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Venezuela : l’indulgence de la presse française (et d’une partie de la gauche) pour la violence d’extrême droite

  La même gauche tombe aujourd'hui en majorité dans le piège d'une autre inversion médiatique : la mobilisation démocratique du 30 juillet – leçon de courage citoyen et de sagesse politique – qui a permis l'élection d'une assemblée constituante est transformée en « mise en place d'une dictature »... Bref, bienvenue et longue vie dans la Caverne de Platon tant que les médias resteront la propriété de grands groupes privés, donc opposés aux ruptures de l'ordre global. Nous publions ci-dessous une analyse détaillée de la propagande quotidienne en France, réalisée par le Site « Le vent se lève », sous le titre : Venezuela : l'indulgence de la presse française pour la violence d'extrême-droite.

Thierry Deronne, Caracas, août 2017

Au Mexique, la prétendue guerre totale contre les cartels de drogue lancée en 2006 par le président Felipe Calderón et poursuivie par son successeur Enrique Peña Nieto aurait déjà fait entre 70 000 et 100 000 morts et disparus et le bilan macabre continue de s'alourdir. Cependant, la situation au Mexique ne fait pas les gros titres de la presse française ; c'est un autre pays latino-américain traversant une profonde crise économique, sociale et politique, qui retient l'attention des médias de masse : le Venezuela.

Quel est le ressort de cet effet médiatique de miroir grossissant sur les convulsions vénézuéliennes et d'invisibilisation des autres pays latino-américains ? C'est qu'au-delà du parti pris atlantiste de la classe dominante française, le Venezuela est également instrumentalisé à des fins de politique intérieure. Autrement dit, avec le Venezuela, le camp néolibéral fait d'une pierre, deux coups : relayer l'agenda géopolitique de Washington qui n'exclue pas une intervention militaire et donner des uppercuts à la gauche de transformation sociale (FI et PCF), quitte à banaliser l'aile la plus radicale de la droite vénézuélienne qui est aujourd'hui en position de force au sein de la MUD, la large et composite coalition d'opposition au chavisme.

Il ne s'agit pas de prétendre ici que les forces de l'ordre vénézuéliennes ne seraient responsables de rien, qu'Hugo Chávez Frías et son successeur seraient irréprochables et n'auraient commis aucune erreur, notamment en matière de diversification économique ou de lutte contre l'inflation ou bien encore que le « chavisme » ne compterait pas, dans ses rangs, des éléments corrompus ou radicaux. Il s'agit de mettre en lumière que le parti pris médiatique majoritaire en faveur de l'opposition vénézuélienne, y compris de l'extrême-droite, répond à la volonté de marteler, ici comme là-bas, qu'il n'y a pas d'alternative au modèle néolibéral et à ses avatars, pour reprendre la formule consacrée et popularisée en son temps par Margaret Thatcher, fidèle soutien de l'ancien dictateur chilien, Augusto Pinochet.

 Le Venezuela bolivarien, une pierre dans la chaussure des États-Unis d'Amérique

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