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La santé mondiale entre racket et biens publics-partie XI

L'Afrique ne peut pas supporter 25% du fardeau mondial des maladies avec 2% des médecins de la planète

 4 mai 2019

(Ecofin Hebdo) – Il est communément admis que le développement africain doit passer au préalable par les investissements dans les infrastructures et l'énergie, mais a-t-on vraiment conscience du coût que représente, pour le continent, la mauvaise santé ? 2400 milliards. D'après l'OMS, ce chiffre représente les pertes totales annuelles, estimées en « dollar international » (Int$)*, que subiraient les économies africaines en raison des maladies qui y sévissent. De quoi méditer sur les ordres de priorité dans l'investissement, public comme privé.

Avec une population prévue pour doubler d'ici 2050 (2,5 milliards d'habitants) l'Afrique avance inéluctablement vers une étape décisive de sa transition vers le développement économique. Ce boom démographique accentue la nécessité pour les pays du continent d'améliorer leurs systèmes sanitaires afin de bénéficier du dividende démographique que l'augmentation de sa main d'œuvre potentielle pourrait engendrer.

D'après les données de la Banque mondiale, la densité de médecins du continent africain est de 2 médecins pour 10 000 habitants, très en dessous de la moyenne mondiale qui est d'environ 14 médecins pour 10 000 habitants. La densité de médecins du continent africain est de 2 médecins pour 10 000 habitants, très en dessous de la moyenne mondiale qui est d'environ 14 médecins pour 10 000 habitants. D'ici 2030, les jeunes seront plus de 750 millions sur le continent africain, ce qui augmentera la main d'œuvre disponible pour les pays.

Malheureusement, l'état des lieux des politiques sanitaires africaines laisse penser qu'à long terme, le continent risque de passer à côté de cette opportunité économique. Surtout lorsque l'OMS annonce que les maladies non transmissibles augmenteront de 27 % en Afrique au cours des dix prochaines années, entraînant 28 millions de décès supplémentaires.

Ces dernières années, les investissements dans les infrastructures et l'énergie ont augmenté en Afrique. D'après le cabinet Deloitte, les investissements d'un montant supérieur à 50 millions de dollars, dans le domaine des infrastructures en Afrique, ont connu une hausse de 5,9% en 2017. En revanche, l'investissement dans la santé reste très modeste.

Une publication récente de l'OMS montre qu'en dépit des engagements pris par les chefs d'État africains de consacrer au moins 15 % du budget public à la santé, seuls quatre pays (Malawi, E-Swatini, Ethiopie, Gambie) ont pu atteindre cet objectif en 2015. A contrario, les données montrent qu'au cours de la période 2000-2015, les dépenses de santé en proportion du budget total ont été réduites dans 19 pays. A contrario, les données montrent qu'au cours de la période 2000-2015, les dépenses de santé en proportion du budget total ont été réduites dans 19 pays.


Alors que le continent fait face à une vague de maladies et d'épidémies (Ebola, Paludisme, SIDA, Choléra notamment) la faible orientation des budgets des Etats vers le secteur de la santé augmente la vulnérabilité de leurs économies. En 2018 par exemple, la revue Journal of Infectious Diseases publiait un rapport sur l'épidémie d'Ebola qui a touché plusieurs pays de l'Afrique de l'ouest en 2014. D'après le document, l'épidémie a coûté environ 53 milliards $ aux pays de la région, en termes de pertes en vies humaines et de coûts économiques. Ces derniers se sont d'ailleurs élevés à 14 milliards $ de coûts économiques, soit plus que le PIB du Niger et du Togo réunis.

L'épidémie d'Ebola qui a touché plusieurs pays de l'Afrique de l'ouest en 2014, a coûté environ 53 milliards $ aux pays de la région. Dans un rapport intitulé « Productivity cost of illness », l'OMS analyse l'impact des maladies sur la productivité des économies africaines. En se basant sur des chiffres de l'année 2015, l'institution a calculé les pertes économiques que pourraient subir les pays africains en raison de la mauvaise santé de leurs populations et du taux de mortalité prématuré.

D'après l'étude, le coût des maladies en termes de perte de productivité pour les pays africains, varie d'un minimum de 242,3 millions de dollars (Sao-Tomé-Et-Principe) à 879 milliards de dollars (Nigeria). Près de 56,61% de ces coûts est attribuée aux affections liées à la maternité, au SIDA, à la tuberculose, au paludisme, aux maladies tropicales négligées, aux maladies non transmissibles et aux accidents de la route. Près de 56,61% de ces coûts est attribuée aux affections liées à la maternité, au SIDA, à la tuberculose, au paludisme, aux maladies tropicales négligées, aux maladies non transmissibles et aux accidents de la route.

« Douze pays de la région représentent l'essentiel des coûts de productivité dus à la mauvaise santé, avec plus de 80 milliards de dollars dans chaque pays » indique également le document. La plupart de ces coûts seraient d'ailleurs liées aux maladies non transmissibles qui comptent pour 37,11% du total des coûts.

En 2015, les maladies survenues dans l'espace CEDEAO sont évaluées à plus de 1 129 milliards Int$ de perte de productivité, « soit l'équivalent de 75% du PIB de la région. Environ 78% de la perte de PIB de la CEDEAO a été supporté par le Nigeria ».

Une menace pour les objectifs de développement durable

Cette perte de productivité entraîne indéniablement des répercussions sur la capacité des Etats à atteindre leurs objectifs de développement durable (ODD). D'après les statistiques, un investissement annuel supplémentaire de 671 milliards $ est nécessaire pour que les pays à revenu faible puissent atteindre leurs ODD dans le domaine de la santé. Les pertes de productivité liées aux maladies en Afrique, réduisent la capacité des Etats à financer leur développement. Ceci, encore plus alors que le continent a du mal à mobiliser les recettes intérieures nécessaires pour réaliser ses projets.

D'après la Commission économique des nations-unies pour l'Afrique (CEA), l'Afrique devra, mobiliser 11 % de son PIB par an sur les 10 prochaines années pour combler son déficit de financement afin d'atteindre les ODD. Pourtant si le continent possède l'un des taux les plus élevés en termes de coût de productivité des maladies par rapport au PIB, il affiche le plus faible ratio recettes publiques/PIB au monde (24,5% entre 2000-2018). Les conséquences de cette situation sont multiples. En plus d'entraîner des pertes importantes en ressources humaines et en productivité, elle accentue la dépendance du continent à l'aide étrangère. Ceci, encore plus lorsqu'il s'agit de répondre aux crises sanitaires qui secouent les pays africains.


« Nous savons qu'une bonne santé contribue à l'amélioration du développement résultats » a déclaré Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique. Et d'ajouter : « Ce qui n'a pas encore été clairement compris, c'est l'impact de la mauvaise santé sur les résultats en matière de développement».

 Matshidiso Moeti : « Ce qui n'a pas encore été clairement compris, c'est l'impact de la mauvaise santé sur les résultats en matière de développement »

 Pourtant les solutions semblent évidentes

Une réorientation des politiques publiques vers le secteur de la santé semble inévitable, si l'Afrique veut atteindre un vrai développement. D'après le journal The Globalist, « bien que l'Afrique supporte un quart du fardeau mondial de la maladie, elle n'a que deux pour cent des médecins du monde ».

« Bien que l'Afrique supporte un quart du fardeau mondial de la maladie, elle n'a que 2% des médecins du monde ».

Si les dépenses en santé peuvent paraître secondaires pour les Etats africains, de nombreuses statistiques prouvent qu'une meilleure politique sanitaire est bénéfique pour l'économie. D'après une étude menée par plusieurs chercheurs de l'université de Harvard, l'augmentation d'un an d'espérance de vie de la population d'un pays, équivaudrait à une augmentation de 4% de son produit intérieur brut (PIB).

D'après l'OCDE, une augmentation de 1 % de l'espérance de vie se traduirait par une augmentation de 6 % du PIB total et de 5 % du PIB par habitant. D'après l'OCDE, une augmentation de 1 % de l'espérance de vie se traduirait par une augmentation de 6 % du PIB total et de 5 % du PIB par habitant. Dans son rapport, l'OMS indique également qu'en mettant en œuvre les politiques sanitaires exigées par les objectifs de développement durable, les pays africains pourront économiser près de 47% les coûts de productivité induites par les maladies d'ici 2030.

Pour l'institution, l'atteinte de ces objectifs passe par l'accélération de la mise en œuvre des différentes stratégies de lutte contre le SIDA, la tuberculose, le paludisme et les maladies tropicales négligées. Au-delà des infrastructures sanitaires les gouvernements doivent également investir dans la formation du personnel afin d'augmenter l'accès pour tous à des soins équitables, et à l'assurance maladie universelle. De plus, la mobilisation des recettes fiscales doit être améliorée pour permettre aux Etats de mieux financer les dépenses prévues dans le secteur de la santé.

Enfin, la contribution du secteur sanitaire au PIB de l'Afrique pourrait connaître une véritable embellie si les pays du continent développaient une véritable industrie pharmaceutique pour répondre aux énormes besoins en santé de leurs populations. D'après la CEA, l'Afrique pourrait représenter la deuxième opportunité d'affaires au monde dans le secteur de la santé avec 14% de part de marché d'ici 2030. En investissant dans la santé, le continent pourrait créer 16 millions d'emplois supplémentaires et par là, réduire ses importations de produits pharmaceutiques.

Moutiou Adjibi Nourou
———————-
*Le dollar international est une unité de compte, qui possède le même pouvoir d'achat dans un pays donné que le dollar américain aux États-Unis, à un moment donné. Il est couramment utilisé par les organisations internationales, comme l'Organisation des Nations unies (ONU), la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international (FMI).

source:https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/0305-65837-l-afrique-ne-peut-pas-supporter-25-du-fardeau-mondial-des-maladies-avec-2-des-medecins-de-la-planete

 

La santé mondiale entre racket et biens publics-partie X

Un prix Nobel de médecine accuse:

« guérir des maladies n'est pas rentable pour les laboratoires »

Le prix Nobel britannique de médecine, Richard J. Roberts, a accusé les grands laboratoires pharmaceutiques de faire passer leurs intérêts économiques avant la santé des personnes, en détenant le progrès scientifique dans le traitement des maladies car la guérison n'est pas rentable.

«Les médicaments qui guérissent ne sont pas rentables et ne sont donc pas développés par les laboratoires pharmaceutiques, qui parallèlement développent des médicaments qui chronicisent les maladies et qui doivent être consommés de manière ininterrompue», Roberts a déclaré dans une interview au magazine «PijamaSurf».

«Certains médicaments qui pourraient guérir entièrement une maladie ne sont pas développés. Cela est-il normal que l'industrie de la santé soit régie par les mêmes valeurs et principes que le marché capitaliste, lesquels ressemblent beaucoup à ceux de la mafia?», demande le prix Nobel 1993 de médecine. (ndlr: ça fait du bien d'entendre ça de la part d'un prix Nobel de médecine).

Le savant et chercheur accuse les labos d'oublier de servir le peuple et de s'occuper uniquement de la rentabilité économique. «J'ai vu comment, dans certains cas des chercheurs qui dépendaient de fonds privés auraient pu découvrir des médicaments très efficaces qui auraient pu complètement venir à bout de certaines maladies », a t-il expliqué.

Il ajoute que les entreprises cessent d'enquêter, car « Les compagnies pharmaceutiques sont davantage intéressées à votre porte-monnaie qu'à votre santé, c'est pourquoi les recherches, tout à coup, sont déviées vers la découverte de médicaments qui ne guérissent pas, mais qui rendent les maladies chroniques permettant aux malades de constater des améliorations qui disparaissent dès lors que l'on cesse de prendre le médicament. »

En ce qui concerne les raisons pour lesquelles les hommes politiques n'interviennent pas, Roberts affirme que «dans notre système, les politiciens ne sont que des employés des gros capitaux qui investissent ce qui est nécessaire pour assurer la victoire à leurs poulains, et s'ils ne sortent pas vainqueurs, ils achètent les élus. (Ndlr: Tout est dit, Obama nous en a donné un bon exemple avec Monsanto). »

A noter après quelques recherches que cet article ressemble beaucoup à un autre accordé en 2007 au journal La Vanguardia et qui apportent plus de précisions sur les manipulations des labos concernant les médicaments.

Laurent Freeman

Pour l'anecdote, Russia Today a publié également un sondage en bas de son article. Avez-vous confiance en l'industrie pharmaceutique? 86,9% des internautes ont répondu que non, comme ça c'est clair!

Source: Russia Today

via: http://stopmensonges.com/un-prix-nobel-de-medecine-accuse-guerir-des-maladies-nest-pas-rentable-pour-les-laboratoires/


  Les médecins administrent des médicaments dont ils savent très peu, à des malades dont ils savent moins, pour guérir des maladies dont ils ne savent rien », écrivait Voltaire...Près de trois siècles plus tard, un médecin, Sauveur Boukris, confirme la sentence et aggrave la peine dans un livre édifiant, dont nous publions des extraits en exclusivité.

''Ces médicaments qui nous rendent malades'' (Le Cherche Midi)

 Description du produit:

Un médicament peut être un remède et un poison. Prendre un médicament n'est pas un geste anodin. Les effets secondaires et indésirables des médicaments constituent un réel problème de santé publique et porte un nom : la iatrogénie médicamenteuse (de iatros : médecin : tout ce qui est provoqué par le médecin et ses thérapeutiques).

En France, on estime que le nombre de décès dus aux médicaments se situe entre 8000 et 13000 par an, soit 2 à 3 fois plus que les accidents de la route ! On compte plus de 130 000 hospitalisations par an dues aux médicaments.

La durée d'hospitalisation est d'environ 9 jours, ce qui signifie que les effets secondaires sont graves. Les médicaments constituent un immense marché mondial qui aiguise l'appétit des grandes multinationales. Les Français sont les plus grands consommateurs de médicaments en Europe. Plus la prescription augmente et plus les risques d'accidents ou de décès augmentent.

Depuis l'affaire des Statines, du Viox, de l'Acomplia et du Zyprexa, où plusieurs médicaments ont été retirés, on se pose des questions sur les objectifs des firmes pharmaceutiques, sur les moyens de contrôle et de régulation de cette puissante industrie, sur l'indépendance et la rigueur des « experts », sur l'information et la formation des médecins prescripteurs.

Le médicament n'est pas une marchandise comme une autre, il touche à un besoin essentiel : la santé. Et la santé est notre préoccupation à tous. Promouvoir l'usage rationnel des médicaments, c'est sauver des vies et faire des économies. Cet objectif est possible. Il dépend de chacun d'entre nous.

§ Des mélanges parfois explosifs

§ Des enfants et des adolescents traités avec des antidépresseurs

§ Des calmants hallucinogènes

§ Les effets secondaires peuvent être ravageurs

§ Quand Le sevrage nuit à la santé

§ Des dangers du pamplemousse associé à un médicament

§ Des remèdes pires que les maux

§ Beaucoup d'innovations n'en sont pas

§ Le traitement de la ménopause provoque l'incontinence

§ Sans ordonnance, mais pas sans risque!

§ Certains médicaments provoquent des crises de foie

§ Y a-t-il un pilote dans l'avion?

§ Les médecins téléguidés?

§ Les experts sous influence...

§ ... et les autorités sous pression

§ L'Europe du médicament est opaque

§ Les labos créent des malades imaginaires


Pour lire les extraits de tous ces chapitres, voici le lien, fourni par L'Express en 2009

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/tout-ce-que-l-on-ne-vous-dit-pas-sur-les-medicaments_764792.html

 LES EXTRAITS DU LIVRE DU Dr SAUVEUR BOUKRIS:

Morts sur ordonnance

«Au Québec, le ministère de la Santé a évalué entre 10 et 15 % la proportion d'hospitalisations de personnes âgées liées aux médicaments. [...] Selon les experts, les médicaments seraient responsables, chaque année, de près de 100 000 morts aux Etats-Unis et de 10 000 au Royaume-Uni. Une étude américaine publiée en 1990 estimait que 5 à 20 % des admissions à l'hôpital étaient le résultat des effets indésirables des médicaments. Ce chiffre est probablement sous-estimé !

En 1998, une enquête du Journal of the American Medical Association révélait que 106 000 citoyens américains seraient morts après une utilisation de leurs médicaments dans des conditions normales, c'est-à-dire sans erreur de prescription, sans abus ni surdosage ! [...] Au cours des vingt-cinq dernières années, 10 % des nouveaux médicaments mis sur le marché aux Etats-Unis ont fait l'objet de retrait du marché ou de forte mise en garde. [...] 20 millions de patients aux Etats-Unis ont pris au moins un des cinq médicaments retirés du marché en raison de risques graves entre septembre 1997 et septembre 1998.

En France, on estime le nombre de décès dus aux médicaments entre 8 000 et 13 000 par an. Deux à trois fois plus que ceux dus aux accidents de la route ! On compte près de 130 000 hospitalisations par an dues à des médicaments. Ce sont les plus de 65 ans qui paient le plus lourd tribut et qui sont les plus touchés par ces accidents thérapeutiques. Les effets néfastes des médicaments sont deux fois plus fréquents après 65 ans, et 10 à 20 % d'entre eux conduisent à des séjours à l'hôpital. Avec l'âge, le nombre de maladies augmente et la consommation de médicaments aussi. De plus, le risque d'interaction du fait d'association de médicaments s'accroît!»

Des mélanges parfois explosifs

«On connaît tous des patients âgés prenant plus de 10, voire 15 ou 20 médicaments différents, l'un pour l'arthrose, l'autre pour l'hypertension artérielle, un troisième pour dormir, un autre pour la prostate, un cinquième pour le cholestérol, etc. Il est fréquent de constater que des personnes âgées avalent leur médicament pour dormir avec leurs anxiolytiques et prennent aussi des diurétiques pour leur hypertension artérielle. L'association de tous ces médicaments augmente le risque de chute par hypotension orthostatique : le malade se lève de son lit, sa tension artérielle chute brutalement, lui fait perdre l'équilibre et il tombe !

En particulier, l'association de tranquillisants et de diurétiques expose à ce risque de chute et de fracture ! [...] Durant l'été 2003, resté célèbre en raison de la canicule qui a fait plus de 15 000 morts en France, l'assurance-maladie d'Ile-de-France a réalisé une étude chez les personnes âgées de plus de 75 ans qui présentaient une surmortalité de 70 %. Elle s'est intéressée à la consommation de médicaments durant les mois de juin, juillet et août 2003 de 584 099 personnes âgées de plus de 75 ans, dont 5 560 sont mortes pendant cette canicule. Plus d'un tiers des personnes âgées avaient pris un médicament psychotrope durant ces mois-là (neuroleptiques, antidépresseurs, tranquillisants ou hypnotiques).»

Des enfants et des adolescents traités avec des antidépresseurs

«Comme chez l'adulte, les effets indésirables des médicaments survenant chez les enfants sont une cause fréquente de maladie et d'hospitalisation. Une étude allemande réalisée en 2005 a mis en évidence des effets indésirables de médicaments chez 12 % des enfants hospitalisés. On estime que 2 % des admissions d'enfants dans les services d'urgences concernent un effet indésirable médicamenteux. [...] Ce sont les enfants de moins de 1 an qui sont les plus touchés. [...] En 2005, la Caisse d'assurance-maladie de l'Aude a publié une étude réalisée à partir des demandes de remboursement de médicaments prescrits durant l'année 2001.

Plus de 1 000 prescriptions concernaient des AINS [NDLR : anti-inflammatoires non stéroïdiens] dont le choix n'était pas adapté à l'âge de l'enfant. 108 prescriptions contenaient de la niaprazine (Nopron), substance classée dans la famille des antihistaminiques commercialisés pour les troubles du sommeil de l'enfant. L'âge moyen des enfants était de 1,5 an alors que le Nopron est contre-indiqué chez les enfants de moins de 3 ans !

[...] Enfin, 570 prescriptions concernaient l'eucalyptol (Calyptol inhalant). Ce médicament est contre-indiqué chez les moins de 12 ans en raison du risque de convulsions. [...] En 2003, l'Agence anglaise du médicament a estimé que 30 000 à 40 000 enfants et adolescents ont été traités par des antidépresseurs alors qu'aucun de ces médicaments n'avait obtenu d'autorisation pour cette tranche de la population!»


 Des calmants hallucinogènes

«En 2007, en Australie, le système de pharmacovigilance a alerté les médecins sur les troubles neuropsychiatriques provoqués par le zolpidem (Stilnox), de la famille des hypnotiques. Les troubles observés sont les hallucinations (104 cas) et les amnésies (62 cas). Mais le plus grave et le plus inquiétant, c'est la survenue de somnambulisme avec des comportements étranges ou inappropriés. [...] Une patiente a été observée en train de manger devant son réfrigérateur ouvert... alors qu'elle dormait. Elle a grossi de 23 kilos en sept mois. Un patient s'est réveillé avec un pinceau dans la main : il venait de peindre la porte d'entrée en dormant ! Enfin deux autres cas ont été signalés: des patients ont conduit leur véhicule alors qu'ils dormaient!»

Les effets secondaires peuvent être ravageurs

«Pratiquement toutes les classes thérapeutiques peuvent induire des effets secondaires graves, voire mortels, surtout lorsqu'ils surviennent chez des personnes âgées ou fragiles. Les anti-inflammatoires utiles dans les poussées d'arthrose peuvent provoquer des hémorragies digestives ou des ulcères gastro-duodénaux. Les antalgiques aussi facilement prescrits ou consommés que le paracétamol (Doliprane, Efferalgan, Dafalgan, etc.) peuvent induire des hépatites graves, dont certaines sont fulminantes, voire mortelles. Les psychotropes, dont la France détient le record européen de consommation, sont responsables de 10 à 30 % des hospitalisations en urgence, surtout chez les personnes âgées. Les antibiotiques, dont là encore les Français sont les champions de la prescription, induisent des accidents cutanés de type allergique et, pour certains d'entre eux, des problèmes hématologiques ou rénaux.

Il est essentiel de connaître les effets secondaires d'un médicament pour les dépister et prévenir les risques ! Il y a des effets indésirables fréquents mais bénins ; il y a des effets secondaires rares mais graves. [...] L'acné chez les adolescents est banale ; le traitement par l'isotrétinoïne (Roaccutane) des laboratoires Roche peut provoquer des troubles psychiques graves. En mars 2007, la FDA [NDLR : Food and Drug Administration, autorité sanitaire américaine] avait déjà signalé l'existence de troubles psychiques chez des patients prenant du Roaccutane ; entre 1982 et mai 2000, elle avait recensé 37 cas de suicide (24 pendant le traitement et 13 après), 110 hospitalisations pour dépression, idées suicidaires ou tentative de suicide et 284 cas de dépression sans hospitalisation!»

Quand Le sevrage nuit à la santé

«En 2001, un médicament est mis sur le marché: le bupropion (Zyban). C'est une substance proche d'un psychostimulant amphétaminique. La dénomination commune internationale est l'amfébutamone, et cette molécule était autrefois commercialisée comme anorexigène coupe-faim amphétaminique sous le nom de Tenuate Dospan, de Moderatan, de Prefamone Chronules, médicaments retirés du marché en 1999 en raison du risque d'hypertension artérielle pulmonaire et de risques cardiaques.

Aux Etats-Unis, l'amfébutamone est commercialisée depuis 1997 pour le sevrage tabagique. En France, son autorisation de mise sur le marché n'a été accordée qu'en 2001 sous réserve d'une surveillance destinée à poursuivre l'évaluation du potentiel de pharmacovigilance. Ce médicament a une efficacité modeste, mais son succès dépend de la posologie : plus on augmente la dose du bupropion, plus le taux de réussite de sevrage tabagique s'accroît.

En revanche, les effets secondaires ne sont pas mineurs : sur 1 237 cas d'effets secondaires rapportés au centre de pharmacovigilance d'Australie, on compte 427 cas de troubles psychiques (anxiété, dépression, agitation) et 406 cas de troubles neurologiques (tremblements, convulsions, céphalées). On a décrit des risques accrus de cauchemars. En dehors de ces risques psychiques, il existe aussi des réactions allergiques graves qui surviennent dix à vingt jours après le début du traitement : réaction d'urticaire, d'oedème, de démangeaisons. Enfin, des cas d'hypertension artérielle ont été rapportés.»

Des dangers du pamplemousse associé à un médicament

«L'efficacité d'un médicament peut être altérée lorsqu'il est associé à des aliments qui augmentent ses effets secondaires. L'exemple le plus typique est le jus de pamplemousse ! L'absorption intestinale de certains médicaments est régulée par la présence d'une molécule chimique appelée cytochrome P450. Certaines substances contenues dans le pamplemousse [...] augmentent l'absorption intestinale des médicaments. Les conséquences sont une majoration de leurs effets secondaires équivalant à un surdosage !

Les médicaments à risque sont la simvastatine (Lodales et Zocor) utilisée pour faire baisser le taux de cholestérol dans le sang et, dans une moindre mesure, l'atorvastatine (Tahor). Un jus de pamplemousse pris en même temps que la simvastatine peut multiplier par 15 l'absorption du médicament et provoquer des atteintes musculaires graves ! Des cas de rhabdomyolyses ont été décrits lors de l'association de statines avec le jus de pamplemousse. De même, la prise simultanée de jus de pamplemousse et de traitements immunosuppresseurs préconisés contre le rejet de greffes risque d'endommager le rein!»

Des remèdes pires que les maux

«Catherine, 38 ans, vient consulter pour perdre du poids et en particulier quelques centimètres au niveau de la taille et des hanches. Je l'examine et, en effet, son indice de masse corporelle (IMC) et son périmètre abdominal sont élevés. Je lui prescris Acomplia, un nouveau médicament indiqué contre l'obésité. Quelques jours après, elle est en dépression ! Elle m'appelle et se plaint d'être fatiguée, de ne pas avoir la force de se lever, d'avoir les larmes faciles et d'être plus irritable. Elle ne se reconnaît plus et dit ne pas avoir d'énergie pour s'occuper de ses deux enfants.

Je ne comprends pas ce qui se passe, d'autant que je connais bien cette patiente : Catherine P. est une personne tonique et dynamique, toujours en mouvement. Je lui demande de faire des analyses de sang pour vérifier qu'il n'existe pas d'anomalie particulière, et je ne trouve rien. Quelques jours plus tard, je fais le rapprochement avec le médicament prescrit et je l'appelle : "Madame, prenez-vous toujours de l'Acomplia ? - Oui, bien sûr. Je le prends tous les matins. - Alors, vous allez l'arrêter dès aujourd'hui ! - Mais pourquoi ? demande-t-elle, inquiète. - Je pense que c'est l'Acomplia qui a provoqué votre dépression !"

Quelques jours plus tard, après l'arrêt du médicament, elle retrouve son énergie et son dynamisme. Prendre un médicament pour maigrir et tomber en dépression, traiter une infection urinaire banale et avoir une tendinite du pied, avaler un tranquillisant et avoir des troubles de la mémoire, voilà des exemples concrets d'iatrogénie médicamenteuse.»

 Beaucoup d'innovations n'en sont pas

«Le nombre de nouveaux médicaments mis sur le marché par chaque grande firme est passé de 12 entre 1990 et 1995 à 7 entre 1996 et 2000. Le nombre de médicaments anciens génériques est désormais plus important que celui des nouveaux. D'année en année, la source de médicaments nouveaux se tarit ! Sur 100 médicaments mis sur le marché, près de 80 % d'entre eux ne sont que des copies de produits déjà existants. [...] Le terme d'innovation est pourtant souvent utilisé par les laboratoires pharmaceutiques lors du lancement d'un nouveau produit. Nouveau, innovation, innovant, sont les mots employés par les publicités.

De quoi s'agit-il ? D'une innovation commerciale, technologique ou d'un réel progrès thérapeutique ? [...] L'industrie pharmaceutique, soucieuse de son image de modernité, plaque l'innovation à toutes les sauces afin de justifier le prix trop élevé des médicaments et de donner un aspect luisant à des médicaments qui n'apportent rien de neuf ! [...] La très grande majorité des "nouveaux médicaments" ne sont, en réalité, que des modifications de médicaments plus anciens ! On modifie un radical chimique, on tourne la même molécule et on obtient un médicament "nouveau", que l'on appelle le médicament "me too".

[...] Les médicaments sont quasi identiques, ce sont des copies de molécules déjà existantes. Grâce à une forte promotion et des dépenses considérables en publicité, on tente de conquérir une part du marché. Plus le marché est lucratif et plus les laboratoires cherchent à s'engouffrer dans ce créneau porteur en présentant aux médecins prescripteurs des molécules prétendument nouvelles ou des médicaments prétendument supérieurs en efficacité ou en tolérance ! [...] Le laboratoire n'a pas à prouver que le "nouveau" médicament est plus efficace que ceux existant déjà mais qu'il est meilleur qu'un placebo. Autrement dit, les essais cliniques doivent prouver que le médicament utilisé a une meilleure efficacité qu'une pilule vide.»


  Le traitement de la ménopause provoque l'incontinence

«Contrairement à une idée largement répandue selon laquelle le traitement hormonal substitutif de la ménopause aurait un effet bénéfique sur l'incontinence urinaire, il a été montré, au contraire, que ce trouble de la vessie serait un effet indésirable de ces traitements. A partir d'une analyse de données portant sur plus de 20 000 femmes réalisée en février 2005 (essai Women's Health Initiative), il a été montré une augmentation de la fréquence des incontinences urinaires chez les femmes ménopausées sous traitement hormonal substitutif (association d'oestrogène et de progestérone) par rapport à un groupe placebo. Et, surprise, chez des femmes jusque-là sans histoire sur le plan vésical, la fréquence des incontinences urinaires survenues dans un délai d'un an a été de 16 % sous oestroprogestatif contre 9 % sous placebo.»

Sans ordonnance, mais pas sans risque!

«En France, depuis le 1er juillet 2008, la vente de certains médicaments est autorisée en accès libre au public. Les laboratoires ont fait pression pendant des années auprès des pouvoirs publics pour accéder à ce marché de près de 2 milliards d'euros et de 423 millions de boîtes vendues en 2007. [...] Les avantages pour les compagnies pharmaceutiques sont surtout financiers, car les prix des médicaments d'automédication sont libres (ce qui permet de réaliser des marges substantielles), et ces médicaments peuvent faire l'objet de communication auprès du grand public.

[...] Pour que l'automédication soit efficace, il faut que les patients ne soient pas trop malades (ni trop fragiles). [...] Prenons l'exemple du mal de gorge. [...] Si le malade utilise des anti-inflammatoires comme l'ibuprofène, cela n'est pas sans risque. [Ce produit peut] altérer la fonction rénale et chez les patients cardiaques ou déshydratés, ou chez ceux prenant déjà des médicaments, l'insuffisance rénale peut être grave.»

Certains médicaments provoquent des crises de foie

«Le foie est l'organe du corps humain particulièrement visé par les médicaments car c'est souvent là que passent les métabolites. C'est la grande usine d'épuration des produits en général et des médicaments en particulier. De tous les cas d'hépatite aiguë, 10 % sont d'origine médicamenteuse. Chez les femmes de plus de 50 ans, ce chiffre atteint 40 %. [...] Le nombre de médicaments incriminés dans des cas d'hépatite approche le millier. Les spécialistes sont formels : devant une hépatite d'origine indéterminée, tout médicament doit être suspecté!»

Y a-t-il un pilote dans l'avion?

«La revue Prescrire, indépendante des laboratoires pharmaceutiques et riche de plus de 30 000 abonnés, pose directement la question: "L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé [Afssaps] est-elle avant tout au service des patients ou au service des firmes pharmaceutiques ?" Et pour illustrer ces propos, elle cite des exemples. A partir de quatre médicaments (Di-Antalvic, Agréal, Mediator et les coxibs), la rédaction de la revue Prescrire attaque l'Afssaps en lui reprochant sa lenteur excessive dans ses prises de position et son opacité. [...] Ainsi, le Di-Antalvic : ce médicament, très connu et largement prescrit [...], est un mélange de dextropropoxyphène et de paracétamol. [...] Il peut entraîner des troubles respiratoires et perturber le rythme cardiaque.

En Suisse et en Suède, ce médicament a été retiré en raison du risque d'intoxication mortelle. Aux Etats-Unis, l'association de consommateurs Public Citizen a présenté à l'Agence américaine du médicament une pétition demandant le retrait des médicaments contenant du dextropropoxyphène au vu des données du réseau Drug Abuse Warning Network, qui a recensé 2 110 décès accidentels entre 1981 et 1990.

En Angleterre et au pays de Galles, il est prévu que les autorisations de mise sur le marché des associations contenant du dextropropoxyphène soient retirées. En France, on a enregistré des décès mais le médicament n'est pas (encore) retiré ! Selon la Caisse nationale d'assurance-maladie, l'association dextropropoxyphène et paracétamol était au deuxième rang des médicaments les plus prescrits en 2006 avec environ 48 millions de boîtes.»

Les médecins téléguidés?

«Toutes les données reçues [par les médecins] sur le médicament sont délivrées par la visite médicale, par la presse, par des congrès, par des experts universitaires. Au centre de ce dispositif se trouve l'industrie pharmaceutique ! [...] Les laboratoires financent les sources d'information et les moyens de la diffuser. Les dépenses de promotion réalisées par l'industrie pharmaceutique en France sont estimées à 12 ou 13 % du chiffre d'affaires, soit près de 3 milliards d'euros.

La grande majorité de ce budget est consacrée à la visite médicale (75,8 %), puis vient la publicité (13,4 %), les congrès (8,6 %) et les échantillons (2,2 %). [...] La visite médicale est une véritable machine de guerre. Une enquête réalisée en 2007 sur 60 000 médecins généralistes montre que 20 % d'entre eux ont reçu plus de 40 visites dans le mois, 45 % de 11 à 40 visites et 32 % de 1 à 10 visites. Seuls 3,2 % des médecins interrogés n'ont reçu aucune visite dans le mois.

On estime à 330 le nombre moyen de visites reçues chaque année par un médecin généraliste, soit 33 par mois environ, soit près de 2 par jour ! [Les visiteurs médicaux] étaient 9 000 durant l'année 1975 et sont passés à 17 500 en 1998 puis à 21 000 en 1999 pour atteindre 23 250 en 2005. [...] Aux Etats-Unis, dans l'affaire Vioxx, la commission de la Chambre des représentants, en analysant la stratégie commerciale du produit, a montré que le laboratoire avait donné des directives à son réseau de visite médicale pour minorer les risques cardio-vasculaires du médicament.»

Les experts sous influence...

«La question de l'impact des conflits d'intérêts est rarement abordée en France dans les milieux médicaux. De quoi s'agit-il ? De relations étroites et financières entre les professionnels de santé et l'industrie pharmaceutique. La question qui se pose est de savoir si les experts appelés par les autorités sanitaires ont des intérêts particuliers dans les firmes pharmaceutiques. A tous les échelons de l'élaboration du médicament, les relations entre experts et firmes pharmaceutiques sont très étroites, et ce qui les rapproche est sonnant et trébuchant ! [L'Afssaps] fait appel à des experts pour évaluer les médicaments.

En 2005, elle a eu recours à 1 800 experts externes qui devaient déclarer les intérêts financiers qui les unissaient avec les firmes pharmaceutiques. Si l'on analyse le rapport des déclarations d'intérêt 2005, on observe que 135 experts (soit 12 %) n'ont jamais fait parvenir de déclarations d'intérêt ! 283 ont déclaré n'avoir aucun lien avec une entreprise du médicament. Un grand nombre d'experts sollicités et consultés sont liés à l'industrie pharmaceutique : 30 % ont plus de cinq contrats en cours avec les laboratoires et 10 % en sont actionnaires ! [...] En Angleterre, sur les 38 membres de la Commission nationale de pharmacovigilance du Royaume-Uni, 19 ont reçu des paiements directement de la part des firmes pharmaceutiques et, sur les 19 qui n'avaient pas d'intérêt personnel, 10 ont déclaré avoir reçu des fonds de façon indirecte.»

... et les autorités sous pression

«En 2002, les dix principales firmes pharmaceutiques ont investi 55,8millions de dollars dans leur travail de lobbying aux Etats-Unis. Au Congrès américain, on compte 675 lobbyistes qui travaillent pour les intérêts de l'industrie pharmaceutique, soit sept lobbyistes pour chaque sénateur ! Que se passe-t-il en Europe ? Plus de 3 000 groupes d'intérêts disposent d'un bureau permanent dans le centre de Bruxelles. En 1992, la Commission européenne estimait que plus de 10 000 lobbyistes professionnels étaient actifs à Bruxelles ou à Strasbourg ! Actuellement, 500 grandes entreprises ont leur propre représentation à Bruxelles. 130 bureaux d'avocats se sont spécialisés dans les affaires juridiques européennes.»

L'Europe du médicament est opaque

«Comme toutes les institutions européennes, l'Agence européenne du médicament [Emea] est tenue à la transparence de ses décisions. La réalité est bien différente : les documents publiés, les Epar (European public assessment reports), ne font jamais état des divergences d'opinion entre les experts. Par conséquent, si une minorité est en dé saccord avec la décision prise, les professionnels de la santé et les patients n'en savent rien ! Autre remarque : les décisions concernant les effets indésirables des médicaments, le retrait du marché, les interactions médicamenteuses sont émises sans justification et sans que les médecins ou les patients puissent avoir accès au moindre document !

Cette opacité des institutions, ce manque de transparence, le fait que les rapports sur la surveillance des effets indésirables des médicaments ne soient pas rendus publics, jettent un discrédit sur l'institution qui prend des décisions et entretiennent le doute sur la fiabilité des mesures prises. [...] Par ailleurs, les agences du médicament, qu'elles soient nationales ou européenne, dépendent financièrement des firmes pharmaceutiques ; ce sont les industriels du médicament qui versent des redevances lors des demandes de mise sur le marché. Ces redevances représentent plus de 70 % du budget de ces agences. La part industrielle du budget de l'Emea est passée de 53 % en 1998 à 69,46 % en 2002 et à plus de 70 % aujourd'hui!»

Les labos créent des malades imaginaires

«Les laboratoires mettent au point des médicaments pour combattre des maladies mais fabriquent aussi des troubles pour développer un marché pour leurs médicaments. Les laboratoires pharmaceutiques inventent des médicaments pour sauver des vies humaines et réduire les souffrances, mais ils ne se contentent pas de vendre à ceux qui en ont besoin. Grâce à des budgets publicitaires colossaux et des campagnes de promotion efficaces, les firmes pharmaceutiques jouent sur nos peurs : peur de la mort, de la maladie, de la déchéance physique ou psychique, pour vendre des médicaments !

Des troubles mineurs sont décrits comme des affections graves : la timidité, par exemple, devient ? un trouble d'anxiété sociale?, la tension prémenstruelle devient ? un trouble dysphorique prémenstruel?. Etre un sujet à risque pouvant développer une pathologie devient une pathologie en soi ! Les stratégies marketing des firmes pharmaceutiques ciblent ainsi les bien-portants. [...] Un exemple de ce dérapage des laboratoires est celui du ?marché du dysfonctionnement sexuel féminin?. Il fallait y penser ! Après le succès du sildénafil (Viagra), lancé en 1998, où le laboratoire Pfizer a vendu, dans le monde, plus de 1,5 milliard de ces pilules bleues, ce même laboratoire a voulu multiplier par deux son ?marché? en cherchant l'équivalent pour les femmes.»

La santé mondiale entre racket et biens publics-partie VII

Partie VII:

Faut-il lyncher les médecins payés par les laboratoires pharmaceutiques ?

Auteur : Vincent Fromentin 13 novembre 2018

Ce matin, un premier volet d'une enquête vient d'être publié. Il est consacré aux liens d'intérêts tissés par les laboratoires pharmaceutiques avec la profession médicale. Avec une annonce fracassante : 14 millions de liens ont été répertoriés en France depuis 2012, pour un montant total de plus de 3,5Md€ versés aux professionnels de santé. Faut-il y voir un véritable scandale ?

 Lire : Affaire Levothyrox, retour sur un scandale

 L'information est révélée, en partenariat avec l'Observatoire des Multinationales, par BastaMag, un magazine dirigé par Mathieu Lapprand, journaliste Force Ouvrière. Manque de bol, le Parisien a révélé hier les notes de frais salées de ses cadres... Après l'histoire du prix des cigares de Blondel, l'histoire se répète mais le timing tombe bien mal.

 Les deux médias, l'Observatoire des multinationales et BastaMag, sont soutenus par de nombreuses fondations (pour la plupart basées en Suisse) et des aides publiques (Culture, réserve parlementaire des députés), notamment la Fondation pour une Terre humaine, fondée et dirigée par Jean-Louis Gueydon de Dives, militant d'une écologie radicale et décroissante, soutien de José Bové et fils de Jacqueline Beytout, ex-propriétaire et PDG des Échos. "L'écologie a un grand avenir devant elle si l'économie venait à s'effondrer" n'hésite-t-il pas à lancer.

On retrouve aussi la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l'Homme qui vit sur les dividendes (plusieurs centaines de millions d'euro bien placés) issus du patrimoine financier de son fondateur, le milliardaire Charles Léopold Meyer. Des organismes sans but lucratif qui ont le sens des affaires. Le décor est planté. Mais, s'il est parfois intéressant de savoir qui se cache derrière une information, l'argument de l'arroseur arrosé ne suffit pas... Pure jalousie diront les contempteurs, pour une Lettre de Galilée qui peine à glaner quelques euro auprès de lecteurs fauchés...

Les gestions politiques des derniers scandales sanitaires ont renforcé les suspicions et les craintes populaires. Un terreau parfait pour faire le buzz. L'article relève la "densité des liens d'intérêts tissée par les labos autour de la profession médicale, en particulier avec quelques "influenceurs" privilégiés." Depuis 2012, chiffres à l'appui, le magazine recense près de 14 millions de liens d'intérêts et 3,5Md€ de "rémunérations perçues" par les professionnels de santé. Ce qui fait à peu près 200€ par an et par médecin en France.

Non. Il s'agit certainement de ces "influenceurs". Le problème est connu et repose sur le fait que ces influenceurs sont des personnes expertes. Et leur expertise est convoitée tant par les laboratoires que par l'État. Ce qui est plutôt bon signe : "l'indépendance totale n'existe pas à moins de faire appel à une personne totalement extérieure au sujet, ce qui est contraire à la notion même d'expert" rappelait Laurent Degos. La transparence pour la transparence, poussée à l'extrême, écarte les experts les plus renommés. C'est ce qu'avait d'ailleurs pointé du doigt Agnès Buzyn et qui lui avait valu ses premières critiques : si vous voulez un expert, il aura forcément un lien avec une industrie. Un médicament sans médecin en amont comme en aval ne peut se concevoir.

Lire : Mais qui est vraiment Agnès Buzyn? 

 L'argument de BastaMag repose sur une logique de "réciprocité" qui viendrait à entamer la déontologie des médecins par le biais de "mécanismes psychologiques d'influence". Car au final le magazine ne relève aucune irrégularité : depuis 2016, les données sont rendues publiques sur le site transparence.sante.gouv.fr.


"Mais celui-ci, sous la responsabilité du ministère, est si mal conçu que ces informations sont au final inaccessibles aux citoyens et difficiles à exploiter. En cause la mauvaise volonté aussi bien des laboratoires pharmaceutiques que du gouvernement."

Certes. Alors les lanceurs d'alerte ont travaillé ces données publiques pour les rendre plus accessibles. Problème : pour se connecter à la base de BastaMag, il faut accepter l'utilisation de ses données personnelles. Zut. On ne verra pas la belle ergonomie...

 Bref. Beaucoup de fumée. Reste à connaître les conclusions pénales de ces accusations. Faut-il lyncher les médecins qui ont accepté de se faire rémunérer pour leur expertise ? La justice des réseaux sociaux le dira. En attendant, La Lettre de Galilée risque bien d'être clouée au pilori des collabos de Big Pharma... 

Entre les labos pharmaceutiques et les médecins, 14 millions de conflits d'intérêts potentiels !

Par Rozenn Le Saint / Mis en ligne le 13 novembre 2018

En leur offrant gratifications et contrats rémunérateurs, les laboratoires pharmaceutiques ont tissé une dense toile de liens d'intérêts au sein de la profession médicale. Cette influence leur permet de peser sur les prescriptions et les décisions des agences sanitaires. Malgré la succession des scandales, la transparence reste très parcellaire dans ce domaine. En partenariat avec le projet EurosForDocs, nous dévoilons un outil permettant d'y voir plus clair sur ces liens d'intérêts : pas moins de 14 millions de liens ont été répertoriés en France depuis 2012, pour un montant total de plus de 3,5 milliards d'euros versés aux professionnels de santé.

Mediator, vaccination contre le virus de la grippe H1N1, pilules contraceptives de troisième génération, Depakine... Les scandales sanitaires se suivent et se ressemblent. Le dernier en date concerne le Levothyrox : la nouvelle formule de ce médicament destiné à lutter contre les troubles de la thyroïde, lancée par le laboratoire Merck en mars 2017, a provoqué de nombreux effets indésirables.

Malgré les déclarations rassurantes de Merck et des autorités de santé, il subsiste des zones d'ombre autour de cette affaire (1). Encore une fois, le manque de contre-pouvoir face au poids du lobbying de l'industrie pharmaceutique est décrié. Et l'indépendance des médecins qui défendent publiquement des médicaments controversés est mise en cause. Le manque de contre-pouvoir face au poids du lobbying de l'industrie pharmaceutique est régulièrement décrié.

La ministre Agnès Buzyn n'a retenu que très peu des recommandations faites dans le nouveau rapport commandé par le ministère de la Santé suite au scandale. Mais elle s'est au moins engagée à « sécuriser, moderniser et améliorer l'accessibilité de la base Transparence santé ». Celle-ci avait été créée en 2012 sur le modèle américain du Sunshine Act suite à un précédent scandale sanitaire, celui du Mediator.

Les entreprises pharmaceutiques sont censées y répertorier tous les avantages (repas, transport, hébergement lors des colloques) d'une valeur supérieure ou égale à dix euros offerts aux professionnels de santé (médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes, pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes, pédicures et podologues, orthophonistes et orthoptistes), ainsi que les contrats passés avec eux. Ces contrats peuvent être des formations dispensées au personnel des laboratoires par les médecins, des animations de conférences pour leur compte, des signatures d'articles scientifiques vantant les mérites d'un médicament (ghost writing), etc.

Les données sont rendues publiques sur le site transparence.sante.gouv.fr depuis avril 2016. Mais celui-ci, sous la responsabilité du ministère, est si mal conçu que ces informations sont au final inaccessibles aux citoyens et difficiles à exploiter. En cause la mauvaise volonté aussi bien des laboratoires pharmaceutiques que du gouvernement.

Les liens d'intérêts des défenseurs de Merck en plein scandale du Levothyrox

C'est pourtant bien là l'objectif central d'un dispositif de transparence de ce type : rendre les liens d'intérêts visibles et accessibles à tous, pour mettre les professionnels face à leurs responsabilités et pour que les décideurs et les citoyens connaissent mieux les experts qui expriment leur avis. Exemple avec le scandale du Levothyrox. Dans une tribune parue le 28 décembre 2017 dans les colonnes du Monde, cinq endrocrinologues (spécialistes des hormones, notamment thyroïdiennes) dédouanent le laboratoire en pointant un « effet nocebo » (le négatif de l'effet placebo) : selon eux, les effets indésirables ne seraient que de nature psychologique.


Avec la base Transparence Santé, il serait assez fastidieux de trouver la trace des éventuels liens d'intérêts de ces professionnels. Heureusement, grâce au nouveau projet EurosForDocs7 (lire notre article « EurosForDocs, une base de données d'utilité publique »), cela devient beaucoup plus facile. Or, parmi les cinq signataires de cette tribune, un seul n'a pas de lien d'intérêts avec Merck : Xavier Bertagna. Un deuxième, Philippe Bouchard, n'a eu qu'une seule relation financière avec le laboratoire, la prise en charge d'un repas en 2015. 

Détail des déclarations de Jean-Louis Wemeau sur EurosForDocs.

En revanche, le fabricant du Levothyrox a dépensé pas moins de 12 571 euros depuis 2012 au profit de Jean-Louis Wemeau. Celui-ci a signé la tribune du Monde, ainsi qu'une autre parue dans Le Quotidien du médecin, dans laquelle il dénonce une « tempête dans un verre d'eau » et estime que « la communication du laboratoire, des sociétés savantes, de certaines des associations de patients a été rapidement exemplaire ».

Entre 2012 et la parution de ces tribunes, Merck avait déclaré l'avoir défrayé à hauteur de 5 082 euros. Pendant le seul premier semestre 2018, Merck a dépensé 7 489 euros au profit du professeur émérite d'endocrinologie, soit davantage en six mois qu'en l'espace de cinq ans. Le laboratoire l'a notamment rémunéré 1000 euros la journée à trois reprises pour des « contrats d'orateur » lors de conférences. Il lui a aussi payé 4 443 euros (indiqués 14 636 euros sur la base Transparence santé, correspondant en réalité à des dinars tunisiens selon Merck) de frais de transport pour s'y rendre, un montant enregistré en date du 15 mars 2018 !

Détail des déclarations de Jacques Young sur EurosForDocs.

 Même constat en ce qui concerne le quatrième signataire de la tribune du Monde, Jacques Young: peu après la sortie de la nouvelle formule du Levothyrox, le laboratoire allemand lui a versé une rémunération de 1 400 euros le 14 juin 2017 au titre d'un « contrat de consultant » pour une « formation équipe médicale ». Il a aussi réglé son addition pour un repas pris le 31 octobre 2017, soit moins d'un mois avant la publication d'une autre tribune encore évoquant le « faux scandale du Levothyrox » parue dans le Journal du dimanche et co-signée avec André Grimaldi, le dernier signataire de la tribune du Monde., avec lequel Merck a également eu des relations d'affaires jusqu'en 2013. Aucun de ces deux médecins n'a répondu à nos demandes d'entretien sur ces liens d'intérêts et dans quelle mesure ils ont pu affecter leur jugement.

Près de 7 500 euros pour une tournée africaine

Nous avons cherché à en savoir plus sur ces près de 7 500 euros correspondant aux montants des trois contrats, aux frais de repas et au 4 443 euros de frais de transport octroyés par Merck à Jean-Louis Wemeau. Ce montant semble correspondre à une « tournée africaine », en Algérie, en Tunisie et au Sénégal, selon le laboratoire. Encore aujourd'hui, les voyages du médecin en Afrique continuent de s'enchaîner. « Ce n'est pas déplaisant, quand vous êtes sollicité : je n'étais jamais allé à Oran, Alger est une jolie ville, Dakar est intéressante. C'est le plaisir de voyager et d'échanger », commente-t-il. S'agissant de ces frais de transports, le médecin explique que

« quand il s'agit d'un vol de plus de six heures, le laboratoire opte pour un billet en business. » Quel est l'objet de cette tournée continentale ?

« Ce n'est pas Merck en France mais Merck en Afrique qui m'a sollicité en début d'année 2018. Les responsables de Merck Afrique avaient vu que j'avais écrit sur le Levothyrox. Comme c'est toujours l'ancienne formule du Levothyrox qui est prescrite en Afrique, et que la nouvelle formule va bientôt y arriver, on me demande ce qu'il en est de la crise du Levothyrox en France », justifie-t-il. Un expert de choix pour préparer le terrain avant l'arrivée de la nouvelle formule sur le continent africain. « Quand vous êtes à table, dans l'avion, vous parlez avec les représentants des laboratoires. »

Nous l'avons aussi interrogé sur son indépendance en tant que médecin compte tenu de ces liens d'intérêts. « Comme je me suis prononcé dans diverses tribunes, il est vrai que Merck doit se dire que je ne vais pas dire du mal de leur laboratoire, admet-il. Mais je n'ai jamais dit un mot que je ne pensais pas. » En tout cas, le laboratoire allemand lui livre un argumentaire clé en main. « Quand vous êtes à table, dans l'avion, vous parlez avec les représentants des laboratoires. Merck m'a donné des informations scientifiques sur le grammage de la substance active du Levothyrox », raconte-t-il.

Pour appuyer son statut d'expert dans le domaine, Jean-Louis Wemeau rappelle qu'il a même fait partie de la petite dizaine de personnes auditionnées dans le cadre de la mission flash sur le Levothyrox11 à l'invitation de son rapporteur, Jean-Pierre Door (lire notre article « Loi de financement de la sécu : les députés médecins votent-ils sous l'influence des labos ? »). Cette mission a conclu le 31 octobre 2017 qu'il n'y avait « pas de crise sanitaire, mais une crise médiatique, autour de la nouvelle formule du Levothyrox. »


  La toile tissée par les labos autour de la profession médicale

Les contrats et conventions rémunérées sont les liens d'intérêts les plus conséquents. Le problème ne concerne pas tous les médecins, loin de là. La base de données EurosForDocs, sur laquelle nous nous appuyons, donne cependant une idée de la densité des liens d'intérêts tissée par les labos autour de la profession médicale, en particulier avec quelques « influenceurs » privilégiés. Le nombre de ces liens depuis 2012 peut être établi très précisément : près de 14 millions (13 973 071), alors que la France compte 226 000 praticiens ! Le montant cumulé des dépenses réalisées par les laboratoires pour ces professionnels de santé (rémunérations perçues quand ils ont effectué des prestations pour ces laboratoires, frais de transport, de repas, etc.) dépasse 3,5 milliards d'euros (3 557 538 945). Et ce chiffre n'inclut pas les contrats dont le montant a été tenu secret ; or c'est le cas pour 70% du total des conventions, malgré l'obligation en vigueur depuis le 1er juillet 2017.

Même si les données les plus récentes sont mieux renseignées (2), les montants en jeu sont en réalité largement supérieurs. Les contrats et conventions rémunérées, mais tenues secrètes, constituent les liens d'intérêts les plus conséquents puisqu'il s'agit d'accords conclus entre les laboratoires et les professionnels de santé pour des activités de recherche, de conférence ou de formation. Les rémunérations répertoriées, les seules que nous sommes en mesure d'exploiter ici, ne représentent donc sans doute que la partie émergée de l'iceberg.

Manquements aux obligations de transparence...

Parmi les dix plus gros financeurs de liens d'intérêts (voir notre article « Les labos soignent plus particulièrement les spécialistes du cancer »), seuls quelques-uns ont répondu à nos demandes de précisions. C'est le cas du labo britannique GSK :

 « Depuis 2016, les professionnels de santé intervenant au nom de GSK ne [sont] plus rémunérés», nous a-t-il répondu. « La prestation convenue dans le cadre de la convention pouvant être partiellement ou pas encore réalisée au moment de la publication, nous ne sommes pas en mesure de publier les informations relatives aux conventions et d'indiquer le montant total de la convention ». La direction de la communication de GSK n'a toutefois pas répondu à notre suggestion d'ajouter les montants a posteriori, une fois le contrat terminé. Le Conseil national de l'ordre des médecins a émis 41 % d'avis défavorables s'agissant des conventions d'honoraires en 2014 et 71 % en 2015. Quant à celle de Novartis (Suisse), elle indique « Tout contrat passé avec un professionnel de santé doit être soumis préalablement à l'ordre concerné et nous avons une politique qui est de suivre les recommandations édictées par le Conseil national de l'ordre compétent. »

Selon un rapport de la Cour des comptes, le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom) a émis 41 % d'avis défavorables s'agissant des conventions d'honoraires en 2014 et 71 % en 2015. En cause le plus souvent : « L'absence de communication de l'autorisation hiérarchique » et le « caractère jugé excessif du montant des honoraires par rapport à la charge de travail demandée au médecin ». Malgré nos nombreuses relances, le Cnom ne nous a pas donné de chiffres actualisés pour les dernières années.

... et absence de contrôle

Le service de communication du laboratoire états-unien Eli Lilly nous a quant à lui renvoyé vers le Leem (pour « Les Entreprises du médicament »), principal lobby des laboratoires pharmaceutiques en France. Celui-ci s'est contenté de réitérer sa position officielle : « Les entreprises du médicament se conforment de façon très stricte aux différents dispositifs mis en place depuis 1993 et régulièrement renforcés » comme « le dispositif transparence des liens d'intérêts »... On voit mal comment réconcilier cette affirmation avec les lacunes observées.

Agnès Buzyn n'a jamais caché sa réticence à limiter à tout prix les liens d'intérêts des experts. En novembre 2017, Agnès Buzyn, interrogée à l'occasion d'un rendez-vous de l'association des journalistes de l'information sociale, avait reconnu le problème en soulignant que « les laboratoires qui ne jouent pas le jeu et ne déclarent pas sciemment leurs liens d'intérêts avec les professionnels de santé risquent de lourdes amendes allant jusqu'à 45 000 euros ». Y a-t-il déjà eu des condamnations ? « Pas à ma connaissance », nous avait répondu la ministre. Existe-t-il un responsable chargé de vérifier l'exactitude des informations reportées par les laboratoires ? « Pas à ma connaissance », avait de nouveau botté en touche Agnès Buzyn, qui n'a jamais caché sa réticence à limiter à tout prix les liens d'intérêts entre les experts et les firmes pharmaceutiques.


 Repérer les conflits d'intérêts pour éviter les crises sanitaires

Le service de communication du laboratoire Bristol Myers Squibb (États-Unis) souhaite nous rappeler qu'« un lien d'intérêts ne constitue pas automatiquement un conflit d'intérêts ». Pourtant, les liens financiers influencent bien le contenu des analyses scientifiques, rappelle le manuel pratique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la promotion pharmaceutique. S'agissant des essais cliniques, qui visent notamment à vérifier l'efficacité et la tolérance d'un médicament, la probabilité qu'une étude financée par un labo apporte des résultats qui lui sont favorables est quatre fois supérieure à celle des recherches sans apport des laboratoires.

Le rapport Les conflits d'intérêts au sein de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris de mars 2016 met lui aussi en garde contre « des résultats qui reposeraient sur des biais inconscients ou sur des pratiques qui consistent, par exemple, à ne faire porter l'étude que sur l'efficacité d'un médicament en ne prenant pas en considération les effets secondaires ».
  
Repères chronologiques

• 1993 loi dite « anti-cadeaux »
• 2009 le scandale du Mediator éclate
• 2011 la loi « anti-cadeaux » est renforcée: elle interdit les « avantages » qui ne sont pas liés à la profession du bénéficiaire (exemple: bouteille de champagne) et prévoit la publication à partir de 2012 des liens d'intérêts entre laboratoires pharmaceutiques et professionnels de santé. Elle sera complétée.
• 2016 mise en ligne de transparence.sante.gouv
• 2017 au 1er juillet, la déclaration des rémunérations versées aux professionnels de santé devient obligatoire

« Il existe plusieurs mécanismes psychologiques d'influence, dont le plus puissant, probablement, est la réciprocité, analyse Jean-Sébastien Borde, néphrologue et vice-président du Formindep, une association qui œuvre pour l'indépendance au sein de la profession médicale. C'est une norme sociale dont le moteur est le sentiment inconfortable d'être redevable lorsque vous recevez un cadeau, jusqu'à ce que vous rendiez la pareille. Lorsque le cadeau vient d'un laboratoire pharmaceutique, la réciprocité conduit à favoriser l'intérêt du laboratoire dans ses pratiques. »

Il y a conflit d'intérêts quand les relations nouées avec le laboratoire incitent un professionnel de santé à influencer le processus de décision d'autorisation de mise sur le marché ou la fixation du prix d'un médicament. Il y a conflit d'intérêts quand un médecin manque d'esprit critique quant à ses décisions, aux dépens du patient ; quand il se laisse endormir par les « formations » dispensées par les visiteurs médicaux, qui oublient de mentionner les contre-indications, effets secondaires ou indésirables, comme cela a été le cas avec le médicament antiépileptique Depakine, donné aux femmes enceintes malgré les risques pour le foetus.

Il y a conflit d'intérêts quand un docteur inscrit sur l'ordonnance un médicament à mauvais escient, malgré les risques pour le malade. C'est ce qui s'est passé pour le Mediator : à la base, il visait à traiter les diabétiques en surpoids. Sauf que dans 80 % des cas, les patients qui ont avalé ces pilules se les sont faites prescrire comme coupe-faim entre 2008 et 2010, selon l'Assurance maladie. Ce qui a provoqué la mort de 1300 à 1800 personnes en France, suite à des défaillances des valves cardiaques.

La transparence des liens d'intérêts pourrait aussi être un moyen de relancer le débat public sur la santé et le médicament sur de meilleures bases, dans un contexte de diversification des sources d'information, où la multiplication des scandales sanitaires a fait exploser le sentiment de défiance envers les médecins et les laboratoires. « De vrais efforts de transparence permettent d'affiner la sensibilité des citoyens qui utilisent de plus en plus internet pour se renseigner sur la médecine les informations sur la santé sont dans le top 5 des informations recherchées sur internet, constate Magali Leo, coauteure du rapport de la mission "Information et médicament". Les internautes n'ont pas encore le réflexe de regarder qui est derrière un site ou un spécialiste de la santé. Et le risque, sans transparence, c'est la dérive conspirationniste. »

Par Rozenn Le Saint.

NOTES:

(1) Lire la série d'article d'Aurore Gorius sur cette affaire pour Les Jours https://lesjours.fr/obsessions/levothyrox/, ainsi que « Levothyrox des découvertes accablantes pour l'Agence du médicament »,

Médiacités https://www.mediacites.fr/toulouse/enquete-toulouse/2018/10/03/levothyrox-des-decouvertes-accablantes-pour-lagence-du-medicament/

(2) Depuis le 1er juillet 2017, une autre catégorie de lien d'intérêts a fait son apparition, « rémunération » qui, elle, est dans l'ensemble bien déclarée.


 Les notes de frais salées des cadres de Force ouvrière

Économie|Catherine Gasté et Sébastien Lernould| 11 novembre 2018, 21h41

Selon des documents dont nous avons pris connaissance, les membres du bureau confédéral de FO se sont fait rembourser en tout 388 683 € de frais en 2017. Soit 29 898 € par personne sur un an. Hôtels, avions, loyers, trains et dépenses courantes... Au bureau confédéral de FO, les montants annuels des notes de frais donnent le tournis, selon des documents confidentiels étalés sur trois ans, dont nous avons eu connaissance. En 2017, les treize membres qui composent la direction, avec à sa tête Jean-Claude Mailly, ont laissé au total une ardoise – réglée par le syndicat — de 388 683 €. Soit en moyenne 29 898 € par personne sur un an ! Notamment pour des logements : huit d'entre eux, qui n'habitent pas Paris, se sont fait rembourser des loyers, jusqu'à 1 800 € par mois.

50 000 € pour Pavageau, 34 000 € pour Mailly

Le plus dépensier l'an dernier ? Un certain... Pascal Pavageau, qui était alors secrétaire général chargé de l'économie et déjà en campagne officieuse pour briguer le poste de numéro un. Sa facture s'est élevée à 50 836,05 € (contre 33 827,95 € en 2015 et 49 263,49 € en 2016), dont environ 12 000 € de loyer. Le reste : des voyages SNCF, quelques vols, mais surtout des frais non détaillés chaque mois. Environ 3 200 € en janvier, 2 700 € le mois suivant, 2 300 € en mars, 3 000 € en avril etc.

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Outre son salaire de 100 334,63 € bruts tout compris en 2017, Jean-Claude Mailly, s'est fait rembourser pour sa part 34 306,27 €, un montant similaire à ceux des années précédentes (35 058,45 € en 2015, 32 194,55 € en 2016). Sans logement à rembourser mais avec une multitude de factures de cartes bancaires non détaillées à 1 808,80 € par ci, 2 086,24 € par là ou encore 3 691,29 €. Tout ceci sans les transports qui apparaissent sur d'autres lignes du récapitulatif de l'ancien leader syndical, qui fait deux bonnes pages pour 2017. Contactés, Pascal Pavageau et Jean-Claude Mailly n'ont pas répondu.

60 440,94 € sur un an pour une secrétaire confédérale

Il y a encore plus étonnants dans ces documents de comptabilité. Sur la période 2015-2017, certains secrétaires confédéraux, inconnus du grand public, ont présenté des montants de frais déroutants. Comme ce cas, qui date de 2015. Le cumul des notes fait vaciller : 60 440, 94 € sur l'année. A ce prix-là, cette cadre de FO s'est payée pour près de 30 000 € de vols sur Air France, dont une facture, en date du 16 mars, de 11 724,90 €. Deux autres sont conséquentes : la première à 7 340,46 € le 15 octobre, l'autre à 2 861,65 € deux semaines plus tard. Pour quelles raisons ? Mystère. « C'est étrange, il n'y a pas le détail précis de ces frais dans le grand livre des comptes », remarque un expert-comptable.

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Cette même cadre a continué à beaucoup fréquenter les aéroports les deux années suivantes. Son addition laissée à Air France s'élève à environ 22 000 € en 2016, 19 000 € en 2017. Avec là encore, des sommes rondelettes : par exemple 7 737,80 € le 15 octobre 2016 puis 3 728,52 € un mois plus tard. Idem l'année suivante à la même période : 3 285,53 € le 16 octobre puis 8 018,85 € quinze jours après.

Des factures Air France à chaque fin juillet

Elle n'est pas seule à être d'une régularité de métronome dans ses réservations d'une année sur l'autre. Une autre cadre a pris l'habitude de faire chauffer sa CB chaque fin du mois de juillet – le 30 ou le 31- pour voler sur Air France : 2 216,36 € en 2015, 1 451,84 € en 2016 et enfin 1 713,54 € en 2017.

Sans oublier ce secrétaire confédéral qui dépense au moins une fois par mois, entre 440 € et 1 900 € en billets d'avion. L'an dernier, ses voyages dans les airs ont coûté là encore, environ 19 000 € au syndicat.


 16920 euros de loyer en 2015

Chez d'autres, ce sont les sommes dépensées dans des hôtels qui sautent aux yeux. En particulier dans un hôtel : le Transcontinental, un deux-étoiles situé à deux pas du siège de FO, avenue du Maine à Paris. En 2015, un secrétaire fédéral y a dépensé 7 570 €. Une facture à 360 € apparaît même un mois où pourtant, un loyer de 1 316 € a été réglé pour lui. D'ailleurs, les deux années suivantes, ce cadre a délaissé l'hôtel pour un logement à 1 410 € par mois. Montant sur une année : 16 920 €.

Ce qui étonne le plus au final, ce sont les écarts de dépenses entre les secrétaires confédéraux. Car si quasiment tous présentent des notes à cinq chiffres, deux sont, beaucoup plus raisonnables. A l'image de cette cadre qui ne s'est fait rembourser, l'an dernier, que 3 775 €.
 

 La base de données publique Transparence - Santé

La base de données publique Transparence - Santé rend accessible l'ensemble des informations déclarées par les entreprises sur les liens d'intérêts qu'elles entretiennent avec les acteurs du secteur de la santé. Pilotée par le Ministère des Solidarités et de la Santé, cette initiative de transparence vise à préserver la nécessaire relation de confiance entre les citoyens, les usagers et les multiples acteurs du système de santé.

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La transparence, condition indispensable pour préserver la confiance

La loi du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé garantit l'indépendance et l'impartialité des décisions prises en matière de santé. Elle impose la transparence des liens entre les industries de santé et les autres acteurs du champ de la santé, professionnels de santé, étudiants, sociétés savantes, associations, médias, etc.

Lien d'intérêts ne signifie pas conflit d'intérêts. Pour développer leurs produits, les entreprises sont amenées à nouer des relations avec des experts, des journalistes et des acteurs publics. Il faut bien entendu conserver et développer cette complémentarité, qui fait avancer la science et permet le progrés thérapeutique.

Mais il faut que ces liens soient connus de tous et accessibles aisément.

En révélant l'existence de ces liens, la base de données publique « Transparence - Santé » permet à chaque internaute, à chaque citoyen, d'apprécier en toute objectivité la nature des relations qui lient les industries de santé aux autres parties prenantes du secteur. « Conventions », « avantages » et « rémunérations » : trois types de liens d'intérêts.

Les relations entre les entreprises et ces acteurs peuvent prendre la forme d'accords (appelés « conventions »), d'avantages (« en nature » ou « en espèce ») ou encore de rémunérations.

• Les conventions entre les entreprises et les acteurs de la santé sont des accords impliquant des obligations de part et d'autre. Il s'agit, par exemple, de la participation à un congrés en tant qu'orateur (obligation remplie par le professionnel), avec prise en charge du transport et de l'hébergement (obligation remplie par l'entreprise). Les conventions peuvent aussi avoir pour objet une activité de recherche ou des essais cliniques sur un produit de santé, la participation à un congrés scientifique, une action de formation, etc.

• Les avantages pris en compte dans la base de données Transparence - Santé recouvrent tout ce qui est alloué ou versé sans contrepartie par une entreprise à un acteur de la santé (don de matériel, repas, transport, hébergement, etc.).

• Les rémunérations sont les sommes versées par les entreprises à un acteur de la santé (professionnel de santé ou personne morale) en contrepartie de la réalisation d'un travail ou d'une prestation. Ces trois types de liens d'intérêts sont clairement distingués dans la base de données Transparence - Santé. Pour des raisons techniques, les données relatives aux rémunérations versées avant le 31 décembre 2016 sont disponibles soit dans l'onglet "avantage" soit dans l'onglet "rémunération". Les rémunérations versées après cette date seront disponibles dans l'onglet "rémunération" à compter du 1er octobre 2017.

Que contient la base de données publique Transparence - Santé ?

La base de données publique « Transparence - Santé » précise, pour chaque type de lien d'intérêts, les informations suivantes :

• Pour les conventions : l'identité des parties concernées, la date de la convention, son objet précis, le montant et l'organisateur, le nom, la date et le lieu de la manifestation le cas échéant ;

• Pour les avantages en nature et en espèce, directs ou indirects : l'identité des parties concernées, le montant, la nature et la date de chaque avantage dès lors que le montant de chaque avantage est supérieur ou égal à 10 euros TTC.

• Pour les rémunérations : l'identité des parties, la date du versement, le montant dès lors qu'il est supérieur ou égal à 10 euros. Le cas échéant, le bénéficiaire final de la rémunération ou de l'avantage est renseigné par l'entreprise.

Les informations contenues dans la base de données publique Transparence - Santé sont issues de déclarations réalisées par les entreprises. Elles sont mises à jour sur le site deux fois par an et y restent accessibles pendant cinq ans. Les entreprises sont responsables de l'exactitude des contenus publiés.


 Conclusion générale :

Sommes-nous tous des moutons ou des êtres souverains?

Ghislaine Lanctôt : « Je me souviens de qui je suis » :

 

 QUI EST DIEU ?

« Voilà ce que disent les Mbochi quand ils n'ont pas perdu leur authenticité par acculturation et déracinement culturel. Tout Mbochi initié sait que l'Homme est un dieu (twere ou nzambe). Les Hommes sont des dieux (a-twere ou a-nzambe). L'Homme est un o-twere (l'étymologie de ce mot est incontestablement notwere, natwara et natara-wa: le n étant tombé comme dans beaucoup de lexèmes mbochi commençant par le même phonème).

Si, malgré cette petite mise au point, le lecteur se sent gêné ou froissé dans ses convictions, je n'y suis pour rien.

[...] L'initiation consiste, degré après degré, à aider l'homme profane ou l'homme enfermé dans la banalité quotidienne, non seulement à prendre conscience de la divinité de l'Homme, mais, au degré supérieur, à lui permettre de connaître et d'expérimenter les degrés supérieurs de son essence. Pour les Mbochi, les Hommes sont des dieux, mais ils ne le savent pas.

On comprend pourquoi ceux d'entre eux qui sont choisis pour exercer le pouvoir sont appelés rituellement a-nzambe, c'est-à-dire les dieux. On dit aussi a-twere, c'est-à-dire les dieux, avec cette nuance supplémentaire de "dieux détenteurs de la connaissance absolue". » (Guy Emmanuel Ngalebha. "Cahiers inter-isodermiques de Macchémologie" (1978) volume I cahier n°3, p.65)

« Le rapport de l'Homme à la Nature est un rapport créateur, et non passif, englué dans la Fatalité. Sous le Soleil, Amenophis IV-Akhnaton prône la liberté créatrice de l'Homme.

[...] Les hommes seraient une partie du corps du démiurge. Les hommes seraient des dieux [...] Ici Dieu ne crée pas l'homme à son "image" comme dans d'autres traditions religieuses et philosophiques. Ici l'homme est dieu: l'homme-dieu, re-créateur encore et toujours, sans angoisse du "Salut", propre à une pensée qui va de la chute au rachat et, dans un tel contexte, on peut célébrer "la mort de Dieu" comme celle d'un homme.

Les Négros-Africains de l'Égypte pharaonique et de toutes les Afriques postérieures ont voulu souligner au contraire l'unité radicale entre l'homme et tout ce qui existe, "de la moindre parcelle de la terre à l'univers".

[...] Toutefois, dans l'ancienne Egypte, l'homme est proprement dieu; il est homme-dieu, d'une seule couture pour ainsi dire. Une pensée de la totalité devait naître, comme univers spirituel de la "polis" pharaonique. » (Théophile Obenga. "La philosophie africaine de la période pharaonique, 2780-330 avant notre ère". Édition L'Harmattan, Paris,1990, p.91 et 100 à 101).

Vie, Santé, Force!

La santé mondiale entre racket et biens publics-Partie IX

Une campagne choc de Médecins du monde censurée pour protéger les labos

 

L'association voulait alerter contre les prix trop chers de certains médicaments. Elle dénonce la censure de sa campagne d'affichage.

 C'est une campagne d'affichage que vous auriez dû voir en grand, au détour d'une rue ou sur les murs du métro. Mais vous ne la verrez pas. Lundi 13 juin, Médecins du monde dénonce dans les médias une "censure" de la part des grands réseaux d'affichage, qui ont, selon l'association, préféré défendre les intérêts des laboratoires pharmaceutiques plutôt que le message adressé, qui dénonce les prix trop élevés de certains médicaments.

Selon Les Inrocks, l'Autorité professionnelle de régulation de la publicité (APRP) a émis trois avis négatifs auprès de la régie publicitaire Médiatransports : la "référence a des maladies graves" qui "pourrait être perçue comme choquante par le public", des "allégations chiffrés" qui ne sont pas sourcées et, plus étrangement, les intérêts des labos:

"Les entreprises ainsi mises en causes pourraient estimer qu'une telle campagne porte atteinte à leur image et leur cause un grave préjudice et décider d'agir en ce sens."

L'ONG a donc contacté d'autres afficheurs que Médiatransports, comme JC Decaux, sauf que les recommandations de l'ARPP avaient été envoyé à tout le monde, selon le magazine.

"Il faut qu'il y ait un débat transparent"

Que disaient ces affiches, dont l'aspect visiblement sulfureux les confine sur Internet ? Voici quelques-uns de leurs messages, parmi de nombreux autres :

"Une leucémie c'est en moyenne 20 000% de marge brute."

"Une épidémie de grippe en décembre, c'est le bonus de fin d'année qui tombe."

"Seul 1% des Français peut se permettre d'avoir une hépatite C."

"Le cancer du sein, plus il est avancé, plus il est lucratif."

"Le cholestérol ? Un placement à forte rentabilité et garanti sans risque."


Pour le Dr Jean-François Corty, directeur des opérations internationales de Médecins du monde, interrogé par L'Humanité, la censure ne fait pas de doute. Il se montre à la fois en colère et inquiet pour les leviers de communication dont dispose l'association :

 "Nous avons contacté nos partenaires habituels et, effectivement, ils ont refusé notre campagne au prétexte qu'elle était trop violente, qu'elle risquait de décrédibiliser le secteur pharmaceutique et qu'elle pouvait être mal comprise par les citoyens.

En réalité, c'est parce qu'ils ne voulaient pas froisser les laboratoires. On est un peu dubitatif face à cette forme de censure. On ne comprend pas pourquoi cela pose problème d'attirer l'attention sur les pratiques injustifiables de certains laboratoires. Il faut qu'il y ait un débat transparent sur ces sujets, et pour l'instant, c'est impossible."

Privée d'affichages publics, l'association s'en remet désormais à Internet pour cette campagne. Si vous souhaitez signer la pétition adressée à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, c'est par ici.

 Par Ariane Nicolas, publié le 13/06/2016


 Santé : la publicité et le législateur au panier !

Par Brice Gloux /8 juin 2019

La santé, c'est avant tout une affaire personnelle. Et s'il y a bien un matraquage publicitaire dont il faut se méfier, c'est celui dont se servent ceux qui ont besoin de votre vote pour gagner une élection.

Il y a plus de deux ans maintenant que le paquet de cigarettes neutre a été instauré, et si la proposition sur l'interdiction des publicités pour certains produits alimentaires a été rejeté l'an dernier, tout laisse à penser que l'idée traîne encore dans les carnets de certains députés. Le sucre, le gras, le sel, la viande, le pas-bio, houlala, c'est comme le tabac, c'est pas très bien du tout du tout, et nounou dit qu'il faut intervenir, oui oui oui.

« Pour changer les habitudes des fumeurs, par exemple, il a été mis sur les paquets de tabac des photos très violentes, des campagnes sur le tabac expliquent que fumer est nuisible pour la santé, etc. Ne pourrait-on pas trouver un moyen de faire de même pour l'alimentation – par des stimulis positifs et négatifs, comme l'inquiétude et la peur – à défaut de pouvoir responsabiliser les consommateurs ? » – Élisabeth T. , députée LREM

Il semble évident que pour certains députés, la première syllabe du mot consommateur résume à elle seule ce que représente selon eux un individu lâché dans un magasin. Pire encore, ce dernier se voit oppressé par les méchantes publicités pas belles qui le tiennent en esclave.à

Paquet neutre et légifération

C'est dans ce contexte que l'I.P.P.R, think tank basé à Londres a sorti cette semaine un rapport appelant le gouvernement britannique à la mise en place de paquets neutres pour les chips, bonbons et autres boissons sucrées ; et aussi l'interdiction de la publicité TV sur ces produits après 21 h, ainsi que l'extension de la « sugar tax » aux gâteaux, confiseries et autres boissons sucrées font partie des mesures pour lutter de front contre l'obésité, qui ne cesse de croître.

 

Moins de pubs = moins de maladies ?

Le lien serait trop simple, et comme le rappelle Daniel Pryor, plutôt que de nous faire acheter comme par magie davantage de produits, la publicité nous influence plutôt sur le choix du produit.

« Nous le savons parce que les dépenses publicitaires n'ont que peu ou pas de rapport avec la taille du marché pour des catégories particulières de produits, alors que les campagnes publicitaires réussies augmentent souvent la part de marché d'une entreprise spécifique ».

Ainsi, à l'instar de la nullité de l'impact des paquets neutres sur l'arrêt du tabac, il est d'une part fort probable que ces mesures n'améliorent aucunement la santé des consommateurs de sucre ; et il est d'autre part certain qu'elles ne font que les infantiliser. C'est malheureusement le chemin qui est emprunté actuellement.


 Pour votre santé, mangez Peppa Pig !

Plusieurs lobbies/associations du Bien viennent ainsi conforter l'idée simpliste que c'est à cause de l'emballage que le pauvre con-sommateur effectue le mauvais choix, en demandant la « suppression des personnages de dessins animés sur les emballages de produits qui ne sont pas sains pour les enfants », et en rendant obligatoire l'étiquetage nutritionnel. Et c'est là que ça devient réellement contre-productif.

 

Car non contents de vouloir seulement bannir le support publicitaire qu'ils considèrent intrinsèquement mauvais (alors que se séparer de son téléviseur fonctionne très bien aussi pour contrer l'oppression, par exemple), ils en arrivent à vouloir imposer ce que chacun doit mettre dans son assiette. En Angleterre donc, l'association « Action on sugar » s'appuie sur une étude démontrant que plus de la moitié des produits impliquant des personnages de dessins animés contient de très grosses quantités de sucre et.... de sel, de gras, et de gras saturés. Et veut ainsi rendre obligatoire l'étiquetage simplifié sur ces produits.

 « L'ennui dans ce monde c'est que les idiots sont sûrs d'eux et les gens sensés pleins de doutes».

Bertrand Russel

Et la France n'est pas en reste, puisque depuis près d'un mois tourne une pétition demandant à rendre obligatoire le Nutri-score. Et pourtant, quand on y regarde de plus près, on en arrive à des recommandations complètement farfelues. Et c'est tout le problème d'accorder la légitimité à une science nutritionnelle fondée sur des études épidémiologiques et autres questionnaires alimentaires, sans jamais trop reconsidérer que l'on puisse se tromper. Exemple : les graisses saturées sont défavorablement notées au Nutri-score, alors que les études sur le sujet sont, au mieux, contrastées (voire, dans le cas des maladies cardiaques, ne montrent aucun lien).

 

Pourtant, comme le signalait J. Sedra il y a quelques temps :

« Le plus triste finalement, c'est qu'aucun des acteurs participant directement ou indirectement au PNNS ne cherche sciemment à pourrir la santé des Français, au contraire ! Il n'y a là aucune conspiration. Le projet entier est porté par de bonnes intentions – et les efforts des experts, chercheurs et médecins, sont sincères. Ils veulent vraiment nous rendre meilleurs, mais se servir de l'autorité de l'État pour ça est voué à l'échec : on ne rend pas les gens vertueux par la force mais par l'exemple » .

 

Une énième fois, pour sauver le monde, des individus brandissent la carte de la Loi, de l'Interdiction et de la Taxe. Partant d'une intention louable (puisque les constats sur l'obésité sont alarmants), le chemin pris est de considérer l'individu dans un environnement hostile et incapable de faire un choix pour lui-même et/ou ses proches. L'impuissance perceptible dans la citation de la députée qui introduit cet article, ou encore dans la multiplication depuis des décennies de plans santé complètement idéologisés nous enseigne que cela n'est PAS la voie à suivre.

Ça ne marche PAS. Ces solutions ne font, à terme, qu'appauvrir une population tout en la rendant dépendante d'un pouvoir qui ne cesse de chercher le contrôle. La santé, c'est avant tout une affaire personnelle, et si il y a bien un matraquage publicitaire dont il faut se méfier, c'est celui dont se servent ceux qui ont besoin de votre vote pour gagner une élection.

 source : https://www.contrepoints.org/2019/06/07/346277-sante-la-publicite-et-le-legislateur-au-panier

 

Dr YVETTE PARÈS (1926-2009): rencontre entre la médecine occidentale et la médecine traditionnelle africaine

« Ce sont les médecins africains occidentalisés qui bloquent l'avancée de la santé en Afrique (...) l'impuissance tragique du système pharmaco-industriel mondialiste, une impuissance niée et dissimulée sous une arrogance sans limites. Ce système, qui maquille ses faiblesses par une vantardise et une propagande constante, n'est finalement rien d'autre qu'une idéologie totalitaire doublée d'une organisation commerciale et financière d'une rapacité sans exemple. Formés, ou plutôt déformés, dans les Facultés de médecine d'Europe et d'Amérique, les jeunes médecins africains ont été conduits à ignorer ou à mépriser les thérapies millénaires que leurs ancêtres se transmettaient fidèlement. On peut appeler cela un néo-colonialisme, à la condition de ne pas oublier que les populations blanches sont tout aussi ''colonisées'' que celles des autres continents et que leurs médecins sont tout autant désinstruits que ceux des autres pays. » (Pr Yvette Parès)

Présentation:

Yvette Parès fut tout d'abord une scientifique de renommée internationale. Docteur en biologie et en médecine, chercheur au CNRS, elle enseigna la biologie à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar de 1960 à 1992 et dirigea le Centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992. Elle fut la première au monde à cultiver le bacille de la lèpre. Puis, confrontée aux limites des thérapies occidentales pour soigner cette maladie, elle découvrit les potentialités de la médecine traditionnelle africaine, à laquelle elle fut initiée par un maître peulh. Yvette Parès était de formation scientifique : botaniste, microbiologiste, docteur ès sciences. Elle a passé son doctorat de médecine à Dakar, en 1968. Dans ses recherches scientifiques, elle a travaillé sur la lèpre. Personne n'était parvenu jusque-là à cultiver le bacille de cette terrible maladie. Avoir une formation de scientifique et de médecin lui a permis d'aborder le sujet différemment... et de réussir.

Le Dr Parès est parvenue à cultiver le bacille récalcitrant. Elle a pu réaliser des antibiogrammes des plantes anti-lépreuses de la pharmacopée africaine : elles ont montré un effet sur le germes alors que la chimiothérapie s'était avérée peu efficace. Les plantes étaient une source d'espoir. Yvette Parès a essayé de rencontrer des thérapeutes africains spécialisés dans le traitement de la lèpre, ce qui n'était pas chose facile. Le Maître Dadi Diallo a accepté de la recevoir et de lui transmettre son savoir.

Dr Yvette Parès a publié trois livres aux Editions Yves Michel:

-''Perles de sagesse de la médecine traditionnelle africaine''.

Entourée de praticiens de la médecine traditionnelle africaine, Yvette Parès découvre la puissance thérapeutique des plantes contre des maladies graves, notamment la lèpre. Au milieu de la brousse sénégalaise, sa pratique s'éloigne de la science occidentale pour tout réapprendre des thérapeutes traditionnels, formés de génération en génération dans l'art de soulager et de guérir. Sous formes d'anecdotes, elle nous livre ses souvenirs :

les rencontres, les bonheurs, mais aussi les difficultés auxquelles elle et son équipe ont été confrontés depuis la création en 1980 d'un Centre de Soins antilépreux, devenu plus tard l'hôpital traditionnel de Keur Massar. De la cueillette de noix de cajou dans un darkassou à l'invasion d'abeilles lors d'un repas dans la brousse sénégalaise, de la guérison de Petite Marguerite au patient mordu par un serpent, de la fête des Ancêtres aux grenouilles orphelines, Yvette Parès dessine autant d'épisodes de la vie africaine pris sur le vif. Une introduction à la philosophie de vie des Africains. Une grande leçon d'humanité pour nous;

-''La médecine africaine, une efficacité étonnante'', dans lequel elle raconte sa découverte de l'immense savoir des médecins traditionnels africains;

-et ''Sida, de l' échec à l'espoir'', un ouvrage qui ouvre de nouvelles voies de recherche sur l'utilisation des flores locales, comme c'est déjà le cas au Sénégal, avec des résultats encourageants, alors que la médecine occidentale est à propos du sida en échec permanent.


Écoutez l'enregistrement en cliquant sur les liens ci-dessous:
Partie 1:

Partie 2:

Film Yvette Pares 1983 TF1:


 

Médecine africaine et médecine occidentale

Ayant été formée à la médecine occidentale et à la médecine africaine, Yvette Parès compare les deux approches au cours de cet entretien. Idéalement, toutes les médecines devraient collaborer pour que la santé mondiale devienne une réalité.

Résumé

La médecine occidentale isole arbitrairement des principes actifs des plantes, privés des autres substances qui modulent leur action. La médecine africaine utilise les plantes entières et, pour une même maladie, propose des traitements multiples. Les médicaments chimiques ont montré tous leurs défauts, dont l'un des premiers est de polluer l'environnement. Les pays d'Occident doivent s'orienter vers des solutions de rechange à la médecine chimique polluante, non pas dans une perspective passéiste mais pour élaborer les thérapeutiques nouvelles de demain. Il faut réapprendre à associer les plantes, retrouver le sens des médecines traditionnelles. L'expérience acquise dans la médecine africaine donne une autre vision pour l'Europe.

Pour les Africains, lorsque vous récoltez des plantes, vous ne récoltez pas des matières premières mais des êtres vivants, qui vous donnent le meilleur d'eux-mêmes. On les salue et on les remercie. En Occident, nous avons perdu le sens sacré de l'univers. Nous ne savons plus grand-chose sur les plantes: nous allons peut-être frapper à la porte des médecines que nous avons méprisées. Je voudrais que toutes les médecines collaborent pour que la santé mondiale devienne une réalité. Elle repose sur le savoir de toutes les médecines. En Occident, la santé est devenue une marchandise.

Par exemple, pour soigner le sida des solutions alternatives à la trithérapie existent mais elles sont très peu utilisées car la trithérapie rapporte beaucoup d'argent aux laboratoires. Les médecines traditionnelles ont une approche globale de l'homme, de l'univers, du monde visible et invisible. En Europe, nous avons placé la raison sur un piédestal. Mais l'homme n'est pas qu'un être raisonnable, il peut avoir des intuitions. Je ne méprise pas la raison mais voudrais la mettre à sa juste place. La raison est le mental, l'intuition nous est envoyée d'ailleurs. Il faut rechercher des voies nouvelles qui redonnent à la médecine occidentale une âme, une aura et apportent aux malades ce qu'ils attendent.

Écouter l'enregistrement en cliquant ici
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 Voici quelques extrait de l'ouvrage de Pierre Lance, intitulé: ''Savants maudits, chercheurs exclus. Progrès censurés, savoirs perdus, thérapies étouffées''. Éditions Guy Trédaniel, Paris, 2010, Vol. 4, Collection les dossiers des découvertes interdites, pp. 141-160.

La civilisation occidentale créée par les Européens s'est développée au fil des siècles jusqu'à prendre la tête de toute la civilisation planétaire. Après avoir colonisé de nombreux territoires sur tous les continents, elle a dû s'en retirer peu à peu, de gré ou de force, mais elle a finalement colonisé tous les esprits. Si de nombreux peuples ont gardé rancune aux Européens des abus du colonialisme, ils ne leur ont pas moins voué, fut-ce à contre-coeur, admiration, envie et constant désir d'imitation, souvent au point de renier leurs propres traditions et de sacrifier leurs savoirs ancestraux à l'obsession de copier les Blancs et de les égaler en nourrissant des espoirs de revanche.

J'ai souvent pensé que si les Européens avaient consacré toute leur intelligence et toute leur énergie à leur seule créativité prométhéenne, en s'abstenant de ces aventures guerrières et conquérantes qui devaient faire d'eux les prédateurs de la planète, ils auraient pu édifier une civilisation harmonieuse et pacifique qui eut été un modèle pour toute l'humanité. Tous les peuples les eussent alors admiré sans réserve et se seraient inspirés d'eux, mais avec plus de mesure et tout en gardant précieusement leurs personnalités et leurs cultures.

Mais ce rêve peut sembler utopique et nul n'a le pouvoir de refaire !'Histoire. Contaminée très tôt par l'impérialisme romain et son étatisme totalitaire, la civilisation européenne ne fut pas capable de se contenter d'exploration et de commerce et voulut y ajouter la coercition et l'hégémonie. Seule exception peut-être, le peuple hollandais, qui créa la première Compagnie des Indes et sut nouer avec les peuples orientaux des relations cordiales et mutuellement respectueuses, uniquement basées sur l'échange des produits et des savoirs.


(Lire à ce sujet le beau livre d'Yves Cazaux ''Naissance des Pays-Bas'', édité chez Albin Michel). Mais l'Angleterre, qui fut sans cesse jalouse des succès de la Hollande, créa sa propre Compagnie des Indes et la soutint d'une politique impérialiste et Prédatrice. Après quoi, une sinistre émulation fit que tous les Etats européens voulurent se créer un empire colonial et que la Hollande elle-même succomba à cette maladie. La fièvre en est-elle aujourd'hui tombée? En principe, oui, mais elle a surtout pris des formes plus subtiles. Car le progrès scientifique « à l'occidentale » exerce désormais sa domination sur toute la Terre, sans coercition apparente et ostensiblement appuyé sur « les meilleures intentions du monde », ce qui lui permet de paver tous les enfers chimiques possibles et imaginables. Qu'il s'agisse de pesticides, de vaccins ou de médicaments, le complexe pharmaco-industriel américano-européen inonde tous les pays d'un formidable déferlement de poisons en tous genres, présenté comme le nec plus ultra de la science occidentale.

C'est-à-dire que nous avons affaire à un néo-colonialisme intellectuel et médiatique qui, auréolé du prestige des anciens colonisateurs, s'efforce de persuader l'humanité souffrante que, pour recouvrer la santé, par exemple, rien n'est supérieur aux « médicaments des Blancs», ce qui est radicalement faux.

Est-il possible de résister à la puissance des multinationales de la chimie qui impose partout sa loi ? Elle a mis tous les agriculteurs à sa botte. Elle noyaute tous les gouvernements. Elle corrompt les médecins, les journalistes et les politiciens. C'est grâce à leur complicité, parfois intéressée mais souvent naïve, qu'elle exploite la crédulité des masses soumises au matraquage télévisuel qui paralyse leur esprit critique.

Rien ne semble pouvoir mettre des bornes à l'ambition dévorante de son totalitarisme planétaire, qui entend régner sans partage sur tous les corps et dans tous les esprits. Et pourtant, ici ou là, des résistants isolés se manifestent et défient le tyrannosaure pour tenter de sauver notre autonomie, mais rares sont ceux qui parviennent à se faire entendre, car les grands médias les occultent et les marginalisent. Certains d'entre eux, par exemple, s'efforcent de démontrer que chaque peuple possède dans son propre terroir et dans les recettes ancestrales transmises de génération en génération, tout ce qu'il faut pour sauvegarder sa santé.

C'est ce qu'on appelle l'éthnomédecine, chère au docteur Jean-Pierre Willem, créateur de l'association Les Médecins aux pieds nus, fondateur de la Faculté libre de médecine naturelle et d'ethnomédecine, qui a publié récemment chez Albin Michel son livre ''Mémoires d'un médecin aux pieds nus'', dans lequel il nous offre l'autobiographie passionnante d'un « résistant » qui a consacré sa vie à la santé des humains de tous les continents.

Au nombre de ces héros jamais fatigués, il faut compter Yvette Parès qui, elle aussi, a consacré sa vie à chercher les moyens efficaces et locaux de sauvegarder la santé humaine et qui, à l'âge de 83 ans, poursuit inlassablement son combat dans l'indifférence méprisante de la cohorte médiatique. Son cas est exemplaire, car elle n'a pas craint de s'attaquer à la « chasse gardée » de la pharmaco-chimie, le sida, et plus particulièrement le sida africain, dont les mandarins se servent pour terroriser toute l'humanité en utilisant des chiffres fantaisistes sur le nombre des victimes, chiffres que personne n'est en mesure de contrôler. Yvette Parès, docteur en science et en médecine, ancien professeur à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, et qui fut durant dix-sept ans directrice du Centre de Recherches Biologiques sur la Lèpre, a été la fondatrice de l'Hôpital traditionnel de Keur Massar.

Elle a suivi une formation de quinze années pour devenir « tradithérapeute » (praticien des thérapies traditionnelles) et elle est convaincue que les traitements issus de la science africaine sont infiniment plus efficaces et pertinents contre le sida que la trithérapie utilisée par les Occidentaux. Après avoir présenté en 1957 une thèse en sciences naturelles, Yvette Parès devint chercheuse au CNRS.

Trois ans plus tard, elle était nommée à l' université de Dakar où elle obtient le doctorat en médecine en 1968. C'est alors qu'elle découvre la médecine traditionnelle. Elle étudie principalement la lèpre et ses recherches mettent en évidence les capacités des plantes réputées anti-lépreuses. C'est en 1979 qu'elle rencontre le thérapeute réputé Dadi Diallo, qui lui fait découvrir la richesse de la médecine traditionnelle. Après avoir constaté qu'il guérissait des malades considérés comme incurables, elle devient son disciple.

« En Occident, on continue de penser que le savoir des tradithérapeutes n'est que superstition mêlée à des connaissances empiriques dénuées de toute rationalité», explique-t-elle en s'indignant de cet aveuglement et de cette arrogance prétentieuse des mandarins européens.

Avec Dadi Diallo, elle va pouvoir s'initier progressivement aux vertus thérapeutiques des plantes africaines, ainsi qu'à leurs modes de récolte, de préparation et de prescription. En 1980, Yvette Parès crée à quelques kilomètres de Dakar un centre de soins, afin de promouvoir et de pratiquer la médecine traditionnelle africaine. Ce centre obtiendra le statut d'hôpital en 1985 et Yvette Parès le dirigera jusqu'en 2003. Au fil du temps, l'hôpital se spécialise dans le traitement de la lèpre infantile.

Et c'est en 1987 que les premiers patients séropositifs reçoivent des soins à l'hôpital. En vingt ans d'activité, l'hôpital de Keur Massar obtient des résultats spectaculaires : guérison de la lèpre, prévention de la lèpre infantile et guérison de plusieurs maladies infectieuses bactériennes : paludisme, tuberculose, hépatites, dermatose, etc. Yvette Parès contribue au développement de réseaux de consultations locales et de pharmacies externes et se consacre au développement de recherches thérapeutiques concernant le sida.

Elle contribue à la création des associations régionales de tradipraticiens et participe en 1999 à Dakar au premier « Congrès international des médecines traditionnelles et affection VIH-sida». Afin de trouver les financements nécessaires au développement des activités de l'hôpital, elle va organiser des conférences annuelles en Allemagne (1981-1992), et en Suisse (1986-1992) à destination des médecins intéressés par les actions de l'hôpital Keur Massar. Et c'est grâce à son intervention que l'association « Rencontre des médecins » obtient en 2001 le statut d'ONG auprès des autorités sénégalaises.


Je reproduis ci-dessous des extraits d'une interview accordée à David Cadasse pour le site le 26 mai 2006.

 Afrik.com : Professeur Parès, comment avez-vous découvert la médecine traditionnelle ?

Pr Yvette Parès : Ce sont les résultats de mes recherches scientifiques qui m'ont orientée vers la médecine africaine. Je travaillais sur la lèpre et nous avions montré que les plantes antilépreuses des thérapeutes africains étaient très efficaces et que, par contre, le traitement occidental était très déficient et donnait, en plus, de graves accidents secondaires. Je me suis alors trouvée devant un dilemme : Fallait-il laisser souffrir les malades sans rien faire ou essayer de demander le renfort des thérapeutes africains ? Ce que je voulais, c'était arriver à sauver des malades. Je cherchais juste des traitements efficaces. C'était mon seul critère. Et comme les Africains avaient de bons traitements, j'étais prête à m'incliner devant leur science.

Afrik.com : A l'hôpital Keur Massar, que vous avez créé en 1980, on n'utilise que des traitements issus de la médecine traditionnelle. Pourquoi avoir complètement écarté la médecine occidentale ?

Pr Yvette Parès : Quand on fait quelque chose, il faut être loyal. Parallèlement à mes fonctions au sein de l'Université et du centre de recherche, je travaillais avec des thérapeutes qui m'enseignaient la médecine traditionnelle. Je n'allais pas avoir le toupet de faire entrer des médicaments européens dans cette structure. De toute façon, si je l'avais fait, les thérapeutes seraient immédiatement partis. Je ne vois pas pourquoi, voyant que les traitements étaient bons, j'aurais mélangé les deux choses.

Afrik.com : En tant que femme européenne blanche, comment avez-vous réussi à vous faire accepter par les thérapeutes traditionnels ?

Pr Yvette Parès : Oh, c'est un miracle ! Tl est extraordinaire que des thérapeutes africains aient fait confiance à une étrangère, d'autant plus qu'elle représentait, il faut le dire, le pays colonisateur. Il y a tout un concours de circonstances qui a fait que les grands maîtres sénégalais m'ont acceptée. Et c'est un très grand maître Peul, Dadi Diallo, qui m'a accueillie.

Afrik.com : En quoi consiste cette formation ?

Pr Yvette Parès : Il faut 15 ans de formation pour devenir un bon thérapeute. La formation est très dure. Il faut apprendre énormément auprès d'un maître qui est d'une sévérité terrible. Il faut d'abord aller cueillir les plantes en brousse. On se lève très tôt et on travaille beaucoup. Il faut connaître les plantes, savoir où il faut les trouver, ensuite il faut apprendre à faire les médicaments. Il y a une somme considérable de médicaments à apprendre. Il faut apprendre l'art pharmaceutique, puis l'art médical : comment examiner les malades. Il y a des tests spécifiques en médecine africaine. Pour les Africains, en tant qu'occidentale, je reste un peu étrangère à cela. Il y a également une dimension mystique où ils apprennent les cérémonies pour les maladies mentales et à connaître les mauvais sorts.

Afrik.com : Comment expliquer la méfiance des médecins traditionnels africains à l'égard de leurs homologues occidentaux ?

Pr Yvette Parès : Mais c'est normal. Les Blancs sont des pillards. Si vous dites un secret à un Blanc, il va vite le dire à des multinationales qui vont venir piller vos ressources. Les Occidentaux ont leur médecine, leurs universités. Et puis qu'est-ce que ça veut dire donner des recettes? Il faut d'abord savoir les utiliser. La médecine africaine, ça s'apprend.

Afrik.com : Y a-t-il des médecins occidentaux qui regardent d'un très mauvais oeil la médecine traditionnelle ?

Pr Yvette Parès : Les médecins occidentaux qui regardent d'un mauvais oeil la médecine traditionnelle sont des ignorants. On n'a pas le droit de juger quelque chose qu'on ne connaît pas. Pourquoi se croire supérieurs ? Je n'ai jamais entendu un maître africain dire du mal de la médecine occidentale. Ils disent : « Que chacun fasse ce qu 'il sait faire». Mais sous-entendu aussi « qu'ils nous laissent travailler en paix ». Les thérapeutes africains sont les médecins de la médecine africaine. Je ne sais pas pourquoi on a monté au pinacle la médecine de l'Occident, qui n 'a que 60 ans d'âge.

On voit à ces quelques phrases que Mme Parès ne pratique pas la langue de bois et qu'elle n'hésite pas à donner une volée de bois vert aux médecins occidentaux. Du bois un peu trop vert peut-être, car la médecine occidentale a tout de même beaucoup plus que soixante ans d'âge. Soixante ans, ce n'est que l'âge des antibiotiques. Quant à dire que les Blancs sont des pillards, c'est un peu forcer les choses, car en fait de pillage, peu de peuples ont quelque chose à envier aux autres.

Mais il est exact que les chercheurs des laboratoires qui prennent connaissance, grâce aux praticiens locaux, des vertus de telle ou telle plante s' empressent de l'étudier en se contentant de rechercher ses « principes actifs» (ce qui est une erreur, car cette dissociation a pour effet de rendre le médicament brutal et moins bien assimilable par l'organisme).

Ensuite, partant du principe que la nature est à tout le monde, ils ne croient pas devoir quelque chose aux guérisseurs du cru, alors que sans le travail et l'expérience de ces derniers, ils n'auraient jamais deviné l'intérêt de ces plantes inconnues d'eux. En fait, ils n'ont pas conscience de piller. Ils agissent plus par vanité que par malhonnêteté, tenant pour quantité négligeable les tradithérapeutes et se donnant facilement bonne conscience en se disant qu'ils vont apporter au monde entier les bienfaits d'une substance utilisée jusqu'alors dans un
microcosme.


 Afrik.com : La science pharmaceutique africaine est-elle complexe ?

Pr Yvette Parès : Oh oui, c'est très compliqué ! Au départ, j'étais très inquiète. Je me suis demandé durant plusieurs années si j'arriverais à maîtriser cet art-là. Et puis un jour on mûrit, et on le fait. Au début, je prenais des notes, car je n'ai pas la culture africaine, qui développe une mémoire extraordinaire. Mon maître, Dadi Diallo, riait d'ailleurs de moi. En fait, si la science est complexe, les moyens matériels sont simples et adaptés à la brousse. Ce sont des marmites, des mortiers, des pilons, des bouteilles, de quoi faire du feu. Et avec cela vous pouvez faire tous les médicaments pour la lèpre, les tuberculoses, les hépatites, le sida ... Pas besoin de dépenser des sommes folles pour fabriquer des gélules. C'est adapté au pays. On peut immédiatement, avec les ressources naturelles, sauver les gens. Il n'y a pas besoin d'aller commander des produits à l'étranger, les
choses sont sur place.

Afrik.com : Quand on vous entend en conférence, vous vous montrez très critique par rapport aux traitements occidentaux du sida.

Pr Yvette Parès : Les antirétroviraux sont des solutions d'attente. Ils sont trop toxiques et on les prescrit quand les personnes sont déjà très malades. Et le malade doit être constamment suivi. Ils provoquent des accidents secondaires ou occasionnent de telles douleurs que les gens en arrivent parfois à se suicider. Mais cela, on ne le sait pas. Alors on dit : « Accès aux antirétroviraux pour tout le monde ». Mais ça ce sont des informations des multinationales qui veulent gagner des milliards avec la maladie. La trithérapie me met en colère, parce que c'est une désinformation épouvantable.

Afrik.com : Le sida est une maladie relativement nouvelle. Y a-t-il de la recherche en médecine traditionnelle ?

Pr Yvette Parès : Les grands maîtres de la médecine traditionnelle sont capables de recherches thérapeutiques. Quand il y avait la menace du Sras, j'avais demandé à mes collaborateurs ce qu'on allait faire. Ils ont répondu : « On connaît les symptômes et quand la maladie sera là, on va la soigner. » Quand le sida est arrivé au Sénégal, nous n 'allions pas rester les bras croisés : chacun s'est mis à la recherche. On a choisi des plantes médicinales et on a commencé à mettre au point nos traitements. Nous n'allions pas laisser les malades sans rien alors que nous avons plein de plantes antivirales, antibactériennes, antidiurétiques ou contre les troubles psychiques.

Afrik.com : Quand on parle de recherches médicales, on parle d'essais thérapeutiques. En pratiquez-vous ?

Pr Yvette Parès : Quand vous utilisez des plantes non toxiques, vous vous dites qu'au pire cela ne fera rien et qu'il n' y aura pas d'accident secondaire. Comme on mettait beaucoup de plantes antivirales et anti-bactériologiques pour protéger contre les maladies virales et les maladies opportunistes, il y avait toutes les chances pour que l'on trouve les bonnes formules. Et c'est ce qui s'est passé. Mais je dirais qu'il y a peut être des gens qui font encore mieux que nous.

Afrik.com : Aujourd'hui, quels sont les taux de réussite que vous enregistrez par rapport au VIH?

Pr Yvette Parès : Le taux de réussite est un concept occidental. Si vous venez à temps, vous vous en sortez. Dans mes publications, j'ai indiqué l'état dans lequel les malades viennent en général. Nous les conduisons à ce qu'on appelle la guérison clinique. C'est à dire qu'ils ont l'air en aussi bonne santé que nous tous. Mais quand ils disent : « Nous sommes guéris ! », je leur réponds : « Vous êtes très bien mais continuez le traitement par sécurité. Comme c'est un rétrovirus qui peut faire des décharges plus tard, il ne faut pas qu'il y ait une rechute. » Donc ils continuent le traitement. Mais comme le traitement consiste à avaler un verre à thé de décoction avant et après le repas, en quoi cela les dérange ? Ça ne donne pas d'accident secondaire, ça n'a pas mauvais goût et ce n'est pas contraignant.

Afrik.com : Quand on dit que la médecine traditionnelle est efficace contre le sida, on se heurte forcément à un fort scepticisme ...

Pr Yvette Parès : Les gens sont sceptiques parce que nous avons été élevés dans l'idée qu'il n'y a que nous, les Occidentaux, qui sommes bien. Les gens sont sceptiques parce qu'ils sont ignorants, pas forcément par mauvaise volonté. Les Occidentaux ont subi un lavage de cerveau et pour bien appréhender la médecine traditionnelle, il faut franchir un certain nombre d'obstacles mentaux érigés par notre éducation. En arrivant en Afrique, je pensais que les Africains n'avaient rien. Je pensais leur apporter des choses merveilleuses ...

Afrik.com : Quel est le prix de traitements de la médecine traditionnelle, comparé à celui de la médecine occidentale, notamment pour le Sida ?

Pr Yvette Parès : Les traitements traditionnels ne sont pas chers. Entre les prix des multinationales et faire bouillir des plantes, il n'y a pas photo. Pour le sida, je dirais qu'on donne les traitements aux malades pour rien. On leur dit de donner ce qu'ils peuvent, s'ils ne peuvent pas, on laisse.

Afrik.com : Les résultats que vous avancez semblent remarquables. Comment se fait-il qu'ils ne soient pas plus connus et reconnus ?

Pr Yvette Parès : Parce qu'ils ont été combattus par les médecins occidentalisés.

Afrik.com : Mais quel est leur angle d'attaque pour combattre ces traitements, s'ils s'avèrent efficaces ?

Pr Yvette Parès : Leur angle d'attaque est qu'ils ne veulent pas perdre leur pouvoir, ni l'argent corrupteur qui vient de l'étranger. Il y a eu à Dakar, en 1999, le Premier congrès sur les médecines traditionnelles sur le VIH-sida, organisé par le ministère de la Recherche scientifique. Il y avait le ministre de la Santé, tous les médecins, des représentants de !'OMS, de l'Onusida. J'ai fait des exposés en tant que dirigeante d'atelier et il y a eu des exposés de femmes tradithérapeutes, mais ça n'a rien fait bouger. En 2006, c'est pareil !


 Afrik.com : Sur quels arguments se basent-ils pour dire que ces traitements ne sont pas bons ?

Pr Yvette Parès : Aucun ! L'orgueil et la vanité de ne pas perdre le pouvoir. Il y a un mépris du malade. Quand les Américains sont arrivés en Afrique pour essayer toutes leurs molécules chimiques, les plus mauvaises et les plus nocives, les médecins occidentalisés disaient à l'hôpital : « le matériel humain ne coûte rien ». Pendant ce temps, j'avais parlé à la télévision en 1988 pour dire que la médecine traditionnelle africaine offrait de l'espoir. Mais mon message n'a pas été entendu. Ce sont les médecins africains occidentalisés qui bloquent l'avancée de la santé en Afrique.

Afrik.com : Les traitements du sida sont-ils tous réalisés à partir des mêmes plantes ?

Pr Yvette Parès : A Keur Massar, nous avions un thérapeute sossé (région de la Casamance) qui avait son traitement, un autre toucouleur (région du fleuve) qui avait son traitement et moi, j'ai appris à en mettre au point avec des plantes de Dakar et des environs. Il y a d'autres thérapeutes qui ont leur propre traitement avec leurs propres plantes. Imaginez alors ce que ça pourrait donner si toute l'Afrique s'y mettait, si le monde entier s'y mettait : l'Inde, la Chine, l'Asie du Sud-Est, les Caraibes, les Amérindiens ! Nous aurions une quantité de traitements du sida. Parmi tout cela, il y aurait des personnes qui finiraient par trouver les traitements les plus merveilleux : ceux qui tueraient le virus.

Afrik.com : Quel est votre souvenir professionnel le plus émouvant à Keur Massar ?

Pr Yvette Parès : C'est de voir les lépreux reprendre visage humain. C'est de voir les gens atteints du sida, qui arrivaient dans un état psychique épouvantable, redevenir des gens normaux. Ils me remerciaient en une phrase qui résume tout: Maintenant, je dors bien ». C'est une fantastique récompense pour un thérapeute.

Afrik.com : Que préconiseriez-vous aujourd'hui par rapport au développement et à la reconnaissance de la médecine traditionnelle ?

Pr Yvette Parès : Que chaque pays se réveille. Il faudrait des voix de grande vertu pour éveiller les consciences et motiver les gens pour qu'ils fassent ce qu'ils savent faire. Par ailleurs, il y a tellement de malades qu'il faudrait que les gouvernements organisent le reboisement et entretiennent les ressources naturelles dans la brousse. Qu'ils assurent des cultures de plantes médicinales, sans engrais et sans pesticides. Il faudrait également recommander aux paysans de faire beaucoup de compost pour assurer une bonne qualité des sols. »

Cette interview met bien en lumière l'impuissance tragique du système pharmaco-industriel mondialiste, une impuissance niée et dissimulée sous une arrogance sans limites. Ce système, qui maquille ses faiblesses par une vantardise et une propagande constante, n'est finalement rien d'autre qu'une idéologie totalitaire doublée d'une organisation commerciale et financière d'une rapacité sans exemple.

Formés, ou plutôt déformés, dans les Facultés de médecine d'Europe et d'Amérique, les jeunes médecins africains ont été conduits à ignorer ou à mépriser les thérapies millénaires que leurs ancêtres se transmettaient fidèlement. On peut appeler cela un néo-colonialisme, à la condition de ne pas oublier que les populations blanches sont tout aussi « colonisées » que celles des autres continents et que leurs médecins sont tout autant désinstruits que ceux des autres pays.

Dans une autre interview donnée le 12 juillet 2005 à Vincent Hild pour le site Internet www.syfia.info, Yvette Parès détaillait plus précisément la manière dont les maîtres thérapeutes africains formaient leurs élèves. En voici la teneur :

« Comment une scientifique, universitaire, dirigeant un institut de recherche en bactériologie en est-elle venue à pratiquer la médecine africaine ?

- Ce ne fut pas un coup de tête, une décision subite, une attirance vers l'exotisme. Dans mon laboratoire à Dakar, nous étions parvenus à cultiver le bacille de Hansen, responsable de la lèpre, qui pendant un siècle avait résisté aux efforts de nos devanciers. La méthode des antibiogrammes devenait donc possible ... Elle permit de mettre en évidence l'efficacité des extraits de plantes anti-lépreuses sur le bacille. Ces résultats donnaient donc un support à la réputation des thérapeutes traditionnels spécialisés dans la lèpre.

D'autre part, la faiblesse des traitements classiques ne pouvait être niée. L'état des malades en attestait avec la plus grande évidence. Je me trouvais donc à la croisée des chemins devant un choix inéluctable : soit accepter la situation telle qu'elle était avec toutes ses déficiences, soit rechercher l'aide et l'enseignement des thérapeutes réputés dans le domaine de la lèpre. J'adoptai la seconde attitude qui représentait un saut dans l'inconnu.

- Où se forme-t-on à ces médecines traditionnelles ?

- La seule école qui soit, c 'est la transmission de maître à disciple. Un maître vous choisit d'après vos aptitudes et ce qu'il juge bon en vous. C'était presque insolent de ma part de demander à être enseignée. En plus, il n'était jamais arrivé qu'une Occidentale soit introduite en médecine africaine. Mais des circonstances exceptionnelles ont fait tourner la roue en ma faveur. À l'époque, j'avais 54 ans, j'étais chercheuse en bactériologie et médecin.

La première des choses que mon maître, Dadi Diallo, me demanda d'intégrer, c'est qu'à compter du jour où je devenais son disciple, il me considérerait comme ne sachant rien. Au début, je n'avais même pas le droit de poser de questions, mais juste celui de regarder et d 'écouter. C'est le maître qui dit ou ne dit pas, après avoir cueilli une plante, son nom, son utilisation, etc. C'est lui qui décide du lieu, du contenu et du rythme des apprentissages. Je me levais à 5 h pour aller cueillir les plantes. La journée, je travaillais à l'université et le soir je retournais au centre de Keur Massar. Il faut 15 ans pour apprendre cette médecine.


 - En quoi consiste la médecine africaine ?

- Comme toutes les médecines traditionnelles du monde, la médecine africaine est sacrée. Ce qui la conduit tout naturellement à traiter le malade considéré dans sa totalité, dans l'unité que forment son corps, son âme, son esprit et pas seulement l'organe malade. Le caractère sacré se manifeste dans toutes les étapes de l'art médical et pharmaceutique. Le thérapeute se considère comme un intermédiaire entre le principe de vie d'ordre divin et le patient. Son rôle est d'orienter et de stimuler les forces de guérison du malade par l'accueil, l'écoute, les soins, les traitements, le réconfort, les prières et les encouragements.

De plus, la médecine traditionnelle n'attaque pas un agent pathogène d'une seule manière, mais à l'aide de l'ensemble des substances actives contenues dans une décoction, une extraction ou une macération de plusieurs plantes ou racines différentes, parfois cinquante... Là. où la médecine moderne est analytique et attaque le problème avec une seule molécule, la médecine traditionnelle, elle, l'attaque sur plusieurs fronts. Il n'y a pas de risque ainsi de faire apparaître des résistances à l 'action combinée de toutes ces plantes.

- Quel avenir, selon vous, faut-il réserver à ces médecines traditionnelles ?

- À Keur Massar, au fil du temps, quatre autres thérapeutes d'ethnies différentes et leurs disciples vinrent étoffer l'équipe, en même temps que s'élargissaient nos activités avec les consultations externes de médecine générale. À ce jour, plus de 250.900 malades, toutes maladies confondues, ont reçu nos soins. Etant de culture occidentale, je n 'ai pu saisir toutes les richesses spirituelles, toutes les richesses thérapeutiques de cette médecine, mais ce que j'ai pu découvrir m'a remplie de respect et d'admiration. On a à apprendre de tout le monde. La transmission depuis des millénaires de la médecine traditionnelle ne doit pas s'arrêter. Face au sida, l'Afrique n'est pas le continent démuni que l 'on s'obstine à décrire. Les peuples africains ont leur médecine traditionnelle, riche de savoirs accumulés et éprouvés au cours des millénaires.

Ils ne doivent pas se sous-estimer mais agir avec détermination. Lors de la vr Journée mondiale du sida (en 199 3 ), le secrétaire général de l'ONU alors en fonction, Boutros Boutros Ghali, n'avait-il pas demandé à New York, au siège de Nations unies, « un effort de coordination étendu à tous les savoirs médicaux de la planète » pour arriver à vaincre le sida. Partout, l'intelligence a inventé une médecine intégrée, adaptée à son environnement. Il faut convier les médecines chinoises, ayurvédiques, amérindiennes, arabes, celle de l'île de Pâques, celles des maîtres africains, ainsi que des moines médecins bouddhistes et toutes les médecines du monde à lutter ensemble contre la pandémie. »

Yvette Parès a publié deux livres aux Editions Yves Michel. ''La médecine africaine, une efficacité étonnante'', dans lequel elle raconte sa découverte de l'immense savoir des médecins traditionnels africains, et ''Sida, de l 'échec à l'espoir'', un ouvrage qui ouvre de nouvelles voies de recherche sur l'utilisation des flores locales, comme c'est déjà le cas au Sénégal, avec des résultats encourageants, alors que la médecine occidentale est à propos du sida en échec permanent. Les médecins ou scientifiques qui se lancent dans ce type de travaux sont malheureusement rarissimes, et tellement occultés que personne n'entend parler d'eux. Je vous ai déjà cité le Dr Jean-Pierre Willem et son école où sont enseignées les pratiques des médecines traditionnelles.

Citons également la biologiste Yezoumi Akogo-Assogbavi, chercheuse au Laboratoire de chimie des substances naturelles de l' université du Bénin, à Lomé (Togo). Elle a réussi à isoler, au sein du kininti (une plante utilisée au Togo pour soigner le paludisme) la molécule aux propriétés anti-paludiques, la gédunine, et qui n'est pas de la quinine. Outre le kininti, son équipe étudie aussi le esru (ou basilic salutaire), connu au Togo pour ses vertus antibiotiques, et le avoudati (ou thé de Gambie), pour ses vertus gastriques. En 2000, l'une des bourses du prix Unesco/L'Oréal pour les femmes de science a été attribuée à cette biologiste pour ses recherches sur la fabrication de « phytomédicaments ».

Plusieurs pays africains comme le Mali, le Burkina Faso et le Rwanda se sont déjà lancés dans la production de spécialités tirées de ces plantes. On constate toutefois que Mme Akogo Assogbavi ne rompt pas vraiment avec la démarche occidentale dont elle a été imprégnée, puisqu'elle s'efforce toujours de chercher le« principe actif» de chaque plante. Est-ce du conformisme ou simplement de la diplomatie afin de faire mieux accepter ses travaux tout en revalorisant les plantes locales en contournant les obstacles culturels ? Je ne saurais le dire. Cependant, compte tenu des situations sanitaires dramatiques qui continuent de se développer dans les pays africains, est-il possible d'espérer un changement de comportement des organisations internationales ?

Dans son excellent ouvrage ''Pour une médecine écologique'' (Editions Alphée*Jean-Paul Bertrand, 2009), Christian Portal note un certain frémissement dans ce domaine, encore bien timide, et il nous dit:

« Il existe sans doute des tendances diverses au sein de l 'OMS et si les médecines non conventionnelles ne sont pas valorisées, sauf pour la chiropractie, il en va un peu différemment des médecines traditionnelles. Cette institution est une organisation hétérogène par ses membres qui, s'ils sont imprégnés de culture médicale occidentale, ont reçu des formations très différentes. (. .. ) En outre, la vision à grande échelle des problèmes sanitaires conduit peut-être à des compromis idéologiques. En tout état de cause, il existe une attitude au sein de l'OMS qui plaide pour les médecines traditionnelles.

Il y a d'abord la raison de démographie médicale : les médecins occidentaux sont très peu nombreux dans les pays les plus pauvres, alors que les médecins traditionnels sont en nombre plus important. L'autre raison essentielle est économique. La médecine occidentale est coûteuse. Elle travaille difficilement sans examens qui sont à la fois inabordables et difficiles à mettre en oeuvre. De plus, une fois le diagnostic établi, la prescription des médicaments occidentaux, même génériques, est hors de portée d'une majorité des malades dans le monde. C'est pourquoi l'OMS a misé avec pragmatisme sur les médecines traditionnelles.
(...)


 Ainsi, le Congo, la Guinée, le Mali, le Rwanda, le Sénégal et le Togo ont participé, à Brazzaville, aux travaux du Bureau régional de l'OMS en Afrique, sur la place des médecines traditionnelles dans le développement des services de santé. Ils se sont finalement entendus pour réviser leur législation répressive issue du colonialisme. On trouve, dans le rapport de ces travaux, le passage suivant qui mérite d'être cité:

«Un consensus se dégage pour considérer la médecine traditionnelle dans son intégralité, avec ses composantes matérielles et ésotériques, qui situe l'homme malade dans sa globalité et dans son environnement...la médecine traditionnelle peut ainsi faire un apport primordial à la médecine moderne qui a tendance à ne plus considérer que la maladie, en faisant abstraction de l'homme qui souffre. (...) Malheureusement, derrière une évidente bonne volonté, il reste les habitudes fragmentaires de la médecine occidentale, qui ne reconnaît les plantes issues des pharmacopées traditionnelles qu'à travers le filtre de la pensée occidentale. Je rappelle ici que les produits des pharmacopées traditionnelles ne doivent être utilisés que dans le cadre de ces médecines et uniquement par des thérapeutes formés. »

Christian Portal met ici le doigt sur l'un des aspects les plus délicats de la remise en honneur des médecines traditionnelles par le corps médical occidental. La bonne volonté ne suffit pas, car les médecins occidentaux n'ont absolument pas la formation nécessaire à une utilisation correcte de la phytothérapie des pays tiers. Et ils sont si imprégnés du sentiment de supériorité conféré par leurs diplômes de faculté qu'ils se jugent « innocemment » capables de pratiquer toutes les thérapies. On a déjà vu cela avec des médecins allopathes se mettant soudain à pratiquer l'homéopathie sans avoir la formation ni l'expérience nécessaires et qui, de ce fait, ne peuvent obtenir les résultats escomptés, ce qui les conduit souvent à revenir au mépris de l'homéopathie alors qu'ils n'y ont rien compris.

Et le même phénomène risque de se reproduire avec les médecines traditionnelles. L'immense mérite d' Yvette Parès est d'avoir su faire preuve de l' humilité nécessaire pour redevenir une élève et se plier à une formation de quinze années sous l'autorité d'un maître guérisseur africain n'ayant aucun des diplômes qu'elle possédait elle-même. Combien de médecins européens ou américains seraient-ils capables d'une telle abnégation? Et combien de médecins africains formatés dans nos facultés seront capables d'admettre que l'enseignement qu' ils ont assimilé avec tant d'efforts n'a pas la valeur du savoir transmis par leurs propres ancêtres et qu'ils ont négligé pour être « modernes » ? Ce sont des déracinés culturels qui devraient s'astreindre à une remise en cause déchirante exigeant un véritable héroïsme.

Or, si des médecins occidentaux ou occidentalisés soudain « touchés par la grâce » veulent sincèrement utiliser les pharmacopées traditionnelles sans avoir fait les études indispensables et difficiles qu'elles exigent, ils risquent fort d'aboutir à des catastrophes. Christian Portal, qui est un grand connaisseur de la médecine chinoise, cite à ce propos les accidents survenus avec des traitements effectués en Occident avec des plantes de la pharmacopée chinoise, qui est enracinée dans une philosophie «holistique» millénaire dont le langage même est imperméable au raisonnement occidental, et il nous explique :

«Ainsi, quand l'OMS dit: "Malheureusement, la mauvaise utilisation de certains remèdes à base de plantes médicinales peut avoir des effets nocifs et même, dans certains cas, entraîner la mort. En Chine, la plante dénommée Mahuang (!'éphédra) est traditionnellement utilisée pour soigner la congestion des voies respiratoires", le rédacteur de ce texte se trompe en simplifiant et en occidentalisant la démarche chinoise. Par exemple, voici ce que dit le document édité par ChuZhen (école de médecine traditionnelle chinoise) : Mahuang, ayant pour actions de réchauffer et d'évacuer le vent froid, peut être utilisé en association avec d' autres produits pour traiter les douleurs du syndrome d'obstruction due au vent et à l'humidité, les démangeaisons des syndromes éruptifs, les abcès profonds yin, les nodules sous-cutanés. »

Le langage propre à la médecine chinoise implique que la définition des syndromes pathologiques soit différente de la nôtre, ce qui occasionne des difficultés de communication. Or, quand on veut comprendre un peuple ou une culture, le minimum est d'apprendre sa langue. Il est impossible de comprendre les actions des remèdes en médecine chinoise en se contentant de les convertir dans notre langage. »

Il est évident que si vous parlez à un professeur de faculté de médecine de Paris, de Londres ou de New-York d' « évacuer le vent froid » du corps d'un malade, il y a les plus fortes chances qu'il utilise le fameux geste d'Obélix (toc toc toc sur la tempe) en s'écriant: «Ils sont fous ces Chinois ! ».Or, bien loin d'être fous, ces Chinois utilisent le langage symbolique et métaphorique correspondant à leur culture ancestrale et qui est pour eux d'une parfaite clarté. De même qu'ils savent rattacher au yin et au yang, c'est-à-dire aux deux grands principes de l'équilibre universel et sexuel toutes les manifestations physiques et psychiques qui assurent notre santé, ou qui, au contraire, nous précipitent dans la maladie lorsque cet équilibre est rompu, corrompu ou perturbé.

En fait, la médecine occidentale est totalement incapable d'intégrer la dimension spirituelle des êtres humains pas plus que la conception d'un équilibre interne psycho-physique qui conditionne notre harmonie organique. Complètement paralysée par une vision matérialiste et mécaniciste de tous les phénomènes, elle ignore tout bonnement ce qu'est la vie et ne voit dans un être vivant, homme, animal ou plante, guère plus qu'une sorte de « robot pensant ». Et encore, je doute que les médecins, comme la plupart des humains d'ailleurs, imaginent qu'un arbre ou une plante puissent « penser », ce qui est pourtant une évidence pour quiconque a compris ce qu'est la vie. (Il faut lire à ce sujet le merveilleux ouvrage de Maurice Maeterlinck ''L'intelligence des fleurs''). Car tous les vivants sont composés de cellules, qu'elles soient animales ou végétales, qui sont elles-mêmes des êtres vivants, pensants et autonomes.

Les anciens peuples européens, les Celtes, les Grecs, les Etrusques, les Latins, les Ligures, les Scythes, les Goths, les Slaves savaient tout aussi bien que les peuples des autres continents que toute la nature est parcourue d'esprits, que les êtres de toute espèce vivent en constante osmose et que rien ne peut être dissocié et corrompu sans que cette corruption s'étende et se diffuse de proche en proche jusqu'à la mise en danger de la biosphère terrestre. Le drame de la civilisation occidentale, c'est que toute cette authentique spiritualité païenne, écologiste et panthéiste des premiers Européens, dont les druides gaulois et les philosophes grecs établirent les expressions les plus achevées, fut détruite par l'impérialisme romain, puis par le monothéisme judéo-chrétien.

De ce fait, l'intelligence européenne fut coupée des réalités naturelles et fut rejetée vers la seule activité matérielle et physique, dans laquelle elle sut devenir, certes, efficace et brillante, au point de prendre la tête de la civilisation planétaire, mais dans une tragique fuite en avant autodestructrice qui nous a menés au bord de l'abîme. Et notre médecine, emportée dans ce tourbillon matérialiste et réducteur, incapable de comprendre les subtiles harmonies qui composent la personnalité humaine et obnubilée par les causes externes est devenue l'esclave de la chimie. C'est évidemment Louis Pasteur qui a orienté toute la médecine occidentale vers cette impasse, mais lui-même n'était que le fruit de toute une tradition religieuse déspiritualisée. A ce sujet, le témoignage de Christian Portal est des plus pertinents :

« De par ma formation en médecine traditionnelle chinoise, j'avais appris et intégré que l'essentiel des maladies était d'origine interne, alors cette vision d'une irresponsabilité personnelle au profit d'une responsabilité externe n'était pas pour me satisfaire. La médecine chinoise considère que l'origine interne des maladies est surtout liée au mode de vie et plus rarement à ce qu'elle appelle le « ciel antérieur », c'est-à-dire des questions génétiques. »


Les Chinois rejoignent en cela la sentence du poète grec Ménandre que j'ai déjà citée: «Tout ce qui meurt meurt de sa propre corruption... » Convaincu moi-même de ceci avant de l'avoir lu, je me suis toujours attaché à écouter mon corps et à bannir toute corruption interne, ce qui explique sans doute que je n'aie pas eu à consulter de médecin depuis 57 ans. Et Christian Portal poursuit son analyse :

« D'une part, on remarque une externalisation des causes morbides qui montre une poursuite des visions issues du pasteurisme- l'homme est bon par sa nature divine, la maladie est d'origine diabolique - telles qu'on les retrouve chez Belpomme. Cette proximité n'est pas étonnante chez un médecin formé à l'école de Pasteur. Cette vision pose un problème de stérilité idéologique par son incapacité à reconnaître d'autres causes que celles d'origine externe (virus, bactérie, pollution, etc.). À examiner la faute en dehors de soi-même, il n'y a aucune remise en cause personnelle. Cela a également l'inconvénient d'appauvrir les pistes de recherche. »

Est-il besoin de préciser que ce rejet de toute responsabilité personne11e a été largement conforté par la création de la Sécurité sociale qui, en venant ajouter l'irresponsabilité financière à 1' irresponsabilité morale, a exonéré le citoyen de toute remise en question de son mode de vie. Si le microbe et le tuyau d'échappement sont responsables de tout, il est normal que la collectivité paie pour la « malchance » de celui qui a « attrapé du mal »et qui, proclame-t-on, n'y est pour rien. Cette conception erronée de la santé et de la maladie conduit l'humanité à la déchéance. Il est plus que temps de replacer l'être humain au coeur des processus de sélection naturelle qui donnent à chaque vivant la pleine et entière responsabilité de ce qu' il est et de ce qu'il devient.

Il est plus que temps de comprendre que l'individu n'est pas une sorte d'ilôt battu par les tempêtes et bardé de contrats d'assurance, mais bien une parcelle inséparable de toutes les forces de vie et de tous les courants d'esprit qui sillonnent cette planète et au milieu desquels il doit assumer son destin. Le mérite particulier des médecines traditionnelles, qui autrefois existaient aussi chez nous Occidentaux, et qui furent discréditées par l'Université à la suite d'une confusion étymologique dont elle abusa cyniquement, transformant en « remèdes de bonne femme » ce qui était en réalité des « remèdes de bonne fame », c'est-à-dire de bonne renommée (le vieux françaisfame nous ayant laissé le motfameux, au sens premier de« célèbre».)

N'oublions pas non plus le rôle destructeur de l'inquisition catholique, qui, dans toute l'Europe, dressa des bûchers où l'on fit périr dans les flammes sous l'appellation de« sorcières» des milliers de guérisseuses traditionnelles et d'expertes rurales en tisanes et en onguents souverains. C'est ainsi que la religion catholique fit table rase de la phytothérapie populaire ainsi que de la spiritualité païenne et prépara le terrain à la religion médicaliste et matérialiste moderne qui est sa digne héritière. Le Dr Yvette Parès est cependant très croyante. Mais qu'entend-on exactement par là? Sans doute est-elle une croyante peu conventionnelle, puisqu'elle s'est si bien rapprochée des animistes africains, dont on sait qu'ils attribuent une« âme» à tous les phénomènes naturels (donc aux animaux et aux plantes).

Car les animistes sont en fait beaucoup plus proches du polythéisme que du monothéisme. Néanmoins, la revue DolentiumHominum, publiée par le Vatican, ouvrit largement ses colonnes à Yvette Parès en 1992. Cette Catalane au caractère bien trempé reçut également l' appui des catholiques de sa région d'origine et, le 15 janvier 1993, La Croix du Midi, dans son édition «Actualités des Pyrénées-Orientales», publiait un grand article en son honneur sous le titre : « Pourquoi ne pas essayer ? », résumant ainsi son combat :

« Un médecin catalan en poste au Sénégal affirme que les plantes et les secrets de la médecine traditionnelle peuvent guérir le sida. Elle dit pouvoir en apporter la preuve, mais ses affirmations dérangent le milieu médical et personne ne veut écouter le docteur Yvette Parès. » Et la journaliste, Véronique Parayre, termine ainsi son article : « En attendant, la médecine piétine, le vaccin tarde à venir et l'on écoute chaque semaine, impuissants, les chiffres alarmants de la progression du sida, fléau mondial. Pourquoi, mais pourquoi donc ne pas écouter et mettre à l'épreuve les affirmations du docteur Parès ? »

La réponse à cette question, tous mes lecteurs la connaissent : le corps médical, pour sa plus grande part, n'est qu'une caste sacerdotale attachée à ses dogmes, à ses rituels et à ses privilèges et qui ne se soucie pas plus de la santé des corps que les inquisiteurs médiévaux ne se souciaient de la santé des âmes. Nul doute que les cardinaux du caducée ne se priveraient pas, si c'était encore à la mode, de jeter Yvette Parès sur un bûcher, convaincue d'hérésie. A ce jour, et tandis que la pompe à fric de Sidaction continue d'arroser de millions d'euros des chercheurs qui ne trouvent rien, Yvette Parès a bien gagné son brevet de « savante maudite ». Mon lecteur Jacques Barascud, à qui je dois d' avoir attiré mon attention sur les travaux de cette femme exceptionnelle, m'écrivait le 13 décembre 2007 :

« Madame Parès, rigoureuse scientifique, était sûre de la pertinence de ses découvertes et de la richesse thérapeutique de la flore africaine. A plusieurs reprises, elle m'a exprimé son amertume face aux diverses résistances rencontrées autour d'elle de la part du monde hospitalo-universitaire, mais cela, je pense, ne vous surprendra pas. Je me souviens qu'elle m'avait dit aussi qu'une équipe de chercheurs de Barcelone, sans concertation avec elle, était parvenue à des résultats thérapeutiques similaires aux siens pour le traitement du sida, avec les mêmes plantes. »

Je suis sûr que cette catholique est avant tout une authentique spiritualiste, et c'est ce qui lui a permis de comprendre si bien la démarche des tradithérapeutes et de s'y adapter. Bien peu de croyants sont de vrais spiritualistes, quoi qu'ils imaginent ou prétendent, alors que je suis moi-même un spiritualiste athée, ce qui ébahit les dévots. Yvette Parès a compris que l'individu- n'était pas séparable de la nature et de tous les êtres qui l'entourent et que sa santé dépendait du rétablissement de toutes ses connexions avec l'environnement et le milieu ambiant. Quand tous les médecins occidentaux et leurs patients auront compris cela, on pourra peut-être espérer que les maladies reculent enfin pour de bon. Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais Yvette Pérès a ouvert la voie. Nous devons tous lui en être reconnaissants.

Vers une révolution thérapeutique

Il est des situations qui semblent bien établies et qui soudain vacillent et finissent par s'effondrer. Un tel scénario se dessine pour la médecine occidentale héritée du XXe siècle et qui, persuadée de sa supériorité, avait imposé sa tutelle mondiale. Malgré de vastes connaissances acquises dans les sciences fondamentales, la précision de ses diagnostics, les prouesses chirurgicales, les techniques de pointe, un talon d'Achille caché sous un masque de puissance la fragilisait : la thérapeutique. Les esprits les plus pénétrants ne l'avaient pas soupçonné tant était grandes la quiétude et la foi placées dans la science. Les remèdes chimiques constituaient la pointe du progrès, les savoirs ancestraux, les médecines traditionnelles ne recevaient que rejet et mépris.

En ce début du XXIe siècle surgit le temps des bouleversements, des désillusions. Aux faiblesses et méfaits déjà connus et qui s'amplifient - antibiothérapie en déclin, germes résistants, maladies nosocomiales, tuberculoses hypersésistantes, maladies iatrogènes - vient s'ajouter un nouveau péril qui suscite stupeur et effroi. Il s'agit de la pollution médicamenteuse de l'eau jusqu'aux nappes souterraines. Les répertoires des médicaments, tel le Vidal en France, seront les témoins, pour les générations futures, des égarements et erreurs d'une époque qui avait semblé glorieuse. Un contexte aussi préoccupant ne peut s'éterniser.


On ne peut continuer à corrompre l'eau jusque dans ses réserves. Que subsistera-t-il alors de l'édifice thérapeutique établi au XXe siècle sur le « tout-chimie » ? Sans un sursaut pris à temps, vide et impuissance vont poindre à l'horizon. La pollution médicamenteuse apparaît comme un véritable séisme qui secoue jusqu'à ses fondements la médecine scientifique dite « moderne », totalement dépendante pour sa thérapeutique des synthèses réalisées par les laboratoires pharmaceutiques. Alors qu'elle croyait en sa pérennité, la situation actuelle va nécessairement imposer un renouvellement total des conceptions, une révolution dans les moyens de soigner, soulager et guérir. Ces constations doivent rapidement se frayer un chemin afin de préparer les esprits aux démarches qui s'imposeront inéluctablement dans un futur plus ou moins proche.

Abordons ces démarches :

-Le retour à la nature, pharmacie géante pourvue de toutes les possibilités.

-L'exploration des savoirs anciens conservés dans les ouvrages et documents du passé. Mais, fait regrettable, nous n'avons plus de maîtres comparables à ceux des médecines traditionnelles pour nous enseigner le savoir, le savoir-faire ni la conduites des traitements pour les maladies des plus bénignes aux plus graves. Le travail n'en sera que plus ardu mais il ne doit pas nous décourager. Médecins et pharmaciens, parmi les plus talentueux, faciliteront sans doute la réactualisation et l'élargissement des ressources thérapeutiques puisées dans les flores médicinales européennes.

-Les modifications profondes dans la formation universitaire dispensée aux étudiants en médecine et en pharmacie.

-De plus seraient à prévoir des sorties sur le terrain afin de connaître les plantes médicinales dans leur habitat et de retrouver le contact avec les énergies qui traversent la nature. En même temps seraient réappris silence, concentration, calme intérieur qui permettraient ultérieurement une meilleure écoute des patients.

-L'intensification des cultures « bio » des plantes médicinales, herbacées, arbustes et arbres, y compris les vignobles.

-L'augmentation du nombre des préparateurs en pharmacie compétents pour les actes galéniques.

-La remise à l'honneur, en France, du diplôme d'herboriste qui reconnaît ces auxiliaires utiles de la santé, les autres pays européens étant déjà organisés dans ce domaine.

-L'augmentation du nombre des laboratoires spécialisés dans les remèdes phytothérapeutiiques.

-L'élaboration de lois éclairées facilitant l'exercice des médecins et pharmaciens, et adaptées à la thérapeutique du futur où rigueur et simplicité iraient souvent de pair.

-La création d'une nouvelle Organisation Mondiale de la Santé (OMS) regroupant l'ensemble des médecines de la planète, dont chacune détient une part du vaste patrimoine thérapeutique de l'humanité.

En conclusion, la médecine occidentale doit redevenir ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : une médecine « verte » reliée aux forces de vie de la nature, non asservie aux puissances matérielles, entièrement libre, laissant aux praticiens toutes leurs prérogatives, leur initiative imprégnée de sagesse, efficace et sans danger de pollution, dans un grand respect de l'Univers. Ces conditions réunies, l'avenir verrait sans doute se détacher, comme par le passé, des noms célèbres qui traverseraient les siècles.

Pollution médicamenteuse : une vision élargie

On a pris récemment conscience de la pollution de l'environnement et de l'eau par les médicaments chimiques de la médecine officielle. Mais on oublie qu'il existe la médecine vétérinaire qui, elle aussi, utilise les molécules de synthèse de l'industrie pharmaceutique. Comment mettre fin à une telle situation qui conduit au désastre ?

Pour la médecine animale, deux cas sont à considérer :

• Le premier concerne les soins apportés aux troupeaux des fermes et aux animaux de compagnie. Il est bien de leur venir en aide lorsque la maladie les frappe. Mais si la fin se justifie pleinement, les moyens ne sont plus à recommander car ils contribuent pour leur part à la pollution de la planète. Si l'on imagine l'ampleur de la population animale ainsi traitée en Europe, le phénomène est loin d'être négligeable.

• Le second cas est beaucoup plus préoccupant car il résulte de ce qui peut être qualifié de « fausse médecine vétérinaire » et qui se pratique dans les élevages industriels où des conditions de vie indignes sont infligées aux animaux.

Qu'il s'agisse de bovidés, de porcins, de volailles, de poissons divers, le taux de pollution s'accroît dangereusement. Ces populations animales fragilisées reçoivent en quantité médicaments chimiques, antibiotiques... sans compter les vaccins qui leur sont imposés.

La contamination permanente des eaux douces ou marines

Lorsqu'il s'agit de populations terrestres, les eaux uséees vont polluer essentiellement les rivières, les cours d'eau et les fleuves, sans oublier la contamination par infiltration des nappes souterraines. La situation est différente lorsqu'il s'agit de l'aquaculture. Les océans connaissent alors une contamination permanente. Un fait concret permettra de comprendre la gravité du phénomène : dans un archipel du Chili, l'élevage des saumons, commencé au début des années 1980, comportait, en 2007, 550 fermes aquacoles.

Une ONG, inquiète des répercussions sur l'environnement, a pu démontrer que 385 tonnes d'antibiotiques avaient été utilisées cette même année, sans compter les médicaments chimiques venant en supplément. Ainsi, 385 000 kilos de molécules anti-infectieuses avaient transité dans ces élevages contre nature. Quelle quantité avait ensuite pollué les eaux de l'Océan Pacifique Sud ?

En 2007-2008, un virus responsable d'une grave anémie a décimé les saumons, les survivants ayant ensuite connu un triste sort. On envisage, comme seule réaction, d'implanter en d'autres lieux de nouvelles fermes aquacoles. L'élevage des saumons pratiqué en Norvège avait utilisé la même année environ 650 kilos d'antibiotiques. Quant aux élevages implantés au Canada, en Grande-Bretagne et en France, les chiffres ne sont pas connus. Mais la pollution ne s'en exerce pas moins, à des niveaux plus ou moins intenses, dans les mers du Nord et l'Océan Atlantique. Durant les vingt années écoulées où s'est pratiquée l'aquaculture, à quel niveau a pu s'élever le taux de pollution ? Quels méfaits en ont déjà résulté ?

Ce constat montre que toutes les eaux douces ou marines ont été contaminées par l'inconscience et l'avidité des hommes. Toutes les formes de vie aquatiques voient sans cesse se modifier leurs conditions d'existence. Combien de temps se perpétuera encore ce redoutable phénomène ? Ainsi la Terre, belle et précieuse, a été saccagée dans tous ses éléments par des hordes barbares ayant pour idole l'argent avec la puissance qu'il confère.


 Le remède est aussi dans l'âme des peuples

Comment mettre fin à une telle situation qui conduit au désastre ?

La première démarche serait le retour de la médecine vétérinaire vers les ressources qu'offrent les flores médicinales, la seconde serait de renoncer à ces élevages si pernicieux. Mais le remède est aussi dans l'âme des peuples qui devraient retrouver une vision noble de l'Univers ainsi qu'un sens élevé à donner à la vie, quel que soit le chemin qui le porte. Il y aurait aussi nécessité de revenir à une juste sobriété qui permettrait le bien-être des végétaux, des animaux et des humains. Où trouver des personnalités charismatiques qui mobiliseraient les consciences et déclencheraient les initiatives dont l'urgence ne fait que croître ? Cela avant que des cataclysmes destructeurs n'obligent ensuite à rebâtir sur des bases qui, pour l'instant, demeurent imprécises. L'humanité aura-t-elle la sagesse de réagir en un temps où tout n'est pas encore définitivement perdu, où l'espoir est encore permis ?

La médecine de demain

Dans ce dernier entretien, Yvette Parès nous donne sa vision de la médecine de demain : « retrouver la simplicité et la sagesse » résume sa pensée.

Résumé

Il faudrait revenir à une méthode plus simple pour traiter les patients et réserver les analyses aux cas graves, nous dit Yvette Parès : un bon examen clinique et une bonne écoute du patient suffisent souvent à faire un diagnostic et à choisir le traitement approprié. Aujourd'hui, on oublie trop souvent de dire aux étudiants en médecine d'écouter les malades. Ils n'ont pas de culture générale qui les ouvre sur d'autres dimensions que la science et la technique : les valeurs humaines. Les étudiants sont également complètement coupés de la nature : ils ne connaissent pas les plantes et n'ont pas de contact avec les forces de vie de la nature.

Les médicaments chimiques sont en sursis mais nous ne savons plus grand-chose sur les plantes. Il faudrait que les phytothérapeutes qualifiés créent des traitements en synthétisant les données du passé et en les adaptant au temps présent. Cette médecine serait beaucoup moins coûteuse, efficace et mettrait les patients en contact avec les forces de la nature. Dans la médecine africaine, la mort est considérée comme normale et non comme un échec de la médecine. Elle fait partie de la vie et on retrouve dans l'au-delà ceux qui nous ont précédés. En Occident, la mort est dramatisée car nous avons perdu le contact avec l'invisible.

La tâche est très ample et il faut la commencer sans tarder !

Écoutez l'entretien en cliquant ici

Initiation à la médecine africaine

Après avoir suivi un enseignement très exigeant, Yvette Parès fonde avec son Maître l'Hôpital de Keur Massar. Cette expérience lui fait découvrir l'extraordinaire somme des richesses thérapeutiques du Sénégal, qui ne sont pas figées. A la fois médecins et pharmaciens, les thérapeutes expérimentés savent prendre des initiatives pour proposer des solutions nouvelles et personnalisées à leurs patients.

Ecoutez l'enregistrement (23 mn) en cliquant ici

 "L'enseignement de Daddi Diallo a commencé. Nous sommes allés en brousse pour récolter des plantes. Quand nous en avons accumulé suffisamment, il m'a montré comment les utiliser. Les premiers médicaments prêts, nous avons loué des maisons dans les villages environnants pour recevoir les patients mais les populations locales nous ont rejetés. Nous avons trouvé une maison isolée près du village de Keur Massar, en pleine brousse, où nous ne dérangions personne. Ce fut le début de l'Hôpital de Keur Massar... Le centre de soins anti-lépreux a démarré et pris de l'ampleur : plus de 250 malades qu'il fallait nourrir, loger, soigner... Quatre autres thérapeutes nous ont rejoints.

Des patients venaient de tout le pays, pour d'autres maladies que la lèpre. J'ai pu constater le remarquable savoir thérapeutique des Maîtres : nous avions un spécialiste des hépatites, un autre en gynécologie... Certains traitements permettaient d'éviter des interventions chirurgicales. Le savoir médical en Afrique est secret et ne se donne pas à n'importe qui, il est transmis avec beaucoup de sagesse et de sévérité. Daddi Diallo m'a montré un autre façon de soigner, de regarder l'univers... une médecine qui réunit l'âme, le corps et l'esprit.

La thérapeutique africaine n'est pas figée : beaucoup d'initiatives sont possibles quand on a de l'expérience. Ces initiatives, nous les avons prises pour traiter les premiers malades du sida : nous avons mis au point des formules qui ont sauvé un certain nombre de personnes. Le thérapeute, avec son intelligence, est créatif devant des situations inédites. L'initiation à la médecine africaine est très exigeante. Le Maître vous soumet à de rudes épreuves. Le disciple n'a le droit de parler qu'après avoir atteint une certaine maturité, il doit respecter strictement le Maître et la nature.

Si on peut et veut être un thérapeute de haut niveau, il faut 15 ans d'enseignement du Maître. En Afrique, le thérapeute connaît toutes les plantes, les lieux où on les trouve, il est très bon pharmacien pour préparer une multitude de médicaments ; il doit savoir examiner les malades et faire des diagnostics. J'ai eu la chance d'avoir 5 Maîtres et de constater l'extraordinaire somme de richesses thérapeutiques du Sénégal. Certaines femmes aussi sont éminentes.

Il serait temps que l'Afrique se réveille !"

Le 28.08.09

Dr Yvette Parès
Professeur à l'Université de Dakar de 1960 à 1992
Dr ès-sciences
Dr en médecine
Directrice du centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992
Directrice de l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar (Sénégal) de 1980 à 2003

La santé mondiale entre racket et biens publics: partie VIII

22 février 2017

 "LA MOITIE DE LA LITTERATURE SCIENTIFIQUE SERAIT FAUSSE'' SELON LE REDACTEUR EN CHEF DE LA REVUE MEDICALE MONDIALE "THE LANCET"

Un aveu choquant de l'éditeur de The Lancet, la revue médicale la plus estimée au monde, a été pratiquement ignoré par la grande presse et les médias dominants. Le Dr Richard Horton, rédacteur en chef de The Lancet, a récemment fait une annonce disant qu'un nombre scandaleux de publications d'études sont au mieux, peu fiables, quand elles ne sont pas complètement mensongères, en plus de frauduleuses.

Horton a déclaré:

« Une grande partie de la littérature scientifique, sans doute la moitié, pourrait être tout simplement fausse. Affligée d'études avec des échantillons réduits, d'effets infimes, d'analyses préliminaires invalides, et de conflits d'intérêts flagrants, avec l'obsession de suivre les tendances d'importance douteuse à la mode, la science a pris le mauvais tournant vers les ténèbres. »

Faisant état des choses autrement, Horton dit carrément que les grandes compagnies pharmaceutiques falsifient ou truquent les tests sur la santé, la sécurité et l'efficacité de leurs divers médicaments, en prenant des échantillons trop petits pour être statistiquement significatifs, ou bien, pour les essais, embauchent des laboratoires ou des scientifiques ayant des conflits d'intérêt flagrants, ils doivent plaire à la compagnie pharmaceutique pour obtenir d'autres subventions. Au moins la moitié de tous ces tests ne valent rien ou sont pires, affirme-t-il. Les médicaments ayant un effet majeur sur la santé de millions de consommateurs, ce trucage équivaut à un manquement criminel et à de la malversation.

Ce dont parle Horton, le financement par l'industrie d'études thérapeutiques afin de mettre au point des médicaments ou des vaccins commerciaux, soi-disant pour aider les gens, sert à former le personnel médical, les étudiants en médecine et autres.

Horton a écrit ses commentaires choquants après avoir assisté à un symposium au Wellcome Trust de Londres, sur la reproductibilité et la fiabilité de la recherche biomédicale. Il a constaté la confidentialité, ou règles de « Chatham House », faisant que les participants ne doivent pas révéler les noms. « « Beaucoup de ce qui est publié est incorrect. » Je ne suis pas autorisé à dire qui a fait cette remarque car nous avons été invités à observer les règles de Chatham House. Il nous a aussi été demandé de ne prendre ni photos, ni diapositives. »

Autres voix

Le Dr Marcia Angell, un médecin, a longtemps été rédacteur en chef du New England Medical Journal, considéré comme l'une des autres revues médicales évaluées par les pairs les plus prestigieuses du monde. Angell a déclaré:

Il n'est tout simplement plus possible de croire une grande partie des publications de la recherche clinique, ni de compter sur le jugement des médecins expérimentés ou les directives médicales faisant autorité. Je ne prends aucun plaisir à formuler cette conclusion, à laquelle je suis parvenu lentement et à contrecœur lors de mes deux décennies passées au poste de rédacteur en chef du New England Journal of Medicine.


Harvey Marcovitch, qui a étudié et écrit sur la contrefaçon des tests médicaux et la publication dans les revues médicales, écrit, « les études montrant les résultats positifs d'un médicament ou d'un appareil analysé, sont plus susceptibles d'être publiées que les études « négatives » ; les éditeurs en sont en partie responsables, mais aussi les sponsors commerciaux, dont les études bien menées du point de vue méthodologique, mais dont les résultats sont défavorables, ont tendance à rester dans les cartons... »

Au Groupe de recherche sur la dynamique neuronale du Département des sciences ophtalmologiques et visuelles de l'université de British Columbia, le Dr Lucija Tomljenovic a obtenu des documents montrant que, « les fabricants de vaccins, les compagnies pharmaceutiques et les autorités sanitaires, connaissent les multiples dangers associés aux vaccins, mais ont choisi de les cacher au public. C'est de la tromperie scientifique, et leur complicité suggère que cette pratique continue encore aujourd'hui. »

Le Dr Horton de The Lancet conclut : « Ceux qui ont le pouvoir d'agir semblent penser que quelqu'un d'autre devrait le faire en premier. Et chaque action positive (par exemple, le financement de reproductions d'études bien pourvues) se voit opposer un argument (la science deviendra moins créative). La bonne nouvelle, c'est que la science commence à prendre très au sérieux certains de ses pires défauts. La mauvaise nouvelle, c'est que personne n'est prêt à prendre les premières mesures pour nettoyer le système. »

Dans le monde entier, la corruption de l'industrie médicale est un énorme problème, peut-être plus grave que la menace de toutes les guerres réunies.

Sommes-nous comme hypnotisés ?

Avons-nous une foi aveugle en l'infaillibilité de nos médecins simplement parce qu'ils ont une blouse blanche ?

Et, à leur tour, ont-ils une foi si aveugle envers les revues médicales pour recommander tout nouveau remède ou vaccin présenté prodigieux, qu'ils s'empressent de prescrire sans tenir compte de ces problèmes plus profonds ?

NEO, William F. Engdahl

Consultant en risque stratégique et conférencier, William F. Engdahl est titulaire d'un diplôme en politique de l'université de Princeton et auteur de best-sellers sur le pétrole et la géopolitique. Article écrit à l'origine pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Sources Blog:

Original : journal-neo.org/2015/06/18/shocking-report-from-medical-insiders/

Traduction Petrus Lombard pour Réseau International

EDITORS-IN-CHIEF OF MOST RESPECTED MEDICAL JOURNALS: CANNOT RELY ON PUBLISHED RESEARCH, OR DOCTORS

Dr. Mercola Interviews Dr. Tomljenovic (Full Interview):

 


Audrey. B pour le BLOG: " MALADIES EMERGENTES ET METAUX LOURDS"

Notre Groupe Facebook d'Aide et d'Information pour les victimes de l'intoxication aux métaux lourds:
" MALADIES EMERGENTES ET METAUX LOURDS"

Posté par FIBRO METAUX à 10:44 - VACCINS CONFLITS D'INTERETS -

Tags : corruption médicale, Dr Lucija Tomljenovic dangers vaccins, Dr Richard Horton "The Lancet"

Clinique Per-ANKH en Imhotep (''Maison de Vie d'Imhotep'')

 

''La science de demain rejoindra la Tradition des initiés de l'Antiquité." (Dorothée Koechlin de Bizemont. ''Édgar Cayce: guérir par la musique''. Édition du Rocher, Paris, 1989, p.38)

 ''Dans le Traitement des maladies, nos Ancêtres savaient exactement que tout mal a sa plante, son minéral et son animal antidote''. (Sira-Missa Doumbia).

C'est désormais chose faite. Nous avons lancé officiellement les activités de la Clinique Per-ANKH en Imhotep (''Maison de Vie d'Imhotep''), située au Cameroun dans la Région de l'Ouest (Bafoussam) au lieu dit "entrée École Normale".

Le tourisme médical est l'un de nos atouts. Nous invitons toutes les personnes désireuses de bénéficier des soins incluant une Harmonie entre le Corps et de l'Esprit y compris une alimentation dynamisée, à nous contacter le plus rapidement possible.

Clinique Per-ANKH en Imhotep:



 BON À SAVOIR

''Baguettes d'Horus'' et ''Ceintures électromagnétiques''

 Nous invitons le public à se procurer:

une paire de "Baguette d'Horus"


avec la "Ceinture électromagnétique"

 


Ces deux merveilles de la médecine de la période pharaonique sont d'une importance capitale pour recharger les 7 "pôles énergétiques" de l'organisme ce qui permet de renforcer le KA vital et le système immunitaire; la prévention et la prise en charge des maladies cancéreuses; la prise en charge des maladies immunodépressives et les maladies neuro-dégénératives (maladie d'Alzheimer, maladie de Parkinson, etc.).

Pour se procurer ces deux piliers de la médecine de la période pharaonique (médecine énergétique ou médecine quantique), bien vouloir contactez:

Clinique Per-ANKH en Imhotep
courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Téléphone:(+237)651 53 34 50 Mobile/(+237)233 44 55 48 Fixe
BP. 300 Bafoussam-Cameroun


 LE SAVIEZ-VOUS?

Hydrotomie percutanée à l'eau de mer

La Clinique Per-ANKH en Imhotep (''Maison de Vie d'Imhotep'') pratique l'Hydrotomie percutanée à l'eau de mer. Cet autre aspect du génie médical négro-égypto-nubien est une véritable révolution pour la prise en charge des arthroses évoluées; des douleurs dorso-lombaires chroniques; la hernie discale inopérable; le zona; les migraines et la fibromyalgie. Les malades diabétiques(type 1 ou type 2) peuvent également se soigner naturellement à base de plantes médicinales qui ont été soumises au processus des essais cliniques avant la mise sur le marché.


 Électro-magnétoculture aux biofertilisants

 

La CLINIQUE PER-ANKH EN IMHOTEP (''Maison de Vie d'Imhotep'') met également l'accent sur l'électro-magnétoculture qui consiste à l'utilisation des collecteurs d'Ondes électromagnétiques pour dynamiser (vitaliser) les aliments (radiation des aliments) avec les biofertilisants. La Renaissance alimentaire est le primum movens de la Renaissance médicale (médecine préventive):

 "Que ton aliment soit ton seul médicament."(Hippocrate de Cos)

''Quand l'alimentation est mauvaise, les médicaments ne servent à rien. Quand l'alimentation est correcte, il n'y a plus besoin des médicaments.'' (Proverbe Ayurvédique)

La Clinique Per-ANKH en Imhotep (''Maison de Vie d'Imhotep'') est située au lieu dit "entrée École Normale" dans la Région de l'Ouest (Bafoussam) au Kamerun. Son plateau technique exceptionnel, les molécules naturelles et la formation pluridisciplinaire de son personnel fait de LUI le pilier de la RENAISSANCE MÉDICALE (la médecine retrouvée) au Kamerun en particulier et à KaMa (Afrique) en général.

Ankh (Vie), Seneb (Santé), Oudjat (Force)!

Imhotep

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