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Boko Haram : le nouveau piège de la mondialisation! (2)

 Quelles sont les leçons à retenir?

Il me semble légitime de poser les questions suivantes :

1. Pourquoi le bourreau doit-il ‘’défendre’ son otage? (Sommes-nous en présence d’un ‘’syndrome de Stockholm’’ à l’envers?)

2. Le peuple étranglé a-t-il mandaté son « serre-gorge » pour le défendre? Le peuple doit-il assurer sa propre défense puisqu’il applique lui-même la « justice populaire » (comme c’est le cas au Cameroun, depuis l’avènement du ‘’Renouveau’’), en raison de la défaillance du système de justice et de protection des masses?

3. Qui est l’ennemi de qui dans cette guerre déclarée?

4. Et puis, gagner la guerre pour qui et pour quoi faire?

 Il me semble utile de préciser que les armées Françafricaines n’ont pas été formées pour défendre le peuple contre un éventuel « ennemi », mais pour mater le peuple en cas de rébellion contre l’ordre colonial ou néocolonial. Ce fut par exemple le cas au Cameroun dans le courant de l’année 2000 avec le ‘’Commandement opérationnel’’ et au mois de février 2008 où on a assisté à la mise en application de la guerre psychologique. Durant ces périodes funestes, l’armée a été déployée massivement dans les rues pour envoyer des milliers de Camerounais dans des fosses communes. Le peuple « choqué », s’est résigné et a abandonné tout sursaut de revendication de ses droits, même les plus élémentaires. L’expression « ON VA FAIRE COMMENT ! » est assez illustrative de la thérapie de choc collectif, laissant le champ libre à la « kleptocratie ». Boko Haram, apparaît comme une bestiole qui se pose sur une plaie surinfectée. Dans cette guerre contre Boko Karam, le peuple peut-il légitimement faire confiance à cette armée pour assurer sa sécurité et la protection de ses biens?

Une armée et un gouvernement peuvent-ils gagner la guerre sans être en « harmonie » avec le peuple dont ils sont ‘’sensés’’ protégé?

Les personnes qui jubilent parce que la guerre est déclarée contre Boko Haram, doivent comprendre qu'elles se mettent résolument dans la logique d'une victime qui danse au son du tamtam de son bourreau tout en ayant illusion de s'échapper au moindre mouvement si ce dernier se fatigue de taper sur le tamtam. Or, il ne cessera jamais de taper sur le tamtam car le fait pour la victime de danser à son rythme, est la condition sine qua non pour que lui, le bourreau se maintienne en vie. La seule façon pour la victime (prise en otage par le son du tambour de son bourreau), de se libérer, c'est soit de percer le tamtam, soit de briser les bras de son bourreau afin qu'il arrête de taper sur le tamtam. Mais, il est plus facile de se libérer en arrêtant tout simplement de danser au son du tamtam du bourreau, et inventer son propre rythme de danse. Finalement, le bourreau pourra se fatiguer de taper sur son propre tamtam car il se rendra compte qu'il tape dans le vide. Qui plus est, à la longue, il pourra même imiter le son du tamtam de sa victime provisoire. Dès lors, la peur changera de camp.

Imhotep

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