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La tragédie congolaise expliquée en 5 mn

 3. Alain Deneault : ''Noir Canada: Pillage, corruption et criminalité en Afrique"

 

Présentation de l'éditeur:

Qu'ont en commun la guerre en République démocratique du Congo, les REER et autres cotisations de fonds de retraite ? Réponse : la Bourse de Toronto et un Noir Canada. Le Canada appuie politiquement et financièrement des sociétés minières et pétrolières canadiennes qui exploitent le sol africain, enregistrent des profits colossaux, principalement à la Bourse de Toronto, alors qu'elles se rendent coupables des pires abus en Afrique.

Les cas de pillage, de corruption et de crimes recensés dans ces pages font froid dans le dos : guerre sanglante dans la région des Grands Lacs africains largement attisée par ces compagnies qui financent et arment des seigneurs de guerre, mineurs enterrés vifs en Tanzanie, empoisonnement massif et " génocide involontaire " au Mali, expropriations brutales au Ghana, barrages hydroélectriques dévastateurs au Sénégal, privatisation sauvage du transport ferroviaire en Afrique de l'Ouest, sans tenir compte des impacts sur l'environnement et sur les équilibres sociaux...

Alain Deneault décrit avec lucidité et ironie toute l'architecture d'un système politique et financier honteux qui légitime et soutient le pillage des ressources du continent africain. Il démontre avec éloquence que le Canada est loin de cet " ami de l'Afrique " qu'il se targue d'être...

Contrats Léonins au Congo-Kinshasa (pp.42-43)

''Le Congo oriental peine aujourd'hui à sortir d'une guerre dont les morts se comptent par millions. Les investissements financiers de sociétés minières et pétrolières attisent les conflits, quand ils ne sont pas directement à l'origine d'affrontements sanglants. En 1996, des sociétés occidentales majoritairement canadiennes ont financé, armé et encadré Laurent-Désiré Kabila, de même que ses soutiens ougandais et rwandais, pour lui permettre de renverser le maréchal Joseph Mobutu au pouvoir depuis des décennies. En échange de cette aide, et parfois avant même qu'il ne soit président de l'ex-Zaïre devenu.

Toutes ont ainsi induit le droit au pillage massif des ressources congolaises et la légalisation des extorsions réservées jadis au seul République démocratique du Congo, Kabila a consenti à ces sociétés des « contrats léonins » outrancièrement avantageux. Les partenariats économiques du nouvel État avec ces sociétés maintenaient le pays sous la tutelle d'intérêts strictement financiers. La stratégie juridique des sociétés minières a consisté le plus souvent à [(tire dans ces contrats la valeur réelle des gisements qu'elles acquéraient à vil prix, pour ensuite les évaluer à la hausse sur les places boursières afin d'en faire l'objet de spéculations lucrativissimes.

Toutes ont ainsi induit le droit au pillage massif des ressources congolaises et la légalisation des extorsions réservées jadis au seul clan despotique au pouvoir. Mener des affaires au Congo oriental, c'est faire de la politique là où aucun cadre formel ne fonde sérieusement les décisions d'ordre public. C'est s'ingérer totalement dans les décisions de l'État. Les sociétés canadiennes sont citées de façon récurrente dans les travaux du Groupe d'experts sur l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesses de la République démocratique du Congo, mandaté par le conseil de sécurité de l'ONU afin d'enquêter sur les ententes commerciales signées au Congo oriental en temps de guerre.

Il en est de même des travaux de la Commission nationale d'enquête sur les ententes minières, instituée en 2003 par le parlement congolais et présidée par le député Christophe Lutundula, malgré l'opposition du nouveau président Joseph Kabila. Les deux entités ont pu contribuer à la compréhension des événements, jusqu'à ce que les travaux de la première se dissipent dans la censure et que le rapport de la seconde, rendu public grâce à une fuite, soit récupéré pour renégocier sur un mode occulte bien connu des accords léonins qui avaient été paraphés par une commission congolaise publique chargée de réviser les contrats miniers.

La doctrine libérale, que font leur les têtes d'affiche de la scène économique, ne génère pas le doux commerce ni le sain contexte concurrentiel revendiqué sur le papier glacé des sociétés privées et les tribunes de clubs, mais plutôt des consortiums, cartels et monopoles prédateurs gérés depuis les paradis fiscaux.''

Imhotep

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