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Océan Indien : ici se joue la grande bataille pour la domination mondiale

 Ainsi, la domination occidentale sur l'océan Indien devenait totale.

Mais aujourd'hui, cette domination est remise en cause par les puissances émergentes d'Asie et l'océan Indien pourrait devenir le théâtre d'une compétition sino-américaine.

Les Etats-Unis étant en déclin et la Chine en ascension spectaculaire, comment Washington pourrait-elle bloquer son principal concurrent ?

Le Pentagone est bien implanté dans la région : énorme base militaire d'Okinawa (Japon), accords avec les Philippines sous prétexte de lutte contre le terrorisme, excellents rapports avec l'armée indonésienne qui fut formée par Washington pour massacrer un million de communistes et instaurer une dictature militaire dans les années 60...En outre, les Etats-Unis peuvent compter sur leur base militaire de Diego Garcia. Cette île corallienne située au cœur de l'océan Indien ferait rêver plus d'un vacancier avec sa plage de sable blanc et ses palmiers.

Cependant, l'histoire de cette île est nettement moins glamour : en 1965, Diego Garcia et le reste de l'archipel des Chagos ont été intégrés au territoire britannique de l'océan Indien ; en 1971, tous les habitants de l'île de Diego Garcia ont été déportés par les Etats-Unis qui y construisirent une base militaire : c'est depuis cet endroit stratégique que Washington a mené certaines opérations dans le cadre de la guerre froide, des guerres d'Irak et d'Afghanistan. Aujourd'hui, bien que des tribunaux britanniques leur aient donné raison, les habitants de Diego Garcia sont empêchés de retourner sur leur île par le gouvernement du Royaume-Uni.

Les Etats-Unis ont donc une bonne implantation militaire dans la région. De son côté, la Chine a deux talons d'Achille : les détroits d'Ormuz et de Malacca. Le premier (entre Oman et l'Iran)constitue l'unique entrée vers le Golfe Persique et il ne mesure que 26 kilomètres à son passage le plus étroit. Environ 20% du pétrole importé par la Chine passe par cet endroit. L'autre point faible, le détroit de Malacca (entre la Malaisie et l'île indonésienne de Sumatra), est très fréquenté et très dangereux ; or, c'est le principal point de passage pour les marchandises venant de l'océan Indien à destination de la Chine. Environ 80% des importations chinoises de pétrole passent par ce détroit. Les Etats-Unis étant très bien implantés dans cette zone, ils pourraient bloquer le détroit de Malacca si un conflit devait éclater avec la Chine. Et ce serait une catastrophe pour Pékin.

Cela explique pourquoi la Chine cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement en ressources énergétiques ?

Tout à fait. Face à ce problème majeur, la Chine a développé plusieurs stratégies. La première consiste à s'approvisionner en Asie Centrale. Un gazoduc relie maintenant le Turkménistan à la province chinoise du Xinjiang ; d'ici 2015, il devrait fournir quarante milliards de mètres cubes par an, soit près de la moitié de la consommation chinoise actuelle. Un gazoduc relie également la Chine au Kazakhstan, acheminant du pétrole de la mer Caspienne. Il y a aussi le sud de l'Asie. Pékin a passé des accords avec le Bangladesh pour s'approvisionner en gaz et en pétrole. On a annoncé récemment la construction d'un oléoduc et d'un gazoduc qui fourniront respectivement, depuis le Myanmar (Birmanie), 22 millions de tonnes de pétrole et 12 milliards de mètres cube de gaz par an. Enfin, la troisième stratégie chinoise, surnommée « collier de perles », consiste à construire des ports dans des pays amis le long de la côte nord de l'océan Indien.

Objectif : disposer d'un trafic maritime autonome dans cette région. Dans cette stratégie, s'inscrit la construction au Pakistan du port en eaux profondes de Gwadar. Ce type de port est particulièrement adapté au trafic de bateaux containers et la Chine devrait en construire d'autres, notamment en Afrique.
Il faut savoir que certains des bateaux containers acheminant des marchandises vers la Chine depuis l'Amérique latine sont trop gros pour rejoindre l'océan Pacifique via le canal de Panama. Ils passent donc par l'océan Atlantique, puis par l'océan Indien avant de rejoindre la Chine. Durant ce périple, ils ne devraient plus nécessairement transiter par l'Europe comme maintenant et rejoindre l'océan Indien à travers le canal de Suez. Dans le cadre de l'axe Sud – Sud, ces bateaux containers pourraient plutôt transiter par l'Afrique en reliant l'Amérique Latine et l'Asie.

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