''Paradise papers'' : les dérives du système financier international - Page 13

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Voici des extraits de la préface de Gaël Giraud, qui a assuré la direction scientifique de la traduction.

« Le lecteur de ce livre ne tardera pas à découvrir, sans doute abasourdi, que, dans la plupart des modèles néoclassiques qui dominent très largement la profession, une crise comme celle de 2008 est tout simplement impossible. Imagine-t-on des sismologues travaillant avec des modèles qui excluent a priori toute forme de tremblement de terre ? Telle est pourtant la situation dans laquelle se trouve actuellement la « science économique ». [...]

La force de L'Imposture économique est de proposer une déconstruction systématique et raisonnée de ce monde-là. À ma connaissance, personne n'avait tenté, à ce jour, l'effort d'articuler l'ensemble des critiques qui peuvent se formuler à l'égard du corpus néoclassique...Que reste-t-il au terme de ce parcours ? Des ruines fumantes. [...] Une bonne partie des critiques formulées dans cet ouvrage l'ont été par des économistes orthodoxes. Les voix les plus autorisées se sont élevées, depuis un siècle, pour avertir que les fondations de l'édifice avaient été posées de travers... Mais leur protestation a été oubliée, ou bien ensevelie sous un déluge d'amendements qui, sans rien changer à l'essentiel, ont pu donner le sentiment que le problème avait été traité... »

Je fournirai, dans les trois billets à venir, des exemples accessibles, n'exigeant aucune connaissance économique, des impasses de la théorie soumise à examen par Steve Keen. Bien d'autres question sont traitées dans le livre : comment une théorie aussi défaillante peut-elle continuer à dominer le monde et l'enseignement de l'économie ? Quelle influence a-t-elle sur les politiques menées ? Un tel livre suffira-t-il à la mettre à bas (la réponse est : non, mais il peut aider...) ? Pourquoi n'ont-ils pas vu venir la crise et pourquoi était-il possible d'en anticiper la survenue en jetant par dessus bord les croyances et raisonnements néoclassiques? Faut-il incriminer l'usage des mathématiques? Quelles sont les principales théories alternatives en vue d'un renouveau de la pensée économique ?

Quoi qu'il en soit des débats qui vont sans aucun doute émerger après la publication de ce livre, il est sans équivalent sous l'angle de la solidité intellectuelle des critiques accumulées contre une imposture théorique qui fait des dégâts et des victimes en légitimant les pratiques et les politiques néolibérales, et qui soumet de jeunes cerveaux à un endoctrinement qu'un bon recul critique suffit à mettre en lambeaux. Le 9 octobre prochain est une date importante pour ceux et celles qui, en France et dans les pays francophones, se demandent sur quel édifice théorique reposent les préconisations néolibérales.

Billet suivant (n° 2) : l'analyse néoclassique de la demande des consommateurs ne tient pas la route

Billet n° 3 : l'analyse de l'offre des entreprises est inconsistante

Billet n° 4 : l'idéologie de l'équilibre des marchés comme optimum social


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