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L’histoire mal connue des exportations militaires israéliennes vers le Sud-Soudan

Il y a deux ans et demi, Israël aurait bombardé une usine d'armes iranienne à Khartoum ; une année auparavant, l'IDF a intercepté un bateau qui transportait des munitions du Soudan vers Gaza ; et il y a juste un mois, un drone israélien a été abattu au Soudan. Il est évident qu'Israël et l'Iran se font une guerre par procuration par le biais de leurs alliés africains. La question posée est de savoir si cette stratégie semi-impériale peut, d'une quelconque manière, justifier l'aide apportée aux forces du Sud-Soudan qui ont perpétré des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Aucun intérêt stratégique réel ou imaginaire ne pourrait exonérer Israël quant à sa responsabilité morale et légale pour empêcher la vente d'armes pouvant servir à de telles fins.

La célébration de l'indépendance du Sud-Soudan s'est tristement transformée en une des pires tragédies de notre époque. Depuis mi-décembre 2013, une guerre civile fait rage dans le Sud du Soudan entre des ethnies et des groupes politiques opposés ; il s'agit de la continuation d'une guerre civile sanglante qui a conduit à l'indépendance du pays après 22 ans. Les derniers rapports mentionnent un nombre de 50000 personnes tuées, 2 millions déplacées et 2.5 millions qui risquent la famine à cause de la guerre. Les organisations humanitaires des droits de l'Homme et les Nations Unies estiment que 12000 enfants soldats combattent dans le Sud-Soudan. Toutes les parties impliquées dans les combats, et particulièrement le gouvernement et ses milices, sont aussi impliquées dans des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et de sévères violations des droits de l'Homme.

Aucune des parties n'est en mesure de mettre fin à la guerre, et il n'y a aucune évidence de majorité ethnique dans le pays. La tribu des Dinka, qui contrôle actuellement le gouvernement représente seulement 35 % de la population. Quelques combattants de l'opposition sont d'anciens membres des forces de sécurité qui ont fait défection au parti adverse, ils utilisent leurs armes et s'entraînent militairement avec eux ce qui rend leur défaite par le gouvernement difficile. Pour ces raisons, le gouvernement a décidé une stratégie alternative : meurtres de masse, viols systématiques des autres groupes ethniques et violences contre les citoyens identifiés comme faisant partie de l'opposition. Tant que les armes continuent de circuler dans le pays, le gouvernement n'a aucun intérêt à trouver un compromis, et il continue de s'accrocher à l'espoir de vaincre ses ennemis sur le terrain.

Cette situation a conduit les pays européens à déclarer un embargo sur les armes du Sud-Soudan et la suspension de l'aide militaire des USA. Il y eut également des tentatives d'embargo similaires par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Jusqu'à présent, ces tentatives ont été sans succès à cause des conflits et des disputes entre les membres du Conseil mais aussi à cause de la peur que les rebelles réussissent à vaincre les forces du gouvernement. Malgré les difficultés politiques pour trouver un accord sur une résolution d'embargo, la gravité de la situation dans le Sud-Soudan est évidente pour tous. Le 3 Mars de cette année, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2206 sponsorisée par les USA donnant aux deux parties un ultimatum concernant l'embargo sur les armes et autres sanction si le combat ne s'arrêtait pas.

Malgré la réaction mondiale, la guerre secrète israélienne au Sud-Soudan continue selon les rapports et les informations fournis par les militants des droits de l'Homme qui étaient ou sont encore dans le Sud-Soudan. Depuis l'indépendance du pays, Israël n'a pas cessé d'envoyer ses armes, de former les forces du gouvernement et de fournir différentes expertises technologiques liées à la sécurité. Il existe également une collaboration entre les services secrets des deux pays, et des entités israéliennes ont établi un contrôle interne et un système de surveillance dans le Sud-Soudan qu'ils maintiennent toujours. L'implication israélienne actuelle dans le Sud-Soudan est exceptionnelle dans l'histoire de ses exportations militaires. Cela dépasse l'entendement. Israël se bat actuellement pour la viabilité d'un projet pour lequel, il a tellement investi et ce, depuis des année ; un projet dont l'échec pourrait porter atteinte à sa crédibilité aux yeux des autres dictateurs et régimes qui reçoivent son aide militaire.

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