• Font size:
  • Decrease
  • Reset
  • Increase

Découvrez la véritable armée de défense d’Israël : le Congrès des États-Unis

Jeffrey St. Clair

 10 août 2015

Les rouages de la machine israélienne. Tout a commencé un après-midi plutôt triste en Cisjordanie. Il n'y a rien d'inhabituel. Une fois de plus, on enterre un jeune homme plein d'avenir mais mort bien trop tôt. Sous l'ombre écrasante du Mur et dans le viseur des soldats israéliens, plus de 200 personnes en deuil procèdent sur la rue pavée qui descend jusqu'au vieux cimetière, dans le village de Beit Ummar. Des cris de colère se font entendre, accusant les soldats d'une énième mort inutile.

Les obsèques sont tenues en l'honneur de Jafaar Awad, un étudiant. A peine deux mois après avoir été libéré d'une prison israélienne, dans laquelle sa maladie s'est aggravée par absence de traitements, il est tombé dans le coma. Il n'avait que 22 ans à sa mort, devenant ainsi le dernier d'une longue liste de prisonniers palestiniens morts aux mains négligentes des geôliers israéliens. Alors que sa famille se rassemblait autour de sa tombe, l'Armée de Défense d'Israël (ADI) lance plusieurs bombes lacrymogènes dans le cortège funèbre, dispersant la foule stupéfaite. Des armes automatiques se font entendre, la foule en deuil se fait mitrailler. Plus d'une douzaine de personnes sont touchées, parmi lesquelles le cousin de Jafaar, Ziad Awad. Il est blessé au dos, la balle lui a transpercé la colonne vertébrale. Dépêché à l'hôpital Al Ahli d'Hébron, il y meurt des suites de sa blessure. Il avait 28 ans.

Quelques heures après l'assassinat de Ziad par les francs-tireurs israéliens, l'ADI émet une déclaration peu détaillée dans laquelle elle explique que des soldats israéliens ont tiré sur la foule en réponse à des jets de pierres. Je suis presque étonné de voir que l'ADI prenne encore la peine de justifier un meurtre devenu monnaie courante : face à des enfants qui lancent des pierres, font des ricochets avec des galets, jouent à la corde à sauter, font des bulles ou couvrent de terre une tombe à ciel ouvert. Ils n'ont pas d'autre choix que d'ouvrir le feu. Les Palestiniens n'ont pas de recours face à ces massacres : aucun tribunal pour contester la légitimité des fusillades, aucune façon d'obtenir une compensation pour les factures médicales, la douleur, la souffrance ou les jours de travail perdus, aucun moyen d'obtenir justice pour les tués. Combien de pertes, de misère et d'humiliation le peuple palestinien pourra-t-il encore subir ?

L'Etat d'Israël n'a jamais été aussi violent, le prix en sang payé par les Palestiniens n'a jamais été plus élevé. En 2014, les forces israéliennes ont tué plus de 2 300 Palestiniens et en ont blessé plus de 17 000. Ces chiffres représentent le pire bilan depuis l'intensification de la présence d'Israël en Cisjordanie et sur la bande de Gaza suite à la Guerre des 6 jours, en 1967. Au plus fort du carnage commis par Israël dans la bande de Gaza l'été dernier, plus de 500 000 Palestiniens ont été contraints au déplacement forcé. Pire, d'après un rapport de l'ONU nommé « Des Vies Déchirées », plus de 100 000 d'entre eux sont sans domicile.

Imhotep

imhotep imhotep2 

Pour soutenir nos efforts

Faites un don à l'institut Per aâ n Imhotep pour soutenir nos efforts.

Amount: 

devenir-membre-home