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CAMEROUN-NZANA SEME: FRÈRES ET SOEURS BETI, BULU ET FANG, CHOISISSEZ ENTRE VOTRE ETHNIE ET NOTRE NATION

L'enjeu fondamental de la lutte politique consiste non seulement dans les positions de pouvoir,mais aussi de l'accumulation .Ceci s'applique à mon avis parfaitement au cas du système politique gabonais,avec des nuances .Il faut d'abord tenir compte du fait ce que tout le monde sait que le Gabon est un pays minier et non agricole, ce qui concerne en particulier le pétrole. C'est donc un Etat rentier, la base économique de l'Etat reposant sur la rente minière et non sur la production et le travail.

Le système est différent en Côte d'Ivoire .Si Félix Houphouët-boigny prélevait sa quote-part par le biais de caisse de stabilisation, la croissance de la Côte d'Ivoire reposait sur sa mise en valeur économique et le travail de la population. C'est un élément important,car nous constatons que les Etat miniers sont plus naturellement enclin à la corruption et la prédation que les Etat non miniers avec une exception, cependant: le Botswana, Etat minier fondé sur lez diamant,que sa classe dirigeante a su gérer en investissant dans le développement.

Nous nous trouvons dans le cas du Gabon, en face d'un système politique où le Président est véritablement le propriétaire de l'Etat. Il gère donc son pays comme il gère sa propriété privée. Le problème fondamental d'un chef d'Etat Africain dans un contexte extrêmement contraignant, est la survie politique. Pour survivre, lorsque l'on ne bénéficie pas d'une légitimité intrinsèque, le pouvoir doit s'appuyer sur certains ressorts. Au Gabon, le ressort essentiel est la redistribution à laquelle M. Bongo fait d'ailleurs allusion de façon intéressante dans son ouvrage. En effet, si l'on veut solidifier son pouvoir et se créer des soutiens, il faut se créer des clients. C'est là que réside tout l'art politique.

Il faut d'abord extraire les ressources (ce qui n'est pas difficile dans la mesure le pouvoir politique les contrôle) puis les redistribuer, car sinon on scie la branche sur laquelle on est assis, ce qui pose des problèmes d'instabilité politique. Les chefs d'Etat Africains qui ont duré sont ceux qui ont su redistribuer. Cependant, il ne s'agit pas de redistribuer en fonction d'une loi générale applicable à tous, car tout est basé sur le favoritisme à travers le jeu de la grâce et de la disgrâce.

On arrive en faisant tourner la distribution, à contrôler le pays, puisque les personnes qui bénéficient à un moment donné d'une faveur en sont reconnaissantes et tirent une obligation loyauté. Quand elles perdent cette faveur, car il faut bien en faire profiter d'autres, elles se soumettent encore davantage, au lieu de se rebeller, en espérant que la prochaine elle sera plus importante. Tout le jeu repose sur l'extraction, et une redistribution de type clientéliste.

Je fais une distinction entre deux systèmes politiques : ceux qui fonctionnent selon un mode de régulation patrimonial ou <Patrimonialisme rationalisé>, et ceux qui arrivent à survivre par la redistribution. Le Gabon appartient à la première catégorie, il se rapproche en cela des systèmes camerounais, kenyan, ivoirien, etc. A l'autre pôle, existent des systèmes qui ne se préoccupent pas de la survie à court terme et se montrent beaucoup plus violents Ils ont recours à l'extorsion et à la prédation violente directe, ce qui fait référence aux cas les plus extrêmes et les plus sanglants de systèmes politiques africains, et aux <seigneurs de la guerre>.

Dans ce cas, le pouvoir politique cherche à contrôler directement les mines, à en extraire les ressources en à s'enrichir sue cette base. Le Gabon s'inscrit plutôt dans ce que j'appelle le <patrimonialisme rationalisé>. C'est grosso modo mon analyse du système gabonais dans sa dimension interne, une autre de ses caractéristique étant la dimension externe : il s'agit non seulement entre le chef et se sujets mais aussi entre le Gabon et la France.

J'en viens à l'idée de : <<françafrique>>. Ce terme a été repris par M. Verschave, mais je l'assume totalement En effet, seulement c'est une belle image (on retrouve le mot fric dans Françafrique), mais aussi un véritable concept. C'est la meilleure expression permettent de caractériser le tissu très particulier de relations qui s'est créé entre la France et les pays Africains qui sont ses anciennes colonies voire avec d'autres.

La Fançafrique est un concept original. Il n'existe pas d'<angloafrique> ou de <belgioafrique>. En ce sens, le type de relations entre la France et les pays Africains de la Françafrique illustre parfaitement l'expression de <<néocolonialisme>> dont il a à mon sens été abusé. Le néocolonialisme repose sur un tissu d'échanges complètement mélangé. Nous pouvons tout d'abord l'analyser en terme de relations de clientèle qui, normalement s'appliquent aux relations entre individus inégaux contrôlant des ressources inégales, et qui les lient de façon affectifs sur la base d'échange de services.

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