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L'excision de l'Afrique, des Africains et des Afro-descendants au Canada

Le paradoxe se situe dans le champ économique2

Pour mieux cerner la problématique, il faut disséquer le concept de retour sur investissement en éducation. En effet, le concept de retour sur investissement  en éducation permet de montrer qu’au Canada, un diplômé de premier cycle a un taux de rendement de 10% sur son investissement à s’éduquer de façon formelle et à obtenir un diplôme plus élevé.

Le diplômé de second cycle a un taux de retour sur investissement de 12%. Ce qui signifie que ce diplômé gagne 10% ou 12% un salaire plus élevé que ce qu’il aurait gagné s’il n’avait pas étudié. Lorsqu’on sait qu’un nombre élevé d’immigrants possède des formations de haut niveau dans certains domaines et que leur taux de chômage reste élevé, il apparaît naturellement évident de parler d’un paradoxe d’intégration professionnelle de cette frange de la population.

Des immigrants plus scolarisés, mais moins rémunérés 

Pendant que le niveau de scolarité des nouveaux arrivants au Canada ne cesse d'augmenter, leur salaire ne cesse de chuter comparativement à celui des Canadiens d'origine, selon une étude de l'Institut de recherche et d'informations socio-économique (IRIS). L'étude démontre qu'en 2006, 51 % des immigrants « très récents » de 25 à 64 ans - c'est-à-dire des gens établis au Canada depuis moins de 5 ans - détenaient un diplôme universitaire dans 51 % des cas, comparativement à 19 % des Canadiens d'origine.

Malgré cet écart de scolarisation favorable aux immigrants, le salaire moyen de ces derniers est passé de 85 % de celui des Canadiens en 1980 à 63 % en 2005.

La situation des immigrants est pire au Québec, selon les chercheurs de l'IRIS. « Avec des taux de scolarisation largement plus élevés que la moyenne des natifs du Québec, les immigrant-es affichent des taux de chômage 2 à 3 fois plus élevés et d'importantes différences salariales », affirme le chercheur de l'IRIS, Mathieu Forcier. « Ces différences sont d'ailleurs plus marquées au Québec qu'au Canada. »

L'étude démontre que c'est au Québec que l'expérience de travail à l'étranger est le moins considérée (32 %) alors que la proportion de reconnaissance des acquis est de 47 % en Ontario, soit la plus élevée au Canada. L'IRIS estime qu'une augmentation des programmes de stages et de mentorats, comme c'est le cas à Toronto, aiderait à corriger ces lacunes. L'IRIS souligne également que le Québec accueille moins d'immigrants que les autres provinces canadiennes. En 2006, la population immigrante représentait 27,5 % de la population de la Colombie-Britannique, une proportion qui est de 28,3 % en Ontario. Au Québec, à pareille date, la population immigrante représentait seulement 11,5 % de la population.

« L'immigration n'est pas qu'une affaire économique, nos sociétés font aussi le choix de l'immigration pour des raisons culturelles et politiques, poursuit M. Fortier. Toutefois, sur le strict plan économique, si les compétences des personnes immigrantes étaient pleinement reconnues, l'économie canadienne gagnerait l'équivalent de 370 000 travailleurs et travailleuses et les revenus des immigrants augmenteraient de 30,7 milliards de dollars, soit 2,1 % du PIB [Produit intérieur brut] », lance Mathieu Forcier.

Les chercheurs de l'IRIS estiment que le Canada, et a fortiori le Québec, aurait intérêt à mieux intégrer ses immigrants.

2. Immigration et nouveaux enjeux en Ontario. À bâton rompu avec le Dr. Ngouem, journal ÉCHO FRANCOPHONE, janvier-février 2012, page 13

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