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La santé mondiale entre racket et biens publics-partie XI

Alors que le continent fait face à une vague de maladies et d'épidémies (Ebola, Paludisme, SIDA, Choléra notamment) la faible orientation des budgets des Etats vers le secteur de la santé augmente la vulnérabilité de leurs économies. En 2018 par exemple, la revue Journal of Infectious Diseases publiait un rapport sur l'épidémie d'Ebola qui a touché plusieurs pays de l'Afrique de l'ouest en 2014. D'après le document, l'épidémie a coûté environ 53 milliards $ aux pays de la région, en termes de pertes en vies humaines et de coûts économiques. Ces derniers se sont d'ailleurs élevés à 14 milliards $ de coûts économiques, soit plus que le PIB du Niger et du Togo réunis.

L'épidémie d'Ebola qui a touché plusieurs pays de l'Afrique de l'ouest en 2014, a coûté environ 53 milliards $ aux pays de la région. Dans un rapport intitulé « Productivity cost of illness », l'OMS analyse l'impact des maladies sur la productivité des économies africaines. En se basant sur des chiffres de l'année 2015, l'institution a calculé les pertes économiques que pourraient subir les pays africains en raison de la mauvaise santé de leurs populations et du taux de mortalité prématuré.

D'après l'étude, le coût des maladies en termes de perte de productivité pour les pays africains, varie d'un minimum de 242,3 millions de dollars (Sao-Tomé-Et-Principe) à 879 milliards de dollars (Nigeria). Près de 56,61% de ces coûts est attribuée aux affections liées à la maternité, au SIDA, à la tuberculose, au paludisme, aux maladies tropicales négligées, aux maladies non transmissibles et aux accidents de la route. Près de 56,61% de ces coûts est attribuée aux affections liées à la maternité, au SIDA, à la tuberculose, au paludisme, aux maladies tropicales négligées, aux maladies non transmissibles et aux accidents de la route.

« Douze pays de la région représentent l'essentiel des coûts de productivité dus à la mauvaise santé, avec plus de 80 milliards de dollars dans chaque pays » indique également le document. La plupart de ces coûts seraient d'ailleurs liées aux maladies non transmissibles qui comptent pour 37,11% du total des coûts.

En 2015, les maladies survenues dans l'espace CEDEAO sont évaluées à plus de 1 129 milliards Int$ de perte de productivité, « soit l'équivalent de 75% du PIB de la région. Environ 78% de la perte de PIB de la CEDEAO a été supporté par le Nigeria ».

Une menace pour les objectifs de développement durable

Cette perte de productivité entraîne indéniablement des répercussions sur la capacité des Etats à atteindre leurs objectifs de développement durable (ODD). D'après les statistiques, un investissement annuel supplémentaire de 671 milliards $ est nécessaire pour que les pays à revenu faible puissent atteindre leurs ODD dans le domaine de la santé. Les pertes de productivité liées aux maladies en Afrique, réduisent la capacité des Etats à financer leur développement. Ceci, encore plus alors que le continent a du mal à mobiliser les recettes intérieures nécessaires pour réaliser ses projets.

D'après la Commission économique des nations-unies pour l'Afrique (CEA), l'Afrique devra, mobiliser 11 % de son PIB par an sur les 10 prochaines années pour combler son déficit de financement afin d'atteindre les ODD. Pourtant si le continent possède l'un des taux les plus élevés en termes de coût de productivité des maladies par rapport au PIB, il affiche le plus faible ratio recettes publiques/PIB au monde (24,5% entre 2000-2018). Les conséquences de cette situation sont multiples. En plus d'entraîner des pertes importantes en ressources humaines et en productivité, elle accentue la dépendance du continent à l'aide étrangère. Ceci, encore plus lorsqu'il s'agit de répondre aux crises sanitaires qui secouent les pays africains.

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