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La Théorie sociale noire du Dr Bobby Wright et la Théorie de la Confrontation des couleurs du Dr Frances Cress Welsing

Partie I:
La Théorie sociale noire du Dr Bobby Wright

Dr Bobby E. Wright. ''La personnalité raciale du psychopathe et autres essais''. Traduction de Etombè et Iterou Ogowè, éditeur Afrocentricity International (1 janvier 2014), 47 pages

Description du produit

Quatrième de Couverture: Boby Eugene Wright (1934-1982) était un psychologue noir. Il fut enseignant, psychologue scolaire, directeur d'un centre de santé mentale, chercheur, consultant, ainsi qu'expert en informatique. Son travail visait à libérer le peuple noir de son asservissement psychologique. Ainsi, pour lui, la santé mentale de notre peuple résidait dans sa capacité à être enfin lui-même, se soustrayant par là-même aux politiques génocidaires, mises en place par les autorités œuvrant pour la suprématie blanche. Au moment de sa mort, en 1982, Bobby E. Wright dirigeait le Centre Communautaire pour la Santé Mentale du parc de Garfield, à Chicago, centre qui porte aujourd'hui son nom.

« Nous devons œuvrer pour la libération des esprits des enfants noirs. Afin que cet événement se produise, les esprits de tous les Noirs qui sont en relation avec eux doivent aussi être libérés. Il n'y a pas d'autre solution. Il est relativement aisé d'éduquer les enfants noirs à propos de leur africanité.»

Voici précisément ce qu'il dit à la page 47 du livre:

« Ces Noirs qui se battent furieusement pour s'extraire de la race africaine par la voie de l'intégration et de l'assimilation rencontreront toujours l'opposition PERPÉTUELLE et UNIVERSELLE des blancs. L'ardeur du Noir à vouloir être avec les blancs dans toutes les situations est égalée par la détermination de ces derniers à empêcher cet état de fait.» 

NB: Livre en vente (12 euros) chez Soul Brother, au 4 rue des Prêcheurs, Métro Chatelet les Halles, Paris.


 Écrit par Iterou Ogowè

Eugène Wright (1934-1982) était un psychologue noir. Il fut enseignant, psychologue scolaire et directeur d'un centre de santé mentale à Chicago (Etats-Unis), chercheur, consultant, ainsi qu'expert en informatique. Son travail, comme celui de Frances Cress Welsing, qui est partie rejoindre les ancêtres il y a quelques jours, visait à libérer le peuple noir de son asservissement psychologique. Rencontre avec la secrétaire générale d'Afrocentricity International France, Etombè, qui est aussi la co-traductrice de cet ouvrage.

Iterou Ogowè : Le titre de ce livre "La personnalité raciale du psychopathe" est assez inhabituel... Bobby Wright était un psychologue africain américain. Quel est le propos de ce livre ?

Secrétaire Général Etombè : Ce livre est une analyse profonde faite par le psychologue Bobby E. Wright sur la psyché de l'homme blanc et ses rapports avec l'homme noir. En effet B.E.R. nous expose l'ensemble des attitudes et comportements conscients ou inconscients de la personnalité de l'homme occidental face à l'homme kamit. Cela se traduit par un comportement agressif, criminel, mêlé d'un sentiment de supériorité c'est-à-dire qu'il a tous les droits y compris celui de nous éduquer, de nous contrôler mentalement, physiquement, sur le plan économique et dans l'éducation de nos enfants. Ainsi l'auteur nous donne les clés et des pistes de réflexion pour une meilleure compréhension du phénomène du racisme et de l'influence de ce fléau sur le comportement de la communauté kamite. Ceci pour mieux cerner la mentalité de l'Européen afin de mieux nous protéger.

L'histoire ancienne et récente de l'humanité regorge de documents, de preuves et de récits qui attestent de la cruauté et du caractère prédateur de la civilisation occidentale dans ses interactions avec les peuples autochtones et précisément avec les Africains. L'esclavage et la colonisation sont une page effroyable de notre histoire commune qui nous rappelle inexorablement toute l'horreur et la barbarie organisées par l'Occident avec Kamita comme « terrain de jeu ».

Le « Menticide » est un terme inventé par l'auteur pour définir la destruction délibérée et systématique de l'esprit d'une communauté et en l'occurrence, du peuple kamit via une propagande bien orchestrée pour au final, programmer un génocide physique.

Voilà en quelques mots ce que Bobby Wright nous apprend dans son essai.

I.O : Les personnes qui se définissent comme "blanches" sont donc considérées par le Dr Wright, comme des psychopathes dans leur rapport avec les personnes d'ascendance africaine... Est-ce que ce constat n'est pas un peu trop caricatural?

S.G. Etombè : Selon le Dr Wright, le psychopathe est une personne atteinte de psychopathie, une maladie mentale. « L'individu est constamment en conflit avec les autres personnes ou avec les autres groupes. Il est incapable de faire l'expérience du sentiment de culpabilité ; il est complètement égoïste, insensible et cruel, tout en affichant une totale indifférence aux droits des autres » (p.6).

Cette citation illustre bien l'attitude de l'homme occidental dans l'histoire humaine depuis les temps anciens, jusqu'à nos jours. Nous avons l'exemple récent de la Côte d'Ivoire. Le monde entier a assisté au lynchage et à l'arrestation du Président ivoirien Laurent Gbagbo, avec l'aide de l'armée française, alors qu'il avait été élu démocratiquement par son peuple. Dans ce cas précis, une telle action signifie purement et simplement que les Kamits n'ont même pas le droit de choisir leurs présidents.

Etombè, traductrice et secrétaire générale d'Afrocentricity International France

Par ailleurs le comportement psychopathe se traduit aussi par le fait que l'homme blanc se sert des connaissances « scientifiques » comme de barrières pour justifier ses actes et pour se protéger. N'oublions pas de souligner ici que le psychopathe opère à l'intérieur d'un système de domination érigé en modèle universel, protégé par des lois structurées et établies minutieusement. On le voit clairement de nos jours à travers cet Occident qui est devenu le gendarme du monde. Nous nous laissons berner par tous ces concepts scientifiques tels que la démocratie, le progrès, le marxisme, le socialisme pour ne citer que ceux-là.

Ne nous méprenons pas, ce n'est qu'une façade, un piège dans lequel nous nous laissons prendre, éblouis que nous sommes et inconscients, car nous évoluons sans le réaliser pour la plupart d'entre nous, dans un espace que nous ne maîtrisons toujours pas depuis bien trop longtemps. Bobby Wright nous apprend aussi que les Noirs font fausse route lorsqu'ils commencent à expliquer ou à essayer de comprendre le comportement des Noirs en utilisant des définitions ou des explications fondées sur une vision du monde blanche.

C'est dans cette même dynamique que le psychopathe parlera par exemple du libre arbitre, en ce sens que les gens ont toujours le choix. Mais le fait est que ce libre arbitre peut-être dangereux pour le kamit, car dans bien des cas, il finit par aboutir à des comportements négatifs et individualistes. Ceci pour dire que Bobby Wright n'exagère pas en parlant de psychopathe dans ce cas précis

I.O : Si les Européens sont vraiment des psychopathes dans leur rapport avec nous, il faut s'inquiéter sur notre propre santé mentale, puisque nous sommes éduqués par eux depuis plusieurs générations...

S.G. Etombè : « Seul un fou laisserait son enfant se faire éduquer par son ennemi ». Je cite notre ancêtre Malcolm X. Et c'est malheureusement ce qui s'est produit sur plusieurs générations jusqu'à ce jour. Le Dr Molefi Kete Asante lors d'une conférence internationale tenue en Malaisie en 2011 sur le thème « Decolonising Universities », Décoloniser les universités, avait souligné le constat selon lequel, en Afrique, il n'existe pas d'université africaine, il n'y a que des répliques d'universités occidentales.

 L'enseignement qui est dispensé dans ces universités est un endoctrinement qui sert à glorifier l'histoire et la pensée européenne et à faire la promotion de la suprématie blanche, au détriment de l'histoire et des valeurs kamites. Bobby Wright nous l'explique bien dans un passage de son essai lorsqu'il nous met en garde sur le fait que « Les Noirs continuent d'ignorer la vérité irréfutable qui révèle que dans un système social raciste, toutes les institutions refléteront, protégeront et soutiendront les valeurs intrinsèques au racisme. » (p.42)


Comment pouvons-nous espérer avoir une éducation saine dans un système éducatif qui ne valorise pas notre culture, notre histoire et en définitive l'estime de soi ? Une telle situation entraîne indéniablement une perte de repères et des comportements étranges de la part de nos frères et sœurs. Effectivement, nous devons sérieusement nous inquiéter pour notre santé mentale.

I.O : Sœur Etombè, malgré tout cela, demeurez-vous optimiste pour l'avenir de notre communauté et celui de nos enfants ?

S.G. Etombè : Nous devons être optimistes malgré tout, pour les générations futures, pour notre autodétermination et pour la libération totale de nos esprits, en donnant l'exemple et en faisant preuve de créativité dans nos engagements car nos enfants nous observent. Ils pourront ainsi prendre le relais tout naturellement. Je n'ai pas été éduquée dans un environnement propice au militantisme. Je me suis engagée par la force des choses car j'ai fait des rencontres qui m'ont fait prendre conscience de la situation de notre communauté partout dans le monde. Cette conscience à pris forme progressivement, au fil du temps pour devenir un engagement et une détermination sans équivoque.

I.O. : Le Homeschooling aux Etats-Unis est à la fois un symptôme et une solution. Pouvez-vous nous dire quelques mots à ce sujet ?

S.G. Etombè : Le terme Homeschooling signifie l'école à la maison, c'est lorsque les parents se chargent de l'enseignement de leurs enfants à domicile. Ce phénomène a vu le jour dans un premier temps, dans la communauté blanche américaine durant la période de ségrégation aux Etats-Unis en 1954, lorsqu'une bonne partie de la communauté blanche partait vivre dans le sud des Etats-Unis car cette dernière ne souhaitait pas que ses enfants fréquentent les mêmes écoles que des enfants noirs.

Elle avait bien d'autres raisons mais c'était l'une des raisons principales. Parallèlement un grand nombre de professeurs noirs furent licenciés car certaines familles blanches ne souhaitaient pas que leurs enfants soient enseignés par des professeurs noirs. Par ailleurs les familles blanches contestaient les diplômes et les compétences des professeurs noirs. Finalement, le système éducatif américain s'est ainsi retrouvé avec 85% des professeurs blancs parmi lesquels certains, si ce n'est une bonne partie de ces professeurs pouvaient avoir des attitudes et des stéréotypes racistes dans les salles de classe.

D'autre part, la norme c'était le blanc et ce n'était pas négociable au risque de passer pour un élève ou un étudiant qui a un problème. Ainsi le racisme des professeurs blancs est l'une des raisons pour lesquelles les Noirs ont fait le choix du homeschooling. Il y avait bien sûr le problème des classes pléthoriques, des professeurs sous qualifiés et du faible niveau de formation universitaire, de l'insécurité, etc...

Nous devons faire une distinction entre l'éducation d'un enfant et sa scolarisation (formation) en ce sens que l'éducation permet la transmission des valeurs sociales et culturelles pour le développement et l'épanouissement de l'enfant. A l'inverse, la scolarisation c'est la transmission des valeurs pour renforcer le status quo, elle opère comme un mécanisme, un instrument de contrôle social (Dr Ama Mazama). Le Dr Ama Mazama nous l'explique bien lors d'une présentation faite au MKA Institute « l'Institut Molefi Kete Asante » aux Etats-Unis, « Homeschooling as a viable option for African American children ». (L'école à la maison une véritable alternative pour les enfants africains américains). Ainsi, l'enfant blanc sera « éduqué» et l'enfant noir sera « dressé», endoctriné, pour paraphraser l'auteur.

Si effectivement nous voulons sauver nos enfants de cet endoctrinement programmé par un enseignement qui les détruit mentalement, le Homeschooling peut être une alternative qui permettra de rectifier le tir. Actuellement, de plus en plus de parents américains choisissent cette option. En France, le mouvement n'est pas encore très connu mais la communauté kamite commence à y réfléchir sérieusement. Il faut se donner les moyens et avoir les outils nécessaires pour réaliser une telle institution. L'idée va certainement faire son chemin.

I.O. : En quoi l'œuvre de Bobby Wright a t'elle était révolutionnaire ? Est-il le seul professionnel de santé à avoir abordé cette grave question des causes et des conséquences du racisme institutionnel ?

S.G. Etombè : L'œuvre de Bobby Wright a été révolutionnaire à cette époque car ses pairs psychologues et professionnels de santé étaient plutôt occupés à étudier ce qui n'allait pas chez les Noirs, mis à part certains scientifiques comme la psychiatre et regrettée Frances Cress Welsing qui est décédée ce samedi 2 janvier 2016, paix à son âme. Véritable génie prolifique, dans son ouvrage « The Isis Papers », publié en 1991, le Dr Welsing développe une analyse et une explication méthodologique courageuses et approfondies des symboles, du système et des mécanismes de fonctionnement qui sous-tendent le phénomène du racisme et de la suprématie blanche.

En effet le Dr Welsing a dédié sa vie entière à la recherche d'une explication à cette animosité intrinsèque entretenue par la majorité des Européens vis-à-vis des Noirs. Bobby Wright a emboité le pas à son aînée et s'est autorisé à problématiser l'homme blanc dans son comportement avec l'homme noir. Par ailleurs l'originalité de l'œuvre de Wright s'inscrit dans cette dynamique de la libération du peuple kamit par la création d'une « Théorie Sociale Noire ».

Ce projet va dans le sens de l'afrocentricité. C'est la seule issue pour « la libération des esprits de nos enfants » car ils auront la possibilité d'étudier leur histoire, de s'affirmer en tant que kamits conscients de leur patrimoine culturel ancestral afin de devenir au final, des acteurs à part entière et opérer les changements et les transformations radicales nécessaires au projet de la renaissance africaine.

Références

 Asante, M.K. (2011). [Conférence Decolonising Universities]. Visible sur internethttps://www.youtube.com/watch?v=S8g...

Asante, K.M. (2013). [Vidéo Dr Molefi Kete Asante on Afrocentricity]. Visible sur internet https://www.youtube.com/watch?v=Wyv...

 Mazama, A. (2013). [Vidéo Homeschooling as a Viable option for African American Children]. Visible sur internet https://www.youtube.com/watch?v=MTH...

 Welsing, F.C. (1991). ''The Isis Papers''. Chicago: Third World Press.

Wright, B.E. (1984). ''The Psychopathic Racial Personnality'': Chicago: Third World Press. Traduction Etombè,

Iterou, O. (2014). ''La personnalité raciale du psychopathe''. Philadelphia : Afrocentricity International


   Partie II:

La Théorie de la Confrontation des couleurs

''LES DOSSIERS D'ISIS. LA CLÉ DES COULEURS''-Dr Frances Cress Welsing

 

PRÉSENTATION DU LIVRE:

Comme d'autres avant elle, la Dr Frances Cress Welsing, psychiatre Africaine-Américaine, est interpellée par l'attitude raciste des blancs et les actions criminelles et discriminatoires qu'ils mènent de façon systématique contre les Noirs en particulier depuis des centaines, si ce n'est des milliers d'années, partout dans le monde.

Dans ce livre qui est devenu un classique pour les Africains conscients, elle suggère et démontre que le problème principal et fondamental des blancs est leur déficience en mélanine, assortie d'une peur obsessionnelle d'être annihilés par les peuples de couleur, en particulier les Noirs-ceux-là même qui sont pourvus du plus fort taux de mélanine. La nécessité de survie a contraint les blancs à mettre en place un système hautement injuste et violent afin de garantir la suprématie raciale blanche et prévenir toute possibilité d'annihilation génétique*;

La Dr Frances Cress Welsing examine avec minutie, calme, et rigueur, les symboles majeures de la culture blanche afin d'y repérer, encore et toujours, la preuve que les blancs sont bel et bien conscients de leur vulnérabilité et insuffisance génétique, qu'ils essaient de masquer, avec grand mal il est vrai, au moyen d'une rhétorique puérile arguant de la supériorité blanche.

Ce livre est une véritable bombe, et il mérite d'être lu et débattu. Vous ne verrez certainement plus les choses comme avant lorsque vous l'aurez lu.

PRÉSENTATION DE L'AUTEURE :

Dr Frances Cress Welsing (18 mars 1935 à Chicago, Usa - 2 janvier 2016 à Washington, Usa), psychiatre africaine-américaine, est à l'origine d'une théorie en psychiatrie : la théorie de Cress de la confrontation des couleurs. Produit de l'excellent Université Africaine-Américaine d'Howard, elle a été présente et active pratiquement jusqu'à ses 80 ans. Elle donna beaucoup de conférences notables. Dans son travail de conscientisation, l'auteure renommée met en garde contre le venin savamment dosé de l'aliénation culturelle (églises, mosquées, théorie marxiste, etc...)

PRÉSENTATION DE LA TRADUTRICE :

Professeur Ama MAZAMA est Docteur en Sociologie. Enseignante au Département d'African Studies à l'Université du Temple aux Usa, elle est Auteure de plus de 12 ouvrages et de plus de 100 articles. Très connue en tant que Conférencière, elle est souvent demandé, principalement, sur 3 continents : Les Amériques (Caraïbes incluses), l'Europe et, bien-entendu, Kemet (l'Afrique).


REMARQUE: les lignes qui vont suivre sont des extraits de l'excellent ouvrage de Frances Cress Welsing, M. D, intitulé ''The Isis Papers'', pp. 115-120 et pp.103-115
pp. 115-120:

''Chapitre 23: La Crise dans les Relations entre l'Homme noir et la Femme noire, est-ce un faux problème? (1985)

Y a-t-il une grave crise dans les relations entre hommes et femmes noirs à l'aube du XXIè siècle ?

Par exemple :

- désenchantement quant à l'institution du mariage

- désaccord, manque de respect mutuel

- séparations et divorces

- la femme chef du foyer comme norme

- absence de modèles mâles pour les enfants noirs (surtout les garçons)

- grossesses rampantes d'adolescentes

- des milliers d'enfants abandonnés aux services sociaux et à l'adoption

- bisexualité et homosexualité mâle noire

- bisexualité et homosexualité femelle noire

- relation entre le mâle noir et la femme blanche

- relation entre la femme noire et le mâle blanc

- aliénation et suicide parmi les noirs.

Est-ce un faux problème ? Ne serait-il pas causé par d'autres phénomènes ?

La suprématie blanche existe dans le monde entier. De tout temps les Blancs ont tout fait pour séparer l'homme noir de sa femme et de sa famille. En Afrique de Sud, en Amérique, pendant l'esclavage et encore de nos jours, pour recevoir l'assistance sociale une femme doit prouver que l'homme n'habite pas à la maison. Le mâle noir est toujours brutalisé par la police ;

- on lui refuse un emploi ou bien on lui donne un emploi au dessous de ses capacités

- on le traque pour le jeter en prison

- on l'oblige à quitter tôt l'école pour devenir un homme (tandis que les mâles blancs terminent le lycée)

- on le pousse à l'alcoolisme et à la drogue

- on le pousse au suicide

- on lui dit et prouve que sa femme lui est supérieure (puisqu'il est permis qu'elle réussisse).

La cause fondamentale de la crise dans les relations entre l'homme et la femme noirs c'est la dynamique de la suprématie blanche !!

Une analogie peut se voir dans le jeu d'échecs. Le blanc attaque le premier et le noir reste sur la défensive. Le roi et la reine blancs et tous leurs pions montent à l'offensive contre le roi et la reine noirs et tous leurs pions. Si le noir veut gagner, le roi et la reine doivent avoir une stratégie et se déplacer d'une façon harmonieuse. Avec finesse ils peuvent mettre le roi et la reine blancs en échec et mat. Si une personne avec beaucoup d'expérience au jeu s'assoit du côté blanc, en face d'une personne qui ne connaît pas bien le jeu (côté noir), le noir n'a aucune chance de gagner.

Le système de la suprématie blanche doit nécessairement écarter l'homme noir du foyer pour mieux contrôler la femme et les enfants. Les jeunes mâles noirs venant d'un foyer où l'homme est absent deviennent vite passifs, efféminés, peu fonctionnels. L'union stable entre l'homme et la femme noirs pourraient signaler la fin de la suprématie blanche. Hélas, pendant que les Noirs et les non-Blancs sont restés confus, la collectivité blanche a maîtrisé les stratégies qui mettent constamment les non-Blancs en échec et mat !

L'homme et la femme noirs doivent maîtriser ensemble les perceptions, la logique, la pensée, le discours, les actions et les réponses émotionnelles qui peuvent affronter la dynamique de la suprématie blanche d'une façon scientifique. Ils doivent faire équipe et échanger continuellement des informations, des connaissances et des points de vue, ainsi que formuler des tactiques. Au lieu de se concentrer sur l'amour, la dépendance, le désir, ils feraient mieux de regarder en dehors et au-delà d'eux-mêmes, unis pour combattre l'ennemi commun : le racisme blanc. Nelson et Winnie Mandela sont l'exemple par excellence de ce que les autres couples doivent faire pour durer (note de la traductrice: Leur séparation en 1992 n'enlève rien au fait que le mariage a duré pendant les longues années d'emprisonnement de Nelson). Ce sont nos comportements néfastes et notre manque de stratégies qui permettent au racisme blanc de continuer d'exister !

A lire : Neely Fuller. ''The United Independent Compensatory Code/System Concept'', qui donne le détail des comportements spécifiques que les couples noirs doivent adopter
pour rester unis.


 Chapitre 24: Les Femme noires à l'aube du XXIè siècle (1975)

Nous les femmes noires qui sommes les épouses, les mères, les soeurs, les individus d'une collectivité qui a été opprimée pendant plus de 400 ans, nous sommes dans une période de crise. Dans une période de crise la tendance est de gémir, pleurer, exprimer notre douleur et notre désespoir, ou de sombrer dans l'alcool, la drogue, ou de nous évader par l'imagination, les rires, le jeu ou les divertissements. Mais quand on réfléchit bien, on se rend compte qu'il vaut mieux transformer les crises en des stimuli pour l'analyse, le défi, la responsabilité, le progrès et la grande créativité.

L'identité des Noirs de la diaspora est faussée, car notre histoire a été faussée. On veut nous faire croire que notre histoire s'arrête à l'arrivée des négriers aux Amériques. Mais nos racines plongent plus profondément en terre africaine. L'Afrique fut le berceau de l'humanité et les Africains (donc des Noirs) furent les initiateurs du progrès humain. Non seulement les Noirs sont les parents génétiques de tous les peuples existant dans le monde aujourd'hui, mais ce sont eux les premiers savants, architectes, musiciens, mathématiciens, astronomes, astrologues, philosophes, hommes d'état, prêtres, prophètes, et généraux !

Nous avons assez parlé dans ce livre, du fait que la peau blanche est tout simplement le produit d'une mutation génétique récessive à l'albinisme. Seuls les Noirs peuvent engendrer toutes les couleurs de l'humanité y compris le blanc. Les racistes (la suprématie blanche) ont très tôt décidé de ne pas maîtriser les femmes de couleur mais de dompter les hommes, initiateurs de l'acte de procréation. Ils procédèrent au lynchage et à la castration de milliers de Noirs, pour leur monter que ce sont les Blancs qui auront le contrôle des balles sur les terrains et sur les courts comme ailleurs ! Les mâles blancs ont compris qu'ils avaient besoin des femmes blanches et noires pour les aider à gagner et à maintenir le pouvoir sur le mâle noir. Les Blanches ont toujours su qu'elles devaient se ranger du côté de la survie blanche. Quant aux femmes noires, elles n'ont jamais compris qu'on les a leurré pour obtenir leur coopération, qu'elles ne gagnent rien du tout dans ce jeu mortel de la suprématie blanche sur les Noirs.

Les premières leçons enseignées aux Noires furent très cruelles : le harcèlement et l'abus sexuels par les maîtres blancs, la torture, l'enlèvement de leurs enfants en bas âge (vendus dans d'autres plantations) et le spectacle de leurs hommes qu'on lynchait et castrait. Mais par la suite les maîtres et maîtresses faisaient comprendre aux femmes noires qu'elles devaient tempérer la fougue de leurs mâles, quitte à recevoir en échange un peu de nourriture, des vêtements, un peu d'argent pour élever leur famille misérable. Nous les femmes noires avons dû être séduites par cette illusion du pouvoir, si près des Blancs.

Nos comportements étaient dictés par le besoin de survivre ; donc nous en venions à calmer nos mâles et nos enfants et à faire la sale besogne du Blanc (coucher avec lui, souvent de force). Mais encore, il aurait fallu nous référer à notre passé africain, à notre propre histoire (il est vrai qu'après des générations en Amérique, le souvenir de l'Afrique s'est estompé dans les mémoires).

Dans l'histoire de la femme africaine deux exemples peuvent nous servir d'illustration. Cléopâtre, la reine qui s'est alliée à Jules César, l'a séduit ainsi que Marc Antoine pour sauver l'Egypte de la domination romaine. Mais nous savons qu'elle a finit par se suicider et l'Egypte est devenue, néanmoins, une colonie romaine. Il y eut d'autres reines noires en Afrique (comme Hatshepsout, les Candaces, Anna NZingha, Yaa Asantewa, Kimpa Vita, qui ont préféré lutter contre les envahisseurs jusqu'à la mort.

Elles n'ont pas coopéré, et elles ont incité leurs hommes à lutter aussi. Entre les deux exemples, que devrons nous choisir en tant que femme noire en crise tout le long du XXè siècle ? Car rien n'a changé depuis la Guerre de Sécession. Les Noirs traversent une éternelle crise économique tandis que les Blancs ne connaissent que la récession. Les Noirs sont les derniers engagés dans l'emploi et les premiers congédiés, en dépit des programmes d'«affirmative action ».

De la population carcérale aux U.S.A., 90% des hommes sont des Noirs.

Le Sida tue nos enfants et nos jeunes, la drogue et l'alcool sévissent partout. Quarante pourcent de tous les enfants noirs vivent sans père, dans des conditions sans espoir (parqués dans des ghettos, mal nourris, mal soignés, mal enseignés à l'école).

C'est à la femme noire de décider si elle veut élever des guerriers ou des esclaves !

Nous sommes les génitrices, et les enfants reçoivent leurs premières leçons de nos mains. C'est à nous de leur apprendre la première et plus importante leçon qui est l'estime de soi et le respect de notre négritude culturelle, historique et génétique ! « Black is beautiful » tant qu'une mère ne vante pas la beauté de telle ou telle de ses filles à la peau claire ou aux cheveux lisses !

Qui mieux que la femme noire peut enseigner aux enfants le vrai sens d'être mâle ou femelle ? Nous devons cesser d'appeler nos fils et nos maris bébé et veiller à ce que nos filles n'aient pas de rapports sexuels avant la maturité. Nous devons refuser à ce que nos hommes nous appellent « Mamma » (car si nous sommes les mamans, eux deviennent nos bébés ; le Blanc n'a pas à craindre des bébés !).

Il faut créer des liens et forger une nouvelle solidarité entre femmes noires, mais qui sera très différentes du féminisme blanc dont on n'a que faire. Enfin, nous devons cesser de singer les femmes blanches en ce qui concerne la mode et les produits de beauté ; en un mot cesser de blanchir et rester ce que nous sommes, des femmes noires d'une beauté naturelle et sereine.

Surtout, ne jamais oublier que le racisme, de nos jours comme à l'ère de Cléopâtre, c'est la guerre contre le peuple noir. Nous ne sommes pas américains, pas plus que les Juifs n'étaient allemands ! Les mots « allemand » ou « américain » veulent dire en langage décodé blanc (et nous savons comment nous sommes arrivés aux Amériques, enchaînés, pour peiner comme des bêtes de somme !).

Femmes noires, mères de l'humanité, notre destin est entre nos propres mains !!''


 pp.103-115:

''Chapitre 20: Les Enfants noirs et le Processus d'Infériorisation (1974)

Le Peuple Noir doit opter pour l'équilibre mental (s'analyser, être responsable de ses comportements). Les enfants noirs sont nos possessions les plus chères et notre plus grande ressource. Notre survie dépend d'eux. Si leurs vies sont gâchées, nous devenons susceptibles d'attaques non seulement par la collectivité blanche mais par nos propres enfants, (ce qui est déjà le cas dans toutes les grandes villes des U.S.A.). En tant que Noirs nous devons répondre aux questions suivantes:

1) Les enfants noirs américains pourront-ils développer leur potentiel génétique
maximal?

2) Qui assumera la responsabilité pour ce développement maximal, les Noirs eux-mêmes ou les Blancs?

3) Si les enfants noirs ne peuvent pas développer leur potentiel génétique maximal, que vont devenir ces masses laissées pour compte?

4) Est-ce que les Blancs s'attendent à ce que les Noirs s'occupent du développement maximal de leurs enfants?

Un nouveau né doit être moulé, façonné afin de pouvoir assumer son rôle social prédéterminé. Ceci est accompli par l'expérience sociale totale qui agit sur le potentiel génétique de l'enfant. Les enfants sont nés de parents qui occupent déjà leur place dans la structure sociale. Les rôles sociaux dépendent du pouvoir fondamental qu'on détient. L'identité est déterminée par ce facteur clé de pouvoir.

Dans un système social oppressif, on s'identifie soit à l'oppresseur soit à l'opprimé.

Là où les Blancs dominent, ils élèvent les enfants blancs de façon à ce qu'ils deviennent les oppresseurs ou les supérieurs fonctionnels. Dans ce même système (suprématie blanche) les enfants non-blancs sont élevés de façon à ce qu'ils deviennent les opprimés ou les inférieurs fonctionnels. Pour cette raison, un système social de suprématie blanche est incapable d'offrir l'égalité totale des chances aux Noirs.

S'ils donnent une éducation égale, ils font tout pour saboter la famille noire;

S'ils offrent quelques emplois, ils font du racisme pour le logement;

S'ils offrent des services sociaux, ils trichent sur le salaire des hommes;

S'ils votent des lois justes, ils ne les respectent pas.

L'infériorité fonctionnelle n'est pas la même chose que l'infériorité génétique. Mais l'expérience sociale préétablie dans un système raciste est conçue délibérément pour empêcher le potentiel génétique de fonctionner dans la société, d'où l'impression que les non-Blancs sont inférieurs. L'infériorisation est le processus conscient, délibéré et systématique employé par un système social raciste (suprématie blanche) afin de façonner des gens spécifiques (non-blancs) en des inférieurs fonctionnels, malgré leur vrai potentiel génétique de fonctionner.

Sous la suprématie blanche, plus la pigmentation de mélanine est grande, plus la pression d'infériorisation imposée par le système raciste est forte. Curieusement, ce schéma fonctionne parmi les Noirs eux-mêmes: n'épouser jamais quelqu'un de plus foncé que vous-même. De tels schémas de pensée agissent sur l'enfant, qui connaît très tôt le rejet et la négation. Cette négation durera toute sa vie. Tout simplement, l'infériorisation veut dire que par des schémas de pensée et des expériences sociales négatives (logements inférieurs, services de santé inférieurs, éducation dégradée, familles brisées, salaires inadéquats) un enfant noir ou non-blanc:

- qui aurait pu être un génie devient un criminel

- qui pourrait devenir un politicien brillant ou un père idéal devient un drogué

- qui aurait pu devenir une femme de science, femme médecin ou une excellente mère
se prostitue.

Cette infériorisation transforme des parents modèles potentiels en des bourreaux d'enfants.

- Elle transforme des instituteurs qui pourraient aimer leurs élèves noirs en des bourreaux qui ne savent plus éduquer.

- L'infériorisation empile négation sur négation, de façon que les jeunes Noirs préfèrent vivre cool, fumer du marijuana, employer des gros mots, danser cool, au lieu d'apprendre à lire et à aimer les maths.

- Elle encourage le Noir à faire le clown au lieu de construire la nation nègre. Elle encourage la bourgeoisie noire à singer le blanc en accumulant des possessions matérielles au lieu de servir leur communauté.

- Elle pousse les Noirs à fringuer comme des "superfly" au lieu de s'occuper de leurs enfants (et surtout de leur fils).

- Et enfin, elle incite les Noirs à se percevoir comme des "sex machines", plutôt que comme des bâtisseurs d'une humanité digne.

Toute cette infériorisation mène à une idée négative de soi, à une perte d'estime, un développement des modèles de comportements destructeurs pour soi et pour le groupe. Les comportements négatifs indiquent une haine de soi-même. Cette haine mène à l'homicide et au suicide croissants ou à l'extermination par la drogue.

Ce sont autant de chaînes et des fers invisibles autour des cous et des chevilles des Noirs déjà assez opprimés. Le pire est que les enfants noirs apprennent la leçon que les Noirs ne s'estiment pas, ne s'aiment pas; à leur tour, ils apprennent la même chose à leur propres enfants (par leurs attitudes et leurs comportements négatifs).


L'infériorisation est essentielle à l'oppression. Les oppresseurs éduquent leurs opprimés de façon à ce qu'ils participent à leur propre destruction. On leur permet tout juste de survivre pour mieux les opprimer. Mais aucun système d'oppression n'est structuré sciemment pour son auto-destruction. Le développement maximal des Noirs montrerait éventuellement la fausseté de l'idéologie de la suprématie blanche. Après 127 années d'une soi-disant émancipation des Noirs, la communauté blanche a démontré qu'elle ne compte pas donner leur chance aux enfants noirs. Toujours est-il que les Blancs osent parler de l'infériorité génétique des Noirs.

Au lieu de faire des "sit in protest", les Noirs feraient mieux de cultiver des modèles "self help" et de "self development". Puisque le système raciste s'attaque à la famille, les noirs feraient mieux de comprendre:

a) le vrai fonctionnement d'une vie de famille

b) comment les aspects importants d'infériorisation s'y présentent

c) comment mieux gérer l'institution et la famille.

Les comportements de dysfonctionnement peuvent être changés par l'exercice de la volonté. Une unité de famille consiste en un père, une mère et leurs enfants. Ce ne sont que les unités cellulaires d'un peuple ou d'une nation. La socialisation n'est que le façonnement du comportement (par des "role models") pour un développement maximal qui permettra de bien fonctionner dans un environnement précis.

- La tâche du père est d'apprendre aux enfants mâles leur rôle sociétaire; sa responsabilité est de gagner le pain et de protéger sa famille.

- La tâche de la mère est d'apprendre aux enfants femelles leur rôle sociétaire; sa responsabilité est de s'occuper de la maison et de veiller à la socialisation des enfants.

Les féministes blanches veulent changer tout cela, mais nous les Noirs ne devons pas nous laisser influencer, étant donné que nos unités familiales sont déjà brisées. Il nous faut nous rappeler également que la suprématie blanche s'est toujours attaquée au mâle noir par intimidation et par la destruction fonctionnelle et physique, de sorte que la femme noire a joué de plus en plus le rôle du mâle au sein de la famille. Le couple noir américain est aliéné et il vit le syndrome social et pathologique de la femme forte/homme faible.

Par réaction les hommes noirs deviennent passifs et/ou coureurs (choisissant même des Blanches comme partenaires). Les plus affectés sont les jeunes mâles noirs privés de leur père. Très jeune ils constatent qu'il est plus intéressant d'être femme si on est de race noire. Le système raciste veille à ce que les images mâles noires positives et efficaces soient éliminées (Malcolm X, Martin Luther King, Patrice Lumumba). Ils remplacent ces images positives par des images pathétiques et négatives dans les médias (le chômeur, le travesti, le clown, le drogué).

Dans la vie réelle, une Noire universitaire gagnera seulement $300 de moins qu'une blanche universitaire, tandis qu'un Noir universitaire gagnera $3000 de moins qu'un universitaire Blanc diplômé du lycée !! Doit-on s'étonner de ce que les mâles noirs sombrent dans la passivité, l'efféminement et l'homosexualité? Mais nous pouvons disposer des moyens de dire HALTE à l'infériorisation des Noirs.

- Les hommes noirs doivent se battre pour gagner des emplois et des salaires égaux à ceux des Blancs.

- Ils doivent cesser de fonctionner comme des "sex machines" auprès des Blanches.

- Enfin, ils doivent refuser d'être passifs et dépendants de leurs femmes noires.

- Les femmes noires doivent se battre pour le droit de pouvoir rester à la maison et s'occuper de leurs enfants comme les Blanches, mais pour accomplir cela leurs époux doivent mieux gagner leur vie.

- Elles doivent cesser de se croire les plus fortes et chérir leur mari et leurs enfants.

- Les hommes et les femmes noires doivent lutter ensemble pour la survie de la famille, faire un travail d'équipe.

- Enfin, ils doivent établir des codes de comportement positifs et des modèles de compétence académiques pour leurs enfants. Afin d'accomplir ce programme, ils devraient encourager le respect de soi par l'enseignement aux enfants (avant l'âge de six ans) de certains exercices fondamentaux de comportement à la maison, à l'école, à l'église, et dans la communauté noire :

1) cesser de se maltraiter

2) cesser d'employer les injures et les gros mots

3) cesser de se quereller

4) cesser d'être de mauvaises langues

5) cesser de « rapporter » ce que font les autres

6) cesser d'être mal élevés et irrespectueux envers les autres

7) cesser de dévaliser les autres

8) cesser de voler les autres

9) cesser de se battre

10) cesser de s'entre-tuer

11) cesser le trafic de drogues dans la communauté noire

12) cesser de salir les rues dans la communauté noire.

Bien sûr, les adultes doivent donner l'exemple si les enfants doivent les écouter. Chaque quartier devrait distribuer des prix par groupes d'âge, aux enfants qui travaillent bien en classe (« scientia potestas est »). Pour terminer, avant l'âge de six ans les enfants doivent être convaincus, par l'exemple qui leur est donné, que le peuple noir condamne l'activité sexuelle et la naissance d'enfants pour de jeunes qui sont loin d'être matures émotionnellement (et qui plus est n'ont pas les moyens financiers de s'occuper d'enfants). Ce n'est qu'un début, mais les Noirs apprendront ainsi la responsabilité et le respect de soi en dépit du système raciste créé et entretenu par les Blancs en Amérique.

Frances Cress Welsing, M. D.


 Chapitre 21: Le Racisme et l'Infériorisation de l'enfant et l'adolescent noirs (1987)

Trop de bébés noirs naissent avec une propension à la drogue ou infectés du virus du SIDA, quand ils ne sont pas carrément mort-nés ! Trop de bébés noirs naissent de filles mères qui ne sont pas équipées psychologiquement ou financièrement pour les élever.

Ces enfants grandiront dans des circonstances lamentables :

- logements inadéquats- vêtements et nourriture insuffisants

- mauvais traitements physiques et/ou sexuels par leurs parents

- abandon à des institutions sociales mal équipées

- frustration, stress

- manque de réussite à l'école.

Que leur reste t-il ?

- devenir trafiquants de drogue très jeune afin de survivre

- s'adonner eux-mêmes à la drogue et à l'alcool

- contracter le SIDA, les maladies vénériennes

- se tuer ou se faire tuer dans des règlements de comptes des gangs

- et enfin l'incarcération (parfois à vie) ou le suicide !

On part généralement de l'hypothèse que la société cherche à pourvoir au développement de tous ses enfants et ses adolescents. Il est erroné de supposer une telle chose dans un pouvoir de système social bâti sur le racisme et destiné à la survie génétique blanche, même si ce système est hautement raffiné et masqué (comme aux Etats – Unis).

Les savants et les cliniciens se doivent non seulement d'établir des données par leurs recherches, mais de les examiner, les comprendre, les interpréter et les placer dans une perspective correcte. Erik Erikson, auteur de Childhood and Society, nous indique les huit stades du développement psycho - social d'un enfant quand il est appuyé par l'environnement social (depuis le foetus jusqu'ici à l'âge adulte), et leur contrepartie négative si l'infériorisation triomphe :

1) confiance et foi / méfiance

2) autonomie / honte et doute

3) initiative / culpabilité (« je ne peux pas », au lieu de « je peux »)

4) ingéniosité / infériorité ou léthargie

5) identité / confusion de rôle

6) intimité / isolement

7) production / blocage

8) intégrité / désespoir

Tandis qu'un grand nombre d'enfants et d'adolescents blancs traversent les huit stades de leur développement tranquillement, beaucoup trop d'enfants et d'adolescents noirs (stressés et démunis) récoltent la contrepartie négative du développement. Pourquoi ? Parce que c'est la guerre mais les Noirs ne comprennent pas les règles de la stratégie ! Cette guerre pour la survie génétique blanche est conduite simultanément sur neuf fronts :

- économie

- éducation

- divertissements

- travail

- lois

- politique

- religion

- sexe

- et militaire.

Les Blancs discutent activement entre eux du taux des naissances blanches. En 2073 les Blancs ne représenteront que 3% de la population mondiale. Peu de Noirs et de non-Blancs savent que dans six à neuf générations la majorité de la population des U.S.A. sera blanche. Puisque les statistiques ne mentent pas, il ne faut pas se leurrer en continuant de croire à l'intégration. Il faut plutôt développer des stratégies et des tactiques de courte et de longue durée pour contrecarrer les stratégies blanches (qui visent nos enfants).

Pour gagner aux échecs, il faut comprendre les objectifs et les règles du jeu. Il est impératif que tous les Noirs comprennent qu'ils ne vivent pas dans un environnement fait de bienveillance, mais dans un environnement mortel et hautement structuré. Les racistes comptent gagner cette guerre par tous les moyens nécessaires, y compris l'usage des armes chimiques et biologiques (des drogues comme me « crack » et le PCP ; des virus comme le SIDA) !


De plus les Noirs doivent admettre les points suivants :

1) L'une des armes principales de la guerre pour la survie génétique blanche est l'infériorisation (ou le développement psychosocial raté), qui crée l'indépendance, l'image de soi négative, et la vulnérabilité.

2) Cette guerre vise les Noirs en général, mais spécifiquement le mâle noir, puisque c'est lui qui menace le plus leur survie génétique.

3) Les Noirs doivent discuter ouvertement des moyens de supporter et de développer au maximum les bébés, enfants et adolescents mâles noirs, en dépit des moyens employés pour les supprimer.

4) Ces enfants mâles noirs ont besoin de leurs pères depuis la crèche jusqu'à la maturité, et nous devons apprendre à tous les Noirs leur rôle de père responsable.

5) L'attaque raciste montée contre le mâle noir entraîne l'échec de la famille noire et la distorsion du rôle de la femme noire. Ceci commence le processus d'infériorisation.

6) Les Noirs doivent cesser de supplier les Blancs d'arrêter leur offensive raciste (ils ne le peuvent pas) et plutôt s'organiser pour de nouveaux comportements destinés à neutraliser les effets de la suprématie blanche.

7) Il est vain de supplier les Blancs d'octroyer des fonds ou des subventions pour venir en aide aux Noirs. S'ils le faisaient, ce serait courir à leur propre génocide.

8) Les Noirs doivent arriver à discuter ouvertement de la nécessité logique de l'infériorisation des Noirs dans la lutte pour la survie génétique blanche.

9) Chanter « We shall overcome » ne peut pas combattre la suprématie blanche, pas plus que chanter ne peut résoudre un problème en médecine ou en physique.

10) Des parents immatures et dépassés par les événements ne peuvent pas favoriser le développement psychosocial de leurs enfants ni contrecarrer l'infériorisation.

11) Des filles - mères ne peuvent pas favoriser ce développement non plus, et elles ne peuvent certainement pas élever des mâles. Elles ne peuvent que préparer leurs propres filles à devenir, à leur tour, des filles - mères et préparer leurs fils pour la prison.

12) Aucune femme noire ne devrait se marier avant l'âge de trente ans, aucun mâle noir avant l'âge de trente-cinq ans. Chaque famille noire devrait se limiter à deux enfants, avec une différence d'âge de trois ans. Les garçons et les filles noirs devraient au moins obtenir leur diplôme du lycée et pouvoir bien gagner leur vie avant d'envisager le mariage.

13) Le développement maximal du potentiel génétique et psychologique collectif des Noirs se réalisera par les efforts des peuples noirs eux-mêmes, grâce à leurs connaissances, leur compréhension de la lutte et leur comportement. Il incombe aux cliniciens noirs de maîtriser les faits énumérés dans ce livre (The Isis Papers) et d'en faire part à leurs patients noirs. Il y va de leur vie !!

Frances Cress Welsing, M. D.

Chapitre 22: Les Enfants noirs qui deviennent parents - - nouveau facteur du Génocide des Noirs (1977)

Vingt-cinq pour cent de tous les bébés noirs nés aux Etats-Unis de nos jours ont pour parents des adolescents noirs. Ceci implique qu'au moins 25% de tous les enfants noirs souffriront dans leur développement psychosocial et succomberont au stress du racisme. Ce gaspillage ultime de leur potentiel génétique s'appelle génocide noir. Pendant l'esclavage en Amérique, les femelles noires furent forcées de mettre au monde une succession de bébés sans pouvoir s'en occuper (on les vendait dans d'autres plantations dès l'âge de six à sept ans).

Personne ne s'occupait du développement de leur potentiel génétique ! Les maîtres punirent sévèrement une mère qui essayait de venir en aide à son enfant. De nos jours, tout comme avant, des jeunes filles noires mettent au monde des enfants qui subissent un traitement inhumain. Le niveau de maturité atteint par les enfants est en relation directe avec le niveau de maturité émotionnel de leurs parents avant leur naissance. Peut-on demander à des adolescents d'être des parents efficaces et de fonctionner dans une société de technologie complexe ?

Pourquoi est-ce qu'autant d'adolescents noirs ont des relations sexuelles (et les enfants qui s'en suivent)? Après tout, les Africains disent que la main qui balance le berceau mène la nation. Beaucoup trop de Noirs croient qu'un père qui féconde une femme (ou une fille), et qu'une mère est quelqu'un qui met au monde un bébé. C'est une vue simpliste encouragée par nos chansons de blues et de rock (les promoteurs de disques font des millions dans l'industrie de la musique noire ; ces promoteurs sont presque tous des Blancs).


Hélas, 93% des filles mères gardent leur bébé, qui grandit dans des circonstances pénibles et répète le cycle. Parmi les filles mères le taux de mortalité infantile est plus élevé que la moyenne ; elles sont sujettes à plus d'anémie, plus de toxémie, plus d'hémorragie, et plus de bébés au poids en dessous du poids normal, sans parler des anomalies qui peuvent guetter leur nouveaux – né. Quarante pour cent des enfants vivent dans des familles où il n'y a que la mère pour les nourrir (par rapport à 12% des enfants blancs). A Washington, D.C., le taux de mortalité infantile est de 27,7% pour les Noirs et de 7,5% pour les Blancs.

Parmi les adolescents noirs un grand pourcentage des mères des filles mères étaient également filles mères, tout comme leur propre mère ; cela fait quatre générations (parfois plus) de filles mères ! Contrairement à ce que les gens croient, une fois qu'une adolescente devient responsable d'une autre vie, son propre développement émotionnel s'arrête. Elle ne peut pas faire face à cette responsabilité ; elle n'est qu'une enfant elle-même. D'où le ressentiment, la colère, et même la haine ressentie pour le bébé (parfois des bébés).

Les enfants captent ce ressentiment, ces sentiments négatifs et se sentent rejetés. Ils manifestent des comportements perturbés, surtout à l'école où il faut prêter attention et se taire. Ils mangent mal, ils piquent des crises de nerfs, pleurent sans cesse, refusent d'obéir à de simples ordres ? Ce qui manque à ces enfants, c'est l'amour, l'attention donnée par la mère, une période assez longue (5 à 6 ans) de stabilité émotionnelle et sociale. Souvent ces adolescentes abandonnent leurs enfants à l'assistance sociale ou à leur famille (ce qui n'est pas un substitut de l'amour maternel). Puisque l'enfant est abandonné, il se sent coupable (« je ne vaux rien puisque ma mère m'a abandonné ; c'est ma faute »).

Si 25% des enfants noirs périssaient dans un holocauste tout d'un coup, on allait crier au génocide, mais le résultat est le même dans notre système raciste qui encourage la promiscuité sans donner l'assistance et le support nécessaires aux enfants. Seulement les enfants noirs dans cette situation meurent lentement - - des morts vivants. Quand ils arrivent à l'adolescence ils ont les syndromes et les comportements qui mènent à la mort réelle : suicide, overdose par drogues, homicide. Tout cela est lié directement ou indirectement à la dynamique de la suprématie blanche qui fonctionne par l'infériorisation du Noir. Le seul remède est d'éliminer totalement les situations des parents adolescents noirs.

Un enfant a besoin d'un support émotionnel venant d'adultes mûrs, et ceci pendant les premières six années de sa vie. Des provisions matérielles, des petits déjeuners à l'école, des institutrices accréditées peuvent aider, mais ce ne sont pas des substituts pour la satisfaction des besoins ou des supports émotionnels. La communauté noire doit comprendre que le pouvoir est directement lié non à l'argent mais aux comportements organisés, disciplinés, contrôlés. Si le comportement nuit à l'objectif de la libération noire il doit être éliminé ; s'il améliore les chances d'atteindre l'objectif de la libération noire il doit être renforcé. Il faut honorer la naissance de chaque enfant noir. Mais sachons que nous ne pouvons pas apprendre aux enfants un niveau de maturité et de responsabilité que nous n'avons pas atteint nous-mêmes !

Frances Cress Welsing, M. D.
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LE PAPYRUS D'ISIS

Frances Cress Welsing, M. D. (Third World Press, Chicago, 1991)

Un Commentaire suivi de Comptes-rendus des 25 Chapitres en Français de Lillie Elizabeth Trent

Candidate au Doctorat en Littérature comparer a l'Université de Paris X – Nanterre

Directeur de Thèse : Dr. Claude De Grève

Commentaire:

En 1969, Neely Fuller a publié un traité intitulé The United Independant Compensatory Code/System/Concept: a textbook/workbook for thought, speech and/or action for victims of racism (white supremacy). Il reconnaît qu'il n'y a qu'un seul racisme fonctionnel dans le monde: la suprématie blanche. Pour Fuller, les modes de pensé, de langage, et d'actions pratiqué a des degré divers par la plupart des gens du monde blanc déroulent d'un seul fait : la plupart des Blancs haïssent le Noir parce qu'ils ne sont pas des Noirs. Le Docteur Cress Welsing, une femme psychiatre exerçant à Washington, D.C. et qui sert une jeune clientèle noire, a lu Neely Fuller à une période où elle cherchait des réponses aux questions muettes que lui posaient ses patients.

Impressionnée par le fait que le concept d'un système de domination blanche sur le monde non-blanc pouvait expliquer la réalité sociale d'une situation difficile de « non-blanc », elle s'est appesantie, en tant que psychiatre, sur une force motivante possible, à la fois aux niveaux individuels et de groupes. Elle a pensé que cette force motivante pouvait expliquer l'évolution de ces modèles de comportement social qui fonctionnent dans tous les domaines de l'activité humaine (économie, éducation, divertissements, travail, législation, politique, religion, sexe et guerre). Le résultat de sa réflexion fut La Théorie Cress de la Confrontation des Couleurs et du Racisme (suprématie blanche) : (une théorie psychogénétique et une vue du monde) (1970).

Pendant dix-neuf ans, le Dr Cress Welsing a écrit des traités (présentés devant l'American Medical Association) exposant sa théorie, soutenue par sa connaissance particulière des symboles qui aident à démasquer la suprématie blanche globale (ex.., le symbolisme des pistolets et d'autres armes, le symbolisme des jeux de balles, le symbolisme du viol, le symbolisme des billets de banque et de l'or, le symbolisme de la boxe, le symbolisme des objets à fumée, etc.).

Son œuvre est capitale pour les Noirs et tous les non-Blancs du monde qui sont infériorisés par les racistes blancs. Cette œuvre propose des réflexions, une théorie scientifique ainsi que sa formulation synthétique à tous ceux qui veulent s'en sortir. Mais pour y parvenir il faut lire The Isis Papers. Le Dr. Cress Welsing ne dit nulle part que les Blancs furent des esclaves des Egyptiens nègres (les Blancs et les sémites furent esclaves sous les Ramsès et même avant). Donc ils ont deux raisons de haïr la race noire :

1. d'avoir été écartés de l'Afrique à cause de leur état d'albinisme

2. d'avoir été combattus et réduits en esclavage à chaque fois qu'ils sont venus s'attaquer à l'Egypte (voir

Cheikh Anta Diop, ''Nations Nègres et Culture'' et/ou ''Civilisation ou Barbarie'').

Quand on est Noir, il faut faire preuve de patience et de dignité humaine pour ne pas détester les Blancs, étant donné leur cruauté et leurs mensonges à notre égard. Et pourtant, nous autres aliénés de la diaspora noire éprouvons difficilement de la haine pour notre ennemi ; nous avons tendance même â le « singer ».

Quant aux Africains, ils conservent leur identité culturelle, mais les Blancs leur ont tout volé : richesses, peuples, autonomie, moyens de survie économique, et mode de vie paisible. Les religions chrétiennes et musulmanes ne nous ont pas rendu service non plus ! Disons que La Bible et Le Coran ont servi à nous tranquilliser pendant que les militaires et les commerçants blancs faisaient la sale besogne.

Heureusement, à toutes les époques, certains individus des deux races, armés d'un vrai amour de leur prochain, ont accompli l'impossible : vivre en harmonie (par des échanges intellectuels et culturels, par l'amitié et la fraternité entre jeunes, par l'estime mutuelle dans les domaines du travail, du sport, et parfois par des relations personnelles). La religion a parfois été pour quelque chose dans ces rapports. Mais d'une façon ou d'une autre, les Noirs ont pu endurer les agressions des Blancs ; ils se sont souvent montrés dignes, tolérants, et même supérieurs à leurs agresseurs. Selon Cheikh Anta Diop :

Le berceau des Noirs (la vallée du Nil, depuis les Grands Lacs jusqu'au Delta, en passant par le Soudan dit « anglo-égyptien ») était caractérisé par une abondance des ressources de la vie. Le caractère sédentaire et agricole de la vie et les conditions spécifiques de la vallée du Nil vont engendrer chez le Nègre une douce nature, idéaliste et généreuse, pacifique, imbue de l'esprit de justice, gaie... Tandis que la férocité de la nature dans les steppes eurasiatiques, l'infertilité de ces régions, l'ensemble des conditions matérielles dans ce berceau géographique, forgeront chez l'homme les instincts nécessaires à son adaptation au milieu... Tous les peuples de ce berceau, qu'ils soient blancs ou jaunes, auront l'instinct de conquête, parce qu'ils auront tendance à s'évader de ce milieu hostile... L'homme de ces régions est resté longtemps nomade. Il est cruel.


À mon avis, le but final qui devrait être visé par la Theorie Cress est de ramener l'humanité a se comprendre, a vivre ensemble sur cette planete et dans l'univers. A cette fin, tous les hommes et toutes les femmes de toutes les couleurs doivent accepter les origines noirs de l'humanité, puisque des savants, a commencer par Cheikh Anta Diop, les ont longuement mises a jour et puisque tous les Anciens constataient que l'Egypte ancienne était noire! Tous les Blancs (leucodermes) doivent assumer leur part de responsabilité (ou celle de leurs égaux) pour le génocide des Noirs et des non-Blancs commis par l'Occident. Ils doivent également avouer leur anxiété, leur aliénation et leur agression constante vis-à-vis des mélanodermes.

Les savants grecs sont les premiers coupables parce qu'ils faisaient régulièrement des stages d'initiation dans les temples égyptiens (entre autres, Platon et Eudoxe 13 ans, Démocrite 5 ans, Pythagore plus de 20 ans, Homère et Aristote plusieurs années), mais une fois rentrer, ils faisaient figure d'innovateurs, passant sous silence leur apprentissage des hiéroglyphes et des sciences égyptiennes. Ce refus des savants blancs et de la collectivité blanche d'admettre, ‡ voix haute, qu'ils doivent et leur origine et leur science aux Noirs, est en partie responsable de tous nos maux.

L'oeuvre de Cheikh Anta Diop et ce livre de Cress Welsing devraient figurer sur les listes de lectures exigées des lycéens et des universitaires de tous les continents. Ensuite il incombe aux Peuples de couleur (noirs, asiatiques, indiens, métis, sémites) mondiaux de connaître et d'intérioriser ces lectures. Pour les autodidactes et les analphabètes, les université du tiers monde devraient mettre sur pied un enseignement oral et/ou télévisé.

Les Peuples de couleur pourront ainsi se débarrasser, enfin de leur complexe d'infériorité (ou parfois de supériorité) vis-a-vis des Blancs. Car ces complexes sont axer sur ce que pensent les Blancs ª ou bien ce que je suis par rapport aux Blancs ª. Éventuellement, le pansement des plaies du racisme et la cicatrisation pourront commencer et de nouveaux comportements (bases sur la connaissance de la vérité) pourront s'affirmer.

Sur les plans politiques et culturels, les non-Blancs doivent s'unir, se forger des alliances, commencer par l'unité africaine continentale et l'unité de l'Afrique et de sa Diaspora. Quand cette unité se fera (et elle peut se faire en une génération), tous les autres problèmes d'ordres économiques, sociaux ou militaires se résoudront sans trop de dégâts.

A ce propos, le premier sommet des Chefs d'Etat africains et des responsables africains-américains s'est tenu à Abidjan en avril 1991. Ce rassemblement sans précédent a précédé deux événements programmés en 1992 et qui auront un effet majeur sur le destin des Africains et Africains-Américains : l'unification de l'Europe et la célébration du cinquième centenaire de la rencontre de deux mondes, conséquences du voyage de Christophe Colomb depuis l'Europe jusqu'à ce qui est devenu l'Amérique. Dans les paroles du Docteur Sheila S. Walker, rapporteur du sommet :

Pour les Africains et les Africains-Américains, cette rencontre des deux mondes devrait être appelée et comprise comme une séparation de deux mondes. C'est à dire il y a cinq cents ans l'Afrique et ses enfants ont cessé d'être un monde unique pour devenir deux mondes séparés par l'oppression, mais liés par un héritage commun... L'Afrique n'est plus seulement un peuple continental, mais plutôt un peuple transnational, et pour nous de penser et d'agir en conséquence... Il y eut des tentatives continuelles pour nous couper de notre héritage culturel et du peuple qui le représente.

L'intention sous-jacente a été de bien faire de nous une population qui ne voit que ses origines dans la défaite et l'oppression ; et que cette défaite et cette oppression soient pour nous les seules sources de références de notre identité. L'Afrique offre aux Afro-Américains une chance de nous redéfinir et de nous établir solidement comme ayant naturellement un important rôle à jouer dans les affaires internationales. L'Afrique a besoin de l'aide des Africains-Américains pour le progrès matériel. Ainsi par leur retour en Afrique et leur collaboration étroite avec les Africains, ils contribueront à développer les immenses richesses potentielles du continent.


Cette collaboration permettra aux Africains-Américains de mettre fin à leur privation culturelle et d'assumer en tant qu'acteur global toutes les potentialités qu'ils possèdent...Devant l'unité des Noirs, les autres non-Blancs cesseront de s'identifier aux Blancs, de nier leur part de sang noir. Alors, des alliances se forgeront entre eux, en dépit de tout ce que les Blancs pourront faire pour les casser.

Entre eux, les non-Blancs du monde possèdent toutes les richesses premières y compris les valeurs spirituelles et les matières génétiques tant convoitées par les autres. Un petit pays comme le Japon a donné des leçons à l'Occident. Les non-Blancs du monde doivent exiger que les pays blancs indemnisent les autres pour leurs crimes contre l'humanité (rapt, viols, pillage, génocide) ! A cette fin, le chef Abiola, milliardaire nigérian, a fait don à l'O.U.A. d'une somme de 500 000 dollars qui doit lui permettre d'évaluer les réparations dues à l'Afrique pour la traite des esclaves et l'exploitation coloniale. Il estime que la communauté internationale devrait au moins 25 milliards de dollars aux Africains.

Comme disent Frantz Fanon et Aimé Césaire, il faut aller vers un nouvel humanisme, libérer les hommes d'eux-mêmes. Le tam tam baragouine le message cosmique. Seul le nègre est capable de le transmettre, d'en déchiffrer le sens, la portée....

Et voici le nègre réhabilité, ''debout à la barre'', gouvernant le monde de son intuition, le nègre retrouvé, ramassé, revendiqué, assumé... alertant les antennes fécondes du monde, planté dans l'avant-scène du monde, aspergeant le monde de sa puissance poétique... J'épouse le monde ! Je suis le monde ! Le Blanc n'a jamais compris cette substitution magique. Le Blanc veut le monde ; il le veut pour lui tout seul... Il l'asservit. Il s'établit entre le monde et lui un rapport appropriatif. Mais il existe des valeurs qui ne s'accommodent qu'à ma sauce... Entre le monde et moi s'établissait un rapport de coexistence. J'avais retrouvé l'Un primordial...

La lecture de Cheikh Anta Diop, Frantz Fanon, Aimé Césaire, Cress Welsing (parmi d'autres) nous convainc en tant que Noire, qu'effectivement, il existe des valeurs qui ne s'accommodent pas aux Blancs. Afin de mieux faire ressortir ces valeurs, il nous faut la lecture de Cheikh Anta pour la rigueur scientifique, la lecture de Césaire pour l'énonciation poétique, la lecture de Fanon pour l'élément psycho révolutionnaire, et la lecture de Cress Welsing pour une nouvelle explication psychologique des symboles et des comportements.

D'aucuns trouveront que le Docteur Cress Welsing élabore une théorie raciste. Qu'ils lisent tous les comptes-rendu jusqu'ici au bout avant de se prononcer, car sa théorie n'a pas été élaborée au hasard. Elle dissèque chaque aspect de la vie aux Etats-Unis où les Noirs se trouvent être une minorité. Depuis Gunnar Myrdal (Le Dilemme américain) elle est la première à aller droit au but : démasquer le système de la suprématie blanche. Elle le fait pour que les Noirs et les non-Blancs ne soient pas dupes, pour qu'ils puissent être libérés, une fois pour toutes, de leurs angoisses, de leurs complexes. C'est un livre qui s'adresse surtout au lecteur noir, mais peut intéresser tout le monde.

Les Blancs de bonne foi ne doivent pas craindre de découvrir certaines vérités qu'il n'est plus possible de passer sous silence. La grande déesse noire, Isis, dont le culte a duré en Egypte plus de trente-cinq siècles, et été observé comme religion universelle près de mille ans, a inculqué aux peuples de la terre les principes de justice (maât, en égyptien) et d'humanisme5. C'est certainement pour cette raison que Cress Welsing a intitulé son livre The Isis Papers. Isis, grande patronne de la justice, dont le culte a ouvert la voie au judaïsme et au christianisme, veille encore sur nous tous.

N.B. : Qu'il me soit permis de remercier mes amis, le Dr. Théodore Ette et Dr. Henri Gadou, de leur aide précieuse.

Lillie Elizabeth Trent, Juillet 1992

Frances Cress Welsing, M. D.


 Chapitre 1 : La Théorie Cress de la Confrontation des Couleurs et du Racisme (suprématie blanche): une théorie psychogénétique et une vue du monde (1970)

Hormis la religion, une bonne partie de la connaissance, connue sous le nom de science, postule que tous les phénomènes observables peuvent être expliqués, du moins circonscrits par l'investigation et l'analyse de l'esprit humain. Le racisme (ou suprématie blanche) étant perçu comme le phénomène observable le plus important de nos jours, les sociologues et autres scientifiques devraient donc pouvoir y trouver une explication.

Dans ce petit monde d'aujourd'hui, au moins les trois quarts des humains sont « non-blancs » et sont sujets à la domination, à travers leur quotidien, soit directement soit indirectement, par une minorité se définissant comme « blanche ». Le racisme a été décrit et défini de diverses manières (Cf. Gullattee, Comer, Butts et Pinderhughes). Toujours est-il qu'à mon point de vue, le commentaire fait par Oliver C. Cox dans Caste, Class and Race, qui affirme qu'il n'y a jusqu'ici aucune théorie consistante des relations entre races, prévaut toujours.

Neely Fuller, dans son traité (1969), observe que contrairement aux idées actuelles, il n'y a qu'un seul racisme fonctionnel dans le monde : la suprématie blanche. La seule définition valide et opérationnelle du racisme est la suprématie blanche ; qu'elle que soit la revendication des « non-Blanc » à l'indépendance économique et/ou politique, en dernière analyse, ils seront toujours victimes du processus de la suprématie blanche. Fuller explique que le racisme est un système opérationnel universel de la domination et de la suprématie blanche auquel participe la majorité du monde blanc ; ce n'est pas une question d'évolution économique qui en est à la base.

Au contraire, il révèle l'inadéquate analyse de telles théories en suggérant plutôt que les divers systèmes économiques tels le capitalisme, le communisme et le socialisme sont autant de dispositifs raffinés utilisés pour atteindre les buts primaires de la domination blanche : l'établissement, la maintenance, l'expansion et le perfectionnement de la domination mondiale par des membres d'un groupe qui se classe lui même comme « race » blanche. Fuller suggère que le mot race n'a plus sa signification biologique et qu'il s'agirait plutôt d'organisation.

Son concept de couleur amplifie l'assertion faite par W.E.B. du Bois (1903) dans The Souls of Black Folk que le problème de la couleur est un grand problème de ce vingtième siècle. Le poids crucial dans le travail de Fuller est la description des relations entre « non Blancs » et « Blancs ». Impressionnée par le fait que le concept d'un système de domination blanche sur le monde « non blanc » pouvait expliquer la réalité sociale d'une situation difficile de « non blanc », l'auteur (Dr. Cress Welsing) s'est appesantie, en tant que psychiatre, sur une force motivante possible à la fois aux niveaux individuels et de groupes.

Elle a pensé que cette force motivante pouvait expliquer l'évolution de ces modèles de comportement social qui fonctionnent dans tous les domaines de l'activité humaine (économie, éducation, divertissements, travail, législation, politique, religion, sexe et guerre). Pour Fuller, tout ceci a trait aux modèles de pensée, de langage et d'action pratiqués à des degrés divers par la plupart des gens du monde blanc. Le seul commentaire qu'il a fait sur l 'étiologie est que :

La raison qui fait que la plupart des Blancs haïssent le Noir est que les Blancs ne sont pas des Noirs. Le Docteur Cress soutient que la qualité d'être blanc est effectivement une insuffisance ou un état relatif de déficience génétique, basée sur l'incapacité génétique de produire la mélanine pour la pigmentation de la peau. Ainsi, la grande majorité des habitants de cette planète ne doit pas se croire condamnée au désespoir, la couleur étant normale pour les êtres humains, et l'absence de couleur, anormale.

En plus, cette absence de couleur agit toujours comme une récession génétique par rapport au facteur génétique dominant de la production de la couleur. La couleur annihile toujours (d'un point de vue phénotypique et génétique) la non-couleur, blanche. Les Noirs possèdent le plus grand potentiel de couleur, les bruns, les rouges et les jaunes possédant respectivement moins. Ceci est la base génétique et psychologique de La Théorie Cress de la Confrontation des Couleurs et du racisme (suprématie blanche).
La Théorie Cress affirme que les Blancs ou Européens, à la couleur déficiente, ressentent une profonde insuffisance numérique et une infériorité de couleur, dans leurs rapports avec les gens de couleur.

Comme on peut s'y attendre dans le cadre des théories psychologiques modernes, les Blancs, pour se défendre, ont développé un sens incontrôlable de l'hostilité et de l'agression. Cette attitude a continué de se manifester à travers l'histoire des confrontations des masses entre Blancs et hommes de couleur. Le fait que l'hostilité et l'agression initiale viennent seulement des Blancs est rapporté dans de nombreuses revues, journaux et livres écrits par des Blancs.

Les faits enregistrés indiquent aussi que ce n'est qu'après de longues périodes grands abus que les gens de couleur ont répondu défensivement par toutes les formes de contre-attaque. Cette réaction psychologique, expression d'un embarras, a été dirigée contre tous les gens capables de produire de la mélanine. Cependant, l'agression la plus brutale a été dirigée contre les Noirs, qui avaient le plus grand potentiel de couleur et, par conséquent, sont les plus enviés et les plus craints dans la compétition génétique des couleurs.

L'expression de l'insuffisance numérique et de l'infériorité générique due à la couleur conduisit les Blancs à mettre en œuvre un nombre impressionnant de mécanismes psychologiques de défense dévastateurs pour les gens de couleur. La manœuvre initiale de défense psychologique était la répression de la conscience initiale et douloureuse d'insuffisance. La défense initiale de l'Ego fut renforcée par une foule d'autres mécanismes de défense.

Un des plus importants de ces mécanismes de défense a été la « formation par réaction », une réponse qui convertit (au niveau psychologique) quelque chose de désiré et envié mais totalement inaccessible en quelque chose de discrédité et de méprisé. Les Blancs désirant avoir une peau de couleur mais incapables d'atteindre ce but, proclamèrent (consciemment ou inconsciemment) que la couleur de la peau les dégoûtait, et commencèrent à attribuer des qualités négatives à la couleur -- spécialement à la couleur noire. De façon intéressante, le terme « non blanc » est une double négation débordant sur une affirmation positive. C'est peut être un lapsus freudien dans lequel l'utilisation du langage révèle intimement la première dynamique psychologique.


L'envie pour les blancs d'avoir une peau de couleur peut se remarquer aux tout premiers signes du printemps ou de l'été quand ils commencent à se dépouiller de leurs vêtements (en autant de pièces que le permettent les lois), laissant souvent leurs peaux se brûler sévèrement dans leur tentative d'ajouter quelque couleur à leurs corps pâles et se rendant et se rendant ainsi vulnérables au cancer de la peau dans ce processus. La plupart des produits cosmétiques sont autant de tentatives pour ajouter de la couleur à la peau blanche.

De telles compositions de couleur sont prévues pour les mâles et les femelles blancs. Et finalement, d'énormes millions de francs sont dépensés annuellement en produits chimiques annoncés comme étant capables d'augmenter le potentiel de tannage des blancs. Le fait que des Noirs ont essayé de changer la couleur de leur peau en blanc ne diminue pas la force de cette argumentation par le fait qu'il peut être facilement démontré que ces non-blancs sont en train de répondre aux conditions sociales déjà établies, de la suprématie blanche. Un tel processus, comme on l'a vu chez les Noirs et autres non-blancs, peut être décrit comme une identification avec l'oppresseur.

Un autre exemple de défense du type « formation-réaction » est l'élaboration du mythe de la supériorité génétique blanche qui continue d'être renforcé assidûment (noter les analyses récentes de Jensen, acceptées à tous les niveaux de la structure sociale blanche). Etant conscients de leur relative inaptitude à produire la couleur de peau, les Blancs construisirent le mythe de la supériorité génétique blanche. En outre, les Blancs entreprirent l'énorme tâche de développer une structure sociale, politique, et économique qui supporterait le mythe de l'infériorité des Noirs et autres non-Blancs.

Une manœuvre de défense psychologique supplémentaire utilisée par les Blancs a été celle de la projection. Sentant une extrême hostilité et une haine féroce envers les non-Blancs, les Blancs commencèrent à élaborer des schémas faisant d'eux une race haïe par les non-Blancs. Dans beaucoup de cas, ce mécanisme a servi à atténuer occasionnellement le sentiment de culpabilité des Blancs dans leur impulsion d'agression contre les Noirs et autres gens de couleur.

Un autre exemple, peut être spécial, de l'utilisation de la projection, est le désir historique continuel des Blancs de relations sexuelles avec les non-Blancs, un désir auquel les mâles blancs se donnent libre cours à travers le monde. Ce profond désir a été projeté sur les mâles et femelles noirs et s'est manifesté par la notion que les gens de couleur ont des désirs sexuels pour les mâles et femelles blancs. La Théorie de la Confrontation des couleurs postule que les Blancs désirent encore et encore bien des rapports sexuels avec les non-Blancs, mâles et femelles, parce que c'est seulement à travers cette voie que les Blancs peuvent achever l'illustration d'être capable de produire de la couleur.

La rage implacable suscitée contre l'idée d'une relation sexuelle entre l'homme noir et la femme blanche, qui a été longtemps un thème dominant dans la culture de suprématie blanche est considérée par la Théorie de la Confrontation des Couleurs comme la résultante de l'intense crainte du mâle blanc de la capacité du mâle noir d'accomplir la plus grande attente de la femelle blanche, qui est celle de concevoir et de mettre au monde un enfant de couleur. Il y a d'autres conduites sexuelles pratiquées par quelques Blancs, qui peuvent être éclairées par la thèse de la confrontation des couleurs.

Par exemple, dans son autobiographie, Malcolm X affirma que la perversion sexuelle qu'on lui demandait d'opérer le plus souvent, était pour lui, en tant que mâle noir, d'avoir des relations sexuelles avec des femelles blanches, en leur présence, pendant qu'ils (les Blancs) regardaient. Ce modèle de conduite de la part des mâles blancs, au lieu d'être rejeté comme une perversion, peut être compris quand il est vu comme l'identification fantasmée du mâle blanc avec la capacité du mâle noir de donner les produits conceptuels de couleur aux femelles blanches – quelque chose que les femelles blanches désirent désespérément mais que les mâles blancs ne peuvent réaliser. D'autres témoignages vivants sont donnés par les mâles noirs qui se sont engagés dans des rapports sexuels avec les femelles blanches. Ces hommes rapportent qu'une expression fréquente des femelles est qu'elles souhaitent avoir des bébés noirs.


La Théorie de la Confrontation des Couleurs explique aussi pourquoi les testicules des males noirs étaient les parties du corps que les males blancs attaquaient dans la plupart des lynchages (contre les Noirs) : les testicules gardaient les éléments génétiques puissants producteurs de couleur. De la même manier, la focalisation des males blancs et des femelles blanches sur la taille des pénis des males noirs est vue par la Théorie Cress comme un déplacement du sujet génétique de la production de couleur dans les testicules.

Puisque le fait de l'envie de couleur doit être réprimé, le désir de couleur ne peut jamais être mentionné dans les collapsus de la structure psychologique blanche entier. C'est pourquoi l'attention est déplacer vers un objet ou symbole moins menaçant – le pénis. Enfin, la dégradation du sexe dans la culture de suprématie blanche, offre un autre comprendre la dynamique de l'auto aliénation des Blancs au plan de leur apparence physique.

Au niveau le plus important, le sexe du Blanc peut être considéré comme une reproduction de sa propre image, de son « moi » et de son espèce. Selon la Théorie de la Confrontation des Couleurs, la culture de suprématie blanche dégrade l'acte du sexe et le processus de l'auto-reproduction parce que, pour les Blancs tous les deux sont réflecteurs de la blancheur et, en retour, de leur incapacité à produire de la couleur. Cette déficience est clairement méprisée et est affirmée plus explicitement dans les religions et les philosophies morales de la culture de suprématie blanche.

Cependant, cette manière de dégrader l'acte sexuel ne se rencontre pas dans les cultures non blanches. En réalité, c'est le contraire : l'acte de reproduction est tenu dans la plus grande estime, comme cela est reflété dans les pratiques artistiques et religieuses des non-Blancs. Les pratiques artistiques et religieuses de l'Inde et de l'Afrique offrent des témoignages forts et continus de ce fait. Chez les Blancs, cette source initiale du sentiment d'aliénation de soi et de l'acte qui façonna leur image, trouve une expression conséquente dans leur processus de pensée, leurs philosophies religieuses, leurs codes moraux, leurs actes sociaux et la structure sociale entière.

Les psychiatres et autres scientifiques étudiant le comportement utilisent souvent les modèles de comportement ouvert envers les autres comme une indication de ce qui est ressenti fondamentalement au sujet de soi-même. Si la haine et le manque de respect sont manifestés envers d'autres, la haine et le manque de respect sont ressentis le plus souvent au niveau le plus profond envers soi-même. Les facettes des autres modèles de comportement à l'intérieur du cadre culturel de la suprématie blanche supportent une telle analyse. Par exemple, plusieurs écrivains blancs, dans toutes les parties du monde, expérimentent et écrivent sur leur profond sens d'auto aliénation.

En plus, quelques-uns des comportements sociaux courants, considérés par les Blancs comme allant à l'encontre de l'idéologie et des valeurs de la structure sociale blanche, bien que non décrits par la terminologie utilisée ici, peuvent être, à un certain niveau, tenus pour l'expression du même fond d'aliénation par rapport à la couleur blanche. Ainsi les « hippies » et les « marginaux » en laissant la saleté s'accumuler sur eux, en un sens, ajoutent de la couleur à leur peau.

En laissant aussi leur chevelure faciale proliférer, ils se couvrent avec la seule partie de leurs corps qui ait une couleur substantielle, leur chevelure. Ces tentatives folles faites par les Blancs pour contrecarrer ce sentiment d'aliénation prennent la forme de pratiques sexuelles libres et ouvertes, et d'orgies sexuelles. De telles tentatives resteront sans effet parce que, une fois encore, le centre du problème est un sentiment d'aliénation dû à leur propre manque de couleur (décoloration) et, ensuite, aux constructions et représentations que les Blancs ont élaborées autour de ce centre psychologique depuis des siècles.

L'incapacité foncière des Blancs à vivre et à fréquenter l'école avec des non-Blancs se traduit dans la structure de l'habitat et dans le système éducatif à travers le monde entier. En termes de confrontation des couleurs, cette incapacité est vue comme une gêne (un malaise) vécue par les Blancs dans les situations où, en côtoyant leurs voisins de couleur, ils doivent faire face quotidiennement à leur insuffisance de couleur. Il y aussi le fait que le mythe de la supériorité blanche est mis en défaut dès que, au plan social et économique, les mêmes opportunités s'offrent à la fois aux Blancs et aux non-Blancs.

Par rapport au paramètre de la couleur, la personnalité du Blanc ne peut être stabilisée qu'en maintenant les Noirs et les non-Blancs dans des positions nécessairement inférieures. La situation d'une proximité massive des Noirs est intolérable pour les Blancs parce que les Noirs sont, de façon inhérente, plus que des égaux. Les gens de couleur auront toujours quelque chose de nettement visible que les Blancs ne pourront jamais avoir ni produire : le facteur génétique de couleur. Toujours, par rapport à la couleur, les Blancs se sentiront génétiquement inférieurs.

La difficulté qu'ont les Blancs à accorder aux non-Blancs l'égalité sociopolitique et économique à l'intérieur de la structure de la suprématie blanche n'est issue ni d'une idée morale, ni d'un besoin politique ou économique, mais plutôt profond de leur propre condition d'inégalité au regard de leur infériorité numérique et de leur déficience de couleur. Ils ne peuvent compenser leur insuffisance de couleur qu'en se plaçant dans des conditions sociales supérieures. L'insuffisance de couleur de la blancheur nécessite une structure sociale basée sur la supériorité blanche.

Seul le « Tokenism » peut être toléré par un état psychologique de motivation où l'évolution du mythe du non-Blanc exceptionnel est utilisée, encore une fois, comme un mécanisme de défense. La croyance en la supériorité sur les gens de couleur, l'attrait de l'accumulation des richesses matérielles et l'attrait de la culture technologique et la puissance sont les pierres angulaires de la culture universelle de suprématie blanche et sont vus, en termes de confrontation de couleurs, comme des réponses au profond sentiment d'insuffisance. Cette insuffisance (imperfection) n'est pas mesurée en termes de taille d'enfant comparée à celle de l'adulte, contrairement à ce que postulait Alfred Adler. C'est plutôt une insuffisance qui prend racine dans l'incapacité à produire de la mélanine. Cet état génétique est, dans le cas actuel, une variante de l'albinisme.

 


 

La Théorie de la Confrontation des Couleurs postule plus loin que les Blancs sont vulnérables du fait de leur insuffisance numérique. Cette insuffisance est apparente dans leur besoin instinctif de diviser la vaste majorité des non-Blancs en minorités partielles sujettes à la friction. Ceci est considéré comme une réponse fondamentale du comportement des Blancs à leur propre statut de minoritaire. La « race » blanche a structuré et manipulé ses propres processus de pensée et modèles de comportement, aussi bien que ceux de la majorité du monde non-blanc, de telle sorte que la minorité numérique réelle (les Blancs), se sente et se représente illusoirement comme la majorité dans le monde, tandis que la vraie majorité numérique (les non-Blancs), se sent et se considère elle-même comme une minorité.

De façon intéressante, le fait demeure que le collectif blanc, chaque fois qu'il discute de la question de couleur, ne discute jamais d'aucun de ses groupes ethniques particuliers comme (étant) des minorités, mais se focalise constamment sur les divers groupes ethniques, groupes de langues et de religion des non-Blancs comme des minorités. Alors de gros efforts sont faits pour créer des conflits entre les groupes arbitraires. Ceci est une des méthodes clé par laquelle une minorité peut demeurer au pouvoir. Le modèle de « division de friction et de conquête », observable à travers l'histoire partout où les non-Blancs sont confrontés aux Blancs, résulte de façon primaire de la déficience de couleur chez les Blancs, et secondairement de leur sentiment d'insuffisance numérique.

Ce modèle, alors, est un ajustement compensatoire pour permettre le confort psychologique à travers la domination et le contrôle. (Voir Diagramme I). De façon similaire, la focalisation effrénée sur le contrôle des naissances du monde non-blanc tout entier est un autre exemple de la prise de, avouée ou non, Blancs de leur état de déficience numérique. La naissance des Blancs n'a jamais fait l'objet d'un accent particulier ; en réalité, il existe quelques gouvernements blancs qui donnent des dividendes aux citoyens pour une plus grande procréation. Ce qui est mentionné ci-dessus représente seulement quelques exemples choisis parmi des millions de grands et petits modèles de comportement pratiqués par les Blancs à une échelle variable.

Cependant ces exemples démontrent effectivement le besoin névrotique individuel et collectif de se focaliser sur la couleur, le sexe, la génétique, le nombre, la supériorité, l'infériorité, la suprématie blanche et le pouvoir. La Théorie de la Confrontation des Couleurs soutient que les faits ci-dessus mentionnés peuvent être expliqués à partir du sentiment psychologique de la déficience de couleur et de l'insuffisance numérique. Les modèles de comportement individuels qui, au fil du temps, se développent en modèles collectifs, sociaux, institutionnels maintenant systématiques, sont perçus comme les origines du « système de suprématie blanche », opérant à un niveau universel comme les seuls racismes effectifs fonctionnels existant dans le monde d'aujourd'hui.

De plus, le racisme (suprématie blanche), cette époque historique, est vu comme une contradiction sociale éclatée et la dynamique sociale majeure dominant toutes les autres en influençant les pratiques et décisions sociales universelles. La Théorie de la Confrontation des Couleurs reconnaît le racisme comme un des forces dominantes, déterminant le développement du caractère, la personnalité et le type de formation. C'est pourquoi une définition fonctionnelle du racisme (suprématie blanche) serait le syndrome de comportement de l'infériorité de couleur et de l'insuffisance numérique, individuel et collectif, qui inclut les modèles de pensée, de langage et d'action, comme cela a été vu parmi les membres de l'organisation blanche (race).


Quelles sont maintenant les implications de cette théorie ? Le fait majeur important est que pour la première fois depuis des siècles, les non-Blancs à travers le monde ont une base rationnelle pour comprendre, dans leurs nuances, les motivations du comportement individuel et collectif blanc. La thèse de la Théorie de la confrontation des couleurs est que la majorité des gens de ce monde, les non-Blancs, ont été placés dans des positions de subordonnés parce que, n'ayant jamais expérimenté un tel statut en termes de leurs propres processus et prémisses de pensée, ils n'étaient pas préparés à comprendre des modèles de comportement définis sur la base d'un sens des couleurs déficientes et des insuffisances numériques.

Ceci est analogue à l'homme aux deux yeux, qui trouve, sinon impossible, du moins difficile de comprendre les modèles de comportement et les motivations de l'homme né congénitalement avec un œil, qui a toujours regardé la condition de l'homme aux deux yeux avec un antagonisme jaloux et, peut être, avec une certaine agressivité.

Forts de cette intuition, de ce savoir et de cette compréhension des choses, les non-Blancs cesseront d'être vulnérables aux manœuvres de comportement individuel ou collectif des Blancs. Les non-Blancs seront moins vulnérables aux messages de supériorité blanche qui rayonnent à travers l'univers connu et s'infiltrent dans les cultures qui sont dominées par le système de la suprématie blanche. Cette compréhension aura une grande influence sur les ego en développement et sur les images qu'ont d'eux-mêmes tous les enfants des non-Blancs, ces enfants qui subissent les graves préjudices de la culture de la suprématie blanche.

Et qui plus est, toutes les fois qu'ils seront confrontés à l'idéologie de la supériorité ou la suprématie blanche, les non-Blancs comprendront que ce n'est qu'un ajustement psychologique compensatoire à un état de déficience génétique et générique ; ainsi, le message de la suprématie blanche peut être évalué et nié plus promptement.

Ceci permet aux non-Blancs d'obtenir leur libération psychologique de la domination idéologique blanche qui affecte gravement le fonctionnement général des nin-Blancs. De plus, les non-Blancs seront moins exposés à être entraînés dans des conflits les une avec les autres, ce qui affaiblirait la domination continue du système de la suprématie blanche. En outre, les Blancs du monde entier pourraient vraisemblablement bénéficier d'une telle prise de conscience de ce qui est à la base des comportement qui les défient souvent.

S'ils sont sincères dans leurs tentatives d'arrêter les pratiques de la suprématie blanche (racisme), les Blancs peuvent être capables de trouver des méthodes pour y parvenir, une fois la cause entendue. Peut-être qu'un psychiatre pourra développer une psychothérapie de masse (un théâtre thérapeutique anti-raciste) pour aider les Blancs à se sentir à l'aise avec leur couleur et leur nombre. Cependant, on peut prévoir un problème majeur qui naîtrait de la difficulté éventuelle qu'il y aurait à inciter les Blancs à renoncer (en partie) aux gains secondaires historiquement acquis à partir du système raciste.

Il ne m'appartient pas de répondre à la possibilité, pour les Blancs, d'accepter cette analyse du problème blanc dans les relations humaines. Je sais que la plupart des gens de ce monde sont entrain de chercher une réponse au dilemme qu'on a appelé à un moment « le Dilemme américain ». Ils sont à la recherche d'un changement. Peut être la Théorie Cress de la Confrontation des Couleurs les aidera-t-il à réaliser ce changement. En tout cas, je me souviens du mot du biographe de Freud, Ernst Jones : En dernière analyse, la justification de toutes les généralisations scientifiques est qu'elle nous permet de comprendre quelque chose qui autrement reste obscure.

Et, comme James B. Conant l'a affirmé :

Le critère d'une idée nouvelle réside non seulement dans son aptitude à relier des faits connus jusque-là, mais beaucoup plus dans sa capacité ou non à stimuler d'autres expériences et d'autres observations qui s'avéreront, à leur tour, fructueuses. Cet aspect dynamique de la science vu non comme une entreprise pratique mais comme un développement de schémas conceptuels, me semble être proche du cœur de la meilleure définition de la science.

Cet essai analyse le phénomène comportemental universel de la suprématie blanche (racisme), et le place dans le cadre et le contexte conceptuels d'une formation théorique. Les principes de base inhérents au spectre des relations couvrent tous les domaines d'activité de la vie entre les gens qui se classent eux-mêmes comme Blancs, et ceux que les Blancs ont classés comme étant des non-Blancs.

Diagramme I

La dynamique psychogénétique et sociale du racisme (suprématie blanche)

Facteur génétique : état d'insuffisance de couleur (blanche) ; un albinisme ou variante

Réponse psychologique individuelle ou de groupe ; développement de mécanismes psychologiques de défense

Système logique compensatoire : suprematie blanche

Pratiques comportementales compensatoires : (économie, éducation, divertissements, travail, législation, politique, religion, sexe, guerre)

« Système » et culture du comportement de la suprématie blanche à l'échelle du monde

Oppression systématique, domination et infériorisation de tout le monde pourvu de la capacité de produire des quantités suffisantes de mélanine de pigmentation de la peau : noirs, bruns, rouges et jaunes de la Terre (Traduction de Lillie Trent)

Frances Cress Welsing, M. D.

Chapitre 2 : L'origine de l'Aliénation, l'Anxiété et le Narcissisme (1980)

Bien vouloir se référer à l'ouvrage de l'auteur.


 En guise de conclusion:

L'égarement des Africains, par Pr Molefi Kete Asante: 

 

"Les Africains doivent accepter d'être le centre de leur propre récit historique, car leur projet est de maintenir les africains dans un état d'égarement permanent." (Pr Molefi Asante, fondateur Afrocentricity International, USA)


L'Afrocentricité est une interprétation consciente du rôle que les Africains jouent et ont joué à travers l'Histoire. Et je me suis rendu compte que, une des choses fondamentales est que lorsque nous avons été arrachés de force du continent africain et ramenés ici à bord des bateaux d'esclaves, nous sommes sortis de nos cadres d référence. Je vous explique. Dans une large mesure, nous avons perdu nos religions, nous avons perdu l'essentiel de nos langues, nous avons perdu la plupart des savoirs qui ont émergé sur le continent africain durant des milliers d'années.

Nous avons perdu notre connexion avec nos Ankhcêtres. Nous avons été totalement débarqués de nos cadres. Nous avons même perdu notre conception de la beauté et notre conception du bien. Parce que nous avions vu tant de choses mauvaises et laides. Et nous n'arrivions pas à comprendre ce qui nous était arrivé. Voilà la réalité du vécu de l'Africain. Et après vous me demandez ce qui ne va pas chez les étudiants noirs ou ce qui ne va pas chez les noirs parfois ou ce qui ne va pas chez dans la manière dont d'autres peuples nous perçoivent.

Il s'agit d'un égarement. D'une mauvais orientation. Ne pas être au bon endroit. Être dépossédé des savoirs, du contact direct à l'information entre autres. Donc ce que je propose, c'est une idée mentionnée dans mon livre en 1980. Je propose que les Africains vivant ici en Amérique et ceux du monde entier, car j'ai découvert que sur le continent africain, beaucoup de gens ont le même problème auquel nous faisons face, l'égarement. L'égarement psychologique et culturel, l'égarement spirituel, l'égarement esthétique. Mais voici la solution à cela.

Les Africains doivent accepter d'être le centre de leur propre récit historique. Replaçons-nous au sein de notre propre récit. Nous ne sommes pas à la marge du récit européen ou du récit de n'importe quel autre peuple. Nous sommes un peuple historique. Nous avons un pouvoir d'action. Pouvoir d'action peut-être méconnu de certains, peut-être caché par certains. Ce que je dis est profond!

Et pourtant, nous nous battons contre la limitation du développement du pouvoir d'action. C'est un terme créé par le chercheur Michael Tillotson. La limitation du développement du pouvoir d'action. C'est une chose que les Africains doivent affronter quand ils essaient de quitter la plantation ou lorsqu'ils veulent être indépendants ou libérés. Il y a toujours des gens qui viendront vous stopper et vous faire reculer. Si vous dites: ''Nous devrions avoir un département d'études africaines dans cette université''. Quelqu'un dira: ''Non nous n'en avons pas besoin.''

La limitation du développement du pouvoir d'action, encore et toujours! Parce que le projet est de maintenir les Africains dans une situation d'égarement.

Passons à l'Afrocentricité. L'Afrocentricité est l'idée selon laquelle les Africains doivent se considérer et doivent être considérés par les autres peuples comme étant le centre d'un cadre historique basé sur leur propre réalité et leur vécu. C'est aussi simple que ça. Cette idée ne s'oppose à personne. Beaucoup de gens sont contre l'Afrocentricité, je vais en parler. Mais nous ne sommes contre personne. Le but ici est de comprendre! Comprendre les Africains comme nous souhaiterions comprendre les autres peuples. L'Afrocentricité n'enlève rien à personne.

''Ils se sont moqués de vos noms, et vous avez changé de nom. Ils se sont moqués de vos habits, et vous avez changé d'habits. Ils se sont moqués de vos cheveux, et vous avez acheté des défrisants. Ils se sont moqués de votre peau, et vous avez acheté des éclaircissants. Ils se sont moqués de vos langues, et vous avez adopté les leurs. Ils se sont moqués de vos religions, et vous avez embrassé les leurs.'' (Malcom X)

 

Intervention du Pr Obenga Théophile

obengatheophile

Hotep,

chers internautes, c'est avec plaisir que je publie la vidéo du lancement du nouvel ouvrage du Sem Shou Hor Obenga Théophile.

Vie, Santé, Force!   

                                                                                                                                                                              

Afrique : Connaîs toi, toi même !

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Tant que nous resterons de simples imitateurs de la culture des autres, nous resterons des suiveurs et non des leaders.

Le professeur Cheikh Anta Diop clamait qu’ : "Aussi longtemps que la culture ou les cultures africaines ignoreront l’Egypte, qui est la première manifestation culturelle sur ce continent, il nous sera impossible de bâtir un corps de science humaine. Il ne s’agit pas de s’inventer un passé plus ou moins glorieux comme on le croit souvent. Ceci serait futile et sans intérêt aucun.". [1]

Si toute l’Afrique veut entrer de nouveau dans son moi culturel, elle ne pourra pas éviter de renouer avec l’Egypte dans tous les domaines qu’ils s’agissent de la recherche linguistique, de l’histoire des sciences, de la religion, de la recherche architecturale, de la musique, de la danse, de la médecine de tous les domaines de l’activité humaine, les premières réalisations nous renvoient à la vallée du Nil et c’est seulement en renouant avec la culture de cette vallée que nous pourrons bâtir un corps de science humaine. C’est cela l’enjeu, il faut le comprendre

RECONSTITUTION DE NEFERTITI

SCULPTURE DE NEFERTITI

DES NOMS QUI NOUS SONT ETRANGERS

Le nom chez l’Africain, qui a une signification philosophique, religieuse, éducative et historique, n’était jamais choisit au hasard.

Le chercheur Doumbi Fakoly nous dit à juste raison : « Plus qu’un instrument d’identification le nom est, à la fois, le réceptacle des émotions collectives et le siège de la mémoire populaire. Interprète de toute la gamme des préoccupations auxquelles les peuples ont eu à faire face. »

Nous avons substitué nos noms à des noms étrangers qui sont souvent en rapport avec notre nouvelle appartenance religieuse. Pourtant une religion qui se veut d’ordre universelle ne devrait imposer à aucun peuple de supplanter ses noms authentiques par des noms étrangers. Porter un nom étranger à notre peuple nous renvoie automatiquement à l’histoire de ce même peuple.

BARQUE KAMITE

LES MOEURS ET COUTUMES

Nos mœurs et nos coutumes constituent notre héritage culturel et spirituel voilà pourquoi il faut les préserver ; ils nous enseignent les rapports de l’homme à son semblable et à son environnement.

Voici un exemple tiré de la civilisation seereer qui a totalement gardé ses valeurs traditionnelles [2] Avant de porter un habit neuf le seereer dira la prière suivante :

Roog o yaal in Seen, na ata nof Wo ci’axam ndoki ne Ee naayaaxoong ba naayataam

Ce qui signifie :

Dieu, notre Seigneur, C’est par ta puissance, que tu m’as donné cet habit. Toi, l’habit, je t’ai monté et que tu ne me montes jamais

Cette toute petite prière enseigne à l’enfant dès son plus jeune âge, à ne pas s’attacher au matériel. Car lorsque le matériel prend le dessus sur un être humain, ce dernier hyper sensible aux tentations malsaines, à la corruption et même à la prostitution de son âme.

UN EGYTPIEN EN PRIERE

LA LANGUE

La langue n’est pas seulement un moyen d’expression. Elle est aussi la mémoire du passé. Elle contient toutes les réalités vécues par un peuple. Aussi longtemps que nos pays continueront à être gouvernés et administrés dans des langues étrangères, inintelligibles pour la grande majorité africaine, leur développement demeurera impossible.

Le professeur CHEIKH ANTA DIOP avait coutume de dire que «  la démocratie, la justice sociale, le socialisme dans une langue étrangère ne sont que des vocables vides de sens, des leurres » [3]

LES CEREMONIES COMMEMORATIVES

Les cérémonies commémoratives ont pour but de rappeler à la mémoire un événement de grande importance vécu par un peuple. Or la quasi-totalité de celles que nous célébrons nous est étrangère. Pour s’en convaincre, il suffit simplement de regarder le calendrier. Nous y trouvons des fêtes juives, chrétiennes et musulmanes. Pour en citer quelques exemples :

• Pessak ou pâques juive - rappelle la libération des hébreux par Dieu qui aurait détourné de leurs maisons égyptiennes l’ange exterminateur,

• Chavouoth ou pentecôtes juive - jour anniversaire du don de la loi à Moîse,

• Le baptême de jésus chez les chrétiens - rappelle la purification de jésus par Jean le baptiste,

• Octave de noêl - rappelle la circoncision de l’enfant Jésus,

• La fête du sacrifice chez les musulmans - commémore le sacrifice du bélier par Abraham aux lieux et place de son fils Ismaêl,

Cependant, concernant la pessak ou paques juive, il faudrait rappeler que toutes les plaies dont les hébreux auraient été victimes ne sont attestées par aucun document historique et aucune fresque égyptienne ou autre.

En ce qui concerne le don de la loi à Moïse, il est intéressant de noter que le Nouveau Testament, nous dit : « Moîse fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres » (Actes, VII, 22).

Et c’est bien de cette sagesse Egyptienne que Moïse a tiré les principes de la religion hébraïque. Il y conserva les rites des temples égyptiens comme la circoncision, les fumigations, les sacrifices, les libations etc....

En ce qui concerne le baptême, il est courant de noter que dans toutes les religions à mystère, ce genre de rite existe. Ce n’est nullement une invention du christianisme. On pourrait aussi constater que le bain des initiés africains le jour de la sortie de leur initiation évoque le baptême chez les chrétiens.

Chez les musulmans, la substitution du bélier à l’enfant pour contenter l’Eternel est également une influence lointaine de l’Egypte sur le peuple hébreu.

ESCLAVES NOIRS CAPTURES PAR LES ARABES
OCEAN INDIEN

LA RELIGION

Nous ne saurions trop insister sur l’importance de la religion que la plupart des gens considère comme quelque chose de personnel.

Chaque Africain devrait faire l’étude comparative des religions d’importation pour bien mesurer l’importance et les conséquences que cela a sur notre peuple. Car beaucoup trop de contre-vérités sont distillées par les religions étrangères uniquement dans le but d’asseoir leur domination.

Aussi la Bible prétend que la race noire est maudite à travers CHAM ou CANAAN, son ancêtre putatif. Dieu aurait décidé de hiérarchiser les races en trois modèles raciaux à partir des fils de Noé, à savoir : SEM (la race sémite), JAPHET (la race indo-européenne) et CHAM ou CANAAN (la race noire)

Voilà ce que la Bible nous dit [4] :

« Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères..., soit béni l’Eternel, Dieu de Sem ; et que Canaan soit leur esclave ! Que Dieu grandisse Japhet ! Qu’il le bénisse dans les tentes de Sem ; et que Canaan soit leur esclave ».

Comme si Dieu qui représente la Justice pouvait tolérer la domination de l’homme par l’homme. Nous pourrions aussi parler de Bilal premier muezzin de l’Islam qui est passé du statut de compagnon du prophète à celui d’esclave.

Voilà pourquoi il est plus que nécessaire pour l’homme noir d’opérer une étude comparative des religions et d’en connaître tous les aspects.

Les 3 religions révélées tiennent leur origine de l’Egypte ancienne puisque le Sépher de Moïses (livre de la loi qui se compose de la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres Deutéronome) leur sert de base.

Par ailleurs, Philon, St Clément d’Alexandrie et les actes des apôtres nous disent que Moïses à été instruit dans les sciences Egyptiennes.

Jean-François Champollion écrivait : « La connaissance réelle de l’ancienne Egypte importe également aux études bibliques et la critique sacrée doit en tirer de nombreux éclaircissements. »

Sigmund Freud, hanté et fasciné par Moïse, proposait l’hypothèse suivante à la suite des fouilles effectuées à Tel el-Armana, site actuel de l’ancienne capitale d’Akhenaton : « Nous aimerions à présent risquer cette conclusion : si Moïse fut un Egyptiens, s’il transmis sa propre religion aux Juifs, ce fut celle d’Akhenaton, la religion d’Aton. »

Et nous savons que non seulement les textes de Salomon empruntent à la Sagesse d’aménemopé, mais également que les similitudes entre le nouveau testament et les textes funéraires Egyptiens sont fréquentes. [5]



Il n’est pas moins instructif de noter la ressemblance frappante entre la naissance virginale de jésus et de Horus plus de 3000 ans plutôt, la résurrection de Jésus et d’Osiris.

TOMBE DE REKHMIRE

Il faut enfin rappeler qu’à Carthage le christianisme triomphant n’hésita point pour représenter la Vierge, à s’approprier les Statues d’Isis tenant Horus.

Nous allons faire la comparaison entre un texte sacré negro-africain seereer et un extrait du Coran.

Cette prière seereer était prononcé à l’approche de l’hivernage ou en période de sécheresse persistante (A savoir que les prières de ce type étaient pratiquées bien avant l’avènement de l’islam en Afrique noire :

Dieu notre Maître, Dieu le Créateur

C’est Toi qui es Roi des Rois

Tout ce qui est élu, c’est Toi qui l’as élu

Tout ce que chacun possède, c’est Toi qui lui as donné

Tout ce dont nous sommes privés, c’est Toi qui nous en as privé

C’est Toi qui as créé le monde, C’est Toi qui as créé tous les êtres

Mais Toi, personne ne t’a créé

C’est Toi qui as créé l’Univers de haut en bas

C’est Toi qui as créé les nuages porteurs de pluies

Nous Te demandons une averse de paix, qui nous apportera la fertilité

Qui nous donnera beaucoup de mil pour que nous puissions manger en paix

Nous et notre famille !

Maintenant, le texte Coranique verset 26 de la Sourate 4 :

Dis O Dieu notre Maître de la Royauté

Tu donnes la royauté à qui tu veux

Et Tu arraches la royauté de qui Tu veux

Tu honores qui Tu veux et Tu humilies qui Tu veux

Le bien est en Ta main

Oui, Tu es capable de tout

Nous pourrions essayer de démontrer d’avantage l’influence déterminante de l’Egypte sur les autres civilisations, mais le plus important aujourd’hui pour l’homme noir, et ce qu’il ne devrait pas perdre de vue, c’est la conscience de race qui n’est nullement du racisme car c’est cette même conscience de race qui mobilise toutes les autres composantes de l’humanité. Elle renforce le sentiment d’appartenance à un groupe et donc la solidarité de ce même groupe envers chacun de ses membres.



Nous tenons quand même à rappeler la nature de notre objectif. Nous voulons uniquement contribuer, modestement, à la réconciliation de l’homme noir avec lui-même, pour que le moment venu il puisse faire un choix, le bon choix. Pour tous ceux qui pourraient trouver ici des propos racistes nous les invitons à revoir l’histoire d’hier et d’aujourd’hui. Et il n’est pas inintéressant de méditer l’exemple de la Mauritanie ou du Sud du Soudan où perdure encore de l’esclavage envers les noirs.

ESCLAVES NOIRS CAPTURES PAR LES ARABES - 1868
FLAGRANT DELIT DE TRAFIC SUR L’OCEAN INDIEN

Sont aussi un appel à la réflexion, les partis politiques xénophobes qui existent aux Etats-Unis et en Europe. Le professeur Cheikh Anta Diop disait qu’il n’aimait pas employer la notion de race car l’humanité à une seule origine. Ceci doit nous permettre de nous rapprocher les uns des autres au lieu de nous éloigner et de nous haïr les uns les autres.

Il disait aussi que la nature au passage crée une espèce et puis ensuite cette espèce se différencie, évolue, s’éteint ou se développe se fragmente mais la nature ne revient pas en arrière pour créer 2 fois l’homme ou 3 fois l’homme. Elle crée une fois l’homme en passant et elle l’a fait en Afrique c’est tout .

Nous visons à ménager les esprits

de ceux qui pensent que nous ne nous relèverons pas

De l’assistance nous n’en demanderont jamais

Tout est déjà établi

Nous venons juste par la droiture, retrouver notre bien

Les heures seront des minutes quand nous compterons les secondes

L’éternité ne sera qu’une voie par laquelle

nous susciterons l’attente du passé pris

Viendront s’associer à nous les tournis qui pèsent depuis le passage de l’étranger

Mais nous ferons face.

Votre serviteur, oh ancêtres limuneux : Pape Sarr

Biographie:

[1] Cheikh Anta Diop - L’importance de l’Egypte dans les civilisations Africaines

[2] Issa laye tiaw - la civilisation seereer

[3] Cheikh Anta Diop - Le combat politique de cheikh anta diop du BMS au RND

[4] Genèse - chapitre 9 versets 20 à 27

[5] l’évêque, Jean - cahiers de l’évangile n°38 suppl.n°40 suppl.n°46

Négritude, Egypte: Les erreurs de nos prédecesseurs

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Négritude, Egypte Pharaonique Noire etc. Pendant plusieurs décennies, des  intellectuels africains ont été très actifs pour relancer une conscience africaine plus optimiste, plus positive et tenter de donner au continent sa dignité, sa respectabilité. Mais sans la prise de conscience de la nécessité des connaissances géostratégiques, ils ont pour la plupart été plus un problème pour l'Afrique qu'une solution, relayant, souvent en bonne foi des théories et des pseudo-solutions préparées par le système dominant pour asservir tout un continent.

L'exemple de l'égyptologie

Les Africains qui vivent en Afrique ou en Occident sont pris dans le tourbillon de la pensée unique occidentale et dès lors, ils sont formatés à prier, à aimer, à haïr, à réfléchir, à s'énerver, à protester, à se rebeller selon les critères bien définis par le système dominant et duquel il est difficile de s'échapper. C'est dans ce cadre que l'Egypte s'est naturellement présenté comme échappatoire virtuel, offert par le système pour donner l'illusion aux Africains de compter ou tout simplement d'avoir eux aussi compté 3000 ans auparavant. Ce qui était bien entendu ingénu et naïf de la part de ceux qui sont tombés dans le piège.

 

"Pourquoi ce sont les intellectuels Africains dits "francophones" qui sont les plus impliqués dans l'égyptologie ? Ce n'est surement pas pour leur proximité géographique avec l'Egypte. Mais tout simplement parce qu'en Europe c'est en France qu'on parle le plus de l'Egypte antique."

 
     

Notamment dès 1799 grâce à la formalisation de l'ouvrage monumentale en 37 volumes dénommé "Description de l'Egypte", du chef de l'expédition militaire de Napoléon Bonaparte, le général français Jean-Baptiste Kleber, cet ouvrage sera publié en 19 ans, c'est-à-dire entre 1809 et 1828 couvrant 4 thèmes : l'Antiquité égyptienne, l'état moderne, l'histoire naturelle et l'atlas géographique de l'Egypte.


L'histoire démarre le 19 Mai 1798, lorsque pour contester l'Egypte au Royaume Uni, Napoléon Bonaparte lance 400 navires de guerre avec 50.000 personnes à bord pour contrôler le port de Suez, point stratégique de la route des Indes orientales, mais aussi tout le patrimoine laissé par les antiques Egyptiens. Avec les militaires, sont embarqués les scientifiques, les ethnologues, les historiens qui seront à l'origine de l'ouvrage cité plus haut. Les missionnaires chrétiens vont s'en servir pour développer les théories les plus invraisemblables pour justifier l'expédition coloniale sur tout le continent africain, en ramenant le tout à une division biblique des races comme décrit dans le chapitre de la Genèse.

La technique de manipulation de certains d'entre eux est celle de magnifier le géni des africains dans l'antiquité égyptienne et constater leur nullité du présent pour en expliquer la décadence et donc l'urgence de les sauver par une nouvelle civilisation. Puisque de toutes les façons les africains ne sont que des maudits soit parce qu'ils descendent du méchant Caïn qui tue son frère Abel, soit parce qu'ils viennent de Canaan l'un des 3 enfants de Noé, maudit par le père pour s'être moqué de lui parce que sourd et dénudé.

L'administration coloniale va y fonder son principal espoir pour diviser les Africains afin de mieux régner entre ceux prétendument venus d'Egypte nécessairement plus intelligents, plus entreprenants, plus beaux et les autres, plus laids, plus fainéants. Alors que les premiers sont des dépravés, des immoraux par nature, les autres sont des pacifiques et des abrutis parce que primitifs et peuvent être plus malléables pour servir les intérêts de l'Europe, voilà pourquoi ils pourront facilement être associés au pouvoir, alors que les premiers en seront exclus.

Ainsi, ce sont les prêtres français pour la plupart qui parleront de l'Egypte pharaonique noire. le prêtre F. Coulbois écrit en 1901 :  "Ne serait-ce pas l'indice que ce peuple de l'Ouzighé (au Burundi), voisin d'ailleurs des sources du Nil, a la même origine que les anciens habitants du pays des Pharaons?" L'un des idéateurs de la Négritude (dite Koutchiste), l'Abbé Léonard Dessailly écrit en 1898 dans :  Le Paradis terrestre et la race nègre devant la science : "Les Kouchites sont venus de Susiane, où ils avaient construit la première civilisation avant de se disperser et ils n'en étaient pas moins des Nègres, voire des Négrilles. Ensuite chaque recul de la civilisation égyptienne est liée à la poussée de ces "kouchites" nubiens sur les descendants Miçraïm moins dégradés".


Certains intellectuels africains et d'origine africaine vont relayer les insultes de L. Dessailly en reproposant à leur manière la même Négritude. D'autres vont offrir de nouveau quant à eux l'Egypte pharaonique noire sans au préalable apporter les éléments contredisant les insultes du père Coulbois et les autres. Pire, ils n'ont nullement cherché de couper ce cordon biblique de la prétendue déchéance de la Génèse et la dégradation de la civilisation triomphante de l'Egypte antique vers les "Nègres Abrutis" modernes dont parlent ces prêtres.

L'historien français Jean-Pierre Chrétien (né en 1937) dans son livre très documenté intitulé "L'invention de l'Afrique des Grands Lacs" publié aux éditions Karthala en 2010 nous dévoile ce côté obscur des relations Europe-Afrique en nous expliquant comment les missionnaires français ont réussi à imposer la France même dans les régions d'Afrique où elle n'était pas présente en orientant la pensée des chercheurs et des observateurs en leur faisant partager leur propre regard culturel sur ces pays. Il met le doigt sur la complicité des Africains qui ont développé l'égyptologie vue sous l'angle de la hiérarchisation des valeurs civilisationnelles, sans comprendre qu'en le faisant, ils contribuaient tout simplement à alimenter et valider  une partie de l'histoire africaine construite dans le but de déstabiliser les sociétés africaines et non pour les glorifier.

Quelles leçons pour la jeunesse africaine?

A chaque époque de la vie d'un village, d'une nation ou d'un continent, correspond la contribution sociétale de ses sages, de ses penseurs, de ses intellectuels. Lorsqu'on se penche sur l'Afrique, et pose une question des plus anodines, à savoir : en quoi les sages africains ont-ils influencé la pensée politique ou le model économique du continent africain depuis la fin de l'occupation européenne de l'Afrique à ce jour? La réponse est connue et malheureusement pas des plus glorieuses, c'est-à-dire, peu ou quasi nulle. La plupart ont renoncé à chercher les solutions aux problèmes d'un présent peu glorieux, pour se refugier dans la contemplation d'un passé victorieux.

On dit que c'est le passé qui nous permettra de comprendre le présent et mieux préparer l'avenir. C'est dans cette logique que des intellectuels africains ont approfondie l'étude de l'Egypte antique avec brio. Mais je crois que cela a été une erreur qui a fait perdre à l'Afrique un temps précieux dans la bataille pour sa liberté mentale.  Je suis convaincu au contraire que c'est en maitrisant le présent que nous serons en mesure de comprendre le passé ou tout au moins d'interpréter le passé avec moins de subjectivité servile. Le passé ne nous renseigne pas sur ce que nous voulons savoir. Le passé est une construction subjective des histoires glorieuses des plus aisés, de la minorité des plus riches. L'histoire est biaisée par sa conception.


J'ai parcouru pendant plus de 20 ans les routes des musés d'Europe pour comprendre le passé des Européens. Et au bout du compte, je me suis rendu compte que je n'avais rien compris du tout, car tous les objets présentés dans ces musés ne retraçaient que le quotidien des riches, tous les témoignages n'étaient en dernier ressort que l'expression écrite de la minorité aristocratique, bourgeoise et cléricale, jamais l'expression du peuple, le plus souvent analphabète.  Ces musées racontaient tous une partie de l'histoire du passé européen. Et non l'histoire.

C'est pour cette raison que j'ai toujours eu du mal à m'approprier de l'histoire de l'Egypte antique comme africain, parce qu'aussi glorieuse soit-elle, elle n'est pas mon histoire, elle est une partie de mon histoire, elle est une infime partie de l'histoire africaine, celle des nantis, celle des plus riches, celle des puissants même dans l'Egypte antique.  S'il est prouvé que je viens de cette frange de population africaine en provenance d'Egypte pharaonique, à 99%, il est de loin plus probable que mes ancêtres dans cette Egypte antique fassent plutôt partie du peuple, fasse partie de la masse des pauvres, souvent même esclaves et dont j'ignore complètement l'histoire.

Et cela n'a donc pas de sens que je me mente à moi même me revigorant en m'identifiant à l'histoire sélective de la vie des dominants du passé, dans l'espoir de m'en servir pour sortir de ma peu envieuse position du dominé d'aujourd'hui.  C'est un comportement qui trahit la naïveté intellectuelle de ses auteurs, car se faisant, ils ont indirectement validé le sort d'humiliation que le dominant d'aujourd'hui inflige aux Africains, oubliant systématiquement toutes nos aspirations, nos frustrations, nos revendications, nos angoisses, nos peurs, notre spiritualité, oubliant nous-mêmes, comme être humains.

Cela a-t-il un sens pour la Grèce d'aujourd'hui de passer son temps à revendiquer la paternité de la démocratie si elle croule sous les dettes et ce sont les financiers des marchés boursiers à gérer de fait le pays? De même, quel sens cela a-t-il pour les intellectuels africains de magnifier les pyramides de l'Egypte antique pour ensuite aller mendier la construction d'une minable salle de classe dans le Sahel ?

En validant la thèse des dominants dans l'Egypte antique, et en nous l'appropriant comme notre unique histoire dans cette Egypte certainement complexe, ils ont accepté et validé le statu quo actuel imposé à l'Afrique par le dominant, de la fragmentation du continent africain en micro états à la disparition progressive et inexorables des langues africaines toujours de moins en moins parlées au profit des langues du dominant. Car ils ont fait comme si rien n'était plus important de l'Egypte.


Voilà pourquoi l'histoire ne nous aide pas à comprendre le présent, mais c'est en maitrisant le présent, en domestiquant le présent que nous aurons les moyens financiers et humains pour étudier le passé, pour comprendre notre propre passé. C'est en nous concentrant à comprendre les pièges que le dominant nous a mis dans le présent pour nous empêcher de nous réveiller que nous réussirons à acquérir notre indépendance mentale, sans laquelle notre appréciation du passé ne pourra être que biaisé et déformé sous le lente grossissante du dominant du présent (Occident). Et nous ne pourrons nous réfugier que dans la consolation et la fascination de la gloire du dominant du passé (Egypte Pharaonique). Pour moi, cela n'a aucun sens de tout miser sur l'Egypte antique pour notre renaissance s'il faut attendre que ce soit les archéologues européens à nous fournir les détails de ce qu'ils ont trouvé, s'il faut aller dans les musées européens pour voir les objets africains, parce que les pays africains n'ont pas l'argent pour entretenir des musées.

Lorsque le général Kleber crée la première section africaine de la Franc-maçonnerie à Alexandrie en 1800, dénommée Loge Isis, l'idée est celle de façonner une classe dirigeante servile africaine qui pourra prendre le pouvoir dans ce qu'on a appelé l'Administration Indirecte, c'est-à-dire, des laqués, des prête-noms, des sous-préfets. C'est cette administration indirecte qui prendra ensuite dans les années 1960, le nom de "Indépendance". Aujourd'hui, les intellectuels africains (politiciens, économistes, juristes, médecins) qui y sont affiliés ont-ils compris le sens 212 ans après ?

Les Africains ont presque tous une seule façon de raisonner, de réfléchir et c'était le format européen. Ils ont été tous façonnés au mode de pensée européenne, à l'approche européenne, à la corruption européenne, à la violence européenne, à la politique européenne, à la division sociale européenne, à l'organisation étatique européenne, à la diplomatie européenne. C'est dans le prisme européen que vivent les africains. Et mêmes les contestations, les rebellions, les guerres civiles sont prévisibles et sont menées dans ce format européen. Les programmes scolaires sont européens, les vacances scolaires tiennent compte des saisons en Europe et non des saisons en Afrique. Les journées de travail, de repos hebdomadaire judéo-chrétiens sont européens.


Cela a-t-il un sens pour des intellectuels africains noyés à l'idéologie de la supériorité européenne de revisiter objectivement le passé africain jusqu'à nous servir une référence comme celle égyptienne? Je ne crois pas.  C'est pour cela que je pense que la priorité reste à comprendre le présent, à décrypter les pièges du présent et chercher comment en sortir. Le jour où nous aurons la tête hors de l'eau, nous pourrons sereinement réécrire notre histoire avec beaucoup de recul, parce qu'il n'y a pas à mon avis la souveraineté de la pensée sans la souveraineté des moyens pour construire cette pensée.  Et l'intellectuel africain est même plutôt dangereux dès lors qu'il n'est pas conscient de la capacité du système à le manipuler.

Douala le 27/4/2012

Jean-Paul Pougala

(*) Jean-Paul Pougala enseigne "Géostratégie Africaine" à l'Institut Supérieur de Management (ISMA) Douala-Cameroun

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