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Aperçu du Colloque du Caire

2- L'origine Indo-européenne de l'Egypte : (thèse perdante)

♦Le professeur LECLANT "a insisté sur le caractère africain de la civilisation égyptienne. Mais selon lui, il convenait de bien distinguer "race" et culture, comme l'avait fait le professeur VERCOUTTER. Il considère que "l'anthropologie physique, en Égypte, n'en est qu'à ses débuts" et "que le problème du peuplement de l'Égypte ancienne était considérable et ne pouvait être résolu, pour le moment, par une approche synthétique encore très prématurée".

♦Pour le professeur GHALLAB, ce n'est qu'au "paléolithique tardif que la race noire s'est manifestée de l'Atlantique à la mer Rouge". "Une culture nègre n'est apparue vraiment qu'au néolithique".

♦Le professeur ABDALLA considère pour sa part qu'il est "peu important de savoir si les Égyptiens étaient des noirs ou négroïdes : le plus remarquable était le degré de civilisation auquel ils étaient parvenus. Il existait, a-t-il, dit des indices importants fournis par l'anthropologie physique concernant la présence de Noirs dans le peuplement ancien, mais il était abusif de généraliser et de dire que ce peuplement étaient entièrement noir ou négroïde".

Il aborde ensuite le volet linguistique en indiquant qu'il n'a pas été convaincu par les démonstrations effectuées par le professeur DIOP :

"les similarités signalées étaient accidentelles [...] Les preuves fournies de parenté plaideraient bien plus en faveur de la dispersion de l'égyptien ancien en Afrique que de sa parenté avec les langues africaines actuelles".

Pour lui, la langue égyptienne n'est pas une langue africaine directe ; elle appartenait à un groupe proto-sémitique, et de nombreux exemples pouvaient être cités à l'appui de cette définition".

♦Le professeur SAUNERON intervient au cours d'un vif échange entre les professeurs ABDALLA et DIOP portant sur la traduction du terme égyptien KM (Kemet, Kamit) : il confirme que ce terme désigne la couleur NOIRE, chose récusée initialement par le professeur ABDALLA.

♦Le professeur DEBONO informe que ses recherches dans la montagne thébaine ont permis de prouver l'existence de l'homme le plus primitif. Il rappelle qu'un fragment de calotte crânienne découvert en 1962 au Gebel Silsileh (nord de Kom-Ombo) datant probablement du paléolithique moyen "constituait la plus ancienne trace humaine découverte en Égypte." Il précise que ce même site avait livré d'autres vestiges humains se rapportant respectivement au paléolithique supérieur et à l'épipaléolithique. Les restes humains relatifs à l'épipaléolithique attestent, selon le professeur AGUIRÉ qui les a étudiés, "la présence d'un cromagnoïde apparenté peut-être à la race de Mekta el Arbi en Afrique du Nord et Asselar."

♦S'agissant enfin du néolithique et du prédynastique, les fouilles menées à El Omari (dans le nord de l'Égypte), fournissent "de nombreux restes humains en bon état de conservation." Référence est faite à l'étude du professeur DERRY sur les différences raciales entre le nord et le sud aux époques concernées. "Contrairement à ceux du sud, les ossements d'El Omari s'apparentaient nettement à la prétendue race nouvelle des constructeurs de la pyramide. Elle montrait des affinités sans doute libyco-asiatiques. La civilisation méadienne, dont on a retrouvé les cimetières, l'un à Méadi et l'autre à Héliopolis, a prouvé, par les témoignages dégagés, l'existence d'une race assez semblable à celle d'El Omari."

Dans le domaine de l'iconographie, il pense qu'il doit être possible de tirer des informations sur les contacts et les déplacements entre peuples à partir de comparaisons faites avec :

-les représentations iconographiques humaines (figurines ou dessins sur les vases) trouvées dans la région nord de l'Égypte (Fayoum, Mérimdé, El Omari), en Haute-Égypte et en Nubie.

-les nombreux dessins rupestres découverts en Haute Égypte, en Nubie et dans d'autres régions de l'Afrique. S'agissant de l'aspect linguistique, il affirme l'utilité d'une reconstitution du langage préhistorique égyptien. Il aborde enfin la question du peuplement de la vallée du Nil par l'étude des industries lithiques : leurs caractéristiques typologiques, leur répartition géographique.

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