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Origine et évolution de l'humanité

 Il ressort de ce qui précède que les résultats les plus récents de la recherche obtenus conjointement dans les domaines de la paléontologie, de l'archéologie et la génétique présentent une forte cohérence d'ensemble et une convergence remarquable confirmant la validité de la théorie de l'origine monogénétique et africaine de l'homme moderne (homo sapiens sapiens). C'est pourquoi, aujourd'hui, cette théorie recueille l'accord du plus grand nombre des savants dans le monde. Dès 1962, à partir de l'analyse des résultats de la paléo-anthropologie humaine et de l'archéologie déjà acquis et disponibles à cette époque, Cheikh Anta Diop avait soutenu la théorie de l'origine monogénétique et africaine de l'homme moderne, notamment dans son étude intitulée "Histoire primitive de l'Humanité. Évolution du monde noir".

2. Biologie moléculaire et momies égyptiennes

Le philosophe grec Xénophane, cité par Arnold Toynbee, notait :

"Les Ethiopiens disent que leurs dieux ont le nez camus et la peau noire, et les Thraces que les leurs ont les yeux bleus et les cheveux roux. A supposer que les boeufs et les chevaux aient des mains et veuillent dessiner de leurs mains et faire des oeuvres d'art comme les hommes, les chevaux représenteraient leurs dieux sous la forme de chevaux, les boeufs sous la forme de boeufs, et dessineraient leurs corps sur le modèle du leur."

Le phénotype nègre des anciens Egyptiens était un fait d'évidence dans l'Antiquité. Le témoignage unanime des "auteurs anciens" comme Hérodote, surnommé "le père de l'Histoire", Aristote, philosophe éminent de l'Antiquité, Lucien, Apollodore, Eschyle, Strabon, Diodore de Sicile, Diogène Laërce, Ammien Marcellin, etc. indiquent sans équivoque que les Egyptiens anciens sont des Noirs comme tous les naturels du continent africain.

L'égyptologue Mubabinge Bilolo a analysé le témoignage d'Aristote à partir du texte grec dans l'article intitulé : "Aristote et la mélanité des anciens Egyptiens", montrant ainsi qu'il y a concordance entre les résultats de l'analyse philologique et ceux de l'analyse bio-anthropologique. Vont encore dans le même sens, les conclusions de l'enquête historique minutieuse et palpitante menée par l'égyptologue Aboubacry Moussa Lam dans son livre ''L'Affaire des Momies royales - La vérité sur la reine Ahmès Nefertari'', à partir des rapports de fouilles et d'analyses établis par les égyptologues et les anthropologues à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle.

C'est cette appartenance de l'Egypte pharaonique au monde négro-africain, qui explique que le qualificatif "noir" est attribué par les Egyptiens anciens à leur pays, à eux-mêmes et à leurs dieux. Nous avons vu précédemment que souhaitant apporter des éléments complémentaires sur cette question :

"Cheikh Anta Diop propose, d'abord en 1967, puis de nouveau en 1973, de recourir à l'anthropologie physique en déterminant la pigmentation des anciens Egyptiens par un dosage de la mélanine contenue dans la peau des momies égyptiennes. La mélanine est en effet le corps chimique responsable de la couleur de la peau. Dans une étude publiée en 1973, il indique l'existence de plusieurs méthodes possibles de dosage de la mélanine. Il met en oeuvre l'une d'entre elles (technique des coupes minces observées en lumière ultra-violette ou naturelle) pour étudier la pigmentation de la peau de quelques momies égyptiennes conservées au laboratoire d'anthropologie du Musée de l'Homme de Paris, et provenant des fouilles de l'égyptologue Auguste Mariette.

Par cette même méthode il propose l'analyse de la couleur de la peau de toutes les momies royales authentiques conservées au Caire telles que celles de Thoutmosis III, Séthi 1er, Ramsès II, etc. C'est en vain qu'il a attendu les échantillons de peau de quelques mm2 de surface promis par le Conservateur du ''Musée du Caire'' de l'époque. Par ailleurs, il s'étonne qu'une telle analyse n'ait pas été déjà tentée par d'autres chercheurs."

En février 1974, il présente les résultats de ses analyses au Colloque du Caire sur ''Le peuplement de l'Egypte ancienne et le déchiffrement de l'écriture méroïtique''. Cinq années plus tard, une table ronde sur l'Anthropologie physique des anciens Egyptiens se tient à Grenoble du 12 au 14 septembre 1979. Elle est organisée par le CNRS sous l'autorité des professeurs Yves Coppens et Eugen Strouhal. On y trouve une contribution intitulée : "Étude de la peau des Egyptiens prédynastiques" par E. Rabino Massa (Instituto di Antropologia, Università di Torino). L'auteur écrit :

"L'étude de la peau des anciens Egyptiens peut avoir un intérêt considérable, tant du point de vue de la paléopathologie, car elle permet de reconnaître des maladies, que du point de vue anthropologique pour la détermination de l'origine ethnique des populations humaines".

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