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CRISE EN RÉGION ''ANGLOPHONE'' AU KAMERUN: ET SI ON AVAIT AFFAIRE À DES ''OPÉRATIONS FAUX DRAPEAU'' ("false flag" en anglais)

La guerre froide qui a débuté en 1947 et qui a duré jusqu'en 1989, année de la chute des régimes communistes en Europe, ou jusqu'en 1991, année de l'implosion de l'URSS et de la dissolution du pacte de Varsovie, s'est soldée par la mondialisation transcontinentale du ''terrorisme d'État''. Dans son excellent ouvrage ''Terrorismes d'État 2001-2025'', publié aux Éditions Essai en 2002, Christian Nots écrit:

« Ainsi, pour un État qui exerce son pouvoir hégémonique de grande puissance, la menace de faire usage de la force est définie comme de la diplomatie coercitive et non pas comme du terrorisme d'État. D'ailleurs, le régime nazi condamnait très fermement le soi-disant ''terrorisme de résistance'' des pays occupés. En France, les ''résistants'' s'appelaient alors des...terroristes qui – rappelons-le – ont été très peu nombreux sur le plan opérationnel] et méritent – à juste titre – encore aujourd'hui – notre profonde reconnaissance et notre respect absolu en tant que...''terroristes''.

Paradoxalement, le même régime nazi s'est largement octroyé le droit de pratiquer la terreur d'État et le terrorisme d'État systématisé avec l'extermination structurale des juifs et des minorités avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, encore, les jolis principes scabreux de ''violence officielle d'État'' (violences de guerre), de ''terreurs d'État'' (terreurs idéologiques, terreurs conceptuelles, terreurs institutionnelles, etc.) et aujourd'hui de ''terrorisme d'État'' s'abritent toujours très largement derrière les mêmes principes ''schmittiens'' selon lesquels l'État [notamment fédéral] est normalement le détenteur légitime, supra-légal, extrajudiciaire et... unique des forces militaires, paramilitaires et policières.

La gênante polysémie du concept de ''terrorisme'' a ainsi soudainement été réactivée à partir des années quatre-vingt avec la résurgence planétaire et systématisée des multiples terrorismes d'État et autres terreurs d'État qui sont devenues depuis peu des instruments directs et/ou par procuration des grands Empires fédéraux de l'hémisphère nord (notamment terreurs d'État de l'ex-URSS puis aujourd'hui des États-Unis avec al-Q...).

Auparavant, ces pratiques ''tangentielles'' de terrorisme d'État restaient relativement résiduelles via des usages coloniaux très localisés qu'en faisaient des groupuscules étatiques confidentiels et relativement isolés de contre-insurrection, de neutralisation des luttes séditieuses et d'étrillage antiséparatiste (par ex. avec l'opération ''Oiseau Bleu'' de déploiement de contre-maquis et de faux maquis par l'armée française en Kabylie à la fin des années cinquante).

Dans nos pays post-démocratiques où les citoyens sont de moins en moins libres, le terrorisme d'État est devenu – à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle – une des modalités essentielles de dominations internationale mais aussi géopolitique de nombreux États modernes à structure apparemment démocratique (comme c'est le cas aujourd'hui pour les États-Unis et pour certains pays d'Europe).

En deux, voire trois décennies, l'arsenal du terrorisme d'État et des terreurs d'État s'est progressivement développé et mondialisé de manière que, aux côtés des anciennes luttes nationalistes traditionnelles et des résistances terroristes anti-étatiques, a pu se développer très récemment un tout nouveau ''Terrorisme inter- et transnational d'État'' qui s'est quasiment systématisé aujourd'hui au niveau mondial.

Cette nouvelle stratégie géopolitique a tout particulièrement été appliquée par les États-Unis via le développement exponentiel récent d'exactions terroristes perpétrées dans tout le Cône Sud du continent américain, en Amérique centrale, en Afrique et – aujourd'hui – dans toute l'Asie du Sud. Les Européens en difficultés impériales et coloniales dans de nombreuses colonies africaines et eurasiatiques ne sont pas en reste puisqu'ils ont essayé de pérenniser illégitimement et illégalement leurs colonies par voie terroriste (Escadrons de la mort de l'État français en Indochine, à Madagascar, en Algérie, etc.)

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