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« Why Nations fail » : l’origine de la prospérité est d’abord politique !

Parce que l'un est bien gouverné et permet à ses habitants de déployer leurs trésors d'ingéniosité pour créer des richesses à leur profit et au profit de tous, tandis que les autres sont sous la coupe de gouvernants corrompus qui en leur volant leurs rares biens, les dissuadent d'en créer de nouveaux. Bref, pour résumer, il n'est d'autres richesses que la population d'un pays, et la clé du succès réside dans la bonne gouvernance, c'est-à-dire dans un ordre de droit garanti par des pouvoirs contrôlés. Désormais, grâce à Acemoglu et Robinson, je vais pouvoir renouveler à l'infini mon stock d'exemples !

Édition française : Daron Acemoglu et James A. Robinson, Prospérité, puissance et pauvreté: Pourquoi certains pays réussissent mieux que d'autres, Markus Haller éditions, 2015.

article initialement publié en août 2016.

1. Il a bien été traduit en français, mais il est difficile d'en trouver la moindre recension. Les revues académiques semblent avoir passé sa parution sous silence. Les rares mentions de l'ouvrage dans la presse généraliste sont souvent biaisées, comme le montre cet exemple du Monde du 10 mai 2016, où l'on peut lire sous la plume de Philippe Vadjoux que Daron Acemoglu et Joan (sic) Robinson auraient « remis en cause la théorie du ruissellement – toute la population profiterait de la richesse produite par les plus riches –, en montrant que les dirigeants économiques accaparaient la plus-value au détriment du reste de la population», ce qui est une lecture si biaisée du livre qu'on est en droit de douter que l'auteur l'ait tout simplement lu !

2. Cf. Georges Sokoloff, La puissance pauvre : une histoire de la Russie de 1815 à nos jours, Paris, Fayard, 1993.

3. p. 225 : « We do not desire at all that the great masses shall become well off and independent... How could we otherwise rule over them ? »

4. Pour ceux qui sont amateurs du genre ou qui estiment qu'il s'agit là d'une preuve indispensable de scientificité, ils peuvent en trouver à foison dans cet autre livre des deux auteurs : Daron Acemoglu, James A. Robinson, Economic origins of dictatorship and democracy, Cambridge University Press, 2006.

5. Sur les néo-libéraux des années 1930 et plus largement pour tout ce qui touche à l'histoire du libéralisme au XXe siècle), l'ouvrage de référence est celui d'Angus Burgin, The Great Persuasion : Reinventing Free Markets Since the Depression, Cambridge University Press, 2012. Sur les ordolibéraux, voir Patricia Commun, Les ordolibéraux : histoire d'un libéralisme à l'allemande, Paris, Les Belles Lettres, 2016.

6. p. 222 : « Without the changes in political institutions and political power smilar to those that emerged in England after 1688, there was little chance for absolutist countries to benefit from the innovations and new techonologies of the Industrial Révolution ».

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