Procès Gbagbo: les preuves d’un montage - MEDIAPART met à nu les secrets de la CPI

Un document confidentiel de la diplomatie française révèle que la Cour pénale internationale (CPI) a demandé en avril 2011 de garder prisonnier le président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo. Seulement à cette époque, il n'existait ni mandat d'arrêt ni saisine de la CPI. Révélations sur une opération aux airs de Françafrique.


   

 

Que fait Gbagbo à la CPI ?", s'interroge une TV russe qui y verrait bien Ouattara



  Ocampo a triché : quand va-t-on libérer Gbagbo ?

06 Oct 2017 Michel Collon / Alex Anfruns

L'affaire Ocampo démasque l'hypocrisie générale de la politique occidentale. La version médiatique officielle présente les actions de nos grandes puissances comme étant guidées par le souci de la démocratie et le bien des peuples, qui serait confirmées par une justice internationale neutre et indépendante. Mais Ocampo a manipulé les « enquêtes » sur le coup d'État contre Gbagbo en Côte d'Ivoire, il a aidé à plonger la Libye en enfer, il a diabolisé le Venezuela en se faisant payer par les oligarques latinos, il a contribué à diaboliser l'Érythrée parce que ce gouvernement cherche à libérer son pays de l'emprise des multinationales et de leur Banque mondiale.

Bref, il s'est prostitué dans une « Cour pénale internationale » en réalité financée par des intérêts privés comme George Soros. L'affaire Ocampo démasque la corruption et les intérêts sordides à l'œuvre dans toutes ces guerres. Nous appelons chacun/e à s'informer de façon plus objective car les médiamensonges tuent.

Vous êtes le conseiller pour l'Europe de Laurent Gbagbo, quelle est votre réaction lorsqu'éclate « l'affaire Ocampo » ?

Bernard Houdin : Je connais bien les gens de Médiapart, je savais qu'ils allaient découvrir un certain nombre de choses et qu'ils étaient en train de travailler sur tout cela pour le sortir au moment où il y aurait une confirmation de la réalité de tous les documents qui étaient dans leurs mains. Je savais qu'hier ils devaient sortir ces premiers documents sur Laurent Gbagbo, qui en fait n'est que la confirmation définitive qu'il y a eu un montage dans le dossier Gbagbo.

Depuis l'arrestation du président et son transfert à La Haye il y a plusieurs années, j'ai moi-même eu l'occasion d'écrire dans des tribunes ou dans le livre que j'ai écrit sur les Ouattara*, où j'ai montré que le transfert de Gbagbo à La Haye était un transfert illégal au regard du droit et même du statut de Rome. Le document qui a été publié hier est l'illustration finale, définitive, qu'il y a eu un montage pour amener Gbagbo à La Haye, ne suivant aucune règle de droit.

Est-ce que cela éclaire sous un jour nouveau le coup d'État organisé par la France à Abidjan en 2011 ?

 Ce n'est pas sous un jour nouveau, moi je l'ai vécu de l'intérieur car j'étais dans le palais présidentiel quasiment pendant toute la crise... Pour la petite histoire, j'étais envoyé en mission par le président le 26 mars, et je n'ai pas pu rentrer à Abidjan car le 30 mars l'aéroport était encore occupé, et mon vol devait rentrer le 30 à Abidjan, donc j'ai été retenu en Europe...En réalité c'est la conclusion en 2011 de tout ce qui avait démarré avec le coup d'État en 2002, tout cela est dans la continuité. Il y a eu à mon avis la volonté absolue, le jour de l'élection de Gbagbo en 2000, de déclencher un compte à rebours. Donc, d'une façon ou d'une autre, mettre un terme à l'expérience de Gbagbo en Côte d'Ivoire, pour des raisons obscures, qui ne vont pas grandir les relations franco-africaines, et qui vont à l'encontre même des intérêts de la France.

Moi je suis Français d'origine, et je répète toujours à mes concitoyens français qui se sont succédés depuis 2002, que ce soit Chirac, Sarkozy, Hollande ou Macron, que l'intérêt de la France c'est d'avoir des dirigeants africains de la trempe de Gbagbo, et pas de la trempe de Mangou ! A long terme, c'est une assurance de bonnes relations avec un continent qui va exploser dans les 30 ans qui viennent. La position qu'un président de la France vient d'avaler sur la question de la Côte d'Ivoire, pour moi qui suis formé à une éducation occidentale... c'est une insulte à l'intelligence !


 Le document de Médiapart est publié le jour où le chef d'état-major de l'époque de Laurent Gbagbo a amené son témoignage à La Haye...

C'est un témoignage qui, sous des aspects de reniement des propres actions, est une décharge absolue des actes de l'accusation de la CPI contre Gbagbo. Pas une minute, le chef d'état-major n'a permis d'alimenter la démonstration d'un plan commun, ou d'un massacre ordonné des gens par Gbagbo, c'est même le contraire ! Si on reste dans le suivi du procès stricto sensu, à aucun moment le plan commun que l'accusation a fait porter à Gbagbo ou son entourage n'est mis au jour par ce chef d'état-major.

Tout cela démontre que c'est un montage réalisé avant même l'arrestation de Gbagbo, car si vous regardez l'email, il est daté de 10H40 le 11 avril. 10H40 c'est l'heure française, c'est 8h40 en Côte d'Ivoire. A 8h40 le matin, l'armée n'avait pas été arrêtée, et ils sont déjà dans la mécanique de quoi faire avec Gbagbo après l'arrestation, et c'est le procureur qui mène la danse, alors que pour pouvoir faire cela il faut qu'il y ait un mandat, des investigations, etc. C'est un temps long. Et là, il n'avait pas encore été arrêté qu'ils étaient en train de monter la mécanique pour l'amener à La Haye. C'est une forfaiture juridique, à la fois contre toutes les lois qui régissent la communauté occidentale, et contre le statut de Rome lui-même !

Vous réclamez depuis des années la libération de Laurent Gbagbo. Pensez-vous que ce scandale va accélérer la décision ?

Je dis depuis plusieurs années que pour le passage de Laurent Gbagbo à la CPI et son procès, il y avait 2 solutions. Si Gbagbo était libéré, cela serait comme un acte de naissance de la CPI qui n'arrive pas à décoller jusqu'à aujourd'hui. A part 2 petits procès, la CPI ne joue pas son rôle, qui était le rôle que les fondateurs du Statut de Rome pensaient faire jouer à une cour internationale de justice...Et là, le seul chef d'État qu'on juge, c'est le plus démocrate de tous les Africains. Il y a une erreur quelque part.

Si la Cour s'entête à vouloir condamner Gbagbo, cela serait son acte de décès, et le document d'hier sont les premiers éléments de cette disparition de la Cour à terme, si elle se construit dans la même veine. Il ne s'agit pas de réclamer la libération de Gbagbo, c'est surtout vouloir protéger à terme l'idée d'une vraie justice internationale, en jugeant des gens qui doivent vraiment être jugés. Je ne vais pas faire le tour de l'Afrique, de l'Europe, de l'Amérique ou de l'Asie, mais je crois qu'il y a sur la terre un certain nombre de gens dont on pourrait se soucier quant à leur action dans le cadre des relations internationales.

Sans vouloir faire de la polémique, rien que l'action de M. Sarkozy en Libye en dehors de toutes les règles, rien que l'action de G.W. Bush en Irak en dehors de toutes les règles, sont déjà des éléments qui devraient nous alerter sur où est le droit international. Et je dois remarquer d'ailleurs que la nomination du Procureur de la Cour pénale internationale est approuvée au nom du Conseil de Sécurité de Nations Unies.

Et il faut voir que dans ce Conseil de Sécurité, parmi les 5 membres permanents, il n'y en a que 2 qui ont signé le Statut de Rome. C'est à dire que vous avez des gens qui sont contre le Statut, qui sont les trois premières puissances du monde : les États-Unis, la Chine, la Russie, qui sont capables de donner le feu vert et désigner le Procureur, et ils ne sont pas membres de la CPI. Il n'y a pas une erreur de casting quelque part, là ?

* Bernard Houdin est l'auteur du livre « Les Ouattara, une imposture ivoirienne ».

Source: Investig'Action


  Affaire Gbagbo- Procureur Ocampo : Déclaration de la CPI

Samedi, 7 octobre, 2017

Déclaration de la CPI au sujet des récentes allégations publiées dans les médias :

"Depuis vendredi dernier émanent d'articles parus dans certains médias des allégations visant l'ancien Procureur de la Cour pénale internationale (la « CPI » ou la « Cour »), M. Luis Moreno Ocampo. Ces articles se fonderaient sur 40 000 documents, y compris des courriels privés, obtenus et analysés par l'European Investigative Collaborations et onze médias participant à cette enquête. Bien qu'on ait pu laisser entendre publiquement que des systèmes de messageries électroniques privées ont été piratés, la Cour ignore comment ces documents ont été obtenus.

Depuis le début de ses opérations, la Cour prend très au sérieux la sécurité des informations et met tout en œuvre pour la mise en place de mesures renforcées pour garantir la sécurité des informations et de systèmes destinés à protéger l'intégrité des informations sensibles qu'elle a en sa possession. La Cour examine et teste régulièrement ses systèmes. Au vu des articles récemment parus dans les médias, la Cour a procédé à des vérifications supplémentaires, et rien n'indique à ce jour que ses systèmes aient été compromis.

Depuis 2015, la Cour a mis en place un système de transparence financière dans lequel les dirigeants de l'institution sont tenus de déclarer tous les ans leur patrimoine conformément au programme de déclaration de situation financière de l'ONU et à l'initiative de déclaration publique volontaire du Secrétaire général. Le Président, le Procureur, le Procureur adjoint et le Greffier de la Cour remplissent ces déclarations annuelles. Ce système n'avait pas encore cours lorsque M. Ocampo occupait ses fonctions à la tête du Bureau et la Cour n'était donc pas au fait de ses transactions financières privées.

Déclaration de Mme Fatou Bensouda, Procureur de la Cour

Le Procureur de la CPI, Fatou Bensouda, au sujet des récentes allégations publiées dans les médias quant au comportement répréhensible de l'ancien Procureur et de certains membres du Bureau Les médias en question font également mention de l'implication d'anciens membres et de membres actuels du Bureau du Procureur de la CPI.


En ma qualité de Procureur, l'inquiétude me gagne et je prends ces allégations très au sérieux. J'ai rendu compte des allégations concernant deux membres de mon Bureau au Mécanisme de contrôle indépendant (MCI) dont dispose la Cour dans son cadre juridique. Le MCI a indiqué que cette affaire ferait l'objet d'une enquête complète. Suivant les critères et procédures prévus par le MCI, les allégations en cause seront examinées en toute objectivité et impartialité, dans le respect total de la régularité de la procédure et du traitement équitable des intéressés.

Dans l'attente des résultats de l'enquête, j'ai pris des précautions pour préserver les intérêts du Bureau et de la Cour. Tout au long de l'évolution de cette affaire et de l'examen approprié et équitable des allégations en cause, il conviendra de s'abstenir de toute spéculation. Il y a lieu de respecter la procédure et le processus prévus pour établir les faits en coopérant pleinement, le cas échéant, dans le cadre de l'enquête.

En réponse aux demandes des médias, mon Bureau a déjà indiqué qu'il n'avait pris aucun contact avec l'ancien Procureur de la CPI, M. Ocampo, sollicité aucun conseil de sa part ni collaboré avec lui au sujet des situations ou des affaires traitées par le Bureau ou engagées devant la Cour depuis que j'ai pris mes fonctions de Procureur. J'ai moi-même été très claire à ce sujet avec M. Ocampo par le passé et je lui ai demandé, sans aucune équivoque, de s'abstenir de toute déclaration ou activité publique susceptible, en vertu de ses anciennes fonctions à la tête du Bureau, d'être perçue comme une ingérence dans les activités de celui-ci ou une atteinte à sa réputation.

En outre, il convient de souligner que toute information transmise à mon Bureau est examinée en toute indépendance, impartialité et objectivité, dans le strict respect des dispositions du Statut de Rome. Toutes mes décisions se fondent sur mon évaluation en toute indépendance de la situation, comme je suis tenue de le faire en tant que Procureur en vertu du Statut.

Mon Bureau joue un rôle crucial dans la réalisation des objectifs fixés pour la CPI par le Statut de Rome, qui sont de contribuer à la prévention des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et du crime de génocide, en menant des enquêtes et des poursuites efficaces contre les auteurs de ces crimes. Grâce à notre travail, nous pouvons rendre dans une certaine forme de justice aux victimes de ces crimes graves. Les allégations fâcheuses en cause n'empêcheront pas mon Bureau de s'efforcer de bâtir un monde plus juste conformément aux dispositions du Statut de Rome. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, en toute indépendance, impartialité et objectivité, pour obtenir la justice à laquelle nous aspirons tous, avec dévouement et intégrité.

Bureau du Procureur


  LA CRISE EN CÔTE D'IVOIRE : Partie 1 – « .. Les médias français portent une lourde responsabilité dans les dix ans de crise » (Fanny Pigeaud / Médiapart)

En intégralité.

Partie 1

ARTICLE PUBLIÉ LE SAMEDI 10 JUIN 2017

Laurent Gbagbo reçoit le ministre français des affaires étrangères Dominique de Villepin à Abidjan, le 1er février 2004. Paris avait déjà lâché le président ivoirien. Arrêté en 2011, l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo est aujourd'hui jugé devant la Cour pénale internationale. Mais durant dix ans, la plupart des médias français ont épousé sans retenue la version officielle du gouvernement français et du camp de l'actuel président Alassane Ouattara.

Pourquoi un tel aveuglement ? Explications.

La France a joué un rôle important dans la crise politico-militaire qu'a vécue la Côte d'Ivoire de 2002 à 2011. La majorité des médias français a cependant masqué cette réalité, reprenant sans distance le discours officiel français sur le président de l'époque, Laurent Gbagbo, et son successeur Alassane Ouattara. Avec des conséquences importantes :

« Le traitement partisan de nombreux médias français a eu une incidence majeure : brouiller la réalité», estime Laurent Bigot, ancien sous-directeur chargé de l'Afrique de l'Ouest au Ministère Français des Affaires Étrangères. Peu d'acteurs l'admettent publiquement. Plusieurs journalistes interrogés par Médiapart ont d'ailleurs demandé à rester anonymes. Il faut dire qu'il flotte encore dans l'air un parfum de raison d'État. Pour bien comprendre, il faut remonter le fil de l'histoire En 2010 et 2011, la Côte d'Ivoire a vécu un grave conflit politico-militaire après une élection présidentielle ayant opposé le socialiste Laurent Gbagbo au libéral Alassane Ouattara.

Le Conseil constitutionnel ivoirien, dénonçant des fraudes, avait déclaré Laurent Gbagbo vainqueur, tandis que la Commission Électorale, le Représentant de l'ONU dans le pays et les grandes puissances, dont la France de Nicolas Sarkozy, assuraient que le scrutin avait été équitable et que Ouattara en était le vainqueur indiscutable. Quand Laurent Gbagbo reçoit le Ministre Français des Affaires Étrangères Dominique de Villepin à Abidjan, le 1er février 2004, Paris avait déjà lâché le président ivoirien. © Reuters

À l'époque, la plupart des médias français avaient épousé le récit officiel favorable à Ouattara, expliquant à l'instar de l'Agence France-Presse (AFP) que la crise était « née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite ». Ils ont passé sous silence les nombreuses et évidentes anomalies que présentait le processus électoral, dont une implication directe de l'ambassadeur de France à Abidjan. Les journalistes n'ont pas plus remis en cause le discours gouvernemental français affirmant que l'engagement militaire de Paris avait été faible au cours des mois suivants.

Seul Le Canard enchaîné a livré quelques détails sur le rôle majeur et illégal des forces françaises aux côtés des troupes levées par Alassane Ouattara, dans la guerre qui les a opposées à l'armée régulière de Côte d'Ivoire. Quelques voix politiques ont bien laissé entendre que les déclarations de Paris étaient contestables, mais les journalistes n'ont pas réagi.


 Beaucoup de médias français ont ainsi collé à la version officielle tout au long de cette crise de 2010/2011. Ce n'était pas la première fois. Ils ont suivi cette ligne tout au long des années 2000, relayant:

« Il est impossible de passer la moindre ligne sur le "sursaut patriotique" qu'on peut observer dans la moitié sud du pays, cosmopolite et abritant plus de 75 % de la population », a écrit en octobre 2002 le journaliste franco-camerounais Théophile Kouamouo, alors basé à Abidjan, dans une lettre annonçant la fin de sa collaboration avec le quotidien Le Monde. Georges Peillon, porte-parole de septembre 2003 à janvier 2004 de Licorne, opération militaire française en Côte d'Ivoire, a été choqué par cette couverture partiale des événements.

À tel point qu'il a un jour téléphoné depuis Abidjan, et avec l'aval de sa hiérarchie, au rédacteur en chef de Radio France internationale (RFI, radio publique, très écoutée en Afrique francophone), à Paris, pour lui dire son « étonnement sur le ton et les informations que RFI diffusait, car c'était en général anti Gbagbo et traduisait des partis pris incompréhensibles ». « Vous balancez des trucs creux et faux ! », a- t-il reproché à son interlocuteur.

« C'était comme une réplique de la Françafrique, version journaliste. En cinq mois, j'ai vu plus de journalistes étrangers que de journalistes français. Mais à l'évidence, ils savaient tout depuis leur bureau... », explique à Mediapart l'ancien militaire.

La diffusion systématique d'informations dénigrant ou attaquant Laurent Gbagbo « nous mettait, nous militaires français, dans une situation très inconfortable, notamment vis-à-vis de la presse ivoirienne et des autorités ivoiriennes », précise Georges Peillon. Elle a aussi contribué à installer à Abidjan une atmosphère délétère, qui a été fatale à Jean Hélène, envoyé spécial de RFI, tué par un policier ivoirien en novembre 2003. C'est en tout cas ce que pensent Georges Peillon et au moins quatre ex- confrères du reporter interrogés par Mediapart :

« Jean essayait de faire son travail honnêtement, de manière équilibrée. Mais pendant ce temps, un petit groupe à RFI donnait constamment la parole aux rebelles depuis Paris, excitant les gens à Abidjan, y entretenant un climat épouvantable », rapporte l'un d'eux.

La plupart des médias ont aussi assuré, se conformant toujours à la version officielle, que le gouvernement français avait voulu avec les accords de Linas-Marcoussis signés en janvier 2003 «enclencher un processus de réconciliation » en Côte d'Ivoire, comme l'a par exemple écrit le quotidien Libération. Les faits montraient pourtant l'inverse : la France a œuvré, avec ces accords, à retirer à Laurent Gbagbo une bonne partie de ses pouvoirs présidentiels, tout en violant la Constitution Ivoirienne et en aggravant les tensions dans le pays.

L'influence particulière de la radio française RFI. Le bombardement de Bouaké qui a causé, le 6 novembre 2004, la mort de huit soldats français, a reçu le même traitement. Le président Français Jacques Chirac a accusé Laurent Gbagbo d'avoir délibérément fait tirer sur les militaires, rejetant les démentis de son homologue ivoirien.

http://investigaction.net/fr/ocampo-a-triche-quand-va-t-on-liberer-gbagbo/ 

Les jours suivants, l'opération Licorne a ouvert le feu sur des manifestants non armés à Abidjan, devant l'Hôtel Ivoire, tuant une soixantaine de personnes. Après avoir donné plusieurs explications différentes sur cette fusillade, la Ministre de la défense Michèle Alliot-Marie a invoqué un état de «légitime défense élargie » et « une manipulation énorme » de la part des Ivoiriens pour pousser les Français « à la faute ». En représailles au bombardement de Bouaké, l'armée française détruit l'aviation ivoirienne. Rares ont été les médias à relever les incohérence de son discours.