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Boko Haram : le nouveau piège de la mondialisation! (2)

J’en viens à l’idée de : ‘’Françafrique’’. Ce terme a été repris par M. Verschave, mais je l’assume totalement. En effet, seulement c’est une belle image (on retrouve le mot fric dans Françafrique), mais aussi un véritable concept. C’est la meilleure expression permettant de caractériser le tissu très particulier de relations qui s’est créé  entre la France et les pays Africains qui sont ses anciennes colonies voire avec d’autres.

La Fançafrique est un concept original. Il n’existe pas d’ ’’angloafrique’ ou de ‘’belgioafrique’’.  En ce sens, le type de relations entre la France et les pays Africains de la Françafrique  illustre parfaitement l’expression de ’’néocolonialisme’’ dont il a à mon sens été abusé. Le néocolonialisme repose sur un tissu d’échanges complètement mélangé. Nous pouvons tout d’abord l’analyser en terme de relations de clientèle qui, normalement s’appliquent aux relations entre individus inégaux contrôlant des ressources inégales, et qui les lient de façon affectifs sur la base d’échange de services .On devrait pas, dans le cas de relations entre Etats, parler de relations de clientèle puisque les Etats sont censés être des abstractions. Mais c’est différent dans le contexte franco-africain, les relations entre la France et ses anciennes colonies ne sont pas des relations entre des Etats comme les autres.

On peut parler de clientélisme franco-africain à double titre, tout d’abord étant donné le nature de l’échange et ensuite par rapport à la personnalisation de celui-ci .Il s’agit d’un échange entre inégaux, avec d’une part le patron, qui contrôle des ressources critiques pour le client et d’autre part le client qui a inversement besoin de ce patron pour sa survie.C’est sur cette base que des échanges de services de toute nature vont se créer.

Les Etats Français et Africain sont enracinés dans un tissu de relations interpersonnelles qui lient les membres des classes dirigeantes et des élites à la fois politiques et économiques, de nos pays respectifs .C’est très caractéristique aujourd’hui, lorsqu’on constate les relations amicales qu’Omar Bongo entretien avec des membres de notre classe dirigeante Toute la Françafrique a été fondée sur des relations amicales, avec des échanges sociaux entre les membres de nos classes dirigeantes .Sa principale caractéristique est, selon moi le mélange des genres, à travers des échanges personnels privés et amicaux mais aussi publics. C’est le rapport entre les Etats qui est en question, car les relations d’amitié sont instrumentalisées au profit de relations d’Etat et inversement. Il s’agit aussi d’échanges politiques et économiques mélangés. En effet, Omar Bongo passe pour financier tous les partis français, ce qui indiquerait que les Français sont corrompus, mais dans d’autres cas c’est l’inverse .On ne peut pas distinguer les corrupteurs des corrompus, car cela joue dans les deux sens. Enfin, un leader africain est fragile et a besoin de protection.C’est la raison pour laquelle la France remplit un rôle de protecteur à la fois militaire, politique et économique.

En 1960, le général De Gaulle a été obligé d’accorder l’indépendance, instaurant une nouvelle légalité internationale formelle. En même temps, il chargeait son bras droit, Jacques Foccart (homme de l’ombre de gaullisme, Jacques Foccart est l’ancêtre les réseaux franco-africains depuis l’Indépendance. Secrétaire général de l’Elysée sous la présidence du général le Gaulle, chargé du domaine réservé Afrique et Services, puis conseiller personnel pour l’Afrique de Georges Pompidou, il est devenu le conseiller personnel de Chirac à Matignon de 1986-1988 puis à l’Elysée, de mai 1995 jusqu’à sa mort en 1997), de faire exactement l’inverse pour des raisons stratégiques c’est-à-dire de maintenir la dépendance d’un certain nombre de pays.

Il l’a fait  en sélectionnant  des chefs d’Etat amis par la guerre civile (comme au Cameroun, une guerre épouvantable qui a fait entre 100 000 et 400 000 morts), par l’élimination physique comme celle de Sylvanus Olympio au Togo (premier Président élu du Togo indépendant, il a été assassiné le 12 janvier 1963 par le feu Etienne Gnassingbé Eyadéma) ou du Centrafricain Barthélemy Boganda, disparu dans un accident d’avion, ou par la fraude électorale massive. Avec ces chefs d’Etat amis à la France, ont pu être  maintenus les "intérêts de la France", moyennant une omniprésence des services secrets et la mise ne place de financements parallèles, comme ceux que l’on voit aujourd’hui émerger dans l’affaire Elf. C’est comme dans un iceberg : la réalité la plus profonde est fort différente de l’apparence. Quand vous voulez gérer une dépendance et que vous proclamez une indépendance, cette gestion se fait forcément avec des moyens illégaux, occultes. » (Extrait de Noir Procès, François-Xavier Verschave, édition les arènes, mai 2001, pp. 291-293).

À la lumière des enseignements du Pr Jean François Médard, nous constatons que dans le système de clientélisme politique (Patrimonialisme rationalisé), il n’existe aucune « fusion » entre les « dirigeants » et le peuple. Les deux ne font pas corps unique. Le peuple est pris en otage par la pseudo-bourgeoisie à la mélano-leucodermie. La question de l’ « ennemi » (de qui?) mérite d’être clarifiée. Rappelons une nouvelle fois que dans son œuvre maîtresse, Vom Kriege, Clausewitz (1780-1831) a fortement souligné la subordination de la guerre à la politique. La ‘’Trinité clausewitzienne’’ (peuple-chef de guerre-chef d’État), suppose que la guerre est mené au nom du peuple par les États majors sous la responsabilité du Chef de l’État (ou du Guide du peuple). Or, dans l’écrasante majorité des « États berlinois » de la postcolonie, il se pose un sérieux problème de confiance entre le peuple est le sommet de l’État.

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