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Procès Gbagbo: les preuves d’un montage - MEDIAPART met à nu les secrets de la CPI

 Le document de Médiapart est publié le jour où le chef d'état-major de l'époque de Laurent Gbagbo a amené son témoignage à La Haye...

C'est un témoignage qui, sous des aspects de reniement des propres actions, est une décharge absolue des actes de l'accusation de la CPI contre Gbagbo. Pas une minute, le chef d'état-major n'a permis d'alimenter la démonstration d'un plan commun, ou d'un massacre ordonné des gens par Gbagbo, c'est même le contraire ! Si on reste dans le suivi du procès stricto sensu, à aucun moment le plan commun que l'accusation a fait porter à Gbagbo ou son entourage n'est mis au jour par ce chef d'état-major.

Tout cela démontre que c'est un montage réalisé avant même l'arrestation de Gbagbo, car si vous regardez l'email, il est daté de 10H40 le 11 avril. 10H40 c'est l'heure française, c'est 8h40 en Côte d'Ivoire. A 8h40 le matin, l'armée n'avait pas été arrêtée, et ils sont déjà dans la mécanique de quoi faire avec Gbagbo après l'arrestation, et c'est le procureur qui mène la danse, alors que pour pouvoir faire cela il faut qu'il y ait un mandat, des investigations, etc. C'est un temps long. Et là, il n'avait pas encore été arrêté qu'ils étaient en train de monter la mécanique pour l'amener à La Haye. C'est une forfaiture juridique, à la fois contre toutes les lois qui régissent la communauté occidentale, et contre le statut de Rome lui-même !

Vous réclamez depuis des années la libération de Laurent Gbagbo. Pensez-vous que ce scandale va accélérer la décision ?

Je dis depuis plusieurs années que pour le passage de Laurent Gbagbo à la CPI et son procès, il y avait 2 solutions. Si Gbagbo était libéré, cela serait comme un acte de naissance de la CPI qui n'arrive pas à décoller jusqu'à aujourd'hui. A part 2 petits procès, la CPI ne joue pas son rôle, qui était le rôle que les fondateurs du Statut de Rome pensaient faire jouer à une cour internationale de justice...Et là, le seul chef d'État qu'on juge, c'est le plus démocrate de tous les Africains. Il y a une erreur quelque part.

Si la Cour s'entête à vouloir condamner Gbagbo, cela serait son acte de décès, et le document d'hier sont les premiers éléments de cette disparition de la Cour à terme, si elle se construit dans la même veine. Il ne s'agit pas de réclamer la libération de Gbagbo, c'est surtout vouloir protéger à terme l'idée d'une vraie justice internationale, en jugeant des gens qui doivent vraiment être jugés. Je ne vais pas faire le tour de l'Afrique, de l'Europe, de l'Amérique ou de l'Asie, mais je crois qu'il y a sur la terre un certain nombre de gens dont on pourrait se soucier quant à leur action dans le cadre des relations internationales.

Sans vouloir faire de la polémique, rien que l'action de M. Sarkozy en Libye en dehors de toutes les règles, rien que l'action de G.W. Bush en Irak en dehors de toutes les règles, sont déjà des éléments qui devraient nous alerter sur où est le droit international. Et je dois remarquer d'ailleurs que la nomination du Procureur de la Cour pénale internationale est approuvée au nom du Conseil de Sécurité de Nations Unies.

Et il faut voir que dans ce Conseil de Sécurité, parmi les 5 membres permanents, il n'y en a que 2 qui ont signé le Statut de Rome. C'est à dire que vous avez des gens qui sont contre le Statut, qui sont les trois premières puissances du monde : les États-Unis, la Chine, la Russie, qui sont capables de donner le feu vert et désigner le Procureur, et ils ne sont pas membres de la CPI. Il n'y a pas une erreur de casting quelque part, là ?

* Bernard Houdin est l'auteur du livre « Les Ouattara, une imposture ivoirienne ».

Source: Investig'Action

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