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CRISE EN RÉGION ''ANGLOPHONE'' AU KAMERUN: ET SI ON AVAIT AFFAIRE À DES ''OPÉRATIONS FAUX DRAPEAU'' ("false flag" en anglais)

D'après le témoignage de Gabriel Périès :

« En situation d'urgence, le militaire se substitue à l'autorité civile, dans une organisation très complexe de hiérarchie parallèle, avec des officiers qui se mettent en parallèle des structures civiles. Finalement, en situation, ils éliminent les structures civiles et s'occupent de l'ensemble du territoire dans tous les domaines : justice, organisation de l'armée, milices d'autodéfense. Ce qu'on revoit au Rwanda. »

Le processus fondamental de l'État rwandais (et du Cameroun actuel avec la récente création des ''régions '', c'est moi qui le signale), suit cet éclatement territorial. Cette territorialisation des forces armées, fomentée par le général René Meka, a un degré nettement supérieur à celui qu'on trouve en Argentine, qui était déjà un État fédéral, organisé en zones militaires chapeautant les États fédérés. On va retrouver, et c'est le politiste qui parle, devant des structures très similaires, bien sûr une surface très limitée au Rwanda, ce qui à mon avis, va donner, quand le processus se met en marche, un effet de déflagration assez important.

L'établissement de cette doctrine passe essentiellement par deux axes. Le premier, c'est la théorie de la hiérarchie parallèle du colonel Lacheroy. Il écrit un article dès 1952-1953 en Indochine sur le fait que le Viêt-minh possède une arme : l'organisation. Ce n'est pas une arme lourde, mais c'est une arme totale, qui comporte des réseaux de jeunesse et l'embrigadement des enfants. Le colonel Trinquier pense qu'il faut établir un quadrillage très puissant au niveau urbain et que ce quadrillage implique un contrôle chiffré de chaque zone opérationnelle, allant pratiquement jusqu'à la maison. Dès qu'un élément étranger apparaît, immédiatement on sait où il est, on le situe, parce qu'il y a une structure sur place qui va prévenir la structure du renseignement de la présence de ce corps étranger.

D'après François-Xavier Verschave :

« Sa base, sa cohérence, c'est éviter que l'ennemi n'attaque le front intérieur. Pour cela, il faut créer une cohésion animique du peuple avec son chef, qui est le chef de guerre. Or, l'instrument qui va créer cette cohésion animique, c'est la terreur de masse. C'est par la terreur que l'on crée la cohésion de l'État, avec parfois des périodes de latence entre les phases de déclenchement de la violence d'État totale, où il faut remettre les choses en place pour après repartir de plus belle. Et recommencer la cohésion animique du chef avec son peuple. » (2)

Avec la ''guerre révolutionnaire'', on est dans la ''guerre totale'', qui est sans doute une des doctrines les plus terribles du XX ème siècle, qui sera l'origine de l'opération Barbarossa de Hitler contre l'URSS, toutes ces horreurs que l'Occident a créées. Cette méthode fut appliquée en 1904 par les Allemands lors du génocide du peuple Herero en Namibie, lequel fit environ 90 000 victimes, puis en 1941, et les français vont la reprendre dès 1946.

Références bibliographiques:

1. Publié par Delphine E. Fouda et Dzana Seme:
http://www.africanindependent.com/cam_insecurite_terreur_moyen_gouvernement112908.html

 2. ''L'horreur qui nous prends au visage. L'État français et le génocide au Rwanda''. Rapport de la Commission d'enquête citoyenne. Laure Coret et François-Xavier Verschave, Édition Karthala, 2005, pp.40-47

Pour mieux comprendre une autre application de la technique de la "guerre révolutionnaire", je vous recommande de visiter le site suivant:

http://www.africamaat.com/Aveux-de-P-Messmer-et-enquete-sur

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