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Aperçu du Colloque du Caire

Lors de ce colloque, deux thèses se sont clairement affrontées :

1- La première défend une progression première du nord vers le sud et un peuplement indo-européen de l'Egypte antique. Il n'en demeure pas moins que la culture de l'Egypte antique reste fondamentalement africaine. Cette thèse est résumée dans le rapport, par le passage ci-dessus :

"... la majorité des égyptologues (VANDIER, 1952, p. 22) estime que la population primitive qui occupe la vallée du Nil égyptienne et nubienne, depuis le Prédynastique (Badarien et Amratien ou Nagada I) et jusqu'à la première dynastie, appartient à une race brune, "méditerranéenne" ou encore "euro-africaine", souvent improprement appelée "hamite", ou encore "khamite". Cette population serait leucoderme, donc blanche, même si sa pigmentation est foncée pouvant aller jusqu'au noir ; [...] Ce type [humain] serait donc d'origine africaine, sans être "nègre" au sens où on l'entend habituellement. Au demeurant même les égyptologues convaincus du caractère africain essentiel de la civilisation égyptienne insistent sur le fait que la population qui a créé cette civilisation n'était pas "nègre" (NAVILLE, 1911, p. 199 ; BISSING, 1929 ; FRANKFORT, 1950].".

CHEIKH ANTA DIOP AU COLLOQUE DU CAIRE

 Démonstration de la concordance de la conjugaison du verbe "kef" entre l'égyptien et le wolof

2- La deuxième thèse vise à démontrer l'origine négro-africaine de la civilisation égyptienne et est soutenue par les professeurs Diop et Obenga :

« L'Egypte pharaonique, par l'ethnie de ses habitants, la langue de ceux-ci, appartient en totalité, des balbutiements néolithiques, à la fin des dynastie indigènes, au passé humain des Noirs de l'Afrique", souligne Obenga. Le professeur Diop rappelle que c'est l'influence de l'idéologie coloniale (« Je suspecte les Nègres et en général les autres espèces humaines d'être naturellement inférieurs à la race blanche. Il n'y a jamais eu de nation civilisée d'une autre couleur que la couleur blanche, ni d'individu illustre par ses actions ou par sa capacité de réflexion... Il n'y a chez eux ni engins manufacturés, ni art, ni science. Sans faire mention de nos colonies, il y a des Nègres esclaves dispersés à travers l'Europe, on n'a jamais découvert chez eux le moindre signe d'intelligence », David HUME), qui poussent les savants à échafauder des thèses se caractérisant par le non-sens (un individu à peau noire et aux cheveux crépus ne peut être blanc).

a) Critiques méthodologiques des Actes du Colloque :

En toute objectivité, les Actes du colloque laissent, apparaître de sérieux vices dans leur conception. En effet, dans la rédaction de présentation des thèses en présence, 120 lignes sont consacrées à la thèse 1 et seulement 26 à la thèse 2 soutenant l'origine négro-africaine de l'Egypte.

En introduction, Jean Devisse et Jean Vercoutter exprime largement leur thèse sur plusieurs pages alors que celle-ci a été battue en brèche par l'argumentation scientifique de Diop et d'Obenga et n'a finalement pas convaincu les spécialistes présents. Une attitude juste exige que le document commence par l'exposé de la thèse gagnante à savoir celle démontrant l'origine négro-africaine.

Le rapporteur devrait être neutre et non pas prendre partie pour l'une ou l'autre des thèses. Cela fausse la rédaction, surtout lorsque celui-ci s'avise à rédiger son « avis personnel » après avoir consacré 120 lignes à la 1ère thèse et seulement 26 à l'autre.

Enfin, pourquoi avoir consacré en début de rédaction, autant de pages à la communication de Vercoutter démontrant en résumé, qu'en Afrique noire, les nègres ont toujours été minoritaires si c'est pour apprendre plus loin que les spécialistes présents ont reconnu que ces thèses, dans leur forme rigide et absolue, constituaient un pas en arrière d'une trentaine d'années et ne pouvaient conduire qu'à un coup d'épée dans l'eau ? Si ce n'est que pour influencer d'emblée le lecteur profane ?

b) Les données du colloque :

1- La thèse de l'origine négro-africaine de l'Egypte antique : (Thèse gagnante du colloque)

Le professeur Cheikh Anta DIOP, rappelle que les découvertes du professeur LEAKEY démontrent l'origine africaine de l'humanité. Cette humanité a pris naissance en Afrique, dans la zone des grands Lacs, induisant un premier peuplement humain de la Terre ethniquement homogène et forcément « nègre » ; en raison de la loi du professeur Gloger. Cela inscrit le peuplement de la vallée du Nil dans un mouvement progressif allant du sud vers le nord et qui s'est échelonné du Paléolithique supérieur à la Protohistoire. Ainsi, le fond de la population égyptienne prédynastique était nègre.

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