Tension sociale en Région dit ''anglophone'' au Kamerun: questions recto/verso à deux balles!

L'écrasante majorité des ''Évolués Francophones'' considèrent l´érection du ''drapeau du mouvement sécessionniste Scnc'' à Bamenda comme un ''acte de guerre''. Des informations qui sont tombées dans mes oreilles indiquent qu'hier, un renfort de l'armée a été dépêché dans les Régions visées pour dit-on, ''ramener la paix sociale''.

Il paraît même que les Camerounais ''Francophones'' vivant dans ces Régions sont retournés précipitamment dans ''leurs'' Régions ''Francophones'' pour dit-on, ''se mettre à l'abri de la colère de leurs concitoyens Anglophones'', un peu comme au Rwanda en 1994 où le personnel blanc des Ambassades occidentales a été évacué, laissant sur place leurs collègues Rwandais qui se sont fait littéralement massacrés à la machette par les ''Interahamwés'' (milices ''Hutu'' génocidaires pro-gouvernementales).

Ainsi donc, les ''Francophones'' ont décidé de prendre leur distance vis-à-vis des ''problèmes anglophones'' comme s'ils étaient choyés par le régime de Bivondo Barthélémy Biya Paul tandis que seuls les ''Anglophones'' sont mis à mal. Je rêve!

Pour écouter le débat sur la crise sociale en "région anglophone", cliquez sur le lien ci-dessous:

http://www.africa1.com/IMG/mp3/jda_-_25_11_16_-_pad.mp3

 Question No1:

Comment peut-on expliquer l'inaction et l'indifférence des Camerounais ''Francophones'' en 2016 alors que les deux composantes (''Francophone'' et ''Anglophone'') ont eu les mêmes pulsations lors des ''Villes Mortes'' en 1991-1992?

Mais, que s'est-il passé entre-temps dans la tête des ''Francophones''?


Deux phrases qui sonnent comme un véritable empoisonnement mental sont quotidiennement prononcées par ces derniers:

''On va faire comment. Le Cameroun c'est le Cameroun''.

Voilà le "frein à main psychologique'' qu'ils se sont arrogés pour cacher leur lâcheté et leur démission collective au CONTRAT SOCIAL du ''mieux vivre ensemble'' avec les ''Anglophones''. Face au désordre social érigé en mode de CONSERVATION DU POUVOIR, Ils ont même poussé l'audace jusqu'au ridicule en affirmant de façon péremptoire que ''le Cameroun est un pays bénit. Le Seigneur est aux commandes''.

Question No2:

Ne peut-on pas considérer l'érection de ce drapeau comme un appel pressant à un dialogue national et une redéfinition des rapports du ''mieux vivre ensemble'' entre les Camerounais colonialement (berlinement) dénommés ''Francophones'' et ''Anglophones''?

Question No3:

Y a-t-il vraiment eu une véritablement unité nationale dans la postcolonie partout à KaMa depuis que les vampires de Berlin nous ont hanté?

Je suis vraiment dans le regret de constater la posture de va-en-guerre adoptée par l'écrasante majorité des intellectuels colonisés ''Francophones'' face à une problématique sociale fondamentalement liée à l'aliénation culturelle, à la mauvaise gestion des biens publics à l'échelle (inter)nationale, à la Négrophobie mondialisée et tropicalisée, à l'érection de la Trinité Vampirique: désordre social-corruption-tribalisme comme mode de CONSERVATION DU POUVOIR. Il n'est plus besoin de disserter sur les raisons pour lesquelles une Renaissance africaine est une urgence vitale. La seule question qui vaille aujourd'hui est de savoir « quand pourra-t-on parler de Renaissance africaine ? », pour reprendre le titre d'un article de Cheikh Anta Diop dans ''Alerte sous les tropiques'' en 1948.


 Le grégarisme africain ou la mort!

''En Afrique, les familles ont un champ collectif (socialisme). Pendant la journée, celles-ci se réunissent pour cultiver dans le champ commun. Le soir venu, chacun retourne dans son champ privé (capitalisme). A la récolte, les produits du champ commun servent à nourrir toute la famille. Ensuite, chacun peut utiliser les produits de son champ personnel pour faire ce qu'il veut. Cette politique unit les individus sans les confondre.'' (Professeur Bado Laurent)

« Le contrat social

Koffi Aya: beaucoup d'Africains semblent ignorer les fondements de la vie en société. Beaucoup d'entre nous ne sont plus conscients et éduqués sur cet accord tacite que nous nommerons ici le ''contrat social''.

Pour définir correctement le contrat social, il faut revenir à une réalité fondamentale de la vie, avec laquelle nous avons perdu contact. L'être humain est un des animaux les plus faibles de la Nature. Une antilope, suffisamment motivée, face-à-face à un Homme, combattant à armes égales, pourrait tuer sans difficultés ce dernier. Oui, nous n'avons ni griffes /crocs/poison pour nous défendre des autres animaux ; nous ne sommes pas non plus dotés de capacité supérieure de course ou d'escalade pour leur échapper.

La SEULE et UNIQUE raison pour laquelle l'être humain a réussi à se hisser au sommet de la chaine alimentaire est la société. C'est parce que l'homme a décidé de vivre, travailler, se défendre, réfléchir en groupe qu'il a pu échapper à sa condition naturelle qui est d'être la nourriture des animaux physiquement plus forts. Des animaux, aussi sauvages soient-ils, ne s'attaquent pas aux hommes lorsqu'ils sont en groupe, mais le font sur les individus isolés.

Le contrat social est cette règle tacite selon laquelle en échange de la protection et tous les avantages procurés par le groupe/la société, CHAQUE membre doit faire sa part de SACRIFICE pour la communauté, son bien-être et son évolution. Et ce n'est pas parce que beaucoup d'entre nous ont décidé qu'ils n'étaient que ''des pauvres nègres souffrant en Afrique dans la pauvreté'' que cette règle ne s'applique pas à nous.

La fameuse ''pauvreté'' des noirs, ne nous enlève pas immédiatement des rangs des Hommes et ne nous soustraient pas à nos devoirs en tant qu'Humains. Se dire libre de faire ce qu'on veut c'est n'importe quoi. Et les gens qui refusent de faire le sacrifice pour la société, ne devrait plus profiter de la protection offerte par la société. C'est simple. »

INGETA!