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Venezuela : «La révolution a une dette envers les Noirs»

Par François-Xavier Gomez — 1 septembre 2017 à 21:16

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Jesús «Chucho» García, figure du mouvement afro-révolutionnaire vénézuélien et consul général à la Nouvelle-Orléans, défend la lutte du chavisme contre les discriminations, souligne les progrès à accomplir et fustige les manifestations anti-Maduro.

Venezuela : «La révolution a une dette envers les Noirs»

Né en 1954 à San José de Barlovento, région où les traditions des descendants d'esclaves sont fortement enracinées, Jesús «Chucho» García est une voix reconnue parmi les Afro-Vénézuéliens. Fondateur du Centre d'études afro-américaines à l'Université centrale du Venezuela (UCV), il a été chargé par Hugo Chávez de nouer des liens entre la révolution bolivarienne et le continent africain.

Il a été chef de mission diplomatique pendant cinq ans en Angola, avant de travailler au Mali et au Burkina Faso. Il est aussi le fondateur du Mouvement afro-révolutionnaire Juan Ramón Lugo, du nom d'un ancien bûcheron devenu spécialiste de l'histoire orale des descendants d'esclaves. Consul général du Venezuela à la Nouvelle-Orléans depuis 2014, Chucho García précise qu'il s'exprime à titre personnel, et non en tant que représentant de son gouvernement.

Combien le Venezuela compte-t-il d'«Afro-descendants», si le terme vous convient ?

L'appellation «Afro-descendant» est la plus appropriée, c'est un concept politique global adopté par la conférence de l'ONU sur le racisme, tenue en 2001 à Durban (Afrique du Sud), à laquelle j'ai participé. Pour le dernier recensement de la population au Venezuela, en 2010, nous avons proposé une terminologie qui a été retenue : les citoyens pouvaient se définir comme Blancs, Noirs, Morenos («peau brune»), Afro-descendants ou «autre». Les trois catégories «afro» ont réuni 54,2 % des réponses, sur une population de 27 millions de personnes. La majorité des Vénézuéliens connaît et reconnaît donc ses origines africaines.
Cette proportion se retrouve-t-elle dans les élites politiques ?

En termes ethnico-raciaux, la part d'Afro-descendants dans le personnel politique ne dépasse pas 5 %.
Pourquoi si peu ?

Les structures du racisme et de la discrimination perdurent dans le processus bolivarien, malgré nos dix-huit ans de combat. L'identité afro-vénézuélienne n'est pas reconnue dans la Constitution de 1999 [année de l'arrivée au pouvoir de Chávez, ndlr]. Beaucoup de compatriotes se revendiquent du métissage. On affirme que nous sommes tous métis et tous égaux, sans différences basées sur la couleur de la peau. Nous savons tous que c'est faux. Comme l'a analysé Frantz Fanon, l'idéologie du métissage dissimule la discrimination raciale. Seuls deux dirigeants importants se sont clairement affirmés afro-descendants : Hugo Chávez d'abord, puis Aristóbulo Istúriz, plusieurs fois ministre et actuel député à l'Assemblée nationale constituante (ANC).

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