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CRISE EN RÉGION ''ANGLOPHONE'' AU KAMERUN: ET SI ON AVAIT AFFAIRE À DES ''OPÉRATIONS FAUX DRAPEAU'' ("false flag" en anglais)

Du point de vue géostratégique, la crise socio-politico-économique actuellement en cours au Kamerun dans les Régions dite ''anglophones'', peut-elle être qualifiée d'OPÉRATION FAUX DRAPEAU? 

Le système politique au Kamerun, comme dans tous les enclos coloniaux français, est celui de la CONSERVATION DE POUVOIR. C'est un système de clientélisme politique que le Pr Jean François Médard qualifie de Patrimonialisme rationnalisé, qui consite à ''zombifier'' et ''lobotomiser'' les masses populaires pour les rendre insensibles aux souffrances que le pouvoir les impose. Le pouvoir en place se sert des revendications légitimes d'une franche de sa population, pour créer une stratégie du choc qui précède une stratégie du chaos social, savamment planifié. N'oublions pas que les élections présidentielles sont prévues en 2018.

Le rappeur ''général Valsero'' nous explique le contexte de la conservation du pouvoir au Cameroun:

 

Pour écouter la totalité de l'entretien, cliquez ici. 

 Il est donc question d'amener le peuple meurtri par plus de 6 décennies de gabegie (depuis la proclamation de l'indépendances du Kamerun ''francophone'' le 1er janvier 1960), à se ''souder'' autour de son bourreau sempiternel, Biya Barthélémy Paul Bivondo pour qui ''il est le seul à pouvoir garantir la paix et le salut au nom du Seigneur-Jésus-Roi des Armées'' : c'est le syndrome de Stockholm.

Les OPÉRATIONS FAUX DRAPEAU sont l'oeuvre du célèbre géostratège américain Milton Friemand, le concepteur des ''Révolutions oranges'', outils de propagande et de destabilisation de Salvador Allende en Chili au profit de Pinochet par le coup d'État du 11 septembre 1973; la tentative de renversement du Combattant Hugo Chavèz au Venezuela en 2002; la tentative réussi de l'OTAN pour renverser le Guide de la révolution libyenne, Mouammar el Khadafi le 20 octobre 2011, etc.

Tout au long de l'histoire, diverses versions d'attentats sous faux drapeau ("false flag" en anglais) ont été utilisées avec succès par les gouvernements pour diriger la force du peuple vers la finalité recherchée par la classe dirigeante. Selon les époques, la finalité peut être la guerre ou la restriction des libertés civiles privées et des droits humains basiques ou un agenda économique.

En fait, les false flags peuvent prendre toute une variété de formes – nationales ou en rapport avec la politique étrangère, à petite ou grande échelle, économiques ou politiques, et avec de nombreux autres buts qui peuvent souvent se fondre les uns dans les autres. Chacun peut servir un dessein spécifique et peut être ajusté et adapté en vue de ce dessein spécifique selon ce qu'exigent les conditions de la communauté.

Par exemple, l'attaque aux armes chimiques qui a eu lieu en août 2013 en Syrie peut servir d'exemple pour un false flag à l'étranger prévu pour stimuler la ferveur des américains vers la guerre, sur la base de la Responsability to Protect (ou R2P, le Devoir de Protection, établi en 2005 par les Nations-Unies, NdT) comme pour le golfe du Tonkin.


Au plan national, un false flag à grande échelle comme celui du 11 septembre 2001 aux USA peut servir à susciter un soutien massif du public pour la guerre et une volonté populaire d'abandonner des libertés civiles, une procédure constitutionnelle et les droits humains. Les false flags économiques peuvent prendre la forme de "paralysies du gouvernement" fabriquées ou de "défauts de paiement du gouvernement" conçues pour créer une demande d'austérité ou autres solutions en faveur de Wall Street.

Enfin, les false flags nationaux à petite échelle comme Sandy Hook ou Aurora, impliquent souvent la mise en place de mesures de contrôle des armes ou un état policier plus important. Il existe, bien sûr, de nombreuses versions différentes d'attentats par false flags et aucun ne correspondra exactement à un classement précis dans la rubrique "false flags". Comme exposé ci-dessus, certains false flags peuvent en fait contenir un élément de chacune des différentes versions listées précédemment, aussi bien en termes de méthodologie que de but.

 Cela dit, il est également vrai, malgré une possibilité constante d'attentats par false flags massifs, qu'on en voit se produire à petite échelle sous l'apparence de "tireurs" (le plus souvent la variété des "tireurs isolés" ou "tireurs fous"), que la classe dirigeante et ses porte-paroles médiatiques ont utilisé avec beaucoup d'efficacité ces dernières années. Bien que l'échelle des attaques ait diminué, leur fréquence a rapidement augmenté.

Cependant, en raison d'une recrudescence de médias alternatifs et d'une communauté de recherche, au fur et à mesure du lancement des attaques, il se publie une volée de démolition des récits officiels. À côté de nombreuses critiques absolument non crédibles de la version officielle des événements, frisant la paranoïa et l'invraisemblance, on trouve des articles de chercheurs qui peuvent exposer le false flag pour ce qu'il est. D'ailleurs, c'est pour cette raison que les false flags ont dernièrement essuyé de sérieux revers en terme d'efficacité et que c'est toujours le cas.

Comme l'attaque est prévue pour instiller la peur, la panique et une réponse téléguidée de la part du public, il est important de déconstruire le récit de cette attaque tel qu'il est présenté. Nous ne pouvons cependant pas passer simplement notre temps à tenter d'exposer et déconstruire toutes les attaques par false flag. Nous ne pouvons ignorer les grands problèmes, les batailles où l'on sort vainqueurs et les revendications qui doivent être faites simplement pour exposer tous les false flags.

Nous ne pouvons ignorer le feu de forêt en éteignant un feu de broussailles occasionnel. Le false flag, après tout, n'est qu'un symptôme de la maladie. Il est important pour cette raison de permettre au public de reconnaître le false flag lui-même, pas uniquement les éléments contestables d'un false flag en particulier qui sera bientôt suivi d'un nouveau. Nous devons nous former et former le public à reconnaître les signes d'un false flag quand il se produit et ainsi rendre l'attentat neutre.

Les opérations faux-drapeaux sont des créations sionistes

Les opérations faux-drapeau par leur nature même, sont toujours bonnes pour les nouveaux cons(ervateurs), le régime israélien, les va t'en guerre et les puissances usuelles. Si vous n'en êtes pas sûr, demandez donc à B. Netanyahou et il va vous en persuader. Vous rappelez-vous ce qu'il a dit après les attaques du 11 septembre ?


Celui qui est commande à Tel Aviv expliqua sans équivoque à une audience de l'université Bar Ilan:

"Nous bénéficions d'une chose et c'est de l'attaque sur les tours jumelles et le Pentagone ainsi que de la lutte des Américains en Irak." [ "Report: Netanyahu Says 9/11 Terror Attacks Good for Israel," Haaretz, April 16, 2008.]

Toutes ces guerres et attaques terroristes "ont fait chavirer l'opinion publique américaine en notre faveur", a t'il ajouté.[ Ibid.]

Le président iranien d'alors Mahmoud Ahmadinejad a vu la même chose à savoir que les opérations faux-drapeau renversaient toujours "l'opinion publique américaine" en faveur d'Israël. Ahmadinejad a alors dit:

"Il y a 4 ou 5 ans, un évènement suspicieux s'est passé à New York. Des bâtiments se sont effondrés et ils ont dit que 3000 personnes y avaient été tuées sans jamais publier leurs noms. Sous ce prétexte, les Etats-Unis ont attaqué l'Afghanistan, puis l'Irak et depuis, un million de personnes ont été tuées en Irak." [ Ibid.]

Ce que nous voyons ici encore et toujours est ce que l'ayatollah Khomeini avait dit bien en avance sur son temps, lorsqu'il lança l'expression de "Grand Satan" pour décrire les activités sionistes aux Etats-Unis et au Moyen-Orient ; par le "sionisme international", il dit en 1979:

"Au moyen des ses agents fourbes et cachés (comme par exemple les néoconservateurs et les va t'en guerre de tout poil), il suce le sang des peuples sans défense comme si lui seul, avec ses satellites, avaient le droit de vivre en ce monde. L'Iran a essayé de couper ses relations avec ce Grand Satan et c'est pour cette raison même que maintenant des guerres lui sont imposées." [Quoted in E. Michael Jones, "The Great Satan and Me: Reflections on Iran and Postmodernism's Faustian Pact," Culture Wars, July/August, 2015.]

Khomeini ne faisait que s'échauffer:

"Il n' y a pas de crime que l'Amérique ne commettrait pas afin de maintenir sa domination économique, politique, culturelle et militaire sur ces parties du monde où elle prédomine."

Ceci est toujours vrai aujourd'hui. La mafia sioniste et ses marionnettes utilisent des opérations faux-drapeau pour matraquer à la fois le Moyen-Orient et l'occident à mort. Par exemple, juste après les récentes attaques de Londres, Theresa May a déclaré que le gouvernement se devait de prendre le contrôle de l'internet.

"Nous ne pouvons pas permettre à cette idéologie un espace de sécurité pour se reproduire, et pourtant c'est exactement ce que l'internet et les grosses entreprises qui en fournissent l'accès font," a t'elle dit.[ Jon Stone, "Theresa May says the internet must now be regulated following London Bridge terror attack," Independent, June 4, 2017.]

May ne pense pas une seconde que la guerre perpétuelle créée au Moyen-Orient pourrait bien être une raison des attaques contre l'occident. Elle pense juste que l'internet est une grande partie du problème!

Elle a dit:

"Nous devons travailler avec les gouvernements démocratiques alliés pour atteindre un accord international afin de réguler le cyber-espace et empêcher la propagation de l'extrémisme et de la planification terroriste." [Ibid]

Les attaques terroristes de Londres, a t'elle ajouté "étaient liées entre elles par une seule idéologie malfaisante, celle de l'extrémisme islamique." [Ibid] Qu'en est-il de l'extrémisme nouveau con ? et de la Syrie en ce moment ? Qui soutient vraiment l'EIIL dans la région ? Cette femme veut-elle nous faire croire qu'elle ne sait pas , qu'elle ne sait rien ? Pourquoi ne s'assied-elle pas 5 minutes avec Poutine pour lui demander ?...

May fait l'idiote avec les faits parce qu'elle est au lit avec un paquet de va t'en guerre et de satanistes. En fait, May n'a pas hésité à dire l'an dernier qu'elle était prête à larguer des bombes sur des gens innocents, hommes, femmes et enfants, afin de protéger son idéologie politique. Le second point est que May et d'autres va t'en guerre sont préoccupés au sujet des récentes attaques de Londres, mais les mêmes personnes ne sont pas vraiment inquiètes quand il s'agit de bombarder en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie.


Juste samedi dernier, au moins 245 civils ont été tués rien qu'à Mossoul (NdT: par des raids anglo-americano-sionistes...) Le mois dernier, au moins 3050 personnes ont perdu leurs précieuses vies. Qui se préoccupent de ces gens ? Aucun politicien en occident en tout cas. Ils sont bien plus motivés à faire bloquer l'internet que d'adresser les vrais problèmes au Moyen-Orient.

Censurer ce que disent les gens sur internet est un vieux projet israélien depuis le départ. [See for example David Shamah, "Israel eyes world coalition to force social media platforms to block incitement," Times of Israel, January 19, 2016; for similar stories, see also "Likud Minister: It's Clear Netanyahu Wants to Block Critical Reports About Him," Haaretz, March 4, 2017.]

Les révolutions de couleur dégénérant en violences fascistes, comme en Ukraine, ont été organisées à partir des conceptions de Gene Sharp, reprises et appliquées par Adam Roberts et Timothy Garton. Tous associés à l'Université d'Oxford, comme l'était Amery, au Balliol College. Le National Endowment for Democracy et l'USAID n'ont fait qu'appliquer ces recettes, en mettant la violence terroriste au bout de la « désobéissance civile ». Victoria Nuland, finançant et promouvant les extrémistes de Maïdan et les terroristes des bataillons de Pravy Sector, n'est qu'une héritière de vieilles méthodes.

L'Ambassadeur américain à Moscou, McFaul, a ainsi ouvertement déclaré que « ceux qui défendent la souveraineté des Etats le font avant tout pour préserver l'autocratie, tandis que ceux qui défendent la souveraineté des peuples sont les nouveaux progressistes ». McFaul et Susan Rice, ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, sont tous deux des Rhodes scholars qui ont bien appris leur leçon. Au cœur de cette supposée « défense des peuples » se trouvent les thèses sur la « défiance civile » de Gene Sharp, qui est un Américain mais diplômé d'Oxford. Ces thèses contiennent 198 tactiques pour fabriquer une révolution, parmi lesquelles le recours à l'usage de couleurs symboliques pour chacune d'entre elles.

Sir Adams Roberts et Timothy Garton ont appliqué la démarche de Sharp en lançant leur projet de «Civil Resistance and Power Politics ». Au départ on démarre avec la résistance non violente, reprenant le mode opératoire de Ghandi et de Martin Luther King en le dévoyant, mais à l'arrivée on trouve les mouvements fascistes dont on feint de déplorer, du moins en public, les manifestations extrêmes. Christine Bierre vous a montré le recours à ces méthodes pour déstabiliser la Russie avec le terrorisme dit « tchétchène » mais provenant en fait d'une matrice wahhabite. Tant ces terroristes-là que ceux de l'État islamique ont trouvé pendant longtemps leur asile et leur plateforme dans le «Londonistan », avec ses mosquées, ses institutions charitables, ses chaînes de télévision et ses centres culturels islamiques.

Le cas du tchétchène Abou Omar al-Chichani, commandant de l'armée de l'Etat islamique, est un exemple de cette interpénétration. Notons qu'Ed Balls, lorsqu'il était secrétaire d'Etat à l'Education, avait promu les subventions publiques, qui selon Andrew Gilligan du Telegraph n'ont pas été supprimées jusqu'à aujourd'hui, en faveur des écoles racistes et ultra-communautaristes du groupe Hizb ut-Tahrir, qui a toujours appelé à la création d'un Etat islamique... Nos services français ont longtemps protesté contre cette curieuse « tolérance » manifestée dans le Londonistan.

Enfin, c'est au Tavistock Institute de Londres que se situe le centre des opérations de contrôle et de manipulation psychologique permettant d'étudier et au besoin de promouvoir le comportement de « terroristes ». Il faut ici éviter de tomber dans deux écueils, le Charybde de l'angélisme et le Scylla du conspirationnisme. Le premier Institut du Tavistock, du nom du Tavistock Square à Londres, a été créé en 1921. Son premier objectif était d'étudier les traumatismes de guerre (shell shocks) soufferts par les soldats britanniques ayant survécu à la Première Guerre Mondiale. Il s'agissait d'identifier, avec des critère scientifiques, le « seuil de rupture » de la résistance d'un être humain à des sollicitations extrêmes.


Le projet était parrainé par le Bureau pour la guerre psychologique de l'armée britannique, sous l'autorité du psychiatre John Rawling Rees. L'arrivée en 1932 de Kurt Lewin, qui fut aussi le fondateur de la clinique psychologique de Harvard, marqua l'introduction des méthodes de la « dynamique de groupe » , c'est-à-dire les techniques de manipulation de l'individu inséré dans un groupe visant à lui faire acquérir certains comportements. Lewin, avec Rees, étudièrent les effets des bombardements sur la population civile en Allemagne.

Lewin se spécialisa dans les études de « programmation » et de « déprogrammation » avant de passer aux travaux pratiques. Selon lui, il est possible d'imposer à une population ou à des individus adultes « un état émotionnel comparable à celui d'enfants névrosés ». La tentation fut grande, à partir de là, de franchir le seuil et de créer l'environnement qui brise les résistances psychologiques des individus pour les amener à des tâches qu'autrement ils auraient rejetées.

Ce freudisme dévoyé par les conditions barbares de la guerre s'étendit à l'occasion de la Guerre froide. La deuxième version du Tavistock Institute fut lancée en 1947 sous le nom de Tavistock Institute for Human Relations, avec l'assistance financière de la Fondation Rockefeller et l'échange d'experts anglais et américains. John Rawling Rees, soutenu par Allen Dulles, y joua – fort de son expérience précédente – un rôle moteur. Les méthodes de bourrage de crâne à des fins politiques s'y développèrent avec l'étude des changements comportementaux subis par les prisonniers de guerre américains en Corée du Nord.

Voici 11 signes indiquant un attentat (ou une politique armée) sous faux drapeau:

1. Envergure de l'événement

La première question à se poser sera "Est-ce un accident à haut profil ?" La réponse, bien sûr, est tout à fait évidente. Si l'attaque se passe au World Trade Center avec explosion et effondrement des bâtiments, ou à la Maison Blanche ou au Pentagone, c'est clairement un haut niveau. Donc le lieu peut être pris en considération. Dans d'autres circonstances, l'acte-même peut être un facteur majeur comme dans le cas de l'école primaire de Sandy Hook, endroit sans importance au plan national, mais acte horrible qui a fait néanmoins les gros titres nationaux. Le facteur le plus important est sans conteste l'attention des médias. Quel que soit le lieu ou l'acte, si les médias récupèrent l'histoire et la répandent en simultané sur toutes les grandes chaînes majeures, l'accident peut être vu comme un "événement à haut profil".

2. Récits qui changent

Dans les cercles informés de recherche, il est bien connu que l'information qui sort peu après l'événement est en général la plus fiable. Il faut aussi tenir compte de la confusion qui règne à cause de l'affolement des témoins. Malgré tout, l'information primitive n'a pas été sujette à une révision complète des médias, ce qui se produira forcément quand l'histoire sera moulée pour s'adapter au récit mis en avant par les individus qui ont dirigé l'attaque aux plus hauts niveaux ou qui ont au moins des liens avec ceux qui peuvent contrôler le moyen de faire rapporter l'événement par les divers médias.

Par exemple, au moment des attentats, les rapports initiaux peuvent signaler 5 tireurs. Très peu de temps après, on peut n'en mentionner que deux. Rien que quelques heures après l'attentat, toute référence à plus d'un tireur a entièrement disparu, il ne reste plus dans l'affaire qu'un "tireur isolé". On ridiculise toute mention ultérieure d'autres tireurs comme une "théorie de la conspiration".


 3. Manœuvres d'entraînement en simultané

Une marque de fabrique d'une opération false flag est le déroulement de manœuvres d'entraînement peu de temps avant ou pendant l'attaque. Ces manœuvres impliqueront souvent une séquence d'événements qui se passent pendant l'attentat proprement dit. Ces manœuvres d'entraînement ont eu lieu pendant des false flags à grande échelle comme le 11 septembre ainsi que pendant des attaques à plus petite échelle comme la tuerie d'Aurora. Par exemple, comme le documente Webster Tarpley dans son livre ''9/11 Synthetic Terror'' :

Made in USA (11 septembre, Terreur de synthèse, fabriqué aux USA), au moins 46 manœuvres étaient en cours dans les mois précédant le 11 septembre et le matin même de l'attaque. Ces 46 manœuvres avaient toutes un rapport d'une manière ou d'une autre avec les événements qui se sont passés le 11 septembre. De même pendant les attentats à la bombe du 7 juillet 2005 à Londres, des manœuvres étaient en cours avec exactement le même scénario que ce qui s'est produit exactement aux mêmes heures et aux mêmes endroits.

Bien qu'un prétexte puisse l'emporter sur l'autre selon la nature et le but de l'opération, les manœuvres d'entraînement sont utiles aux créateurs de false flag pour au moins deux raisons. La première est de provoquer une confusion intentionnelle quand les manœuvres se passent pendant l'attaque réelle. L'autre, d'un aspect plus rentable, est de se servir des manœuvres comme d'une couverture pour programmer l'attaque ou même donner le "feu vert" quand c'est le moment de lancer l'événement.

Qui plus est, elles fournissent aux auteurs du programme un élément de couverture, surtout avec la structure compacte de la chaîne hiérarchique de commande de l'agence de renseignements/de l'armée et le besoin de rester informé. Si un officier de l'armée ou un agent des services secrets tombe par hasard sur le planning de l'attaque, on peut toujours dire que ces individus n'étaient que des témoins du programme de l'exercice d'entraînement. Cette réfutation se poursuit jusqu'au "feu vert" des manœuvres. Après achèvement de l'attentat false flag, l'hypothèse de la coïncidence servira à expliquer les tragiques résultats.

4. Cui bono ?

La question la plus importante à se poser immédiatement après un accident à haut profil est "cui bono ?" ou "à qui bénéficie le crime ?" Si on peut voir un évident bénéfice du gouvernement, d'une société ou d'une banque, l'observateur devient alors capable d'y voir clair immédiatement. On peut répondre à nombre de ces questions en regardant de plus près le comportement de ces organisations avant l'attaque et peu de temps après.

Par exemple, la présence d'une loi qui n'aurait eu que peu de chance de passer avant l'attaque mais qui est vite passée (ou au moins lourdement suggérée) après, est un indice que l'attentat qui tombe à pic est en fait un false flag. La loi du type Patriot Act avait été en réalité rédigée avant le 11 septembre mais n'avait que peu de chance de passer au Congrès en raison du climat politique de l'époque aux US. Après le 11 septembre, le Patriot Act est rapidement passé sans virtuellement aucune discussion et avec la bénédiction du peuple américain.

En parlant du 11 septembre, c'est un fait qu'au moment de l'attentat, beaucoup d'individus au pouvoir au sein du gouvernement américain voulaient désespérément envahir plusieurs pays du Moyen-Orient. Après les attentats, une psychose guerrière s'est emparée de la classe dirigeante des US et le public américain a suivi sans tarder.


Après le "Underwear Bombing" (Le terroriste aux sous-vêtements piégés), nous avons vu l'inauguration des scanners corporels de la TSA (agence de sécurité des transports, NdT), technologie qui aurait été acceptée de mauvaise grâce avant l'incident et sa campagne de propagande. Les scanners avaient été pourtant achetés un an auparavant par une firme dont le propriétaire était l'ancien patron de la Homeland Security (département de la sécurité intérieure, NdT), Michael Chertoff.

Dans le même registre, parlant de la fusillade de LAX (à l'aéroport international de Los Angeles, le 1er novembre 2013, où un employé de la TSA a été tué, NdT), la TSA a acheté en août 2013 pour 3,5 millions de dollars de munitions. Pourtant en août, la TSA n'était pas une agence armée. Après la fusillade de Los Angeles, le discours s'est orienté vers un armement de l'agence, indiquant donc que quelqu'un de haut placé dans la structure du gouvernement avait eu une connaissance préalable de l'événement. On peut dire bien sûr la même chose pour l'explosion de fusillades meurtrières par des tireurs fous qui se sont produites dans tous les US accompagnant la propagande qui poussait à des mesures accrues de contrôle des armes.

 5. Questions sans réponse

Une autre marque de fabrique d'une opération false flag est relativement évidente – la présence de questions sans réponse concernant les détails de l'attaque, les auteurs, le mobile etc. Bien que les récits des médias qui prennent forme peu après l'attaque veulent ignorer ces questions, elles subsisteront inévitablement si les observateurs peuvent réfléchir par eux-mêmes et se concentrer uniquement sur l'information. Un exemple de ces questions serait le bâtiment 7 pour le 11 septembre ou les questions des tireurs supplémentaires à Aurora et à Sandy Hook.

6. Le dossier est rapidement bouclé

Une fois le choix fait par les médias d'un bouc-émissaire acceptable et d'un scénario de couverture, toute autre opinion ou question se voit refusée à l'antenne. Tout ce qui pourrait contredire légèrement l'histoire officielle est reconnu illégitime. Ceci fait, le bouc-émissaire, s'il est toujours en vie (dans de rares circonstances) est inculpé, poursuivi et reconnu coupable dans un vague procès à huis clos. Dans la plupart des cas, le suspect est tué dans l'affaire ou peu de temps après, ce qui réduit à néant toute contradiction de première main dans le récit officiel. Quoi qu'il en soit, le dossier est très rapidement bouclé après l'événement.

7. Lien des suspects avec la CIA, le FBI ou autre agence de renseignements

Un aspect-clé qui suggère un false flag à rechercher rapidement après l'attaque est une quelconque connexion du suspect ou du groupe de suspects avec des agences de renseignement. Un lien avec l'une de ces organisations et institutions peut rendre difficile une explication sur la manière dont l'attaque a été coordonnée, la motivation des participants, l'implication réelle (ou non) des suspects et l'auteur véritable de l'opération. Par exemple, le 11 septembre, les nombreux pirates de l'air supposés auraient eu de proches contacts avec le FBI, la CIA et autres agences de renseignement de haut niveau (autant intérieures qu'étrangères).

De même, les frères Tsarnaev qui ont été accusés de l'organisation de l'attentat de Boston avaient des liens avec le FBI avant l'attaque. Dans de nombreux exemples, les connexions à certaines agences et communautés de l'armée devraient autant servir de signal d'alarme que les liens aux agences de renseignement car ces institutions ont été largement mélangées.


 8. Bouc-émissaire commode

Un indice conduisant un observateur informé à suspecter un attentat false flag est l'existence d'un bouc-émissaire commode. Toute opération de false flag comportera un récit soigneusement ficelé réalisé par le groupe d'individus mis en place pour la diabolisation. L'attentat d'Oklahoma City (1995) avait McVeigh et donc des "extrémistes de droite" et la "milice".

Pour le 11 septembre, le groupe était les musulmans. Dans de nombreuses fusillades à l'intérieur du pays, la diabolisation se faisait sur des propriétaires d'armes. Avec le récent attentat de Los Angeles, "l'auteur" était un "théoricien de la conspiration opposé au gouvernement." À l'occasion d'un false flag, un "pigeon" facilement identifié montrera tous les aspects du groupe ou du moins la plupart, ainsi que l'environnement démographique social à diaboliser.

9. Les médias encouragent des récits en défaveur des groupes de bouc-émissaires, et/ou un agenda qui confisque les libertés

Un indice qui suggère un false flag est qu'immédiatement après l'attentat et après "identification" des auteurs par les "officiels" et les médias, la corporation médiatique commence non seulement à diaboliser le groupe démographique auquel appartient "l'auteur", mais commence aussi à promouvoir des "solutions" pour empêcher qu'une telle attaque ne se reproduise un jour. Ce récit comportera toujours l'érosion des libertés, une plus importante mise en œuvre d'un état policier, une politique économique spécifique ou une marche vers la guerre. Dit simplement, les médias mettent en avant le PROBLÈME, autorisent et guident une RÉACTION et ensuite fournissent une SOLUTION déterminée à l'avance.

10. Le gouvernement commence à "passer à l'action" contre le bouc-émissaire ou s'oriente dans le sens du récit des médias

Après une saine dose de propagande des médias dominants qui repassent en boucle l'attentat pour entretenir la terreur, montrent l'auteur et présentent les solutions de l'état policier, le gouvernement commence alors à passer à l'action. Des discours politiques sont faits pour capitaliser la peur et l'angoisse ressenties par le public et pour renforcer l'idée que le gouvernement est là pour le protéger. On offre ensuite des solutions sous forme de lois, d'ordres d'exécution ou de mandats politiques, en vue soit d'une réduction du 4ème amendement, un contrôle des armes ou des frappes militaires dans un pays étranger.

11. Indices dans les médias populaires

Les indices dans les médias populaires, qu'on peut définir plus précisément de programmation prédictive, sont plus facilement identifiés après coup. Cela implique souvent de mettre en scène un incident qui apparaîtra dans un film ou dans une émission de télévision. Dans d'autres cas, des détails fortuits de l'attaque sont insérés de manière visible ou même moins visible dans des films et à la télévision. Par exemple, le scénario d'un épisode de The Lone Gunman (en français "Au cœur du complot", NdT), une série dérivée de X-Files, montrait un avion piraté par contrôle à distance qu'on envoyait dans les tours du WTC. Dans The Dark Knight Rises (film de 2012, série Batman 3), il y avait une très curieuse référence à Sandy Hook avec une carte de Newtown, Connecticut, sur le mur.


En résumé, bien qu'il soit extrêmement important d'éduquer le public quant à la nature et au but des false flags, l'éducation ne peut être un but en soi. Le public a besoin non seulement de connaître la vérité autour des événements spécifiquement false flags lorsqu'ils apparaissent, mais il a besoin de comprendre la méthodologie pour les identifier par eux-mêmes et en temps réel.

Créer une culture où le public est capable de reconnaître une attaque false flag sans recourir à l'aide des sources médiatiques, des chercheurs ou des activistes, est la première étape pour rendre la tactique inutile et rassembler la force des gens vers une action réelle ou en dernier ressort, créer une culture dans laquelle cette force ne peut être rassemblée par la classe dirigeante. Bien que devant aborder les attentats false flag, nous ne devons pas nous permettre d'être si facilement détournés d'une voie d'action politique, d'une mobilisation de masse et de formuler de vraies demandes réalisables.

 Le Terrorisme d'État ou l'État criminel

Cavaye Yéguié Djibril, président de l'Assemblée nationale du Cameroun :

''Les complices de Boko Haram sont au Cameroun''.

Le discours du président de l'Assemblée nationale (Pan) du mois de juin 2014, Cavaye Yéguié Djibril, est de ceux à graver dans le marbre des soubresauts sécuritaires que vit le Cameroun depuis des années. Ouvrant la deuxième session ordinaire de la Chambre basse pour l'année 2014, il a consacré l'essentiel de sa prise de parole à la menace terroriste Boko Haram, un «phénomène [qui] a pris ces derniers temps une ampleur de plus en plus préoccupante».

Après avoir appelé le peuple à l'union sacrée, le Pan, et s'adressant directement aux élus, a rappelé le devoir de sensibiliser les communautés sur la menace que représente la secte islamiste nigériane, tant pour la sécurité individuelle, la sécurité nationale, que pour le développement économique du Cameroun.

Les députés, a-t-il indiqué, ''doivent faire œuvre de patriotisme en dénonçant tout individu inconnu ou connu mais aux agissements subitement suspects''. Et Cavaye Yéguié Djibril de mettre les pieds dans le plat :

«Dans ce combat, aucune complicité et aucune duplicité ne seront tolérées. Les éventuels complices nous les considérerons comme étant des fossoyeurs de la patrie, des traîtres à la Nation. Nous recommandons aux instances compétentes de les traiter comme tels et de sévir sans ménagement ni pitié. Ces complices doivent être recherchés. Ils doivent être débusqués par tous les moyens et punis sévèrement conformément aux lois de la République.

Nous le savons, beaucoup sont parmi nous, les uns tapis dans l'ombre, les autres très actifs mais dans l'hypocrisie, faisant semblant d'apporter leur aide aux autorités, leur objectif étant de brouiller les pistes, certainement pour mettre le pays à feu et à sang. Ceci est inacceptable! N'ayons pas peur, dénonçons les ! Ils doivent rendre compte de leurs turpitudes.»


La guerre froide qui a débuté en 1947 et qui a duré jusqu'en 1989, année de la chute des régimes communistes en Europe, ou jusqu'en 1991, année de l'implosion de l'URSS et de la dissolution du pacte de Varsovie, s'est soldée par la mondialisation transcontinentale du ''terrorisme d'État''. Dans son excellent ouvrage ''Terrorismes d'État 2001-2025'', publié aux Éditions Essai en 2002, Christian Nots écrit:

« Ainsi, pour un État qui exerce son pouvoir hégémonique de grande puissance, la menace de faire usage de la force est définie comme de la diplomatie coercitive et non pas comme du terrorisme d'État. D'ailleurs, le régime nazi condamnait très fermement le soi-disant ''terrorisme de résistance'' des pays occupés. En France, les ''résistants'' s'appelaient alors des...terroristes qui – rappelons-le – ont été très peu nombreux sur le plan opérationnel] et méritent – à juste titre – encore aujourd'hui – notre profonde reconnaissance et notre respect absolu en tant que...''terroristes''.

Paradoxalement, le même régime nazi s'est largement octroyé le droit de pratiquer la terreur d'État et le terrorisme d'État systématisé avec l'extermination structurale des juifs et des minorités avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, encore, les jolis principes scabreux de ''violence officielle d'État'' (violences de guerre), de ''terreurs d'État'' (terreurs idéologiques, terreurs conceptuelles, terreurs institutionnelles, etc.) et aujourd'hui de ''terrorisme d'État'' s'abritent toujours très largement derrière les mêmes principes ''schmittiens'' selon lesquels l'État [notamment fédéral] est normalement le détenteur légitime, supra-légal, extrajudiciaire et... unique des forces militaires, paramilitaires et policières.

La gênante polysémie du concept de ''terrorisme'' a ainsi soudainement été réactivée à partir des années quatre-vingt avec la résurgence planétaire et systématisée des multiples terrorismes d'État et autres terreurs d'État qui sont devenues depuis peu des instruments directs et/ou par procuration des grands Empires fédéraux de l'hémisphère nord (notamment terreurs d'État de l'ex-URSS puis aujourd'hui des États-Unis avec al-Q...).

Auparavant, ces pratiques ''tangentielles'' de terrorisme d'État restaient relativement résiduelles via des usages coloniaux très localisés qu'en faisaient des groupuscules étatiques confidentiels et relativement isolés de contre-insurrection, de neutralisation des luttes séditieuses et d'étrillage antiséparatiste (par ex. avec l'opération ''Oiseau Bleu'' de déploiement de contre-maquis et de faux maquis par l'armée française en Kabylie à la fin des années cinquante).

Dans nos pays post-démocratiques où les citoyens sont de moins en moins libres, le terrorisme d'État est devenu – à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle – une des modalités essentielles de dominations internationale mais aussi géopolitique de nombreux États modernes à structure apparemment démocratique (comme c'est le cas aujourd'hui pour les États-Unis et pour certains pays d'Europe).

En deux, voire trois décennies, l'arsenal du terrorisme d'État et des terreurs d'État s'est progressivement développé et mondialisé de manière que, aux côtés des anciennes luttes nationalistes traditionnelles et des résistances terroristes anti-étatiques, a pu se développer très récemment un tout nouveau ''Terrorisme inter- et transnational d'État'' qui s'est quasiment systématisé aujourd'hui au niveau mondial.

Cette nouvelle stratégie géopolitique a tout particulièrement été appliquée par les États-Unis via le développement exponentiel récent d'exactions terroristes perpétrées dans tout le Cône Sud du continent américain, en Amérique centrale, en Afrique et – aujourd'hui – dans toute l'Asie du Sud. Les Européens en difficultés impériales et coloniales dans de nombreuses colonies africaines et eurasiatiques ne sont pas en reste puisqu'ils ont essayé de pérenniser illégitimement et illégalement leurs colonies par voie terroriste (Escadrons de la mort de l'État français en Indochine, à Madagascar, en Algérie, etc.)


Comme exemples particulièrement significatifs et... didactiques de terrorisme d'État, nous pouvons citer aussi les récents terrorismes d'État US qui ont été pratiqués à la fois indirectement et/ou par procuration à un niveau continental dans le cadre du Plan Condor dans toute l'Amérique latine et – plus directement – à un niveau régional à travers les escadrons de la mort US du Programme «Phœnix» pendant la guerre du Vietnam.

Ces programmes de ''terrorismes d'État'' étaient censés être une réponse juste, adaptée et... légitime aux terrorismes insurrectionnels...In fine, ils étaient présentés comme une ''légitime défense... contre-insurrectionnelle'' pour la pérennité coloniale de l'Empire étasunien. Aujourd'hui, en ces temps de crise profonde et de guerres néocoloniales tous azimuts, le vernis démocratique des USA a ainsi encore plus tendance à s'évaporer, révélant le noyau dur des appareils d'État – dont de leur pouvoir militaire extérieur et de leurs forces de répression intérieures.» (pp. 12-14)

Plus loin, Christian Nots nous donne ce qu'il appelle ''la Grille d'Identification et de traçage avancé des terrorismes d'État d'extrême droite (ouverts, sous fausse bannière et par procuration)''.

La voici:

«- Attentats de masse visant à attaquer et à terroriser ouvertement – principalement des populations civiles;

- Minage global lourd des zones de combat et des infrastructures;

- Neutralisation massive des militants nationalistes, pro-soviétiques, pro-chinois, pro-cubains, gauchistes ou tout simplement antigouvernementaux (notamment quand le gouvernement est une junte militaire ou un régime ouvert d'extrême droite);

- Utilisation systématisée de neurotoxiques, de chimiotoxiques et de radiotoxiques sur les champs de bataille et sur les zones de guérilla;

- Déploiement massif et systématisé de ''cinquièmes colonnes'' sous fausse bannière, d'anciens ''commandos terroristes nationalistes retournés'', d'escadrons d'agents provocateurs, d' « Escadrons de la mort d'État », de ''réseaux dormants à grande capacité criminelle'', de ''Stay-Behinds offensifs'', de milices paramilitaires d'État, etc;

- Déploiement massif, systématisé et mondialisé de faux maquis terroristes et de contre-maquis insurrectionnelles (notamment islamistes [de type opérations ''Oiseau bleu'' en Algérie dans les années soixante ou opérations ''Oiseau vert'' par la CIA et la DIA à la fin des années quatre-vingt-dix au niveau mondial);

- Pratiques systématisées de nombreuses ''Terreurs d'État'' pour déstabiliser les réseaux terroristes ultranationalistes, islamistes, d'extrême gauche et contre-étatiques;

- Pratiques systématisées de divers ''Terrorismes d'État'' pour contrer les terrorismes de guérilla ou d'insurrection (contre-terrorisme par fonctionnement mimétique);

- Pratiques ad hoc de génocides et d'ethnocides contre les populations civiles pour endiguer le soutien logistique et la sympathie des populations pour les insurgés et les guérilleros;

- Mise en place d'immenses ''Camps secrets de concentration, de détention et d'interrogatoire'' en dehors des Conventions de Genève;

- Utilisation ''normalisée'' de la torture contre les combattants irréguliers et contre les insurgés pro-nationalistes;

- Déploiements nationaux et/ou transnationaux récurrentes de diverses « Stratégies de tension » (médiatiques, administratives, etc.);

- Etc.


 Le terrorisme d'État évite ainsi très logiquement d'attaquer (et/ou protège systématiquement...) les infrastructures étatiques (ou fédérales) ainsi que les différents corps administratifs de l'État et de la junte au pouvoir (Armée, Police, Gendarmerie, etc.).

Contre-identification succincte des terrorismes insurrectionnels d'extrême gauche :

A contrario, les guérillas insurrectionnelles cherchent molairement le soutien populaire dans les zones rurales comme dans les zones urbaines de combat et n'engagent jamais – ou très rarement – des attentats de masse contre les civils. Les cibles des guérilleros et des insurgés se concentrent donc logiquement – et presque toujours – à la fois contre les infrastructures étatiques et exécutives (dont les infrastructures critiques), contre les infrastructures d'occupation et contre les forces militaires et paramilitaires d'État ou les milices d'État inféodées à la junte d'occupation ou au pouvoir d'État local [militaires, forces civiles d'occupation, milices d'État, forces civilo-militaires, mercenaires employés par la junte, etc.]. » (pp.19-21) 

Le management de la terreur: l'exemple des attentats de Charlie Hebdo en France


  

L'armée coloniale (ou néocoloniale) et ses méthodes contrastées

Les armées françafricaines n'ont pas été formées pour assurer la protection du territoire, encore moins, les populations. Leur rôle premier, assigné par les puissances coloniales, c'est de mater toute insurrection visant à contester l' « ordre colonial ».

« A partir de l'expérience indochinoise, Lacheroy invite à distinguer plusieurs phases par lesquelles l'adversaire gagne le contrôle de la population et propose des solutions adaptées à chacune d'entre elles. Il faut d'abord identifier le danger subversif avant qu'il n'apparaisse. Lacheroy appelle à la vigilance contre toutes les formes de contestation de l'ordre colonial : dans le cadre de la guerre froide, elles relèvent forcément du complot communiste orchestré par Moscou, même si elles s'en défendent. La guerre des peuples colonisés n'est qu'« une immense étape en direction de cette guerre totale vers laquelle semble inéluctablement, hélas, s'acheminer le monde », affirme-t-il.

Tandis que, pour Hogard, « la guerre est devenue permanente, universelle et véritablement "totale" (...) non seulement en Algérie, mais dans toute l'Union française, en métropole même ! ». Une fois le danger subversif identifié, il faut l'éradiquer avant qu'il ne puisse étendre son influence sur la population. L'organisation ennemie (le Vietminh, le FLN) est décrite comme un corps étranger ayant perverti une population saine et les théoriciens de la guerre contre-insurrectionnelle se décrivent volontiers comme des chirurgiens du corps social.


Il faut mettre à jour les structures politiques et militaires secrètes de l'adversaire (les «hiérarchies parallèles») et éliminer leurs membres. Cela suppose d'accorder une attention toute particulière à l'obtention de renseignements, particulièrement par le moyen de la torture. Cela suppose aussi de procéder à son propre quadrillage administratif de la population, et de recourir à des auxiliaires autochtones, organisés en milices paramilitaires. Si l'emprise de l'organisation ennemie sur les civils s'est malgré tout développée, il faut lui disputer par tous les moyens le contrôle des populations.

Lacheroy recommande pour cela de se ''mettre à l'école de l'ennemi'', et d'user d'une coercition et d'une propagande de force supérieure : ''une action psychologique puissante et bien menée''. Pour la mettre en œuvre, il réclame la mise en place à tous les échelons militaires d'un spécialiste de l'action psychologique, responsable de la ''conquête des cœurs et des esprits''. Lacheroy se réfère notamment à Serguei Tchakhotine, disciple de Pavlov et auteur du livre Le Viol des masses par la propagande politique. Cet ouvrage proposait avant-guerre de contrer le nazisme, mais par un nouveau conditionnement du peuple allemand, par une contre-propagande s'appuyant sur des techniques de type publicitaire.

Le recours à une violence hors norme pour ce genre de guerre est clairement exposé : ''On ne fait pas une guerre révolutionnaire avec le Code Napoléon'' affirme Hogard, tandis que Lacheroy prévient que si la guerre de libération atteint son dernier stade, ''il n'y a peut-être pas besoin d'un général, ni d'un préfet, il vaut mieux un boucher. Dieu merci, on n'en est pas toujours là, on n'en n'est pas là partout''. On en sera bientôt « là » en Algérie, et les bouchers feront leur œuvre.

Les théoriciens de la guerre contre-insurrectionnelle obtiennent rapidement une audience considérable, au point que leur courant de pensée devient en quelques années hégémonique au sein de l'institution militaire. Lacheroy, qui a commencé en Indochine à diffuser ses conceptions, est rappelé à Paris début 1953 pour prendre la tête du Centre des études africaines et asiatiques (CEAA) où il forme les nombreux officiers qui partent pour la guerre.

(...) La doctrine est aussi « diffusée très officiellement en Algérie au Centre d'entraînement à la guerre subversive, qu'on surnommait "l'école Bigeardville", ouvert le 10 mai 1958 dans le hameau de Jeanne-d'Arc, près de Philippeville. » C'est en effet l'Algérie qui va servir de premier laboratoire à l'expérimentation de la nouvelle doctrine de l'armée française. » (Raphaël Granvaud. ''De l'armée coloniale à l'armée néocoloniale (1830-1990)''. Éditions Agone, Paris, octobre 2009. pp.26-27)

Contrairement aux populations libyenne et syrienne, qui ont ''fait corps'' avec leur dirigeant véritable, librement choisis et voulus par eux-mêmes, le dilemme des populations de la postcolonie sub-saharienne réside dans le fait que depuis les ''indépendances'' factices, elles sont prises en otage par les dictateurs kleptocrates qui usent de la force militaire pour se maintenir au pouvoir. Les coups d'état à répétition, les massacres à grande échelle des populations et les assassinés ciblés des personnalités politiques qui menacent leur autorité, sont autant de comportement anti-patriotiques et agressives des armées françafricaines.

Dans son œuvre maîtresse, ''Vom Kriege'', Clausewitz (1780-1831) a fortement souligné la subordination de la guerre à la politique. Tout lecteur du stratège prussien a en tête les expressions frappantes employées au chapitre 6B du livre VIII :

"La guerre n'est qu'une partie des rapports politiques, et par conséquent nullement quelque chose d'indépendant".

Ou, un peu plus loin :

"la guerre n'est rien d'autre que la continuation des relations politiques, avec l'appoint d'autres moyens" (trad. D. Naville, 1955, p.703).

Si la guerre est la continuation de la politique, comment alors fédérer les peuples africains avec leurs bourreaux sempiternels pour gagner la guerre contre l'OTAN? Qui est l'ennemi de qui dans la guerre déclarée contre Boko Haram? Au nom de qui et pour qui combattent les armées françafricaines?


 Massacre à grande échelle des populations par l'armée camerounaise

Le 20 février 2000, un décret du chef de l'Etat crée le Commandement opérationnel dont le but, officiel, est de luter contre la grande criminalité à Douala. Il nomme à sa tête le général de brigade Philippe Mpay, déjà commandant de la 2ème région militaire. Un communiqué du secrétaire général de la présidence de la république publié le même jour précise que le commandement opérationnel mise en place...est essentiellement temporaire: il prendra fin dès l'accomplissement de la mission.

Plus de 1000 camerounais sont envoyés dans les fosses communes par l'armée. C'est le bilan que les organisations de défense des droits de l'homme font des exactions du commandement opérationnel. En un peu plus d'un an. 1000 camerounais abattus sauvagement, sans jugement. Au vue et au su de tous. (Journal Mutations n°474)

Du 25 au 28 février 2008, lors des émeutes contre la révision constitutionnelle et contre la vie chère. Le bilan de ces massacres des populations civiles perpétrées par les forces de l'ordre au Cameroun a été évalué par une source indépendante, l'Observatoire National des Droits de l'Homme du Cameroun (ONDH) appuyé par des associations telles l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT-Littoral et France) a 136 tués et a environ 3.000 arrestations. Le Gouvernement quant à lui a reconnu un bilan officiel de 40 morts et de 1671 personnes interpellées. Il n'a par ailleurs pas cru devoir instituer une Commission d'enquête ni engager la moindre investigation pour établir les abus et réprimander ou punir leurs auteurs de ces tueries.

Les services de (in)sécurité ont été impliqués dans les massacres de février 2008. Trois services de sécurité ont été impliqués dans la crise sociale de Février 2008 et qui sont tous rattachés à la Présidence du Cameroun, ce qui engage en ultime ressort la responsabilité de celui qui occupe ce poste.

-La Police Nationale et principalement le GMI, Groupement Mobile d' Intervention relevant du Secrétariat d' Etat à la Sûreté Intérieure rattaché à la Présidence de la République;

-La Gendarmerie Nationale relevant du Secrétariat d' Etat à la Sécurité nationale ;

-Les unités spéciales de lutte contre le grand banditisme : GSO et BIR rattachés au Ministère de la Défense et aux Services de la police nationale. Les éléments de ces forces entretiennent une tradition de recours a la violence extrême exacerbée par la culture d'impunité dans laquelle ils ont été établis par un régime oppressif et accordant très peu de prix au respect de la vie et de la dignité humaine.

Le cas du Cameroun est assez illustratif de la prise en otage de la population. Biya Barthélémy Bivondo Paul est au pouvoir depuis plus de 32 ans. Il a méthodiquement tué en chaque camerounais le sentiment de patriotisme par le favoritisme, la corruption, le tribalisme à outrance, le musellement de la presse, la mise entre parenthèse des libertés individuelles, etc.

« En effet, il est suicidaire de continuer à rester indifférents, passif ou muet face aux ravages des loges, sectes, réseaux maffieux et à la pratique de l'homosexualité au Cameroun, un pays qui se porte sportivement, économiquement et politiquement mal en ce moment. Pis, la flamme des loges, sectes et réseaux mafieux tue le mérite et consume toute réussite saine. La prise en otage de notre société par les cénacles cautionne toutes les dérives que nous essayons de combattre aujourd'hui.

Le plus dramatique est que très peu de Camerounais appartenant aux cercles fermés assument publiquement leur identité. Le fait que la plupart des succès au Cameroun sont devenus louches, est un indicateur du déclin de notre société au moment où nous attendons l'avènement de la troisième République avec tous les espoirs que cela suscite. Loin de nous d'engager un combat contre l'existence des loges dans leur essence, nous condamnons leur utilisation chez nous au vu des pratiques qui en découlent. » (Ateba Eyene Charles. ''Le Cameroun sous la dictature des loges, sectes, du magico-anal et des réseaux mafieux. De véritables freins contre l'émergence en 2025 (La logique au cœur de la performance)''. Édition Saint-Paul Yaoundé, septembre 2012, p.20)


 La guerre psychologique ou la terreur comme moyen de soumission des populations

Pour que l'opinion nationale et internationale, adhère aux idéaux « humanitaires » des USA, il faut créer un état de choc psychologique. C'est ce qui justifie l'enlèvement de plus de 200 écolières ainsi que les attentats à la bombe, multipliés ça et là.

« ... c'est un des traits fondamentaux des sociétés occidentales que les rapports de force qui longtemps avaient trouvé dans la guerre, dans toutes les formes de guerre, leur expression principale se sont petit à petit investis dans l'ordre du pouvoir politique. » (Michel Foucault. ''Histoire de la sexualité'', volume 1 : La volonté de savoir, Paris, Gallimard, 1976, p. 135.)

Il ajoute :

« Nous sommes donc en guerre les uns contre les autres; un front de bataille traverse la société toute entière, continûment et en permanence, et c'est ce front de bataille qui place chacun de nous dans un camp ou dans un autre. Il n'y a pas de sujet neutre. On est forcément l'adversaire de quelqu'un. » (Michel Foucault : "Il faut défendre la société". Cours au Collège de France, 1976, Paris, Hautes Études/Gallimard/ Seuil, 1997, p. 44.)

Le Cameroun est un pays où, tel que le disait si bien Jean Marc Ela au cours d'une neuvaine à la mémoire du père Engelberg Mveng assassiné pour des raisons obscures, les dirigeants « ne respectent plus rien, ni les personnes, ni les biens, ni les institutions, ni la vie elle-même ».

Bien qu'il ne soit pas possible de disposer de données statistiques sur l'insécurité du Cameroun, on peut tout de même se permettre de souligner qu'au fil des ans la grande criminalité a connu une prospérité foudroyante. En octobre 2006, Jean Baptiste Bokam promettait de « mener la vie dure aux délinquants. »

Le secrétaire d'Etat à la Défense chargé de la gendarmerie nationale, semblait oublier qu'on ne jette pas la Pierre là où on a caché son trésor. Deux ans plus tard, "le Cameroun se trouve de plus en plus dans l'étau d'une insécurité rampante. Les agressions, à domicile, dans la rue ou sur des grands axes routiers, font désormais partie du quotidien des citoyens ordinaires'', écrivait le journal Le Messager le 21 novembre 2000.

La croissance des bandes armées au Cameroun ne serait-elle pas un discours de certaines pontes du régime en réponse autant à Paul Biya, qui avait en 1987 secrètement importé des armes pour 150 milliards de FCFA, aussitôt évanouis au sein du Cameroun sans entrer dans l'inventaire de l'armée, qu'au général René Meka, qui avait tout aussi fait disparaître des armes en 2001 lors de la fameuse explosion de la poudrière? L'on se souvient encore que le regretté directeur de publication du mensuel catholique, l'abbé Joseph Mbassi, avait lors d'une visite Ad Luminum en 1987 au Vatican reçu d'une source les dossiers d'information sur deux Camerounais qui avaient, au nom de Paul Biya, commandé des armes pour 150 milliards de FCFA auprès d'une compagnie française d'armement.

La DST française les avait dirigés pour livraison en Grande Bretagne, où ils avaient effectué l'embarquement en usant de faux documents. L'abbé Joseph Mbassi avait tenu Me Ngongo, l'un des premiers opposants idéologiques de Paul Biya, au courant de l'affaire. Omgba Damase, à l'aide de tueurs professionnels français, avait fait assassiner autant Joseph Mbassi que Me Ngongo-Ottou.

Deux ans après, le dernier témoin attendu à la barre dans l'affaire de l'assassinat de Me Ngongo-Ottou, à savoir le médecin professeur Etoundi Essomba Prosper, fut tout aussi assassiné.

Milices privées de celles d'Omgba Damase à celles des officiers

L'une des raisons qui pourrait justifier la recrudescence du fléau de la terreur est la ramification des commandos armés, dont on se sert pour de sales besognes. De son vivant, Amougou Noma Nicolas, ancien délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, ex-premier vice- président de l'Assemblée nationale, était dési était désigné comme patron d'une ''milice privée.''

L'individu Amougou Noma était pourtant connu pour son sinistre rôle dans l'assassinat en 1988 de Me Antoine Ngongo Ottou. Complice et représentant de son amant homosexuel Omgba Damase, que Paul Biya avait chargé de tuer le célèbre avocat, il s'occupa à épier la famille du défunt jusqu'en France afin de "protéger le corps" comme Biya l'avait ordonné à Denis Ekani, DGSN de l'époque.


Quand le même Omgba Damase organisait depuis 1990 les milices terroristes Beti, Amougou Noma et bien d'autres "elites" Beti trônant aujourd'hui à la tête de la communauté urbaine de Yaoundé et au gouvernement furent très actifs dans le rôle de recrutement et de distribution des armes de guerre aux jeunes de familles Beti pauvres.

Reconnu comme un proche de Paul Biya pour ses relations idylliques avec la famille présidentielle, Amougou Noma fut l'un des administrateurs de la société Patrice Bois, une entreprise du secteur forestier dont l'actionnaire principal est Franck Emmanuel Biya, plusieurs fois accusée par les Ongs internationales de défense de la nature de piller les forêts camerounaises. Combattre la grande criminalité au Cameroun reviendrait à se désolidariser de ces gangs nourris, armés et entretenus qui, en contre partie des missions crapuleuses, demandent la liberté d'opérer à leur propre compte. Or les kleptocrates de la République sont-ils prêts à un tel sacrifice ? A vous d'en juger.

Il n'est point besoin de noter que, pour une efficacité des opérations criminelles, la collaboration de quelques fripons de l'armée camerounaise et des forces de l'ordre est requise. Raison pour laquelle ces hommes en tenue sont montrés du doigt. Au mois de septembre 2007, nous apprenions de La Nouvelle Expression que, parmi les trois individus appréhendés à Yaoundé au domicile de Mgr Antonio Ariotti, le Nonce apostolique, un gendarme en service à Bafoussam et un policier en fonction à Ebolowa avaient été identifiés.

L'autre malfrat était quant à lui un chef de gang bien connu. En 1999, dans sa livraison du 11 Août, La Nouvelle Expression révélait que les autorités françaises au Cameroun étaient informées d'un réseau de braquage de véhicules de luxe à Yaoundé dont faisaient partie des officiers supérieurs de l'armée de notre pays. La présidence de la République en était informée, mais de toute évidence a opté pour un silence complice.

Tous ces faits traduisent en réalité une volonté machiavélique d'un système qui soumet les populations par une domination accrue. Il faut donc reconnaître que les forces armées du Cameroun, qui tuent et massacrent des jeunes dans la rue, ne peuvent pas voler au secours d'un peuple en détresse. De nombreuses tentatives d'assassinat, bien souvent déguisés en accidents de voitures et des agressions dans la rue ou à domicile, sont classés sans suite pour protéger les commanditaires. Mgr Victor Tonye Bakot, archevêque de Yaoundé ne le démentira pas.

Patrick de Saint-Exupéry, faisant référence au génocide des Tutsi au Rwanda de 1990-1994, dans son ouvrage intitulé ''L'Inavouable'', sur la « guerre révolutionnaire », nous explique qu'il y a selon lui, et selon les confidences qu'il a reçues, une conjonction entre l'évolution de cette doctrine et celle d'une partie de l'armée française, essentiellement constituée autour des forces spéciales et/ou des ex-régiments coloniaux : l'infanterie de marine, la Légion, les commandos de la DGSE. Ces forces auraient fait une sorte de « coup d'État » en prenant leur autonomie au sein de l'armée française, avec la bénédiction de François Mitterrand.

Cette autonomisation s'est faite autour de la continuité et la prospérité d'une doctrine, enfantée à la fin de la guerre d'Indochine et mise en application pendant la guerre d'Algérie, au Cameroun (génocide en pays bamiléké) et au Rwanda : la «guerre révolutionnaire ». Cette doctrine répond à la question : comment gagner les guerres d'aujourd'hui, non pas la guerre nucléaire, mais celles où l'enjeu est le contrôle des populations et des médias?


La réponse a été un ensemble de méthodes :

- le quadrillage,

- les milices d'autodéfenses,

- les hiérarchies parallèles,

- la guerre (terreur) psychologique.

Cette doctrine, élaborée par les colonels Lacheroy et Trinquier, a été ensuite mise en œuvre par Aussaresses lors de la bataille d'Alger. Elle est ensuite apparue si performante qu'elle a été enseignée aux Etats-Unis, mises en œuvre au Vietnam durant l'opération Phoenix, et enseignée à toutes les dictatures latino-américaines et africaines. D'après Saint-Exupéry, la « guerre révolutionnaire » est une doctrine qui, selon le colonel Thiéblemont, finalise « l'usage des pratiques de propagande et de coercition de masse ». (p.267)

« Elle repose sur six grands principes : le déplacement de populations à grande échelle, le fichage systématique, la création de milices d'autodéfense, l'action psychologique, le quadrillage territorial et les ''hiérarchies parallèles''». (p. 267)

De Gaulle avait mis un coup d'arrêt aux emballements des premiers théoriciens Lacheroy et Trinquier, inspirateur d'Aussaresses (puis de la C.I.A, des dictatures latino-américaines, grecques et africaines). Mais, « en ce début des années 1990, les apprentis sorciers sortent de leurs laboratoires et assiègent la Présidence de la République afin de fourguer leur 'pierre philosophale'', comme nous l'a confié un officier français. »

 « Nous vaincrons ces ennemis que nous désignons par l'expression ''Khmer noirs de l'Afrique''. Une expression à l'image du sens profond de la guerre que nous entendons livrer. En notre imaginaire, nous rejouons l'Indochine au Rwanda. » (pp. 270-271)

La vision des apprentis-sorciers « justifiera la transformation d'un pays en un vaste laboratoire. Nous testerons, sur le terrain rwandais, l'efficacité de la nouvelle arme dont nous entendons doter notre armée. » (p. 275).

« L'amiral Lanxade se fera l'interprète de ce rêve de monarque et d'officiers. Il s'agit de créer, en dehors de tout contrôle, au nez et à la barbe de nos institutions et de notre Parlement, une structure appelée à être le bras armé de notre désir d'empire, de ce souverain désir de puissance. Une légion aux ordres de l'Élysée... (...) Le COS (Commandement des Opérations Spéciales) » (p.276)

« Deux hommes, notre Président de la République et notre chef d'état-major, placent sous leur autorité directe, à l'exception de toute autre, les unités les plus aguerries de notre armée. »

« Le COS est une structure ''politico-militaire''. Le Commandement des opérations spéciales est le bras armé de notre pouvoir. Son fonctionnement est tellement secret que rien ne peut filtrer. (...) Les troupes du COS n'ont pas la moindre idée du schéma d'ensemble lorsqu'elles sont appelées à servir. » (p.277)

« Les prérogatives de ce bras sont illimitées. Elles tiennent en quatre mots : ''Assistance, soutien, neutralisation et actions d'influences''. »

« En 1993, (...) l'amiral Lanxade autorise le COS à développer des capacités de guerre psychologique. (...) Les apprentis sorciers ont gagnés. (...) Le Rwanda leur servira de laboratoire. (...) Le profil du Rwanda-dictature, crise interne, effondrement économique, surpopulation, apparition d'une guérilla, est totalement adapté à une ''guerre révolutionnaire''. C'est idéal. Vraiment idéal. Nous en ferons donc notre champ d'expérimentation. (...) La décision est prise avant même que la guerre entre le FPR et le régime Habyarimana n'éclate. (...) L'opération ''grise'' est déjà dans les cartons, il ne manque qu'un prétexte. » (pp.277-278)

«(C'est le lieutenant-colonel Gilbert Canovas qui) mettra en place les éléments-clés de notre ''guerre révolutionnaire'' : le quadrillage des populations, la mobilisation populaire, la mise en place des milices d'autodéfense, la guerre psychologique...Le lieutenant-colonel Canovas est appuyé par l'amiral Lanxade, chef d'état-major des armées, le général Quesnot, chef d'état-major particulier de François Mitterrand et le général Huchon qui, après avoir été l'adjoint à l'Élysée du général Quesnot, prendra la tête de la Mission militaire de coopération, rue Monsieur. »

«Nous mettons en place au Rwanda une guerre ''totale''. » (p.280)

« (Cette ''guerre révolutionnaire'' est) un outil ''cannibale''. C'est une doctrine qui vise à broyer l'homme, à le nier, à le transformer en un nœud de peurs, en une boule de nerfs, afin de le priver de tout libre arbitre. » (pp.281-282)

Le général Quesnot, devant la Mission d'information parlementaire, s'est dit : « avoir été fasciné par le spectacle de la peur et de la haine de l'autre au Rwanda. (...) Cette guerre était une vraie guerre, totale et très cruelle. » (p. 282)


D'après le témoignage de Gabriel Périès :

« En situation d'urgence, le militaire se substitue à l'autorité civile, dans une organisation très complexe de hiérarchie parallèle, avec des officiers qui se mettent en parallèle des structures civiles. Finalement, en situation, ils éliminent les structures civiles et s'occupent de l'ensemble du territoire dans tous les domaines : justice, organisation de l'armée, milices d'autodéfense. Ce qu'on revoit au Rwanda. »

Le processus fondamental de l'État rwandais (et du Cameroun actuel avec la récente création des ''régions '', c'est moi qui le signale), suit cet éclatement territorial. Cette territorialisation des forces armées, fomentée par le général René Meka, a un degré nettement supérieur à celui qu'on trouve en Argentine, qui était déjà un État fédéral, organisé en zones militaires chapeautant les États fédérés. On va retrouver, et c'est le politiste qui parle, devant des structures très similaires, bien sûr une surface très limitée au Rwanda, ce qui à mon avis, va donner, quand le processus se met en marche, un effet de déflagration assez important.

L'établissement de cette doctrine passe essentiellement par deux axes. Le premier, c'est la théorie de la hiérarchie parallèle du colonel Lacheroy. Il écrit un article dès 1952-1953 en Indochine sur le fait que le Viêt-minh possède une arme : l'organisation. Ce n'est pas une arme lourde, mais c'est une arme totale, qui comporte des réseaux de jeunesse et l'embrigadement des enfants. Le colonel Trinquier pense qu'il faut établir un quadrillage très puissant au niveau urbain et que ce quadrillage implique un contrôle chiffré de chaque zone opérationnelle, allant pratiquement jusqu'à la maison. Dès qu'un élément étranger apparaît, immédiatement on sait où il est, on le situe, parce qu'il y a une structure sur place qui va prévenir la structure du renseignement de la présence de ce corps étranger.

D'après François-Xavier Verschave :

« Sa base, sa cohérence, c'est éviter que l'ennemi n'attaque le front intérieur. Pour cela, il faut créer une cohésion animique du peuple avec son chef, qui est le chef de guerre. Or, l'instrument qui va créer cette cohésion animique, c'est la terreur de masse. C'est par la terreur que l'on crée la cohésion de l'État, avec parfois des périodes de latence entre les phases de déclenchement de la violence d'État totale, où il faut remettre les choses en place pour après repartir de plus belle. Et recommencer la cohésion animique du chef avec son peuple. » (2)

Avec la ''guerre révolutionnaire'', on est dans la ''guerre totale'', qui est sans doute une des doctrines les plus terribles du XX ème siècle, qui sera l'origine de l'opération Barbarossa de Hitler contre l'URSS, toutes ces horreurs que l'Occident a créées. Cette méthode fut appliquée en 1904 par les Allemands lors du génocide du peuple Herero en Namibie, lequel fit environ 90 000 victimes, puis en 1941, et les français vont la reprendre dès 1946.

Références bibliographiques:

1. Publié par Delphine E. Fouda et Dzana Seme:
http://www.africanindependent.com/cam_insecurite_terreur_moyen_gouvernement112908.html

 2. ''L'horreur qui nous prends au visage. L'État français et le génocide au Rwanda''. Rapport de la Commission d'enquête citoyenne. Laure Coret et François-Xavier Verschave, Édition Karthala, 2005, pp.40-47

Pour mieux comprendre une autre application de la technique de la "guerre révolutionnaire", je vous recommande de visiter le site suivant:

http://www.africamaat.com/Aveux-de-P-Messmer-et-enquete-sur


  La science de la peur

L'écrivaine Canadienne Naomi Klein, dans son ouvrage ''La stratégie du choc. La montée d'un capitalisme du désastre'', édition LEMÉAC/ Actes Sud, 2008, nous apprend que :

« La stratégie du choc imite la démarche en tentant de reproduire, à l'échelle d'une société, les résultats obtenus avec un seul détenu dans une cellule de prison. À cet égard, l'exemple le plus probant est le choc du 11 septembre, qui, pour des millions de personnes, fit voler en éclats le ''monde familier''. Il déclencha du même coup une période de désorientation et de régression que l'administration Bush exploita de main de maître. Soudain, nous nous retrouvions en quelque sorte en l'an zéro.

Tout ce que nous savions du monde relevait d' ''avant'' la catastrophe. Nous, les Nord-Américains, qui de toute façon connaissions mal notre histoire, formions désormais un État vierge, une ''feuille blanche'' sur laquelle ''on peut écrire les mots les plus beaux et les plus nouveaux'', ainsi que Mao le dit à propos de son peuple. Une nouvelle armée de spécialistes se chargea aussitôt d'écrire des mots beaux et nouveaux sur la table rase de notre conscience traumatisée: ''choc des civilisations'', ''axe du mal'', ''islamo-fascisme'', ''sécurité intérieure''.

Pendant que les citoyens étaient mobilisés par de nouvelles guerres culturelles aux conséquences mortelles, l'administration Bush accomplit ce dont elle n'aurait pu que rêver sans les attentats du 11 septembre : lancer des guerres privatisées à l'étranger et créer un complexe de la sécurité assujetti au contrôle du privé à l'intérieur des frontières des États-Unis. Voici donc comment fonctionne la stratégie du choc : le désastre déclencheur-le coup d'État, l'attentat terroriste, l'effondrement des marchés, la guerre, le tsunami, l'ouragan-plonge la population dans un état de choc collectif.

Les sifflements des bombes, les échos de la terreur et les vents rugissants ''assouplissent'' les sociétés, un peu comme la musique tonitruante et les coups dans les prisons où se pratique la torture. À l'instar du prisonnier terrorisé qui donne le nom de ses camarades et renie sa foi, les sociétés en état de choc abandonnent des droits que, dans d'autres circonstances, elles auraient défendues jalousement. Jamar Perry et les autres évacués entassés dans le refuge de Baton Rouge devaient renoncer à leurs logements sociaux et à leurs écoles publiques. Après le tsunami, les pêcheurs sri-lankais devaient céder aux hôteliers leurs précieuses terres du bord de la mer. Si tout s'était passé comme prévu, les Irakiens, eux, auraient dû être sous le coup du choc et de l'effroi au point d'abandonner aux bases militaires américaines et aux zones vertes la maîtrise de leurs réserves de pétrole, de leurs sociétés d'État et de leur souveraineté. » (pp.27-28)

La stratégie du choc:


 


  La "thérapie du choc" est également employée dans le domaine de la santé. C'est ainsi qu'en inondant le public des publicités et des effets dévastateurs des cancers, la population consent à une augmentation du budget alloué à la "lutte contre les cancers", qui en réalité, profite aux firmes pharmaceutiques qui fabriquent des chimiothérapies dont les doses sont hautement toxiques pour les patients :

« L'utilisation du cancer dans le discours politique encourage le fatalisme et justifie de mesures ''rigoureuses'' tout en renforçant l'idée largement répandue que cette maladie est obligatoirement mortelle. Le concept même de la maladie n'est jamais innocent. Mais on pourrait répondre que les métaphores liées au cancer portent en elles, et implicitement, l'idée de génocide. » (Susan Sontag, ''La maladie comme métaphore'', traduit de l'anglais par Marie-France de Paloméra, 1993)

Pour Milton Friedman dans une lettre adressée au général Augusto Pinochet, le 21 avril 1975 :

« Si cette méthode de choc est adoptée, il faut, je crois, l'annoncer publiquement et en détail et procéder sans tarder. Plus le public sera pleinement informé, et mieux ses réactions en faciliteront l'ajustement. » (Milton Friedman et Rose D. ''Two Lucky People''. Memoirs, University of Chicago Press, Chicago, 1998, p. 592).

Dans les années 90, les pays africains ont subit de façon effroyable la thérapie du choc, à travers les mesures d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, ayant pour conséquences une augmentation croissante des dettes; le démantèlement des services sociaux de base; la destruction du tissu social et l'éclatement des familles; la mise au chômage de million de travailleurs; la pauvreté galopante; l'exode rural. Dès lors, des milliers de bras valides se sont retrouvés pris au piège d'une immigration clandestine. La fuite des cerveaux du Sud vers le Nord, étant le butin de guerre des « choqueurs » de la mondialisation-globalisation.

Pour Eduardo Galeno, 1990 :

« Les citoyens étaient en prison pour que les prix fussent en liberté. » (Lawrence Weschler, A Miracle, a Universe. ''Setting Accounts with Torturers'', Pantheon Books, New York, 1990, p. 147.)

Boko Haram apparaît comme le cheval de Troie pour mettre en application la politique occulte de l'Oncle Sam, afin de créer un état de choc mondialisé, pour asseoir ses bases militaires en Afrique et s'assurer le contrôle des ressources naturelles et humaines.

Pour les régimes occidentaux, la guerre est donc le moyen de « négociation » par excellence. À la Maât (Justice-Vérité) négro-africaine, l'Occident oppose l'Isefet (chaos) comme ''moteur de l'histoire humaine''.

Indépendance de l'Ambazonie: les évêques anglophones parlent d'un génocide


Entre 10 et 17 personnes avaient été tuées, selon les sources Les évêques de la conférence épiscopale de Bamenda, qui regroupe les diocèses des deux régions anglophones du Cameroun, ont rendu publique vendredi 6 octobre une déclaration sur les manifestations et le couvre-feu imposé aux deux régions anglophones le week-end dernier, lors de la proclamation symbolique de l'indépendance de ces deux régions. Entre 10 et 17 personnes avaient été tuées, selon les sources. Tout en appelant au dialogue et en condamnant les violences d'où qu'elles viennent, les évêques dénoncent dans des termes particulièrement sévères le comportement des forces de l'ordre.

« Nous condamnons la barbarie et l'usage irresponsable d'armes à feu contre les civils non armés par les Forces de défense et de sécurité, même en réaction à des provocations», écrivent les évêques anglophones dans leur communiqué.

Ils affirment notamment que certains fidèles ont été ciblés par des gaz lacrymogènes au sortir de la messe, d'autres « pourchassés dans leurs maisons, certains arrêtés, d'autres mutilés, tandis que d'autres encore – dont des adolescents sans défense et des personnes âgées – ont été tués par des tirs, notamment depuis des hélicoptères ».

Ils déplorent aussi que certains corps de victimes aient été « emportés on ne sait où », selon leurs termes, et évoquent de nombreuses arrestations. Ces évêques vont plus loin : d'après eux, le fait que des officiels qualifient de « terroristes » certains Camerounais anglophones est « une manière subtile d'appeler à ce qu'on peut décrire comme une "épuration ethnique" ou un "génocide" puisque tous les anglophones sont désormais considérés comme terroristes et en tant que tels, peuvent être éliminés».

 Les religieux appellent à la libération de tous les prisonniers liés à la crise, préalable nécessaire selon eux à un dialogue qui doit s'ouvrir au plus vite. Contactées par la presse, les autorités disent vouloir prendre le temps d'étudier le communiqué pour répondre de manière appropriée à ces accusations, d'autant plus qu'elles émanent d'hommes d'Eglise.

Cameroun : des actes terroristes et des menaces séparatistes sur fond de malaise réel ou d'intérêts pétroliers ?

Agence Ecofin) - C'est en 1972, suite à un référendum, que la République fédérale du Cameroun est devenue une « république unie ». Depuis, en dépit d'une réelle représentativité des anglophones aux postes de pouvoir, il a toujours existé, au sein de cette minorité, une certaine fronde face à l'autorité centrale, francophone à plus de 80%.

Mais il existe également depuis plusieurs années un « Government of the Southern Cameroons » autoproclamé et initié par des Camerounais de la diaspora. Ce groupuscule a signé en novembre 2012 des accords d'exploration pétrolière avec la société canadienne Kilimanjaro Capital Ltd, disposant d'une filiale du même nom dans le paradis juridique de Bélize. Kilimanjaro Capital, selon son propre communiqué, vise particulièrement les gisements pétroliers de la région anglophone de Bakassi dont elle prétend détenir 80% des droits d'exploration.

En août 2014, son CEO, Zul Rashid, dans une interview à Marketwired, déclarait qu'il finançait des «actions de défense des Droits de l'homme » dans la région de Bakassi et qu'il supportait le «Government of the Southern Cameroons ». Cette société a également conclu des accords pétroliers avec les séparatistes de la diaspora angolaise concernant l'enclave de Cabinda, ou encore, au Nigeria, avec le Biafra Independence Movement. Elle est également à l'affut en Somalie et au Zimbabwe, partout où elle peut miser sur de possibles instabilités. « Ce genre d'actifs est très bon marché et peut rapporter énormément en cas de succès », reconnaissait le CEO.


En novembre 2015, l'ONG Global Witness, spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement, s'alarmait du « caractère secret de beaucoup de ces transactions qui rend extrêmement difficile de vérifier les véritables intentions de Kilimandjaro, associé à des groupes séparatistes. ». Elle avertissait même précisément :

« Dans le cas du Cameroun, l'exigence de l'accord, visant à obtenir une indépendance totale, incitera le mouvement à ignorer les alternatives pacifiques recommandées par la communauté internationale. »

«La question fondamentale restante est de prévenir la multiplication d'entreprises comme Kilimandjaro. Il n'y a pas de précédent juridique clair à l'échelle internationale, donc, en dehors des risques financiers évidents, qu'est-ce qui empêche une entreprise d'acheter des ressources naturelles à un mouvement rebelle et de modifier le cours de l'histoire pour son propre profit? », concluait Maria Fsadni, auteur du rapport.

Le rapport complet ici.

 A noter qu'il existe une autre entité nommée Kilimanjaro Capital, californienne, qui est actionnaire majoritaire de la société sud-africaine Tosaco Energy, active dans le Black Economic Empowerment, et possédant, selon son site internet, 3 licences d'exploration pétrolière dans les provinces de Mpumalanga et de Gauteng. Mais nous n'avons pas pu établir un lien entre ces deux sociétés, homonymes et de même activité.

Lire aussi notre dépêche du 20/11/2012 - Kilimanjaro Capital signe avec la « République de Cabinda » 

Ces mouvements, très marginaux, ne semblaient pas constituer une menace pour la paix du Cameroun, jusqu'à ce jour où, à la suite d'un double mouvement revendicatif d'avocats et d'enseignants anglophones, quelques militants se sont radicalisés et ont entamé, à la faveur des réseaux sociaux, une escalade dans les revendications, d'abord corporatistes, puis pour un retour à une constitution fédérale, puis pour une sécession pure et simple, jusqu'à l'action terroriste de ces derniers jours. Si cette révolte s'est sans doute nourrie, au départ du malaise réel d'une minorité culturelle et linguistique, les derniers événements posent la question des intérêts qui soutiennent et financent cette dernière tournure terroriste de la situation.

Retour sur l'enchainement des faits :

Deux philosophies du droit

La crise débute en octobre 2016 par un mouvement de grève d'avocats anglophones qui exigent une traduction anglaise des actes uniformes OHADA (droit des affaires d'inspiration française, partagé par 17 pays africains) et qui rejettent le Code civil francophone. Ils contestent également le fait que des magistrats francophones puissent rendre la justice dans des régions anglophones sans bien maitriser l'anglais, ni la culture du common law (droit d'inspiration anglaise).

En réponse, le gouvernement effectue la traduction des actes de l'OHADA et du Code Pénal, et nomme un magistrat anglophone au poste de procureur de la République au parquet des tribunaux de première et grande instance de la ville anglophone de Bamenda. Le conflit s'apaise, mais il n'en reste pas moins que, sur le fond, la philosophie du droit anglo-saxon diverge sensiblement de celle du droit latin, et que, selon le décompte du ministère de la Justice, 117 magistrats francophones exercent en région anglophone.

Les enseignants anglophones

Dans le même temps, une autre crise éclate parmi les enseignants et étudiants, et des manifestations tournent aux heurts violents avec les forces de police. Mis à part des revendications financières qui ont désormais trouvé une solution, le mécontentement porte essentiellement sur la présence, dans les écoles anglophones, d'enseignants qui ne maitrisent que le français. Selon les autorités, cette situation est due à un déficit d'enseignants anglophones dans les matières scientifiques, techniques et mathématiques. Des mesures sont alors prises pour recruter 1000 jeunes Camerounais bilingues, formés à ces matières, et pour inviter les jeunes Camerounais anglophones à s'intéresser davantage à ces filières.


 Des mouvements séparatistes prennent le relais

En janvier 2017, les mouvements SCNC et Consortium prônent le fédéralisme, puis la sécession. Des appels à la violence et de fausses informations enflamment les réseaux sociaux. Le gouvernement fait interdire les activités des mouvements séparatistes et tente de lancer un contre-campagne de communication sur les réseaux sociaux.

Le ton monte

De nombreux militants, du Consortium et du SCNC sont arrêtés et font l'objet d'une enquête judiciaire. Du matériel de propagande est saisi, ainsi que des preuves de financements provenant de la diaspora camerounaise anglophone basée en Afrique du Sud, USA, Grande-Bretagne, Canada, etc. Le gouvernement coupe l'Internet dans les régions anglophones à partir du 17 janvier.

Mesures d'apaisement

Les autorités multilplient les initiatives pour tenter d'appaiser la situation. Le ministre de la Justice annonce la création d'une faculté des Sciences juridiques et politiques à Buea, ainsi que des départements d'English Law dans les universités de Douala, de Maroua, de Ngaoundéré et de Dschang. L'enseignement du droit public est programmé dans les universités de Buea et de Bamenda et une section de la Common Law est annoncée à l'ENAM (école de la magistrature). Le Président Biya initie une Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme ainsi qu'un projet de loi modifiant l'organisation et le fonctionnement de la Cour Suprême, pour y intégrer une section de la Common Law.

Deux anglophones sont nommés généraux de brigade, de même que de nouveaux préfets à la tête des départements, de nouveaux secrétaires généraux et inspecteurs généraux dans les régions. Le 20 avril, l'internet est rétabli et le chef de l'Etat ordonne la fin des poursuites contre les principaux leaders des mouvements anglophones. Le terme « régions anglophones » est banni du discours officiel à propos des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Avènement du terrorisme

Le 18 et 22 septembre, des bombes éclatent à Bamenda et à Douala, laissant penser que des éléments radicalisés tentent de destabiliser le pays. Des séparatistes annoncent une « déclaration d'indépendance » pour le 1er octobre. Le Secrétaire général de l'ONU se dit très préoccupé par la situation.

Dominique Flaux


En guise de conclusion:

Aussi, précisons que la "crise anglophone", est une des matérialisations tangibles du succès éclatant de la mission des "Évolués" de la Néocolonie, envoyés en embuscade par la Suprématie Blanche, pour disloquer les sociétés négro-africaines afin de renforcer le pillage à huis clos de nos ressources humaines et naturelles. Pillage des ressources naturelles par les multinationales oxydentales et exil forcé des "cerveaux africains" pour aller prendre la place des pauvres en Oxydent. Parallèlement, ces derniers sont encouragés à venir s'installer en Afrique pour prendre la place de ces exilés hautement qualifiés.

Si on avait affaire à un État désempoisonné des vestiges coloniaux et désenvoûté des démons de Berlin, les dirigeants issus des Assemblées Constituantes populaires, auraient mis sur pied les bases d'un État-nation avec pour point d'encrage un des principes cardinaux de la sagesse kamit(négro-africaine): l'UBUNTU["Nous pensons, donc je suis", "je me construis grâce à l'autre", "je ne suis rien sans l'autre", etc.].

Les "Évolués" de la Néocolonie sont dans la logique de la CONSERVATION DU POUVOIR. Pour ce faire, ils affectionnent le chaos et de faire couler le sang humain. La militarisation à outrance des Régions visées s'inscrit parfaitement dans l'agenda du "casser le nègre comme le cheval", stratégie de la "guerre révolutionnaire" où la cible principale (la population) doit être maintenue domptée mentalement, psychologiquement et spirituellement.

Voilà pourquoi ordre formel à été donné à toute les chaînes de télévision (public et privé) de ne pas poser les pieds dans les zones visées. Comme au Rwanda et au Burundi en 1994, on veut massacrer à huis clos sans images pour éviter de susciter l'émotion des "Francophones" qui sont d'accord dans l'écrasante majorité, que l'on "nettoie ces anglofous qui empêchent les enfants d'aller à l'école". "Francophones" qui ont démissionné collectivement et totalement dans le "On va faire comment, le Cameroun c'est le Cameroun".

L'instauration des Justices Populaires (palabres africaines locales) à travers les Assemblées Constituantes Populaires, est une urgence vitale.

<<Quand parle-t-on de renaissance africaine?>> [Anta Diop Cheikh, extrait d'un article du journal "Alerte sous les Tropiques", publié en 1948.]

<< L'afrique n'a pas pour vocation à devenir l'europe, mais à redevenir l'Afrique.>> [Molefi Kete Asante, "Afrocentricity International", USA]

 

Procès Gbagbo: les preuves d’un montage - MEDIAPART met à nu les secrets de la CPI

Un document confidentiel de la diplomatie française révèle que la Cour pénale internationale (CPI) a demandé en avril 2011 de garder prisonnier le président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo. Seulement à cette époque, il n'existait ni mandat d'arrêt ni saisine de la CPI. Révélations sur une opération aux airs de Françafrique.


   

 

Que fait Gbagbo à la CPI ?", s'interroge une TV russe qui y verrait bien Ouattara



  Ocampo a triché : quand va-t-on libérer Gbagbo ?

06 Oct 2017 Michel Collon / Alex Anfruns

L'affaire Ocampo démasque l'hypocrisie générale de la politique occidentale. La version médiatique officielle présente les actions de nos grandes puissances comme étant guidées par le souci de la démocratie et le bien des peuples, qui serait confirmées par une justice internationale neutre et indépendante. Mais Ocampo a manipulé les « enquêtes » sur le coup d'État contre Gbagbo en Côte d'Ivoire, il a aidé à plonger la Libye en enfer, il a diabolisé le Venezuela en se faisant payer par les oligarques latinos, il a contribué à diaboliser l'Érythrée parce que ce gouvernement cherche à libérer son pays de l'emprise des multinationales et de leur Banque mondiale.

Bref, il s'est prostitué dans une « Cour pénale internationale » en réalité financée par des intérêts privés comme George Soros. L'affaire Ocampo démasque la corruption et les intérêts sordides à l'œuvre dans toutes ces guerres. Nous appelons chacun/e à s'informer de façon plus objective car les médiamensonges tuent.

Vous êtes le conseiller pour l'Europe de Laurent Gbagbo, quelle est votre réaction lorsqu'éclate « l'affaire Ocampo » ?

Bernard Houdin : Je connais bien les gens de Médiapart, je savais qu'ils allaient découvrir un certain nombre de choses et qu'ils étaient en train de travailler sur tout cela pour le sortir au moment où il y aurait une confirmation de la réalité de tous les documents qui étaient dans leurs mains. Je savais qu'hier ils devaient sortir ces premiers documents sur Laurent Gbagbo, qui en fait n'est que la confirmation définitive qu'il y a eu un montage dans le dossier Gbagbo.

Depuis l'arrestation du président et son transfert à La Haye il y a plusieurs années, j'ai moi-même eu l'occasion d'écrire dans des tribunes ou dans le livre que j'ai écrit sur les Ouattara*, où j'ai montré que le transfert de Gbagbo à La Haye était un transfert illégal au regard du droit et même du statut de Rome. Le document qui a été publié hier est l'illustration finale, définitive, qu'il y a eu un montage pour amener Gbagbo à La Haye, ne suivant aucune règle de droit.

Est-ce que cela éclaire sous un jour nouveau le coup d'État organisé par la France à Abidjan en 2011 ?

 Ce n'est pas sous un jour nouveau, moi je l'ai vécu de l'intérieur car j'étais dans le palais présidentiel quasiment pendant toute la crise... Pour la petite histoire, j'étais envoyé en mission par le président le 26 mars, et je n'ai pas pu rentrer à Abidjan car le 30 mars l'aéroport était encore occupé, et mon vol devait rentrer le 30 à Abidjan, donc j'ai été retenu en Europe...En réalité c'est la conclusion en 2011 de tout ce qui avait démarré avec le coup d'État en 2002, tout cela est dans la continuité. Il y a eu à mon avis la volonté absolue, le jour de l'élection de Gbagbo en 2000, de déclencher un compte à rebours. Donc, d'une façon ou d'une autre, mettre un terme à l'expérience de Gbagbo en Côte d'Ivoire, pour des raisons obscures, qui ne vont pas grandir les relations franco-africaines, et qui vont à l'encontre même des intérêts de la France.

Moi je suis Français d'origine, et je répète toujours à mes concitoyens français qui se sont succédés depuis 2002, que ce soit Chirac, Sarkozy, Hollande ou Macron, que l'intérêt de la France c'est d'avoir des dirigeants africains de la trempe de Gbagbo, et pas de la trempe de Mangou ! A long terme, c'est une assurance de bonnes relations avec un continent qui va exploser dans les 30 ans qui viennent. La position qu'un président de la France vient d'avaler sur la question de la Côte d'Ivoire, pour moi qui suis formé à une éducation occidentale... c'est une insulte à l'intelligence !


 Le document de Médiapart est publié le jour où le chef d'état-major de l'époque de Laurent Gbagbo a amené son témoignage à La Haye...

C'est un témoignage qui, sous des aspects de reniement des propres actions, est une décharge absolue des actes de l'accusation de la CPI contre Gbagbo. Pas une minute, le chef d'état-major n'a permis d'alimenter la démonstration d'un plan commun, ou d'un massacre ordonné des gens par Gbagbo, c'est même le contraire ! Si on reste dans le suivi du procès stricto sensu, à aucun moment le plan commun que l'accusation a fait porter à Gbagbo ou son entourage n'est mis au jour par ce chef d'état-major.

Tout cela démontre que c'est un montage réalisé avant même l'arrestation de Gbagbo, car si vous regardez l'email, il est daté de 10H40 le 11 avril. 10H40 c'est l'heure française, c'est 8h40 en Côte d'Ivoire. A 8h40 le matin, l'armée n'avait pas été arrêtée, et ils sont déjà dans la mécanique de quoi faire avec Gbagbo après l'arrestation, et c'est le procureur qui mène la danse, alors que pour pouvoir faire cela il faut qu'il y ait un mandat, des investigations, etc. C'est un temps long. Et là, il n'avait pas encore été arrêté qu'ils étaient en train de monter la mécanique pour l'amener à La Haye. C'est une forfaiture juridique, à la fois contre toutes les lois qui régissent la communauté occidentale, et contre le statut de Rome lui-même !

Vous réclamez depuis des années la libération de Laurent Gbagbo. Pensez-vous que ce scandale va accélérer la décision ?

Je dis depuis plusieurs années que pour le passage de Laurent Gbagbo à la CPI et son procès, il y avait 2 solutions. Si Gbagbo était libéré, cela serait comme un acte de naissance de la CPI qui n'arrive pas à décoller jusqu'à aujourd'hui. A part 2 petits procès, la CPI ne joue pas son rôle, qui était le rôle que les fondateurs du Statut de Rome pensaient faire jouer à une cour internationale de justice...Et là, le seul chef d'État qu'on juge, c'est le plus démocrate de tous les Africains. Il y a une erreur quelque part.

Si la Cour s'entête à vouloir condamner Gbagbo, cela serait son acte de décès, et le document d'hier sont les premiers éléments de cette disparition de la Cour à terme, si elle se construit dans la même veine. Il ne s'agit pas de réclamer la libération de Gbagbo, c'est surtout vouloir protéger à terme l'idée d'une vraie justice internationale, en jugeant des gens qui doivent vraiment être jugés. Je ne vais pas faire le tour de l'Afrique, de l'Europe, de l'Amérique ou de l'Asie, mais je crois qu'il y a sur la terre un certain nombre de gens dont on pourrait se soucier quant à leur action dans le cadre des relations internationales.

Sans vouloir faire de la polémique, rien que l'action de M. Sarkozy en Libye en dehors de toutes les règles, rien que l'action de G.W. Bush en Irak en dehors de toutes les règles, sont déjà des éléments qui devraient nous alerter sur où est le droit international. Et je dois remarquer d'ailleurs que la nomination du Procureur de la Cour pénale internationale est approuvée au nom du Conseil de Sécurité de Nations Unies.

Et il faut voir que dans ce Conseil de Sécurité, parmi les 5 membres permanents, il n'y en a que 2 qui ont signé le Statut de Rome. C'est à dire que vous avez des gens qui sont contre le Statut, qui sont les trois premières puissances du monde : les États-Unis, la Chine, la Russie, qui sont capables de donner le feu vert et désigner le Procureur, et ils ne sont pas membres de la CPI. Il n'y a pas une erreur de casting quelque part, là ?

* Bernard Houdin est l'auteur du livre « Les Ouattara, une imposture ivoirienne ».

Source: Investig'Action


  Affaire Gbagbo- Procureur Ocampo : Déclaration de la CPI

Samedi, 7 octobre, 2017

Déclaration de la CPI au sujet des récentes allégations publiées dans les médias :

"Depuis vendredi dernier émanent d'articles parus dans certains médias des allégations visant l'ancien Procureur de la Cour pénale internationale (la « CPI » ou la « Cour »), M. Luis Moreno Ocampo. Ces articles se fonderaient sur 40 000 documents, y compris des courriels privés, obtenus et analysés par l'European Investigative Collaborations et onze médias participant à cette enquête. Bien qu'on ait pu laisser entendre publiquement que des systèmes de messageries électroniques privées ont été piratés, la Cour ignore comment ces documents ont été obtenus.

Depuis le début de ses opérations, la Cour prend très au sérieux la sécurité des informations et met tout en œuvre pour la mise en place de mesures renforcées pour garantir la sécurité des informations et de systèmes destinés à protéger l'intégrité des informations sensibles qu'elle a en sa possession. La Cour examine et teste régulièrement ses systèmes. Au vu des articles récemment parus dans les médias, la Cour a procédé à des vérifications supplémentaires, et rien n'indique à ce jour que ses systèmes aient été compromis.

Depuis 2015, la Cour a mis en place un système de transparence financière dans lequel les dirigeants de l'institution sont tenus de déclarer tous les ans leur patrimoine conformément au programme de déclaration de situation financière de l'ONU et à l'initiative de déclaration publique volontaire du Secrétaire général. Le Président, le Procureur, le Procureur adjoint et le Greffier de la Cour remplissent ces déclarations annuelles. Ce système n'avait pas encore cours lorsque M. Ocampo occupait ses fonctions à la tête du Bureau et la Cour n'était donc pas au fait de ses transactions financières privées.

Déclaration de Mme Fatou Bensouda, Procureur de la Cour

Le Procureur de la CPI, Fatou Bensouda, au sujet des récentes allégations publiées dans les médias quant au comportement répréhensible de l'ancien Procureur et de certains membres du Bureau Les médias en question font également mention de l'implication d'anciens membres et de membres actuels du Bureau du Procureur de la CPI.


En ma qualité de Procureur, l'inquiétude me gagne et je prends ces allégations très au sérieux. J'ai rendu compte des allégations concernant deux membres de mon Bureau au Mécanisme de contrôle indépendant (MCI) dont dispose la Cour dans son cadre juridique. Le MCI a indiqué que cette affaire ferait l'objet d'une enquête complète. Suivant les critères et procédures prévus par le MCI, les allégations en cause seront examinées en toute objectivité et impartialité, dans le respect total de la régularité de la procédure et du traitement équitable des intéressés.

Dans l'attente des résultats de l'enquête, j'ai pris des précautions pour préserver les intérêts du Bureau et de la Cour. Tout au long de l'évolution de cette affaire et de l'examen approprié et équitable des allégations en cause, il conviendra de s'abstenir de toute spéculation. Il y a lieu de respecter la procédure et le processus prévus pour établir les faits en coopérant pleinement, le cas échéant, dans le cadre de l'enquête.

En réponse aux demandes des médias, mon Bureau a déjà indiqué qu'il n'avait pris aucun contact avec l'ancien Procureur de la CPI, M. Ocampo, sollicité aucun conseil de sa part ni collaboré avec lui au sujet des situations ou des affaires traitées par le Bureau ou engagées devant la Cour depuis que j'ai pris mes fonctions de Procureur. J'ai moi-même été très claire à ce sujet avec M. Ocampo par le passé et je lui ai demandé, sans aucune équivoque, de s'abstenir de toute déclaration ou activité publique susceptible, en vertu de ses anciennes fonctions à la tête du Bureau, d'être perçue comme une ingérence dans les activités de celui-ci ou une atteinte à sa réputation.

En outre, il convient de souligner que toute information transmise à mon Bureau est examinée en toute indépendance, impartialité et objectivité, dans le strict respect des dispositions du Statut de Rome. Toutes mes décisions se fondent sur mon évaluation en toute indépendance de la situation, comme je suis tenue de le faire en tant que Procureur en vertu du Statut.

Mon Bureau joue un rôle crucial dans la réalisation des objectifs fixés pour la CPI par le Statut de Rome, qui sont de contribuer à la prévention des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et du crime de génocide, en menant des enquêtes et des poursuites efficaces contre les auteurs de ces crimes. Grâce à notre travail, nous pouvons rendre dans une certaine forme de justice aux victimes de ces crimes graves. Les allégations fâcheuses en cause n'empêcheront pas mon Bureau de s'efforcer de bâtir un monde plus juste conformément aux dispositions du Statut de Rome. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, en toute indépendance, impartialité et objectivité, pour obtenir la justice à laquelle nous aspirons tous, avec dévouement et intégrité.

Bureau du Procureur


  LA CRISE EN CÔTE D'IVOIRE : Partie 1 – « .. Les médias français portent une lourde responsabilité dans les dix ans de crise » (Fanny Pigeaud / Médiapart)

En intégralité.

Partie 1

ARTICLE PUBLIÉ LE SAMEDI 10 JUIN 2017

Laurent Gbagbo reçoit le ministre français des affaires étrangères Dominique de Villepin à Abidjan, le 1er février 2004. Paris avait déjà lâché le président ivoirien. Arrêté en 2011, l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo est aujourd'hui jugé devant la Cour pénale internationale. Mais durant dix ans, la plupart des médias français ont épousé sans retenue la version officielle du gouvernement français et du camp de l'actuel président Alassane Ouattara.

Pourquoi un tel aveuglement ? Explications.

La France a joué un rôle important dans la crise politico-militaire qu'a vécue la Côte d'Ivoire de 2002 à 2011. La majorité des médias français a cependant masqué cette réalité, reprenant sans distance le discours officiel français sur le président de l'époque, Laurent Gbagbo, et son successeur Alassane Ouattara. Avec des conséquences importantes :

« Le traitement partisan de nombreux médias français a eu une incidence majeure : brouiller la réalité», estime Laurent Bigot, ancien sous-directeur chargé de l'Afrique de l'Ouest au Ministère Français des Affaires Étrangères. Peu d'acteurs l'admettent publiquement. Plusieurs journalistes interrogés par Médiapart ont d'ailleurs demandé à rester anonymes. Il faut dire qu'il flotte encore dans l'air un parfum de raison d'État. Pour bien comprendre, il faut remonter le fil de l'histoire En 2010 et 2011, la Côte d'Ivoire a vécu un grave conflit politico-militaire après une élection présidentielle ayant opposé le socialiste Laurent Gbagbo au libéral Alassane Ouattara.

Le Conseil constitutionnel ivoirien, dénonçant des fraudes, avait déclaré Laurent Gbagbo vainqueur, tandis que la Commission Électorale, le Représentant de l'ONU dans le pays et les grandes puissances, dont la France de Nicolas Sarkozy, assuraient que le scrutin avait été équitable et que Ouattara en était le vainqueur indiscutable. Quand Laurent Gbagbo reçoit le Ministre Français des Affaires Étrangères Dominique de Villepin à Abidjan, le 1er février 2004, Paris avait déjà lâché le président ivoirien. © Reuters

À l'époque, la plupart des médias français avaient épousé le récit officiel favorable à Ouattara, expliquant à l'instar de l'Agence France-Presse (AFP) que la crise était « née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite ». Ils ont passé sous silence les nombreuses et évidentes anomalies que présentait le processus électoral, dont une implication directe de l'ambassadeur de France à Abidjan. Les journalistes n'ont pas plus remis en cause le discours gouvernemental français affirmant que l'engagement militaire de Paris avait été faible au cours des mois suivants.

Seul Le Canard enchaîné a livré quelques détails sur le rôle majeur et illégal des forces françaises aux côtés des troupes levées par Alassane Ouattara, dans la guerre qui les a opposées à l'armée régulière de Côte d'Ivoire. Quelques voix politiques ont bien laissé entendre que les déclarations de Paris étaient contestables, mais les journalistes n'ont pas réagi.


 Beaucoup de médias français ont ainsi collé à la version officielle tout au long de cette crise de 2010/2011. Ce n'était pas la première fois. Ils ont suivi cette ligne tout au long des années 2000, relayant:

« Il est impossible de passer la moindre ligne sur le "sursaut patriotique" qu'on peut observer dans la moitié sud du pays, cosmopolite et abritant plus de 75 % de la population », a écrit en octobre 2002 le journaliste franco-camerounais Théophile Kouamouo, alors basé à Abidjan, dans une lettre annonçant la fin de sa collaboration avec le quotidien Le Monde. Georges Peillon, porte-parole de septembre 2003 à janvier 2004 de Licorne, opération militaire française en Côte d'Ivoire, a été choqué par cette couverture partiale des événements.

À tel point qu'il a un jour téléphoné depuis Abidjan, et avec l'aval de sa hiérarchie, au rédacteur en chef de Radio France internationale (RFI, radio publique, très écoutée en Afrique francophone), à Paris, pour lui dire son « étonnement sur le ton et les informations que RFI diffusait, car c'était en général anti Gbagbo et traduisait des partis pris incompréhensibles ». « Vous balancez des trucs creux et faux ! », a- t-il reproché à son interlocuteur.

« C'était comme une réplique de la Françafrique, version journaliste. En cinq mois, j'ai vu plus de journalistes étrangers que de journalistes français. Mais à l'évidence, ils savaient tout depuis leur bureau... », explique à Mediapart l'ancien militaire.

La diffusion systématique d'informations dénigrant ou attaquant Laurent Gbagbo « nous mettait, nous militaires français, dans une situation très inconfortable, notamment vis-à-vis de la presse ivoirienne et des autorités ivoiriennes », précise Georges Peillon. Elle a aussi contribué à installer à Abidjan une atmosphère délétère, qui a été fatale à Jean Hélène, envoyé spécial de RFI, tué par un policier ivoirien en novembre 2003. C'est en tout cas ce que pensent Georges Peillon et au moins quatre ex- confrères du reporter interrogés par Mediapart :

« Jean essayait de faire son travail honnêtement, de manière équilibrée. Mais pendant ce temps, un petit groupe à RFI donnait constamment la parole aux rebelles depuis Paris, excitant les gens à Abidjan, y entretenant un climat épouvantable », rapporte l'un d'eux.

La plupart des médias ont aussi assuré, se conformant toujours à la version officielle, que le gouvernement français avait voulu avec les accords de Linas-Marcoussis signés en janvier 2003 «enclencher un processus de réconciliation » en Côte d'Ivoire, comme l'a par exemple écrit le quotidien Libération. Les faits montraient pourtant l'inverse : la France a œuvré, avec ces accords, à retirer à Laurent Gbagbo une bonne partie de ses pouvoirs présidentiels, tout en violant la Constitution Ivoirienne et en aggravant les tensions dans le pays.

L'influence particulière de la radio française RFI. Le bombardement de Bouaké qui a causé, le 6 novembre 2004, la mort de huit soldats français, a reçu le même traitement. Le président Français Jacques Chirac a accusé Laurent Gbagbo d'avoir délibérément fait tirer sur les militaires, rejetant les démentis de son homologue ivoirien.

http://investigaction.net/fr/ocampo-a-triche-quand-va-t-on-liberer-gbagbo/ 

Les jours suivants, l'opération Licorne a ouvert le feu sur des manifestants non armés à Abidjan, devant l'Hôtel Ivoire, tuant une soixantaine de personnes. Après avoir donné plusieurs explications différentes sur cette fusillade, la Ministre de la défense Michèle Alliot-Marie a invoqué un état de «légitime défense élargie » et « une manipulation énorme » de la part des Ivoiriens pour pousser les Français « à la faute ». En représailles au bombardement de Bouaké, l'armée française détruit l'aviation ivoirienne. Rares ont été les médias à relever les incohérence de son discours.
 

Le peuple camerounais pris dans le double étau de la mondialisation de la violence par les armes

 

Prologue : 

Depuis plus de trois ans, l'armée camerounaise est en guerre contre les Islamistes de la secte radicale, Boko Haram. Dans nos précédents articles, nous avons longuement publié sur les soutiens, les sources de financement et les raisons de la présence de ce groupuscule luciférien en terre africaine. Du fond du coeur, nous rendons un vibrant hommage aux valeureux soldats tombés au front.
 

Un double étau de la violence par les armes saigne à blanc le peuple de Um Nyobè: celui de Boko Haram, le prolongement de l'État Islamique (DAESH) en Afrique et celui de l'armée françafricaine camerounaise, fruit du ''génie'' de Pierre Messmer, le bras droit de Foccart Jacques et Louis-Paul Aujoulat.

1. L'armée coloniale (néocoloniale) et ses méthodes contrastées
 

Les armées françafricaines n'ont pas été formées pour assurer la protection du territoire, encore moins, les populations. Leur rôle premier, assigné par les puissances coloniales, c'est de mater toute insurrection visant à contester l' « ordre colonial ».

« A partir de l'expérience indochinoise, Lacheroy invite à distinguer plusieurs phases par lesquelles l'adversaire gagne le contrôle de la population et propose des solutions adaptées à chacune d'entre elles. Il faut d'abord identifier le danger subversif avant qu'il n'apparaisse. Lacheroy appelle à la vigilance contre toutes les formes de contestation de l'ordre colonial : dans le cadre de la guerre froide, elles relèvent forcément du complot communiste orchestré par Moscou, même si elles s'en défendent.
 

La guerre des peuples colonisés n'est qu'« une immense étape en direction de cette guerre totale vers laquelle semble inéluctablement, hélas, s'acheminer le monde », affirme-t-il. Tandis que, pour Hogard, « la guerre est devenue permanente, universelle et véritablement "totale" (...) non seulement en Algérie, mais dans toute l'Union française, en métropole même ! ». Une fois le danger subversif identifié, il faut l'éradiquer avant qu'il ne puisse étendre son influence sur la population. L'organisation ennemie (le Vietminh, le FLN) est décrite comme un corps étranger ayant perverti une population saine et les théoriciens de la guerre contre-insurrectionnelle se décrivent volontiers comme des chirurgiens du corps social.


Il faut mettre à jour les structures politiques et militaires secrètes de l'adversaire (les «hiérarchies parallèles») et éliminer leurs membres. Cela suppose d'accorder une attention toute particulière à l'obtention de renseignements, particulièrement par le moyen de la torture. Cela suppose aussi de procéder à son propre quadrillage administratif de la population, et de recourir à des auxiliaires autochtones, organisés en milices paramilitaires. Si l'emprise de l'organisation ennemie sur les civils s'est malgré tout développée, il faut lui disputer par tous les moyens le contrôle des populations.

Lacheroy recommande pour cela de se ''mettre à l'école de l'ennemi'', et d'user d'une coercition et d'une propagande de force supérieure : ''une action psychologique puissante et bien menée''. Pour la mettre en œuvre, il réclame la mise en place à tous les échelons militaires d'un spécialiste de l'action psychologique, responsable de la ''conquête des cœurs et des esprits''. Lacheroy se réfère notamment à Serguei Tchakhotine, disciple de Pavlov et auteur du livre Le Viol des masses par la propagande politique. Cet ouvrage proposait avant-guerre de contrer le nazisme, mais par un nouveau conditionnement du peuple allemand, par une contre-propagande s'appuyant sur des techniques de type publicitaire.

Le recours à une violence hors norme pour ce genre de guerre est clairement exposé : ''On ne fait pas une guerre révolutionnaire avec le Code Napoléon'' affirme Hogard, tandis que Lacheroy prévient que si la guerre de libération atteint son dernier stade, ''il n'y a peut-être pas besoin d'un général, ni d'un préfet, il vaut mieux un boucher. Dieu merci, on n'en est pas toujours là, on n'en n'est pas là partout''. On en sera bientôt « là » en Algérie, et les bouchers feront leur œuvre

Les théoriciens de la guerre contre-insurrectionnelle obtiennent rapidement une audience considérable, au point que leur courant de pensée devient en quelques années hégémonique au sein de l'institution militaire. Lacheroy, qui a commencé en Indochine à diffuser ses conceptions, est rappelé à Paris début 1953 pour prendre la tête du Centre des études africaines et asiatiques (CEAA) où il forme les nombreux officiers qui partent pour la guerre.
 

(...) La doctrine est aussi « diffusée très officiellement en Algérie au Centre d'entraînement à la guerre subversive, qu'on surnommait "l'école Bigeardville", ouvert le 10 mai 1958 dans le hameau de Jeanne-d'Arc, près de Philippeville. » C'est en effet l'Algérie qui va servir de premier laboratoire à l'expérimentation de la nouvelle doctrine de l'armée française. » (Raphaël Granvaud. De l'armée coloniale à l'armée néocoloniale (1830-1990). Éditions Agone, Paris, octobre 2009. pp.26-27)
 


Le communiqué de presse signé le 15 mars 2010 par le Ministre de la défense de la République ''berlinoise'' du Cameroun confirme l'analyse de Raphaël Granvaud :
 

« Suite aux exactions perpétrées dans la nuit du 23 au 24 février 2010 par certains éléments égarés du Bataillon d'intervention rapide Delta (Bir-Delta) sur les populations civiles à Limbe, au lieu dit Church Street, et au terme des enquêtes menées à cet effet, les sanctions disciplinaires ci-après ont été établie, sans préjudice des poursuites judiciaires en cours :
 

- 20 jours d'arrêts de rigueur aux 3 officiers chargés de l'encadrement des militaires impliqués pour négligence dans l'exercice de leurs fonctions d'encadrement.
 

- 45 jours de prison à l'encontre des 13 militaires de rang impliqués dans les exactions, assortis d'une radiation définitive des effectifs des Bir
 

- 60 jours de prison et traduction devant le conseil de discipline pour les trois militaires du rang reconnus comme principaux instigateurs assortis d'une radiation définitive des effectifs des Bir. »
 

Par ces sanctions, le ministre de la Défense vient de rappeler les éléments de ce corps à l'ordre. Les exactions sur les populations du Bataillon d'intervention Rapide (Bir) n'ont pas commencé à Limbe. À l'Est du pays, les populations de Bertoua avaient maille à partir avec les éléments du Bataillon d'intervention rapide qui régnaient en maîtres absolus et frappaient qui ils voulaient. Ce corps d'élite de l'armée camerounaise, constitué pour lutter contre le grand banditisme et les coupeurs de route est pourtant très apprécié des populations pour les prouesses de ses éléments face aux bandits de grand chemin et autres pirates.
 

1.1. Massacre à grande échelle des populations par l'armée françafricaine camerounaise
 

Le 20 février 2000, un décret du chef de l'Etat crée le Commandement opérationnel dont le but, officiel, est de lutter contre la grande criminalité à Douala. Il nomme à sa tête le général de brigade Philippe Mpay, déjà commandant de la 2ème région militaire. Un communiqué du secrétaire général de la présidence de la république publié le même jour précise que le commandement opérationnel mise en place...est essentiellement temporaire: il prendra fin dès l'accomplissement de la mission.
 

Plus de 1000 camerounais sont envoyés dans les fosses communes par l'armée. C'est le bilan que les organisations de défense des droits de l'homme font des exactions du commandement opérationnel. En un peu plus d'un an. 1000 camerounais abattus sauvagement, sans jugement. Au vue et au su de tous. (Mutations n°474)
 


Du 25 au 28 février 2008, lors des émeutes contre la révision constitutionnelle et contre la vie chère. Le bilan de ces massacres des populations civiles perpétrées par les forces de l'ordre au Cameroun a été évalué par une source indépendante, l'Observatoire National des Droits de l'Homme du Cameroun (ONDH) appuyé par des associations telles l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT-Littoral et France) a 136 tués et a environ 3.000 arrestations. Le Gouvernement quant à lui a reconnu un bilan officiel de 40 morts et de 1671 personnes interpellées.

Il n'a par ailleurs pas cru devoir instituer une Commission d'enquête ni engager la moindre investigation pour établir les abus et réprimander ou punir leurs auteurs de ces tueries. Les services de sécurité ont été impliqués dans les massacres de février 2008. Trois services de sécurité ont été impliqués dans les événements de Février 2008 et qui sont tous rattachés à la Présidence du Cameroun, ce qui engage en ultime ressort la responsabilité de celui qui occupe ce poste.
 

-La Police Nationale et principalement le GMI, Groupement Mobile d' Intervention relevant du Secrétariat d'Etat à la Sûreté Intérieure rattaché à la Présidence de la République;
 

-La Gendarmerie Nationale relevant du Secrétariat d' Etat à la Sécurité nationale ;
 

-Les unités spéciales de lutte contre le grand banditisme : GSO et BIR rattachés au Ministère de la Défense et aux Services de la police nationale. Les éléments de ces forces entretiennent une tradition de recours a la violence extrême exacerbée par la culture d'impunité dans laquelle ils ont été établis par un régime oppressif et accordant très peu de prix au respect de la vie et de la dignité humaine.
Cameroun: Autopsie d'une pseudo indépendance


 


Dans le documentaire ci-dessous, le général Semengue Pierre se vante d'avoir été l'héritier de la brutalité coloniale (la guerre révolutionnaire) et affiche clairement d'avoir joué un rôle de premier plan avec le soutien des colons français, dans le massacre des indépendantistes camerounais, dont la capture du dernier nationaliste camerounais, Ouandié Ernest suivie de son exécution à Bafoussam (Ouest Cameroun) le 15 janvier 1971. Dans ce documentaire, le général Semengue Pierre affirme sans remord que c'était sa seule destinée après sa longue résistance à la tête de l'UPC, que Ahidjo avait fait appelé "Maquis" pour des besoins de propagandes négationnistes. L'armée camerounaise a ensuite bénéficié du savoir-faire du général françafricain. C'est ce qui explique la brutalité inouïe envers les populations lors des marches de revendication pour une bonne gestion des biens publics.

Cameroun: Autopsie d'une pseudo indépendance



 

L'officier le plus gradé de l'armée camerounaise a exceptionnellement accepté de raconter sa version des faits. Pour cela, il s'est livré à cœur ouvert pendant près de trois heures dans l'émission dominicale «Tribune de l'Histoire» édition du 16 août 2015 diffusée sur Canal 2 International, une chaine de télévision camerounais basée à Douala. «Tribune de l'Histoire» édition du 16 août 2015 diffusée sur Canal 2 International Les propos tenus par l'invité spécial et par le journaliste Ananie babier Bindzi, qui tentent de nier le génocide des Bamilékés, ont été qualifiés de négationnisme par une bonne franche de la population, de certains Historiens et de la classe politique dite de l'opposition. 


Pour Nintcheu Jean Michel, député du Social Democratic Front (SDF) :
 

«ces négationnistes d'un genre nouveau de l'Histoire du Cameroun ont laborieusement tenté de nier la réalité du génocide ou de susciter le doute chez un public qu'ils espèrent mal informé et non averti. En recourant à des déclarations volontairement scandaleuses sur la période sombre des années 60 au cours de laquelle de vaillants compatriotes ont été massacrés par les colons et leurs collabos en service commandé dans l'armée camerounaise, ces deux personnages se sont honteusement livrés à un exercice pitoyable et hideux de reniement de la réalité, de l'ampleur, et des modalités de l'extermination de nos compatriotes en pays Bassa et Bamiléké» fait observer l'honorable Jean-Michel Nintcheu, avant d'exposer ce qu'il pense être l'objectif de la sortie du très taiseux Pierre Semengue.
 

L'analyse de leurs propos démontre qu'ils étaient clairement destinés à légitimer un discours négationniste en prélude à la déclassification imminente des archives qui a été annoncée en des termes à peine voilés par le Président François Hollande lors de sa récente visite au Cameroun. L'obsession frénétique de M. Anani Rabier Bindji à vouloir à tout prix et à tous les prix dédouaner le chef de l'armée du régime néocolonial de la responsabilité des atrocités commises durant les années d'indépendance et le fait surtout de banaliser les faits au motif fallacieux que les crimes auraient été perpétrés par des bandits, obligent désormais et à juste titre les Historiens à s'intéresser sur le rôle que lui, Anani Rabier Bindji, aurait personnellement joué durant cette période trouble... Que les négationnistes Anani Rabier Bindji et le Général Pierre Semengue sachent une chose : qu'ils le veuillent ou pas, ça va se savoir. La déclassification des archives étant irréversible, rien ne sert de procéder à une fuite en avant pitoyable. Les crimes de sang, les crimes de génocide et les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles» affirme l'élu du peuple.
 

1.2. Contentieux historique: Un témoignage qui accable
 

« Après la dissolution de l'Upc, le Kamerun a plongé dans un bain de sang imprévu, plus particulièrement dans les régions natales des principaux dirigeants de l'Upc à savoir : la Sanaga Maritime, région natale de Ruben Um Nyobe, secrétaire général, fondateur N°1 de l'Upc, la région natale de Dr Félix Roland Moumié, premier président national de l'Upc, Kingué Abel et Ouandié Ernest 1er et 2e vice-président de l'Upc et Kamsu Innocent, trésorier général de l'Upc. Viennent s'y ajouter les régions du Mungo, du Mbam, de Tcholiré, une partie du Centre et quelques villages du Nord etc...

(...)
 

Pour diaboliser davantage l'Upc, l'armée de domination française décapitait certain de ces responsables et exposait leurs têtes dans les principaux carrefours des villages et des villes. Non contente de cette exposition macabre, elle contraignait la population et surtout les membres des familles des victimes à cracher sur eux et à leur lancer les cailloux. Quel cynisme ! »
 

Lire la suite ici.  


 2. La science de la peur
 

L'écrivaine Canadienne Naomi Klein, dans son ouvrage ''La stratégie du choc. La montée d'un capitalisme du désastre'', édition LEMÉAC/ Actes Sud, 2008, nous apprend que :
 

« La stratégie du choc imite la démarche en tentant de reproduire, à l'échelle d'une société, les résultats obtenus avec un seul détenu dans une cellule de prison. À cet égard, l'exemple le plus probant est le choc du 11 septembre, qui, pour des millions de personnes, fit voler en éclats le ''monde familier''. Il déclencha du même coup une période de désorientation et de régression que l'administration Bush exploita de main de maître. Soudain, nous nous retrouvions en quelque sorte en l'an zéro.
 

Tout ce que nous savions du monde relevait d' ''avant'' la catastrophe. Nous, les Nord-Américains, qui de toute façon connaissions mal notre histoire, formions désormais un État vierge, une ''feuille blanche'' sur laquelle ''on peut écrire les mots les plus beaux et les plus nouveaux'', ainsi que Mao le dit à propos de son peuple. Une nouvelle armée de spécialistes se chargea aussitôt d'écrire des mots beaux et nouveaux sur la table rase de notre conscience traumatisée:''choc des civilisations'', ''axe du mal'', ''islamo-fascisme'', ''sécurité intérieure''.
 

Pendant que les citoyens étaient mobilisés par de nouvelles guerres culturelles aux conséquences mortelles, l'administration Bush accomplit ce dont elle n'aurait pu que rêver sans les attentats du 11 septembre : lancer des guerres privatisées à l'étranger et créer un complexe de la sécurité assujetti au contrôle du privé à l'intérieur des frontières des États-Unis.
 

Voici donc comment fonctionne la stratégie du choc : le désastre déclencheur-le coup d'État, l'attentat terroriste, l'effondrement des marchés, la guerre, le tsunami, l'ouragan-plonge la population dans un état de choc collectif. Les sifflements des bombes, les échos de la terreur et les vents rugissants ''assouplissent'' les sociétés, un peu comme la musique tonitruante et les coups dans les prisons où se pratique la torture. À l'instar du prisonnier terrorisé qui donne le nom de ses camarades et renie sa foi, les sociétés en état de choc abandonnent des droits que, dans d'autres circonstances, elles auraient défendues jalousement. Jamar Perry et les autres évacués entassés dans le refuge de Baton Rouge devaient renoncer à leurs logements sociaux et à leurs écoles publiques.
 

Après le tsunami, les pêcheurs sri-lankais devaient céder aux hôteliers leurs précieuses terres du bord de la mer. Si tout s'était passé comme prévu, les Irakiens, eux, auraient dû être sous le coup du choc et de l'effroi au point d'abandonner aux bases militaires américaines et aux zones vertes la maîtrise de leurs réserves de pétrole, de leurs sociétés d'État et de leur souveraineté. » (pp.27-28)
 

La "thérapie du choc" est également employée dans le domaine de la santé. C'est ainsi qu'en inondant le public des publicités et des effets dévastateurs des cancers, la population consent à une augmentation du budget alloué à la "lutte contre les cancers", qui en réalité, profite aux firmes pharmaceutiques qui fabriquent des chimiothérapies dont les doses sont hautement toxiques pour les patients :
 

« L'utilisation du cancer dans le discours politique encourage le fatalisme et justifie de mesures ''rigoureuses'' tout en renforçant l'idée largement répandue que cette maladie est obligatoirement mortelle. Le concept même de la maladie n'est jamais innocent. Mais on pourrait répondre que les métaphores liées au cancer portent en elles, et implicitement, l'idée de génocide. » (Susan Sontag, ''La maladie comme métaphore'', traduit de l'anglais par Marie-France de Paloméra, 1993)
 

Pour Milton Friedman dans une lettre adressée au général Augusto Pinochet, le 21 avril 1975 :
 

« Si cette méthode de choc est adoptée, il faut, je crois, l'annoncer publiquement et en détail et procéder sans tarder. Plus le public sera pleinement informé, et mieux ses réactions en faciliteront l'ajustement. » (Milton Friedman et Rose D. ''Two Lucky People''. Memoirs, University of Chicago Press, Chicago, 1998, p. 592). 


Dans les années 90, les pays africains ont subit de façon effroyable la thérapie du choc, à travers les mesures d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, ayant pour conséquences une augmentation croissante des dettes; le démantèlement des services sociaux de base; la destruction du tissu social et l'éclatement des familles; la mise au chômage de million de travailleurs; la pauvreté galopante; l'exode rural. Dès lors, des milliers de bras valides se sont retrouvés pris au piège d'une immigration clandestine. La fuite des cerveaux du Sud vers le Nord, étant le butin de guerre des « choqueurs » de la mondialisation-globalisation.
 

Pour Eduardo Galeno, 1990 :
 

« Les citoyens étaient en prison pour que les prix fussent en liberté. » (Lawrence Weschler, ''A Miracle'', a Universe. Setting Accounts with Torturers, Pantheon Books, New York, 1990, p. 147.)
 

Boko Haram apparaît comme le cheval de Troie pour mettre en application la politique occulte de l'Oncle Sam, afin de créer un état de choc mondialisé, pour asseoir ses bases militaires en Afrique et s'assurer le contrôle des ressources naturelles et humaines.
 

Contrairement aux populations libyenne et syrienne, qui ont ''fait corps'' avec leur dirigeant véritable, librement choisis et voulus par eux-mêmes, le dilemme des populations de la postcolonie sub-saharienne réside dans le fait que depuis les ''indépendances'' factices, elles sont prises en otage par les dictateurs kleptocrates qui usent de la force militaire pour se maintenir au pouvoir.

Les coups d'état à répétition, les massacres à grande échelle des populations et les assassinés ciblés des personnalités politiques qui menacent leur autorité, sont autant de comportement anti-patriotiques et agressives des armées françafricaines. Dans son œuvre maîtresse, Vom Kriege, Clausewitz (1780-1831) a fortement souligné la subordination de la guerre à la politique. Tout lecteur du stratège prussien a en tête les expressions frappantes employées au chapitre 6B du livre VIII :
 

"La guerre n'est qu'une partie des rapports politiques, et par conséquent nullement quelque chose d'indépendant".
 

Ou, un peu plus loin :
 

"la guerre n'est rien d'autre que la continuation des relations politiques, avec l'appoint d'autres moyens" (trad. D. Naville, 1955, p.703).
 

Si la guerre est la continuation de la politique, comment alors fédérer les peuples africains avec leurs bourreaux sempiternels pour gagner la guerre contre l'OTAN? Qui est l'ennemi de qui dans la guerre déclarée contre Boko Haram? Au nom de qui et pour qui combattent les armées françafricaines?
 

Le journaliste Glen Ford de ''Mondialisation.ca'', dans un article nous informe que :

« L'Afrique est un territoire occupé. L'Union africaine ne prétend même pas être responsable de ses propres missions de maintien de la paix, qui sont devenues en fait des opportunités pour les forces armées africaines de se faire payer pour faire le job de l'Occident. La Chine et le Brésil peuvent recueillir la part substantielle du commerce avec l'Afrique, mais les hommes disposant des armes à feu sont fidèles à l'AFRICOM – le papa gâteau pour la classe militaire africaine. Les troupes étatsuniennes dorment maintenant dans les casernes africaines.

Elles sont les frères d'armes des officiers africains et peuvent déterminer les futurs présidents africains. Le rythme de la pénétration étatsunienne de l'Afrique de l'Ouest s'est accéléré de façon spectaculaire depuis 2011, quand Obama (Sarkozy et Cameron, ndt) a liquidé le gouvernement libyen de Mouammar Kadhafi, installant un flux de jihadistes et d'armes vers la Syrie et vers le Sud pour déstabiliser les nations du Sahel.»
 


Les élections sont régulièrement truquées, les assemblées sont fantoches, les administrations sont fortement gangrenées par la gabegie, la corruption à outrance et le clientélisme sont les modes de ''gouvernance'' par excellence. Le remboursement des dettes odieuses, les mesures d'ajustement structurel des institutions internationales (FMI, Banque mondiale, Club de Paris, etc.), la détérioration des termes de l'échange, le nazisme monétaire en cours dans les 15 pays d'Afrique francophone, sont autant de facteurs qui permettent aux forces otanesques de gagner des combats comme si on plantait le couteau dans du beurre.
 

L'absence de la formation civique et patriotique des armées françafricaines, l'aliénation mentale, constituent les détonateurs clés des massacres à grande échelle des populations en cas d'insurrection. C'est pourquoi le Capitaine Sankara Isidore Thomas déclarait dans son discours à la radio de Haute-Volta (actuel Burkina Faso), le 2 octobre 1983 qu' « un militaire mal formé est un danger pour lui-même et pour son peuple ».
 

Le cas du Cameroun est assez illustratif de la prise en otage de la population. Biya Barthélémy Bivondo Paul est au pouvoir depuis plus de 32 ans. Il a méthodiquement tué en chaque camerounais le sentiment de patriotisme par le favoritisme, la corruption, le tribalisme à outrance, le musellement de la presse, la mise entre parenthèse des libertés individuelles, etc.
 

« En effet, il est suicidaire de continuer à rester indifférents, passif ou muet face aux ravages des loges, sectes, réseaux maffieux et à la pratique de l'homosexualité au Cameroun, un pays qui se porte sportivement, économiquement et politiquement mal en ce moment. Pis, la flamme des loges, sectes et réseaux mafieux tue le mérite et consume toute réussite saine. La prise en otage de notre société par les cénacles cautionne toutes les dérives que nous essayons de combattre aujourd'hui. Le plus dramatique est que très peu de Camerounais appartenant aux cercles fermés assument publiquement leur identité.

Le fait que la plupart des succès au Cameroun sont devenus louches, est un indicateur du déclin de notre société au moment où nous attendons l'avènement de la troisième République avec tous les espoirs que cela suscite. Loin de nous d'engager un combat contre l'existence des loges dans leur essence, nous condamnons leur utilisation chez nous au vu des pratiques qui en découlent. » (Ateba Eyene Charles. ''Le Cameroun sous la dictature des loges, sectes, du magico-anal et des réseaux mafieux. De véritables freins contre l'émergence en 2025 (La logique au cœur de la performance)''. Édition Saint-Paul Yaoundé, septembre 2012, p.20)
 


 3. Violence, guerre et politique : le retournement de la ''formule'' de Clausewitz
 

Dans son œuvre maîtresse, Vom Kriege, Clausewitz (1780-1831) a fortement souligné la subordination de la guerre à la politique. Tout lecteur du stratège prussien a en tête les expressions frappantes employées au chapitre 6B du livre VIII : "La guerre n'est qu'une partie des rapports politiques, et par conséquent nullement quelque chose d'indépendant".

Ou, un peu plus loin : "la guerre n'est rien d'autre que la continuation des relations politiques, avec l'appoint d'autres moyens" (trad. D. Naville, 1955, p.703).
 

Clausewitz demeure une référence capitale pour les études stratégiques et la science politique, car il a formulé mieux que quiconque le caractère irréductiblement politique de la guerre : la guerre ne se suffit pas à elle-même, elle est un satellite placé dans l'orbite'' de la politique. En effet, l'étude du retournement de la ''Formule'' de Clausewitz n'intéresse pas seulement les études géostratégiques. Elle touche aussi à la sociologie et la théorie du politique.

À travers leur interprétation de Clausewitz, des auteurs comme Michel Foucault ou Carl Schmitt engagent une conception du politique et du social dans son rapport à la violence. Ces auteurs cherchent tous à mettre en évidence, chacun selon des modalités différentes, le rôle moteur de la violence dans l'action politique, la guerre étant considérée comme l'ultime épreuve de vérité pour les sociétés. Cependant, le cas de Boko Haram ou d'autres groupuscules criminels islamistes, qui ont mis la Libye, la Syrie, le Mali, la République Centrafrique...en déliquescence, font partie de la privatisation de la violence.

Les interventions directes des armées impérialistes dans les États membre de l'ONU, sont mal vues par les opinions nationales internationales. Il faut donc user, des « forces sous-marines » et occultes, avec des prétextes fallacieux, pour mener la guerre politique afin de s'assurer du contrôle des ressources humaines et naturelles. Nous dénommons la « guerre sous-marine » cet ''instrument'' de la politique occulte (le terrorisme islamique), destinée à contourner la réglementation nationale et internationale, visant à saper les conditions des termes de l'échange que la diplomatie n'a pas été en mesure de régler ou ne veut pas régler.
 

Classiquement, la hiérarchie des moyens militaires (et en cas de "guerre sous-marine'') et des fins politiques inspire la distinction des trois niveaux de la guerre (tactique, stratégie, politique), qui elle-même fait écho à la ''Trinité clausewitzienne'' (peuple-chef de guerre-chef d'État) : la tactique dépend des soldats (professionnels et citoyens) qui sont issus du peuple (ou des combattants terroristes ''fabriqués'' de toute pièce par les services secrets). Clausewitz considère la guerre comme un instrument politique placé sous l'autorité du pouvoir civil, le rôle du politique étant de fixer à l'action militaire des objectifs précis et ainsi de limiter la guerre à ces objectifs. Dès lors, quelle est la nature profonde de la guerre?
 

Est-elle dans la violence déchaînée ou dans la raison politique ? Mais à qui profite la « guerre sous-marine» comme c'est le cas au Nigéria avec Boko Haram? Aux multinationales, bien entendu, avec la couverture des Paradis fiscaux et judiciaires. Parallèlement, le peuple américain est abreuvé de « bonnes intentions »: mettre fin au terrorisme islamique. D'où une augmentation considérable du budget militaire; la course folle à l'armement; l'enrichissement croissant des marchands d'armes; la dislocation des États agressés et leur mise sous coupe réglée; la destruction des biens publics à l'échelle mondiale; la fragilité des acquis sociaux obtenus après d'âpres luttes de classe; la surabondance des capitaux toxiques; l'accentuation des fractures sociales; le renforcement du mercenariat et du crime organisé à l'échelle planétaire.


 4. La guerre contre Boko Haram et l'enfumage du peuple
 

Voici les raisons pour lesquelles le fait, pour les « États berlinois » de la postcolonie, de déclarer la guerre à Boko Haram (CIA, Qatar), relève de l'enfumage du peuple. L'acquisition, la gestion, la conservation et la transmission du pouvoir, relèvent du modèle de spoliation politique type Patrimonialisme rationalisé.
 

Le Professeur Médard Jean-François est assez explicite :
 

« Je constate que la plupart des systèmes politiques africains qui ont connu une stabilité ont été construit autours d'un homme. On peut parler du ''système Houphouët'' en Côte d'Ivoire, du ''système Kenyatta'' au Kenya et du '' système Bongo'' au Gabon. Comme l'on peut parler des systèmes locaux de pouvoir personnel autours des grandes villes. Je viens de Bordeaux où nous avons connu pendant longtemps le ''système Chaban''. J'ai d'ailleurs travaillé sur ces derniers avant d'aborder le régime africain, ce qui a été une très bonne passerelle.
 

C'est un système de pouvoir personnel que j'aborde à partir de travaux d'un grand sociologue Allemand, Marx Weber. Il a travaillé sur les Mérovingiens, les Chinois,...et non sur l'Afrique. Mais il a élaboré la notion de patrimonialisme et de domination patrimoniale, type traditionnel de domination. Cette domination patrimoniale se caractérise par le fait qu'il s'agit d'un système politique différencié dans la mesure où un chef commande à des personnes qui ne sont pas ses parents. Cependant, la logique du pouvoir repose sur la confusion du public et du privé, le chef patrimonial gouvernant son royaume comme une propriété privée. Ce patrimonialisme peut être transposé dans le contexte africain. Je parle alors de néo-patrimonialisme parce qu'il ne s'agit pas d'un système de pouvoir traditionnel. C'est un système qui, formellement, comprend un Etat comme le nôtre, avec des tribunaux, des administrations et des lois. Mais les agents de l'Etat privatisent leurs fonctions, du sommet à la base, ce qui conduit à la patrimonialisation d'un Etat bureaucratique.
 

Le système patrimonial se caractérise par deux éléments :
 

a) la personnalisation du pouvoir
 

Non seulement parce qu'il s'agit d'un pouvoir personnel (contrôlé par un individu et structuré autour de celui-ci), mais aussi parce que toutes les relations politiques sont personnalisées. Il n'existe pas de relations abstraites à l'Etat, il est question de relations d'amitié, de clientélisme et de népotisme: tout un tissu de relations personnelles irriguent et font fonctionner le système de pouvoir.
 

b) la confusion du pouvoir et de la richesse
 

Les ressources économiques et politiques sont interchangeables, et c'est l'accès au politique qui ouvre celui à l'économique. La clé est de contrôlée le pouvoir politique, ce qui conduit à l'accumulation et la richesse. Il existe ensuite une interaction entre les deux types de ressources mais, dans le contexte africain, où il n'existe ni développement économique ni bourgeoisie, c'est évidemment la classe politique au pouvoir qui a l'accès direct aux ressources économiques.
 

L'enjeu fondamental de la lutte politique consiste non seulement dans les positions de pouvoir, mais aussi de l'accumulation.Ceci s'applique à mon avis parfaitement au cas du système politique gabonais, avec des nuances. Il faut d'abord tenir compte du fait ce que tout le monde sait que le Gabon est un pays minier et non agricole, ce qui concerne en particulier le pétrole. C'est donc un Etat rentier, la base économique de l'Etat reposant sur la rente minière et non sur la production et le travail. 


Le système est différent en Côte d'Ivoire .Si Félix Houphouët-boigny prélevait sa quote-part par le biais de caisse de stabilisation, la croissance de la Côte d'Ivoire reposait sur sa mise en valeur économique et le travail de la population. C'est un élément important, car nous constatons que les Etat miniers sont plus naturellement enclin à la corruption et la prédation que les Etat non miniers avec une exception, cependant: le Botswana, Etat minier fondé sur lez diamant, que sa classe dirigeante a su gérer en investissant dans le développement.

Nous nous trouvons dans le cas du Gabon, en face d'un système politique où le Président est véritablement le propriétaire de l'Etat .Il gère donc son pays comme il gère sa propriété privée. Le problème fondamental d'un chef d'Etat Africain dans un contexte extrêmement contraignant, est la survie politique. Pour survivre, lorsque l'on ne bénéficie pas d'une légitimité intrinsèque, le pouvoir doit s'appuyer sur certains ressorts. Au Gabon, le ressort essentiel est la redistribution à laquelle M. Bongo fait d'ailleurs allusion de façon intéressante dans son ouvrage. En effet, si l'on veut solidifier son pouvoir et se créer des soutiens, il faut se créer des clients. C'est là que réside tout l'art politique.

Il faut d'abord extraire les ressources (ce qui n'est pas difficile dans la mesure le pouvoir politique les contrôle) puis les redistribuer, car sinon on scie la branche sur laquelle on est assis, ce qui pose des problèmes d'instabilité politique. Les chefs d'Etat Africains qui ont duré sont ceux qui ont su redistribuer. Cependant, il ne s'agit pas de redistribuer en fonction d'une loi générale applicable à tous, car tout est basé sur le favoritisme à travers le jeu de la grâce et de la disgrâce.

 

On arrive en faisant tourner la distribution, à contrôler le pays, puisque les personnes qui bénéficient à un moment donné d'une faveur en sont reconnaissantes et tirent une obligation loyauté. Quand elles perdent cette faveur, car il faut bien en faire profiter d'autres, elles se soumettent encore davantage, au lieu de se rebeller, en espérant que la prochaine elle sera plus importante. Tout le jeu repose sur l'extraction, et une redistribution de type clientéliste. Je fais une distinction entre deux systèmes politiques : ceux qui fonctionnent selon un mode de régulation patrimonial ou ''Patrimonialisme rationalisé'', et ceux qui arrivent à survivre par la redistribution.

 

Le Gabon appartient à la première catégorie, il se rapproche en cela des systèmes camerounais, kenyan, ivoirien, etc. A l'autre pôle, existent des systèmes qui ne se préoccupent pas de la survie à court terme et se montrent beaucoup plus violents Ils ont recours à l'extorsion et à la prédation violente directe, ce qui fait référence aux cas les plus extrêmes et les plus sanglants de systèmes politiques africains, et aux ''seigneurs de la guerre''.
 

Dans ce cas, le pouvoir politique cherche à contrôler directement les mines, à en extraire les ressources en à s'enrichir sue cette base. Le Gabon s'inscrit plutôt dans ce que j'appelle le ''patrimonialisme rationalisé''. C'est grosso modo mon analyse du système gabonais dans sa dimension interne, une autre de ses caractéristique étant la dimension externe : il s'agit non seulement entre le chef et se sujets mais aussi entre le Gabon et la France. J'en viens à l'idée de : ''Françafrique''. Ce terme a été repris par M. Verschave, mais je l'assume totalement.

En effet, seulement c'est une belle image (on retrouve le mot fric dans Françafrique), mais aussi un véritable concept. C'est la meilleure expression permettant de caractériser le tissu très particulier de relations qui s'est créé entre la France et les pays Africains qui sont ses anciennes colonies voire avec d'autres. La Fançafrique est un concept original. Il n'existe pas d' ''angloafrique'' ou de ''belgioafrique''. En ce sens, le type de relations entre la France et les pays Africains de la Françafrique illustre parfaitement l'expression de ''néocolonialisme'' dont il a à mon sens été abusé. Le néocolonialisme repose sur un tissu d'échanges complètement mélangé.
 


Nous pouvons tout d'abord l'analyser en terme de relations de clientèle qui, normalement s'appliquent aux relations entre individus inégaux contrôlant des ressources inégales, et qui les lient de façon affectifs sur la base d'échange de services .On devrait pas, dans le cas de relations entre Etats, parler de relations de clientèle puisque les Etats sont censés être des abstractions. Mais c'est différent dans le contexte franco-africain, les relations entre la France et ses anciennes colonies ne sont pas des relations entre des Etats comme les autres. On peut parler de clientélisme franco-africain à double titre, tout d'abord étant donné le nature de l'échange et ensuite par rapport à la personnalisation de celui-ci.
 

Il s'agit d'un échange entre inégaux, avec d'une part le patron, qui contrôle des ressources critiques pour le client et d'autre part le client qui a inversement besoin de ce patron pour sa survie.C'est sur cette base que des échanges de services de toute nature vont se créer. Les Etats Français et Africain sont enracinés dans un tissu de relations interpersonnelles qui lient les membres des classes dirigeantes et des élites à la fois politiques et économiques, de nos pays respectifs. C'est très caractéristique aujourd'hui, lorsqu'on constate les relations amicales qu'Omar Bongo entretien avec des membres de notre classe dirigeante.

Toute la Françafrique a été fondée sur des relations amicales, avec des échanges sociaux entre les membres de nos classes dirigeantes .Sa principale caractéristique est, selon moi le mélange des genres, à travers des échanges personnels privés et amicaux mais aussi publics. C'est le rapport entre les Etats qui est en question, car les relations d'amitié sont instrumentalisées au profit de relations d'Etat et inversement. Il s'agit aussi d'échanges politiques et économiques mélangés. En effet, Omar Bongo passe pour financier tous les partis français, ce qui indiquerait que les Français sont corrompus, mais dans d'autres cas c'est l'inverse .On ne peut pas distinguer les corrupteurs des corrompus, car cela joue dans les deux sens. Enfin, un leader africain est fragile et a besoin de protection.C'est la raison pour laquelle la France remplit un rôle de protecteur à la fois militaire, politique et économique.
 

En 1960, le général De Gaulle a été obligé d'accorder l'indépendance, instaurant une nouvelle légalité internationale formelle. En même temps, il chargeait son bras droit, Jacques Foccart (homme de l'ombre de gaullisme, Jacques Foccart est l'ancêtre les réseaux franco-africains depuis l'Indépendance. Secrétaire général de l'Elysée sous la présidence du général le Gaulle, chargé du domaine réservé Afrique et Services, puis conseiller personnel pour l'Afrique de Georges Pompidou, il est devenu le conseiller personnel de Chirac à Matignon de 1986-1988 puis à l'Elysée, de mai 1995 jusqu'à sa mort en 1997), de faire exactement l'inverse pour des raisons stratégiques c'est-à-dire de maintenir la dépendance d'un certain nombre de pays.
 

Il l'a fait en sélectionnant des chefs d'Etat amis par la guerre civile (comme au Cameroun, une guerre épouvantable qui a fait entre 100 000 et 400 000 morts), par l'élimination physique comme celle de Sylvanus Olympio au Togo (premier Président élu du Togo indépendant, il a été assassiné le 12 janvier 1963 par le feu Etienne Gnassingbé Eyadéma) ou du Centrafricain Barthélemy Boganda, disparu dans un accident d'avion, ou par la fraude électorale massive.

Avec ces chefs d'Etat amis à la France, ont pu être maintenus les "intérêts de la France", moyennant une omniprésence des services secrets et la mise ne place de financements parallèles, comme ceux que l'on voit aujourd'hui émerger dans l'affaire Elf. C'est comme dans un iceberg : la réalité la plus profonde est fort différente de l'apparence. Quand vous voulez gérer une dépendance et que vous proclamez une indépendance, cette gestion se fait forcément avec des moyens illégaux, occultes. » (Extrait de ''Noir Procès'', François-Xavier Verschave, édition les arènes, mai 2001, pp. 291-293).
 


À la lumière des enseignements du Pr Jean François Médard, nous constatons que dans le système de clientélisme politique (Patrimonialisme rationalisé), il n'existe aucune « fusion » entre les « dirigeants » et le peuple. Les deux ne font pas corps unique. Le peuple est pris en otage par la pseudo-bourgeoisie à la mélano-leucodermie.
 

La question de l' « ennemi » (de qui?) mérite d'être clarifiée. Rappelons une nouvelle fois que dans son œuvre maîtresse, Vom Kriege, Clausewitz (1780-1831) a fortement souligné la subordination de la guerre à la politique. La ''Trinité clausewitzienne'' (peuple-chef de guerre-chef d'État), suppose que la guerre est mené au nom du peuple par les États majors sous la responsabilité du Chef de l'État (ou du Guide du peuple). Or, dans l'écrasante majorité des « États berlinois » de la postcolonie, il se pose un sérieux problème de confiance entre le peuple est le sommet de l'État.
 

5. Quelles sont les leçons à retenir?
 

Il me semble légitime de poser les questions suivantes :

Pourquoi le bourreau doit-il ''défendre' son otage? (Sommes-nous en présence d'un ''syndrome de Stockholm'' à l'envers?)
 

Le peuple étranglé a-t-il mandaté son « serre-gorge » pour le défendre? Le peuple doit-il assurer sa propre défense puisqu'il applique lui-même la « justice populaire » (comme c'est le cas au Cameroun, depuis l'avènement du ''Renouveau''), en raison de la défaillance du système de justice et de protection des masses?

Qui est l'ennemi de qui dans cette guerre déclarée?
 

Et puis, gagner la guerre pour qui et pour quoi faire?
 

Il me semble utile de préciser que les armées Françafricaines n'ont pas été formées pour défendre le peuple contre un éventuel « ennemi », mais pour mater le peuple en cas de rébellion contre l'ordre colonial ou néocolonial. Ce fut par exemple le cas au Cameroun dans le courant de l'année 2000 avec le ''Commandement opérationnel'' et au mois de février 2008 où on a assisté à la mise en application de la guerre psychologique. Durant ces périodes funestes, l'armée a été déployée massivement dans les rues pour envoyer des milliers de Camerounais dans des fosses communes. Le peuple « choqué », s'est résigné et a abandonné tout sursaut de revendication de ses droits, même les plus élémentaires. L'expression « ON VA FAIRE COMMENT ! » est assez illustrative de la thérapie de choc collectif, laissant le champ libre à la « kleptocratie ».
 

Boko Haram, apparaît comme une bestiole qui se pose sur une plaie surinfectée.
 

Dans cette guerre contre Boko Karam, le peuple peut-il légitimement faire confiance à cette armée pour assurer sa sécurité et la protection de ses biens?
 


 Une armée et un gouvernement peuvent-ils gagner la guerre sans être en « harmonie» avec le peuple dont ils sont supposés ''protégé''?

Les personnes qui jubilent parce que la guerre est déclarée contre Boko Haram, doivent comprendre qu'elles se mettent résolument dans la logique d'une victime qui danse au son du tamtam de son bourreau tout en ayant illusion de s'échapper au moindre mouvement si ce dernier se fatigue de taper sur le tamtam. Or, il ne cessera jamais de taper sur le tamtam car le fait pour la victime de danser à son rythme, est la condition sine qua non pour que lui, le bourreau se maintienne en vie.
 

La seule façon pour la victime (prise en otage par le son du tambour de son bourreau), de se libérer, c'est soit de percer le tamtam, soit de briser les bras de son bourreau afin qu'il arrête de taper sur le tamtam. Mais, il est plus facile de se libérer en arrêtant tout simplement de danser au son du tamtam du bourreau, et inventer son propre rythme de danse. Finalement, le bourreau pourra se fatiguer de taper sur son propre tamtam car il se rendra compte qu'il tape dans le vide. Qui plus est, à la longue, il pourra même imiter le son du tamtam de sa victime provisoire. Dès lors, la peur changera de camp.
 

6. L'autochtonie et l'allogénie : les deux ''caches-sexes'' du Patrimonialisme rationalisé
 

L'autochtonie et l'allogénie sont les deux ''cache-sexes'' du clientélisme politique que le Professeur Médard Jean-François qualifie de Patrimonialisme rationalisé.
 

« Yaoundé, capitale du Cameroun, le 14 février 1998. Non loin de la gare, un wagon citerne de pétrole se couche accidentellement et déverse son contenu sur la voie publique. Devant cette aubaine, les passants et les habitants des alentours se précipitent, qui avec des bidons, qui avec de simples bouteilles. Mais une cigarette provoque une terrible explosion qui fait plusieurs dizaines de victimes. Le même jour, la rumeur court que ces dernières étaient toutes ''autochtones'': les ''locaux'' avaient chassé les ''allogènes'' du lieu sous le prétexte que le pétrole était ''leur'' puisque Yaoundé était ''leur ville''. L'invocation de ce clivage est devenue récurrente dans la vie sociale camerounaise. La petite ville de Makénéné, sur la route Yaoundé-Bafoussam, a par exemple connu de graves affrontements entre ''autochtones'', nyokon et ''allogènes'' bamiléké, en novembre 1998.
 

En juillet 1999, des fidèles catholiques ont contesté en ces termes la nomination de Mgr André Wouking, bamiléké, comme archevêque de la capitale, faisant écho à une bataille ecclésiale similaire à Douala, en 1987 : 51 prêtres ''autochtones'' de l'archidiocèse (sur 80) avaient alors adressé au Vatican un mémorandum dénonçant la ''bamilékisation de la hiérarchie de l'Église'' à la suite de la nomination de Mgr Gabriel Simo comme évêque auxiliaire – raisonnement contesté par l'Assemblée du clergé indigène du diocèse de Bafoussam. 


Mais la problématique de l'autochtonie au Cameroun ne se limite pas à la stigmatisation de l'''ethnofascisme'' bamiléké, à laquelle s'était livré un intellectuel organique du régime Biya en cette même année 1987 et dont le spectre hante en fait le système politique camerounais depuis les années cinquante. Elle se retrouve aussi bien dans le Nord : l'irruption des ''broussards'', ''venants'' et autres ''populations flottantes'' dans l'activité commerciale a remis en cause la ''confiance'' qui était à la base de la négociation des prix et de la fiabilité du crédit entre «originaires»; et les combats entre Choa et Kotoko, dans la région de Kousseri, ou entre pasteurs et agriculteurs, à Meiganga, ont provoqué des dizaines de morts ces dernières années.

Or le Cameroun est loin de constituer un cas isolé au sud du Sahara. L'une des évolutions politiques les plus inquiétantes sur le continent tient précisément à la généralisation de l'opposition entre ''autochtones'' et ''allogènes'' et à la véhémence nouvelle qu'elle y revêt. Une telle dichotomie est de plus en plus souvent évoquée pour justifier des formes d'exclusion d'une brutalité croissante, voire des opérations de nettoyage ethnique qui peuvent prendre une dimension génocidaire comme au Rwanda en 1994.

L'extermination des Tutsi par le Hutu Power, leur diabolisation par l'ethnonationalisme messianique qui s'est développé dans les camps de réfugiés hutu burundais en Tanzanie, la contestation de leur nationalité et de leurs droits économiques dans les provinces zaïroises/congolaises du Kivu depuis les années quatre-vingt croient trouver leur légitimation dans les origines prétendument « éthiopiennes» des peuples hamitiques. Au Kenya, les « autochtones» kalenjin de la Rift Valley s'en sont violemment pris aux «squatters » kikuyu en 1992, et des tensions comparables ont été enregistrées sur la côte en 1997.
 

De même, au Shaba/Katanga, en 1993, des pogroms ont contraint à l'exode de nombreux Baluba d'origine kasaïenne. Dans des contextes très différents, la militarisation des conflits politiques ou sociaux dans la province du Natal, ou autour des hostels dans les townships, en République sud-africaine, à la fin des années quatre-vingt et dans la première moitié des années quatre-vingt-dix, ou la guerre civile somalienne n'ont pas été étrangères à la problématique de l'autochtonie.
 

Enfin cette dernière n'épargne pas l'Afrique de l'Ouest. Au Nigeria, elle est au cœur de la mobilisation des peuples du Delta contre les compagnies pétrolières et, dans le Sud-Ouest, l'Oodua People's Congress prétend défendre manu militari les droits des Yoruba contre les ''allogènes'' hausa ou ijaw. Au Liberia elle a été l'une des composantes de la guerre civile, même s'il est paradoxal qu'elle ait été dirigée contre des réseaux mandingues présents dans le pays depuis le XVIIe siècle et qu'elle ait épargné la minorité créole américo-libérienne, dont l'implantation ne remonte qu'au début du XIXe siècle et dont la domination a été le fait majeur de l'histoire contemporaine...
 


En Guinée-Bissau la mutinerie de l'armée, en 1998, a pris l'apparence d'un mouvement de défense de la paysannerie balante et de ses anciens combattants nationalistes contre l'élite métisse d'origine cap-verdienne et ses alliés locaux. Au Sénégal les Diola de Casamance se sont insurgés contre l'inexorable wolofisation de leur région. Néanmoins, le cas le plus préoccupant est sans conteste celui de la Côte d'Ivoire, dont la population est d'origine étrangère dans une proportion de quelque 30 %, du fait de la force d'attraction de son économie de plantation et de la politique d'immigration très libérale mise en œuvre par Félix Houphouët-Boigny pendant les quarante années de son règne : son successeur, Henri Konan Bédié, la junte qui l'a renversé en décembre 1999 et l'un des principaux partis, le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo, ont enfourché le mauvais cheval de l'''ivoirité'' au risque de déstabiliser l'un des États les mieux assis de l'Afrique.

De ce panorama nullement exhaustif, il ressort une double constatation. La problématique politique de l'autochtonie est bien un phénomène d'ordre continental, qui ne peut vraisemblablement pas être dissocié de thématiques similaires observables sous d'autres cieux.

De cette généralité, ou peut-être de cette universalité, il faudra rendre compte. Mais, par ailleurs, les situations que l'on a brièvement passées en revue sont trop disparates pour que l'on ne postule pas l'hétérogénéité de cet événement idéologique au sud du Sahara, aussi manifeste que celle de l'extrême droite en Europe de l'Ouest. Le Palais affiche désormais sa volonté de protéger les droits des ''minorités'' et a même fait inscrire cette préoccupation dans les dispositions de la Constitution de 1996.

Là où le Préambule de celle de 1972 stipulait crânement que ''le peuple camerounais, fier de sa diversité linguistique et culturelle [...], affirme sa volonté inébranlable de construire la patrie camerounaise sur la base de l'idéal de fraternité et de progrès [...]. Tout homme a le droit de se fixer en tout lieu et de se déplacer librement [...].

Nul ne peut être inquiété en raison de ses origines'', le nouveau texte remplace les idéaux de l'unité nationale par le devoir, pour le gouvernement, de protéger les droits des ''minorités'' et des ''indigènes'' (Préambule et article 5, alinéa 3) : des termes empruntés au discours développementaliste en vogue dans les années quatre-vingt-dix, par exemple à celui de la Banque mondiale qui l'associe aux disappearing cultures des Pygmées, pasteurs et autres aborigènes, mais que le législateur camerounais se garde bien de spécifier pour mieux les manipuler. Les implications pratiques de la Constitution de 1996 sont apparues clairement dès sa promulgation. Moins d'un mois plus tard, le gouvernement s'en réclamait pour désamorcer les résultats des élections municipales dans plusieurs villes remportées par l'opposition.

Le Social Democratic Front avait réussi une percée dans une partie des provinces francophones, notamment à Douala. Les Sawa littéralement les ''gens de la mer'', dont l'émergence politique, à la fin des années quatre-vingt, est encore plus récente que celle des Béti et a traduit une tentative de front commun des ''Côtiers'', tels que les Duala et les Bakweri, pour répondre au risque d'être outvoted par l'implantation sur leurs terres des Bamiléké de l'Ouest ou des Bamenda du Nord-Ouest craignaient que n'accèdent à des postes clefs des ''allogènes'': ''Pas de démocratie sans protection des minorités et des indigènes'', ''Ça n'arrivera pas chez nous'', ''Ces gens nous ont menti'', proclamaient rageusement les pancartes des manifestants invoquant la Constitution. Drapé dans son nouveau rôle de protecteur des minorités, le gouvernement n'eut qu'à flanquer de ''délégués départementaux'', évidemment membres du parti dominant, les maires SDF fraîchement élus en leur transférant l'essentiel des pouvoirs municipaux effectifs.

De façon plus insidieuse, l'administration ne cesse de traquer dans les listes des candidats de l'opposition des non-résidents qui n'auraient pas le droit d'y figurer, ou d'enjoindre aux électeurs suspects de mal voter de s'inscrire sur les listes électorales de leur village d'origine, ce qu'ils ne parviennent naturellement pas à faire une fois qu'ils s'y rendent. La perpétuation au pouvoir de Paul Biya et de son parti, en dépit de leur impopularité, indique combien est précieuse la problématique de l'autochtonie pour contourner les dangers de l'introduction du multipartisme. » (Jean-François Bayart, Peter Geschiere et Francis Nyamnjoh.

En l'absence d'un sentiment de cohésion nationale, comment les armées françafricaines peuvent-elles gagner la guerre contre l'OTAN, puissamment armée militairement et psychologiquement, et qui fait appel aux tueurs à gage salafistes?

En Afrique francophone, il n'existe aucun centre d'études géostratégique afrocentrée capable de former des leaders politiques aptes à gérer des crises stratégiques de grande ampleur et sur une longue période. Le système scolaire et universitaire est calqué sur le modèle colonial. Il perpétue le génocide culturel et renforce les réflexes de subordination vis-à-vis des ''maîtres occidentaux provisoires''. L' « élite » au pouvoir (les « Évolués ») maintiennent l'étau sur les populations via les églises dites « éveillées » qui sont des terreaux par excellence de l'accentuation de l'aliénation spirituelle.


7. Le chauvinisme ethnique et le problème de la formation des élites au Cameroun :



Boko Haram et la « commodité du mensonge »:

Pour Hassan Hamadé du Réseau Voltaire:

«N'oubliez pas que dans l'arbre généalogique de la confrérie des Frères musulmans, Boko Haram, le Front Al-Nosra, l'Émirat islamique en Irak et au Levant, le Front islamique et compagnie sont de véritables sœurs jumelles, prises en charge à leurs naissances par les monarchies du Golfe, toujours sous les directives anglo-saxonnes. Cependant, les sœurs jumelles reconnaissent, toutes, à Al-Qaïda un droit d'ainesse indiscutable confirmé par une prodigieuse historicité qui remonte à la fameuse guerre d'Afghanistan contre l'URSS, dans les années 80 du siècle dernier. Il s'agit d'un choix posé par Washington seul. Voilà pourquoi le président Hollande, tout comme David Cameron, s'avère animé d'une exceptionnelle force d'inertie. Il parait que, pour faire usage de la force des armes, il lui faudrait avoir la permission de Washington. Oui, la permission de Washington. ''Nous devons attendre la décision du Congrès''... ainsi parla François Hollande.»

Plus loin, dans le même article, on lit encore :
 

« Selon Wikileaks, l'ACRI a été fondée par les EU pour faire contrepoids à ECOMOG, sous contrôle nigérian (ACRI est l'acronyme d'Africa Crisis Response Initiative et ECOMOG d'Economic Community of West African States Monitoring Group, un groupe du reste moins impliqué dans l'économie que dans la guerre). Dans le document Wikileaks, on n'oublie pas de rappeler que dans les années 70 et 80 le Nigéria a soutenu les guerres de libération des pays d'Afrique australe. C'est pourquoi les EU ont fondé l'ACRI, qui a tiré profit des tensions croissantes entre sectes au Nigéria et recruté avec l'aide de la CIA de jeunes islamistes qu'elle a formés au terrorisme dans des bases ad hoc.
 

Un câble états-unien du 29 juin 2009 prédisait l'attentat dévastateur de Boko Haram qui a eu lieu deux mois plus tard. L'Arabie saoudite avait formé des « rebelles » libyens qui à leur tour ont formé des « rebelles» maliens, qui ont formé ceux de Boko Haram. Un autre document de Wikileaks a dévoilé que la société d'espionnage SS8 a élaboré un cheval de Troie capable de pénétrer les ordinateurs et téléphones (iPhone, Blackberry, Android etc ), ce qui permet un contrôle minutieux aussi bien des terroristes que du gouvernement nigérian. On a pu ainsi publier sur Internet des données personnelles (adresses, coordonnées bancaires, numéros de téléphone) de politiciens nigérians et même de membres des services secrets, ce qui a naturellement constitué un précieux instrument pour Boko Haram.»
 


 En guise de conclusion
 

Le peuple camerounais est abandonné à lui-même et ce, depuis que Um Nyobè et ses acolytes ont été assassinés. C'est à lui et lui tout seul de se lever comme un seul homme pour mettre un terme à cette guerre, en reprenant la lutte pour sa libération totale là où Ouandjié Ernest (le dernier nationaliste Upéciste) l'avait interrompue. Je rappelle que la guerre est le prolongement de la politique et que le peuple camerounais ne fait pas corps unique avec ses bourreaux de dirigeants. Dès lors comment gagner la guerre sur le terrain de la communication des informations et du renseignement?
 

Le peuple doit prendre son destin en main, Seule une insurrection-révolution suivie d'un enracinement (redéfinition de l'identité culturelle, retour aux Humanités Classiques Africaines), pour mettre fin à la "République des Évolués". Cela suppose une rupture paradigmique et épistémologique. Il n'y aura pas de réconciliation sincère entre la population et l'armée tant que ces contentieux n'auraient pas été réglés publiquement. Toutes les morts ou les vies se valent, aussi bien celles des jeunes soldats camerounais que celles des populations tombées sous les balles assassines de ces derniers, que celle des vampires de Boko Haram.
 

Répondant à la question d'un journaliste lors du dernier sommet de la Francophonie en France, Biya Paul, le ''chef suprême des armées'', a déclaré aux antennes de la chaine de télévision de l'intox France24 que:
 

«Boko Haram a des méthodes peu orthodoxes. Là où il y a 15 soldats, il envoie 100 combattants et ils interviennent la nuit quand les unités d'élite de l'armée camerounaises sont endormies ».
 

Le 22 juillet 2015, des explosions criminelles sont survenues vers 15h à Maroua, capitale régionale de l'Extrême-Nord. Le bilan officiel et provisoire de ces attentats suicides au marché central de Maroua et à proximité est de treize morts et trente-deux blessés (communiqué de la présidence camerounaise). Dans sa dernière ''lettre à la Nation'' camerounaise rendue public le jeudi 30 juillet 2015, le prisonnier éperviable Marafa Hamidou Yaya (ancien Ministre d'État), complice de Bivondo Barthélémy Biya Paul, écrit ceci :
 

« Les bombes humaines des deux attentats de Maroua ont été des fillettes et des jeunes femmes, dont certaines vivaient de mendicité.

(...)
 

Nous devons agir immédiatement pour l'émancipation des femmes. La première mesure à prendre est d'abolir la polygamie. Un projet de loi portant création d'un code de la famille est déjà disponible depuis des années. Adoptons-le sans attendre. Il y a une douzaine d'années, j'avais accompagné le Roi du Maroc lors d'une visite au Cameroun. Il m'avait confié que sa plus grande fierté était l'adoption d'un tel code dans le royaume. Je mesure aujourd'hui combien cette fierté était sage et justifiée. Mais allons plus loin dans l'élimination des archaïsmes nocifs. »
 


Pour lui, la polygamie apporte une contribution non négligeable aux opérations kamikases des adolescentes. Le rapprochement entre la polygamie et les attentats terroristes de Boko Haram est d'une gravité déconcertante. Il enfonce le clou en militant pour la suppression de la polygamie dans ce qu'il appelle le ''nouveau code de la famille''. Par cette prise de position en guise de solution pour juguler la guerre de l'OTAN-Qatar-Arabie Saoudite-Yémen contre l'Afrique, ses richesses et le massacre de ses enfants, Monsieur Marafa Hamidou Yaya atteste aussi qu'il est un agent local du génocide culturel. Mieux, un admirateur du Comte Arthur de Gobineau, l'ancêtre idéologique de la Négrophobie mondialisée et tropicalisée.
 

Le fait même qu'il ait servi dans le gouvernement camerounais au poste de ministre d'État, prouve que Monsieur Biya Paul lui-même besogne contre l'Afrique. On comprend aisément pourquoi les programmes scolaires continuent de célébrer nos bourreaux et marginalisent les héros de la nation. Voilà pourquoi Monsieur Biya Paul continue de former les ennemis de l'Afrique qui ne jurent que par l'Occident et ses valeurs ô combien dommageables alors que Césaire Aimé nous a si bien mis en garde dans ''Discours sur le colonialisme suivi de discours sur la négritude'' que:
 

«L'Europe est moralement et spirituellement indéfendable ».
 

Ne me dites pas que Marafa Hamidou Yaya ou son parrain Biya Paul n'ont pas lu cet excellent ouvrage de l'un des érudits Noirs du XXème siècle?

Jugez vous-même.
 

Lisez la suite de sa ''lettre à la nation'' ici.
 

« Quand à l'Afrique noire, elle doit se nourrir des fruits de mes recherches à l'échelle continentale. Il ne s'agit pas de se créer, de toutes pièces, une histoire plus belle que celle des autres, de manière à doper moralement le peuple pendant la période de lutte pour l'indépendance, mais de partir de cette idée évidente que chaque peuple a une histoire ». (Cheikh Anta Diop, interview in "La Vie Africaine", n°6, mars-avril 1960, p. 11).

Les réseaux Soros à la conquête de l'Afrique. Les réseaux d'influence à la conquête du monde

Depuis le début de l'année 2017, George Soros défraie la chronique. Qu'il s'agisse du Premier ministre hongrois qui veut fermer l'Université d'Europe Centrale qu'il a créé, du Président Trump qui le considère comme une menace pour la sécurité des Etats-Unis ou des organisations qu'il finance et qui encouragent les flux migratoires clandestins vers l'Europe ; le milliardaire américain est sous les feux l'actualité. C'est un homme dont on entend beaucoup parler mais que l'on connaît finalement assez peu. Qui est G. Soros ? Spéculateur, milliardaire, philanthrope, il est connu pour avoir déstabilisé des économies et contribué au renversement de nombreux régimes politiques.

Il ne laisse personne indifférent. Détesté par les uns, vénéré par les autres, la majorité des gens ne savent pas en réalité qui il est, ni ce que recouvrent ses activités. Dans un ouvrage passionnant : Les réseaux Soros à la conquête de l'Afrique, Stéphanie Erbs, Vincent Barbé et Olivier Laurent, ont méthodiquement analysé les activités du milliardaire sur le continent et ont mis à jour un système d'influence efficace et tentaculaire qui interpelle. Défenseur des droits de l'Homme, des libertés individuelles et de la société ouverte et transparente, Soros finance des ONG, des fondations, des média et des mouvements citoyens sur le sol africain.

Fréquemment, il les utilise comme des leviers pour manipuler les opinions publiques voire pour renverser des régimes politiques. A cet égard les auteurs, qui évoquent le cas sénégalais, analysent de manière approfondie le renversement du Président Compaoré au Burkina Faso et les jeux d'influence à l'oeuvre en République Démocratique du Congo (RDC) pour obtenir le départ du Président Kabila. A la manière d'un tableau impressionniste, on y voit de nombreux acteurs de la société civile, des média et des ONG intervenir sur ces différents terrains et mener des actions qui convergent toutes vers les mêmes objectifs, par « petites touches ».


 L'EMPIRE SOROS - Conférence de Maurice Gendre et Thibault Philippe - Partie 1:


 

Et de manière quasi-systématique, le nom de George Soros apparait en toile de fond. Ses actions «philanthropiques», qui constituent les fondements d'une stratégie d'influence hyperstructurée et modulable, lui permettent de facto d'installer des régimes politiques favorables à ses intérêts financiers. Ainsi, Soros investit aussi bien dans les secteurs minier et pétrolier que dans les OGM et les biocarburants. Il se veut le défenseur de la transparence mais investit dans des sociétés qui mènent des opérations discutables en toute opacité.

Certaines ONG qu'il subventionne veulent protéger l'environnement, il investit quant à lui dans des sociétés qui contribuent à sa destruction. Homme de paradoxes ou cynique patenté, les contradictions du milliardaire américain sont nombreuses et interrogent en ce qui concerne la finalité de ses actions sur le continent africain. Comme l'affirment les auteurs, « la Sorosafrique ne poserait pas tant question si elle n'était pas aussi étroitement liée au pouvoir politique américain et aux grandes organisations internationales ». Les intérêts de Soros et ceux du pouvoir politique américain, tout particulièrement des démocrates, convergent.


Et en Afrique, les Etats-Unis et Soros « avancent de concert sur des objectifs politiques et économiques sensiblement similaires ». Une question se pose alors : Soros est-il un pion des Etats-Unis ou l'un des grands orchestrateurs de la vie politique américaine ? L'un des grands mérites de cet ouvrage est de décrypter des stratégies et tactiques d'influence contemporaines d'autant plus pernicieuses qu'elles s'exécutent au grand jour et se parent de motifs moralement légitimes et difficilement contestables. Elles s'inscrivent à la croisée d'intérêts géopolitiques et stratégiques, étatiques et privés, financiers et sociétaux et contribuent à modeler les sociétés africaines en faisant fi de toutes considérations de démocratie et en s'inscrivant au-dessus des peuples.

« Les réseaux Soros à la conquête de l'Afrique » de Stéphanie Erbs, Vincent Barbé et Olivier Laurent. Editions VA Press. Stéphanie Erbs est experte en communication et en analyse stratégique. Anciens officiers de renseignement, experts en gestion des risques et en géopolitique, Vincent Barbé et Olivier Laurent dirigent actuellement la société Adytum Security, qui conseille les entreprises dans les domaines de la gestion des risques, de la sûreté et de la cybersécurité.

Les ONG sataniques Soros et les réseaux:

 


 «Sorosgate». Les Congolais de la Galaxie Soros : qui sont-ils ?

Par Omer Nsongo die Lema

«Le continent africain, auquel la fondation Soros entend consacrer près de 70 millions de dollars en 2017, offre une bonne illustration de la méthode qui est celle du milliardaire philanthrope pour promouvoir sa vision de la société». C'est là un pactole qui faire courir acteurs politiques, activistes des droits de l'homme, mouvements pro-démocratie, médias affairistes congolais...

Ils sont légion, les Congolais à préconiser le changement de l'ordre institutionnel dans leur pays en se référant au Burkina Faso. D'où le «soulèvement à la burkinabé» évoqué à tout bout de champ. Combien, cependant, ont-ils une idée précise de la manière dont ce coup avait été préparé ? Certainement peu nombreux. Il faut peut-être lire l'ouvrage de Stéphanie Erbs, Vincent Barbe et Olivier Laurent pour en circonscrire le contexte.

Paru dans la collection «Guerre de l'Information» dirigée par Christian Harbulot, cet ouvrage est intitulé «LES RESEAUX SOROS A LA CONQUETE DE L'AFRIQUE» avec pour sous-titre «Les réseaux d'influence à la conquête du monde». De la page 41 à la page 61, on pénètre dans les méandres de «Sorosafrique», système comparable à «Françafrique». Dans le chapitre «Soros au cœur des révolutions populaires : illustration au Burkina Faso et en RDC», l'introduction, à elle seule, vaut la reproduction intégrale...

«Parmi les pays dans lesquels Soros est intervenu pour animer la protestation contre les régimes en place, nous avons choisi de réaliser un focus sur deux d'entre eux : le Burkina Faso et la RDC. Ces deux exemples illustrent comment, de l'Afrique de l'Ouest à l'Afrique centrale, dans des contextes très différents, Soros emploie de leviers sensiblement identiques, conformes à ceux décrits ci-dessus : – en première ligne figurent les mouvements d'opposition soutenus par Soros ; – la dynamique est nourrie par des média d'une part, des ONG d'autre part, les uns et les autres soutenus par Soros ; – en arrière-plan se retrouvent chaque fois les autorités américaines, avec lesquelles (...) George Soros agit en étroite concordance», y lit-on.

Dans le sous-chapitre «BURKINA FASO : coup de balai sur le régime Compaoré», les auteurs notent à l'entame : «L'exemple du Burkina Faso, où les mouvements d'opposition soutenus par George Soros ont conduit à la chute du régime Compaoré, permet d'observer a posteriori le rôle de Soros dans l'orchestration du soulèvement, de sa genèse à son aboutissement». Parti politique principal (UPC), mouvement pro-démocratie (Balai Citoyen), webtélé Droit Livre TV, ONG (International crisis group, Freedom House), missions d'observation électorale (Codel) ont été mis à contribution pour le soulèvement populaire. Washington a allumé la mèche. Ainsi, en page 48, sous l'intertitre «...et les Etats-Unis en arrière-plan», est décrit le coup de main américain.


Extrait :

«Ainsi, le 16 juillet 2014, des membres du Balai citoyen, dont le rappeur Sams'K Le Jah, rendent une visite de 'courtoisie' à l'ambassade des Etats-Unis à Ouagadougou. La rencontre suit de peu le retour de l'ambassadeur américain Tulinabo Mushingi d'une grande tournée à travers le Burkina Faso à l'occasion de laquelle, de septembre 2013 à mai 2014, il rencontre les gouverneurs de toutes les régions et plus de 1.000 membres d'associations communautaires. Il s'en félicite d'ailleurs à l'occasion de la fête nationale américaine, le 4 juillet 2014, lors des célébrations organisées dans son ambassade en présence de l'épouse du Président Compaoré et de quelques membres du gouvernement burkinabé».

La partie intéressante est toutefois celle-ci :

«Malgré tous les progrès accomplis, le Burkina n'a pas encore vécu une transition pacifique et démocratique ; donc la peur d'un avenir incertain est présente', déclare l'ambassadeur, qui appelle la population burkinabée à 'se sacrifier pour prôner l'alternance' et se dit prêt à 'accompagner la Commission électorale nationale indépendance (CENI), parce que des élections libres, justes et transparentes sont la marque de ce processus démocratique ».

Pour les auteurs, c'est un «message sans équivoque, en ligne avec le discours des associations soutenues par Soros».

Lucha, Filimbi, Front citoyen 2016...

Ce que cependant ils ne révèlent pas, c'est que Tulinabo Mushingi, actuellement ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, né le 4 août 1956, est d'origine congolaise. Il est natif du Kivu, ce Kivu où Lucha a fait son apparition et dont est originaire un certain Pierre Lumbi du G7, avec feus François Kandolo et Dr Elias Numbi sont à considérer comme les précurseurs de la Société civile en 1990. Coïncidence ? Peut-être...Bien que créé à Goma en 2012, Lucha n'a été réellement actif qu'à partir de 2015.

De même que Filimbi. Les deux vont coaliser lors de la rencontre de l'Ile de Gorée, en décembre de la même année, pour former le «Front citoyen 2016» avec la participation des personnalités politiques comme Vital Kamerhe, Felix Tshisekedi, Martin Fayulu, Eve Bazaïba etc., de même que des activistes des Droits de l'homme comme Jean-Claude Katende et Georges Kapiamba. Le 3 janvier 2016, Moïse Katumbi va annoncer son ralliement.

En page 53, les auteurs relèvent que les deux mouvements pro-démocratie congolais Lucha et Filimbi «bénéficient par ailleurs des conseils et du support opérationnel d'associations subventionnées par Soros. Filimbi et Lucha sont l'un et l'autre membres du collectif Africtivistes soutenus par Soros».


Un peu plus loin avec suite en page 54, ils soulignent :

« ...les deux mouvements comptent dans leurs équipes des personnalités proches des réseaux Soros. Le site Internet de Lucha est enregistré au nom de Glenys Babock ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ), Présidente de Pragmora, organisation spécialisée dans la résolution de conflit, qui est membre exécutif d'Amnesty International, une ONG financée par Soros».

Présentée en «experte en résolution de conflit et en processus de démocratisation, Glenys Babcock – relèvent les auteurs – «a notamment conseillé l'armée américaine et a été consultante à la Rand corporation, think tank américain notoirement proche du département d'Etat et des services de renseignements américains» ! (c'est en page 58).

Autre think tant américain reconnu «influent, proche des milieux de la Défense et du Département d'Etat: l'Atlantic Council». Parmi ses directeurs honorifiques :

«Madeleine Albright et Wesley Clark, deux proches de Soros (...)», signalent-ils avant d'ajouter : «Un autre opposant congolais, Moïse Katumbi, intervient lui aussi devant l'Atlantic Council, à l'invitation d'un membre du think tank, le Général James Logan, ancien conseiller à la Sécurité national du Président Obama et directeur du Brent Scowcroft Center on International Security».

Il est bon de rappeler que ce général à la retraite, patron de la société d'intelligence et de sécurité «Jones Group International», est impliqué dans le recrutement des agents de protection de l'ancien gouverneur du Katanga, parmi lesquels l'ex-marine Darryl Lewis. De Filimbi, ils écrivent :

«Quant à Floribert Anzuluni, fondateur de Filimbi et coordinateur du Front citoyen 2016, ce fils d'un ancien cacique du régime Mobutu est proche de Paul Nsapu, Président de la Ligue des électeurs (membres du Front citoyen) et secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), organisation financée par Soros».

Ils livrent cette précision de taille :

«...leurs associations respectives, Filimbi et Ligue des électeurs, en partenariat avec l'ASADHO, ont créé ensemble un fonds de soutien aux activistes pro-démocratie en RDC, avec pour vocation de soutenir tout mouvement citoyen ou individu militant pour la démocratie et le respect des droits de l'homme en RDC».

Fait important à noter :

le «Manifeste du Citoyen Congolais» signé le 18 août dernier avec comme participants Pr André Mbata et Dokolo Sidinka a été négocié trois jours durant au siège de la Fidh ! Quoi de plus normal que d'assister à la prolifération des structures similaires au nombre desquelles celles qui ont organisé la marche SDF du 31 juillet 2017, soupçonnées par Justin Bitakwira d'avoir perçu chacune 50.000 USD !

Regroupées dans «Collectif d'Actions de la Société Civile de la RDC», ces structures sont «Acaj», «Aeta», «Compte à rebours», «Chemin de la paix», «Cocorico», «Idgpa», «Il est temps», «Merou», «Feso», «Ujscc», «Remed», «Lucha», «Vsv», «Anm», «Forum», «Michée» et «Idel». En prévision de cette marche, elles ont reçu le soutien de Katumbi !


 Encerclement du Pouvoir en place via les médias

Il n'y a pas que des politiques et des activistes des droits de l'homme. Il y a aussi les médias (page 54). Il en ressort que «Ces mouvements d'opposition congolais sont soutenus par une dynamique générale entretenue par des medias proches de Soros. Ainsi, Radio Okapi, clairement anti-Kabila, est-elle soutenue par la Fondation Hirondelle, dont OSF est partenaire en matière de conception des opérations et de financement».

Il en ressort également qu'«En parallèle, à l'international, le Monde Afrique, dont l'un des partenaires n'est autre qu'OSIWA, relate la crise congolaise en RDC. Faisant la part belle aux mouvements citoyens, le traitement de l'information semble dénoter un parti pris plutôt favorable à l'opposition».

Suit une liste d'ONG intervenant sur des sujets divers, mais surtout participant «à un véritable encerclement du pouvoir en place» en se servant principalement des médias : Human Rights Watch, International crisis group, Amnesty international, Groupe d'Etude du Congo, Global Witness, mais aussi – citées en page 18 – «Journalistes en Danger», «Africa Freedom of Information Centre» etc.

«L'action de ces associations est soutenue par de puissants réseaux internationaux tels que Reporters Sans Frontières (RSF) ou International Freedom of Expression Exchange (IFEX), le plus grand réseau mondial d'ONG militant pour la liberté d'expression, l'un et l'autre régulièrement financés par OSF», donc par George Soros. En page 17, les auteurs circonscrivent les trois leviers principaux du milliardaire américain :

«les media comme vecteurs d'opinion, les mouvements citoyens comme supports d'action et les ONG comme catalyseurs du changement».

En page 31, il est dit des attaques «combinées» de ces ONG qu'elles «ont ainsi contribué à déstabiliser plusieurs régimes auxquels Soros est notoirement hostile» et, en page 38, il est révélé que les mêmes «ONG de la galaxie Soros restent en effet très critiques à l'égard des chefs d'Etat qu'il a contribués à promouvoir» !

Deux traders : Soros et Katumbi

La question est alors de savoir pourquoi le milliardaire américain est-il ostensiblement hostile au régime congolais et ouvertement acquis à l'opposition congolaise, d'ailleurs plus au G7 de Moïse Katumbi qu'à l'Udps d'Etienne Tshisekedi. Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de Guerre Economique, note que «La démarche que Soros suit en Afrique s'appuie» sur le principe selon lequel «Il est d'autant plus facile de déstabiliser des cibles économiques en passant par des protestataires locaux ou des ONG afin de bénéficier de leur légitimité pour affaiblir l'adversaire».


Dans l'introduction intitulée «Pourquoi Soros, pourquoi l'Afrique ?», l'action du milliardaire est décrite en ces termes : «Elle permet à George Soros d'établir des conditions de marché favorables à ses investissements, voire lui donne un avantage décisif dans ses opérations de spéculation», car l'homme n'est rien d'autre qu'un trader, un spéculateur boursier. Les auteurs de l'ouvrage soulignent d'ailleurs que «George Soros développe ainsi depuis plusieurs années en Afrique, activement quoi que discrètement, des opérations dans plusieurs grands secteurs d'activité, mines, hydrocarbures, agriculture, énergie et télécoms principalement...».

En page 11, ils reconnaissent que leur étude «a été compliquée par l'opacité de l'univers Soros, son principal fonds d'investissement ayant été récemment transformé en family office pour échapper aux obligations de transparence dont il se fait pourtant le chantre ; sans compter que Soros agit rarement de façon directe mais privilégie l'intermédiaire d'associations, ONG et autres leviers d'action indirecte».

Ainsi, l'homme qui réclame des autres la transparence n'est pas lui-même transparent. D'ailleurs, les ONG et les mouvements pro-démocratie congolais qu'il finance par ses fondations sont loin de pratiquer la transparence. Comme pour ne pas remonter la filière de la corruption. Pourquoi alors Soros en veut si tant à Joseph Kabila dès lors que la diabolisation dont ce dernier est la cible semble obéir à une consigne dans ce sens ? La tentative de réponse est que le Raïs congolais ne cède pas au chantage auquel, vraisemblablement, a déjà cédé le G7 piloté par le premier trader congolais, Moïse Katumbi.

Selon www.journaldunet.com, un trader «...est une personne qui travaille sur les marchés financiers» et dont l'objectif premier«est d'acheter un actif financier (une devise, une action, une obligation...) et de le revendre plus cher, pour dégager une plus-value». Il n'a rien d'un investisseur.

Or, pour son développement, la RDC a plus besoin d'investisseurs que de traders. C'est donc choquant de voir les relais congolais (Opposition, ONGDH, mouvements pro-démocratie, médias...), financés par George Soros, se servir des concepts nobles (Démocratie, Etat de droit, Droits de l'homme, Élections et Alternance politique pour, en réalité, couvrir l'affairisme du premier trader mondial...

Un repenti de la Haute Finance luciférienne témoigne: « Si seulement les gens savaient comment fonctionne réellement le monde »

Ronald Bernard est un entrepreneur qui a été initié par l'élite et qui a travaillé dans les plus hautes sphères de la Finance. Commerce de la drogue, des armes et même des gens. Rien n'effraient certains de ses clients qui fricotent même avec les organisations terroristes. Il évoque également une partie encore plus sombre de son passé lorsque son entourage professionnel a voulu qu'il participe à un sacrifice d'enfants. Cet événement a été le point de départ de sa prise de conscience et il s'est éloigné de ce milieu qui a tenté de le briser psychologiquement. Il témoigne aujourd'hui de l'extrême violence du milieu financier qui l'a amené à anesthésier sa conscience.


Dans les 20 premières minutes, il décrit comment fonctionne le milieu et son ascension dans les cercles élitistes de la Finance qui résonne pourtant comme une descente aux enfers: accéder à l'argent et au pouvoir mais en vendant son âme au diable. Voici quelques passages clés de son entrevue:

03:18 – Si tu es incapable de mettre ta conscience au congélateur, et par congélateur j'entends à -100°C, pas à -18°C, alors ne le fais pas. (c'est ce qu'on lui a dit avant de se lancer. ça l'a fait rire sur le moment...mais pas pour longtemps.)

12:22 – Tout le monde s'imagine qu'ils sont ennemis comme s'il y avait les bons dans un camps et les mauvais dans l'autre. Mais à des niveaux supérieurs, c'est juste un jeu, ils travaillent tous ensemble. Toutefois, ils doivent s'en tenir aux règles qu'ils ont eux-mêmes crées pour maintenir le reste de la société dans l'ignorance et s'assurer que le sommet ne soit pas trop saturé.

12:58 – En dehors de l'élite elle-même, personne ne doit découvrir ce qu'il se passe réellement. Compartimenté, on peut le définir ainsi? Oui. Chacun sait seulement ce qu'il a à faire, l'élite seule sait ce qui est en train de se passer.

13:36 – De nos jours, nous parlons de 8000-8500 personnes qui dirigent le monde.

14:39 – J'ai joué au plus haut niveau environ 5 années. Et puis ça a été fini. Tout s'est arrêté (pour lui du moins et son cercle de « faux amis » le lui ont bien fait payer).

16:50 – A travers le monde de la Finance, vous apprenez toute la vérité. Les clients vous donnent un aperçu de comment fonctionne le monde vraiment.

17:11 – Mes clients étaient des banques. Elles ne voulaient pas de sang sur les mains. Mais au sein de ses banques, il y a toujours une poignée d'initiés qui sait très bien ce qui se passe. Quelque chose comme 1% du personnel bancaire sait ce qui se passe réellement à travers le monde.

17: 31 – Vous devez également négocier avec les gouvernements, les multinationales, les services secrets et ce que nous appelons aujourd'hui les organisations terroristes [...] Vous commencez à voir les connexions [...] Vous voyez comment ils interagissent avec les autres. L'argent vient de là, ensuite il va ici...

18:18 – C'était mon travail. Jouer sur les deux tableaux.

18:30 – Les services secrets, vous pensez qu'ils sont là pour servir et protéger le pays en fait, ce sont des organisations criminelles, plus précisément, c'est le système qui est criminel. Nous parlons ici de financer puis de créer des guerres. En gros, il s'agit de créer beaucoup de misère dans le monde. De nombreux conflits. Je me disais à moi-même: « si seulement les gens savaient comment fonctionne réellement le monde ». Les services secrets, rien de les arrêtent. Rien. Ils ont aussi leurs flux d'argent. Ces flux sont issus du commerce de la drogue, du commerce des armes et celui des gens aussi.

19:36 – Le monde entier tel que nous le concevons est juste une illusion dans laquelle nous croyons.

20:57 – Nous regardions les gens de haut, nous nous moquions d'eux. C'était juste de la marchandise, des moins que rien, des déchets. La nature, la terre, tout pouvait être brûlé et détruit. Juste des parasites. Tant que nous achevions nos objectifs et tant que faisions du profit.


A partir de la 22ème minute, Ronald Bernard parle pendant environ 10 minutes des cercles lucifériens qui s'adonnent à des sacrifices d'enfants dans le cadre de rituels lucifétiens. Son témoignage est poignant:

 

Dans la suite de cette entrevue, il évoque plus en détail le rôle des différentes banques dans la pyramide du pouvoir mondiale. Juste en dessous de l'élite se trouve la peu médiatisée « Banque des règlements internationaux » (BRI) qui est intouchable.

 

Enfin, il s'exprime sur un sujet encore plus délicat: le trafic d'organes mondial...sur des enfants encore vivants.

 

Ces pratiques doivent être connues du grand public et aucun média français n'en parlera jamais donc n'hésitez pas à partager ces vidéos au plus grand nombre. Les médias alternatifs sont là pour pallier à cette loi du silence. Ronald Bernard a particulièrement raison lorsqu'il indique que c'est le désintérêt et l'inaction des gens biens qui permet aux mauvais de prospérer dans leur vice...et de ne jamais être inquiétés.

Les pièges du « Panafricanisme moderne »-Partie I

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Sommaire

 1. Introduction

Partie I

2. Le mouvement panafricaniste au vingtième siècle : les principales dates

3. Du Panafricanisme internationaliste au ''Panafricentrage'' : Aziz Salmone Fall et le ''Sankarisme dialectique''

4. Le ''Panafricanisme moderne'' dans l'orbite de la France

5. Le ''Panafricanisme moderne'' : nouvelle imposture politique ou tentative de réhabilitation de soi ou volonté de libération de KAMA ?

Partie II

6. L'histoire (abrégée) du PanAfricanisme

    6.1. La Cérémonie du Bois-Caïman

    6.2. La bataille de Vertières : symbole achevé du Panafricanisme

Partie III

   6.3. Les mouvements des droits civiques aux États-Unis

      6.3.1. Marcus Mosiah Garvey : les Noirs

      6.3.2. Albert Einstein : contribution à la lutte pour la libération des Noirs aux États-Unis

7. Du PanAfricanisme au mouvement Rastafari

8. Conclusion


 1. Introduction

 "Jeunesse africaine, ton rôle historique est d’animer ce que le  Grand-père Nkwamé Nkrumah appelle « le Centre de la Révolution du Monde Noir », c’est-à-dire l’Afrique, d’où partira la libération définitive de ton peuple de toutes les entraves qui en font le marche-pieds de l’humanité dès l’aube de l’esclavage et de la colonisation. Tu es appelée au secours de toute une race dont la Matrie originelle, l’Afrique, offre au monde le spectacle désespérant et humiliant de l’incapabilitié absolue à exister par elle-même.

Mais tu ne peux compter que sur toi-même parce que ceux-là et celles-là, qui devaient te montrer la route à suivre, se sont disqualifiés par des compromis et des compromissions qui font d’eux de simples exécutants de donneurs d’ordre étrangers. Leur survie dépend de ton maintien dans l’ignorance et la résignation." (Doumbi-Fakoly)

  "La jeunesse africaine est de nouveau confrontée à la découverte de sa « mission », pour reprendre l'expression de Frantz Fanon. De manière significative en Egypte, en Tunisie ou au Burkina Faso, les vastes mobilisations de la jeunesse ont été accompagnées d'une redécouverte des grandes figures des indépendances (Nasser, Sankara, N'Krumah, etc.).

Des manifestations contre l'exploitation du gaz de schiste en Algérie aux grandes grèves des mineurs en Afrique du Sud, en passant par le formidable mouvement de révolte qui mit fin au règne de l'assassin de Sankara au Burkina et par les révolutions égyptienne et tunisienne, etc., il existe un point commun que les médias dominants se gardent bien de souligner : la présence massive de jeunes. De nouvelles générations militantes émergent, réagissant, d'une part, aux conditions d'existence scandaleuses imposées par la mondialisation capitaliste et, d'autre part, à l'action des gérants locaux de cette mondialisation que sont la plupart des gouvernements en place. Cette nouvelle attitude militante de la jeunesse a une base concrète : les mutations sociologique et démographique du continent et la paupérisation massive des jeunes. C'est pourquoi les puissances impérialistes, par le biais des ONG, sont particulièrement actives pour détourner cette jeunesse de la mission qu'elle s'est donnée : la lutte pour la seconde indépendance." (Source: Le Journal de l'Afrique no.11, Investig'Action, juin 2015.)

Dans le cadre de la présente analyse, nous allons exceptionnellement utiliser plusieurs supports vidéo pour mieux éclairer les internautes sur le concept de Panafricanisme. C'est pourquoi, nous vous suggérons d'organiser votre temps de manière à les écouter dans la totalité. Chaque thème sera développé de façon succincte et fera l'objet d'un approfondissement ultérieurement. Nous ne prétendons pas aborder dans sa globalité ce que nous appelons le ''panafricanisme moderne'', mais nous essaierons d'effleurer quelques pistes d'éclairage pour faciliter la compréhension du contexte géopolitique actuelle sur le continent africain.

Mais qu'est- ce que le panafricanisme ?

Le panafricanisme peut être défini comme le mouvement politique et culturel qui considère l'Afrique, les Africains et les afro-descendants comme un seul ensemble visant à régénérer et unifier l'Afrique, ainsi qu'à encourager un sentiment de solidarité entre les populations du monde africain. Le panafricanisme glorifie le passé de l'Afrique et inculque la fierté par les valeurs africaines. Pour résumer, nous dirons que le panafricanisme est une doctrine qui tend à développer l'unité et la solidarité africaine. Perçu de cette façon, nous dirons que le panafricanisme est synonyme d'intégration, qui désigne le fait d'entrer dans un tout, dans un groupe, dans un pays etc. Tout part du concept clé selon laquelle

Justification

Depuis plusieurs siècles, les Noirs en Afrique et même ceux disséminés de par le monde, sont victimes du racisme, de la cruauté arabo-musulmane et de la férocité blanche.

« La vérité est que j'ai dit tout autre chose : savoir que le grand drame historique de l'Afrique a moins été sa mise en contact trop tardive avec le reste du monde, que la manière dont ce contact a été opéré ; que c'est au moment où l'Europe est tombée entre les mains des financiers et des capitaines d'industrie les plus dénués de scrupules que l'Europe s'est ''propagée''; que notre malchance a voulu que ce soit cette Europe-là que nous ayons rencontrée sur notre route et que l'Europe est comptable devant la communauté humaine du plus haut tas de cadavres de l'histoire. » (Aimé Césaire. Discours sur le colonialisme, suivi de : Discours sur la Négritude. Édition Présence Africaine, 1955)

Où est né le Panafricanisme ?

Nous tenterons d'apporter quelques éléments de réponse à cette question dans les lignes qui suivent.


 Partie I

2. Le mouvement panafricaniste au vingtième siècle : les principales dates

À l'invitation de l'Union africaine, plus d'un demi-millier d'intellectuels, hommes et femmes de culture, d'Afrique et de sa diaspora, se sont donné rendez-vous à Dakar, au Sénégal, en octobre 2004, puis à Salvador de Bahia au Brésil, en juillet 2006 pour se pencher sur la situation de « l'Afrique en ce XXIe siècle » et réfléchir ensemble sur les défis majeurs de « l'intégration et de la renaissance ».

Cinquante-cinq ans après la Conférence des États indépendants d'Afrique, puis la Conférence des peuples africains, organisées à Accra par le président Kwame Nkrumah, et près de vingt ans après la Conférence internationale des intellectuels et hommes de culture d'Afrique, tenue à Dakar en 1996, ce cinquantenaire offre l'occasion de poursuivre la longue tradition de concertation, et de débat interafricains, mais également de rendre possible une certaine forme d'actualisation de leurs intuitions profondes et leur appropriation par les générations montantes.

Tout a été consigné dans un ouvrage intitulé Le mouvement panafricaniste au vingtième siècle. Préfacé par d'Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie. Cet ouvrage restitue les grands moments du mouvement panafricaniste, depuis la Conférence panafricaine de Londres en 1900, jusqu'à la constitution de l'Union africaine, en passant par les congrès des écrivains et artistes noirs, les festivals des arts et de la culture et tant d'autres rendez-vous de célébration, de revendication ou de réflexion sur l'unité du continent.

Voici les dates clés du panafricanisme au vingtième siècle que l'ouvrage met en exergue :

23-25 juillet 1900
Première Conférence panafricaine, Londres (Royaume Uni)

8 janvier 1912
Création de l'African National Congress (ANC), Bloemfontein (Afrique du Sud)

19-22 février 1919
Premier Congrès panafricain, Paris (France)

1er août 1920
Première Convention internationale des peuples nègres du Monde, New York (USA)

28 août-2 septembre 1921
Deuxième Congrès panafricain, Londres (Royaume Uni), Paris (France), Bruxelles (Belgique)

Novembre-décembre 1923
Troisième Congrès panafricain, Londres (Royaume Uni), Lisbonne (Portugal)

30 avril 1924
Création de la Ligue universelle pour la défense de la race noire, Paris (France)

Août 1925
Création de la West African Students Union (WASU), Londres (Royaume Uni)

20 mars 1926
Création de l'Étoile Nord-africaine

26 mars 1926
Création du Comité de défense de la race nègre, par Lamine A. Senghor, Paris (France)

Août 1927
Quatrième Congrès panafricain, New York (USA)


28 février 1935
Constitution d'un Comité international de défense du peuple éthiopien, Paris (France)

13-21 octobre 1945
Cinquième Congrès panafricain, Manchester (Royaume Uni)

18 octobre 1946
Congrès constitutif du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), Bamako (ex-Sou-dan français, actuel Mali)

Octobre-novembre 1947
Premier numéro de la revue Présence Africaine, Paris (France)

Août 1950
Création du Mouvement d'évolution sociale de l'Afrique noire (MESAN), (République centrafricaine)

28-30 décembre 1950
Congrès constitutif de la Fédération des Étudiants d'Afrique noire (FEANF), Bordeaux (France)

Décembre 1953
Conférence nationaliste ouest-africaine, Kumasi (Ghana)

19 septembre 1956
Création du Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée Bissau (PAIGC), Bissau (Guinée Bissau)

19-22 septembre 1956
Premier Congrès des écrivains et artistes noirs, Paris (France)

16-19 janvier 1957
Conférence syndicale sur la Centrale unique africaine, Cotonou (ex-Dahomey, actuel Bénin)

6 mars 1957
Le Ghana devient indépendant

Septembre 1957
Création du Parti Africain de l'Indépendance, Thiès (Sénégal)

2-5 septembre 1957
Congrès interterritorial du RDA, Bamako (ex-Soudan français, actuel Mali)

Juillet 1958
Congrès du Parti du Regroupement Africain (PRA) à Cotonou

25 août 1958
Création du Mouvement de Libération Nationale (MLN), Dakar (Sénégal)

15 avril 1958
Conférence des États indépendants d'Afrique, Accra (Ghana)

27-30 avril 1958
Conférence des mouvements nationalistes de l'Afrique du Nord, Tanger (Maroc)

17 septembre 1958
Conférence constitutive du PAFMECA (Pan-African Freedom Movement of East and Central Africa), Mwanza (Tanzanie)

5-13 décembre 1958
Conférence des peuples africains, Accra (Ghana)

17 janvier 1959
Naissance de la Fédération du Mali

26 mars-1er avril 1959
Deuxième Congrès des écrivains et artistes noirs, Rome (Italie)


25 août 1960

Conférence panafricaine, Léopoldville (ex-Zaïre, actuelle RDC)

Janvier 1961
Naissance du Groupe de Casablanca composé d'États dits « radicaux » ou « progressistes»

Mai 1961
Naissance du Groupe de Monrovia composé d'États dits « modérés »

2 février 1962
Réunion du PAFMECSA (Pan-African Freedom Movement of East, Central and Southern Africa), Addis Abeba (Éthiopie)

11-18 décembre 1962
Premier Congrès international des africanistes, Accra (Ghana)

24-25 mai 1963
Conférence internationale des États indépendants d'Afrique et constitution de l'Organi-sation de l'Unité Africaine, Addis-Abeba (Éthiopie)

1-24 avril 1966
Premier Festival mondial des Arts nègres, Dakar (Sénégal)

21 juillet-1er août 1969
Premier Festival culturel panafricain, Alger (Algérie)

12-18 avril 1971
Colloque sur la négritude, Dakar (Sénégal)

15 janvier-12 février 1977
Deuxième Festival mondial des Arts et de la Culture noirs et africains, Lagos (Nigeria)

Août 1977
Congrès des cultures noires des Amériques, Cali (Colombie)

12-16 décembre 1978
Quatrième Congrès international d'Études africaines sur « la dépendance de l'Afrique et les moyens d'y remédier », Kinshasa (ex-Zaïre, actuelle RDC)

Août 1979
Institut d'études sur la diaspora africaine, Université Howard, Washington (USA)

30 mars-5 avril 1985
Colloque sur le centenaire de la Conférence de Berlin, Brazzaville (Congo)

20-30 avril 1985
Symposium international sur « l'Afrique et son avenir », Kinshasa (ex-Zaïre, actuelle RDC)

15-19 décembre, 1987
Symposium Pre-FESPAC, Dakar (Sénégal)

Mars 1990
Convention constitutive de l'Institut des peuples noirs, Ouagadougou (Burkina Faso)

6-8 septembre 1994
Conférence internationale du projet UNESCO sur « La route de l'esclave », Ouidah (Bénin)

8-11 décembre 1994
Séminaire sur l'Amérique latine noire, Montevideo, Uruguay

21-26 mai 1996
Conférence internationale des intellectuels et hommes de culture d'Afrique et de sa diaspora, Dakar (Sénégal)

11 juillet 2000
Adoption de l'Acte constitutif de l'Union africaine, Lomé (Togo)

7-9 octobre 2004
Conférence des intellectuels d'Afrique et de la diaspora, Dakar (Sénégal)

12-14 juillet 2006
Deuxième Conférence des intellectuels d'Afrique et de la diaspora, Salvador de Bahia (Brésil)


 3. Du Panafricanisme internationaliste au ''Panafricentrage'' : Aziz Salmone Fall
et le ''Sankarisme dialectique''

 


 

 


Aziz Salmone Fall : « La jeunesse africaine doit lutter contre le néocolonialisme intellectuel » 

"Pour l'Afrique, le « nouvel ordre mondial » ou la mondialisation n'est qu'un redéploiement sélectif du capitalisme de l'ère précédente. Il n'y permettra même pas l'émergence d'un « projet national bourgeois ». Quelques pays de ce continent au vil prix de la compradorisation, pourront s'ajuster aux exigences du système mondial. Les autres, en dépit de leur croissance, vivront à son crochet et y seront progressivement marginalisés ou mis en réserve. Dans tous les cas, il n'est pas possible de se développer significativement avec les maigres redevances que paient les firmes transnationales pour nos ressources, sans compter l'incurie et les formes de corruption locale.

L'ordre ou le désordre mondial est impitoyable pour l'Afrique malgré ses slogans d'émergence et de futur reluisant. Plusieurs pans des formations sociales africaines seront marginalisés et condamnés à la mendicité et soumis au règne cupide de castes de prédateurs. Les autres formations sociales qui auront la possibilité d'être intégrées au marché mondial ne le seront qu'au prix de la compradorisation et de l'ajustement permanent aux conséquences, forcément de plus en plus cruelles, des exigences insatiables du grand capitalisme. C'est le sort que réserve actuellement le capitalisme à l'Afrique, c'est-à-dire la possibilité d'une vie décente à une infime minorité de privilégiés, la multitude des autres vivant aux crochets d'une économie informelle de produits en fin de vie et des rebuts et, pour le tiers restant, la survivance dans la misère."

Lire la suite ici.

Aziz Salmone Fall va plus loin dans son discours sur L'autonomisation politique, économique et socioculturelle d'un panafricanisme dans le sillage de Fanon au 21ème siècle:

« La mise sous tutelle de nos pays est très avancée, en raison de leur déstructuration par trois décennies d'ajustements structurels de désengagement de l'État, de gouvernance managériale, de diversion démocratique et de dépolitisation. Au niveau militaire, les pays africains sont dispersés, fragilisés et désunis sur les enjeux fondamentaux d'occupation entre autres au Congo, en Côte d'Ivoire, en Libye et au Mali. Le chantage d'instabilité menace autant le Soudan, l'Égypte, le Nigéria, la Tunisie, la Centrafrique que l'Algérie...

Sur les théâtres d'opérations, l'Onu est instrumentalisée, laissant les coudées franches aux forces de l'Otan. L'unité d'apparence des pays africains, militarisés dans ces missions, l'est surtout dans le sillage de l'impérialisme. Trente-six pays du continent ont d'ores et déjà envoyé se faire former à Washington la «prochaine génération de leaders du secteur de la sécurité» (Acss - African Center for Strategic Studies). Ces hauts gradés viennent s'insérer dans un dispositif de renforcement des capacités opérationnelles et militaires sous l'Africom's Theater Security Cooperation programs (Tscp).

Africa Contingency Operations Training and Assistance (Acota) program complète ces programmes de formation de la troupe et s'insinue jusque dans la formation multilatérale de pacification onusienne. Depuis une dizaine d'années, une quantité toujours plus grande d'armées africaines participent annuellement aux manœuvres Flintlock de lutte antiterroriste en Afrique du Nord et de l'Ouest. Africa Endeavor est quant à elle une manœuvre dans le secteur de la communication d'intelligence.

Cutlass Express sont des manœuvres maritimes censées contenir les trafics en tout genre dans l'Afrique de l'Est et l'océan Indien. Certes, il y a une insécurité inhabituelle sur le continent pour prétexter tant d'élans belliqueux. De plus en plus de noyaux, de nature terroriste ou d'aventuriers politiques, existent et disposent de leur propre agenda, nuisant autant à «l'ordre du monde» qu'aux pays africains. Mais ce sont des épiphénomènes. Le plus souvent, les origines des conflits, que ces puissances disent enrayer, découlent de l'échec du développement et de la pauvreté, des incidences de leurs propres politiques, de délinquances et trafics issus de conflits perdurant, de l'instrumentalisation du désordre, d'intérêts liés à leurs juniors. »

4. Le ''PanAfricanisme moderne'' dans l'orbite de la France

La Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) qui contribue à la politique internationale de la France et qui est coordonnée par le ministère des Affaires étrangères et du développement international, laquelle pilote l'action internationale du ministère de la défense, indique dans un rapport:

« Les deux à trois prochaines décennies devraient constituer une période de transition géopolitique qui verra se clore l'ère de la domination occidentale, ouverte au XVIe siècle. Le déclin relatif des États-Unis, qui devraient toutefois rester la puissance militaire prééminente, le risque de déclassement de l'Europe, l'affirmation de nouvelles grandes puissances à vocation régionale ou globale accentueront le glissement du centre de gravité stratégique du monde. »

Le rapport poursuit :

«Une extension généralisée en Afrique subsaharienne des poussées démocratiques arabes paraît peu probable. Si certains éléments structurels (alternance bloquée, jeunesse diplômée au chômage, marginalisation d'une partie de l'armée) peuvent constituer un terreau favorable à un soulèvement populaire, plusieurs caractéristiques limitent de fait les évolutions politiques en Afrique à court et à moyen terme : l'absence de classe moyenne, les divisions identitaires et la faible institutionnalisation de l'État, notamment. Seuls quelques pays, dans lesquels une société civile solide, produit de l'histoire locale (syndicats, églises, chefferies traditionnelles), fait face à un État fort ou à un pouvoir bloqué, sont susceptibles de suivre la voie arabe, si certaines circonstances sont réunies (crise économique, élection grossièrement truquée...)», indique le document du ministère français de la défense d'octobre 2012.


Le nationalisme africain... menace pour l'Occident !

«Des crises dites ''identitaires'', fruit de l'instrumentalisation de catégories communautaires par certains acteurs politiques et économiques (partage du pouvoir et des richesses), pourront encore survenir. Le fondamentalisme, voire le radicalisme, religieux, tant musulman que chrétien, pourrait progresser, en l'absence de perspective d'intégration économique et politique des populations les plus pauvres et, surtout, des jeunes. Parallèlement – et paradoxalement – les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux». Martèle encore le même document.

Le long processus de coup d'État de la France en Côte d'Ivoire, de 2002 à nos jours, marqué par la capture et le transfert dans les prisons de la Haye du Président Gbagbo Laurent et le ''général de rue'', Blé Goudé, a été un tournant décisif dans la Françafrique. Les masques de ce système occulte ont été mis à nu au grand jour.

Même les fœtus ont parfaitement tout compris!

Pour éviter que le ''cas Gbagbo'' ne se répandent en Afrique (francophone) comme une trainée de poudre, les géostratèges au ministère de la défense française se mettent à l'œuvre pour tenter de désamorcer les guérillas insurrectionnelles. Il est donc question d'élaborer subtilement une stratégie de soutien populaire dans les zones rurales comme dans les zones urbaines, des régimes qui sont favorables à la poursuite de la sauvegarde des intérêts de la France en Afrique, en les présentant comme des ''panafricanistes'' honnis par la mère-patrie.

Frénésie ''justifiée'' : la Chine et le BRICS sont déjà là.

Les géostratèges du ministère français de la défense ont bien compris le message :

les masses africaines, longtemps brimées, ont soif d'un panafricanisme libérateur. Et ce, d'autant plus que plusieurs activités sont organisées dans les principales villes de la France, dans la diaspora et même en Afrique, par la Nouvelle Génération Consciente et Patriote Panafricaine, pour la Renaissance de Katiopa (Afrique).

Dès lors, les cibles des guérilleros et des insurgés se concentrent donc logiquement – et presque toujours – à la fois contre les prédateurs, contre les infrastructures d'occupation et contre les forces militaires et paramilitaires d'État ou les milices d'État inféodées à la junte d'occupation ou au pouvoir d'État local (militaires, forces civiles d'occupation, milices d'État, forces civilo-militaires, mercenaires employés par la junte, etc.).


Il faut donc :

-détourner l'attention des masses majoritairement sans culture politique solide. Car distraites par le chômage, le favoritisme, la corruption, le tribalisme, les faits divers, des médias aux abois, les programmes scolaires dépourvus du sens critique, l'aliénation mentale (génocide culturel), ect;

-cibler, neutraliser et diluer les actions des panafricanistes de bonne foi;

-''fabriquer'' de toute pièce des faux panafricanistes.

Le management des émotions

Cette nouvelle stratégie géopolitique est le prolongement de l'impéralisme spirituelle. Le complexe militaro-sioniste et industriel américain a investi massivement sur l' ''expansion de la foi''. Au nom de la Liberté de culte, des ''églises éveillées'' foisonnent partout. Les âmes des ''damnés de la terre'', loin de se révolter contre la décrépitude socio-économique et politique, sont ''apaisées'' par l'attente du ''Sauveur''.

Pendant ce temps, on pille à huis clos.

Bon nombre d'Africains appellent le pillage passif de leur pays, la paix. Le dossier consacré par la revue Courrier international à l'expansion du fondamentalisme chrétien (septembre 2005) dresse le schéma d'un christianisme évangélique conquérant le monde à partir des États-Unis et reproduisant les positions extrémistes d'une partie de la droite républicaine américaine :

«Le christianisme évangélique, qui a favorisé l'élection de George W. Bush en novembre 2004, ne se limite pas aux États-Unis et gagne du terrain dans le monde entier. Au Brésil, en Afrique et surtout en Chine, les nouveaux adeptes se comptent par millions. Un peu partout fleurissent des communautés chrétiennes influencées par des prédicateurs américains prosélytes, qui prônent un christianisme radical et ultraconservateur. »

Les dénombrements exhaustifs d'Églises récemment effectués par des coordinations d'Églises évangéliques dans plusieurs pays du golfe de Guinée, sur une initiative et des financements nord-américains, peuvent accréditer cette interprétation. Ils visent à repérer les zones «sous-christianisées », afin d'y introduire des missions.

La plupart des grands mouvements évangéliques qui connaissent aujourd'hui le succès en Afrique noire existent depuis des décennies : les périodes pré- et post-indépendance furent une grande époque de diffusion dans les pays anglophones. Le phénomène est simplement plus lisible aujourd'hui, du fait de la plus grande liberté d'expression liée aux conférences nationales, et qui favorise partout l'effervescence religieuse. Le prosélytisme actif du protestantisme nord-américain en Afrique s'inscrit donc dans le prolongement de dynamiques locales qui étaient déjà largement amorcées. En Afrique noire, ces Églises chrétiennes évangéliques s'enracinent dans un champ religieux extraordinairement diversifié, surtout en milieu urbain.


L'écrivaine Canadienne Naomi Klein, dans son ouvrage ''La stratégie du choc. La montée d'un capitalisme du désastre'', édition LEMÉAC/ Actes Sud, 2008, nous apprend que :

« La stratégie du choc imite la démarche en tentant de reproduire, à l'échelle d'une société, les résultats obtenus avec un seul détenu dans une cellule de prison. À cet égard, l'exemple le plus probant est le choc du 11 septembre, qui, pour des millions de personnes, fit voler en éclats le ''monde familier''. Il déclencha du même coup une période de désorientation et de régression que l'administration Bush exploita de main de maître. Soudain, nous nous retrouvions en quelque sorte en l'an zéro. Tout ce que nous savions du monde relevait d' ''avant'' la catastrophe. Nous, les Nord-Américains, qui de toute façon connaissions mal notre histoire, formions désormais un État vierge, une ''feuille blanche'' sur laquelle ''on peut écrire les mots les plus beaux et les plus nouveaux'', ainsi que Mao le dit à propos de son peuple. Une nouvelle armée de spécialistes se chargea aussitôt d'écrire des mots beaux et nouveaux sur la table rase de notre conscience traumatisée:''choc des civilisations'', ''axe du mal'', ''islamo-fascisme'', ''sécurité intérieure''. » (pp.27-28)

Il est donc question de brandir aux peuples Africains ce qu'ils veulent entendre : le ''panafricanisme''.

5. Le ''PanAfricanisme moderne'' : nouvelle imposture politique ou tentative de réhabilitation de soi ou volonté de libération de KAMA?

Pourquoi avons-nous choisis de mettre en garde la Nouvelle Génération Consciente et Patriote PanAfricaine sur les pièges d'une malicieuse manipulation sous la bannière du ''panafricanisme'' ?

La somme des frustrations ourdies par la France et ses sous-préfets locaux nègres, a tellement martelé les esprits de la jeunesse africaine de sorte que la soif d'un changement radical des conditions de vie dans la postcolonie, précipite bon nombre d'entre nous dans les bras des soi-disant ''panafricanistes''. Ce concept est subitement devenu la ''sauce'' que l'on sert à toutes les tables. Dans le paysage médiatique, des journaux, des chaines de télévision, surgissent de nulle part avec le label ''panafricanisme''.

C'est ainsi que certaines personnalités africaines, qui, ayant essuyé un échec dans leur volonté de se faire reconnaître et même se faire couronnés par le ''système dominant'', se replient sur le ''panafricanisme'' pour se refaire une ''santé socio-politique''. Mama Africa et ses enfants, disséminés de par le monde, sont dans une telle détresse que toute aventure apparaît comme une mutilation de trop.


Le cas d' « Africa Media »,

Plusieurs panélistes, et à mainte reprises, présentent les fossoyeurs nègres de KAMA (les sous-préfets locaux de la France), comme étant des ''Panafricains'' au même titre que les leaders incontestés de la lutte pour l' « indépendance », à savoir Um Nyobè Ruben et ses camarades Upécistes.

Voici ce qu'on peut lire sur le mur (Facebook) de ''Africa Media'' :

« Africa Media
26 mai 2015, 03:00

LA FRANCE ACCULE PAUL BIYA DE PLUS BELLE !

Les attaques contre Paul Biya se multiplient et les rumeurs font état de choses graves et des menaces qui pèsent sur le pays qu'il dirige depuis une trentaine d'années.

⁻ Paul Biya a refusé que la France ait une base militaire sur son sol, alors que tous les pays voisins ont accepté.

⁻ Paul Biya a retiré de nombreux contrats économiques à la France et les a confiés à ses compatriotes et à d'autres partenaires plus moraux.

Paul Biya a muri au pouvoir, a vu toutes les manigances de la France, a vu passer de nombreux présidents Français, ce qui fait sa riche expérience : Il est devenu dangereux pour l'Occident, car sage.

Etc...etc...

Pour toutes ces raisons et bien d'autres il faut tuer Paul Biya, il faut le diaboliser et faut déstabiliser le Cameroun et le mettre à feux et à sang. OUI la France est aux manœuvres dans l'ombre et en pleine lumière. Elle ne dort pas, elle rumine sa colère et affûte ses armes.

Mais nous disons :

- Oui, Paul Biya n'a pas combattu réellement aux côtés des nationalistes pour libérer le Cameroun de la barbarie Française. Il n'a d'ailleurs rien fait pour leur mémoire et a plusieurs fois modifié la constitution pour se maintenir au pouvoir, même au prix du sang.

- Oui en 30 ans Paul Biya aurait dû débarrasser le Cameroun du FCFA et lui doter de sa propre monnaie.

- Oui il aurait dû ne pas être Franc-maçon et appartenir à des cercles Français qui l'ont tenu au cou longtemps.

- Oui Paul Biya aurait dû se doter d'une industrie de l'armement puissante qui puisse fournir au pays et à l'Afrique des armes puissantes et nous empêcher d'être obligés d'aller acheter ailleurs.

- Oui Paul Biya aurait dû ne pas durer autant au pouvoir, et assurer au pays des institutions de gestion du pouvoir meilleures avec alternance sereine reconnaissance et valorisation des ex chefs d'État et aux héros de la nation.

Etc. Etc...

Paul Biya a fait beaucoup de tord au pays et sacrifié beaucoup de générations.

MAIS ...les Camerounais ne doivent pas oublier que Paul Biya n'est que le valet et que celui qui l'a longtemps piloté a compris que le valet lui échappé. Ils veulent aujourd'hui le tuer et saccager son pays pour se nourrir allègrement de ses richesses.

NOUS SOUTIENDRONS PAUL BIYA FACE À LA France
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Africa Media »

Voici l'image que « Africa Media » a pris soin de joindre au texte ci-dessus :


L'article que voici apporte une preuve supplémentaire qu'un piège est tendu au peuple camerounais. L'auteur de cet article est en mission commandée par l'État-RDPC pour tenter de momifier Biya Paul sur le fauteuil présidentiel au Cameroun. Nous sommes-là en présence d'une entreprise savamment orchestrée par les pontes du régime. C'est une véritable insulte à la jeunesse camerounaise (panafricaine), un véritage projet d'infantilisation d'un peuple meutri par le génocide culturel et le néo-libéralisme mortifère.

Par ailleurs, permettez-moi de partager avec vous une discussion que j'ai (Sa-Ousirê Djéhouti) eue avec un internaute (J.K).

 La voici :

"Je suis contre la politique Paul Biya mais je ne veux pas demander l'aide de la France pour chasser Paul Biya. J'ai combattu Paul Biya pendant longtemps et je me rends compte à la lecture du rapport parlementaire Francais que la France s'attaque au Cameroun et à son président, cela signifie qu'il a commencé à travailler bien pour son peuple, tant mieux pour lui mieux vaut tard que jamais. Et je ne peux que me rendre solidaire de mon pays et de son président dans ces conditions" (Hubert KAMGANG)

Sa-Ousirê Djéhouti : Hubert KAMGANG fait de la manipulation doublée d'une tentative du transfert de son intoxication aux esprits malléables à volonté.

J.K: Sa-Ousirê Djéhouti dire que Hubert Kamgang fait dans la manipulation prouve que tu ne metrises pas le parcours politique de cet homme Qui a toujours critiqué le président Biya et il le fait d'ailleurs même sur le plateau d'Afrique média. vous qui critiquez ces présidents à tort et a travers sachez que les présidents africains (surtout francophones) ont les mains liées, inutile de les critiquer, aidons-les à prendre des décisions courageuses et à se défaire des liens coloniaux qui les lient avec l'Occident.

Sa-Ousirê Djéhouti : J.K, vous avez une curieuse façon de manifester votre ''patriotisme''. Votre raisonnement frise la logique de la ''chutzpath'', c'est-à-dire un individu qui, après avoir massacré ses parents, porte plainte pour exiger un dédommagement parce qu'il est devenu orphelin. Pour vous, Biya Paul, sous-préfet de l'enclos colonial français dénommé ''Cameroun'', qui massacre son peuple à la moindre occasion, est-il miraculeusement devenu un leader éclairé défendable contre son sempiternel employeur, la France?

 Qui plus est, lorsque vous affirmez de façon péremptoire que :

« (...) vous qui critiquez ces présidents à tort et a travers sachez que les présidents africains (surtout francophones) ont les mains liées, inutile de les critiquer, aidons-les à prendre des décisions courageuses et à se défaire des liens coloniaux qui les lient avec l'Occident. »

Si je comprends bien votre logique, vous voulez nous faire croire que cette brochette d'agrégés en toute discipline confondue, qui sont autour des ''président africains (surtout francophones)'' sont incapables de les amener à comprendre qu'il faut ''se défaire des liens coloniaux qui les lient avec l'Occident''?

Avant que le professeur Agbohou Nicolas de la Côte d'Ivoire, ne reprennent les travaux du professeur Tchuindjang Pouemi Joseph, pour dénoncer le nazisme monétaire du franc des colonies françaises d'Afrique (franc CFA), pensez-vous que les ''présidents africains (surtout francophones)'' n'avaient pas ou n'ont pas de conseillers économiques pour attirer leur attention sur cette question d'une gravité extrême?

Comment peut-on sereinement et logiquement ''diriger'' son pays avec une monnaie qui appartient à nos bourreaux centenaires?

Pensez-vous qu'il n'y a aucune école au Cameroun qui forme des économistes?

Depuis que le professeur Agbohou Nicolas dénonce cette monnaie de singe, pourquoi Paul Biya n'a-t-il pas pris la décision courageuse de sortir le Cameroun de la zone franc CFA et créer une monnaie africaine commune pour servir d'exemple aux autres ''présidents africains (surtout francophones)''?

Selon vous, combien de fois a-t-il reçu le professeur Agbohou Nicolas pour solliciter son expertise en laissant supposer qu'il est entouré des économistes de pacotille?

Je vous rappelle que le professeur Agbohou Nicolas ne cesse de marteler dans ses conférences qu'il faut trois (3) jours pour créer une monnaie. Il a donné une conférence fleuve au Cameroun il y a 3-4 mois. Ne me dites pas que Paul Biya n'a pas été informé de son passage au Cameroun. Pour votre information, aucune mouche ne peut voler au Cameroun sans que les services de renseignements camerounais ne soient au courant.

Voilà un exemple palpable où la diaspora panafricaine aident les ''présidents africains (surtout francophones)'' à prendre des décisions courageuses pour se défaire des liens coloniaux qui les lient avec l'Occident. »

Qui plus est, pensez-vous que monsieur Biya Paul n'a jamais reçu les memoranda de la diaspora camerounaise l'incitant à reconnaître de façon généralisée la double citoyenneté?

Qu'attend-t-il donc pour agir?

Merci de nous indiquer la (les) façon(s) la (les) plus efficace(s) à adopter pour ''aider les présidents africains (surtout francophones)'' à mieux écouter leur peuple.


Deux observations clés se dégagent à l'écoute de la « chaine d'information et Première chaîne de télévision panafricaine d'information multilingue » :

-les panélistes habituels, qui se réclament tous ''panafricains'', manifestent leur soutien au pouvoir de celui qui est présenté comme le Président de la République du Cameroun, Biya Paul, tout en fustigeant son sempiternel employeur, la France;

- les panélistes habituels, qui se réclament tous ''panafricains'', refusent toute idée d'un retour aux sources africaines, en l'occurrence, la réappropriation de la spiritualité négro-africaine ancestrale au détriment des religions dite ''révélées''. Pour eux, bâtir une nouvelle Afrique, en prenant pour appui les Humanités Classiques Africaines, relève de la ''lâcheté'', d'un refus d'''avancer'' et d'un repli sur soi-même.

Le 29 mars 2015, Banda Kani, un panéliste habitué de l'émission Le Débat Panafricain, déclare à cœur-joie:

"Si les dieux des Africains étaient si puissants comme le dit Mr Tayou, pourquoi ils n'ont pas libéré l'Afrique de la colonisation, du colonialisme et du néocolonialisme ? Je le dis et je persiste, Jésus Christ est mon sauveur."

Le panafricanisme est-il incompatible aux religions dites importées ?

Réponse partielle:


 


Ekwe Ebongo Henriette, affectueusement appelée ''tata Henriette'' par les nombreux téléspectateurs de Le Debat Panafricain, fait la déclaration que voici :


 


  « L'humanité ne doit pas se faire par l'effacement des uns au profit des autres ; renoncer prématurément, et d'une façon unilatérale, à sa culture nationale pour essayer d'adopter celle d'autrui et appeler cela une simplification des relations internationales et un sens du progrès, c'est se condamner au suicide ». (Cheikh Anta Diop. ''Nations nègres et Cultures. De l'antiquité négro-égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui''. Présence Africaine, 1979, pp. 9-10.)


 Conclusion partielle:

Pour nous, il est urgent de procéder à un changement d'approche sur la problématique dite du ''Noir traître'' ou du ''blanc mauvais''.

Voici Pourquoi.

Les agressions séculaires que KAMA et les fruits de ses entrailles font face sont multiformes et pluri-colorées.

Les colons blancs ont fait semblant de ''quitter'' la Terre-Mère à travers l'octroi, de force, des indépendances dans la dépendance. Mais ils ont pris soin de former des Noirs à leur ''image''. Lesquels poursuivent la ''mission civilisatrice'' avec des programmes scolaires de ''déprogrammation'' mentale de la jeunesse pour les amener à continuer à adorer l'Occident et à prendre les distances vis-à-vis de l'Afrique.

Gros piège : les populations africaines ont baissé la garde et les colons ont continué de les entuber, avec une virulence imprescriptible.

D'un point de vue géostratégique, toute personne (quelle que soit la couleur de la pigmentation de sa peau), qui porte atteinte à Mama Africa y compris aux fruits de ses entrailles, doit être considérée comme un adversaire redoutable et combattu comme telle.

C'est pourquoi nous invitons instamment la Nouvelle Génération Consciente et Patriote PanAfricaine à ne plus se laisser distraire par la couleur de la peau mais à se focaliser sur l'essentiel du combat à mener.
Il faut donc se préparer ardemment car les farouches adversaires de la Renaissance de KAMA sont bel et bien ceux des nôtres qui se sont profondément imbibés des mensonges (eurocentristes et arabo-musulmans) et qui malheureusement, refusent coûte que coûte de les remettre en question mais continuent impunément d'insulter les Ancêtres IMAKHOU.

Dans le même ordre d'idée, lorqu'on publie sur ''Facebook'' une image choquante ou dévalorisante de l'Afrique, beaucoup de personnes d'ascendance africaine, cliquent ''j'aime'' puis partagent. Dans nos publications antérieures, nous avons longuement évoqué la question de la maîtrise des images dévalorisantes de l'Afrique et des Noirs. Le mal est d'une profondeur imprescriptible. Beaucoup d'Africains apportent des preuves qu'ils sont des disciples de Bret Bayley : choquer pour ''mieux faire prendre conscience''.

Nous ne considérons pas cette façon de se comporter uniquement comme la manifestation de la ''mémoire traumatique refoulée'', mais une volonté délibérée de nuire et de perpétuer gratuitement la négrophobie mondialisée.

Ce comportement se retrouve aussi dans tous les secteurs de la vie, en l'occurrence sur le plan des religions dites ''révélées''. Les esclavagistes ont bien fait le travail de sape mental, de sorte qu'ils n'ont plus besoin de se pointer sur les réseaux sociaux ou en Afrique avec la peau blanche pour humilier Mama Africa. Leurs disciples Noirs le font si bien et même avec beaucoup de zèle.

C'est encore des Noirs qui sont invités sur les plateaux de chaine de télévision pour insulter les Ancêtres négro-africains à cœur joie :

"Si les dieux des Africains étaient si puissants comme le dit Mr Tayou, pourquoi ils n'ont pas libéré l'Afrique de la colonisation, du colonialisme et du néocolonialisme ? Je le dis et je persiste, Jésus-Christ est mon sauveur", dixit Kani Banda, un des panélistes chevronnés de l'émission ''Le Débat Panafricain'' à ''Afrique Media'' le 29 mars 2015.

C'est pourquoi nous réitérons notre appel à la Nouvelle Génération Consciente et Patriote PanAfricaine à ne plus se laisser influencer par la couleur de la pigmentation de la peau, mais à défendre Mama Africa vigoureusement quelle que soit la couleur de la peau du bourreau.

Il est vital et même stratégique de comprendre que le combat réel pour la libération de KAMA ne doit pas être focalisé uniquement sur l' « Occident blanche » (eurocentriste) comme il est courant de le constater dans les fora de réflexion sur le devenir de l'Afrique, mais aussi et surtout sur cette ''Occident noire'' enfouie en chacun des disciples de Bret Bayley.

Voilà un des enjeux d'une importance géostratégique capitale.

C'est ce que nous appelons l' « angle mort de la mondialisation ».


Il est vraiment imprudent, pour la Nouvelle Génération Consciente et Patriote PanAfricaine, de continuer d'évacuer cet aspect de la lutte en brandissant à tout vent le concept d'aliénation mentale à chaque fois qu'une personne mélanoderme insulte les NÉTÉROUS (Ancêtres négro-africains).

Grosse erreur d'analyse géostratégique.

Que le bourreau soit blanc ou noir, Mama Africa souffre d'une douleur qui n'a pas de couleur. Le seuil de la douleur est multiplié par 100 lorsque Mama Africa est saignée à cause du fruit de ses entrailles. Il faut donc changer rapidement de stratégie et d'approche de la lutte pour la libération totale et définitive de Mama Africa.

« Si on ne prend pas garde, la jeunesse africaine risque de devenir la première menace du 21ème siècle contre l'Afrique après avoir été totalement influencée par des idées terroristes à la formulation séduisante telles que démocratie, droits de l'homme, croissance, bonne gouvernance, émergence, développement, religion de paix, etc.

Demandez-vous toujours qui élabore ses concepts à la formulation séduisante ? On remarque systématiquement que ce sont les mêmes bandits qui ont trempé dans l'esclavage et aujourd'hui, après avoir été chassés par la grande porte, reviennent par la fenêtre avec des discours sournois faussement émancipateurs et à la formulation séduisante. Et à l'époque, ils avaient aussi élaboré d'autres idées terroristes, comme la religion, pour faciliter leur pénétration en Afrique.

Être incapable d'élaborer ses propres concepts pour transformer la société est une très très grande faiblesse face à un ennemi aussi sournois, un bandit professionnel aguerri par des siècles d'expérience en fourberie. » (Nzwamba Simanga)

Le temps presse.

Vie, Santé, Force!


 

Fin de la première partie

L'heure est vraiment grave !!!

Toute la gesticulation sans tête ni queue autour de ce que les bourreaux de Mama Africa qualifient affectueusement d' ''élection libre et transparente'' dans l'enclos colonial français dénommé GABON, annonce comme je l'ai rappelé dans mes précédentes publications, le passage d'un Puissant ''Ouragan Cosmique'' qui va tout balayer sur son chemin et mettre tout le monde au pas.

Lorsqu'on parvient à un niveau de pourrissement mental et social au point où un peuple comme celui du Gabon est tombé si bas dont la seule option de ''libération des chaînes du vampirisme politique'' qui s'offre à lui est de se jeter soit dans les bras de ''Satan'', soit embrassé ''tendrement'' son disciple, cela signifie qu'il y a quelque chose qui pèse d'un poids-mort dans le psyché des peuples négro-africains de la postcolonie.

Cela donne des frissons !!

L'heure est vraiment grave.

 L'Impasse spirituel

C'est un secret de polichinelle d'affirmer que l'Organisation de l'Unité Africaine (Unité Africaine) freine l'Afrique. Que c'est une Organisation de bandits de grand chemin. Mieux, des comploteurs contre l'Afrique, ses intérêts et contre la jeunesse panafricaine. Dans ces conditions, comment peut-on alors justifier logiquement qu'une écrasante majorité des Gabonais mettent leur vie sur la balance pour défendre l'ex-Président de la commission de l'Union africaine?

Autre fait:
Comment peut-on justifier logiquement le fait que l' écrasante majorité des Gabonais soutiennent son idée selon laquelle ''il faut recompter les voix des électeurs'' alors qu'il a lui-même refusé le recomptage des voix en Côte d'Ivoire et appelé le Président Gbagbo Laurent à se ''retirer'' de la scène politique pour laisser la place au ''vainqueur des élections'', Alassane Ouattara? De qui se moque-t-on?

Autre fait encore:
Lors de la récente tragédie africaine de Côte d'Ivoire s'étant soldée par la capture du Président Gbagbo Laurent le 11 avril 2011 à Abidjan dans son palais présidentiel par les troupes de LICORNE, une écrasante majorité des Gabonais est descendu dans les rues de France et même ailleurs pour crier leur ras-le-bol.

Question: Comment peut-on alors justifier logiquement que cette écrasante majorité descende à nouveau dans les rues, cette fois-ci pour défendre Ping Jean, celui-là même qui a ''couvert'' l'assassinat du Guide Libyen? De qui se moque-t-on?

L'heure est vraiment grave à KaMa.

INGETA!

Boko Haram : le nouveau piège de la mondialisation! (2)

Résultats de recherche d'images pour « armée nigériane »

Après les récentes tragédies des « États berlinois » de la Libye; du Mali; de la Côte d’Ivoire; de la Centrafrique, voici que Boko-Haram (littéralement, « L’éducation occidentale est un péché ») est venue troubler le sommeil des Africains. Des pseudo-humanistes de la mondialisation-globalisation ont donné l’impression de se sentir « touchés » par l’enlèvement de plus de 200 jeunes filles par la nébuleuse de mouvement islamiste. Il faut refuser d’ouvrir les yeux, pour prendre au sérieux ce soudain réveil de l’humanisme, de la Maison-Blanche, de l’Élysée ou du 10 Downing Street, ou prendre pour de vraies les larmes de crocodiles versées sur le triste sort des filles nigérianes par ces vampires. Ils sont demeurés insensibles au génocide de plus de huit million de morts au Congo-RDC; aux appels incessants à l’aide de la population civile de la métropole martyre d’Alep —une population assoiffée, affamée, ensanglantée, prise en otage par les takfiristes—, mais ils apportent leur soutien illimité à ces terroristes qui « font du bon boulot » selon Laurent Fabius.

 1. Boko Haram et la « commodité du mensonge »

 Pour Hassan Hamadé du Réseau Voltaire :

«N’oubliez pas que dans l’arbre généalogique de la confrérie des Frères musulmans, Boko Haram, le Front Al-Nosra, l’Émirat islamique en Irak et au Levant, le Front islamique et compagnie sont de véritables sœurs jumelles, prises en charge à leurs naissances par les monarchies du Golfe, toujours sous les directives anglo-saxonnes. Cependant, les sœurs jumelles reconnaissent, toutes, à Al-Qaïda un droit d’ainesse indiscutable confirmé par une prodigieuse historicité qui remonte à la fameuse guerre d’Afghanistan contre l’URSS, dans les années 80 du siècle dernier. Il s’agit d’un choix posé par Washington seul. Voilà pourquoi le président Hollande, tout comme David Cameron, s’avère animé d’une exceptionnelle force d’inertie. Il parait que, pour faire usage de la force des armes, il lui faudrait avoir la permission de Washington. Oui, la permission de Washington. ''Nous devons attendre la décision du Congrès''... ainsi parla François Hollande.»

Dans un article traduit de l’anglais par Mikaela Honung pour Le grand Soir, on peut lire:

«Pour commencer l’auteur constate que Wikileaks a permis d’identifier l’ambassade des États-Unis comme base pour des actes subversifs de grande portée dans le pays, incluant naturellement la mise sur écoute des membres du gouvernement nigérian, mais aussi l’espionage financier de Nigérians de premier plan ainsi que le soutien et le financement de groupes subversifs et le chantage exercé contre des politiciens de premier plan pour les contraindre à agir conformément aux intérêts des EU. »

Plus loin, dans le même article, on lit encore :

« Selon Wikileaks, l’ACRI a été fondée par les EU pour faire contrepoids à ECOMOG, sous contrôle nigérian (ACRI est l’acronyme d’Africa Crisis Response Initiative et ECOMOG d’Economic Community of West African States Monitoring Group, un groupe du reste moins impliqué dans l’économie que dans la guerre). Dans le document Wikileaks, on n’oublie pas de rappeler que dans les années 70 et 80 le Nigéria a soutenu les guerres de libération des pays d’Afrique australe. C’est pourquoi les EU ont fondé l’ACRI, qui a tiré profit des tensions croissantes entre sectes au Nigéria et recruté avec l’aide de la CIA de jeunes islamistes qu’elle a formés au terrorisme dans des bases ad hoc.

Un câble états-unien du 29 juin 2009 prédisait l’attentat dévastateur de Boko Haram qui a eu lieu deux mois plus tard. L’Arabie saoudite avait formé des « rebelles » libyens qui à leur tour ont formé des « rebelles» maliens, qui ont formé ceux de Boko Haram. Un autre document de Wikileaks a dévoilé que la société d’espionnage SS8 a élaboré un cheval de Troie capable de pénétrer les ordinateurs et téléphones (iPhone, Blackberry, Android etc ), ce qui permet un contrôle minutieux aussi bien des terroristes que du gouvernement nigérian. On a pu ainsi publier sur Internet des données personnelles (adresses, coordonnées bancaires, numéros de téléphone) de politiciens nigérians et même de membres des services secrets, ce qui a naturellement constitué un précieux instrument pour Boko Haram.»


 Complicités nigérianes

Des complicités internes au sein du gouvernement nigérian ont été révélées par The Associated Press selon lesquelles « Dix généraux nigérians et cinq autres officiers militaires de haut rang ont été reconnus coupables par une cour martiale d’avoir fourni des armes et des informations au groupe islamiste extrémiste Boko Haram, selon ce que rapporte un important quotidien du pays. Des politiciens et des militaires affirment depuis des mois que des officiers aident les islamistes et que des soldats combattent même dans leurs rangs, avant de revenir à leurs casernes. Ils ajoutent que l’information fournie par les officiers a permis aux militants d’attaquer des convois, des bases et des camps militaires dans le nord-est du pays. »

En Mars 2005, un rapport d'un groupe d'"expert" américain, parrainé par le US National Intelligence Council a publié les résultats d'une étude intitulée "Mapping Sub-Saharan Africa’s Future". Dans ce rapport, on peut lire en filigrane l'ébauche d'un scénario catastrophe pour le Nigeria:

"Si le Nigeria s'effronde, cela pourrait entrainer la chute d'une bonne partie de l'Afrique ["If Nigeria were to become a failed state, it could drag down a large part of the West African region.."] Un Nigeria en faillite ne se relevera probablement jamais sans une aide internationale massive ["(...) a failed Nigeria probably could not be reconstituted for many years if ever and not without massive international assistance."]." Lire la suite ici  

3. Boko Haram, pour quoi faire?

Il est donc question, pour la Maison Blanche, de mettre à mal la première puissance économique d’Afrique (?).

Mais, pour quoi faire?

Pour induire la guerre psychologique et la terreur afin d’installer AFRICOM, ensuite piller les immenses ressources naturelles et humaines du continent Africain par une base et une ponction nigériane. Il est aussi question de faire obstacle aux investissements de la Chine et du BRICS sur la Terre Mère.

3.1. La guerre psychologique

Pour que l’opinion nationale et internationale, adhère aux idéaux « humanitaires » des USA, il faut créer un état de choc psychologique. C’est ce qui justifie l’enlèvement de plus de 200 écolières ainsi que les attentats à la bombe, multipliés ça et là.

« … c’est un des traits fondamentaux des sociétés occidentales que les rapports de force qui longtemps avaient trouvé dans la guerre, dans toutes les formes de guerre, leur expression principale se sont petit à petit investis dans l’ordre du pouvoir politique. » (Michel Foucault : Histoire de la sexualité, volume 1 : La volonté de savoir, Paris, Gallimard, 1976, p. 135.)

Il ajoute :

« Nous sommes donc en guerre les uns contre les autres; un front de bataille traverse la société toute entière, continûment et en permanence, et c’est ce front de bataille qui place chacun de nous dans un camp ou dans un autre. Il n’y a pas de sujet neutre. On est forcément l’adversaire de quelqu’un. » (Michel Foucault : "Il faut défendre la société". Cours au Collège de France, 1976, Paris, Hautes Études/Gallimard/ Seuil, 1997, p. 44.)

Pour les régimes occidentaux, la guerre est donc le moyen de « négociation » par excellence. À la Maât (Justice-Vérité) négro-africaine, l’Occident oppose l’Isefet (chaos) comme ''moteur de l’histoire humaine''.


Au cours d’une conférence-débat à l’Université de Kinshassa (Congo-RDC) dans le courant de l’année 2011 co-organisé par le mouvement négro-spirituel Kimbanguiste VU.VA.MU (VUTUKA VANA MPAMBU UVIDILA), sous le thème « La science de l’Occident face à la tradition africaine », assistante chercheur pose la question:

« Ne croyez-vous pas que le mercantilisme occidental a pris le dessus sur la solidarité africaine et nous voilà aujourd’hui esclave. Est-ce que vous estimez que notre choix est un bon choix? »

Réponse du Professeur Kabeya Gabriel:

« Je voudrais répondre à cette question, parce que je suis sûr que c’est le vrai piège. Le vrai piège de l’Occident c’est l’étoffe, c’est les chaussures, c’est le mascara, c’est les cheveux synthétiques(…) Mais avant de répondre à la question, je voudrais partager avec vous une expérience. Le Père(…) qui a écrit abondamment dans les années cinquante et qui est mort au début des années soixante était un maître dans la science du développement, rapporte une scène qui a eu lieu en Inde. Le Premier ministre de l’Inde, l’Inde est devenue indépendante, c’est un rappel, en 1945. Le Premier ministre de l’Inde a écrit une lettre au début des années cinquante à la puissance d’Amérique et il a transmis cette lettre par la voie de l’Ambassadeur des États-Unis. La lettre est arrivée à destination à Washington. Au bout de deux-trois semaines, une réponse a été envoyée au Premier ministre de l’Inde par l’intermédiaire de l’Ambassadeur des États-Unis qui s’est fait fort d’aller avec ses conseillers demander audience au Premier ministre. Retenez que le Premier ministre en Inde, c’est l’autorité de l’État la plus haute. 

Et, le Premier ministre a reçu l’Ambassadeur et sa suite. L’Ambassadeur a tendu la lettre au Premier ministre. Le Premier ministre l’a prise et la ouverte. Il l’a lue et il a laissé tomber les bras. Regardant en face l’Ambassadeur des États-Unis, voici ce que dit le Premier ministre :’’Excellence monsieur l’Ambassadeur. l’Inde par ma voix a écrit au peuple et aux dirigeants américains pour leur proposer un pacte de solidarité et l’amitié de mon peuple. En retour, vous nous proposez l’argent et les machines. L’argent et les machines, est-ce la plus grande richesse de votre peuple?’’.Je crois que la jeune génération doit répondre à cette question. Je voudrais y répondre en prenant une autre métaphore. Vous savez que nous avons deux animaux domestiques.

Nous avons le cochon et nous avons le chat. Regardez comment le cochon est une usine à transformer la nourriture en viande. Transformer tout ce qui est autour : les noix de bal; la végétation; tout ce qui passe eu nez du cochon est transformé en graisse et en  viande parce que le cochon est une usine de transformation de tout en viande et en graisse. Regardez comment mange le chat. Le chat est très sélectif. Lorsque vous prenez un morceau de viande vous voulez jeter au chat, le chat fait la dignité. Il le regarde. Il ne se précipite jamais. Regardez la stature et l’envergure du chat : mince, rabougris, presque affamé, mais doux et sûr de lui-même. Regardez le cochon. Toujours préoccupé. Toujours à la recherche de quoi transformer en viande et en graisse. Si sur la terre, vous voulez-vous incarné, mademoiselle, je vous pose la question. Vous auriez souhaité vous incarné dans un chat ou dans un cochon? (…)

Je voudrais vous dire ceci. La civilisation de cochon qu’a apportée le Blanc a mis en danger l’humanité toute entière. Au jour d’aujourd’hui, nous avons des problèmes inextricables de l’environnement de vie sur toute la terre à cause de cette ‘’économie de cochon’’. L’économie du cochon c’est une économie où tout en dehors de vous est moyen. Votre voisin est un moyen. Votre père est un moyen. Tout autour de vous est un intrant qui vous permet de réaliser vos rêves à vous. Pareil comme un cochon. Tout ce qui est à côté du cochon constitue un matériau qu’il utilise pour transformer, agrandir la graisse et sa température. Cette civilisation du Blanc est vers sa fin! Au jour d’aujourd’hui, la Grèce est par terre. Demain, ce sera l’Italie et l’Espagne. Il y a aujourd’hui en Europe, un mouvement qui a pris naissance, l’Altermondialisme. Et aujourd’hui, il y a même une couche sociale des gens qu’on appelle les Indignés.

C’est la remise en cause de ce modèle du cochon. Nous n’avons pas nous, à rendre en état de ‘’moyen’’, à rendre instruments tout ce qui nous côtoie y compris les hommes   que Dieu a crée. Les hommes ne sont pas des moyens pour nous. Les hommes sont des hommes. Cette civilisation qui prend les peuples entiers pour les transformer en esclave. Qui prend des contrées entières, avec des canons, est Une avec une religion d’ ‘’humanisme’’. Cette civilisation ne fera pas long feu. Aujourd’hui, elle est à bout de souffle(…) Si nous ne pouvons produire aujourd’hui, retenez bien. C’est toujours dans la stratégie du roseau qui plie au lieu de couper les chaînes qui résistent(…) Le roseau est plié dans le sens du vent et demeurer. C’est cette Afrique. L’Afrique a vu la violence avec laquelle le Blanc est arrivée. C’est cette Afrique qui a fait notre survie aujourd’hui. Mais les Incas, les Mayas, les Aztèques, et d’autres brillantes civilisations ont disparu de la terre. Nous, si aujourd’hui nous produisons. Nous, si aujourd’hui nous transformons nos ressources naturelles, ça doit être à la stratégie du roseau. En d’autre terme, par nécessité de survie et donc pas parce que c’est la valeur de la civilisation fondamentale. Le productivisme, nous devons le fabriquer par nécessité de survie et non parce que c’est une des valeurs fondamentales de la civilisation africaine. »

 


 3.2. Violence, guerre et politique : le retournement de la ‘’formule’’ de Clausewitz

Dans son œuvre maîtresse, Vom Kriege, Clausewitz (1780-1831) a fortement souligné la subordination de la guerre à la politique. Tout lecteur du stratège prussien a en tête les expressions frappantes employées au chapitre 6B du livre VIII : “La guerre n’est qu’une partie des rapports politiques, et par conséquent nullement quelque chose d’indépendant”. Ou, un peu plus loin : “la guerre n’est rien d’autre que la continuation des relations politiques, avec l’appoint d’autres moyens” (trad. D. Naville, 1955, p.703).

Clausewitz demeure une référence capitale pour les études stratégiques et la science politique, car il a formulé mieux que quiconque le caractère irréductiblement politique de la guerre : la guerre ne se suffit pas à elle-même, elle est un satellite placé dans l’orbite’’ de la politique. En effet, l’étude du retournement de la ‘’Formule’’ de Clausewitz n’intéresse pas seulement les études géostratégiques. Elle touche aussi à la sociologie et la théorie du politique. À travers leur interprétation de Clausewitz, des auteurs comme Michel Foucault ou Carl Schmitt engagent une conception du politique et du social dans son rapport à la violence. Ces auteurs cherchent tous à mettre en évidence, chacun selon des modalités différentes, le rôle moteur de la violence dans l’action politique, la guerre étant considérée comme l’ultime épreuve de vérité pour les sociétés. Cependant, le cas de Boko Haram ou d’autres groupuscules criminels islamistes, qui ont mis la Libye, la Syrie, le Mali, la République Centrafrique…en déliquescence, font partie de la privatisation de la violence. Les interventions directes des armées impérialistes dans les États membre de l’ONU, sont mal vues par les opinions nationales internationales. Il faut donc user, des « forces sous-marines » et occultes, avec des prétextes fallacieux, pour mener la guerre politique afin de s’assurer du contrôle des ressources humaines et naturelles. 

Nous dénommons la « guerre sous-marine » cet ''instrument'' de la politique occulte (le terrorisme islamique), destinée à contourner la réglementation nationale et internationale, visant à saper les conditions des termes de l’échange que la diplomatie n’a pas été en mesure de régler ou ne veut pas régler.

Classiquement, la hiérarchie des moyens militaires (et en cas de "guerre sous-marine'') et des fins politiques inspire la distinction des trois niveaux de la guerre (tactique, stratégie, politique), qui elle-même fait écho à la ‘’Trinité clausewitzienne’’ (peuple-chef de guerre-chef d’État) : la tactique dépend des soldats (professionnels et citoyens) qui sont issus du peuple (ou des combattants terroristes ‘’fabriqués’’ de toute pièce par les services secrets). Clausewitz considère la guerre comme un instrument politique placé sous l’autorité du pouvoir civil, le rôle du politique étant de fixer à l’action militaire des objectifs précis et ainsi de limiter la guerre à ces objectifs.  Dès lors, quelle est la nature profonde de la guerre ? Est-elle dans la violence déchaînée ou dans la raison politique ? Mais à qui profite la « guerre sous-marine » comme c’est le cas au Nigéria avec Boko Haram? Aux multinationales, bien entendu, avec la couverture des Paradis fiscaux et judiciaires. Parallèlement, le peuple américain est abreuvé de « bonnes intentions »: mettre fin au terrorisme islamique.

D’où une augmentation considérable du budget militaire; la course folle à l’armement; l’enrichissement croissant des marchands d’armes; la dislocation des États agressés et leur mise sous coupe réglée; la destruction des biens publics à l’échelle mondiale; la fragilité des acquis sociaux obtenus après d’âpres luttes de classe; la surabondance des capitaux toxiques; l’accentuation des fractures sociales; le renforcement du mercenariat et du crime organisé à l’échelle planétaire.


 3.3. La science de la peur

 L’écrivaine Canadienne Naomi Klein, dans son ouvrage ‘’La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre’’, édition LEMÉAC/ Actes Sud, 2008, nous apprend que :

« La stratégie du choc imite la démarche en tentant de reproduire, à l’échelle d’une société, les résultats obtenus avec un seul détenu dans une cellule de prison. À cet égard, l’exemple le plus probant est le choc du 11 septembre, qui, pour des millions de personnes, fit voler en éclats le ‘’monde familier’’. Il déclencha du même coup une période de désorientation et de régression que l’administration Bush exploita de main de maître. Soudain, nous nous retrouvions en quelque sorte en l’an zéro. Tout ce que nous savions du monde relevait d’ ‘’avant’’ la catastrophe. Nous, les Nord-Américains, qui de toute façon connaissions mal notre histoire, formions désormais un État vierge, une ‘’feuille blanche’’ sur laquelle ‘’on peut écrire les mots les plus beaux et les plus nouveaux’’, ainsi que Mao le dit à propos de son peuple. Une nouvelle armée de spécialistes se chargea aussitôt d’écrire des mots beaux et nouveaux sur la table rase de notre conscience traumatisée :’’choc des civilisations’’, ‘’axe du mal’’, ‘’islamo-fascisme’’, ‘’sécurité intérieure’’.

Pendant que les citoyens étaient mobilisés par de nouvelles guerres culturelles aux conséquences mortelles, l’administration Bush accomplit ce dont elle n’aurait pu que rêver sans les attentats du 11 septembre : lancer des guerres privatisées à l’étranger et créer un complexe de la sécurité assujetti au contrôle du privé à l’intérieur des frontières des États-Unis.Voici donc comment fonctionne la stratégie du choc : le désastre déclencheur-le coup d’État, l’attentat terroriste, l’effondrement des marchés, la guerre, le tsunami, l’ouragan-plonge la population dans un état de choc collectif. Les sifflements des bombes, les échos de la terreur et les vents rugissants ''assouplissent'' les sociétés, un peu comme la musique tonitruante et les coups dans les prisons où se pratique la torture. À l’instar du prisonnier terrorisé qui donne le nom de ses camarades et renie sa foi, les sociétés en état de choc abandonnent des droits que, dans d’autres circonstances, elles auraient défendues jalousement. Jamar Perry et les autres évacués entassés dans le refuge de Baton Rouge devaient renoncer à leurs logements sociaux et à leurs écoles publiques.

Après le tsunami, les pêcheurs sri-lankais devaient céder aux hôteliers leurs précieuses terres du bord de la mer. Si tout s’était passé comme prévu, les Irakiens, eux, auraient dû être sous le coup du choc et de l’effroi au point d’abandonner aux bases militaires américaines et aux zones vertes la maîtrise de leurs réserves de pétrole, de leurs sociétés d’État et de leur souveraineté. » (pp.27-28)

Vidéo : La stratégie du choc

 


 La "thérapie du choc" est également employée dans le domaine de la santé. C’est ainsi qu’en inondant le public des publicités et des effets dévastateurs des cancers, la population consent à une augmentation du budget alloué à la "lutte contre les cancers", qui en réalité, profite aux firmes pharmaceutiques qui fabriquent des chimiothérapies dont les doses sont hautement toxiques pour les patients :

« L’utilisation du cancer dans le discours politique encourage le fatalisme et justifie de mesures ‘’rigoureuses’’ tout en renforçant l’idée largement répandue que cette maladie est obligatoirement mortelle. Le concept même de la maladie n’est jamais innocent. Mais on pourrait répondre que les métaphores liées au cancer portent en elles, et implicitement, l’idée de génocide. » (Susan Sontag, La maladie comme métaphore, traduit de l’anglais par Marie-France de Paloméra, 1993)

Pour Milton Friedman dans une lettre adressée au général Augusto Pinochet, le 21 avril 1975 :

« Si cette méthode de choc est adoptée, il faut, je crois, l’annoncer publiquement et en détail et procéder sans tarder. Plus le public sera pleinement informé, et mieux ses réactions en faciliteront l’ajustement. » (Milton Friedman et Rose D. Two Lucky People. Memoirs, University of Chicago Press, Chicago, 1998, p. 592).

Dans les années 90, les pays africains ont subit de façon effroyable la thérapie du choc, à travers les mesures d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, ayant pour conséquences une augmentation croissante des dettes; le démantèlement des services sociaux de base; la destruction du tissu social et l’éclatement des familles; la mise au chômage de million de travailleurs; la pauvreté galopante; l’exode rural. Dès lors, des milliers de bras valides se sont retrouvés pris au piège d’une immigration clandestine. La fuite des cerveaux du Sud vers le Nord, étant le butin de guerre des « choqueurs » de la mondialisation-globalisation.

Pour Eduardo Galeno, 1990 :

« Les citoyens étaient en prison pour que les prix fussent en liberté. » (Lawrence Weschler, A Miracle, a Universe. Setting Accounts with Torturers, Pantheon Books, New York, 1990, p. 147.)

Boko Haram apparaît comme le cheval de Troie pour mettre en application la politique occulte de l’Oncle Sam, afin de créer un état de choc mondialisé, pour asseoir ses bases militaires en Afrique et s’assurer le contrôle des ressources naturelles et humaines.

 4. Boko Haram, la face cachée d’AFRICOM

Dans un article du Réseau Voltaire, on peut lire ceci :

« A l’horizon 2013, un quart du pétrole et des matières premières consommés aux USA devraient provenir d’Afrique. Sur la base de constat, un think tank israélo-états-unien l’Institute for Advanced Strategic & Political Studies (IASPS) a préconisé la création d’un commandement militaire US pour l’Afrique, l’Africom. Il a été inauguré par l’administration W. Bush à la fin de son mandat et placé sous le commandement du général afro-américain William E. Ward, ancien coordinateur de la sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne. L’annonce de ce dispositif a suscité une forte résistance en Afrique et aucun État n’a accepté d’héberger le commandement général, lequel s’est en définitive installé en Allemagne (Stuttgart) et en Italie. La montée en puissance de l’Africom devrait s’articuler autour de la base US de Djibouti où stationnent déjà des troupes israéliennes. Une emphase particulière devrait être portée au contrôle du Golfe de Guinée. Dans un premier temps, pour des raisons diplomatiques, elle devrait prendre la forme d’un réseau de petites bases, plutôt que de la construction de grandes installations. »


 AFRICOM GO HOME
 


 Le Politologue et universitaire Aziz Salmone Fall du GRILA (GROUPE DE RECHERCHE ET D'INITIATIVE POUR LA LIBERATION DE L'AFRIQUE, fondé en 1984), a récemment produit un documentaire AFRICOM GO HOME.

Voici ce qu’il écrit en substance :


« Bases étrangères hors d'Afrique est un film document dans le cadre du cinquantenaire des "indépendances" africaines, (OUA 1963 -2013). C'est un document de contre propagande et de sensibilisation, aux fins non commerciales, et d'usage d'archive et de consultation.
Ce document vidéo est une interprétation personnelle de l'enjeu géopolitique africain et mondial. Il n'engage que l'auteur et nullement la responsabilité du GRILA et de ses membres. Le film s'adresse aux dirigeants africains, aux panafricains, aux internationalistes et à la jeunesse africaine préoccupés de la condition de l'Afrique dans le système monde. Il compare la vision des pères progressistes du panafricanisme à celle des tenants de la domination et leurs alliés locaux.

L'objectif de ce document est une contribution subjective au suivi de la déclaration AFRICOM go home, signée par une cinquantaine de personnalités et d’organisations africaines et allemandes qui s'opposent à la présence de l'AFRICOM en Allemagne comme en Afrique. Ce document audiovisuel est articulé sur des images du WEB dont les auteurs ne portent aucune responsabilité dans le traitement du film. 
Le document audiovisuel est bâti sur les enjeux fondamentaux suivants :

Le suivi de la déclaration Africom Go home et le bien fondé de cette déclaration
,

L'histoire et l'évolution de la présence militaire impérialiste et néo coloniale en Afrique sur les 50 ans,

L'avènement de l'AFRICOM, son décryptage et celui des rivalités et visées impérialistes sur le continent,

mais aussi leur surveillance réciproque et leurs contradictions dans la lutte contre le terrorisme,

La dénonciation de l'extension rampante et faussement humanitaire de l'AFRICOM en Afrique et sa position en Allemagne ainsi que dans toute une série de bases,

Les contradictions des africains et leurs organisations à se défendre contre les conflits liés au pillage des ressources et l'accès au territoire,

La nécessité de la résistance panafricaine et internationaliste et la repolitisation démocratique de notre jeunesse.

Le film suit la visite du président Obama en Allemagne et en Afrique, traque les positions de divers présidents européens, américains, africains et chefs militaires de l'AFRICOM, comme ceux et celles qui s'opposent à elle. Il fait le bilan de la politique sécuritaire du continent et s'attarde sur l'influence des néo-conservateurs américains et la poursuite actuelle de certaines de leurs politiques, y compris à travers des puissances régionales. Il explicite les agissements de l'impérialisme et du néocolonialisme, et les processus de cooptation de nos élites, de nos dispositifs militaires comme de nos sociétés civiles. Illustration de bavures graves auxquelles on s'expose lorsque ces bases s'installent. La responsabilité de nos élites est engagée autant que celle de leurs commanditaires.


Recension de toutes les bases existantes qui ceinturent ou infiltrent le continent africain, la position de l'OTAN, la vulnérabilité et la mise en tutelle de l'Union africaine, et la montée des convoitises surgissant de la présence de pays émergents, comme les BRICS. Il creuse l'hypothèse de l'enjeu de la rétrocession de l'or de l'Allemagne détenue aux Etats Unis, en France et en Angleterre, et la prééminence de la Chine dans l'enjeu monétaire, comme un des éléments d'explication du fait accompli de l'établissement de la base militaire en Allemagne, mais aussi une des causes de la crise au Mali. Le film divulgue au monde l'existence de la base de l'AFRICOM en Allemagne. Il apporte surtout un éclairage sur les efforts courageux de citoyens et de parlementaires du parti Linke, rend hommage à la plainte en justice qu'ils ont déposée contre les frappes par drones et assassinats ciblés de l'AFRICOM.

Au delà de l'enjeu sécuritaire, le film montre comment la crise du capitalisme, et le sous-développement sont un terreau fertile pour le culturalisme, l'intégrisme, le populisme et le terrorisme qui deviennent alors autant de leviers capables de diviser le continent et freiner sa souveraineté.
Les formules censées assurer la sécurité africaine sont concoctées par l'AFRICOM et l'OTAN. Le film est un plaidoyer pour un développement autocentré plus équilibré, la redécouverte de la marge progressiste de l'État et l'accélération de l'intégration panafricaine dans une perspective internationaliste et pour un monde polycentrique défendant le «bien » commun de l'humanité. »

A regarder absolument. Note. Le son n'est disponible qu'à partir de 1min20s

 Le journaliste Glen Ford de ‘’Mondialisation.ca’’, dans son article du 10 juin 2014 nous informe que :

« L’Afrique est un territoire occupé. L’Union africaine ne prétend même pas être responsable de ses propres missions de maintien de la paix, qui sont devenues en fait des opportunités pour les forces armées africaines de se faire payer pour faire le job de l’Occident. La Chine et le Brésil peuvent recueillir la part substantielle du commerce avec l’Afrique, mais les hommes disposant des armes à feu sont fidèles à l’AFRICOM – le papa gâteau pour la classe militaire africaine. Les troupes étatsuniennes dorment maintenant dans les casernes africaines. Elles sont les frères d’armes des officiers africains et peuvent déterminer les futurs présidents africains. Le rythme de la pénétration étatsunienne de l’Afrique de l’Ouest s’est accéléré de façon spectaculaire depuis 2011, quand Obama (Sarkozy et Cameron, ndt) a liquidé le gouvernement libyen de Mouammar Kadhafi, installant un flux de jihadistes et d’armes vers la Syrie et vers le Sud pour déstabiliser les nations du Sahel. »

 L'Afrique sous très haute surveillance américaine, cliquez ici

La guerre secrète des États-Unis en Afrique, cliquez ici

Boko Haram : le bras armé de l'Occident pour détruire le Nigéria et chasser la Chine du Golfe de Guinée, cliquez ici


 Gaz et Pétrole: Comment la France a Mené une Guerre Contre la Libye pour du Pétrole

5. La guerre contre Boko Haram et l’enfumage du peuple

Voici les raisons pour lesquelles le fait, pour les « États berlinois » de la postcolonie, de déclarer la guerre à Boko Haram (CIA, Qatar), relève de l’enfumage du peuple. L’acquisition, la gestion, la conservation et la transmission du pouvoir, relèvent du  modèle de spoliation politique type Patrimonialisme rationalisé.

Le Professeur Jean-François Médard est assez explicite :

« Je constate que la plupart des systèmes politiques africains qui ont connu une stabilité ont été construit autours d’un homme. On peut parler du ‘’système Houphouët’’ en Côte d’Ivoire, du ‘’système Kenyatta’’ au Kenya et du ’’ système Bongo’’ au Gabon. Comme l’on peut parler des systèmes locaux de pouvoir personnel autours des grandes villes. Je viens de Bordeaux où nous avons connu pendant longtemps le ‘’système Chaban’’. J’ai d’ailleurs travaillé sur ces derniers avant d’aborder le régime africain, ce qui a été une très bonne passerelle.

C’est un système de pouvoir personnel que j’aborde à partir de travaux d’un grand sociologue Allemand, Marx Weber. Il a travaillé sur les Mérovingiens, les Chinois,…et non sur l’Afrique. Mais il a élaboré la notion de  patrimonialisme et de domination patrimoniale, type traditionnel de domination. Cette domination patrimoniale se caractérise par le fait qu’il s’agit d’un système politique différencié dans la mesure où un chef commande à des personnes qui ne sont pas ses parents. Cependant, la logique du pouvoir repose sur la confusion du public et du privé, le chef patrimonial gouvernant son royaume comme une propriété privée. Ce patrimonialisme peut être transposé dans le contexte africain. Je parle alors de néo-patrimonialisme parce qu’il ne s’agit pas d’un système de pouvoir traditionnel. C’est un système qui, formellement, comprend un Etat comme le nôtre, avec des tribunaux, des administrations et des lois. Mais les agents de l’Etat privatisent leurs fonctions, du sommet à la base, ce qui conduit à la patrimonialisation d’un Etat bureaucratique.

Le  système patrimonial se caractérise par deux éléments :

1. la personnalisation du pouvoir

Non seulement parce qu’il s’agit d’un pouvoir personnel (contrôlé par un individu et structuré autour de celui-ci), mais aussi parce que toutes les relations politiques sont personnalisées. Il n’existe pas de relations abstraites à l’Etat, il est question de relations d’amitié, de clientélisme et de népotisme: tout un tissu de relations personnelles irriguent et font fonctionner le système de pouvoir.

2. la confusion du pouvoir et de la richesse

Les ressources économiques et politiques sont interchangeables, et c’est l’accès au politique qui ouvre celui à l’économique. La clé est de contrôlée le pouvoir politique, ce qui conduit à l’accumulation et la richesse. Il existe ensuite une interaction entre les deux types de ressources mais, dans le contexte africain, où il n’existe ni développement économique ni bourgeoisie, c’est évidemment la classe politique au pouvoir qui a l’accès direct aux ressources économiques. L’enjeu fondamental  de la lutte politique consiste non seulement dans les positions de pouvoir, mais aussi de l’accumulation.Ceci s’applique à mon avis parfaitement au cas du système politique gabonais, avec des nuances. Il faut d’abord tenir compte du fait ce que tout le monde sait que le Gabon est un pays minier et non agricole, ce qui concerne en particulier le pétrole. C’est donc un Etat rentier, la base économique de l’Etat reposant sur la rente minière et non sur la production et le travail.

Le système est différent en Côte d’Ivoire .Si Félix Houphouët-boigny prélevait sa quote-part par le biais de caisse de stabilisation, la croissance de la Côte d’Ivoire reposait sur sa mise en valeur économique et le travail de la population. C’est un élément important, car nous constatons que les Etat miniers sont plus naturellement enclin à la corruption et la prédation que les Etat non miniers avec une exception, cependant: le Botswana, Etat minier fondé sur lez diamant, que sa classe dirigeante a su gérer en investissant  dans le développement.

Nous nous trouvons dans le cas du Gabon, en face d’un système politique où le Président est véritablement le propriétaire de l’Etat .Il gère donc son pays comme il gère sa propriété privée. Le problème fondamental d’un chef d’Etat Africain dans un contexte extrêmement contraignant, est la survie politique. Pour survivre, lorsque l’on ne bénéficie pas d’une légitimité intrinsèque, le pouvoir doit s’appuyer sur certains ressorts. Au Gabon, le ressort essentiel est la redistribution à laquelle M. Bongo fait d’ailleurs allusion de façon intéressante dans son ouvrage. En effet, si l’on veut solidifier son pouvoir et se créer des soutiens, il faut se créer des clients. C’est là que réside tout l’art politique.

Il faut d’abord extraire les ressources (ce qui n’est pas difficile dans la mesure le pouvoir politique les contrôle) puis les redistribuer, car sinon on scie la branche sur laquelle on est assis, ce qui pose des problèmes d’instabilité politique. Les chefs d’Etat Africains qui ont duré sont ceux qui ont su redistribuer. Cependant, il ne s’agit pas de redistribuer en fonction d’une loi générale applicable à tous, car tout est basé sur le favoritisme à travers le jeu de la grâce et de la disgrâce. On arrive en faisant tourner la distribution, à contrôler le pays, puisque les personnes qui bénéficient à un moment donné d’une faveur en sont reconnaissantes et tirent une obligation loyauté. Quand elles perdent cette faveur, car il faut bien en faire profiter d’autres, elles se soumettent encore davantage, au lieu de se rebeller, en espérant que la prochaine elle sera plus importante. Tout le jeu repose sur l’extraction, et une redistribution de type clientéliste.

Je fais une distinction entre deux systèmes politiques : ceux qui fonctionnent selon un mode de régulation patrimonial ou ‘’Patrimonialisme rationalisé’’, et ceux qui arrivent à survivre par la redistribution. Le Gabon appartient à la première catégorie, il se rapproche en cela des systèmes camerounais, kenyan, ivoirien, etc. A l’autre pôle, existent des systèmes qui ne se préoccupent pas de la survie à court terme et se montrent beaucoup plus violents Ils ont recours à l’extorsion et à la prédation violente directe, ce qui fait référence aux cas les plus extrêmes et les plus sanglants de systèmes politiques africains, et aux ‘’seigneurs de la guerre’’. Dans ce cas, le pouvoir politique cherche à contrôler directement les mines, à en extraire les ressources en à s’enrichir sue cette base. Le Gabon s’inscrit plutôt dans ce que j’appelle le ‘’patrimonialisme rationalisé’’. C’est grosso modo mon analyse du système gabonais dans sa dimension  interne, une autre de ses caractéristique étant la dimension externe : il s’agit non seulement entre le chef  et se sujets mais aussi entre le Gabon et la France.


J’en viens à l’idée de : ‘’Françafrique’’. Ce terme a été repris par M. Verschave, mais je l’assume totalement. En effet, seulement c’est une belle image (on retrouve le mot fric dans Françafrique), mais aussi un véritable concept. C’est la meilleure expression permettant de caractériser le tissu très particulier de relations qui s’est créé  entre la France et les pays Africains qui sont ses anciennes colonies voire avec d’autres.

La Fançafrique est un concept original. Il n’existe pas d’ ’’angloafrique’ ou de ‘’belgioafrique’’.  En ce sens, le type de relations entre la France et les pays Africains de la Françafrique  illustre parfaitement l’expression de ’’néocolonialisme’’ dont il a à mon sens été abusé. Le néocolonialisme repose sur un tissu d’échanges complètement mélangé. Nous pouvons tout d’abord l’analyser en terme de relations de clientèle qui, normalement s’appliquent aux relations entre individus inégaux contrôlant des ressources inégales, et qui les lient de façon affectifs sur la base d’échange de services .On devrait pas, dans le cas de relations entre Etats, parler de relations de clientèle puisque les Etats sont censés être des abstractions. Mais c’est différent dans le contexte franco-africain, les relations entre la France et ses anciennes colonies ne sont pas des relations entre des Etats comme les autres.

On peut parler de clientélisme franco-africain à double titre, tout d’abord étant donné le nature de l’échange et ensuite par rapport à la personnalisation de celui-ci .Il s’agit d’un échange entre inégaux, avec d’une part le patron, qui contrôle des ressources critiques pour le client et d’autre part le client qui a inversement besoin de ce patron pour sa survie.C’est sur cette base que des échanges de services de toute nature vont se créer.

Les Etats Français et Africain sont enracinés dans un tissu de relations interpersonnelles qui lient les membres des classes dirigeantes et des élites à la fois politiques et économiques, de nos pays respectifs .C’est très caractéristique aujourd’hui, lorsqu’on constate les relations amicales qu’Omar Bongo entretien avec des membres de notre classe dirigeante Toute la Françafrique a été fondée sur des relations amicales, avec des échanges sociaux entre les membres de nos classes dirigeantes .Sa principale caractéristique est, selon moi le mélange des genres, à travers des échanges personnels privés et amicaux mais aussi publics. C’est le rapport entre les Etats qui est en question, car les relations d’amitié sont instrumentalisées au profit de relations d’Etat et inversement. Il s’agit aussi d’échanges politiques et économiques mélangés. En effet, Omar Bongo passe pour financier tous les partis français, ce qui indiquerait que les Français sont corrompus, mais dans d’autres cas c’est l’inverse .On ne peut pas distinguer les corrupteurs des corrompus, car cela joue dans les deux sens. Enfin, un leader africain est fragile et a besoin de protection.C’est la raison pour laquelle la France remplit un rôle de protecteur à la fois militaire, politique et économique.

En 1960, le général De Gaulle a été obligé d’accorder l’indépendance, instaurant une nouvelle légalité internationale formelle. En même temps, il chargeait son bras droit, Jacques Foccart (homme de l’ombre de gaullisme, Jacques Foccart est l’ancêtre les réseaux franco-africains depuis l’Indépendance. Secrétaire général de l’Elysée sous la présidence du général le Gaulle, chargé du domaine réservé Afrique et Services, puis conseiller personnel pour l’Afrique de Georges Pompidou, il est devenu le conseiller personnel de Chirac à Matignon de 1986-1988 puis à l’Elysée, de mai 1995 jusqu’à sa mort en 1997), de faire exactement l’inverse pour des raisons stratégiques c’est-à-dire de maintenir la dépendance d’un certain nombre de pays.

Il l’a fait  en sélectionnant  des chefs d’Etat amis par la guerre civile (comme au Cameroun, une guerre épouvantable qui a fait entre 100 000 et 400 000 morts), par l’élimination physique comme celle de Sylvanus Olympio au Togo (premier Président élu du Togo indépendant, il a été assassiné le 12 janvier 1963 par le feu Etienne Gnassingbé Eyadéma) ou du Centrafricain Barthélemy Boganda, disparu dans un accident d’avion, ou par la fraude électorale massive. Avec ces chefs d’Etat amis à la France, ont pu être  maintenus les "intérêts de la France", moyennant une omniprésence des services secrets et la mise ne place de financements parallèles, comme ceux que l’on voit aujourd’hui émerger dans l’affaire Elf. C’est comme dans un iceberg : la réalité la plus profonde est fort différente de l’apparence. Quand vous voulez gérer une dépendance et que vous proclamez une indépendance, cette gestion se fait forcément avec des moyens illégaux, occultes. » (Extrait de Noir Procès, François-Xavier Verschave, édition les arènes, mai 2001, pp. 291-293).

À la lumière des enseignements du Pr Jean François Médard, nous constatons que dans le système de clientélisme politique (Patrimonialisme rationalisé), il n’existe aucune « fusion » entre les « dirigeants » et le peuple. Les deux ne font pas corps unique. Le peuple est pris en otage par la pseudo-bourgeoisie à la mélano-leucodermie. La question de l’ « ennemi » (de qui?) mérite d’être clarifiée. Rappelons une nouvelle fois que dans son œuvre maîtresse, Vom Kriege, Clausewitz (1780-1831) a fortement souligné la subordination de la guerre à la politique. La ‘’Trinité clausewitzienne’’ (peuple-chef de guerre-chef d’État), suppose que la guerre est mené au nom du peuple par les États majors sous la responsabilité du Chef de l’État (ou du Guide du peuple). Or, dans l’écrasante majorité des « États berlinois » de la postcolonie, il se pose un sérieux problème de confiance entre le peuple est le sommet de l’État.


 Quelles sont les leçons à retenir?

Il me semble légitime de poser les questions suivantes :

1. Pourquoi le bourreau doit-il ‘’défendre’ son otage? (Sommes-nous en présence d’un ‘’syndrome de Stockholm’’ à l’envers?)

2. Le peuple étranglé a-t-il mandaté son « serre-gorge » pour le défendre? Le peuple doit-il assurer sa propre défense puisqu’il applique lui-même la « justice populaire » (comme c’est le cas au Cameroun, depuis l’avènement du ‘’Renouveau’’), en raison de la défaillance du système de justice et de protection des masses?

3. Qui est l’ennemi de qui dans cette guerre déclarée?

4. Et puis, gagner la guerre pour qui et pour quoi faire?

 Il me semble utile de préciser que les armées Françafricaines n’ont pas été formées pour défendre le peuple contre un éventuel « ennemi », mais pour mater le peuple en cas de rébellion contre l’ordre colonial ou néocolonial. Ce fut par exemple le cas au Cameroun dans le courant de l’année 2000 avec le ‘’Commandement opérationnel’’ et au mois de février 2008 où on a assisté à la mise en application de la guerre psychologique. Durant ces périodes funestes, l’armée a été déployée massivement dans les rues pour envoyer des milliers de Camerounais dans des fosses communes. Le peuple « choqué », s’est résigné et a abandonné tout sursaut de revendication de ses droits, même les plus élémentaires. L’expression « ON VA FAIRE COMMENT ! » est assez illustrative de la thérapie de choc collectif, laissant le champ libre à la « kleptocratie ». Boko Haram, apparaît comme une bestiole qui se pose sur une plaie surinfectée. Dans cette guerre contre Boko Karam, le peuple peut-il légitimement faire confiance à cette armée pour assurer sa sécurité et la protection de ses biens?

Une armée et un gouvernement peuvent-ils gagner la guerre sans être en « harmonie » avec le peuple dont ils sont ‘’sensés’’ protégé?

Les personnes qui jubilent parce que la guerre est déclarée contre Boko Haram, doivent comprendre qu'elles se mettent résolument dans la logique d'une victime qui danse au son du tamtam de son bourreau tout en ayant illusion de s'échapper au moindre mouvement si ce dernier se fatigue de taper sur le tamtam. Or, il ne cessera jamais de taper sur le tamtam car le fait pour la victime de danser à son rythme, est la condition sine qua non pour que lui, le bourreau se maintienne en vie. La seule façon pour la victime (prise en otage par le son du tambour de son bourreau), de se libérer, c'est soit de percer le tamtam, soit de briser les bras de son bourreau afin qu'il arrête de taper sur le tamtam. Mais, il est plus facile de se libérer en arrêtant tout simplement de danser au son du tamtam du bourreau, et inventer son propre rythme de danse. Finalement, le bourreau pourra se fatiguer de taper sur son propre tamtam car il se rendra compte qu'il tape dans le vide. Qui plus est, à la longue, il pourra même imiter le son du tamtam de sa victime provisoire. Dès lors, la peur changera de camp.


En guise de conclusion

Le peuple doit prendre son destin en main par une insurrection-révolution suivie d'un enracinement (redéfinition de l’identité culturelle, retour aux Humanités Classiques Africaines), pour mettre fin à la "République des Évolués". Cela suppose une rupture paradigmique et épistémologique.

Face aux actes terroristes et au sabotage de leurs investissements, pour protéger leurs investissements et leurs  intérêts sur le continent noir, les Chinois vont se résoudre à installer aussi leurs bases militaires partout en Afrique et le piège final va se refermer sur les Africains. Sans une insurrection-révolution suivie d'un enracinement, nous devons nous préparer à passer les 20 prochaines années dans la douleur et les tourments. Nous aurons des comptes à rendre à la future génération. Notre couardise doublée d'une absence de vision à long terme va nous coûter très cher. Continuons de dire "ON VA FAIRE COMMENT!" et attendons "Jésus le Sauveur".

 Les Africains appellent le pillage passif de leur pays, la paix.

L’édification et la protection d’un État fédéral d’Afrique noire, passe obligatoirement par la mise sur pied d’une armée continentale forte. Pour ce qui concerne la défense anti-aérienne. Il n'y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons anti-aériens. Qui plus est, les cartes géographiques dont disposent les états-majors datent de l’époque coloniale et ne reflète en rien la réalité. Aucun pays n'a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d'aéronefs suspects dans son espace aérien sans l'aide de forces étrangères, voilà pourquoi la CIA et le Qatar n’ont eu aucune difficulté à introduire leurs sbires de Boko-Haram au Nigeria.

Les roitelets nègres croyaient être à l’abri des attaques de la France en signant les humiliants « Accords de défense». Mais, nous savons bien que c’était pour mater les populations en cas de rébellion, et non pour faire face aux grands enjeux que nous dictent les descendants de Napoléon. La conséquence de cette inertie ? Aujourd'hui, des pays comme les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d'une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu'en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques. Je suis certain que Koudou Gbagbo serait encore au pouvoir si l’armée ivoirienne disposait seulement de 6 avions de combat F-16, ou un seul avion furtif, voire un bombardier B-52.

C’est pourquoi, j’appelle instamment la Nouvelle Génération Consciente et Patriote, à inscrire dans son programme politique, une part importante à un armement ultrasophistiqué. La création d’un centre continental d'études géostratégiques, de recherche et d'application sur les systèmes de défense, s’avère capitale. C’est une question de survie!

Chaque État fédéral d’Afrique noire doit accepter de donner au moins 10% de son budget pour le fonctionnement de cette structure continentale. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour peu afin de nous livrer des armes sophistiquées (fabriquées sur le continent, si cela est possible).

  L'Afrique manque de pédagogie axée sur la gravité:

 

  Bombe atomique africaine : conquérir la paix par la force, cliquez ici

 Du point de vue géostratégique, sans une armée puissante, nous ne serons jamais respectés et tous nos investissements vont partir en fumée comme ce fut le cas en Libye, après 6 mois d’intenses bombardements de l’OTAN. Le rapprochement vers les États comme la Russie, l’Inde ou encore le BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud), est vitale. Nous sommes persuadé qu’au lieu d’aller se faire dérouler une tente à Matignon par SARKOZY, le combattant Mouammar Kadhafi serait encore en vie, s’il s’était tourné vers la Russie pour nouer un véritable partenariat gagnant-gagnant. Pour preuve, Bachar al-Assad, le protégé de Poutine est encore en vie et il vient de remporter les élections présidentielles. Le rattachement de la Crimée à la Russie, atteste que Poutine est un excellent géostratège. Alors, ouvrons les yeux et regardons dans la bonne direction. Une autonomie sur tous les plans s'avère nécessaire et inévitable.

Les Noirs ont bâti la plus brillante civilisation humaine de tous les temps (civilisation négro-égypto-nubienne), en tant que précurseurs de l’humanité. Les Noirs ont subit les razzias négrières, donc travail gratuit en tant qu’esclaves. Les Noirs ont subit la colonisation, ils ont des dettes à rembourser en tant qu’indigènes. Les Noirs subissent le néocolonialisme, ils continuent de rembourser des dettes en tant qu’« Évolués ».

 Voici le message du sage Vusamazulu Credo Mutwa pour l'humanité:

 


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