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Qu'est-ce qui fonde la morale pour Friedrich Nietzsche(1844- 1900)?

upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/...Pour lui, la vie est un rapport de force et la morale est une invention des faibles pour se protéger des forts. Faire le mal doit nous faire sentir coupable. Cette entreprise de culpabilisation qui accompagne la morale est un moyen pour empêcher au fort d'écraser le faible. Pour Nietzsche, l'essence de la morale, c'est la culpabilité. Dans une vie terrestre qui est caractérisée par les rapports de force, le fort accepte l'idée qu'il doit accepter d'exercer sa véritable nature en se confrontant à la force de l'autre. Le faible a tout intérêt pour amener le fort à ne pas se faire écraser par le fort.

 Les interdits, la morale et les lois sont là pour amener le fort à hésiter à utiliser sa force contre le faible. Le faible est conscient qu'Il sera perdant dans le rapport de force avec le fort. Si on enferme les deux dans une pièce, le faible est conscient qu'Il est mort. Par contre si on les place devant une salle de procès où on applique la loi qui dit qu'on ne doit pas faire du mal au faible, qu'on ne doit pas le faire souffrir, et bien dans cette situation-là, le fort devient le faible.

Celui qui a exercé sa force devient le coupable.

Coupable non pas aux yeux de la nature et de l'élan vital, mais coupable aux yeux des règles morales.

 Coupable aux yeux des règles de la coexistence pacifique.

 Coupable aux yeux de la société. Voilà ce qui définit le principe de la morale selon Nietzsche. Le principe de la morale c'est l'auto-institution de la bonté des bons.

Et qui sont les bons? Ce sont les faibles.

Ce sont ceux qui ne peuvent pas se permettre autre chose qu'être bons. Parce que pour Nietzsche, si on est bon c'est parce qu'on n'a pas les moyens d'être autre chose. Si on est bon, c'est parce qu'on ne veut pas s'attirer les foudres du fort. Et donc en érigeant leur bonté en valeur, les faibles venaient de créer la morale qui devient l'impossibilité de survivre si on ne limite pas l'expression de la force.

 Qu'est-ce qui définit en général les règles morales? C'est la bienveillance, la générosité, la considération de son prochain. Pour Nietzsche, c'est quelque chose qui n'a pas sa place dans la nature car l'oiseau de proie ne se pose pas la question sur la moralité de son action lorsqu'il mange l'agneau comme son ennemi. Au contraire, il en raffole de l'agneau. Alors que l'agneau parce qu'il a développé une peur de l'oiseau de proie, il va le détester. Il va lui en vouloir. Il va lui reprocher d'être un oiseau de proie. Il va le lui reprocher parce que l'oiseau de proie est une menace pour lui. Et ça permet de comprendre ce que Nietzsche appelle l'origine de nos jugements moraux.

 Et de comprendre que le bien et le mal ne sont pas des notions transcendantes et absolues. C'est-à-dire ne sont pas des notions qui nous viennent du ciel, mais ce sont e notions proprement humaines qui n'ont d'autre but que de nous protéger. L'idée que le bien ou le mal sont des notions universelles voire divines, pour Nietzsche ça n'a aucun sens parce qu'en tant que naturaliste, il veut trouver l'explication naturelle et physiologique de toutes nos productions mentales.

 De toutes nos productions culturelles. Le bien ou le mal c'est ce qu'on considère comme bien ou mal du point de vue de notre intérêt. Ce qui veut dire si on est engagé dans une lutte contre le fort, on a aucun intérêt à placer ses pieds sur son propre terrain. On a aucun intérêt à rivaliser de force avec lui.
Au contraire on a tout intérêt à monter que son terrain n'est pas légitime. On a intérêt à montrer qu'en recourant à la force, le fort fait quelque chose d'injuste. Quelque chose de condamnable, de répréhensible. Et si on arrive à démontrer qu'en utilisant la force, le fort se rend coupable, et bien on a gagné. On a gagné parce qu'on aura entraîné la réprobation vis-à-vis du fort qui dès lors cesse d'être fort. Le fort isolé cesse d'être fort. Le fort face à la foule des faibles, il est dépassé.

 C'est en sens qu'on peut définir la morale comme la force des faibles parce que c'est la force des faibles coalisées qui parce qu'ils ne sont pas dotés d'une force individuelle, vont chercher à créer la force à titre collectif. Évidemment si les faibles constituent la majorité d'une population, et qu'ils arrivent à s'entendre sur ce qu'ils veulent condamner chez le fort, et bien à ce moment-là, ils deviennent les forts. Ils deviennent les dominants.

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