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Le lourd passé colonial des pays scandinaves dont on ne parle jamais

Ils constituèrent des comptoirs dans les Antilles, mais également en Côte d'Or (actuel Ghana) avant de les revendre aux détenteurs des grands empires coloniaux. Pour l'historien Fredrik Thomasson, les Suédois ne faisaient pas preuve de plus d'humanisme que les autres:
«Je ne vois aucune différence entre la façon avec laquelle les esclaves étaient traités dans les colonies suédoises d'avec celle des autres colonies. La loi appliquée n'était pas celle en vigueur en métropole.»

Une réalité que le chercheur fut bien en peine de découvrir. Les archives nationales ne faisaient pas mention de la traite négrière dans les colonies suédoises et Thomasson dut se reporter sur des documents français. David Nilsson connut les mêmes difficultés: la participation de la Suède à la conférence de Berlin (novembre 1884 à février 1885) était complètement absente des ouvrages académiques suédois.

Pourtant, tous les pays scandinaves se rendirent dans la capitale allemande, afin de prendre part au «partage de l'Afrique». Chacun avait des intérêts stratégiques à défendre. En qui concerne la Suède, David Nilsson considère qu'ils étaient de quatre ordres:

«Premièrement, la Suède avait peur d'être mise de côté, elle voulait s'assurer de jouer un rôle dans le concert des nations. Deuxièmement, elle voulait permettre à sa flotte commerciale, la deuxième au monde, d'avoir accès à l'Etat libre du Congo. Troisièmement, elle souscrivait à l'idée de propager la civilisation, qui était explicitement mentionnée dans les médias à l'époque. Et Quatrièmement, cela correspondait au désir du roi Oscar d'entretenir une relation plus étroite avec l'Allemagne.»

Même si les pays scandinaves furent des acteurs marginaux du colonialisme, la redécouverte de ce noir passé témoigne, pour l'historien Gunlög Fur, de la modestie qu'induit une plus grande coopération internationale. Fredrik Thomasson lui, penche pour une option plus cynique:

«Je pense que le climat intellectuel actuel correspond à un désir de faire partie de l'auto-flagellation postcoloniale. A moins d'avoir une faute coloniale à expier vous ne pouvez prétendre faire partie du camp des grandes puissances.»

Source : Africaisacountry

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