvernements de gauche, comme le Brésil ou l'Équateur, n'avait pratiquement aucun accès aux médias de gauche.

D'horribles organes de propagande, comme CNN en espagnol ou FOX en espagnol, «informent» les citoyens. Au Brésil, la situation était similaire, voire pire. Depuis des années, je mets en garde à ce sujet. La gauche doit «investir» dans ses médias, dans l'éducation et même dans ses organes de contre-propagande. J'ai beaucoup parlé de cela avec Chomsky. Il est parfaitement conscient de ce qui se passe. Dans notre livre, j'ai raconté mon histoire, comment on m'avait lavé le cerveau, quand j'étais enfant, grâce à des émissions de radio ou de télévision pro-occidentales, pro-impérialistes.

Naturellement, il n'y a pas que moi : tout le monde est en danger, en Syrie, en Iran, en Chine, en Russie, et dans toute l'Amérique latine. Donc, nous devons nous unir, redoubler d'efforts et faire tout ce qui est possible pour faire connaître notre point de vue. Et il nous faut joindre nos efforts. Comme dans cette interview: j'adore. Mon frère indien et moi, un internationaliste soviétique, proche de Cuba, en train d'échanger des idées! Publiquement et franchement.

BM: Le changement climatique et la crise des ressources terrestres entraînent le monde vers l'effondrement. Pensez-vous que le monde puisse encore être sauvé ? Avez-vous une suggestion ?

AV: Il peut être sauvé, mais encore une fois, seulement si l'impérialisme et le néo-colonialisme sont détruits. Le meilleur exemple est l'Indonésie, et le film que je suis en train de tourner sur la destruction de l'île de Bornéo. En Occident, les gens, pour se donner bonne conscience, éteignent les lumières quand ils sortent d'une pièce et ferment les robinets. Mais leurs entreprises sont en train de piller ce qui reste des forêts tropicales primitives, ils arasent des montagnes entières. A cause de la surproduction et de la surconsommation occidentale, des nations insulaires entières, en Océanie, deviennent inhabitables.

Ce qu'il faut, c'est repenser entièrement l'ordre mondial. Avons-nous réellement besoin de croissance économique ? La question principale n'est-elle pas la redistribution ? La Chine arrive. Malgré ce qu'on fait croire aux gens (encore une fois, par le biais des organes de propagande occidentaux), la Chine est à l'avant-garde de la lutte pour ce qu'on appelle "la civilisation écologique". Je sais ce dont je parle, parce que je travaille avec un grand philosophe, John Cobb Jr, qui a une énorme influence sur les dirigeants chinois, y compris sur leur décision, qui fait date, de graver la civilisation écologique dans la Constitution. Nous sommes en train d'écrire un livre sur ce sujet. La Chine est en train de ralentir volontairement sa croissance économique, elle en revient à sa sagesse traditionnelle, et elle a même réussi à inverser les migrations des campagnes vers les villes, en améliorant grandement la vie rurale. Ce livre sera disponible dans moins d'un mois.

BM: Etes-vous heureux?

AV: Oui. Follement. Même quand je suis sur le cul et à peine capable de bouger. Je suis un combattant. Je suis un internationaliste, un communiste. Nous gagnons. Lentement, très lentement, mais nous gagnons. Le chemin est rude, il est dangereux, mais je ne veux en aucun cas en suivre un autre, ni avoir un autre destin. Ma vie n'est pas parfaite, mais je n'en changerai jamais. Je fais de mon mieux, j'aime cela. Et j'aime l'histoire, les histoires. Sans histoires, il n'y a pas de vie. Tout au long du chemin, par millions, il y a des moments d'histoire qui mettent en scène le genre humain.

Et basée sur ces histoires se déroule une grande lutte révolutionnaire, qui mettre le feu à la planète à nouveau. Les impérialistes voudraient que nous oublions l'histoire. Ils veulent que nous nous contentions d'histoires merdiques, préfabriquées à Hollywood et Disneyland. Il est de notre devoir de raconter les vraies histoires, parce qu'elles sont beaucoup plus belles que celles qui sont inventées par l'ordinateur, et elles sont vraies. C'est pourquoi je crée, j'écris, je filme. Pas d'histoires, pas de révolution ! Et plus j'en entends, plus j'en vois, plus je crée, et plus je suis heureux.

Andre Vltchek est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d'investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des dizaines de pays. Trois de ses derniers livres sont Optimisme révolutionnaire, le Nihilisme occidental, un roman révolutionnaire Aurora et un best-seller de non-fiction politique : Dénonciation des crimes de l'Empire. A voir Rwanda Gambit, son documentaire novateur sur le Rwanda et la RDC et son film/dialogue avec Noam Chomsky : A propos du terrorisme occidental. Vltchek réside actuellement en Asie de l'Est et au Moyen-Orient et continue de travailler dans le monde entier. Vous pouvez le contacter via son site Web et son Twitter.

Lien de l'article en anglais:
https://countercurrents.org/2018/12/04/how-i-became-a-revolutionary-and-internationalistandre-vltchek/

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