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Origine et évolution de l'humanité

Jean-Jacques Hublin, qui dirige le laboratoire Dynamique de l'évolution humaine du CNRS à Paris, écrit dans un article intitulé "Climat de l'Europe et origine des Néandertaliens" :

"Les vestiges exhumés depuis 150 ans en Europe indiquent que, il y a 40 000 ans environ, l'Europe a été colonisée par des hommes semblables aux Européens d'aujourd'hui, quoique plus robustes : leur haute taille et leurs proportions corporelles semblables à celles des Africains actuels témoignent de leur origine tropicale".

Pascal Picq, du Collège de France, ajoute :

"Tous parents, mais tous différents. Toutes les femmes et tous les hommes d'aujourd'hui appartiennent à une seule espèce. Comment expliquer ces différences à partir d'une origine commune ? Une certitude cependant, les premières femmes et les premiers hommes modernes avaient la peau noire".

Archéologie

Les gravures et les artefacts trouvés aux cours des années 1990 dans la Grotte de Blombos à 200 kilomètres du Cap en Afrique du Sud, datés d'environ 77000 ans constituent une autre confirmation de l'antériorité de l'homme moderne en Afrique par rapport aux autres continents (homo sapiens sapiens). Cet art, le plus ancien connu dans le monde, à ce jour, précède de 30000 à 40000 ans le magnifique art pariétal du Sud de l'Europe (La Grotte Chauvet en France, le site d'Altamira en Espagne, ...).

Cet objet, comportant une série de lignes parallèles, est la première attestation connue de l'existence de la "pensée symbolique" qui caractérise l'homme moderne (homo sapiens sapiens). L'homme moderne apparaît pour la première fois, en Afrique, il y a plus de 130000 ans. Vers - 40000 ans, il sort du continent africain et peuplera l'Asie, l'Europe, l'Océanie, .... D'autres nombreux objets ont été également découverts dans cette grotte (cf. Henshilwood, C.S., Sealy, J.S., Yates, R., Cruz-Uribe, K., Goldberg, P., Grine, F.E., Klein, R.G., Poggenpoel, C.A., van Niekerk, K. & Watts, I. 2001, "Blombos Cave, Southern Cape, South Africa : Preliminary Report on the 1992-1999 Excavations of the Middle Stone Age Levels", Journal of Archaeological Science, 28, 421-448 ; "Emergence of modern human behavior : Middle Age Engravings from South Africa", Michael Balter, "From a Modern Human's Brow or Doodling ?, Science, vol. 295, 11 January 2002, pp. 247-248 ; Hervé Morin, "Quand Homo sapiens jouait les artistes en Afrique du Sud", Le Monde, mercredi 16 janvier 2002, p. 24).

Richard Mankiewicz, dans son livre L'histoire des mathématiques, mentionne que :

"Le plus ancien témoignage de calcul numérique a été exhumé au Swaziland en Afrique australe. Il date d'environ 35000 ans av. J.-C. et consiste en un péroné de babouin portant 29 encoches nettement visibles."

Génétique

Parallèlement à la découverte, à l'étude et à la datation des fossiles, des industries lithiques, des sites d'occupation du sol, des peintures rupestres, la biologie moléculaire, avec les études du sang, des gènes chromosomiques, de l'ADN mitochondrial, apporte aussi son éclairage propre sur l'origine de l'homme (l'homme moderne plus particulièrement). Elle propose, en effet, une chronologie des processus de différentiation des populations actuelles d'Europe, d'Asie, d'Océanie, d'Amérique à partir de populations d'origine africaine, grâce à "l'horloge moléculaire".

L'idée de ce chronomètre moléculaire avait été émise en 1963 par E. Zuckerkandl et L. Pauling: son principe repose sur le fait que les protéines qui composent les êtres vivants subissent des modifications (mutations des gènes codant les protéines) au cours du temps avec l'hypothèse que le taux de mutation est constant en fonction du temps. Ce type d'études s'est développé d'abord dans les années 1970 avec M. Nei et A. Roychoudury, ensuite par Jim Wainscoat, Allan C. Wilson et ses collaborateurs, Gérard Lucotte et Jacques Ruffié.

Depuis, ces études n'ont cessé de se multiplier. Luigi Luca Cavalli-Sforza et son équipe établissent des recoupements entre les données de la biologie moléculaire, les données de la linguistique et celles de la paléontologie. En septembre 1998, la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences publie un article co-signé par des chercheurs généticiens chinois (Pékin, Shanghaï) et américains (Houston au Texas) qui assigne une origine africaine aux populations chinoises, renforçant encore le modèle "Out of Africa". Ces résultats sont confirmés, en 2001, dans un article de la revue Science et intitulé "African Origin of Modern Humans in East Asia : A tale of 12,000 Y Chromosomes" :

"This result indicates that modern humans of African origin completely replaced earlier populations in East Asia". Les résultats de la recherche génétique, de plus en plus nombreux, semblent converger vers la même conclusion d'une origine commune africaine et "récente" de l'humanité actuelle. En juin 1999, la revue Pour la Science a produit un dossier très complet sur "Les origines de l'humanité" abordant aussi bien les aspects paléontologiques que génétiques. Une toute nouvelle et imposante synthèse intitulée Aux origines de l'humanité a été élaborée sous la direction d'Yves Coppens et Pascal Picq du Collège de France.

Les résultats des investigations génétiques font écrire à Bryan Sykes, chercheur et professeur de génétique à l'Université d'Oxford, dans son livre ''Les sept filles d'Eve'' :

"Dans le schéma multirégional, un Européen moderne et un Chinois moderne auraient eu un dernier ancêtre commun voici au moins un million d'années. Suivant le scénario Out of Africa, en revanche, ils étaient encore liés par un passé beaucoup plus récent. Le mérite de l'arbre des gènes fondé sur l'étude de la mitochondrie est d'avoir pour la première fois introduit dans l'équation une échelle chronologique objective. Il a établi très clairement que l'ancêtre mitochondriale commune de tous les humains modernes vivait il y a quelque 150 000 ans seulement. Cela cadrait parfaitement avec les tenants de la théorie de l'école Out of Africa, qui se sont réjouis de cette découverte."

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