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Alain Deneault : les multinationales ont-elles pris le pouvoir ?

Entretien avec Alain Deneault, auteur de « Le Totalitarisme pervers» aux éditions Rue de l'Échiquier. Après «De quoi Total est-elle la somme ?», Alain Deneault continue d'interroger le pouvoir des multinationales et le concept de légalité. Le philosophe s'appuie sur l'exemple de Total et analyse comment les multinationales se réclament de la loi pour fonder, selon lui, leur "domination sociale".

Interview de Alain Deneault:

 


Avec cet ouvrage imposant, fruit d'un minutieux travail de recueil et d'analyse des données, ayant mobilisé la collaboration de plusieurs chercheurs, Alain Deneault offre un aperçu sans précédent des multiples effets pervers qu'auront générés, au cours des dernières décennies, les activités de la plus grande entreprise de France. Ce faisant, il confirme sa stature de chercheur engagé – déjà éprouvée par les poursuites-bâillons qui avaient suivi la publication de l'ouvrage Noir Canada: pillage, corruption et criminalité en Afrique [en 2008, NDLR].

Outre cet ambitieux tableau (si effrayant qu'on l'espère exhaustif !), l'auteur propose des perspectives prometteuses pour tenter de rendre compte, sur un plan plus théorique, du pouvoir « englobant » exercé aujourd'hui par les firmes multinationales sur les États-nations et sur leurs citoyens. Si ce livre ne s'appuie pas sur des données de première main, l'un de ses atouts remarquables tient à l'ampleur des données secondaires qu'il mobilise : en recoupant, rapprochant, comparant des travaux d'historiens, des documents d'archives, des articles de presse issus de périodiques généralistes ou spécialisés, des films documentaires... A. Deneault reconstitue toute la trame des affaires qui ont ponctué l'histoire du groupe Total depuis la fondation de son ancêtre, la Compagnie française des pétroles, en 1924.

Au fil des pages, aucun scandale n'est laissé de côté : mainmise sur les réserves sahariennes suite à l'indépendance de l'Algérie, appui à la création et au maintien des régimes dictatoriaux au Gabon et au Congo-Brazzaville, soutien au mouvement sécessionniste du Biafra, financement de la guerre civile en Angola, collaboration avec le régime de l'apartheid d'Afrique du Sud et, plus récemment, recours au travail forcé en Birmanie, pression politique pour la réforme des codes juridiques en Bolivie... A.

Deneault montre comment ces multiples affaires, loin d'être les exceptions qui dérogeraient à un « business as usual » par ailleurs harmonieux, jettent une lumière crue sur ce qui constitue bel et bien la « matrice » du développement du groupe Total : le déploiement d'une logique de prédation généralisée. Mais celle-ci, loin de se constituer en une force transgressive qui viendrait s'ériger frontalement contre les législations des États, se légitime de façon bien plus insidieuse, en modelant de l'intérieur les formes du droit. Pour A. Deneault, la réaffirmation constante par les dirigeants de Total que leur entreprise « ne fait pas de politique » témoigne ainsi de la nature perverse du pouvoir qu'exercent les entreprises multinationales.

Se référant à la prétendue supériorité de métalois (du marché, de la concurrence, du moindre mal, etc.) qu'elles contribuent pourtant elles-mêmes à fabriquer, les entreprises multinationales diffusent un discours anesthésiant qui, tel un trou noir, absorbe tous les termes de la rationalité courante pour les refondre dans le langage de son « objectivité » – évidant ainsi le politique de sa substance. Questionné en 2016 par la Commission des affaires économiques du Sénat à propos d'un éventuel projet de loi pour plafonner le salaire des hauts dirigeants, Patrick Pouyanné peut ainsi répondre :

« Si des lois de cette nature sont prises, les sièges sociaux quitteront la France. Ce n'est pas une menace, c'est juste ce qui va se passer. » Comme le relève A. Deneault, Total ne s'oppose pas au dispositif législatif traditionnel, il l'avale.


Les entreprises multinationales, plus que toute autre institution, se soucient du droit : mais en exploitant les béances que laisse son éclatement dans l'espace globalisé, elles peuvent donner une forme légale à des pratiques douteuses. Cette domination en creux transforme les États en de simples « enveloppes juridiques ». En effet, menacés d'être désertés par les investissements, ces mêmes États sont sommés de fixer un cadre réglementaire favorable aux activités de l'entreprise – fût-ce au détriment des peuples et des écosystèmes.

L'ouvrage constituera une référence pour celles et ceux qui cherchent à rendre compte de l'influence des multinationales dans nos sociétés contemporaines. Mais en dépit de tous ses atouts, il compte quelques faiblesses. Et d'abord sa structure kaléidoscopique : en illustrant au fil de chapitres aux titres suggestifs (« Conquérir », « Coloniser », « Corrompre », « Collaborer », etc.) les multiples facettes de l'impunité dont Total a bénéficié, l'auteur mène le lecteur à de nombreux allers-retours chronologiques. Retracer de façon plus linéaire la ramification des affaires, au gré du développement de l'entreprise, aurait peut-être permis d'offrir une image plus intelligible (défi qui, en tant que tel, reste en soi une gageure !) de l'hydre que constitue Total aujourd'hui.

Enfin, tout en saluant le dernier chapitre (« Le totalitarisme pervers »), qui s'efforce de ressaisir la portée théorique de l'enquête qui le précède en offrant une interprétation éclairante du pouvoir qu'exercent les entreprises multinationales, on pourra regretter son relatif inachèvement. L'emploi de l'épithète « totalitaire » aurait gagné à être davantage justifié, ne serait-ce que pour parer à la critique de ceux qui ne se priveront pas de contester sa pertinence pour réduire (indûment) l'ouvrage à un pamphlet.

L'auteur aurait pu aussi engager un débat fructueux avec les universitaires qui ont proposé, au cours des dernières années, des contributions sérieuses pour tenter de circonscrire le pouvoir des entreprises multinationales (on pense notamment aux travaux d'Alain Supiot ou de Jean-Philippe Robé). Le grand mérite du travail d'A. Deneault est d'identifier clairement une urgence, citoyenne celle-ci : celle de faire évoluer le droit des États, pour que son élaboration reste garante de la construction d'un monde plus juste.

 

50 vérités sur Hugo Chávez et la Révolution bolivarienne

hugochavez10mars2013

"50 vérités sur Hugo Chavez et la révolution bolivarienne"

Devant les mensonges et les calomnies incessants des médias, devant le manque de respect des dirigeants français devant la mort de Hugo Chavez, recouvrons par nous-mêmes l'honneur et répandons la vérité de cet amour. Nous comptons sur vous pour partager ces informations, pour partager la vérité et l'amour, face aux mensonges et au mépris.

HASTA SIEMPRE COMANDANTE !!!! TE AMAMOS !

Pour lire la suite, cliquez ici

Victorin Lurel, qui représentait le gouvernement français aux obsèques de Hugo Chavez vendredi 08 mars 2013 à Caracas, a confié son émotion à la presse après la cérémonie, contesté le qualificatif de "dictateur" pour désigner l'ex-président vénézuélien, et estimé que "Chavez c'est De Gaulle plusLéon Blum". Selon lui, "le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez".

Le représentant français( Victorin Lurel) aux obsèques de Chavez "dérape" selon ses pourfendeurs, cliquez ici

Claude Ribbe réagit à la prise de position courageuse de Victorin Lurel, Le ministre des Outre-mer, cliquez ici

Écoutons la perfidie bestiale et odieuse des médiamensonges eurocentristes:

Afrique, mère patiente de la révolution Bolivarienne

1bolivar 1

MANDINGUE

(traduction en français colonial par le Frère de combat Senfo Tonkam de La Nation Noire en Babylone-Allemagne, message qui lui a été adressé en espagnol colonial et en anglais colonial par le Frère Marcos du Mouvement Afro Vénézuélien).

« J'avais une grand-mère, on l'appelait Inés la Noire. Elle était une femme Noire magnifique, célèbre dans toute la plaine. C'était il ya près de 100 ans et pourtant les poètes de la plaine se souviennent d'elle: Inés la Noire, qui vivait dans la maison de Semeruco, près de l'église (une maison où il y avait beaucoup de fruits Semeruco - un fruit tropical au Venezuela). Ils disent que Inés la Noire, ma grand-mère, était la fille d'un Africain qui a traversé ces plaines. Ce n'est pas seulement qu'ils le disent, cela est vrai parce que, quand une centaine de personnes disent la même chose dans une petite ville, c’est que c’est vrai. Bien que je ne connaitrais probablement jamais le nom de ce grand-père Africain qui était d’origine Mandingue ». 

« Inés la Noire, la mère de Rosa Inés, était une femme Noire extraordinairement attractive. Elle était la fille de cet Africain et ils disent que cet Africain était originaire du Peuple Mandingue. Un Italien est tombé amoureux d’Inés la Noire, et de cette relation est née ma grand-mère Rosa Inés, qui est la mère du Professeur Hugo Chavez de los Reyes. Et de ce prof est né ce maigre, moitié Africain qui a été nommé Huguito (« le petit Hugo»). Donc, c'est comme ça que j'ai fini par être un Mandingue ».

Hugo Chavez

L'article ci-dessous a été publié par Venezuela infos dans démocratie participativehistoire socialemouvements sociauxlégislationSimón BolívarCaraïbespeuples indigènesAfriquerelation Sud-SudEzequiel ZamoraCulture afro-vénézuéliennecitoyennetéhistoire de la révolution bolivarienneHaïtiHistoire du Venezuela avant la révolution bolivarienne26 mai 2012

 

Dessin publié par le journal Tal Cual, Venezuela

Le 16 mars 2012 le journal d’opposition « Tal Cual », dirigé par l’ex-ministre néo-libéral des années 90 Teodoro Petkoff, publiait une caricature accusant le gouvernement bolivarien de distribuer de l’eau sale aux usagers. Le dessin montre un homme coiffé d’un béret incarnant Hugo Chavez accompagné d’enfants et regardant l’eau jaillir d’un robinet sur lequel s’est posée une mouche. L’homme au béret dit: “Assez de suprématie blanche, maintenant nous avons des eaux afrodescendantes”. Dans “Le général dans son labyrinthe”, Gabriel García Márquez raconte comment les peintres du XIXème siècle «blanchirent» les traits de Simón Bolívar jusqu’à effacer ses traits africains. Cette obsession raciste des « mantuanos » – aristocratie coloniale d’origine européenne – n’a pas disparu. L’élite qui rêve de chasser Hugo Chavez du pouvoir « par tous les moyens » considère comme illégitime l’élection à la Présidence de la République d’un « zambo » (mélange d’indigène et d’afrodescendant). Le mythe fondateur de la société coloniale puis censitaire postulait que les millions de « morenos », « pardos », « zambos », n’appartenaient pas au genre humain.

Hugo Chavez vu par l’opposition

Pour les historiens Mario Sanoja et Iraida Vargas-Arenas (1) : « Aujourd’hui, dans les coiffures des quartiers chic de Caracas, les clientes qui dénigrent à voix haute le “singe Chávez” et les singes en général oublient que les «choses noires» qui leur lavent les cheveux, leur soignent les pieds, leur vernissent les ongles, sont des « singes » qui habitent des quartiers populaires comme Santa Cruz ou Las Minas, tout comme les «cachifas» (domestiques) qui s’occupent de leurs enfants, leur font la cuisine, lavent leur linge et s’occupent de leurs jardins». Après avoir fui la misère de leur Europe originelle, devenues élite sociale par la négation de l’Autre, ces communautés d’origine européenne voient soudain leur statut se banaliser et nourrissent une rage raciste décuplée contre Hugo Chávez. Mais quand les dirigeants de cette opposition (minoritaire dans les urnes à l’issue de scrutins validés internationalement) répètent « nous sommes la majorité », ils ne mentent pas. Ils réaffirment sincèrement leur vision du monde. Eux seuls appartiennent au genre humain, eux seuls peuvent être comptés. Ils sont donc, très logiquement, « majoritaires ». Un racisme relayé par des « spécialistes » du monde extérieur comme le français Alexandre Adler pour qui « Hugo Chávez est un “populiste quasi fasciste” (France Culture, 3 mai 2005), un “gorille” ou un “primate” (Le Figaro, 11 mai 2005) 


 

« Mantuana » espagnole avec son esclave noire, XVIIIème siècle.

Vargas et Sanoja : « Bien avant l’élection de Hugo Chávez et la démocratisation progressive du champ politique, les “singes” étaient pourtant bien là, pas encore citoyens mais déjà constructeurs de tout un pays : majorité sociale d’employés, de domestiques, d’ouvriers, de journaliers que l’historiographie de l’oligarchie ignorait systématiquement, considérant comme naturelle l’exploitation des untermenschen indigènes, métis, blancs pauvres ainsi que leur maintien dans des conditions de vie dégradantes. »

Buste du héros national, le rebelle José Leonardo Chirinos (1754-1796), Caujarao, État de Falcón, Venezuela.

Eduardo Galeano a rappelé que les premières insurrections d’Africains en Amérique Latine eurent lieu au Venezuela, lorsque se soulevèrent les mineurs de Buria (1533) sous l’impulsion du Rey Miguel. Simon Bolívar avait douze ans lorsque près de trois siècles plus tard, à deux pas de chez lui, les mantuanos exécutèrent sur une place publique de Caracas un autre rebelle : José Leonardo Chirinos, dont le corps écartelé fut exposé aux quatre coins du pays pour rappeler aux esclaves ce qui les attendait en cas de récidive. Sanoja et Vargas : « Vers la fin du XVIIIème siècle, les métis et africains réduits en esclavage totalisaient les 72% d’une population dominée par une bourgeoisie (27%) de commerçants, artisans, producteurs agricoles et des premiers métis, indigènes et noirs affranchis.

Au sommet de cette pyramide, 3000 oligarques “mantuanos” de Caracas (1%) accaparaient plus de 50% de la richesse per capita. « Comme le montrent leurs nombreuses appellations – Angola, Cabindo, Carabalí, Congo, Fuló, Wolof, Mandinga, Malembe – , les esclaves capturés en Afrique occidentale provenaient de sociétés complexes structurées autour du commerce, de l’agriculture et de l’élevage, de l’extraction minière, de la forge et de la fonte du métal. Cette « main d’œuvre » fut enrôlée dans les mines de cuivre de Cocorote, dans l’état de Ya­racuy, au XVIIème siècle.

« Bien que la structure des grandes plantations absorba la majeure partie de cette force de travail culturellement déracinée, les traditions de la musique, de la magie et de la médecine survécurent avec une intensité qui permit aux afrodescendants de conserver leur identité sociale. Les femmes réduites en esclavage eurent une immense importance dans la vie sexuelle des maîtres de l’oligarchie coloniale et républicaine, soumises aux viols illimités, fait qui explique l’énorme population de mulâtres qui forment le secteur social des « pardos ».


 

Les africains d’origine mandinga, réputés plus rebelles, étaient associés dans l’esprit des maîtres à la représentation du diable, comme l’est Chavez aujourd’hui.

« Beaucoup ignorent que le premier drapeau brandi par Bolívar en signe de rébellion contre la couronne espagnole était un drapeau noir appelant le peuple réduit en esclavage à se rallier à la cause de l’indépendance et, par la suite, de l’Égalité. Mais si Bolivar décréta l’abolition de l’esclavage dès 1816, respectant ainsi la promesse faite aux « jacobins noirs » de Haïti à qui il devait pratiquement tout, l’exploitation de cette main d’oeuvre lui survécut. Certes les républiques « indépendantes » qui s’ensuivirent étaient faites pour « les citoyens ». Mais les afrodescendants n’étaient pas encore considérés comme « citoyens ». C’est pourquoi nombre d’entre eux répondirent à l’appel « Terres et Hommes Libres !» du général Ezequiel Zamora (1859-1863) dont l’assassinat repoussa une fois de plus l’émancipation espérée.

Jesús Chucho García (2) : “Au Venezuela l’intellectuel Arturo Uslar Pietri réclamait une immigration européenne pour “améliorer la race et le niveau culturel” , expliquant que les antillais n’avaient rien à apporter au développement de notre pays. Dès 1937, Pietri proposait à la Chambre de Commerce que le Venezuela, pour devenir un pays moderne, renonce à ses composantes indigènes et afrodescendantes. Le marxisme vénézuélien, importé d’Europe comme signe de distinction sociale, refoula lui aussi les thèmes indigènes et afrodescendants. » Mario Sanoja et Iraida Vargas-Arenas : «à partir de 1936, avec le boom pétrolier et la fin de la dictature de Juan Vicente Gómez, s’effondrèrent les relations de production de type semi-féodal qui maintenaient les paysans enfermés dans leurs ghettos.

Tous ces paysans sans terre, mulâtres, indigènes et noirs se joignirent à l’embryon de prolétariat urbain rejeté à la périphérie des grandes villes, en particulier à Caracas : une population essentiellement jeune, souvent désoeuvrée, souvent obligée de recourir à la délinquance pour subvenir à ses besoins. La démagogie électorale des années 60 et 70 stimula davantage encore l’exode rural, gonflant les ceintures de misère de millions d’habitants qu’on cherchait à manipuler à travers le média politique central : la télévision, avec sa vision d’une société blanche comme modèle incontournable du « développement ».

« Le boom pétrolier permit à la classe moyenne de passer d’une vie austère à un vie aisée, condition qui s’améliora encore avec la hausse du pétrole dans les années 70. C’est à cette époque aussi que la bourgeoisie de gauche comme de droite, s’autoproclama soit comme avant-garde de la révolution mondiale soit comme bouclier anticommuniste, et dans les deux cas, comme garante des intérêts populaires. « Aujourd’hui ces secteurs se sentent trahis par « leurs sujets ». Ils n’ont pas vu venir les élections de 1998 où une majorité de «singes » leur a préféré Hugo Chavez. Cette inclusion soudaine de nouveaux sujets devenus citoyens à part entière, qui proposent des lois, se forment, s’organisent, participent à la vie politique, explique la convergence de certains secteurs marxistes des années 80 avec la droite de la classe moyenne, surtout parmi les universitaires irrités de perdre le monopole du discours critique, et qui défendent leurs intérêts de classe face à l’ « insurrection des singes ».

Norma Romero


 

La révolution bolivarienne, elle, a rompu avec le mythe officiel du métissage en vigueur sous les gouvernements antérieurs et a promulgué en 2011 une Loi contre la discrimination raciale. Recueillant une proposition exprimée lors de la IVème Rencontre Internationale des mouvements sociaux Afrodescendants d’Amérique Latine et des Caraïbes (juin 2011), le président Chavez a également décrété en mai 2012 la création du Conseil National des Communautés Afrodescendantes dont le rôle est de «concevoir les politiques publiques et d’articuler les différents ministères pour apporter des réponses concrètes et mettre fin aux asymétries et discriminations qui affectent encore ces communautés». Norma Romero Marín (photo) a été nommée responsable de cet organisme lancé lors d’un acte officiel dans la région de Caucagua, berceau historique de rébellions et de communes libres organisées par les esclaves fugitifs.

Semaine de l’Afrique au Venezuela (mai 2012) en présence du Vice-Ministre Reinaldo Bolivar.

Récemment c’est autour de la figure du rebelle José Leonardo Chirinos que s’est ouverte la Semaine de l’Afrique (21-25 mai 2012). Des étudiants originaires d’Afrique de l’ELAM (École Latino-Américaine de Médecine « Salvador Allende »), de l’Université Expérimentale des Forces Armées (UNEFA), ou encore les étudiant(e)s du Lycée Andrés Bello ont débattu avec le Vice-Ministre des Affaires Étrangères pour l’Afrique, Reinaldo Bolivar (photo), également créateur d’un Centre des savoirs Africains (Centro de Saberes Africanos).

Parmi les thèmes abordés : le racisme encore présent dans de nombreux médias privés, l’impact de la Loi contre la Discrimination Raciale et l’analyse des contenus éducatifs.

Comme ces “bourgeoisies” locales historiquement fondées sur la négation de l’Autre, les empires actuels invisibilisent, déshumanisent, via les médias, les civilisations qu’ils veulent détruire. Cette réduction de l’Autre, doté de « moins de subtilité intellectuelle, moins de richesse historique » réapparaît parfois curieusement dans la gauche occidentale (avec la puissance du refoulé colonial et sous des dehors apparemment progressistes comme la « laicité » ou les « droits de l’homme »).

Le cliché souvent entendu : «Ah ! quel dommage que Chavez soit trop primaire pour comprendre que les ennemis de ses ennemis ne sont pas forcément des amis » exprime la difficulté de comprendre que l’Autre est capable de penser subtilement, d’avoir une stratégie à long terme et une Histoire assez dense pour qu’on ne le définisse pas en creux. Comment ignorer encore le mouvement profond d’une diplomatie qui procède en droite ligne de Simón Bolivar et de son projet de réunir « les trois quarts de l’Humanité » lors d’un vaste congrès à Panama (1826) pour bâtir «l’équilibre du Monde » ? Rêve multipolaire saboté par les grandes puissances de l’époque mais souvent repris depuis par les nations du Sud (Bandoeng 1955) ?

Au-delà des contingences de qui gouverne chacun des États (combien de despotes ici ou là à l’époque de Bolivar, à l’époque de Bandoeng, aujourd’hui ?), la stratégie bolivarienne consiste à préparer, par des accords d’État à État, le jour où comme en Amérique Latine, et peut-être sous son influence, l’intelligence collective des peuples finira par démocratiser les institutions politiques et permettra des relations internationales enfin basées sur les principes de souveraineté, d’égalité, de respect et de coopération. Caracas accueillera le prochain sommet des non-alignés en 2015.


 

Jesús « Chucho » García lors d’une conférence-débat, Caracas.

Jesus « Chucho » García : « Le Venezuela fait un grand travail pour resserrer les liens avec l’Afrique: nous avons commencé à faire venir des étudiants de là-bas et à nouer toutes sortes d’accords : commerciaux, culturels, etc.. Pendant trop d’années et malgré tout ce que nous avons en commun nous avons tourné le dos à l’Afrique, au moment où l’impérialisme mène une guerre de reconquête pour s’emparer de ses ressources naturelles. Nous ne nous identifions pas pour autant à la religion afro-centrée ni à une certaine forme d’auto-ségrégation du mouvement noir états-unien. Nous sommes américains et sur ce continent américain a eu lieu un long processus d’innovation, de création. Nous ne voulons pas nous paralyser dans le temps. Notre objectif final est que nous soyons tous égaux et que l’on comprenne que le racisme fut inventé pour justifier un système d’exploitation mondiale». Auteur et traducteur : Thierry Deronne (1) Ricardo Sanoja et Iraida Vargas, anthropologues et historiens vénézuéliens, article ” El Origen de “Monos” y “Escuálidos”.

(2) Jesús “Chucho” García, intellectuel vénézuélien et fondateur/activiste du mouvement afrodescendant, auteur de nombreux ouvrages sur ce thème ( http://www.globalcult.org.ve/pub/Clacso2/garcia.pdf ) URL de cet article :  http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/05/26/afrique-mere-patiente-de-la-revolution-bolivarienne/

  1.   http://venezuelainfos.wordpress.com/category/culture-afro-venezuelienne/

La révolution bolivarienne torpillée

Hotep,

La vidéo ci-dessous est d'une importance capitale. Elle doit être visionnée entre amis, en famille afin de renforcer le sentiment d'unité et de cohésion du peuple autour de son leader. Cette vidéo nous explique comment l’establishment eurocentriste (capitalisme néo-libéral) a manœuvré pour neutraliser la révolution bolivarienne.  

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Les 7 péchés d'Hugo Chavez (1)

"Pourquoi les Etats-Unis s’opposent-ils à Chavez ? Pour le pétrole, on s’en doute. C’est tout ?

Les guerres du pétrole, ils sont habitués à les gagner. Mais au Venezuela, on leur tient tête. Ici, on dit qu’il est possible d’employer l’argent du pétrole de façon intelligente et utile. Pas comme à Dubaï où on construit des hôtels à vingt mille euros la nuit au milieu d’un monde arabe sous-développé. Pas comme au Nigeria où la faim tue alors que ce pays est un des plus gros exportateurs mondiaux.

Au Venezuela, un homme affirme qu’il est possible de résister aux multinationales et de vaincre la pauvreté. On l’accuse de tous les péchés : ‘populiste’, ‘dictateur’, ‘antisémite’... Mais que se passe-t-il sur le terrain ? Quels sont ses véritables péchés ? Le pétrole est un enjeu majeur du monde actuel et nous lèverons le voile sur les agissements secrets d’Exxon, Shell ou Total. Mais la question va plus loin que le pétrole… Quel type d’économie peut vaincre la pauvreté ? Une véritable démocratie est-elle possible ? Ces enjeux concernent toute l’Amérique latine, mais aussi le Moyen-Orient, l’Afrique et même l’Europe…

Que vaut notre info ? L’Amérique latine dans les médias, c’est très simple. Il y a le carnaval à Rio, le tango à Buenos-Aires et la drogue en Colombie. Ah oui, il y a aussi ‘Chavez le populiste’. Au lieu de cette image stéréotypée, ne pourrait-on nous montrer la vraie vie des Latinos ? Presqu’un sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Pourquoi ? Par contre, sept ou huit sont devenus multimilliardaires en quelques années. Comment ?

44% de pauvres en Amérique latine. Cessez de voir ça comme une statistique. Pourrez-vous ce soir donner quelque chose à manger à votre enfant ? Pourrez-vous lui payer l’école ? Et, s’il tombe malade, verra-t-il un médecin ? Lorsque vous vivez avec un ou deux dollars par jour, vous êtes forcé de choisir entre ces besoins vitaux. Cette angoisse est le quotidien d’une personne sur deux dans ce grand continent. Au Moyen-Orient, c’est pareil. En Afrique, c’est pire. L’expérience du Venezuela représente-t-elle une alternative valable ? Si oui, ça nous concerne tous. Il est important de s’en informer et d’en juger de façon indépendante. Les médiamensonges ne concernent peut-être pas que l’Irak.

Face au fossé riches-pauvres, le droit à l’alternative existe-t-il ? Depuis vingt ans, je mène des investigations sur les stratégies de guerre et de domination des USA. Depuis vingt ans, j’écoute leurs victimes. Je ne peux oublier ce que m’ont dit Nasra l’Irakienne, Tomislav le Yougoslave, Mohamed le Palestinien et tant d’autres. Au fond, leurs souffrances et leurs colères sont pareilles, c’est toujours la même guerre.

Je ne peux oublier non plus leur espoir qu’il existe une issue vers un monde meilleur. C’est en pensant à eux tous que je suis allé au Venezuela : l’alternative est-elle possible ? Ecouter Chavez, écouter les gens d’en bas, écouter l’opposition de droite. Et témoigner." Michel Collon

La stratégie du chaos (2)

"Égypte, Tunisie, Libye, Turquie, Iran, Arabie saoudite, Somalie, Soudan, Afghanistan, Pakistan : cet « arc d’instabilité » qui relie l’Afrique du Nord en passant par le Moyen-Orient et la Corne de l’Afrique jusqu’à l’Afghanistan et aux portes de la Chine. Fameux paradoxe : c’est dans cette zone explosive que se joue sans doute l’avenir du monde, mais on n’y comprend pas grand chose ! Quel fil rouge relie ces pays ? Un « péril musulman » ? Un choc des civilisations? Les retombées des conflits coloniaux ?

Et si tous ces pays formaient les pièces d’un seul grand puzzle ? Un puzzle qui prend son sens quand on saisit la stratégie globale des Etats-Unis face aux autres puissances : Europe, Russie, Chine et les forces émergentes du Sud . En quelques entretiens passionnants, Mohamed Hassan fournit la clé de ce puzzle. Il rappelle l’Histoire oubliée qui explique le présent, dévoile les stratégies secrètes et expose les intérêts non avoués. Michel Collon et Grégoire Lalieu ont préparé ce livre avec lui. Leur but : rendre simple ce qui paraît compliqué. Pour comprendre le monde musulman et ses rapports avec les USA ou l’Europe, tout citoyen a intérêt à savoir ce qu’on lui cache." Michel Collon

(1) et (2):  http://www.michelcollon.info/spip.php?page=produit&;ref=chaos&id_rubrique_thelia=#

Un documentaire-reportage sur la transformation du Venezuela par le président Hugo Chavez. Ce document donne la parole aux Vénézuéliens et dévoile un reflet différent de celui habituellement présenté par les médias occidentaux largement connus pour leur mythomanie. Par Uhem Mesut

Michel Collon  explique les 7 péchés de Chavez:

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Afrique: nouvel Eldorado pour les Occidentaux

bateau

Espagnols et Portugais n’hésitent plus à migrer vers le continent pour chercher du travail.

Frappé de plein fouet par la crise économique mondiale, l’Europe a vu les conditions de vie de ses populations se durcir. Pour fuir la misère dans leur pays, certains Européens n’hésitent plus à migrer vers l’Afrique en espérant trouver du travail.

Lire davantage en cliquant ici . L'Afrique, "nouvel'' el-dorado-gazier

L'Amérique en faillite.

Solution, retourner chercher le travail en Afrique et pousser les Africains à fuir l'Afrique pour venir prendre la place des pauvres en Amérique et en Europe.

Trouvez le mot caché !

 

La France en faillite.

 https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&;v=TX4vobgadI4

L'économie française au bord du gouffre (Marc Fiorentino)

La Cour des comptes prône plus d'efforts pour réduire le déficit

La Grèce en faillite

Un désastre humanitaire en Grèce


 

La fin programmée du capitalisme néolibéral et l'émergence d'un "Cycle Nouveau"

Résumé1

Le monde voit ses   réserves en pétrole bon marché s’épuiser, avec les changements dramatiques   que cela implique. La plupart des observateurs, y   compris ceux issus des milieux de la finance pourtant qualifiés jusqu’à   présent d’«optimistes », conviennent que nous avons atteint le pic de   production globale. Désormais, même si les pays industrialisés entament une   conversion à des sources d’énergies alternatives, ils auront chaque année à   leur disposition moins d’énergie nette pour effectuer le travail essentiel au   maintien de sociétés humaines complexes. Nous entrons dans une ère nouvelle, aussi différente de l'ère industrielle que cette dernière fut différente de l'époque médiévale.

  1. fut centrale dans la géopolitique du XXe siècle ; comment enfin les tensions provoquées par l’amenuisement des ressources énergétiques au XXIe siècle entraîneront des guerres de prédation au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Amérique du Sud (et particulièrement en Afrique, ndlr). Il anticipe l’impact probable de la déplétion du pétrole ainsi que celui de toutes les énergies alternatives. Prédisant un chaos certain à moins que les États-Unis, premier consommateur mondial, ne consentent à rejoindre les autres pays pour mettre en place un programme global de conservation et de partage, il recommande par ailleurs une « chute contrôlée » susceptible d’ouvrir la voie à une société plus modérée, moins gourmande en énergie et durable.

Plus lisible que les autres ouvrages traitant de la question, cette version mise à jour de l’ouvrage de référence sur le « pic pétrolier » constitue un saisissant cri d’alarme. Mais il s’agit aussi d’un recueil riche en idées positives à différents niveaux. La communauté internationale, les collectivités locales, les individus, tous doivent maintenant agir concrètement afin d’affronter dans les meilleures conditions possibles la « fin de la fête » et ce livre explique comment faire, de façon admirablement claire et honnête.

CAPITAL2

Les économistes maintiennent que la reprise est à portée de main, pourtant les taux de chômage demeurent élevés et les valeurs immobilières continuent de plonger ; les États croulent sous des déficits record et les monnaies sont l’objet d’attaques spéculatives, le financement de leur dette soumis à des mécanismes prédateurs et destructeurs. La Fin de la Croissance pose un diagnostic dérangeant : d’un point de vue économique, nous sommes parvenus à un tournant décisif de l’Histoire. La trajectoire expansionniste de notre civilisation industrielle se heurte à présent à des barrières naturelles non négociables.

Ce nouveau livre incontournable de Richard Heinberg nous plonge au cœur de la crise financière, afin de nous faire comprendre pourquoi et comment elle est survenue, et de tenter de trouver des solutions pour, peut-être, nous éviter le pire. Écrit dans un style alerte et très accessible, ce livre détaille les trois facteurs essentiels qui s’opposent à toute reprise à long terme de la croissance : l’épuisement des ressources, les dégâts environnementaux, et les taux d’endettement écrasants. La convergence de ces paramètres ne peut que nous obliger à reconsidérer les théories économiques dominantes, et à réinventer la finance et le commerce.

La Fin de la Croissance dresse l’inventaire des moyens à la disposition des responsables politiques, et de nous-mêmes en tant qu’associations, communautés

ou familles, pour bâtir une nouvelle économie qui fonctionne dans les limites de notre environnement et de ses ressources. Pour l’auteur, cette transition peut nous être profitable, à condition que nous placions l’environnement et l’humain au cœur de nos préoccupations, au lieu de poursuivre notre quête, nécessairement vaine, d’une croissance perpétuelle.

«HEINBERG montre comment l’épuisement des ressources pétrolières, hydriques, alimentaires, etc. conduit non seulement à la fin de la croissance, mais également à l’aube d’une nouvelle ère de progrès sans croissance.»

- Herman E. DALY, économiste, professeur émérite 
à l’École de Politique publique de l’Université du Maryland.

«Plongez-vous dans ce livre! Il est bourré d’idées, d’informations et de perspectives sur la direction que prend notre monde désorienté: un véritable guide pour les perplexes, c’est-à-dire la plupart d’entre nous.»

- James Gustave SPETH, 
auteur de The Bridge at the Edge of the World: Capitalism, 
the Environment and Crossing from Crisis to Sustainability.

Traduit de l’américain par Thierry LHOMME

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