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Géostratégie et Religion : Comment déterminer la relation entre la religion et le comportement des individus ? Partie III

 5. La vie après la vie : un principe cardinal de la spiritualité négro-africaine

Le sens du Culte des Ghédés en Ayiti, éclaire sur l'unité culturelle existant entre les peuples de la Caraïbe, de l'Afrique à leurs ancêtres du Nil quant à l'idée de la vie après la mort. Selon Louis Maximilien, le terme Ghédé viendrait du nom d'une tribu africaine au début de la dynastie dahoméenne les ''ghédévis''. Ce peuple, avait pour coutume d'enterrer leurs morts après avoir séparé la tête du tronc. Si le terme est africain, l'esprit habitant ce culte est beaucoup plus ancien, et vient aussi d'Afrique, car, selon le même auteur, « ils se rapprochent par leurs modalités des rites égyptiens qui consacrent les procédés d'osirification des personnages royaux et des morts. (Dans la résurrection d'Osiris, les égyptiens voyaient le gage d'une vie éternelle au-delà de la tombe pour eux-mêmes). Et cet espoir égyptien est identique à celui des africains qui accomplissaient des rites tout à fait analogues ».

Voici un extrait du Papyrus d'Anana. Il était le Djati (= deuxième personnage de l'État après le ''Per-aâ'' [Pharaon]) de Séti II (vers 1320 avant notre ère):

"Le destin guide ceux qui l'acceptent et traîne ceux qui le refusent".

"Voyez ! N'est-ce point écrit dans ce rouleau ?

Lisez, vous qui le trouverez dans les jours à naître, si vos dieux vous ont donné l'intelligence!

Lisez, ô enfants de l'avenir, et apprenez les secrets de ce passé qui pour vous est si lointain, et qui est cependant, en vérité, si proche !

Les hommes ne vivent pas seulement une fois, partant ensuite pour toujours. Ils vivent de nombreuses fois en de nombreux endroits, quoique ce ne soit pas toujours dans ce monde-ci. Entre deux vies, il y a un voile d'obscurité. La porte s'ouvrira à la fin, et nous montrera toutes les chambres que nos pas auront traversées depuis le commencement.

Notre religion nous enseigne que nous vivons éternellement. Or, l'éternité, n'ayant point de fin, ne peut avoir de commencement ; c'est un cercle. C'est pourquoi si l'un est vrai, à savoir: que nous vivons à jamais, il semble que l'autre aussi soit vrai, à savoir : que nous avons toujours vécu. Dans les temps anciens, avant que les prêtres n'aient figé les pensées de l'homme en blocs de pierre et qu'ils en aient construit des temples à mille dieux, beaucoup tenaient ce raisonnement pour juste, comme ils tenaient alors qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Aux yeux de l'homme Dieu a beaucoup de visages, et chacun jure que celui qu'il voit est le seul vrai Dieu. Cependant ils ont tous raison.

Nos Kâ, qui sont nos moi spirituels, nous les montrent chacun d'une manière différente. Puisant à l'éternelle source de sagesse qui est cachée dans l'être de tout homme, ils nous donnent des lueurs de la vérité, comme ils nous donnent, à nous qui sommes instruits, le pouvoir d'opérer des merveilles. L'esprit ne doit pas être jugé d'après le corps, ni le Dieu d'après sa maison.

Chez les Egyptiens, le Scarabée n'est pas un dieu, mais un emblème du Créateur, parce qu'il roule une boule d'ordure entre ses pattes et y dépose ses oeufs pour qu'ils éclosent, comme le Créateur roule le monde qui semble être rond et lui fait produire de la vie...

Ma foi m'enseigne que la vie ne se termine pas avec la mort, et que par conséquent l'amour, étant l'âme de la vie, doit nécessairement durer aussi longtemps qu'elle dure. La force de ce lien invisible continuera d'attacher ensemble deux âmes longtemps après que le monde sera mort. Si vous perdez un être cher, prenez courage. La mort est la nourrice qui l'emmène dormir, rien de plus, et au matin il s'éveillera de nouveau pour voyager à travers un autre jour avec ceux qui ont veillé sur lui avec compassion depuis le commencement...

L'éternité n'a pas de fin, donc pas de commencement. L'éternité est donc un cercle. Si nous vivons, nous devons continuer à jamais, et si nous continuons à jamais comme le cercle et comme l'éternité, l'homme n'a pas eu de commencement.

L'homme vient à l'existence de nombreuses fois ; cependant il ne sait rien de ses vies passées, sauf que, occasionnellement, un rêve ou une pensée le ramène à quelque circonstance d'une précédente incarnation. Mais il ne peut se rappeler quand, ni où, cet événement s'est produit. Il reconnaît seulement quelque chose de familier.

A la fin, pourtant, toutes ses vies passées se révèleront à lui. Les esprits, ou âmes, qui se sont connus dans une incarnation, se rencontreront peut-être dans une autre incarnation, attirés l'un vers l'autre ; mais pour quelle cause, tous deux l'ignoreront.»

Imhotep

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