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Le peuple camerounais pris dans le double étau de la mondialisation de la violence par les armes

 2. La science de la peur
 

L'écrivaine Canadienne Naomi Klein, dans son ouvrage ''La stratégie du choc. La montée d'un capitalisme du désastre'', édition LEMÉAC/ Actes Sud, 2008, nous apprend que :
 

« La stratégie du choc imite la démarche en tentant de reproduire, à l'échelle d'une société, les résultats obtenus avec un seul détenu dans une cellule de prison. À cet égard, l'exemple le plus probant est le choc du 11 septembre, qui, pour des millions de personnes, fit voler en éclats le ''monde familier''. Il déclencha du même coup une période de désorientation et de régression que l'administration Bush exploita de main de maître. Soudain, nous nous retrouvions en quelque sorte en l'an zéro.
 

Tout ce que nous savions du monde relevait d' ''avant'' la catastrophe. Nous, les Nord-Américains, qui de toute façon connaissions mal notre histoire, formions désormais un État vierge, une ''feuille blanche'' sur laquelle ''on peut écrire les mots les plus beaux et les plus nouveaux'', ainsi que Mao le dit à propos de son peuple. Une nouvelle armée de spécialistes se chargea aussitôt d'écrire des mots beaux et nouveaux sur la table rase de notre conscience traumatisée:''choc des civilisations'', ''axe du mal'', ''islamo-fascisme'', ''sécurité intérieure''.
 

Pendant que les citoyens étaient mobilisés par de nouvelles guerres culturelles aux conséquences mortelles, l'administration Bush accomplit ce dont elle n'aurait pu que rêver sans les attentats du 11 septembre : lancer des guerres privatisées à l'étranger et créer un complexe de la sécurité assujetti au contrôle du privé à l'intérieur des frontières des États-Unis.
 

Voici donc comment fonctionne la stratégie du choc : le désastre déclencheur-le coup d'État, l'attentat terroriste, l'effondrement des marchés, la guerre, le tsunami, l'ouragan-plonge la population dans un état de choc collectif. Les sifflements des bombes, les échos de la terreur et les vents rugissants ''assouplissent'' les sociétés, un peu comme la musique tonitruante et les coups dans les prisons où se pratique la torture. À l'instar du prisonnier terrorisé qui donne le nom de ses camarades et renie sa foi, les sociétés en état de choc abandonnent des droits que, dans d'autres circonstances, elles auraient défendues jalousement. Jamar Perry et les autres évacués entassés dans le refuge de Baton Rouge devaient renoncer à leurs logements sociaux et à leurs écoles publiques.
 

Après le tsunami, les pêcheurs sri-lankais devaient céder aux hôteliers leurs précieuses terres du bord de la mer. Si tout s'était passé comme prévu, les Irakiens, eux, auraient dû être sous le coup du choc et de l'effroi au point d'abandonner aux bases militaires américaines et aux zones vertes la maîtrise de leurs réserves de pétrole, de leurs sociétés d'État et de leur souveraineté. » (pp.27-28)
 

La "thérapie du choc" est également employée dans le domaine de la santé. C'est ainsi qu'en inondant le public des publicités et des effets dévastateurs des cancers, la population consent à une augmentation du budget alloué à la "lutte contre les cancers", qui en réalité, profite aux firmes pharmaceutiques qui fabriquent des chimiothérapies dont les doses sont hautement toxiques pour les patients :
 

« L'utilisation du cancer dans le discours politique encourage le fatalisme et justifie de mesures ''rigoureuses'' tout en renforçant l'idée largement répandue que cette maladie est obligatoirement mortelle. Le concept même de la maladie n'est jamais innocent. Mais on pourrait répondre que les métaphores liées au cancer portent en elles, et implicitement, l'idée de génocide. » (Susan Sontag, ''La maladie comme métaphore'', traduit de l'anglais par Marie-France de Paloméra, 1993)
 

Pour Milton Friedman dans une lettre adressée au général Augusto Pinochet, le 21 avril 1975 :
 

« Si cette méthode de choc est adoptée, il faut, je crois, l'annoncer publiquement et en détail et procéder sans tarder. Plus le public sera pleinement informé, et mieux ses réactions en faciliteront l'ajustement. » (Milton Friedman et Rose D. ''Two Lucky People''. Memoirs, University of Chicago Press, Chicago, 1998, p. 592). 

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