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Les accords secrets avec l'Afrique : encore d'époque ?

Par David Servenay / Publié le 26 juillet 2007 à 00h52

Sarkozy à Dakar, en septembre 2006 (Claire Soares/Reuters).

L'année 2010 verra-t-elle la fin de la Françafrique ? Nicolas Sarkozy l'a annoncé ce mercredi au cours de la traditionnelle conférence des ambassadeurs. « Fin 2009, les accords de défense qui nous lient à huit pays africains auront été renégociés dans une perspective radicalement nouvelle », a-t-il précisé. Nouveauté ? Voire, car ces accords vieux de cinquante ans ont des facettes cachées mais très utiles lorsqu'il s'agit de sauver un dictateur... Rue89 révélait en juillet 2007 une partie des clauses secrètes des accords de défense.

(De nos archives) Ce fut le débat escamoté de la campagne présidentielle : qu'allait faire le nouvel élu en matière de politique africaine ? L'observateur crut un instant que la candidate du Parti socialiste allait innover, en publiant son projet pour l'Afrique. Las, dès la publication de ce texte dans Témoignage chrétien, Ségolène Royal prit ses distances avec des propositions jugées trop audacieuses. Son équipe argua même que le texte publié dans l'hebdomadaire n'avait jamais reçu l'aval de la candidate ! Argument démenti par la rédaction de l'hebdomadaire.

Les accords de décolonisation entre les pays africains et la France:

 

 Quelques jours plus tard, alors qu'elle présentait son projet en matière de défense, les propositions de réformer les accords de défense et de soumettre la décision des opérations extérieures de l'armée au contrôle du Parlement avaient subitement disparu. Jamais, par la suite, Ségolène Royal n'expliqua cette volte-face aussi rapide que spectaculaire. Peut-être avait-elle compris qu'il est délicat d'ouvrir la boîte de Pandore africaine...Quant à Nicolas Sarkozy, il se montra en la matière d'un conformisme étonnant pour un candidat censé incarner la rupture. Dans son discours de campagne sur la politique internationale, pas la moindre proposition de réforme sur la sphère africaine. Il y aurait pourtant matière à innover.

Des accords très secrets

Premier constat : la France maintient de nombreux accords de défense avec les pays du pré carré. Ces accords sont classés en différentes catégories, du simple échange de lettres à l'accord de défense secret, en passant par les différentes formes de convention technique, d'accord de coopération ou d'assistance militaire. En 2000, l'Assemblée nationale se penchait pour la première fois sur cette jungle juridique, aussi complexe qu'opaque.

Sept pays du » champ » maintenaient alors en vigueur le cadre juridique défini entre 1959 et 1961 : accord spécial de défense avec le Cameroun, la Centrafrique, la Côte d'Ivoire (plus une convention relative au maintien de l'ordre), le Gabon (plus convention maintien de l'ordre), le Sénégal, le Tchad (convention spéciale de maintien de l'ordre, secrète) et le Togo (accord de défense, secret).

Que disent ces textes ? Essentiellement deux choses : d'abord il s'agit, à l'époque des indépendances, de donner les moyens à ces nouveaux Etats de former une armée capable de résister aux pressions de la guerre froide. Effectifs, formation et fourniture d'armes : tout est prévu. L'autre volet, secret, consiste à maintenir le lien de sujétion entre l'ex-puissance coloniale et ses » amis » africains. Notamment en matière de » maintien de l'ordre » .

Un espion et un juriste

Un ancien chef du service Afrique du Sdece, les services secrets extérieurs, l'a parfaitement résumé dans » 'Ministre' de l'Afrique » (Seuil), ses Mémoires publiées en 2004 : » Nos objectifs prioritaires, explique alors Maurice Robert, étaient par conséquent, d'une part, d'empêcher l'extension de la subversion et de la pénétration communistes, en particulier dans les pays d'Afrique noire française limitrophes de la Guinée : le Mali, le Sénégal et la Côte d'Ivoire, d'autre part de veiller à ce que les Américains n'empiétassent pas, notamment au plan économique, sur notre zone d'influence. »

Pour ce faire, cet excellent ami de Jacques Foccart, le Monsieur Afrique du général de Gaulle, invente une structure baptisée PLR, Poste de liaison et de renseignement, présente dans chacune des quatorze capitales du pré carré. Le PLR est un homme du Sdece, dont le rôle est à la fois de former les services secrets locaux et de surveiller les activités du Président local auquel il a accès 24h/24. Cet espion est secondé par un autre conseiller occulte, lui aussi affecté directement auprès du président de la République » indépendante » .

Juriste de haut vol, souvent magistrat ou conseiller d'Etat, sa tâche est, en cas de crise, d'assister techniquement le pouvoir en matière de réforme constitutionnelle. Au besoin, il fait évoluer le système administratif pour écraser dans l'œuf toute velléité d'opposition politique un peu trop active. Les nombreuses réformes institutionnelles du Gabon ou du Sénégal, pour prendre deux exemples fort éloignés, en témoignent. Dans tous les cas, le droit est au service de la force.

Intervention à volonté

Revenons au maintien de l'ordre. Comme tous les observateurs du monde africain, le général de Gaulle considère que les anciennes colonies ne sont pas tout à fait mûres pour la démocratie. Le chef de l'Etat invente donc avec l'équipe Foccart un dispositif d'aide d'urgence, en cas de menace putschiste intempestive. C'est là l'essentiel des clauses secrètes des accords de défense: pouvoir, en toutes circonstances, sauver le Président adoubé par l'Elysée.

Ce texte –fort simple– provient des archives de l'Ecole supérieure de guerre (ESG), tel qu'il était enseigné aux officiers stagiaires en 1967. Intitulé » Accords et conventions de maintien de l'ordre dans les Etats africains et malgaches » , il détaille par le menu le processus d'intervention de l'armée française en cas de menace, intérieure ou extérieure.

Premier point : la France » peut » intervenir, mais n'a aucune obligation de le faire. C'est à la libre discrétion du président de la République française, seul décisionnaire sur ce sujet. La demande passe par l'ambassadeur de France.

Deuxième point : c'est le » chef de l'Etat » africain qui formule sa demande » dans une situation particulièrement grave » . Laquelle situation n'est pas plus détaillée : il n'est pas fait mention d'agression extérieure ou de menace quelconque. Les termes restent suffisamment vagues pour justifier toute demande.

Troisième point : le commandement des troupes locales et l'usage du feu sont immédiatement transférés à l'officier français envoyé sur place. Ce dernier aspect est loin d'être anecdotique. Il permet de comprendre la plupart des dérapages ayant lieu en Afrique, du putsch de février 1964 au Gabon aux tirs aveugles dans la foule ivoirienne en novembre 2004, en passant par la féroce répression des émeutes de Port-Gentil (Gabon) en 1990. Ce texte encadre strictement ces opérations et il est très clair : les commandants français ont toute latitude pour » rétablir et maintenir l'ordre » . Toutefois, il prévoit un garde-fou avec la référence à » l'autorité civile locale, seule habilitée à prescrire l'usage des armes » .

Texte et gadgets
Pourquoi Mitterrand ? de Pierre Joxe.

Les politiques français ignorent-ils ces dispositions ? A lire les derniers souvenirs de Pierre Joxe, dans son » Pourquoi Mitterrand ? » (éd. Philippe Rey), on pourrait le croire. L'ancien ministre de la Défense et de l'Intérieur raconte une conversation avec le Président Mitterrand qui, en 1988, visiblement feint l'ignorance : » Je lui 'révélai', raconte Joxe, ce que j'avais appris sur les mesures spéciales organisées par notre détachement de l'armée de l'air, au Gabon, qui maintenait en veille, sur ordre, un équipage 24 heures sur 24, 365 jours par an, prêt à tout moment à exfiltrer Bongo en cas de besoin.

Je lui évoquai encore quatre ou cinq histoires de ce genre, feignant de ne pas tout savoir et concluant que nous étions là dans le même rôle que la CIA en Amérique centrale auprès de tyrans comme Somoza. » En somme, la France aurait joué en Afrique le rôle endossé par les Etats-Unis en Amérique du Sud... Drôle de comparaison.

Autre disposition –architecturale celle-ci– bâtie au moment des indépendances : il existe dans ces capitales un souterrain reliant la résidence du président de la République ou du Premier ministre à celle de l'ambassadeur de France. Au cas où, on ne sait jamais... Le Président ivoirien Laurent Gbagbo eut d'ailleurs, parmi ses mesures de représailles, le réflexe de boucher ledit souterrain pour manifester son désaccord avec la politique de Jacques Chirac. En tout cas, l'image de ce boyau invisible et clandestin résume à lui seul la nature des liens instaurés entre la France et ses anciennes colonies.

L'impossible réforme, à moins...

Est-il envisageable de réformer ce lourd dispositif juridique ? Les débats les plus récents apportent sans aucun doute une réponse négative, à moins de bouleverser notre système de défense. Ainsi, lorsqu'il fut entendu par la commission sénatoriale chargée d'examiner les interventions extérieures de l'armée, le chef d'état-major des armées fut très affirmatif : »

Il a précisé que dans tous les cas, notent les sénateurs relatant les propos d'Henri Bentegeat, la France conservait la possibilité d'apprécier, en fonction de la situation, si la demande éventuelle d'un Etat répond bien aux critères de mise en œuvre de l'accord. Il a estimé que la révision de ces accords de défense donnerait lieu à des débats complexes et comporterait sans doute plus d'inconvénients que d'avantages. » Plus d'inconvénients... On aurait aimé savoir lesquels.

Le général Bentegeat avait partiellement répondu à cette interrogation en 2002, lors d'une autre audition devant l'Assemblée nationale, à propos de la situation en Côte d'Ivoire : » Personne n'imagine aujourd'hui une application des accords de défense en dehors des situations ne correspondant pas à une agression extérieure, disait-il, même si certains accords de défense passés par la France comportent des clauses secrètes prévoyant des cas d'intervention plus larges. » En somme, au royaume du secret, seuls les initiés sont rois.

Des parlementaires engourdis par le discours des généraux

Pourtant, les parlementaires ont à plusieurs reprises manifesté leur volonté de reprendre la main sur les opérations africaines. Dès 2000, un rapport de l'Assemblée pointait la nécessité de mieux les contrôler. Même tonalité en 2006, au Sénat, où les rapporteurs soulignaient l'urgence de rénover un système de défense obsolète : » Une révision à terme est certainement souhaitable ; elle supposerait cependant que des relais efficaces aient pu être mis en place pour assurer des garanties de sécurité régionale, ce qui n'est à l'évidence pas encore le cas. »

En somme, si le plat est toujours chaud, personne n'a envie de jouer les apprentis cuisiniers. L'occasion est pourtant belle de redorer le blason diplomatique du Parlement. Elle permettrait aussi de réaffirmer de manière forte la France des » droits de l'Homme » brandie par le Président français, le 6 mai, au soir de son élection. Nicolas Sarkozy escamotera-t-il ce débat comme il a délaissé le front de la sécurité intérieure ou reprendra-t-il le flambeau gaullo-mitterrandien ?

 Les 11 composantes des accords post coloniaux avec la France

TOPICS: Accords Post Coloniaux Afrique Colonisation France

 Posted By: Prosper 7 octobre 2016

Peu de gens le savent. Mais il existe bel et bien des accords signés entre les anciennes colonies françaises et leur ancienne autorité administrative, la France. Ces accords concernent de nombreux domaines, tels que le militaire, le politique, mais surtout des accords économiques. Dans cet article, nous allons détailler les onze principales composantes de ces accords, signés juste avec les indépendances. Et qui sont toujours en vigueur. Et appliqués à la lettre par nos états...

#1. La dette coloniale pour remboursement des bénéfices de la colonisation

Les états nouvellement indépendants doivent rembourser le coût des infrastructures construites par la France pendant la colonisation. Nous cherchons toujours le détail des coûts, l'évaluation des bénéfices et des conditions de paiements imposés par la France aux pays africains (toute information nous serait utiles).

#2 . La confiscation automatique des réserves financières nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves financières auprès de la Banque de France. Ainsi, la France « garde » les réserves financières de quatorze pays africains depuis 1961 : le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Tchad, le Congo-Brazzaville, la Guinée Equatoriale et le Gabon.

Ainsi, la gouvernance des politiques monétaires reste asynchrones et incomplètes du fait qu'elles sont pilotées directement par le gouvernement français, sans aucun lien avec les autorités financières des pays tels que la CEMAC ou la CEDEAO. Ainsi, du fait des conditions qui lient les banques des zones économiques et financières, elles sont obligées de garder 65% de leurs réserves de change dans un compte d'opérations tenu par le Trésor Français, ainsi que 20% supplémentaire afin de couvrir « les risques financiers ».

De plus, les banques des zones CFA imposent une limite de crédit à chaque pays membre équivalent à 20% des recettes d'état de l'année N-1 ! Bien que le BEAC ou la BCEAO ont des possibilités de retrait supérieur auprès du Trésor Français, ces retraits doivent faire l'objet de l'accord du Trésor Français. La décision finale revient donc au Trésor Français qui a lui même investi les réserves des pays africains sur la place boursière parisienne. En d'autres mots, 80% des réserves financières africaines, sont déposées sur un compte opération contrôlée par l'administration française.

Les deux banques de la zone CFA sont africaines de par leurs noms, mais ne décident aucune des politiques monétaires par elle-même. Pire, les pays eux mêmes ne savent même pas quel est la part de réserves financières qui leur appartient en groupe ou individuellement en tant que pays, mais détenus par l'administration du Trésor Français.

Les gains issus des investissements de ces fonds au Trésor Français sont censés être rajouté à la cagnote africaine, mais aucun compte n'est donné là dessus aux banques ni même aux pays membres. « Seul un groupe limité à six administrateurs du trésor français ont connaissance des montants du compte d'opération, du lieu d'investissement des sommes. Les banques centrales africaines n'ont pas accès à ces informations » déclarait le Dr. Gary K. Busch.

500 milliards de dollars des caisses africaines au Trésor français

On estime maintenant que la France détient près de 500 milliards de dollars auprès de son trésor. Elle est donc prête à tout afin de combattre toute personne qui chercherait à faire la lumière sur le côté obscure de ce vieille empire. Les pays africains ne disposent pas d'accès à cet argent. La France leur permet d'accéder à seulement 15% de l'argent chaque année. Si elles ont besoin de plus que cela, ils doivent emprunter de l'argent supplémentaire à partir de leur propre 65% du

Trésor français à des taux commerciaux.

De plus, la France impose un plafond sur le montant de l'argent que les pays peuvent emprunter dans leur réserve. Le plafond est fixé à 20% de leurs recettes publiques de l'année précédente. Si les pays ont besoin d'emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France dispose d'un droit de veto. L'ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l'argent des pays africains dans les banques en France. Voici une de ses vidéos qui parle du système d'exploitation français. Il parle en français, mais voici une transcription d'un extrait court: «Nous devons être honnêtes et reconnaître qu'une grande partie de l'argent dans nos banques viennent précisément de l'exploitation du continent africain.«

#3 . Le droit de premier refus sur toute ressource brute ou naturelle découverte dans le pays

La France a le premier droit d'achat des ressources naturelles de la terre de ses ex-colonies. Ce n'est qu'après que la France ait dit: « Je ne suis pas intéressé », que les pays africains sont autorisés à chercher d'autres partenaires.

#4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises français dans les marchés publics et appels d'offre publics

Dans l'attribution des marchés publics, les entreprises françaises ont la priorité sur l'attribution. Même si les pays africains peuvent obtenir un meilleur rapport qualité-prix ailleurs. En conséquence, dans la plupart des ex-colonies françaises, tous les leviers économiques des pays sont entre les mains des expatriés français. En Côte d'Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. C'est la même chose dans le commerce, la construction et l'agriculture. En fin de compte, comme je l'ai écrit dans un article précédent, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens!

#5. Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des colonies

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les «accords de défense» attachés au pacte colonial, les Africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs en formation en France. La situation sur le continent est telle que la France a formé des centaines, voire des milliers de « traîtres« . Ils sont tous en sommeil, et seront activés en cas de besoin pour un coup d'Etat ou tout autre but!

#6. Le droit pour la France de déployer des troupes et d'intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

En vertu de ce qu'on appelle « les accords de défense » attachés au pacte colonial, la France a le droit d'intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans les bases et installations militaires, entièrement gérées par les Français.

Lorsque le président Laurent Gbagbo de la Côte d'Ivoire a tenté de mettre fin à l'exploitation française de son pays, la France a organisé un coup d'Etat. Pendant le long processus pour évincer Gbagbo, des hélicoptères de combat et des forces spéciales sont intervenus directement dans le conflit, et ont tiré sur des civils. La France a estimé que les hommes d'affaires français avait perdu plusieurs millions de dollars d'actifs en quittant précipitamment Abidjan en 2006.

Pourtant, l'armée française a massacré près de 65 civils non armés et en a blessé 1.200 autres. Par la suite, la France a réussi un coup d'Etat. Elle a fini par transférer le pouvoir à Alassane Ouattara. La France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté française pour rembourser les pertes pendant la guerre civile. Le gouvernement Ouattara leur a payé deux fois le prix de ce qu'ils avaient demandé.

#7. L'obligation de faire du français la langue officielle du pays et la langue pour l'éducation

Oui, Monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière! Une organisation de la langue française et de la diffusion de la culture française a même été créé. Elle s'appelle la « Francophonie » et possède plusieurs organisations satellites. Ces organisations sont affiliées et contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères. Comme nous l'avons démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous aurez accès à moins de 4% de la connaissance de l'humanité et des idées. Cela reste très limitatif.

#8. L'obligation d'utiliser le franc CFA (franc des Colonies Françaises d'Afrique)

Voilà la vraie vache à lait pour la France. Ce système est même dénoncé par l'Union européenne. Mais la France n'est pas prête à faire tomber ce système économique datant de la colonisation qui met environ 500 milliards de dollars des caisses de l'Afrique dans sa trésorerie. Lors de l'introduction de la monnaie Euro en Europe, les autres pays européens ont découvert le système d'exploitation français. Beaucoup, spécialement les pays nordiques, ont été consternés; ils ont suggéré à la France de se débarrasser du système, mais sans succès.

#9 . L'obligation d'envoyer en France, un bilan annuel et un rapport d'état des réserves.

Pas de rapport, pas d'argent. Quoi qu'il en soit, le directeur des banques centrales des ex-colonies présente ledit rapport lors des réunions bi-annuelle des ministres des Finances sur les ex-colonies. Ce rapport est ensuite compilé par la Banque de France et le Trésor français.

#10 . Renoncer à toute alliance militaire avec d'autres pays, sauf autorisation de la France

Pourquoi les alliances militaires régionales en Afrique sont les plus faibles? La plupart des pays ont seulement des alliances militaires avec leurs ex-colonisateurs! Drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux!. La France leur interdisait tout autre alliance militaire.

#11 . L'obligation de s'allier avec la France en cas de guerre ou de crise mondiale

Plus d'un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme au cours de la seconde guerre mondiale. Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée. Mais quand vous pensez qu'il a fallu seulement 6 semaines à l'Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient leur être utiles pour sauver la «Grandeur de la France » à l'avenir.

Il y a quelque chose de presque psychopathe dans la relation entre la France avec l'Afrique.

Tout d'abord, la France est accro au pillage et à l'exploitation de l'Afrique depuis l'époque de l'esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de créativité et d'imagination de l'élite française à penser au-delà du passé et de la tradition. Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelées dans le passé, habitées par des paranoïaques et psychopathes « hauts fonctionnaires ». Ils répandent la peur de l'apocalypse si la France changeait de stratégie. Leur référence idéologique date encore du 19ème siècle: ce sont les ministres des finances et du budget et des affaires étrangères de la France.

Ces 2 institutions ne sont pas seulement une menace pour l'Afrique, mais pour les Français eux-mêmes. C'est à nous, africains de nous libérer, sans en demander la permission. Parce que je ne comprends toujours pas comment 450 soldats français en Côte d'Ivoire ont pu contrôler le destin d'une population de 20 millions de personnes!?

La première réaction des gens quand ils apprennent l'existence de la taxe coloniale française est de poser la question: «Jusqu'à quand? » A titre de comparaison historique, la France a fait payer Haïti l'équivalent de 21 milliards $ de 1804 à 1947 (près d'un siècle et demi) pour les pertes causées aux marchands d'esclaves français par l'abolition de l'esclavage et de la libération des esclaves haïtiens. Les pays africains paient la taxe coloniale depuis seulement 50 ans, donc je pense que cela pourrait durer encore un siècle de plus!

Source: https://africtelegraph.com/accords-post-coloniaux-france/

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