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Lorsqu’on parle de ‘’Renaissance africaine’’, concrètement, de quoi s’agit-il?

Premier cas de figure :

Pour mieux comprendre la portée, le pourquoi, le comment, et le quand du concept de la ''Renaissance'', prenons le cas de figure d'un grand père qui se trouve à la réunion des habitants du quartier. Il passe un coup de fil à son fils resté à la maison, pour lui demander d'apporter sa pipe et son tabac. Il précise à l'enfant d'emporter avec lui sa gibecière, sa canne d'appui et son chasse-mouche. L'enfant dit qu'il ne sait pas où se trouvent tous ces objets. Le grand-père lui dit que sa pipe et son tabac se trouvent dans le premier tiroir de droite de son armoire dans sa chambre. Il indique que la gibecière est accrochée au mur dans sa chambre, à côté du fusil de chasse placé au chevet du lit non loin de la fenêtre. La canne d'appui se trouve à côté du lit en face de la porte d'entrée. Quant au chasse-mouche, il est posé sur l'armoire en bois rouge au salon. Après quelques minutes, l'enfant vient porter au grand père tout ce qu'il a demandé.

Deux semaines plus tard, un groupe de voleurs de bétails se rue au village. Pille le grenier à blé, au mil et au maïs. Vole la récolte. Met les maisons sens-dessus, sens-dessous. Tue les femmes, les enfants, mais surtout les Anciens censés protéger la tradition. Les habitants courent dans tous les sens. Le grand père et sa famille réussissent à se mettre à l'abri dans la forêt. Au bénéfice d'une accalmie, le grand père envoie son fils s'assurer que les voleurs sont bel et bien partis et que le danger est écarté. Il lui précise de lui ramener sa pipe et son tabac, le cas échéant.

Le fils s'en va. Après environ 1h de temps, il revient et annonce au grand père que le calme est revenu au village. Mais il n'a pas la pipe ni le tabac car, dit-il, il ne sait pas où les trouver. Il n'est même pas capable de retrouver son propre jouet artisanal qu'il a fabriqué avec le bambou de raphia, la maison a été littéralement chamboulée de fond en comble.

Le grand père décide de ramener toute la famille au village. À sa grande surprise, il constate le même désordre que son fils bien-aimé : le chasse-mouche est brisé et placé dans une marmite. La gibecière se trouve sous le lit. Les chaussures sont dans la cuisine. Les assiettes sont sur le lit. Dans la salle de ''recueillement avec les Ancêtres'', tout est également sens-dessus, sens-dessous. Les souris et les fourmis y ont élu domicile en raison des aliments fermentés éparpillés par-ci par-là. La calebasse d'eau est brisée en plusieurs morceaux. Les objets de piété sont souillés et jetés à terre. Bref, le grand père ne retrouve plus ses repaires patiemment construits en fonction de son mode de vie, de son éducation transmise de génération en génération, de sa vison de l'univers, de la communication avec les Ancêtres qui l'ont précédés et qui veillent en permanence sur lui et sur sa famille, sur son bétail, sur ses champs et sa récolte, y compris sur tout le village. Le grand père se sent perdu!


 Deuxième cas de figure :

Au Cameroun, dans les années 70-80, j'ai personnellement assisté dans ma ville natale, Bafoussam, à un véritable sursaut de solidarité. Lorsqu'un enfant était renversé par une auto, tout le monde accourait pour porter secours au blessé. Les traces de sang sur la chaussée poussaient les mamans à pousser des cris et des pleurs. Bien qu'il soit vivant et s'exprimait, les mamans continuaient de pleurer à la simple vue des traces de sang sur les vêtements de l'enfant. Tout le monde se dirigeait à l'hôpital avec l'enfant blessé sans se poser des questions sur qui sont ses parents et où étaient-ils. En traversant le marché qui longe le chemin de l'hôpital, des vendeurs et vendeuses informés de l'accident, abandonnaient leurs marchandises sans aucune surveillance pour se joindre au cortège.

Lorsque l'enfant nécessitait une transfusion sanguine, des personnes se portaient volontaires pour donner le sang à l'enfant. Séance tenant, une quête était organisée pour régler les frais de soins prodigués à l'enfant. Précisons que les hôpitaux disposaient de ce qu'on appelait le ''paquet minimum'' pour assister les indigents et les repas étaient servis au malades au frais de l'État hormis les repas fournis par la famille. Même le personnel médical et para-médical se mobilisaient activement pour prodiguer ''gratuitement'' des soins au blessé, car il s'agissait de l'enfant de tout le monde et non uniquement celui de ses parents.

Les parents biologiques de l'enfant sont ensuite informés de l'accident par les voisins. Ils accouraient à l'hôpital et constataient que l'essentiel des soins a été prodigué à ''leur'' enfant grâce à la solidarité de la communauté.

Mais quand est-il de nos jours, en 2015?

Dans les hôpitaux, le ''paquet-minimum'' relève du sexe des Anges. Malgré que les frais de consultation et le carnet d'hôpital aient été dument réglés, il faut encore débourser de l'argent pour se voir administrer les soins. Plusieurs cas de décès ont été enregistrés à cause du non-paiement de la rançon exigé. Des femmes enceintes en plein travail sur la table d'accouchement sont passées de vie à trépas avec leur bébé parce qu'elles n'avaient pas de quoi payer la rançon de la corruption. Dans le cadre des mesures d'ajustement structurel du Fond de Misère Instantanée (FMI) et de la Banque mondiale du vampirisme eurocentriste, toutes les structures de l'État de la postcolonie ont été démantelées. En 2004 par exemple, plus de 40% du budget du Cameroun a servi au remboursement de la dette odieuse tandis que seulement 3,4% du budget a servi au financement des projets sociaux de base (confère le film ''Bamako'' d'Abderrahmane Sissako, la duplicité du monde occidental y est pointée du doigt avec fermeté, mais aussi, et surtout, avec humour).


 Troisième cas de figure :

Au Cameroun, dans les années 70-80, j'ai personnellement assisté dans ma ville natale, Bafoussam, à un véritable sursaut d'humanisme. Lorsqu'une personne décédait sous la violence des agresseurs, situation vraiment exceptionnelle, bien que les services municipaux aient enlevé le corps et placé à la morgue de l'hôpital provincial, le lieu du décès faisait l'objet d'un évitement. Rare sont les personnes qui avaient l'audace d'emprunter le chemin qui passe par ce lieu considéré comme ''porteur de souffrance et, de malédiction''. Les personnes qui passaient par-là roulaient une herbe, prononçaient quelques mots et jetaient à terre pour se faire ''exorciser'' et ''saluer'' le mort.

Tout cadavre découvert en public, était considéré comme un ''signe'' des Ancêtres pour dire qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans la communauté. Les Anciens étaient immédiatement sollicités pour savoir la conduite à tenir, même si le corps est enlevé. Aucune violence sociale massive n'était tolérée et ne laissait personne indifférent. Les actes de banditisme (mineur ou majeur) étaient rarement suivis du meurtre du voleur. Ce dernier était conduit chez le chef de quartier qui, à son tour, accompagné du comité des sages et de la victime, emmenaient le présumé voleur au commissariat. Il était remis aux autorités avec l'assurance qu'il sera puni conformément à la loi. Le jour du procès, le chef de quartier et la victime étaient appelés à la barre pour témoigner.

Mais quand est-il de nos jours, en 2015?

Le vol d'un simple téléphone portable ou le ''au voleur'' prononcé par quiconque même sans motif valable, le présumé voleur fait l'objet d'un lynchage en bonne et due forme et brûlé vif, parfois sous le regard complice de la police. On parle de ''justice populaire''.

Cherchez ce qui a cloché ou qui ne cloche pas.

Pour mettre pied en plein débat suscité, il faut crever l'abcès de la dilution, de la perversion et de l'inversion des échelles de valeur qui ont longtemps constituées le socle des sociétés négro-africaines. Si je puis me limiter à une histoire récente de KAMA (Afrique);

depuis l'arrivée des colons « missionnaires »;

depuis l'imposition du papier-monnaie comme référence et gage de « réussite » et d' « ascension sociale»;

depuis l'imposition du nazisme monétaire par la France gaulliste via la création du franc des colonies français d'Afrique (franc CFA) le 25 décembre 1945;

depuis l'imposition dans la conscience collective de la reconnaissance d'un « réel travail» que celui qui ramène de l'argent (papier-monnaie);

depuis que le FMI (Fond de Misère Instantanée), la Banque mondiale du vampirisme, les institutions internationales de la Négrophobie mondialisée, ont entrepris de disloquer le tissu social par des mesures d'ajustement structurel luciférien à faire frémir Hitler;


depuis que les « Élites» des « Républiques des Évolués » ont entrepris d'accentuer le chômage des masses en rapport avec le « réel travail »;

depuis que ces « Élites évoluées », qui se font ''sanctifiées'' dans les Loges occidentales et s'arrogent les titres de « notables» pour mieux manipuler le peuple et le spolier;

depuis qu'elles apportent un soutien financier considérable au parti-État RDPC, dans son entreprise d'aliénation mentale, spirituelle et culturelle des masses;

depuis que ces ''notables évoluées'', de connivence avec les autres ''Élites'' au pouvoir se sucrent sur le dos du peuple en se délectant des miettes du papier-monnaie que l'impérialisme eurocentriste a daigné les accordées à travers l'appareil de l'État dilué;

depuis que acquérir les diplômes aliénants dans les écoles de la fabrique des disciples du Comte Arthur de Gobineau, de Senghor Léopold, d'Olivier Pétré-Grenouilleau...

au détriment des travaux lumineux des savants et inventeurs noirs,

au détriment de la Maât (Justice-Vérité), principe cardinal de l'organisation et de l'équilibre des sociétés négro-africaines,

au détriment des écoles africaines authentiques du Savoir Ancestral,

au détriment des africains valeureux et méritants de par leur probité morale, leur grande qualité humaine de rassembleur et leur sens de responsabilité;

depuis que les détenteurs du réel pouvoir traditionnel se sont laissés séduire par ces grands vents de l'aliénation spirituelle, culturelle et matériel, de véritables sèves d'un Occident encore et sans cesse agressif et cynique,

NOUS SOMMES PERDUS!

On dit au pays :

« Ta part quoi? 

Tu peux aller sur mes problèmes et retirer ta part combien?

Ah, restes tranquille! On mange les diplômes?»


Quelles sont les causes (matérielles) du déclin de Mama Africa?

D'après le Professeur Anta Diop Cheikh, le déclin de l'Égypte ancienne est la conséquence d'une occupation étrangère prolongée. Pendant plus de deux mille ans, l'Égypte a su sauvegarder son indépendance nationale. C'est un record car aucun autre peuple au monde n'a su faire mieux. Mais à partir du Ier millénaire avant notre ère, l'environnement extérieur de l'Égypte est devenu ultra agressif et l'Égypte va finalement être occupée de façon durable par l'étranger. Cela a commencé à la période dite de la basse époque :

-vers -945 à -722, une dynastie libyenne s'installe en Égypte avec pour capitale Bubastis;

-vers -730, une dynastie nubienne conduite par Piankhi parvient à libérer l'Égypte de la domination libyenne;

-vers -671 à -663, les Assyriens envahissent la Basse-Égypte et pillent Thèbes;

-en-664 à -610, l'Égypte se libère de l'occupation assyrienne;

-vers -526, les Perses sous la conduite de Cambyse, envahissent l'Égypte : la domination perse est terrible et horrible. Les Égyptiens font l'objet de persécutions atroces. C'est dans cette période que commence l'émigration des Égyptiens et des Nubiens vers l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale. Les Djeli (griots) mandingues se souviennent bien du souverain perse qui a été selon eux le plus horrible. Ils disent qu'il s'appelait Pathe Lamin. Et effectivement, nous dit le Professeur Aboubacry Moussa Lam, à cette époque régnait en Égypte un souverain le nom en hiéroglyphe s'écrit PTLMN;

-vers -404, les Égyptiens parviennent à se libérer de l'envahisseur perse;

-mais en -345, les Perses reconquièrent l'Égypte : le dernier pharaon, Nectanebo II, part se réfugier en Haute-Égypte d'abord puis en Nubie. Il emmène avec lui, une partie de l'élite. Les Perses continuent à persécuter les Égyptiens. Une grande de partie de l'élite égyptienne part se réfugier hors d'Égypte. À partir de là, les Égyptiens perdent définitivement leur indépendance;

-2n -331, les Romains envahissent l'Égypte. À cette époque, une grande partie de la population égyptienne a déjà émigrée vers l'intérieur de l'Afrique pour former de grands Empires. Les Égyptiens qui sont restés sur place sont devenus des villageois qui savent à peine construire des barques, car ayant perdu le contrôle des ressorts de l'historicité. À savoir le contrôle de l'appareil de l'État, celui de l'appareil de l'économie, celui du système d'enseignement, etc...Bref le déclin politique, culturel et scientifique de l'Égypte ancienne est un fait sous l'occupation romaine.

Ajoutons à ce tableau, la transformation du Sahara en désert, survenue environ 4 000 ans avant notre ère (confère ''The History of Africa'' du Professeur Molefi Kete Asante). Cette transformation de l'actuel Sahara en désert a été une des pires catastrophes pour le peuple Kamit (Afrique), ce qui a précipité l'effondrement de l'Égypte et de la Nubie.


Notons également que le métissage à tout vent, a contribué dans une très large part à la chute de Ta-Méry (Égypte) :

« Les Nègres africains offrent ce spectacle, sans doute unique au monde, de toute une race n'ayant jamais eu à compter que sur elle-même pour progresser et n'ayant rien reçu de l'extérieur, ou en ayant reçu autant de ferments de régression que d'éléments de progrès, sinon plus. Aurions-nous faire mieux qu'eux si nous nous étions trouvés dans la même situation?
(...)
L'isolement dans lequel des barrières naturelles ont enfermé trop longtemps leur habitat a fait des Nègres de l'Afrique, par rapport aux Européens plus favorisés, des arriérés ou, plus exactement, des attardés : ils ont perdu beaucoup de temps et ils ne sauraient le rattraper en un jour ni même en un siècle. Mais ils n'ont certainement pas dit leur dernier mot et leur histoire n'est pas finie. Peut-être ne fait-elle que commencer et ce livre n'est-il qu'une préface». (Maurice Delafosse. ''Les Noirs de l'Afrique''. Collection Payot, Paris, 1922, p.136).

« La vérité est que j'ai dit tout autre chose : savoir que le grand drame historique de l'Afrique a moins été sa mise en contact trop tardive avec le reste du monde, que la manière dont ce contact a été opéré ; que c'est au moment où l'Europe est tombée entre les mains des financiers et des capitaines d'industrie les plus dénués de scrupules que l'Europe s'est ''propagée''; que notre malchance a voulu que ce soit cette Europe-là que nous ayons rencontrée sur notre route et que l'Europe est comptable devant la communauté humaine du plus haut tas de cadavres de l'histoire. » (Aimé Césaire. ''Discours sur le colonialisme, suivi de : Discours sur la Négritude''. Édition Présence Africaine, 1955)

Mais, en quoi consiste la Renaissance africaine?

Permettez-moi de rappeler très brièvement ce que fait OBLIGATOIREMENT le juge au parquet. Avant de juger tout prévenu, il décline d'abord son identité : « vous êtes monsieur...ou madame...né(e) le...à....fils (fille) de....dans la commune de....du village.....de l'arrondissement....Est-ce bien vous? »

Si le prévenu répond par la négative, il n'y a pas procès mais report de séance pour vérification d'identité car il faut savoir EXACTEMENT qui est-ce qu'on juge. Dès que cette étape cruciale d'usage est réglée, le procès peut enfin commencer. On ne peut juger un prévenu à la place d'un autre. Celui-là même qui a commis l'infraction ou qui a subi un préjudice. Donc, mauvais procès. Le contraire consisterait en la démarche d'un chirurgien qui décide de procéder à l'ablation du rein intact d'une personne en bonne santé en lieu et place du rein d'un patient rongé par un cancer métastatique. Vous pouvez imaginer la suite.


 Question : quelle est l'identité avec laquelle l'Africain contemporain ''entre'' ou ''rentre'' dans la ''modernité''?

Pour rappel : l'Africain de la postcolonie a été ''déprogrammé'' de son univers culturel et spirituel puis ''reprogrammés'' à travers les ''logiciels'' arabo-musulman et eurocentriste pour casser la confiance et l'estime du Noir envers lui-même afin de faciliter le pillage passif (la paix) et actif de ses ressources humaines et naturelles. N'oubliez pas que les bourreaux de l'Afrique veulent avoir une Afrique sans les Africains.

Il est donc question que l'Afrique revoit totalement son paradigme existentiel pour se relever et assurer le bien-être de ses enfants. Elle doit se comporter comme un conducteur sur l'autoroute (de la mondialisation) qui décide de changer de voie : il jette un coup d'œil sur le rétroviseur intérieur, puis sur le rétroviseur du côté où il veut aller (à droite ou à gauche), met les clignotants, regarde l'angle-mort et lorsque la voie est libre, il s'engage.

Regarder dans les rétroviseurs, c'est interroger son passé (son Histoire) et explorer puis maîtriser son environnement vital. L'angle mort, ce sont les pièges de la mondialisation avec son cortège d'Africains profondément imbibés par les théories aliénantes de l'eurocentrisme. Bref, les agents locaux nègres de l'impérialisme occidental. Mama Africa a besoin des Africains ''Africanisés'' pour la défendre et préparer l'avenir des plus de 10,4 milliards d'habitants qu'elle comptera d'ici 2100. Pour ce faire, il appartient à la Nouvelle Génération Consciente et Patriote PanAfricaine :

-de revoir urgemment les programmes scolaires, axés sur la valorisation des Humanités Classiques Africaines;

-d'honorer ses NÉTÉROUS (Ancêtres);

-de mettre rapidement fin au nazisme monétaire du franc des colonies françaises d'Afrique, avec un audit des avoirs déposés dans le Trésor public français, depuis la création du franc CFA le 25 décembre 1945, suivi de la rétrocession de ces fonds au pays concernés sans oublier les intérêts générés;

-de refuser le remboursement des dettes odieuses, qui ont d'ailleurs été entièrement remboursées depuis belle lurette;

-de procéder au démantèlement des Paradis Fiscaux et Judiciaires et des fonds vautours;

-de se mettre rapidement à l'école de la GÉOSTRATÉGIE AFROCENTRÉE;

-de mettre sur pied une armée continentale forte.Tellement puissante que même le ''diable'' n'osera pas s'aventurier sur le sol Africain sans perdre toutes ses dents;

-de tisser des liens de partenariat gagnant-gagnants avec le BRICS;

-de créer un Tribunal PanAfricain de la dette pour juger tous les crimes économiques dont Mama Africa a été victime;

-de créer un Tribunal PanAfricain à compétence universelle pour juger tous les génocides dont les enfants de Mama Africa ont été victimes;

-etc.


 En guise de conclusion

Quand pourra-t-on parler d'une renaissance africaine ?

« Seulement tout ceci ne sera possible que le jour où l'Afrique redeviendra elle-même, c'est-à-dire quand elle cessera d'être engrenée par toutes ces croyances sordides qu'on lui a infusées méthodiquement. Mais à ce point de vue nous savons faire une entière confiance au continent africain: nous restons absolument convaincus que, malgré les méthodes d'asservissement moral étudiées jusque dans leurs moindres détails, l'Afrique saura, avec une facilité désespérante, rejeter, comme dans un mouvement de nausée, toutes ces croyances malsaines qui ont atrophié son âme et l'empêchent d'atteindre à sa véritable plénitude.

Il y a une communication instinctive entre l'Africain et la nature qu'aucune croyance ne saurait abolir sans être néfaste pour lui. Et c'est grâce à cette communion que l'Africain pourra atteindre son niveau humain véritable, spécifique, la réalisation de toutes les possibilités qu'il porte en lui. Nous sommes persuadés, comme tout le monde, que l'on ne crée pas sans la foi en quelque chose. C'est ainsi que la mythologie gréco-latine a donné naissance, provisoirement, à une civilisation féconde. C'est ainsi que la foi chrétienne, islamique, bouddhique a été à l'origine de créations artistiques. Mais rien ne garantit la durée de telles croyances devant l'éternité de l'univers; elles semblent liées à des nécessités géographiques et historiques. Tandis que la croyance laïque en la nature n'a rien de scientifiquement absurde, de caduc, de limité: c'est pour cela que nous espérons qu'elle est appelée à remplacer dans l'avenir tous ces faux contacts avec la nature. » (Cheikh Anta Diop, extrait de "Quand pourra-t-on parler d'une renaissance africaine ?", article paru dans la revue "Le Musée Vivant", n° spécial 36-37, novembre 1948, Paris, pp. 57-65)

Ainsi donc, la Renaissance africaine suppose une renaissance individuelle puis collective, d'où l'urgence d'une insurrection-révolution des populations africaines suivie d'un enracinement : « L'arbre ne s'élève qu'en enfonçant ses racines dans la terre nourricière ». (Birago Diop)

« La puissance millénaire de la Race Sudéenne

Dans ce temps-là, la Race noire, que j'appellerai toujours Sudéenne à cause de son origine équatoriale, et par opposition la Race blanche que j'ai nommée Boréenne ; la Race noire, dis-je, existait dans toute la pompe de l'État social. Elle couvrait l'Afrique entière de nations puissantes émanées d'elle, possédait l'Arabie, et avait poussé ses colonies sur toutes les côtes méridionales de l'Asie, et très avant dans l'intérieur des terres. Une infinité de monuments qui portent le caractère africain, existent encore de nos jours dans tous es parages, et attestent la grandeur des peuples auxquels ils ont appartenu. Les énormes constructions de Mahabalipouram, les cavernes d'Ellora, les temples d'Isthakar, les remparts du Caucase, les pyramides de Memphis, les excavations de Thèbes en Égypte, et beaucoup d'autres ouvrages, que l'imagination étonnée attribue à des Géants, prouvent la longue existence de la Race sudéenne et les immenses progrès qu'elle avait faits dans les arts. On peut faire à l'égard de ces monuments une remarque intéressante.

C'est que le type d'après lequel ils sont tous construits est celui d'une caverne creusée dans une montagne ; ce qui domine penser que les premières habitations des peuplades africaines furent des sortes de cryptes formées de cette manière, et que le nom de troglodytes dût être d'abord leur nom générique. Le type de l'habitation primitive des nations boréennes, qui a été le chariot, se reconnaît dans la légèreté de l'architecture grecque, dans la forme des temples antiques, et même dans celle des maisons. Quant aux races médianes qui ont dominé ou qui dominent encore en Asie, et qui tiennent à la Race jaune, la Tatâre orientale et la chinoise, très nombreuse quoi que très avancée dans sa vieillesse, il est évident que tous leurs monuments retracent fidèlement la forme de la tente, qui fut leur première demeure.


Or, la Race sudéenne, très puissante et très répandue en Afrique et dans le midi de l'Asie, ne connaissait qu'imparfaitement encore les contrées septentrionales de cette partie du monde, et n'avait de l'Europe qu'une très vague idée. L'opinion générale était sans doute que cette vaste étendue, occupée par des terres stériles et frappées d'un hiver éternel, devait être inhabitable. L'opinion contraire eut lieu en Europe, à l'égard de l'Afrique, lorsque la Race boréenne parvenue à un certain degré de civilisation commença à avoir une science géographique. Quoi qu'il en soit, le nord de l'Asie et l'Europe vinrent à être connus des Sudéens, au moment ou cet événement devait avoir lieu. Quelles que fussent les circonstances qui l'amenèrent, et les moyens qui furent employés pour cela, il n'importe: la Providence l'avait voulu, et il fut. Les hommes blancs aperçurent pour la première fois, à la lueur de leurs forêts incendiées, des hommes d'une couleur différente de la leur. Mais cette différence ne les frappa pas seule. Ces hommes couverts d'habits extraordinaires, de cuirasses resplendissantes maniaient avec adresse des armes redoutables, inconnues dans ces régions.

Ils avaient une cavalerie nombreuse ; ils combattaient sur des chars, et jusque sur des tours formidables, qui, s'avançant comme des colosses, lançaient la mort de tous les côtés. Le premier mouvement fut pour la stupeur. Quelques femmes blanches dont ces étrangers s'emparèrent et dont ils cherchèrent à capter la bienveillance, ne furent pas difficiles à séduire. Elles étaient trop malheureuses dans leur propre patrie pour en avoir nourri l'amour. De retour dans leurs tanières, elles montrèrent les colliers brillants, les étoffes délicates et agréablement nuancées qu'elles avaient reçus.

Il n'en fallut pas davantage pour monter la tête de toutes les autres. Un grand nombre profitant des ombres de la nuit, s'enfuit, et alla rejoindre les nouveaux venus. Les pères, les maris, n'écoutant que leur ressentiment, saisirent leurs faibles armes, et s'avancèrent pour réclamer leurs filles ou leurs épouses. On avait prévu leur mouvement ; on les attendait. Le combat engagé, l'issue n'en fut pas douteuse. Plusieurs furent tués, un plus grand nombre demeura prisonnier ; le reste prit la fuite. » (Antoine Fabre d'Olivet. ''Histoire Philosophique du Genre Humain'', Tome 1, pp.52-53) ».

 

Intervention du Pr Obenga Théophile

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Hotep,

chers internautes, c'est avec plaisir que je publie la vidéo du lancement du nouvel ouvrage du Sem Shou Hor Obenga Théophile.

Vie, Santé, Force!   

                                                                                                                                                                              

Afrique : Connaîs toi, toi même !

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Tant que nous resterons de simples imitateurs de la culture des autres, nous resterons des suiveurs et non des leaders.

Le professeur Cheikh Anta Diop clamait qu’ : "Aussi longtemps que la culture ou les cultures africaines ignoreront l’Egypte, qui est la première manifestation culturelle sur ce continent, il nous sera impossible de bâtir un corps de science humaine. Il ne s’agit pas de s’inventer un passé plus ou moins glorieux comme on le croit souvent. Ceci serait futile et sans intérêt aucun.". [1]

Si toute l’Afrique veut entrer de nouveau dans son moi culturel, elle ne pourra pas éviter de renouer avec l’Egypte dans tous les domaines qu’ils s’agissent de la recherche linguistique, de l’histoire des sciences, de la religion, de la recherche architecturale, de la musique, de la danse, de la médecine de tous les domaines de l’activité humaine, les premières réalisations nous renvoient à la vallée du Nil et c’est seulement en renouant avec la culture de cette vallée que nous pourrons bâtir un corps de science humaine. C’est cela l’enjeu, il faut le comprendre

RECONSTITUTION DE NEFERTITI

SCULPTURE DE NEFERTITI

DES NOMS QUI NOUS SONT ETRANGERS

Le nom chez l’Africain, qui a une signification philosophique, religieuse, éducative et historique, n’était jamais choisit au hasard.

Le chercheur Doumbi Fakoly nous dit à juste raison : « Plus qu’un instrument d’identification le nom est, à la fois, le réceptacle des émotions collectives et le siège de la mémoire populaire. Interprète de toute la gamme des préoccupations auxquelles les peuples ont eu à faire face. »

Nous avons substitué nos noms à des noms étrangers qui sont souvent en rapport avec notre nouvelle appartenance religieuse. Pourtant une religion qui se veut d’ordre universelle ne devrait imposer à aucun peuple de supplanter ses noms authentiques par des noms étrangers. Porter un nom étranger à notre peuple nous renvoie automatiquement à l’histoire de ce même peuple.

BARQUE KAMITE

LES MOEURS ET COUTUMES

Nos mœurs et nos coutumes constituent notre héritage culturel et spirituel voilà pourquoi il faut les préserver ; ils nous enseignent les rapports de l’homme à son semblable et à son environnement.

Voici un exemple tiré de la civilisation seereer qui a totalement gardé ses valeurs traditionnelles [2] Avant de porter un habit neuf le seereer dira la prière suivante :

Roog o yaal in Seen, na ata nof Wo ci’axam ndoki ne Ee naayaaxoong ba naayataam

Ce qui signifie :

Dieu, notre Seigneur, C’est par ta puissance, que tu m’as donné cet habit. Toi, l’habit, je t’ai monté et que tu ne me montes jamais

Cette toute petite prière enseigne à l’enfant dès son plus jeune âge, à ne pas s’attacher au matériel. Car lorsque le matériel prend le dessus sur un être humain, ce dernier hyper sensible aux tentations malsaines, à la corruption et même à la prostitution de son âme.

UN EGYTPIEN EN PRIERE

LA LANGUE

La langue n’est pas seulement un moyen d’expression. Elle est aussi la mémoire du passé. Elle contient toutes les réalités vécues par un peuple. Aussi longtemps que nos pays continueront à être gouvernés et administrés dans des langues étrangères, inintelligibles pour la grande majorité africaine, leur développement demeurera impossible.

Le professeur CHEIKH ANTA DIOP avait coutume de dire que «  la démocratie, la justice sociale, le socialisme dans une langue étrangère ne sont que des vocables vides de sens, des leurres » [3]

LES CEREMONIES COMMEMORATIVES

Les cérémonies commémoratives ont pour but de rappeler à la mémoire un événement de grande importance vécu par un peuple. Or la quasi-totalité de celles que nous célébrons nous est étrangère. Pour s’en convaincre, il suffit simplement de regarder le calendrier. Nous y trouvons des fêtes juives, chrétiennes et musulmanes. Pour en citer quelques exemples :

• Pessak ou pâques juive - rappelle la libération des hébreux par Dieu qui aurait détourné de leurs maisons égyptiennes l’ange exterminateur,

• Chavouoth ou pentecôtes juive - jour anniversaire du don de la loi à Moîse,

• Le baptême de jésus chez les chrétiens - rappelle la purification de jésus par Jean le baptiste,

• Octave de noêl - rappelle la circoncision de l’enfant Jésus,

• La fête du sacrifice chez les musulmans - commémore le sacrifice du bélier par Abraham aux lieux et place de son fils Ismaêl,

Cependant, concernant la pessak ou paques juive, il faudrait rappeler que toutes les plaies dont les hébreux auraient été victimes ne sont attestées par aucun document historique et aucune fresque égyptienne ou autre.

En ce qui concerne le don de la loi à Moïse, il est intéressant de noter que le Nouveau Testament, nous dit : « Moîse fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres » (Actes, VII, 22).

Et c’est bien de cette sagesse Egyptienne que Moïse a tiré les principes de la religion hébraïque. Il y conserva les rites des temples égyptiens comme la circoncision, les fumigations, les sacrifices, les libations etc....

En ce qui concerne le baptême, il est courant de noter que dans toutes les religions à mystère, ce genre de rite existe. Ce n’est nullement une invention du christianisme. On pourrait aussi constater que le bain des initiés africains le jour de la sortie de leur initiation évoque le baptême chez les chrétiens.

Chez les musulmans, la substitution du bélier à l’enfant pour contenter l’Eternel est également une influence lointaine de l’Egypte sur le peuple hébreu.

ESCLAVES NOIRS CAPTURES PAR LES ARABES
OCEAN INDIEN

LA RELIGION

Nous ne saurions trop insister sur l’importance de la religion que la plupart des gens considère comme quelque chose de personnel.

Chaque Africain devrait faire l’étude comparative des religions d’importation pour bien mesurer l’importance et les conséquences que cela a sur notre peuple. Car beaucoup trop de contre-vérités sont distillées par les religions étrangères uniquement dans le but d’asseoir leur domination.

Aussi la Bible prétend que la race noire est maudite à travers CHAM ou CANAAN, son ancêtre putatif. Dieu aurait décidé de hiérarchiser les races en trois modèles raciaux à partir des fils de Noé, à savoir : SEM (la race sémite), JAPHET (la race indo-européenne) et CHAM ou CANAAN (la race noire)

Voilà ce que la Bible nous dit [4] :

« Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères..., soit béni l’Eternel, Dieu de Sem ; et que Canaan soit leur esclave ! Que Dieu grandisse Japhet ! Qu’il le bénisse dans les tentes de Sem ; et que Canaan soit leur esclave ».

Comme si Dieu qui représente la Justice pouvait tolérer la domination de l’homme par l’homme. Nous pourrions aussi parler de Bilal premier muezzin de l’Islam qui est passé du statut de compagnon du prophète à celui d’esclave.

Voilà pourquoi il est plus que nécessaire pour l’homme noir d’opérer une étude comparative des religions et d’en connaître tous les aspects.

Les 3 religions révélées tiennent leur origine de l’Egypte ancienne puisque le Sépher de Moïses (livre de la loi qui se compose de la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres Deutéronome) leur sert de base.

Par ailleurs, Philon, St Clément d’Alexandrie et les actes des apôtres nous disent que Moïses à été instruit dans les sciences Egyptiennes.

Jean-François Champollion écrivait : « La connaissance réelle de l’ancienne Egypte importe également aux études bibliques et la critique sacrée doit en tirer de nombreux éclaircissements. »

Sigmund Freud, hanté et fasciné par Moïse, proposait l’hypothèse suivante à la suite des fouilles effectuées à Tel el-Armana, site actuel de l’ancienne capitale d’Akhenaton : « Nous aimerions à présent risquer cette conclusion : si Moïse fut un Egyptiens, s’il transmis sa propre religion aux Juifs, ce fut celle d’Akhenaton, la religion d’Aton. »

Et nous savons que non seulement les textes de Salomon empruntent à la Sagesse d’aménemopé, mais également que les similitudes entre le nouveau testament et les textes funéraires Egyptiens sont fréquentes. [5]



Il n’est pas moins instructif de noter la ressemblance frappante entre la naissance virginale de jésus et de Horus plus de 3000 ans plutôt, la résurrection de Jésus et d’Osiris.

TOMBE DE REKHMIRE

Il faut enfin rappeler qu’à Carthage le christianisme triomphant n’hésita point pour représenter la Vierge, à s’approprier les Statues d’Isis tenant Horus.

Nous allons faire la comparaison entre un texte sacré negro-africain seereer et un extrait du Coran.

Cette prière seereer était prononcé à l’approche de l’hivernage ou en période de sécheresse persistante (A savoir que les prières de ce type étaient pratiquées bien avant l’avènement de l’islam en Afrique noire :

Dieu notre Maître, Dieu le Créateur

C’est Toi qui es Roi des Rois

Tout ce qui est élu, c’est Toi qui l’as élu

Tout ce que chacun possède, c’est Toi qui lui as donné

Tout ce dont nous sommes privés, c’est Toi qui nous en as privé

C’est Toi qui as créé le monde, C’est Toi qui as créé tous les êtres

Mais Toi, personne ne t’a créé

C’est Toi qui as créé l’Univers de haut en bas

C’est Toi qui as créé les nuages porteurs de pluies

Nous Te demandons une averse de paix, qui nous apportera la fertilité

Qui nous donnera beaucoup de mil pour que nous puissions manger en paix

Nous et notre famille !

Maintenant, le texte Coranique verset 26 de la Sourate 4 :

Dis O Dieu notre Maître de la Royauté

Tu donnes la royauté à qui tu veux

Et Tu arraches la royauté de qui Tu veux

Tu honores qui Tu veux et Tu humilies qui Tu veux

Le bien est en Ta main

Oui, Tu es capable de tout

Nous pourrions essayer de démontrer d’avantage l’influence déterminante de l’Egypte sur les autres civilisations, mais le plus important aujourd’hui pour l’homme noir, et ce qu’il ne devrait pas perdre de vue, c’est la conscience de race qui n’est nullement du racisme car c’est cette même conscience de race qui mobilise toutes les autres composantes de l’humanité. Elle renforce le sentiment d’appartenance à un groupe et donc la solidarité de ce même groupe envers chacun de ses membres.



Nous tenons quand même à rappeler la nature de notre objectif. Nous voulons uniquement contribuer, modestement, à la réconciliation de l’homme noir avec lui-même, pour que le moment venu il puisse faire un choix, le bon choix. Pour tous ceux qui pourraient trouver ici des propos racistes nous les invitons à revoir l’histoire d’hier et d’aujourd’hui. Et il n’est pas inintéressant de méditer l’exemple de la Mauritanie ou du Sud du Soudan où perdure encore de l’esclavage envers les noirs.

ESCLAVES NOIRS CAPTURES PAR LES ARABES - 1868
FLAGRANT DELIT DE TRAFIC SUR L’OCEAN INDIEN

Sont aussi un appel à la réflexion, les partis politiques xénophobes qui existent aux Etats-Unis et en Europe. Le professeur Cheikh Anta Diop disait qu’il n’aimait pas employer la notion de race car l’humanité à une seule origine. Ceci doit nous permettre de nous rapprocher les uns des autres au lieu de nous éloigner et de nous haïr les uns les autres.

Il disait aussi que la nature au passage crée une espèce et puis ensuite cette espèce se différencie, évolue, s’éteint ou se développe se fragmente mais la nature ne revient pas en arrière pour créer 2 fois l’homme ou 3 fois l’homme. Elle crée une fois l’homme en passant et elle l’a fait en Afrique c’est tout .

Nous visons à ménager les esprits

de ceux qui pensent que nous ne nous relèverons pas

De l’assistance nous n’en demanderont jamais

Tout est déjà établi

Nous venons juste par la droiture, retrouver notre bien

Les heures seront des minutes quand nous compterons les secondes

L’éternité ne sera qu’une voie par laquelle

nous susciterons l’attente du passé pris

Viendront s’associer à nous les tournis qui pèsent depuis le passage de l’étranger

Mais nous ferons face.

Votre serviteur, oh ancêtres limuneux : Pape Sarr

Biographie:

[1] Cheikh Anta Diop - L’importance de l’Egypte dans les civilisations Africaines

[2] Issa laye tiaw - la civilisation seereer

[3] Cheikh Anta Diop - Le combat politique de cheikh anta diop du BMS au RND

[4] Genèse - chapitre 9 versets 20 à 27

[5] l’évêque, Jean - cahiers de l’évangile n°38 suppl.n°40 suppl.n°46

Négritude, Egypte: Les erreurs de nos prédecesseurs

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Négritude, Egypte Pharaonique Noire etc. Pendant plusieurs décennies, des  intellectuels africains ont été très actifs pour relancer une conscience africaine plus optimiste, plus positive et tenter de donner au continent sa dignité, sa respectabilité. Mais sans la prise de conscience de la nécessité des connaissances géostratégiques, ils ont pour la plupart été plus un problème pour l'Afrique qu'une solution, relayant, souvent en bonne foi des théories et des pseudo-solutions préparées par le système dominant pour asservir tout un continent.

L'exemple de l'égyptologie

Les Africains qui vivent en Afrique ou en Occident sont pris dans le tourbillon de la pensée unique occidentale et dès lors, ils sont formatés à prier, à aimer, à haïr, à réfléchir, à s'énerver, à protester, à se rebeller selon les critères bien définis par le système dominant et duquel il est difficile de s'échapper. C'est dans ce cadre que l'Egypte s'est naturellement présenté comme échappatoire virtuel, offert par le système pour donner l'illusion aux Africains de compter ou tout simplement d'avoir eux aussi compté 3000 ans auparavant. Ce qui était bien entendu ingénu et naïf de la part de ceux qui sont tombés dans le piège.

 

"Pourquoi ce sont les intellectuels Africains dits "francophones" qui sont les plus impliqués dans l'égyptologie ? Ce n'est surement pas pour leur proximité géographique avec l'Egypte. Mais tout simplement parce qu'en Europe c'est en France qu'on parle le plus de l'Egypte antique."

 
     

Notamment dès 1799 grâce à la formalisation de l'ouvrage monumentale en 37 volumes dénommé "Description de l'Egypte", du chef de l'expédition militaire de Napoléon Bonaparte, le général français Jean-Baptiste Kleber, cet ouvrage sera publié en 19 ans, c'est-à-dire entre 1809 et 1828 couvrant 4 thèmes : l'Antiquité égyptienne, l'état moderne, l'histoire naturelle et l'atlas géographique de l'Egypte.


L'histoire démarre le 19 Mai 1798, lorsque pour contester l'Egypte au Royaume Uni, Napoléon Bonaparte lance 400 navires de guerre avec 50.000 personnes à bord pour contrôler le port de Suez, point stratégique de la route des Indes orientales, mais aussi tout le patrimoine laissé par les antiques Egyptiens. Avec les militaires, sont embarqués les scientifiques, les ethnologues, les historiens qui seront à l'origine de l'ouvrage cité plus haut. Les missionnaires chrétiens vont s'en servir pour développer les théories les plus invraisemblables pour justifier l'expédition coloniale sur tout le continent africain, en ramenant le tout à une division biblique des races comme décrit dans le chapitre de la Genèse.

La technique de manipulation de certains d'entre eux est celle de magnifier le géni des africains dans l'antiquité égyptienne et constater leur nullité du présent pour en expliquer la décadence et donc l'urgence de les sauver par une nouvelle civilisation. Puisque de toutes les façons les africains ne sont que des maudits soit parce qu'ils descendent du méchant Caïn qui tue son frère Abel, soit parce qu'ils viennent de Canaan l'un des 3 enfants de Noé, maudit par le père pour s'être moqué de lui parce que sourd et dénudé.

L'administration coloniale va y fonder son principal espoir pour diviser les Africains afin de mieux régner entre ceux prétendument venus d'Egypte nécessairement plus intelligents, plus entreprenants, plus beaux et les autres, plus laids, plus fainéants. Alors que les premiers sont des dépravés, des immoraux par nature, les autres sont des pacifiques et des abrutis parce que primitifs et peuvent être plus malléables pour servir les intérêts de l'Europe, voilà pourquoi ils pourront facilement être associés au pouvoir, alors que les premiers en seront exclus.

Ainsi, ce sont les prêtres français pour la plupart qui parleront de l'Egypte pharaonique noire. le prêtre F. Coulbois écrit en 1901 :  "Ne serait-ce pas l'indice que ce peuple de l'Ouzighé (au Burundi), voisin d'ailleurs des sources du Nil, a la même origine que les anciens habitants du pays des Pharaons?" L'un des idéateurs de la Négritude (dite Koutchiste), l'Abbé Léonard Dessailly écrit en 1898 dans :  Le Paradis terrestre et la race nègre devant la science : "Les Kouchites sont venus de Susiane, où ils avaient construit la première civilisation avant de se disperser et ils n'en étaient pas moins des Nègres, voire des Négrilles. Ensuite chaque recul de la civilisation égyptienne est liée à la poussée de ces "kouchites" nubiens sur les descendants Miçraïm moins dégradés".


Certains intellectuels africains et d'origine africaine vont relayer les insultes de L. Dessailly en reproposant à leur manière la même Négritude. D'autres vont offrir de nouveau quant à eux l'Egypte pharaonique noire sans au préalable apporter les éléments contredisant les insultes du père Coulbois et les autres. Pire, ils n'ont nullement cherché de couper ce cordon biblique de la prétendue déchéance de la Génèse et la dégradation de la civilisation triomphante de l'Egypte antique vers les "Nègres Abrutis" modernes dont parlent ces prêtres.

L'historien français Jean-Pierre Chrétien (né en 1937) dans son livre très documenté intitulé "L'invention de l'Afrique des Grands Lacs" publié aux éditions Karthala en 2010 nous dévoile ce côté obscur des relations Europe-Afrique en nous expliquant comment les missionnaires français ont réussi à imposer la France même dans les régions d'Afrique où elle n'était pas présente en orientant la pensée des chercheurs et des observateurs en leur faisant partager leur propre regard culturel sur ces pays. Il met le doigt sur la complicité des Africains qui ont développé l'égyptologie vue sous l'angle de la hiérarchisation des valeurs civilisationnelles, sans comprendre qu'en le faisant, ils contribuaient tout simplement à alimenter et valider  une partie de l'histoire africaine construite dans le but de déstabiliser les sociétés africaines et non pour les glorifier.

Quelles leçons pour la jeunesse africaine?

A chaque époque de la vie d'un village, d'une nation ou d'un continent, correspond la contribution sociétale de ses sages, de ses penseurs, de ses intellectuels. Lorsqu'on se penche sur l'Afrique, et pose une question des plus anodines, à savoir : en quoi les sages africains ont-ils influencé la pensée politique ou le model économique du continent africain depuis la fin de l'occupation européenne de l'Afrique à ce jour? La réponse est connue et malheureusement pas des plus glorieuses, c'est-à-dire, peu ou quasi nulle. La plupart ont renoncé à chercher les solutions aux problèmes d'un présent peu glorieux, pour se refugier dans la contemplation d'un passé victorieux.

On dit que c'est le passé qui nous permettra de comprendre le présent et mieux préparer l'avenir. C'est dans cette logique que des intellectuels africains ont approfondie l'étude de l'Egypte antique avec brio. Mais je crois que cela a été une erreur qui a fait perdre à l'Afrique un temps précieux dans la bataille pour sa liberté mentale.  Je suis convaincu au contraire que c'est en maitrisant le présent que nous serons en mesure de comprendre le passé ou tout au moins d'interpréter le passé avec moins de subjectivité servile. Le passé ne nous renseigne pas sur ce que nous voulons savoir. Le passé est une construction subjective des histoires glorieuses des plus aisés, de la minorité des plus riches. L'histoire est biaisée par sa conception.


J'ai parcouru pendant plus de 20 ans les routes des musés d'Europe pour comprendre le passé des Européens. Et au bout du compte, je me suis rendu compte que je n'avais rien compris du tout, car tous les objets présentés dans ces musés ne retraçaient que le quotidien des riches, tous les témoignages n'étaient en dernier ressort que l'expression écrite de la minorité aristocratique, bourgeoise et cléricale, jamais l'expression du peuple, le plus souvent analphabète.  Ces musées racontaient tous une partie de l'histoire du passé européen. Et non l'histoire.

C'est pour cette raison que j'ai toujours eu du mal à m'approprier de l'histoire de l'Egypte antique comme africain, parce qu'aussi glorieuse soit-elle, elle n'est pas mon histoire, elle est une partie de mon histoire, elle est une infime partie de l'histoire africaine, celle des nantis, celle des plus riches, celle des puissants même dans l'Egypte antique.  S'il est prouvé que je viens de cette frange de population africaine en provenance d'Egypte pharaonique, à 99%, il est de loin plus probable que mes ancêtres dans cette Egypte antique fassent plutôt partie du peuple, fasse partie de la masse des pauvres, souvent même esclaves et dont j'ignore complètement l'histoire.

Et cela n'a donc pas de sens que je me mente à moi même me revigorant en m'identifiant à l'histoire sélective de la vie des dominants du passé, dans l'espoir de m'en servir pour sortir de ma peu envieuse position du dominé d'aujourd'hui.  C'est un comportement qui trahit la naïveté intellectuelle de ses auteurs, car se faisant, ils ont indirectement validé le sort d'humiliation que le dominant d'aujourd'hui inflige aux Africains, oubliant systématiquement toutes nos aspirations, nos frustrations, nos revendications, nos angoisses, nos peurs, notre spiritualité, oubliant nous-mêmes, comme être humains.

Cela a-t-il un sens pour la Grèce d'aujourd'hui de passer son temps à revendiquer la paternité de la démocratie si elle croule sous les dettes et ce sont les financiers des marchés boursiers à gérer de fait le pays? De même, quel sens cela a-t-il pour les intellectuels africains de magnifier les pyramides de l'Egypte antique pour ensuite aller mendier la construction d'une minable salle de classe dans le Sahel ?

En validant la thèse des dominants dans l'Egypte antique, et en nous l'appropriant comme notre unique histoire dans cette Egypte certainement complexe, ils ont accepté et validé le statu quo actuel imposé à l'Afrique par le dominant, de la fragmentation du continent africain en micro états à la disparition progressive et inexorables des langues africaines toujours de moins en moins parlées au profit des langues du dominant. Car ils ont fait comme si rien n'était plus important de l'Egypte.


Voilà pourquoi l'histoire ne nous aide pas à comprendre le présent, mais c'est en maitrisant le présent, en domestiquant le présent que nous aurons les moyens financiers et humains pour étudier le passé, pour comprendre notre propre passé. C'est en nous concentrant à comprendre les pièges que le dominant nous a mis dans le présent pour nous empêcher de nous réveiller que nous réussirons à acquérir notre indépendance mentale, sans laquelle notre appréciation du passé ne pourra être que biaisé et déformé sous le lente grossissante du dominant du présent (Occident). Et nous ne pourrons nous réfugier que dans la consolation et la fascination de la gloire du dominant du passé (Egypte Pharaonique). Pour moi, cela n'a aucun sens de tout miser sur l'Egypte antique pour notre renaissance s'il faut attendre que ce soit les archéologues européens à nous fournir les détails de ce qu'ils ont trouvé, s'il faut aller dans les musées européens pour voir les objets africains, parce que les pays africains n'ont pas l'argent pour entretenir des musées.

Lorsque le général Kleber crée la première section africaine de la Franc-maçonnerie à Alexandrie en 1800, dénommée Loge Isis, l'idée est celle de façonner une classe dirigeante servile africaine qui pourra prendre le pouvoir dans ce qu'on a appelé l'Administration Indirecte, c'est-à-dire, des laqués, des prête-noms, des sous-préfets. C'est cette administration indirecte qui prendra ensuite dans les années 1960, le nom de "Indépendance". Aujourd'hui, les intellectuels africains (politiciens, économistes, juristes, médecins) qui y sont affiliés ont-ils compris le sens 212 ans après ?

Les Africains ont presque tous une seule façon de raisonner, de réfléchir et c'était le format européen. Ils ont été tous façonnés au mode de pensée européenne, à l'approche européenne, à la corruption européenne, à la violence européenne, à la politique européenne, à la division sociale européenne, à l'organisation étatique européenne, à la diplomatie européenne. C'est dans le prisme européen que vivent les africains. Et mêmes les contestations, les rebellions, les guerres civiles sont prévisibles et sont menées dans ce format européen. Les programmes scolaires sont européens, les vacances scolaires tiennent compte des saisons en Europe et non des saisons en Afrique. Les journées de travail, de repos hebdomadaire judéo-chrétiens sont européens.


Cela a-t-il un sens pour des intellectuels africains noyés à l'idéologie de la supériorité européenne de revisiter objectivement le passé africain jusqu'à nous servir une référence comme celle égyptienne? Je ne crois pas.  C'est pour cela que je pense que la priorité reste à comprendre le présent, à décrypter les pièges du présent et chercher comment en sortir. Le jour où nous aurons la tête hors de l'eau, nous pourrons sereinement réécrire notre histoire avec beaucoup de recul, parce qu'il n'y a pas à mon avis la souveraineté de la pensée sans la souveraineté des moyens pour construire cette pensée.  Et l'intellectuel africain est même plutôt dangereux dès lors qu'il n'est pas conscient de la capacité du système à le manipuler.

Douala le 27/4/2012

Jean-Paul Pougala

(*) Jean-Paul Pougala enseigne "Géostratégie Africaine" à l'Institut Supérieur de Management (ISMA) Douala-Cameroun

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