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Origine et évolution de l'humanité

 Si l'article ne comporte pas de résultats quantitatifs du taux de mélanine présent dans les échantillons de peau prélevés sur des momies égyptiennes, il confirme la présence de grains de mélanine et la faisabilité de son dosage :

"L'analyse histologique du tissu épithélial a permis de mettre en évidence la stratification typique de l'épiderme et de relever la présence de granules de mélanine dans le cytoplasme de la couche basale".

Jean Bernard, qui a été Directeur de l'Institut de recherches sur les leucémies et maladies du sang, Président de l'Académie des Sciences et membre de l'Académie française, dans son ouvrage ''Le sang et l'histoire (1983)'', montre que l'analyse du sang permet de caractériser les populations, évoquant au passage le cas de la momie de Nakht :

"Les groupes sanguins, les hémoglobines, les enzymes, restent les mêmes (sauf rarissimes exceptions) de la naissance à la mort. Au-delà de la mort. L'examen de la momie du tisserand égyptien Nakht, qui vivait du temps de Ramsès II, a montré que le tisserand appartenait au groupe sanguin B. Permanence héréditaire. Ces caractères sanguins se transmettent immuables de génération en génération selon les lois de la génétique mendélienne. Ils sont les témoins aisément accessibles, très fidèles, de notre patrimoine génétique. L'étude des caractères du sang, de leurs variations reflète très exactement l'état, les variations des gènes qui gouvernent les caractères du sang. La permanence des caractères du sang qui exprime la permanence génétique permet de reconnaître, de définir, au long des siècles, les populations."

Depuis plus d'une dizaine d'années, les techniques de la biologie moléculaire, plus précisément celles mises en oeuvre pour l'étude de l'ADN et des gènes anciens ou archéogénétique, sont appliquées à l'étude des momies égyptiennes comme l'illustrent les travaux du chercheur suédois Svante Pääbo travaillant au Département de Zoologie de l'Université de Munich, l'un des initiateurs de l'archéologie moléculaire.

En effet, le professeur Svante Pääbo a produit, en 1985, la première mise en évidence de la préservation de l'ADN dans les restes humains et la démonstration de la possibilité non seulement de le récupérer mais aussi de le dupliquer. Dans un article intitulé "A molecular approach to the study of Egyptian History", Svante Pääbo et Anna Di Rienzo de l'Université de Berkeley en Californie, indiquent que les premières investigations portant sur l'ADN mitochondrial ont été menées sur les populations de l'Afrique sub-saharienne en 1989 puis du Japon, de la Sardaigne et du Nord ouest des Etats-Unis. Ils mentionnent également une étude en cours du même type sur la population du Delta du Nil dans le but de formuler des hypothèses sur l'origine et l'histoire de cette population.

Les auteurs soulignent le long travail nécessaire à l'obtention de résultats avec une statistique correcte, c'est-à-dire scientifiquement pertinents. Eric Crubézy, professeur d'anthropologie à l'Université Paul Sabatier à Toulouse, signale dans un article intitulé "Les surprises de l'ADN ancien - Une technique miracle à manier avec précaution", l'analyse de l'ADN de deux corps inhumés dans la nécropole d'Adaïma, en Egypte, 3700 ans avant J.-C. :

"Celui-ci [l'ADN] les apparente aussi à des populations d'origine subsaharienne, ce que confortent des éléments morphologiques et épidémiologiques concernant l'ensemble de la population".

Analyses de la pigmentation de la peau, analyses des groupes sanguins et analyses de l'ADN, en particulier des momies royales égyptiennes autochtones authentiques, sont donc autant de techniques d'investigation opérationnelles dont les résultats doivent d'être connus afin de contribuer à la reconstitution objective du passé.

3. Biologie moléculaire, populations et migrations

Jean Bernard, cité plus haut, consacre un chapitre de son livre au sang et à l'histoire des migrations. Il y montre, sur des exemples concrets, comment certaines énigmes ont pu être résolues ou des controverses stoppées grâce à l'analyse du sang:

" Que sont réellement les Ainu ? Blancs ou Jaunes ? d'où viennent-ils ? Les controverses ouvertes par les descriptions de La Pérouse se poursuivent depuis deux cents ans ... Les études du sang des Ainu, l'hématologie ont permis de répondre aux questions posées, de classer les Ainu". ... "Ainsi, l'hématologie est formelle ; les Ainu ne sont pas des Blancs. Ils sont, très vraisemblablement, des Asiatiques différents des Japonais actuels, de vieux Asiatiques".

"L'histoire des migrations indo-européennes, l'histoire des expéditions des Normands, l'histoire des conquêtes des souverains Khmers sont, toutes trois, bien connues. Dans les trois cas, d'utiles confirmations ont été apportées par l'étude du sang, par l'étude du système HLA pour les Indo-Aryens et les Normands, par l'étude des hémoglobines pour les Khmers".

C'est donc dire que la biologie moléculaire contribue aussi à identifier les mouvements migratoires humains, ainsi que l'a noté Louise Marie Diop. dans le cas de l'Afrique, lors du 2ème Congrès international de démographie historique tenu à Paris en juin 1987:

"- L. Excoffier et ses collaborateurs ont mis en évidence une "proximité génétique" entre "les populations dinka et nuer", d'une part, et "le groupe de l'Afrique de l'Ouest" d'autre part.

"- Cette constatation vient renforcer la thèse soutenue par Cheikh Anta Diop selon laquelle des flux migratoires se sont produits de la vallée du Nil vers l'Afrique de l'Ouest, ainsi qu'il apparaît sur le tableau des pages 496 et 497 de ''Nations nègres et Culture'' où l'auteur avait relevé, entre autres, 33 noms ethniques communs aux Nuer, justement, et aux Sénégalais".

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