• Font size:
  • Decrease
  • Reset
  • Increase

Articles

Traite négrière française : les vrais chiffres

La France a transporté aux Antilles, depuis ses ports, en toute légalité et avec l'appui de l'État, entre 1635 et 1818 (date d'interdiction de la traite par Louis XVIII) environ 1 200 000 personnes (Africains arrivés vivants). Les descendants de ces Africains déportés par la France (en considérant comme descendant d'esclaves toute personne dont 50 % au moins des ancêtres correspondant à la génération du début de la Révolution française étaient ou avaient été esclaves) représentent au début du XXIe siècle:

10 millions d'Haïtiens vivant en Haïti.

2 millions d'Haïtiens de la diaspora vivant aux USA (1 million dont 600 000 à New York), au Canada, dans les départements d'outre-mer ou en France.

2,5 millions de Français, dont 1 million en France continentale (et 600 000 en île de France : 5 % de la population de cette région).

Ce chiffre pourrait être encore plus important- environ un million de personnes supplémentaires- si l'on prenait en compte les Français ayant, parmi leurs ascendants, au début de la Révolution française, au moins un ancêtre esclave déporté d'Afrique, mais dont moins de 50 % des ancêtres de cette génération étaient ou avaient été esclaves.

Il y aurait donc environ 4,5 millions de Français (7 % de la population) descendants d'esclaves, au sens large, dont 3,5 millions (5,4 % de la population) de descendants « visibles ».

La traite négrière subventionnée par la France:


 

Ainsi, en comptant les 12 millions d'Haïtiens, les descendants d'esclaves déportés par la France seraient aujourd'hui 16,5 millions, dont 15,5 millions de descendants « visibles ». En se fondant sur le chiffre moyen de 18 000 € par esclave (montant de l'indemnité par esclave versée aux colons en 1849, actualisé selon le principe que le salaire minimum annuel de 2013 équivaudrait peu ou prou à 500 F or, le salaire annuel d'un domestique vers 1850), le chiffre d'affaires de la traite française serait de 21,6 milliards d'euros, dont au moins 50 % de bénéfice net : 10,8 milliards d'euros.

Un exemple du prix d'une Africaine payé en 1790 par les négriers français aux sous-traitants :

Sept pièces de tissu, trois fusils, cinq barils de poudre, cinq barres de fer, huit chapeaux et bonnets, une poignée de perles, quatre cadenas et deux couteaux.
(estimation actualisée : 1000 euros)

Pour un Africain débarqué, les historiens sérieux et honnêtes estiment que 5 Africains étaient morts pendant les opérations de capture et de transport (mort violente par suicide ou par répression des rébellions, maladies). À ce chiffre de 1,2 million, correspondrait donc celui de 6 millions de morts.

Cela représente, pour la France, une ponction sur les régions côtières, principalement de l'Afrique occidentale, de 113 Africains disparus (19 départs et 94 morts) chaque jour pendant 176 ans.

Les destinations étaient les suivantes : Saint-Domingue (République d'Haïti) 70 %, Martinique 12 %, Guadeloupe et dépendances 11 %, Guyane 4 %, autres destinations dont Louisiane 3 %. Le chiffre de 1 200 000 Africains débarqués aux Antilles par des bateaux français s'appuie sur les expéditions connues et répertoriées jusqu'en 1818 (date d'abolition de la traite).


Il faut donc y ajouter les expéditions clandestines qui se sont poursuivies au-delà de 1818, parfois jusqu'en 1865. Il faudrait probablement ajouter au moins 300 000 déportés clandestins, ce qui porterait le palmarès de la France à 1,5 million d'Africains déportés et 7,5 de morts. Les ports de départ des 3849 expéditions esclavagistes connues et légales (il s'agit d'un chiffre minimum, celui de 4200 étant également avancé) étaient les suivants :

Nantes 1725 expéditions esclavagistes (536 000 Africains déportés) : 4,8 milliards d'euros de bénéfice

 

Bordeaux 508 ex. (158 000 Africains déportés) 1,4 milliards d'euros de bénéfice

 

 

La Rochelle 481 (149 000 Africains déportés) 1,3 milliards d'euros de bénéfice

Le Havre 451 (140 000 Africains déportés) 1,2 milliards d'euros de bénéfice

Saint-Malo 217 (67 000 Africains déportés) 600 millions d'euros de bénéfice

Lorient 144 (44 000 Africains déportés) 400 millions d'euros de bénéfice

Honfleur 136 (42 000 Africains déportés) 378 millions d'euros de bénéfice

Marseille 90 (28 888 Africains déportés) 259 millions

Dunkerque 45 (14 000 Africains déportés) 126 millions

Rochefort 23 (7000 Africains déportés) 63 millionsBayonne 16 (5000 Africains déportés) 45 millions

Vannes 13 (4000 Africains déportés) 36 millions

En fait, les ports français de commerce (à l'exception des ports de guerre de Brest et de Toulon) ont tous plus ou moins participé à la traite.

Les chiffres cités sont bien entendu des estimations.

NB: Il faut noter qu'il s'agit d'une estimation basse puisque basée sur le chiffre de 18000€ « d'indemnités » par esclave. Or il est clair que le coût d'un travailleur libre qu'on aurait dû motiver à partir si loin de chez lui, qu'il aurait fallu déplacer dans des conditions convenables, aurait été bien plus important que le coût des déportations telles qu'elles se sont pratiquées.

Et comme la richesse produite au fil du temps par les esclaves a forcément fructifié, on pourrait ajouter l'ensemble des intérêts cumulés sur presque 200 ans grâce aux bénéfices de la traite. Le bénéfice net de la traite française en prenant en compte les éléments évoqués pourrait être 5 à 10 fois plus important. Cela dit, l'estimation du gain véritable pour les esclavagistes est très difficile à établir et le chiffre de votre estimation est une bonne base qui est incontestable.

 

Slim Marzouk militant noir que Bourguiba a enfermé dans un asile psychiatrique pendant 35 ans!

Samedi, mars 2, 2019 / Par Maha Abdelhamid *

SLIM Moussa, connu sous le nom de Slim Marzoug aussi EL Général. On est au début des années 60, il est le premier homme tunisien noir à dire tout haut : NON AU RACISME. Il a été enfermé par Bourguiba plus de 35 ans à l'hôpital psychiatrique de la Manouba.

Slim Marzoug, connu sous le nom de Général Slim. C'est un Tunisien noir de Gabès, qui est revenu, dans les années 1960, dans son pays, après des études universitaires en aviation à Paris et une visite aux Etats Unis. A son retour en Tunisie, il est passé voir Habib Bourguiba, qui a refusé de lui accorder un poste dans son gouvernement, sous le seul prétexte de sa couleur de peau.

J'ai rencontré sa sœur ces dernières années. Elle m'affirme que l'ancien président a dit à son frère : «Ok, donc, tu as fait des études universitaires, je t'envoie comme ambassadeur dans un pays de l'Afrique subsaharienne, comme ça tu seras bien parmi les tiens».

Sorti choqué et en colère contre Bourguiba, il est rentré dans le sud tunisien pour essayer de rallier les gens à sa cause, en créant un parti politique noir, en organisant des meetings et en ouvrant des sections locales à Gabès (Mdou, Arram) et les villages environnant, où il y a une grande concentration de Noirs.

Craignant que cette mobilisation politique devienne nationale puis obtienne une visibilité internationale (avec le ralliement à la cause afro-américaine), Bourguiba a étouffé l'affaire en mettant Slim Marzoug, non pas en prison car il deviendrait un leader et un prisonnier politique, mais à l'hôpital psychiatrique Razi (Manouba), où il a passé plus que 35 ans.

En 1987, après le coup d'Etat médical de Ben Ali, la sœur de Slim Marzouk a constitué un dossier pour le faire sortir de son enfermement à Razi, mais ce dernier a refusé et lui a dit :

«Qui va me dédommager pour ces 27 ans d'internement dans un hôpital psychiatrique? Toi, qui es vieille, tu vas me prendre en charge?? Laisse-moi terminer ma vie ici. Je me suis habitué. J'ai mes journaux, mes médicaments et mes amis médecins...»

Un mois avant sa mort, l'administration de l'hôpital l'a fait ramener chez sa sœur, à Gabès, où il est décédé en août 2001.

Les Africains dans la spirale de l'aliénation culturelle

 

Ces deux images résument a elles seules comment le Nègre est déjà foutu. Pendant que les uns sont conscients de la géopolitique et de la géostratégie et préparent la génération future à affronter les défis de demain, les autres préparent la future génération a donner leur cerveau à dieu pour qu'il vienne résoudre leur propres problèmes.

Les premiers sont conscients qu'ils seront RESPONSABLES demain de l'héritage que leur léguera les précédents.

Les seconds ont décidé de se déresponsabiliser de tout et de laisser monsieur dieu venir régler leurs turpitudes.

Les premiers regardent l'horizon avec vision, confiance, assurance, détermination, prévoyance, et anticipation...

Les seconds la regardent avec passivité, stagnation, attente d'un messie, d'un miracle, d'un sauveur...

Les uns agissent, les autres réagissent,

les uns contrôlent, les autres sont contrôlés.

Les uns utilisent leurs cerveaux pour résoudre leur propres problèmes,

les autres prient pour que le sauveur vienne résoudre et soigner leur propre maladie!

Et les seconds rêvent d'émergence alors que les premiers réalisent leur émergence! 

Le Nègre est dans une spirale d'aliénation dont il ne sortira jamais tant qu'il ne prendra pas conscience que son destin dépend avant tout de lui-même.

NB: cet article a été extrait de la page "Facebook" d'un Internaute.


Voici le portrait de deux enfants africains dont les trajectoires ne sont pas forcément identiques:

1. Une fillette en pleine séance d'évangélisation de ses amis:

 

 

2. Ameth Sy, ce petit garçon de l'île de Gorée du Sénégal connaît l'histoire sur le bout des doigts:

 

Michel Onfray: "Le système ne se laissera pas confisquer le pouvoir qu'il a réussi à voler au peuple"

01 février 2019

"Le populisme est", selon Michel Onfray, "la réponse des victimes malheureuses de la mondialisation dite 'heureuse' par les prétendus progressistes." ©BELGAIMAGE

Le philosophe dénonce "la violence libérale" et l'écologie des "bobos urbains". La colère populaire est légitime mais le "système" ne rendra pas le pouvoir au peuple. À l'heure où la France n'en finit plus de tenter de s'extraire de la crise des Gilets jaunes qui cristallise un profond mécontentement social, c'est un Michel Onfray combatif et particulièrement mordant qui monte au créneau pour dénoncer "la violence libérale" et l'écologie "des bobos urbains". Prenant la défense d'une colère populaire, selon lui, légitime, le philosophe normand, passé maître dans l'art de la polémique, stigmatise la confiscation du pouvoir par un système qui l'a volé au peuple.

Interview

par Simon Brunfaut

Comment définissez-vous le mouvement des gilets jaunes?

C'est le retour du refoulé de la violence libérale que l'État maastrichien impose aux populations les plus fragiles depuis le Traité de 1992. Ajoutons à cela le mépris de la parole populaire exprimée lors du référendum de 2005 car les acteurs de la démocratie représentative se sont empressés de jeter cette parole souveraine aux orties avec le Traité de Lisbonne de 2008. Ce mouvement demande de la démocratie directe contre la confiscation du pouvoir par le dispositif qui se dit représentatif. Il demande également du pouvoir d'achat afin de faire face à la cherté de la vie organisée par le capital. Il souhaite aussi de la dignité car on l'en prive depuis plus d'un quart de siècle. Il veut ce que la déclaration de droits de l'homme lui a promis: le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple et la décision de l'assiette, de l'étendue et des affectations de l'impôt.

Voyez-vous des similitudes avec d'autres mouvements sociaux à travers l'histoire?

Je relis ces temps-ci les pages des histoires de la Révolution française qui concernent ses prémices. C'est très intéressant. On y voit bien que ce sont de petites choses qui mettent en branle de grosses choses: le peuple ne fait pas la Révolution pour appliquer la république de Rousseau plutôt que celle de Montesquieu, mais pour du pain, du lait et du savon... L'enclenchement de la violence se fait avec le refus du Roi de répondre politiquement aux revendications et par la récupération de la parole populaire par les Jacobins, puis Robespierre. Nous ne savons pas vers quoi nous allons, mais la rigidité autiste du très jeune président de la république laisse craindre le pire.

L'indignation et la colère sont-elles des moteurs politiques suffisants?

Quoi d'autre sinon? L'Histoire a pour moteur essentiel les passions et non la raison. C'est ensuite, quand les historiens ou les philosophes l'écrivent, que l'Histoire donne l'impression d'obéir à des lois. En fait, elle obéit à des passions: colère et ressentiment, haine et envie, jalousie et convoitise. "L'homme est un animal frappeur" écrivait Schopenhauer. Il a raison, il ne faut jamais l'oublier...


 En France, le Grand Débat National vient de se mettre en place. Le pouvoir politique a-t-il la volonté et la capacité d'entendre le peuple?

Il ne veut pas l'écouter. Macron l'a dit: il prétend organiser "un Grand Débat" mais précise en amont que la ligne politique ne changera pas... À quoi bon dialoguer alors? Il répond aux revendications légitimes par une débauche de répression et de violences qui stupéfie et sidère bien au-delà des sympathisants des Gilets jaunes. Macron est le VRP de la politique libérale de l'État maastrichien: il a été placé là par un système médiatico-politique afin d'imposer son ordre, il effectue le job.

Les médias doivent-ils faire leur auto-critique? Comment la réaliser?

N'attendez jamais d'un journaliste qu'il vous dise qu'il s'est trompé : il serait professionnellement mort...Jamais les coupables n'effectuent d'autocritique de leur plein gré: de l'Inquisition chrétienne médiévale aux retropédalages médiatiques de ceux qui avouent un prétendu "langage inapproprié" après une attaque médiatique du politiquement correct, en passant par les procès staliniens ou maoïstes, ceux qui avouent s'être trompés ne le font jamais que sous la contrainte. N'attendez jamais d'un journaliste qu'il vous dise qu'il s'est trompé: il serait professionnellement mort...

Croyez-vous à une internationalisation croissante du mouvement des Gilets jaunes?

Elle existe, il faut se reporter à l'article wikipédia qui établit la liste des pays de la planète dans lesquels des Gilets Jaunes se sont manifestés. C'est très impressionnant.

Est-ce la fin de la démocratie représentative? Comment mettre en place une démocratie plus directe?

L'avenir le dira mais les tenants du système pseudo-représentatif ont des ressources: l'argent, le pouvoir, les médias, donc les moyens d'acheter, de réprimer, d'endoctriner. En face, les Gilets Jaunes n'ont rien d'autre qu'une parole éclatée, des figures hétérogènes, des débats d'egos entre "représentants" autoproclamés, fractionnement entre une ligne prête à collaborer avec le pouvoir et une autre prête à lui résister, une ligne pacifique et une autre qui est violente. Le système ne se laissera pas confisquer le pouvoir qu'il a réussi à voler au peuple.

Le référendum est souvent brandi comme une solution. En Grande Bretagne, c'est un référendum qui a mené au Brexit. Quelle est votre interprétation de ce choix?

C'est la volonté du peuple et ce qui m'étonne est moins que le peuple ait fait savoir qu'il voulait se désengager de cet État maastrichien — c'est son droit le plus strict puisque, comme tous les peuples en démocratie, il est souverain — que les contorsions faites par les eurocrates qui, nonobstant une fois de plus l'expression populaire, font tout pour que ce Brexit n'ait pas lieu: de la création du concept de "Brexit light", qui dit tout, au refus pur et simple d'organiser cette sortie voulue par le peuple sous prétexte que, pour se séparer de l'Europe, il faudrait qu'on obtienne son autorisation de l'Europe, en passant par le matraquage médiatique des scénarios catastrophes en cas de sortie. On ne peut mieux signifier qu'il s'agit d'un mariage forcé.

Dans ce contexte, l'Europe apparaît de plus en plus fragilisée et incapable de se renouveler. Un autre projet européen est-il possible?

Je persiste à croire que personne n'est anti-européen en Europe mais que c'est une performance de propagande que d'avoir réussi à établir l'équation: "pour l'Europe libérale = pour l'Europe", "contre l'Europe libérale, parce qu'elle est libérale, et non pas parce qu'elle est Europe = contre toute Europe, donc pour le nationalisme, donc pour la guerre!". L'idéal européen, c'est une Europe des Nations avec une monnaie commune, et non unique, avec une conservation de la souveraineté par les États. Un contrat de mariage, autrement dit: le contraire du mariage forcé...

Le populisme gagne du terrain un peu partout dans le monde. Un passage obligé et inévitable pour les démocraties contemporaines?

Je ne souscris pas à ce mot "populisme" parce qu'il procède des éléments de langage de l'État maastrichien qui s'en sert pour enfermer le débat politique dans un manichéisme qui opposerait "populisme" à "progressisme" comme le camp du mal au camp du bien. Que ceux qui se proclament eux-mêmes "progressistes" estiment qu'on peut louer le ventre des femmes afin de mieux pouvoir acheter des enfants en dit long sur la nature des progrès invoqués!


Pour ma part, j'oppose plutôt les "populistes", qui ont le souci des peuples, aux "populicides", qui veulent s'en débarrasser. Par ailleurs, que le populisme, qui est souci des peuples, revienne au-devant de la scène internationale n'est pas étonnant: il est la réponse des victimes malheureuses de la mondialisation dite "heureuse" par les prétendus progressistes.

De nombreuses "Marches pour le climat" mobilisent actuellement les citoyens. La crise écologique peut-elle être résolue autrement que par une remise en question profonde du système capitaliste?
L'écologie est récupérée par les bobos urbains libéraux en mal de religion civique: "sauver la planète" est leur mantra. Si tel était vraiment leur souhait, pourquoi alors s'acharner sur les individus modestes que l'on culpabilise de polluer avec leurs vieilles voitures, de dégrader la planète avec leurs déchets, de la détruire avec leurs nourritures, tout en épargnant la classe supérieure avec ses

voyages en avion, sa consommation excessive de métaux rares et très polluants à laquelle oblige la multiplication de leurs ordinateurs, de leurs portables, de leurs instruments domotiques, de leurs écrans et de leurs maisons multiples?

Ou même avec le moteur électrique de leurs voitures hybrides qui pollue plus qu'un diesel si l'on prend en compte le coût écologique des métaux rares qui le composent et qui s'avèrent impossibles à recycler. À quoi il faut ajouter que ces moteurs obligent à pérenniser le nucléaire sans lequel ces écologistes ne pourraient pas recharger leurs batteries, les énergies renouvelables ne le permettant pas...L'écologie mondaine qui fait la loi politique de nos démocraties maastrichiennes ne concerne que les bobos diplômés qui vivent dans les villes et qui ignorent ce qui distingue un veau, une vache, un taureau, un bœuf, une amouillante, un taurillon...

Si vraiment on voulait une écologie qui ne soit pas de surface ou qui serve de variable d'ajustement électoral pour faire basculer la droite libérale ou la gauche libérale dans le camp des vainqueurs, alors il faudrait effectivement un véritable programme de décroissance anti-libérale.

Simon Brunfaut

Source: L'Echo

How African courts glorify colonialism with wigs and gowns

The tradition of wearing horsehair wigs, perukes, 'a term derived from the French word perruque (weaving wig)' and gowns by the judiciary predates the 15th Century. In the 14th Century, during the reign of King Edward III, the accepted costume for nobles who appeared before the Court of the king was the robe. Later in the 17th Century, the gown was adopted together with the peruke (horsehair wig) as the formal apparel of judges and lawyers, a bid to differentiate the elite from the commoners.

More about this

This Ghanaian Pan-Africanist shocked colonisers by wearing African attires to their courts in the 1900s

 The untold story of an illegally enslaved girl in the Gold Coast who took her black master to court in 1876

The regretful law that made French more popular in Africa than in France

Female law school graduate denied call to Nigerian bar after refusing to remove hijab

Originally, judges were required to wear purple robes on ordinary days, and red robes in ceremonial instances and criminal matters with the possibility of a death sentence decision. After the death of the king, however, they were changed into mourning gowns of black, a change that was later adopted by all. After half a century into the end of colonialism, courts in many parts of Africa still cling to this old English tradition.


While the originators of this tradition have long abandoned it, some African jurists have written scholarly papers and given talks on why the wig and gown tradition should not be abolished in their courts. Many African lawyers are against the wearing of wigs and gowns but they are faced with fierce opposition from legal bodies that set strict regulations. Last year, Ghana's Chief Justice, Sophia Akuffo, cautioned lawyers in the country to wear the wigs to "preserve the tradition".

This same country is the home of lawyer, nationalist and Pan-African culturalist, Kobena Sekyi (formerly William Esuman-Gwira Sekyi) who is famous for actively resisting European rule and cultural imperialism in the early 1900s, to the extent that he vowed never to wear European clothing again, and became the first lawyer in the then-Gold Coast colony to appear in court in a traditional African cloth.

A group of jurists in support of the colonial outfit argue that the long and short wigs worn by judges and lawyers, respectively, are symbolic to the objectivity of the law. Since the long wigs of the judges cover both ears, it is presumed that the judge's ears are shut to both parties in the matter to prevent bias. The short wigs of the lawyers, however, imply that the lawyer listens to both parties involved. This symbolism affirms the audi alteram partem (translated to wit as 'hear the other side') rule of natural justice.

Is this to say that those African countries that no longer practice this obscure tradition do not understand the principles of natural justice? Does this in any way mean that judges in those areas 'tilt' their heads in the dispensation of justice? Certainly not.


 The only effect these costumes have in courts in actual sense is the heat it promises. These costumes are not favorable to the African weather. Africans often find themselves in too much heat that they do not need the help of a European costume to plant heat on their skins. We could have an endless talk on the harm these wigs and gowns could have on the brain due to the excessive heat in most African courtrooms.

Again, there is the argument that the practice maintains the tradition of the courts by bringing dignity and formality in court proceedings. To those in support of the tradition, the air of weight the wigs and gowns carry with them is the only thing needed to bring sanity into the courtrooms. This argument is highly flawed. The adornment of the wigs and gowns does nothing to the substance of the laws. It is merely a procedural fluff.

From a realistic viewpoint, the adornment of the wig and gown has little or nothing to do with the administration of justice, like polygamy and adultery have nothing to do with sexual satisfaction. They are questions of power and status, and the adornment of these things is wholly an indication of the tendency of the African leader to cling to power. The only thing this fancy garb does is to sequester the high and mighty from the 'inferior' in the courts. This is a glaring praise to colonialism, massaging the back of the very brutalities meted out to a people through segregation and classifications. Others are of the view that this tradition retraces the history of Africans as a people.

But, is it necessary that Africans wear this costume to remember their past? How do we heal our wounds if all we do everyday is open them and touch their wet surfaces? Wearing the wig and gown to remind ourselves of our past is like willingly leading our daughters into the homes of older men who touched them in their sleep at night. Must our daughters live in their homes because they said they have stopped raping young girls? Truth be told, this practice is brutish, backward, reactionary and of no significance today, and thus, should be jettisoned. It merely glorifies the masters' way of intimidating their subjects, inciting eminent fear among the people by divisions and classifications.


 Ghana : les juges obligés de porter des perruques héritées de la colonisation

 Sandro CAPO CHICHI - 03 novembre 2017

La juge en chef du Ghana, Madame Sophia Akuffo, a déclaré que tous les juges du pays devraient porter des perruques à compter du 1er novembre 2017.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.fr

Les Etats africains ayant obtenu leur indépendance de la Grande-Bretagne sont souvent présentés comme s'étant davantage émancipés de leurs anciens colons que ceux ayant appartenu à l'empire colonial français. Sans nier cette dépendance plus grande des pays francophones vis-à-vis de leur ancienne puissance colonisatrice, il existe un détail particulièrement perturbant qui continue à hanter les institutions juridiques des pays anglophones.

Les perruques des juges africains et caribéens

Des Bermudes au Nigéria, en passant par le Kenya et les Bahamas, nombreuses sont les institutions judiciaires d'anciennes colonies britanniques à avoir maintenu le port obligatoire de perruques pour les juges et/ou pour les avocats.


Même le Zimbabwe, considéré par beaucoup comme le bastion de l'anti-néo-colonialisme britannique en Afrique, continue à arborer ce symbole colonial considéré esthétiquement ridicule par beaucoup. Outre l'aspect visuel, le port d'un tel ornement dans des pays à la température souvent très chaude peut surprendre. Mais l'aspect le plus surprenant du maintien de ces perruques est sans doute leur prix. En Ouganda par exemple, un journal, le New Vision, a établi que chaque perruque coûtait à elle seule 6500 dollars!


 Ghana, un revirement inattendu

Nombreux, sont ceux, dans les pays concernés, à avoir dénoncé le port des perruques dans les cours de justice. En Jamaïque, la tradition du port de la perruque et de la robe rouge a été officiellement abandonnée en 2013, laissant la place à une robe plus légère aux couleurs du drapeau local.

 

Au Ghana, alors que le port des perruques dans les tribunaux était critiqué dans l'opinion publique et semblait tomber en désuétude dans les cours de justice, une décision inattendue a causé ce que beaucoup pourront considérer comme un pas en arrière dans l'émancipation vis-à-vis du colonialisme. Fin octobre 2017, la juge en chef du pays, Sophia Akuffo, a rendu obligatoire le port de la perruque pour tous les juges du Ghana durant des audiences.

La mesure est destinée, selon Akuffo, à rétablir l'aspect formel du tribunal, à garantir l'anonymat des juges et à mettre fin « à une société sournoise caractérisée par une apparence trop décontractée au travail ».

Le syndrome du sorcier blanc?

Pour beaucoup d'Afro-descendants, ce choix de maintenir des symboles coloniaux comme seul moyen de préserver l'ordre en Afrique s'apparente à celui qui continue à caractériser une grande partie des sélections africaines de football dirigées par des sélectionneurs blancs. Malgré le salaire plus important versé à ces derniers qu'il ne le serait versé à des locaux, leur choix est justifié par la capacité à maintenir l'ordre que n'auraient pas des entraîneurs locaux. Que cette explication soit ou non véridique, il apparaît toutefois clairement que la pratique est enracinée dans un complexe colonial et qu'il serait grand temps de réfléchir à des solutions alternatives forcément existantes.


 Pourquoi les juges noirs s'accrochent à leur perruque blanche au Kenya

Dénoncé comme une survivance coloniale, le couvre-chef des magistrats fait un retour remarqué dans les tribunaux et au Parlement.

Par Bruno Meyerfeld Publié le 08 novembre 2016 à 17h37 - Mis à jour le 08 novembre 2016 à 22h59

Dans le désordre de son bureau, Christine Hayanga tire à elle une petite boîte en carton et en sort une masse argentée et fripée, dont elle se coiffe avec soin. Mais le couvre-chef est trop petit. Mal ajusté, il penche, s'écroule sur le front de l'avocate kényane bien en chair. Pas grave, elle assume : « Les médecins ont leur blouse, les policiers leur uniforme, les cuisiniers leur toque. Nous, les avocats, on a la perruque ! », dit-elle sans se démonter.

Lire aussi Les Noirs et leurs cheveux : démêler le vrai du faux

Pourtant, malgré l'enthousiasme de Mme Hayanga, la querelle des perruques fait rage au Kenya. Le couvre-chef cérémoniel est en effet perçu comme un symbole colonial par de nombreux Kényans, qui ont regardé avec affliction le nouveau « chief justice » et président de la Cour suprême, David Maraga, plus haute autorité du système judiciaire, prêter serment le 19 octobre coiffé d'une perruque poudrée et drapé d'une lourde robe pourpre et noire. Le tout en gardant un air digne malgré un vif soleil d'Equateur.

« Un anachronisme horrible et ridicule »

L'image a fait ricaner, mais en a aussi énervé plus d'un. Sénateur de Kisumu, et opposant en chef à la perruque, Peter Anyang Nyong'o ne s'en remet pas. « C'est un anachronisme horrible et ridicule ! », rugit le parlementaire, qui n'hésite pas à traiter les accros aux faux cheveux de «clowns». Car quoi de plus british que ce postiche confectionné en crin de cheval ? La wig est passée du crâne des magistrats britanniques à ceux du Kenya nouvellement indépendant. Version « short » avec petits rouleaux pour les avocats et « full-bottomed », jusqu'aux épaules, pour les magistrats. « La garder fait de nous des Noirs avec un masque de Blanc », s'indigne le grognard de la politique kényane.

Au Kenya, on assiste pourtant bien à un retour de la perruque. Les « speakers », présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, dont le protocole donne aussi droit à couvre-chef poudré, n'hésitent pas non plus à poser fièrement, faux cheveux au vent, sur leur compte Twitter respectif. Des perruques, le cabinet de Christine Hayanga en acquiert régulièrement, les mettant à la disposition des jeunes avocats et magistrats qui souhaiteraient les louer ou les acheter. « C'est très populaire. Tout le monde veut la sienne en ce moment ! », insiste-t-elle.

Lire aussi L'armée kényane impliquée dans le trafic de charbon mené par les Chabab en Somalie

La perruque avait pourtant perdu du terrain au Kenya. Lors de sa prestation de serment en 2011, le dernier « chief Justice », Willy Mutunga, avait renoncé avec fracas à celle-ci, de même qu'à la robe rouge. « Je serais très heureux de porter une couverture masai. Ça, au moins, c'est kényan ! », plaisantait-il alors. Un an plus tard, c'est tête nue que le juge Mutunga rendait optionnel le port de la perruque dans les cours de justice kényanes.


Dans son sillage, les « speakers » du Parlement tombaient la perruque, qu'ils ne portaient plus qu'en des circonstances exceptionnelles. « L'idée était de démystifier la justice, de la rendre plus proche des gens, dans le sillage de la nouvelle Constitution », se souvient Isaac Okero, président de la Law Society of Kenya, qui représente plus de 13 000 avocats kényans. La circulaire de Mutunga remplaçait la formule « My Lord » pour s'adresser aux magistrats et avocats par un «Votre Honneur » ou un « Mheshimiwa » swahili.

Aucun rapport avec les cheveux africains

Pourquoi tant de haine ? Selon la blogueuse malawienne Sitinga Kachipande, qui a publié en 2012 une tribune sur le sujet dans le Guardian, le couvre-chef est pire qu'une survivance coloniale. Selon la jeune femme, outre son prix insoutenable pour les systèmes judiciaires africains (de 350 à 5 500 euros pour du premier choix), la perruque est un objet quasi racialisé : « [elles] sont jaunes, blondes, grises ou blanches », « afin d'imiter la texture des cheveux des blancs Britanniques » et « rien de cela n'est ondulé ou afro et ne se rapproche des cheveux noirs africains ».

« Sur la perruque, la profession est divisée », tempère M. Okero, qui a lui même hérité d'une belle perruque de son père, juge dans le Kenya des années 1960. « J'y suis attaché ! Même si ça fait un look bizarre, que ça donne chaud. Mais allez à la prestation de serment des avocats du barreau : ils portent tous une perruque. Pour eux, c'est un symbole de justice et d'autorité. Ils en sont fiers et se la sont appropriée. »

« Ce n'est pas parce que quelque chose est d'origine britannique qu'il faut forcément l'abolir !, renchérit Patricia Kameri, doyenne de l'école de droit à l'Université de Nairobi. Et le droit kényan, c'est du droit anglo-saxon, il faut l'assumer. » Sur le continent, le Kenya n'est pas seul à s'entêter du couvre-chef, qu'on porte encore sans honte dans de nombreux pays d'Afrique, anciennes colonies britanniques (Ghana, Gambie, Zimbabwe, Sierra Leone...).

Lire aussi Un dernier kilomètre de câble, pour illuminer le Noël des Kényans

L'Afrique, terre d'avenir pour la perruque ? Paradoxalement, le retour en grâce du postiche a lieu alors que celui-ci tombe en disgrâce au Royaume-Uni, et n'a plus droit de cité dans les affaires civiles en Angleterre et au pays de Galles depuis 2008. « On pourrait quand même essayer de la remplacer par quelque chose de plus africain, non ?! », estime le sénateur Nyong'o. Par quoi alors ? « Il y a des tas de symbole d'autorité en Afrique : les bâtons traditionnels, les peaux de bête, les poils de singes, le chasse-mouches », énumère-t-il.

Plus facile à dire qu'à faire. « Il a 42 ethnies différentes au Kenya, et les attributs de l'autorité et de la justice sont différents chez chacune d'entre elles », rappelle Patricia Kameri. « Il sera compliqué de trouver un symbole qui unisse tout le monde. Le symbole colonial permet aussi de ne pas s'aventurer sur ces terrains glissants et dangereux. » La perruque, toujours mieux qu'un crêpage de chignon.

Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)

CAMEROUN-NZANA SEME: FRÈRES ET SOEURS BETI, BULU ET FANG, CHOISISSEZ ENTRE VOTRE ETHNIE ET NOTRE NATION

Par Ndzana Seme/Mardi 29 janvier 2019

SI VOUS CHOISISSEZ VOTRE ETHNIE, VOUS FINIREZ COMME DES SÉCESSIONNISTES «ÉKANG», PARCE QUE LE PEUPLE CAMEROUNAIS VOUS COMBATTRA.

SI VOUS CHOISISSEZ NOTRE NATION, VOUS FINIREZ COMME DES PATRIOTES CAMEROUNAIS, PARCE QUE LE PEUPLE CAMEROUNAIS VOUS CHÉRIRA.

MAIS VOUS NE POURREZ PAS CHOISIR LES DEUX, UNE CONFUSION DANS LAQUELLE PAUL BIYA ET SON RÉGIME VOUS ENTRAINENT POUR VOUS SAIGNER.

Hier, le peuple anglophone, sur la table de négociation à Bamenda comme dans la rue, a dit qu'il ne veut plus la centralisation de tous les pouvoirs politiques aux mains de Paul Biya et ses copains, demandant comme solution une révision de la constitution pour le retour du Cameroun au fédéralisme, afin qu'il puisse gérer lui-même ses propres affaires. Biya et son régime ont dit JAMAIS au dialogue, en vous présentant mensongèrement les anglophones comme des biafrais qui méritent d'être écrasés. Beaucoup d'entre vous soutiennent les massacres des résistants anglophones, que Paul Biya a poussés au sécessionnisme, croyant qu'ils sont des biafrais, vos ennemis.

Aujourd'hui, après que huit partis d'opposition soient allés à l'élection présidentielle du 7 octobre 2018 et aient montré au peuple les fraudes massives que vous connaissez chacun d'entre vous, certains parmi vous y ayant même participé pour faire gagner Biya comme toujours, ainsi qu'à quel point la loi électorale, son Elecam et sa cour constitutionnelle sont injustes et partisans en faveur de Paul Biya et du RDPC, Paul Biya et son régime disent JAMAIS au recomptage des votes que demande Maurice Kamto. Et quand ces partis manifestent leur mécontentement dans la rue pacifiquement le 26 janvier 2019 conformément à la constitution, Paul Biya et son régime les arrêtent, les emprisonnent et les accusent de terrorisme, en les présentant comme les bamiléké, comme vos ennemis.

Allez-vous accepter que vos voisins bamiléké, qui ont toujours été avec vous, deviennent subitement vos ennemis, tout simplement parce que Paul Biya a décidé de vous les présenter comme vos ennemis afin de s'accrocher au pouvoir? Le régime de Paul Biya vous présentera toujours tout camerounais qui aspire à occuper le fauteuil présidentiel comme le chef d'une tribu qui veut arracher le pouvoir aux beti, bulu et fang.

Alors qu'en 37 ans de pouvoir de Paul Biya, vos villes, vos villages et vos familles n'ont rien à montrer pour dire qu'ils sont mieux que ceux des autres tribus du Cameroun.

Pourquoi? Parce que le régime Biya n'est pas un régime beti, bulu et fang, mais plutôt un régime néocolonial que les colons français ont imposé, au prix du génocide de nos pères de la nation combattants de l'indépendance véritable du Cameroun.


Ce ne sont pas les beti, bulu et fang qui ont mis Paul Biya au pouvoir en 1982, mais plutôt les français qui l'ont imposé comme successeur d'Ahmadou Ahidjo.

Paul Biya n'est pas au service des beti, bulu et fang, qui continuent de croupir dans la misère sous son règne, mais plutot au service de la France et de ses entreprises qui monopolisent et étouffent l'économie camerounaise et assurent les arrières de Paul Biya et ses «élites» (rendus tels par nominations présidentielles) dans leur pillage de la fortune publique, leurs vols et leurs détournements des fonds publics. La tribu de Paul Biya et ses «élites» n'est pas beti, bulu ou fang, mais plutôt celle des serviteurs des intérêts français et des leurs propres.

Cette tribu des collaborateurs du colon a ses origines qui remontent à la création du Cameroun à l'époque de l'occupation allemande. Les nazis camerounais, comme l'éwondo Karl Atangana Ntsama, étaient tellement zélés au service du colon allemand qu'ils faisaient exécuter les élites sociales parmi nos ancêtres, tel nos «mié dzala» (nos ancêtres créateurs de villages, des seigneurs domaniaux) qui résistaient à l'autorité coloniale des blancs, exécutés à Yaoundé sur ordres du nazi Atangana.

Son successeur, Abega Belinga Martin, tout aussi zélé au service des tuteurs coloniaux français, battit campagne aux cotés de Louis Paul Aujoulat contre l'indépendance du Cameroun, demandant que le Cameroun devienne une possession (dom-tom) française et que s'il voyait l'indépendantiste Ruben Um Nyobè devant lui, il allait le tuer de ses propres mains.

Paul Biya, tout comme Ahmadou Ahidjo, est comme Charles Atangana et Martin Abega Belinga, un serviteur de la France et des français, que la France a placé comme son fantoche à la tête d'une République du Cameroun, un État non indépendant et soumis à la France. Mais la jeunesse camerounaise de toutes les tribus est déterminée à mettre fin au régime néocolonial dirigé par Paul Biya, qui ne lui a apporté que chômage, pauvreté, insécurité et destruction des vies.

Vous les beti, bulu et fang êtes aussi victimes du régime Biya que toutes les autres tribus camerounaises. LE RÉGIME BIYA EST VOTRE ENNEMI NUMÉRO UN.

Ne vous laissez pas entrainer par la campagne du tribalisme du régime Biya contre les anglophones et les bamiléké, dont le but est de vous livrer comme la chair à canons dans la guerre civile qu'il prépare afin de conserver le pouvoir par la force des armes et de continuer de vous maintenir dans la misère et l'insécurité, au service de ses maîtres français.

CAR LES JOURS QUI VIENNENT SONT CEUX DE LA RUPTURE ENTRE LE PEUPLE CAMEROUNAIS ET LE RÉGIME NÉOCOLONIAL FRANÇAFRICAIN AHIDJO-BIYA, QUI FERA COULER LE SANG DES «ÉKANG» SANS QUE LES FAMEUX BIR ET AUTRES FORCES ARMÉES DE BIYA PUISSENT VOUS PROTÉGER.

Ndzana Seme, 29/01/2019.

http://africanindependent.com/news/?p=2832


 Françafrique expliquée par Verschave François-Xavier:

 

 

 Régimes politiques en Afrique francophone

Professeur Jean-François Médard. Extrait de ''Noir Procès'', P291-313; François-Xavier Verschave, Édition les arènes, mai 2001.

Je constate que la plupart des systèmes politiques africains qui ont connu une stabilité ont été construit autours d'un homme. On peut parler du « système Houphouët » en Côte d'Ivoire, du « système Kenyatta » au Kenya et du « système Bongo » au Gabon. Comme l'on peut parler des systèmes locaux de pouvoir personnel autours des grandes villes. Je viens de Bordeaux où nous avons connu pendant longtemps le « système Chaban ». J'ai d'ailleurs travaillé sur ces derniers avant d'aborder le régime africain, ce qui a été une très bonne passerelle.

C'est un système de pouvoir personnel que j'aborde à partir de travaux d'un grand sociologue Allemand, Marx Weber. Il a travaillé sur les Mérovingiens, les Chinois,...et non sur l'Afrique. Mais il a élaboré la notion de patrimonialisme et de domination patrimoniale, type traditionnel de domination .Cette domination patrimoniale se caractérise par le fait qu'il s'agit d'un système politique différencié dans la mesure où un chef commande à des personnes qui ne sont pas ses parents.

Cependant, la logique du pouvoir repose sur la confusion du public et du privé, le chef patrimonial gouvernant son royaume comme une propriété privée. Ce patrimonialisme peut être transposé dans le contexte africain. Je parle alors de néo-patrimonialisme parce qu'il ne s'agit pas d'un système de pouvoir traditionnel. C'est un système qui, formellement, comprend un Etat comme le nôtre, avec des tribunaux, des administrations et des lois. Mais les agents de l'Etat privatisent leurs fonctions, du sommet à la base, ce qui conduit à la patrimonialisation d'un Etat bureaucratique.

Le système patrimonial se caractérise par deux éléments :

1) la personnalisation du pouvoir

Non seulement parce qu'il s'agit d'un pouvoir personnel (contrôlé par un individu et structuré autour de celui-ci), mais aussi parce que toutes les relations politiques sont personnalisées. Il n'existe pas de relations abstraites à l'Etat, il est question de relations d'amitié, de clientélisme et de népotisme: tout un tissu de relations personnelles irriguent et font fonctionner le système de pouvoir.

2) La confusion du pouvoir et de la richesse

Les ressources économiques et politiques sont interchangeables, et c'est l'accès au politique qui ouvre celui à l'économique. La clé est de contrôlée le pouvoir politique,ce qui conduit à l'accumulation et la richesse. Il existe ensuite une interaction entre les deux types de ressources mais,dans le contexte africain,où il n'existe ni développement économique ni bourgeoisie, c'est évidemment la classe politique au pouvoir qui a l'accès direct aux ressources économiques.


L'enjeu fondamental de la lutte politique consiste non seulement dans les positions de pouvoir,mais aussi de l'accumulation .Ceci s'applique à mon avis parfaitement au cas du système politique gabonais,avec des nuances .Il faut d'abord tenir compte du fait ce que tout le monde sait que le Gabon est un pays minier et non agricole, ce qui concerne en particulier le pétrole. C'est donc un Etat rentier, la base économique de l'Etat reposant sur la rente minière et non sur la production et le travail.

Le système est différent en Côte d'Ivoire .Si Félix Houphouët-boigny prélevait sa quote-part par le biais de caisse de stabilisation, la croissance de la Côte d'Ivoire reposait sur sa mise en valeur économique et le travail de la population. C'est un élément important,car nous constatons que les Etat miniers sont plus naturellement enclin à la corruption et la prédation que les Etat non miniers avec une exception, cependant: le Botswana, Etat minier fondé sur lez diamant,que sa classe dirigeante a su gérer en investissant dans le développement.

Nous nous trouvons dans le cas du Gabon, en face d'un système politique où le Président est véritablement le propriétaire de l'Etat. Il gère donc son pays comme il gère sa propriété privée. Le problème fondamental d'un chef d'Etat Africain dans un contexte extrêmement contraignant, est la survie politique. Pour survivre, lorsque l'on ne bénéficie pas d'une légitimité intrinsèque, le pouvoir doit s'appuyer sur certains ressorts. Au Gabon, le ressort essentiel est la redistribution à laquelle M. Bongo fait d'ailleurs allusion de façon intéressante dans son ouvrage. En effet, si l'on veut solidifier son pouvoir et se créer des soutiens, il faut se créer des clients. C'est là que réside tout l'art politique.

Il faut d'abord extraire les ressources (ce qui n'est pas difficile dans la mesure le pouvoir politique les contrôle) puis les redistribuer, car sinon on scie la branche sur laquelle on est assis, ce qui pose des problèmes d'instabilité politique. Les chefs d'Etat Africains qui ont duré sont ceux qui ont su redistribuer. Cependant, il ne s'agit pas de redistribuer en fonction d'une loi générale applicable à tous, car tout est basé sur le favoritisme à travers le jeu de la grâce et de la disgrâce.

On arrive en faisant tourner la distribution, à contrôler le pays, puisque les personnes qui bénéficient à un moment donné d'une faveur en sont reconnaissantes et tirent une obligation loyauté. Quand elles perdent cette faveur, car il faut bien en faire profiter d'autres, elles se soumettent encore davantage, au lieu de se rebeller, en espérant que la prochaine elle sera plus importante. Tout le jeu repose sur l'extraction, et une redistribution de type clientéliste.

Je fais une distinction entre deux systèmes politiques : ceux qui fonctionnent selon un mode de régulation patrimonial ou <Patrimonialisme rationalisé>, et ceux qui arrivent à survivre par la redistribution. Le Gabon appartient à la première catégorie, il se rapproche en cela des systèmes camerounais, kenyan, ivoirien, etc. A l'autre pôle, existent des systèmes qui ne se préoccupent pas de la survie à court terme et se montrent beaucoup plus violents Ils ont recours à l'extorsion et à la prédation violente directe, ce qui fait référence aux cas les plus extrêmes et les plus sanglants de systèmes politiques africains, et aux <seigneurs de la guerre>.

Dans ce cas, le pouvoir politique cherche à contrôler directement les mines, à en extraire les ressources en à s'enrichir sue cette base. Le Gabon s'inscrit plutôt dans ce que j'appelle le <patrimonialisme rationalisé>. C'est grosso modo mon analyse du système gabonais dans sa dimension interne, une autre de ses caractéristique étant la dimension externe : il s'agit non seulement entre le chef et se sujets mais aussi entre le Gabon et la France.

J'en viens à l'idée de : <<françafrique>>. Ce terme a été repris par M. Verschave, mais je l'assume totalement En effet, seulement c'est une belle image (on retrouve le mot fric dans Françafrique), mais aussi un véritable concept. C'est la meilleure expression permettent de caractériser le tissu très particulier de relations qui s'est créé entre la France et les pays Africains qui sont ses anciennes colonies voire avec d'autres.

La Fançafrique est un concept original. Il n'existe pas d'<angloafrique> ou de <belgioafrique>. En ce sens, le type de relations entre la France et les pays Africains de la Françafrique illustre parfaitement l'expression de <<néocolonialisme>> dont il a à mon sens été abusé. Le néocolonialisme repose sur un tissu d'échanges complètement mélangé. Nous pouvons tout d'abord l'analyser en terme de relations de clientèle qui, normalement s'appliquent aux relations entre individus inégaux contrôlant des ressources inégales, et qui les lient de façon affectifs sur la base d'échange de services.


On devrait pas, dans le cas de relations entre Etats, parler de relations de clientèle puisque les Etats sont censés être des abstractions. Mais c'est différent dans le contexte franco-africain, les relations entre la France et ses anciennes colonies ne sont pas des relations entre des Etats comme les autres.

On peut parler de clientélisme franco-africain à double titre, tout d'abord étant donné le nature de l'échange et ensuite par rapport à la personnalisation de celui-ci. Il s'agit d'un échange entre inégaux, avec d'une part le patron, qui contrôle des ressources critiques pour le client et d'autre part le client qui a inversement besoin de ce patron pour sa survie. C'est sur cette base que des échanges de services de toute nature vont se créer.

Les Etats Français et Africain sont enracinés dans un tissu de relations interpersonnelles qui lient les membres des classes dirigeantes et des élites à la fois politiques et économiques, de nos pays respectifs. C'est très caractéristique aujourd'hui, lorsqu'on constate les relations amicales qu'Omar Bongo entretien avec des membres de notre classe dirigeante Toute la Françafrique a été fondée sur des relations amicales, avec des échanges sociaux entre les membres de nos classes dirigeantes.

Sa principale caractéristique est, selon moi le mélange des genres, à travers des échanges personnels privés et amicaux mais aussi publics. C'est le rapport entre les Etats qui est en question, car les relations d'amitié sont instrumentalisées au profit de relations d'Etat et inversement. Il s'agit aussi d'échanges politiques et économiques mélangés. En effet, Omar Bongo passe pour financier tous les partis français, ce qui indiquerait que les Français sont corrompus, mais dans d'autres cas c'est l'inverse. On ne peut pas distinguer les corrupteurs des corrompus, car cela joue dans les deux sens. Enfin, un leader africain est fragile et a besoin de protection .C'est la raison pour laquelle la France remplit un rôle de protecteur à la fois militaire, politique et économique.

En 1960, le général De Gaulle a été obligé d'accorder l'indépendance, instaurant une nouvelle légalité internationale formelle. En même temps, il chargeait son bras droit, Jacques Foccart (homme de l'ombre de gaullisme, Jacques Foccart est l'ancêtre les réseaux franco-africains depuis l'Indépendance. Secrétaire général de l'Elysée sous la présidence du général le Gaulle, chargé du domaine réservé Afrique et Services, puis conseiller personnel pour l'Afrique de Georges Pompidou, il est devenu le conseiller personnel de Chirac à Matignon de 1986-1988 puis à l'Elysée, de mai 1995 jusqu'à sa mort en 1997), de faire exactement l'inverse pour des raisons stratégiques c'est-à-dire de maintenir la dépendance d'un certain nombre de pays.

Il l'a fait en sélectionnant des chefs d'Etat amis par la guerre civile (comme au Cameroun, une guerre épouvantable qui a fait entre 100 000 et 400 000 morts), par l'élimination physique comme celle de Sylvanus Olympio au Togo (premier Président élu du Togo indépendant, il a été assassiné le 12 janvier 1963 par le feu Etienne Gnassingbé Eyadéma) ou du Centrafricain Barthélemy Boganda, disparu dans un accident d'avion, ou par la fraude électorale massive.

Avec ces chefs d'Etat amis à la France, ont pu être maintenus les « intérêts de la France », moyennant une omniprésence des services secrets et la mise ne place de financements parallèles, comme ceux que l'on voit aujourd'hui émerger dans l'affaire Elf. C'est comme dans un iceberg : la réalité la plus profonde est fort différente de l'apparence. Quand vous voulez gérer une dépendance et que vous proclamez une indépendance, cette gestion se fait forcément avec des moyens illégaux, occultes.

LES 11 ACCORDS SECRETS SIGNÉS ENTRE LA FRANCE ET LES PAYS NOIRS

Par CF 13 août 2018

Peu de gens le savent. Mais il existe bel et bien des accords signés entre les anciennes colonies françaises et leur ancienne autorité administrative, la France. Ces accords concernent de nombreux domaines, tels que le militaire, le politique, mais surtout des accords économiques. Dans cet article, nous allons détailler les onze principales composantes de ces accords, signés juste avec les indépendances. Et qui sont toujours en vigueur et appliqués à la lettre par nos États.

 FRANÇAFRIQUE : Les clauses secrètes des accords de défense entre la France et l'Afrique dévoilées par le Pr Coovi Gomez Jean-Charles

 

 1. La dette coloniale pour remboursement des bénéfices de la colonisation.

Les États nouvellement indépendants doivent rembourser le coût des infrastructures construites par la France pendant la colonisation. Nous cherchons toujours le détail des coûts, l'évaluation des bénéfices et des conditions de paiements imposés par la France aux pays africains

2. La confiscation automatique des réserves financières nationales.

Les pays africains doivent déposer leurs réserves financières auprès de la Banque de France. Ainsi, la France « garde » les réserves financières de quatorze pays africains depuis 1961 : le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Tchad, le Congo-Brazzaville, la Guinée Équatoriale et le Gabon.

Ainsi, la gouvernance des politiques monétaires reste asynchrones et incomplètes du fait qu'elles sont pilotées directement par le gouvernement français, sans aucun lien avec les autorités financières des pays tels que la CEMAC ou la CEDEAO. Ainsi, du fait des conditions qui lient les banques des zones économiques et financières, elles sont obligées de garder 65% de leurs réserves de change dans un compte d'opérations tenu par le Trésor Français, ainsi que 20% supplémentaire afin de couvrir « les risques financiers ».

De plus, les banques des zones CFA imposent une limite de crédit à chaque pays membre équivalent à 20% des recettes d'état de l'année N-1 ! Bien que le BEAC ou la BCEAO ont des possibilités de retrait supérieur auprès du Trésor Français, ces retraits doivent faire l'objet de l'accord du Trésor Français. La décision finale revient donc au Trésor Français qui a lui même investi les réserves des pays africains sur la place boursière parisienne.

En d'autres mots, 80% des réserves financières africaines, sont déposées sur un compte opération contrôlée par l'administration française. Les deux banques de la zone CFA sont africaines de par leurs noms, mais ne décident aucune des politiques monétaires par elle-même. Pire, les pays eux mêmes ne savent même pas quel est la part de réserves financières qui leur appartient en groupe ou individuellement en tant que pays, mais détenus par l'administration du Trésor Français.


Les gains issus des investissements de ces fonds au Trésor Français sont censés être rajouté à la cagnote africaine, mais aucun compte n'est donné là dessus aux banques ni même aux pays membres. « Seul un groupe limité à six administrateurs du trésor français ont connaissance des montants du compte d'opération, du lieu d'investissement des sommes. Les banques centrales africaines n'ont pas accès à ces informations » déclarait le Dr. Gary K. Busch.

Une histoire jamais racontée, capsule sur l'impact de la dette de l'indépendance:


 

500 milliards de dollars des caisses africaines au Trésor français

On estime maintenant que la France détient près de 500 milliards de dollars auprès de son trésor. Elle est donc prête à tout afin de combattre toute personne qui chercherait à faire la lumière sur le côté obscure de ce vieille empire. Les pays africains ne disposent pas d'accès à cet argent. La France leur permet d'accéder à seulement 15% de l'argent chaque année. Si elles ont besoin de plus que cela, ils doivent emprunter de l'argent supplémentaire à partir de leur propre 65% du Trésor français à des taux commerciaux.

De plus, la France impose un plafond sur le montant de l'argent que les pays peuvent emprunter dans leur réserve. Le plafond est fixé à 20% de leurs recettes publiques de l'année précédente. Si les pays ont besoin d'emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France dispose d'un droit de veto.

L'ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l'argent des pays africains dans les banques en France. Voici une de ses vidéos qui parle du système d'exploitation français. Il parle en français, mais voici une transcription d'un extrait court: «Nous devons être honnêtes et reconnaître qu'une grande partie de l'argent dans nos banques viennent précisément de l'exploitation du continent africain.«

3. Le droit de premier refus sur toute ressource brute ou naturelle découverte dans le pays

La France a le premier droit d'achat des ressources naturelles de la terre de ses ex-colonies. Ce n'est qu'après que la France ait dit: « Je ne suis pas intéressé », que les pays africains sont autorisés à chercher d'autres partenaires.

4. Priorité aux intérêts et aux entreprises français dans les marchés publics et appels d'offre publics.

Dans l'attribution des marchés publics, les entreprises françaises ont la priorité sur l'attribution. Même si les pays africains peuvent obtenir un meilleur rapport qualité-prix ailleurs. En conséquence, dans la plupart des ex-colonies françaises, tous les leviers économiques des pays sont entre les mains des expatriés français. En Côte d'Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. C'est la même chose dans le commerce, la construction et l'agriculture. En fin de compte, comme je l'ai écrit dans un article précédent, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens!

5. Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des colonies.

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les «accords de défense» attachés au pacte colonial, les Africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs en formation en France. La situation sur le continent est telle que la France a formé des centaines, voire des milliers de « traîtres« . Ils sont tous en sommeil, et seront activés en cas de besoin pour un coup d'Etat ou tout autre but!

6. Le droit pour la France de déployer des troupes et d'intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts.

En vertu de ce qu'on appelle « les accords de défense » attachés au pacte colonial, la France a le droit d'intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans les bases et installations militaires, entièrement gérées par les Français.
Lorsque le président Laurent Gbagbo de la Côte d'Ivoire a tenté de mettre fin à l'exploitation française de son pays, la France a organisé un coup d'Etat. Pendant le long processus pour évincer Gbagbo, des hélicoptères de combat et des forces spéciales sont intervenus directement dans le conflit, et ont tiré sur des civils.


La France a estimé que les hommes d'affaires français avait perdu plusieurs millions de dollars d'actifs en quittant précipitamment Abidjan en 2006. Pourtant, l'armée française a massacré près de 65 civils non armés et en a blessé 1.200 autres. Par la suite, la France a réussi un coup d'Etat. Elle a fini par transférer le pouvoir à Alassane Ouattara. La France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté française pour rembourser les pertes pendant la guerre civile. Le gouvernement Ouattara leur a payé deux fois le prix de ce qu'ils avaient demandé.

7. L'obligation de faire du français la langue officielle du pays et la langue pour l'éducation.

Oui, Monsieur. Vous devez parler français, la langue de Molière! Une organisation de la langue française et de la diffusion de la culture française a même été créé. Elle s'appelle la « Francophonie » et possède plusieurs organisations satellites. Ces organisations sont affiliées et contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères. Comme nous l'avons démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous aurez accès à moins de 4% de la connaissance de l'humanité et des idées. Cela reste très limitatif.

8. L'obligation d'utiliser le franc CFA (franc des Colonies Françaises d'Afrique)

Voilà la vraie vache à lait pour la France. Ce système est même dénoncé par l'Union européenne. Mais la France n'est pas prête à faire tomber ce système économique datant de la colonisation qui met environ 500 milliards de dollars des caisses de l'Afrique dans sa trésorerie. Lors de l'introduction de la monnaie Euro en Europe, les autres pays européens ont découvert le système d'exploitation français. Beaucoup, spécialement les pays nordiques, ont été consternés; ils ont suggéré à la France de se débarrasser du système, mais sans succès.

9. L'obligation d'envoyer en France, un bilan annuel et un rapport d'état des réserves.

Pas de rapport, pas d'argent. Quoi qu'il en soit, le directeur des banques centrales des ex-colonies présente ledit rapport lors des réunions bi-annuelle des ministres des Finances sur les ex-colonies. Ce rapport est ensuite compilé par la Banque de France et le Trésor français.

10. Renoncer à toute alliance militaire avec d'autres pays, sauf autorisation de la France.

Pourquoi les alliances militaires régionales en Afrique sont les plus faibles? La plupart des pays ont seulement des alliances militaires avec leurs ex-colonisateurs! Drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux!. La France leur interdisait tout autre alliance militaire.

11. L'obligation de s'allier avec la France en cas de guerre ou de crise mondiale.

Plus d'un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme au cours de la seconde guerre mondiale. Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée. Mais quand vous pensez qu'il a fallu seulement 6 semaines à l'Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient leur être utiles pour sauver la «Grandeur de la France » à l'avenir.

Il y a quelque chose de presque psychopathe dans la relation entre la France avec l'Afrique. Tout d'abord, la France est accro au pillage et à l'exploitation de l'Afrique depuis l'époque de l'esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de créativité et d'imagination de l'élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de deux institutions qui sont complètement gelées dans le passé, habitées par des paranoïaques et psychopathes « hauts fonctionnaires ». Ils répandent la peur de l'apocalypse si la France changeait de stratégie. Leur référence idéologique date encore du 19ème siècle: ce sont les ministres des finances et du budget et des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l'Afrique, mais pour les Français eux-mêmes. C'est à nous, africains de nous libérer, sans en demander la permission. Parce que nous ne comprenons toujours pas comment 450 soldats français en Côte d'Ivoire ont pu contrôler le destin d'une population de 20 millions de personnes? La première réaction des gens quand ils apprennent l'existence de la taxe coloniale française est de poser la question: «Jusqu'à quand? »

A titre de comparaison historique, la France a fait payer Haïti l'équivalent de 21 milliards $ de 1804 à 1947 (près d'un siècle et demi) pour les pertes causées aux marchands d'esclaves français par l'abolition de l'esclavage et de la libération des esclaves haïtiens. Les pays africains paient la taxe coloniale depuis seulement 50 ans, donc cela pourrait durer encore un siècle de plus!


 Les accords secrets avec l'Afrique : encore d'époque ?

Par David Servenay / Publié le 26 juillet 2007 à 00h52

Sarkozy à Dakar, en septembre 2006 (Claire Soares/Reuters).

 L'année 2010 verra-t-elle la fin de la Françafrique ? Nicolas Sarkozy l'a annoncé ce mercredi au cours de la traditionnelle conférence des ambassadeurs. « Fin 2009, les accords de défense qui nous lient à huit pays africains auront été renégociés dans une perspective radicalement nouvelle », a-t-il précisé. Nouveauté ? Voire, car ces accords vieux de cinquante ans ont des facettes cachées mais très utiles lorsqu'il s'agit de sauver un dictateur... Rue89 révélait en juillet 2007 une partie des clauses secrètes des accords de défense.

(De nos archives) Ce fut le débat escamoté de la campagne présidentielle : qu'allait faire le nouvel élu en matière de politique africaine ? L'observateur crut un instant que la candidate du Parti socialiste allait innover, en publiant son projet pour l'Afrique. Las, dès la publication de ce texte dans Témoignage chrétien, Ségolène Royal prit ses distances avec des propositions jugées trop audacieuses. Son équipe argua même que le texte publié dans l'hebdomadaire n'avait jamais reçu l'aval de la candidate ! Argument démenti par la rédaction de l'hebdomadaire.

Les accords de décolonisation entre les pays africains et la France:

 

 Quelques jours plus tard, alors qu'elle présentait son projet en matière de défense, les propositions de réformer les accords de défense et de soumettre la décision des opérations extérieures de l'armée au contrôle du Parlement avaient subitement disparu. Jamais, par la suite, Ségolène Royal n'expliqua cette volte-face aussi rapide que spectaculaire. Peut-être avait-elle compris qu'il est délicat d'ouvrir la boîte de Pandore africaine...Quant à Nicolas Sarkozy, il se montra en la matière d'un conformisme étonnant pour un candidat censé incarner la rupture. Dans son discours de campagne sur la politique internationale, pas la moindre proposition de réforme sur la sphère africaine. Il y aurait pourtant matière à innover.


 Des accords très secrets

Premier constat : la France maintient de nombreux accords de défense avec les pays du pré carré. Ces accords sont classés en différentes catégories, du simple échange de lettres à l'accord de défense secret, en passant par les différentes formes de convention technique, d'accord de coopération ou d'assistance militaire. En 2000, l'Assemblée nationale se penchait pour la première fois sur cette jungle juridique, aussi complexe qu'opaque.

Sept pays du » champ » maintenaient alors en vigueur le cadre juridique défini entre 1959 et 1961 : accord spécial de défense avec le Cameroun, la Centrafrique, la Côte d'Ivoire (plus une convention relative au maintien de l'ordre), le Gabon (plus convention maintien de l'ordre), le Sénégal, le Tchad (convention spéciale de maintien de l'ordre, secrète) et le Togo (accord de défense, secret).

Que disent ces textes ? Essentiellement deux choses : d'abord il s'agit, à l'époque des indépendances, de donner les moyens à ces nouveaux Etats de former une armée capable de résister aux pressions de la guerre froide. Effectifs, formation et fourniture d'armes : tout est prévu. L'autre volet, secret, consiste à maintenir le lien de sujétion entre l'ex-puissance coloniale et ses » amis » africains. Notamment en matière de » maintien de l'ordre » .

Un espion et un juriste

Un ancien chef du service Afrique du Sdece, les services secrets extérieurs, l'a parfaitement résumé dans » 'Ministre' de l'Afrique » (Seuil), ses Mémoires publiées en 2004 : » Nos objectifs prioritaires, explique alors Maurice Robert, étaient par conséquent, d'une part, d'empêcher l'extension de la subversion et de la pénétration communistes, en particulier dans les pays d'Afrique noire française limitrophes de la Guinée : le Mali, le Sénégal et la Côte d'Ivoire, d'autre part de veiller à ce que les Américains n'empiétassent pas, notamment au plan économique, sur notre zone d'influence. »

Pour ce faire, cet excellent ami de Jacques Foccart, le Monsieur Afrique du général de Gaulle, invente une structure baptisée PLR, Poste de liaison et de renseignement, présente dans chacune des quatorze capitales du pré carré. Le PLR est un homme du Sdece, dont le rôle est à la fois de former les services secrets locaux et de surveiller les activités du Président local auquel il a accès 24h/24. Cet espion est secondé par un autre conseiller occulte, lui aussi affecté directement auprès du président de la République » indépendante » .

Juriste de haut vol, souvent magistrat ou conseiller d'Etat, sa tâche est, en cas de crise, d'assister techniquement le pouvoir en matière de réforme constitutionnelle. Au besoin, il fait évoluer le système administratif pour écraser dans l'œuf toute velléité d'opposition politique un peu trop active. Les nombreuses réformes institutionnelles du Gabon ou du Sénégal, pour prendre deux exemples fort éloignés, en témoignent. Dans tous les cas, le droit est au service de la force.

Intervention à volonté

Revenons au maintien de l'ordre. Comme tous les observateurs du monde africain, le général de Gaulle considère que les anciennes colonies ne sont pas tout à fait mûres pour la démocratie. Le chef de l'Etat invente donc avec l'équipe Foccart un dispositif d'aide d'urgence, en cas de menace putschiste intempestive. C'est là l'essentiel des clauses secrètes des accords de défense: pouvoir, en toutes circonstances, sauver le Président adoubé par l'Elysée. Ce texte –fort simple– provient des archives de l'Ecole supérieure de guerre (ESG), tel qu'il était enseigné aux officiers stagiaires en 1967. Intitulé » Accords et conventions de maintien de l'ordre dans les Etats africains et malgaches » , il détaille par le menu le processus d'intervention de l'armée française en cas de menace, intérieure ou extérieure.

Premier point : la France » peut » intervenir, mais n'a aucune obligation de le faire. C'est à la libre discrétion du président de la République française, seul décisionnaire sur ce sujet. La demande passe par l'ambassadeur de France.

Deuxième point : c'est le » chef de l'Etat » africain qui formule sa demande » dans une situation particulièrement grave » . Laquelle situation n'est pas plus détaillée : il n'est pas fait mention d'agression extérieure ou de menace quelconque. Les termes restent suffisamment vagues pour justifier toute demande.

Troisième point : le commandement des troupes locales et l'usage du feu sont immédiatement transférés à l'officier français envoyé sur place. Ce dernier aspect est loin d'être anecdotique. Il permet de comprendre la plupart des dérapages ayant lieu en Afrique, du putsch de février 1964 au Gabon aux tirs aveugles dans la foule ivoirienne en novembre 2004, en passant par la féroce répression des émeutes de Port-Gentil (Gabon) en 1990. Ce texte encadre strictement ces opérations et il est très clair : les commandants français ont toute latitude pour » rétablir et maintenir l'ordre » . Toutefois, il prévoit un garde-fou avec la référence à » l'autorité civile locale, seule habilitée à prescrire l'usage des armes ».


Texte et gadgets
Pourquoi Mitterrand ? de Pierre Joxe.

Les politiques français ignorent-ils ces dispositions ? A lire les derniers souvenirs de Pierre Joxe, dans son » Pourquoi Mitterrand ? » (éd. Philippe Rey), on pourrait le croire. L'ancien ministre de la Défense et de l'Intérieur raconte une conversation avec le Président Mitterrand qui, en 1988, visiblement feint l'ignorance : » Je lui 'révélai', raconte Joxe, ce que j'avais appris sur les mesures spéciales organisées par notre détachement de l'armée de l'air, au Gabon, qui maintenait en veille, sur ordre, un équipage 24 heures sur 24, 365 jours par an, prêt à tout moment à exfiltrer Bongo en cas de besoin. Je lui évoquai encore quatre ou cinq histoires de ce genre, feignant de ne pas tout savoir et concluant que nous étions là dans le même rôle que la CIA en Amérique centrale auprès de tyrans comme Somoza. » En somme, la France aurait joué en Afrique le rôle endossé par les Etats-Unis en Amérique du Sud... Drôle de comparaison.

Autre disposition –architecturale celle-ci– bâtie au moment des indépendances : il existe dans ces capitales un souterrain reliant la résidence du président de la République ou du Premier ministre à celle de l'ambassadeur de France. Au cas où, on ne sait jamais... Le Président ivoirien Laurent Gbagbo eut d'ailleurs, parmi ses mesures de représailles, le réflexe de boucher ledit souterrain pour manifester son désaccord avec la politique de Jacques Chirac. En tout cas, l'image de ce boyau invisible et clandestin résume à lui seul la nature des liens instaurés entre la France et ses anciennes colonies.

L'impossible réforme, à moins...

Est-il envisageable de réformer ce lourd dispositif juridique ? Les débats les plus récents apportent sans aucun doute une réponse négative, à moins de bouleverser notre système de défense. Ainsi, lorsqu'il fut entendu par la commission sénatoriale chargée d'examiner les interventions extérieures de l'armée, le chef d'état-major des armées fut très affirmatif : »

Il a précisé que dans tous les cas, notent les sénateurs relatant les propos d'Henri Bentegeat, la France conservait la possibilité d'apprécier, en fonction de la situation, si la demande éventuelle d'un Etat répond bien aux critères de mise en œuvre de l'accord. Il a estimé que la révision de ces accords de défense donnerait lieu à des débats complexes et comporterait sans doute plus d'inconvénients que d'avantages. » Plus d'inconvénients... On aurait aimé savoir lesquels.

Le général Bentegeat avait partiellement répondu à cette interrogation en 2002, lors d'une autre audition devant l'Assemblée nationale, à propos de la situation en Côte d'Ivoire : » Personne n'imagine aujourd'hui une application des accords de défense en dehors des situations ne correspondant pas à une agression extérieure, disait-il, même si certains accords de défense passés par la France comportent des clauses secrètes prévoyant des cas d'intervention plus larges. » En somme, au royaume du secret, seuls les initiés sont rois.

Des parlementaires engourdis par le discours des généraux

Pourtant, les parlementaires ont à plusieurs reprises manifesté leur volonté de reprendre la main sur les opérations africaines. Dès 2000, un rapport de l'Assemblée pointait la nécessité de mieux les contrôler. Même tonalité en 2006, au Sénat, où les rapporteurs soulignaient l'urgence de rénover un système de défense obsolète : » Une révision à terme est certainement souhaitable ; elle supposerait cependant que des relais efficaces aient pu être mis en place pour assurer des garanties de sécurité régionale, ce qui n'est à l'évidence pas encore le cas. »

En somme, si le plat est toujours chaud, personne n'a envie de jouer les apprentis cuisiniers. L'occasion est pourtant belle de redorer le blason diplomatique du Parlement. Elle permettrait aussi de réaffirmer de manière forte la France des » droits de l'Homme » brandie par le Président français, le 6 mai, au soir de son élection. Nicolas Sarkozy escamotera-t-il ce débat comme il a délaissé le front de la sécurité intérieure ou reprendra-t-il le flambeau gaullo-mitterrandien ?
 

Imhotep

imhotep imhotep2 

Pour soutenir nos efforts

Faites un don à l'institut Per aâ n Imhotep pour soutenir nos efforts.

Amount: 

devenir-membre-home