CAMEROUN-NZANA SEME: FRÈRES ET SOEURS BETI, BULU ET FANG, CHOISISSEZ ENTRE VOTRE ETHNIE ET NOTRE NATION

Par Ndzana Seme/Mardi 29 janvier 2019

SI VOUS CHOISISSEZ VOTRE ETHNIE, VOUS FINIREZ COMME DES SÉCESSIONNISTES «ÉKANG», PARCE QUE LE PEUPLE CAMEROUNAIS VOUS COMBATTRA.

SI VOUS CHOISISSEZ NOTRE NATION, VOUS FINIREZ COMME DES PATRIOTES CAMEROUNAIS, PARCE QUE LE PEUPLE CAMEROUNAIS VOUS CHÉRIRA.

MAIS VOUS NE POURREZ PAS CHOISIR LES DEUX, UNE CONFUSION DANS LAQUELLE PAUL BIYA ET SON RÉGIME VOUS ENTRAINENT POUR VOUS SAIGNER.

Hier, le peuple anglophone, sur la table de négociation à Bamenda comme dans la rue, a dit qu'il ne veut plus la centralisation de tous les pouvoirs politiques aux mains de Paul Biya et ses copains, demandant comme solution une révision de la constitution pour le retour du Cameroun au fédéralisme, afin qu'il puisse gérer lui-même ses propres affaires. Biya et son régime ont dit JAMAIS au dialogue, en vous présentant mensongèrement les anglophones comme des biafrais qui méritent d'être écrasés. Beaucoup d'entre vous soutiennent les massacres des résistants anglophones, que Paul Biya a poussés au sécessionnisme, croyant qu'ils sont des biafrais, vos ennemis.

Aujourd'hui, après que huit partis d'opposition soient allés à l'élection présidentielle du 7 octobre 2018 et aient montré au peuple les fraudes massives que vous connaissez chacun d'entre vous, certains parmi vous y ayant même participé pour faire gagner Biya comme toujours, ainsi qu'à quel point la loi électorale, son Elecam et sa cour constitutionnelle sont injustes et partisans en faveur de Paul Biya et du RDPC, Paul Biya et son régime disent JAMAIS au recomptage des votes que demande Maurice Kamto. Et quand ces partis manifestent leur mécontentement dans la rue pacifiquement le 26 janvier 2019 conformément à la constitution, Paul Biya et son régime les arrêtent, les emprisonnent et les accusent de terrorisme, en les présentant comme les bamiléké, comme vos ennemis.

Allez-vous accepter que vos voisins bamiléké, qui ont toujours été avec vous, deviennent subitement vos ennemis, tout simplement parce que Paul Biya a décidé de vous les présenter comme vos ennemis afin de s'accrocher au pouvoir? Le régime de Paul Biya vous présentera toujours tout camerounais qui aspire à occuper le fauteuil présidentiel comme le chef d'une tribu qui veut arracher le pouvoir aux beti, bulu et fang.

Alors qu'en 37 ans de pouvoir de Paul Biya, vos villes, vos villages et vos familles n'ont rien à montrer pour dire qu'ils sont mieux que ceux des autres tribus du Cameroun.

Pourquoi? Parce que le régime Biya n'est pas un régime beti, bulu et fang, mais plutôt un régime néocolonial que les colons français ont imposé, au prix du génocide de nos pères de la nation combattants de l'indépendance véritable du Cameroun.


Ce ne sont pas les beti, bulu et fang qui ont mis Paul Biya au pouvoir en 1982, mais plutôt les français qui l'ont imposé comme successeur d'Ahmadou Ahidjo.

Paul Biya n'est pas au service des beti, bulu et fang, qui continuent de croupir dans la misère sous son règne, mais plutot au service de la France et de ses entreprises qui monopolisent et étouffent l'économie camerounaise et assurent les arrières de Paul Biya et ses «élites» (rendus tels par nominations présidentielles) dans leur pillage de la fortune publique, leurs vols et leurs détournements des fonds publics. La tribu de Paul Biya et ses «élites» n'est pas beti, bulu ou fang, mais plutôt celle des serviteurs des intérêts français et des leurs propres.

Cette tribu des collaborateurs du colon a ses origines qui remontent à la création du Cameroun à l'époque de l'occupation allemande. Les nazis camerounais, comme l'éwondo Karl Atangana Ntsama, étaient tellement zélés au service du colon allemand qu'ils faisaient exécuter les élites sociales parmi nos ancêtres, tel nos «mié dzala» (nos ancêtres créateurs de villages, des seigneurs domaniaux) qui résistaient à l'autorité coloniale des blancs, exécutés à Yaoundé sur ordres du nazi Atangana.

Son successeur, Abega Belinga Martin, tout aussi zélé au service des tuteurs coloniaux français, battit campagne aux cotés de Louis Paul Aujoulat contre l'indépendance du Cameroun, demandant que le Cameroun devienne une possession (dom-tom) française et que s'il voyait l'indépendantiste Ruben Um Nyobè devant lui, il allait le tuer de ses propres mains.

Paul Biya, tout comme Ahmadou Ahidjo, est comme Charles Atangana et Martin Abega Belinga, un serviteur de la France et des français, que la France a placé comme son fantoche à la tête d'une République du Cameroun, un État non indépendant et soumis à la France. Mais la jeunesse camerounaise de toutes les tribus est déterminée à mettre fin au régime néocolonial dirigé par Paul Biya, qui ne lui a apporté que chômage, pauvreté, insécurité et destruction des vies.

Vous les beti, bulu et fang êtes aussi victimes du régime Biya que toutes les autres tribus camerounaises. LE RÉGIME BIYA EST VOTRE ENNEMI NUMÉRO UN.

Ne vous laissez pas entrainer par la campagne du tribalisme du régime Biya contre les anglophones et les bamiléké, dont le but est de vous livrer comme la chair à canons dans la guerre civile qu'il prépare afin de conserver le pouvoir par la force des armes et de continuer de vous maintenir dans la misère et l'insécurité, au service de ses maîtres français.

CAR LES JOURS QUI VIENNENT SONT CEUX DE LA RUPTURE ENTRE LE PEUPLE CAMEROUNAIS ET LE RÉGIME NÉOCOLONIAL FRANÇAFRICAIN AHIDJO-BIYA, QUI FERA COULER LE SANG DES «ÉKANG» SANS QUE LES FAMEUX BIR ET AUTRES FORCES ARMÉES DE BIYA PUISSENT VOUS PROTÉGER.

Ndzana Seme, 29/01/2019.

http://africanindependent.com/news/?p=2832


 Françafrique expliquée par Verschave François-Xavier:

 

 

 Régimes politiques en Afrique francophone

Professeur Jean-François Médard. Extrait de ''Noir Procès'', P291-313; François-Xavier Verschave, Édition les arènes, mai 2001.

Je constate que la plupart des systèmes politiques africains qui ont connu une stabilité ont été construit autours d'un homme. On peut parler du « système Houphouët » en Côte d'Ivoire, du « système Kenyatta » au Kenya et du « système Bongo » au Gabon. Comme l'on peut parler des systèmes locaux de pouvoir personnel autours des grandes villes. Je viens de Bordeaux où nous avons connu pendant longtemps le « système Chaban ». J'ai d'ailleurs travaillé sur ces derniers avant d'aborder le régime africain, ce qui a été une très bonne passerelle.

C'est un système de pouvoir personnel que j'aborde à partir de travaux d'un grand sociologue Allemand, Marx Weber. Il a travaillé sur les Mérovingiens, les Chinois,...et non sur l'Afrique. Mais il a élaboré la notion de patrimonialisme et de domination patrimoniale, type traditionnel de domination .Cette domination patrimoniale se caractérise par le fait qu'il s'agit d'un système politique différencié dans la mesure où un chef commande à des personnes qui ne sont pas ses parents.

Cependant, la logique du pouvoir repose sur la confusion du public et du privé, le chef patrimonial gouvernant son royaume comme une propriété privée. Ce patrimonialisme peut être transposé dans le contexte africain. Je parle alors de néo-patrimonialisme parce qu'il ne s'agit pas d'un système de pouvoir traditionnel. C'est un système qui, formellement, comprend un Etat comme le nôtre, avec des tribunaux, des administrations et des lois. Mais les agents de l'Etat privatisent leurs fonctions, du sommet à la base, ce qui conduit à la patrimonialisation d'un Etat bureaucratique.

Le système patrimonial se caractérise par deux éléments :

1) la personnalisation du pouvoir

Non seulement parce qu'il s'agit d'un pouvoir personnel (contrôlé par un individu et structuré autour de celui-ci), mais aussi parce que toutes les relations politiques sont personnalisées. Il n'existe pas de relations abstraites à l'Etat, il est question de relations d'amitié, de clientélisme et de népotisme: tout un tissu de relations personnelles irriguent et font fonctionner le système de pouvoir.

2) La confusion du pouvoir et de la richesse

Les ressources économiques et politiques sont interchangeables, et c'est l'accès au politique qui ouvre celui à l'économique. La clé est de contrôlée le pouvoir politique,ce qui conduit à l'accumulation et la richesse. Il existe ensuite une interaction entre les deux types de ressources mais,dans le contexte africain,où il n'existe ni développement économique ni bourgeoisie, c'est évidemment la classe politique au pouvoir qui a l'accès direct aux ressources économiques.


L'enjeu fondamental de la lutte politique consiste non seulement dans les positions de pouvoir,mais aussi de l'accumulation .Ceci s'applique à mon avis parfaitement au cas du système politique gabonais,avec des nuances .Il faut d'abord tenir compte du fait ce que tout le monde sait que le Gabon est un pays minier et non agricole, ce qui concerne en particulier le pétrole. C'est donc un Etat rentier, la base économique de l'Etat reposant sur la rente minière et non sur la production et le travail.

Le système est différent en Côte d'Ivoire .Si Félix Houphouët-boigny prélevait sa quote-part par le biais de caisse de stabilisation, la croissance de la Côte d'Ivoire reposait sur sa mise en valeur économique et le travail de la population. C'est un élément important,car nous constatons que les Etat miniers sont plus naturellement enclin à la corruption et la prédation que les Etat non miniers avec une exception, cependant: le Botswana, Etat minier fondé sur lez diamant,que sa classe dirigeante a su gérer en investissant dans le développement.

Nous nous trouvons dans le cas du Gabon, en face d'un système politique où le Président est véritablement le propriétaire de l'Etat. Il gère donc son pays comme il gère sa propriété privée. Le problème fondamental d'un chef d'Etat Africain dans un contexte extrêmement contraignant, est la survie politique. Pour survivre, lorsque l'on ne bénéficie pas d'une légitimité intrinsèque, le pouvoir doit s'appuyer sur certains ressorts. Au Gabon, le ressort essentiel est la redistribution à laquelle M. Bongo fait d'ailleurs allusion de façon intéressante dans son ouvrage. En effet, si l'on veut solidifier son pouvoir et se créer des soutiens, il faut se créer des clients. C'est là que réside tout l'art politique.

Il faut d'abord extraire les ressources (ce qui n'est pas difficile dans la mesure le pouvoir politique les contrôle) puis les redistribuer, car sinon on scie la branche sur laquelle on est assis, ce qui pose des problèmes d'instabilité politique. Les chefs d'Etat Africains qui ont duré sont ceux qui ont su redistribuer. Cependant, il ne s'agit pas de redistribuer en fonction d'une loi générale applicable à tous, car tout est basé sur le favoritisme à travers le jeu de la grâce et de la disgrâce.

On arrive en faisant tourner la distribution, à contrôler le pays, puisque les personnes qui bénéficient à un moment donné d'une faveur en sont reconnaissantes et tirent une obligation loyauté. Quand elles perdent cette faveur, car il faut bien en faire profiter d'autres, elles se soumettent encore davantage, au lieu de se rebeller, en espérant que la prochaine elle sera plus importante. Tout le jeu repose sur l'extraction, et une redistribution de type clientéliste.

Je fais une distinction entre deux systèmes politiques : ceux qui fonctionnent selon un mode de régulation patrimonial ou <Patrimonialisme rationalisé>, et ceux qui arrivent à survivre par la redistribution. Le Gabon appartient à la première catégorie, il se rapproche en cela des systèmes camerounais, kenyan, ivoirien, etc. A l'autre pôle, existent des systèmes qui ne se préoccupent pas de la survie à court terme et se montrent beaucoup plus violents Ils ont recours à l'extorsion et à la prédation violente directe, ce qui fait référence aux cas les plus extrêmes et les plus sanglants de systèmes politiques africains, et aux <seigneurs de la guerre>.

Dans ce cas, le pouvoir politique cherche à contrôler directement les mines, à en extraire les ressources en à s'enrichir sue cette base. Le Gabon s'inscrit plutôt dans ce que j'appelle le <patrimonialisme rationalisé>. C'est grosso modo mon analyse du système gabonais dans sa dimension interne, une autre de ses caractéristique étant la dimension externe : il s'agit non seulement entre le chef et se sujets mais aussi entre le Gabon et la France.

J'en viens à l'idée de : <<françafrique>>. Ce terme a été repris par M. Verschave, mais je l'assume totalement En effet, seulement c'est une belle image (on retrouve le mot fric dans Françafrique), mais aussi un véritable concept. C'est la meilleure expression permettent de caractériser le tissu très particulier de relations qui s'est créé entre la France et les pays Africains qui sont ses anciennes colonies voire avec d'autres.

La Fançafrique est un concept original. Il n'existe pas d'<angloafrique> ou de <belgioafrique>. En ce sens, le type de relations entre la France et les pays Africains de la Françafrique illustre parfaitement l'expression de <<néocolonialisme>> dont il a à mon sens été abusé. Le néocolonialisme repose sur un tissu d'échanges complètement mélangé. Nous pouvons tout d'abord l'analyser en terme de relations de clientèle qui, normalement s'appliquent aux relations entre individus inégaux contrôlant des ressources inégales, et qui les lient de façon affectifs sur la base d'échange de services.


On devrait pas, dans le cas de relations entre Etats, parler de relations de clientèle puisque les Etats sont censés être des abstractions. Mais c'est différent dans le contexte franco-africain, les relations entre la France et ses anciennes colonies ne sont pas des relations entre des Etats comme les autres.

On peut parler de clientélisme franco-africain à double titre, tout d'abord étant donné le nature de l'échange et ensuite par rapport à la personnalisation de celui-ci. Il s'agit d'un échange entre inégaux, avec d'une part le patron, qui contrôle des ressources critiques pour le client et d'autre part le client qui a inversement besoin de ce patron pour sa survie. C'est sur cette base que des échanges de services de toute nature vont se créer.

Les Etats Français et Africain sont enracinés dans un tissu de relations interpersonnelles qui lient les membres des classes dirigeantes et des élites à la fois politiques et économiques, de nos pays respectifs. C'est très caractéristique aujourd'hui, lorsqu'on constate les relations amicales qu'Omar Bongo entretien avec des membres de notre classe dirigeante Toute la Françafrique a été fondée sur des relations amicales, avec des échanges sociaux entre les membres de nos classes dirigeantes.

Sa principale caractéristique est, selon moi le mélange des genres, à travers des échanges personnels privés et amicaux mais aussi publics. C'est le rapport entre les Etats qui est en question, car les relations d'amitié sont instrumentalisées au profit de relations d'Etat et inversement. Il s'agit aussi d'échanges politiques et économiques mélangés. En effet, Omar Bongo passe pour financier tous les partis français, ce qui indiquerait que les Français sont corrompus, mais dans d'autres cas c'est l'inverse. On ne peut pas distinguer les corrupteurs des corrompus, car cela joue dans les deux sens. Enfin, un leader africain est fragile et a besoin de protection .C'est la raison pour laquelle la France remplit un rôle de protecteur à la fois militaire, politique et économique.

En 1960, le général De Gaulle a été obligé d'accorder l'indépendance, instaurant une nouvelle légalité internationale formelle. En même temps, il chargeait son bras droit, Jacques Foccart (homme de l'ombre de gaullisme, Jacques Foccart est l'ancêtre les réseaux franco-africains depuis l'Indépendance. Secrétaire général de l'Elysée sous la présidence du général le Gaulle, chargé du domaine réservé Afrique et Services, puis conseiller personnel pour l'Afrique de Georges Pompidou, il est devenu le conseiller personnel de Chirac à Matignon de 1986-1988 puis à l'Elysée, de mai 1995 jusqu'à sa mort en 1997), de faire exactement l'inverse pour des raisons stratégiques c'est-à-dire de maintenir la dépendance d'un certain nombre de pays.

Il l'a fait en sélectionnant des chefs d'Etat amis par la guerre civile (comme au Cameroun, une guerre épouvantable qui a fait entre 100 000 et 400 000 morts), par l'élimination physique comme celle de Sylvanus Olympio au Togo (premier Président élu du Togo indépendant, il a été assassiné le 12 janvier 1963 par le feu Etienne Gnassingbé Eyadéma) ou du Centrafricain Barthélemy Boganda, disparu dans un accident d'avion, ou par la fraude électorale massive.

Avec ces chefs d'Etat amis à la France, ont pu être maintenus les « intérêts de la France », moyennant une omniprésence des services secrets et la mise ne place de financements parallèles, comme ceux que l'on voit aujourd'hui émerger dans l'affaire Elf. C'est comme dans un iceberg : la réalité la plus profonde est fort différente de l'apparence. Quand vous voulez gérer une dépendance et que vous proclamez une indépendance, cette gestion se fait forcément avec des moyens illégaux, occultes.