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Ce que l’Occident ne veut pas que vous sachiez sur l’Érythrée

 Comment expliquer l'attitude de Djibouti ?

Le président Ismail Omar Guelleh n'a pratiquement pas de base sociale. Il est seulement maintenu au pouvoir grâce au soutien de puissances étrangères. Par conséquent, il ne peut rien leur refuser. Cela explique notamment pourquoi il y a tant de soldats étrangers à Djibouti. Par exemple, les Etats-Unis n'ont qu'une base militaire en Afrique, et elle se trouve à Djibouti. Ce petit pays abrite également des contingents d'autres nations et la plus grande base française du continent.

Guelleh est donc totalement dépendant de Washington. Si les Etats-Unis ont besoin de lui pour créer une nouvelle crise dans la région, il s'exécute. C'est devenu une spécialité US : fomenter des problèmes pour ensuite proposer de les résoudre. Ici, les Etats-Unis cherchent à faire passer l'Erythrée pour un pays belliqueux qui serait la cause de tous les problèmes dans la Corne de l'Afrique.

Pourquoi les Etats-Unis veulent-ils marginaliser l'Erythrée ?

Le gouvernement érythréen a une vision pour son propre pays et pour la région : il est possible d'atteindre un bon niveau de développement et de résoudre les conflits par le dialogue si on se débarrasse des interférences des puissances étrangères. Si vous regardez la crise en Somalie, l'Erythrée a toujours prôné de rassembler tous les acteurs politiques de ce pays autour d'une table pour dialoguer. Pour trouver une solution au conflit et reconstruire la Somalie, l'Erythrée propose également d'impliquer la société civile : femmes, vieillards, chefs religieux... Rassembler tout le monde au delà des clivages pour rebâtir un pays qui n'a plus de gouvernement depuis vingt ans. Cette méthode serait certainement efficace pour ramener la paix dans le pays. Mais, de leur côté, les Etats-Unis ont volontairement maintenu la Somalie dans le chaos. En 2007, ils ont même ordonné à l'armée éthiopienne d'attaquer Mogadiscio alors que la paix était revenue. Et au bout du compte, c'est l'Erythrée qui est sanctionnée par l'ONU !

En fait, les Etats-Unis craignent que la vision érythréenne ne fasse des adeptes dans la Corne de l'Afrique. Cela signifierait la fin de l'ingérence américaine dans cette région stratégique. Washington cherche donc à mettre l'Erythrée en quarantaine pour éviter que le " virus " se propage. C'est une technique que les Etats-Unis ont toujours appliquée et que Noam Chomsky a étudiée. Il parle de " théorie de la pomme pourrie " : si une pomme pourrit dans un panier, il faut vite la retirer avant que les autres pommes pourrissent à leur tour. C'est pourquoi les Etats-Unis ont toujours cherché à renverser des gouvernements (avec ou sans succès) : Castro à Cuba, Allende au Chili, le Laos dans les années 60... Chomsky remarque que Washington intervient alors sous prétexte d'assurer la " stabilité " du monde. Mais cette " stabilité ", nous explique-t-il, signifie " sécurité " pour les multinationales et les classes dirigeantes.

Pour Washington, l'Erythrée est donc la pomme pourrie de la Corne de l'Afrique ?

Tout à fait. Mais le véritable ennemi de la région, c'est l'impérialisme. Particulièrement l'impérialisme US. L'Erythrée souhaite donc que les pays de la Corne de l'Afrique se débarrassent des ingérences des puissances néocoloniales et développent un projet commun. La Corne de l'Afrique jouit d'une position géographique très avantageuse : elle est à la fois connectée aux pays du Golfe et à l'Océan Indien où s'effectue la majeure partie du commerce maritime mondial. Elle dispose également de nombreuses ressources : minerais, gaz, pétrole, biodiversité... Si les pays de cette région se libéraient du néocolonialisme et unissaient leurs efforts, ils parviendraient à sortir de la pauvreté.

Voilà ce que souhaite l'Erythrée pour la Corne de l'Afrique. Bien évidemment, les Etats-Unis ne souhaitent pas que ce projet voie le jour car ils pourraient faire une croix sur le contrôle de cette région stratégique et sur l'accès à ses matières premières. Washington essaie donc de faire pression sur le président Isaias Afwerki pour qu'il change sa politique. En fin de compte, l'Erythrée, qui a dû mener un long combat pour obtenir son indépendance en 1993, lutte encore aujourd'hui pour protéger sa souveraineté nationale.

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