Boko Haram : le nouveau piège de la mondialisation! (2)

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Après les récentes tragédies des « États berlinois » de la Libye; du Mali; de la Côte d’Ivoire; de la Centrafrique, voici que Boko-Haram (littéralement, « L’éducation occidentale est un péché ») est venue troubler le sommeil des Africains. Des pseudo-humanistes de la mondialisation-globalisation ont donné l’impression de se sentir « touchés » par l’enlèvement de plus de 200 jeunes filles par la nébuleuse de mouvement islamiste. Il faut refuser d’ouvrir les yeux, pour prendre au sérieux ce soudain réveil de l’humanisme, de la Maison-Blanche, de l’Élysée ou du 10 Downing Street, ou prendre pour de vraies les larmes de crocodiles versées sur le triste sort des filles nigérianes par ces vampires. Ils sont demeurés insensibles au génocide de plus de huit million de morts au Congo-RDC; aux appels incessants à l’aide de la population civile de la métropole martyre d’Alep —une population assoiffée, affamée, ensanglantée, prise en otage par les takfiristes—, mais ils apportent leur soutien illimité à ces terroristes qui « font du bon boulot » selon Laurent Fabius.

 1. Boko Haram et la « commodité du mensonge »

 Pour Hassan Hamadé du Réseau Voltaire :

«N’oubliez pas que dans l’arbre généalogique de la confrérie des Frères musulmans, Boko Haram, le Front Al-Nosra, l’Émirat islamique en Irak et au Levant, le Front islamique et compagnie sont de véritables sœurs jumelles, prises en charge à leurs naissances par les monarchies du Golfe, toujours sous les directives anglo-saxonnes. Cependant, les sœurs jumelles reconnaissent, toutes, à Al-Qaïda un droit d’ainesse indiscutable confirmé par une prodigieuse historicité qui remonte à la fameuse guerre d’Afghanistan contre l’URSS, dans les années 80 du siècle dernier. Il s’agit d’un choix posé par Washington seul. Voilà pourquoi le président Hollande, tout comme David Cameron, s’avère animé d’une exceptionnelle force d’inertie. Il parait que, pour faire usage de la force des armes, il lui faudrait avoir la permission de Washington. Oui, la permission de Washington. ''Nous devons attendre la décision du Congrès''... ainsi parla François Hollande.»

Dans un article traduit de l’anglais par Mikaela Honung pour Le grand Soir, on peut lire:

«Pour commencer l’auteur constate que Wikileaks a permis d’identifier l’ambassade des États-Unis comme base pour des actes subversifs de grande portée dans le pays, incluant naturellement la mise sur écoute des membres du gouvernement nigérian, mais aussi l’espionage financier de Nigérians de premier plan ainsi que le soutien et le financement de groupes subversifs et le chantage exercé contre des politiciens de premier plan pour les contraindre à agir conformément aux intérêts des EU. »

Plus loin, dans le même article, on lit encore :

« Selon Wikileaks, l’ACRI a été fondée par les EU pour faire contrepoids à ECOMOG, sous contrôle nigérian (ACRI est l’acronyme d’Africa Crisis Response Initiative et ECOMOG d’Economic Community of West African States Monitoring Group, un groupe du reste moins impliqué dans l’économie que dans la guerre). Dans le document Wikileaks, on n’oublie pas de rappeler que dans les années 70 et 80 le Nigéria a soutenu les guerres de libération des pays d’Afrique australe. C’est pourquoi les EU ont fondé l’ACRI, qui a tiré profit des tensions croissantes entre sectes au Nigéria et recruté avec l’aide de la CIA de jeunes islamistes qu’elle a formés au terrorisme dans des bases ad hoc.

Un câble états-unien du 29 juin 2009 prédisait l’attentat dévastateur de Boko Haram qui a eu lieu deux mois plus tard. L’Arabie saoudite avait formé des « rebelles » libyens qui à leur tour ont formé des « rebelles» maliens, qui ont formé ceux de Boko Haram. Un autre document de Wikileaks a dévoilé que la société d’espionnage SS8 a élaboré un cheval de Troie capable de pénétrer les ordinateurs et téléphones (iPhone, Blackberry, Android etc ), ce qui permet un contrôle minutieux aussi bien des terroristes que du gouvernement nigérian. On a pu ainsi publier sur Internet des données personnelles (adresses, coordonnées bancaires, numéros de téléphone) de politiciens nigérians et même de membres des services secrets, ce qui a naturellement constitué un précieux instrument pour Boko Haram.»


 Complicités nigérianes

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Des complicités internes au sein du gouvernement nigérian ont été révélées par The Associated Press selon lesquelles « Dix généraux nigérians et cinq autres officiers militaires de haut rang ont été reconnus coupables par une cour martiale d’avoir fourni des armes et des informations au groupe islamiste extrémiste Boko Haram, selon ce que rapporte un important quotidien du pays. Des politiciens et des militaires affirment depuis des mois que des officiers aident les islamistes et que des soldats combattent même dans leurs rangs, avant de revenir à leurs casernes. Ils ajoutent que l’information fournie par les officiers a permis aux militants d’attaquer des convois, des bases et des camps militaires dans le nord-est du pays. »

En Mars 2005, un rapport d'un groupe d'"expert" américain, parrainé par le US National Intelligence Council a publié les résultats d'une étude intitulée "Mapping Sub-Saharan Africa’s Future". Dans ce rapport, on peut lire en filigrane l'ébauche d'un scénario catastrophe pour le Nigeria:

"Si le Nigeria s'effronde, cela pourrait entrainer la chute d'une bonne partie de l'Afrique ["If Nigeria were to become a failed state, it could drag down a large part of the West African region.."] Un Nigeria en faillite ne se relevera probablement jamais sans une aide internationale massive ["(...) a failed Nigeria probably could not be reconstituted for many years if ever and not without massive international assistance."]." Lire la suite ici  

3. Boko Haram, pour quoi faire?

Il est donc question, pour la Maison Blanche, de mettre à mal la première puissance économique d’Afrique (?).

Mais, pour quoi faire?

Pour induire la guerre psychologique et la terreur afin d’installer AFRICOM, ensuite piller les immenses ressources naturelles et humaines du continent Africain par une base et une ponction nigériane. Il est aussi question de faire obstacle aux investissements de la Chine et du BRICS sur la Terre Mère.

3.1. La guerre psychologique

Pour que l’opinion nationale et internationale, adhère aux idéaux « humanitaires » des USA, il faut créer un état de choc psychologique. C’est ce qui justifie l’enlèvement de plus de 200 écolières ainsi que les attentats à la bombe, multipliés ça et là.

« … c’est un des traits fondamentaux des sociétés occidentales que les rapports de force qui longtemps avaient trouvé dans la guerre, dans toutes les formes de guerre, leur expression principale se sont petit à petit investis dans l’ordre du pouvoir politique. » (Michel Foucault : Histoire de la sexualité, volume 1 : La volonté de savoir, Paris, Gallimard, 1976, p. 135.)

Il ajoute :

« Nous sommes donc en guerre les uns contre les autres; un front de bataille traverse la société toute entière, continûment et en permanence, et c’est ce front de bataille qui place chacun de nous dans un camp ou dans un autre. Il n’y a pas de sujet neutre. On est forcément l’adversaire de quelqu’un. » (Michel Foucault : "Il faut défendre la société". Cours au Collège de France, 1976, Paris, Hautes Études/Gallimard/ Seuil, 1997, p. 44.)

Pour les régimes occidentaux, la guerre est donc le moyen de « négociation » par excellence. À la Maât (Justice-Vérité) négro-africaine, l’Occident oppose l’Isefet (chaos) comme ''moteur de l’histoire humaine''.


Au cours d’une conférence-débat à l’Université de Kinshassa (Congo-RDC) dans le courant de l’année 2011 co-organisé par le mouvement négro-spirituel Kimbanguiste VU.VA.MU (VUTUKA VANA MPAMBU UVIDILA), sous le thème « La science de l’Occident face à la tradition africaine », assistante chercheur pose la question:

« Ne croyez-vous pas que le mercantilisme occidental a pris le dessus sur la solidarité africaine et nous voilà aujourd’hui esclave. Est-ce que vous estimez que notre choix est un bon choix? »

Réponse du Professeur Kabeya Gabriel:

« Je voudrais répondre à cette question, parce que je suis sûr que c’est le vrai piège. Le vrai piège de l’Occident c’est l’étoffe, c’est les chaussures, c’est le mascara, c’est les cheveux synthétiques(…) Mais avant de répondre à la question, je voudrais partager avec vous une expérience. Le Père(…) qui a écrit abondamment dans les années cinquante et qui est mort au début des années soixante était un maître dans la science du développement, rapporte une scène qui a eu lieu en Inde. Le Premier ministre de l’Inde, l’Inde est devenue indépendante, c’est un rappel, en 1945. Le Premier ministre de l’Inde a écrit une lettre au début des années cinquante à la puissance d’Amérique et il a transmis cette lettre par la voie de l’Ambassadeur des États-Unis. La lettre est arrivée à destination à Washington. Au bout de deux-trois semaines, une réponse a été envoyée au Premier ministre de l’Inde par l’intermédiaire de l’Ambassadeur des États-Unis qui s’est fait fort d’aller avec ses conseillers demander audience au Premier ministre. Retenez que le Premier ministre en Inde, c’est l’autorité de l’État la plus haute. 

Et, le Premier ministre a reçu l’Ambassadeur et sa suite. L’Ambassadeur a tendu la lettre au Premier ministre. Le Premier ministre l’a prise et la ouverte. Il l’a lue et il a laissé tomber les bras. Regardant en face l’Ambassadeur des États-Unis, voici ce que dit le Premier ministre :’’Excellence monsieur l’Ambassadeur. l’Inde par ma voix a écrit au peuple et aux dirigeants américains pour leur proposer un pacte de solidarité et l’amitié de mon peuple. En retour, vous nous proposez l’argent et les machines. L’argent et les machines, est-ce la plus grande richesse de votre peuple?’’.Je crois que la jeune génération doit répondre à cette question. Je voudrais y répondre en prenant une autre métaphore. Vous savez que nous avons deux animaux domestiques.

Nous avons le cochon et nous avons le chat. Regardez comment le cochon est une usine à transformer la nourriture en viande. Transformer tout ce qui est autour : les noix de bal; la végétation; tout ce qui passe eu nez du cochon est transformé en graisse et en  viande parce que le cochon est une usine de transformation de tout en viande et en graisse. Regardez comment mange le chat. Le chat est très sélectif. Lorsque vous prenez un morceau de viande vous voulez jeter au chat, le chat fait la dignité. Il le regarde. Il ne se précipite jamais. Regardez la stature et l’envergure du chat : mince, rabougris, presque affamé, mais doux et sûr de lui-même. Regardez le cochon. Toujours préoccupé. Toujours à la recherche de quoi transformer en viande et en graisse. Si sur la terre, vous voulez-vous incarné, mademoiselle, je vous pose la question. Vous auriez souhaité vous incarné dans un chat ou dans un cochon? (…)

Je voudrais vous dire ceci. La civilisation de cochon qu’a apportée le Blanc a mis en danger l’humanité toute entière. Au jour d’aujourd’hui, nous avons des problèmes inextricables de l’environnement de vie sur toute la terre à cause de cette ‘’économie de cochon’’. L’économie du cochon c’est une économie où tout en dehors de vous est moyen. Votre voisin est un moyen. Votre père est un moyen. Tout autour de vous est un intrant qui vous permet de réaliser vos rêves à vous. Pareil comme un cochon. Tout ce qui est à côté du cochon constitue un matériau qu’il utilise pour transformer, agrandir la graisse et sa température. Cette civilisation du Blanc est vers sa fin! Au jour d’aujourd’hui, la Grèce est par terre. Demain, ce sera l’Italie et l’Espagne. Il y a aujourd’hui en Europe, un mouvement qui a pris naissance, l’Altermondialisme. Et aujourd’hui, il y a même une couche sociale des gens qu’on appelle les Indignés.

C’est la remise en cause de ce modèle du cochon. Nous n’avons pas nous, à rendre en état de ‘’moyen’’, à rendre instruments tout ce qui nous côtoie y compris les hommes   que Dieu a crée. Les hommes ne sont pas des moyens pour nous. Les hommes sont des hommes. Cette civilisation qui prend les peuples entiers pour les transformer en esclave. Qui prend des contrées entières, avec des canons, est Une avec une religion d’ ‘’humanisme’’. Cette civilisation ne fera pas long feu. Aujourd’hui, elle est à bout de souffle(…) Si nous ne pouvons produire aujourd’hui, retenez bien. C’est toujours dans la stratégie du roseau qui plie au lieu de couper les chaînes qui résistent(…) Le roseau est plié dans le sens du vent et demeurer. C’est cette Afrique. L’Afrique a vu la violence avec laquelle le Blanc est arrivée. C’est cette Afrique qui a fait notre survie aujourd’hui. Mais les Incas, les Mayas, les Aztèques, et d’autres brillantes civilisations ont disparu de la terre. Nous, si aujourd’hui nous produisons. Nous, si aujourd’hui nous transformons nos ressources naturelles, ça doit être à la stratégie du roseau. En d’autre terme, par nécessité de survie et donc pas parce que c’est la valeur de la civilisation fondamentale. Le productivisme, nous devons le fabriquer par nécessité de survie et non parce que c’est une des valeurs fondamentales de la civilisation africaine. »

 http://www.dailymotion.com/video/xsjcpo_la-civilisation-du-cochon-kinshasa-2011_news


 3.2. Violence, guerre et politique : le retournement de la ‘’formule’’ de Clausewitz

Dans son œuvre maîtresse, Vom Kriege, Clausewitz (1780-1831) a fortement souligné la subordination de la guerre à la politique. Tout lecteur du stratège prussien a en tête les expressions frappantes employées au chapitre 6B du livre VIII : “La guerre n’est qu’une partie des rapports politiques, et par conséquent nullement quelque chose d’indépendant”. Ou, un peu plus loin : “la guerre n’est rien d’autre que la continuation des relations politiques, avec l’appoint d’autres moyens” (trad. D. Naville, 1955, p.703).

Clausewitz demeure une référence capitale pour les études stratégiques et la science politique, car il a formulé mieux que quiconque le caractère irréductiblement politique de la guerre : la guerre ne se suffit pas à elle-même, elle est un satellite placé dans l’orbite’’ de la politique. En effet, l’étude du retournement de la ‘’Formule’’ de Clausewitz n’intéresse pas seulement les études géostratégiques. Elle touche aussi à la sociologie et la théorie du politique. À travers leur interprétation de Clausewitz, des auteurs comme Michel Foucault ou Carl Schmitt engagent une conception du politique et du social dans son rapport à la violence. Ces auteurs cherchent tous à mettre en évidence, chacun selon des modalités différentes, le rôle moteur de la violence dans l’action politique, la guerre étant considérée comme l’ultime épreuve de vérité pour les sociétés. Cependant, le cas de Boko Haram ou d’autres groupuscules criminels islamistes, qui ont mis la Libye, la Syrie, le Mali, la République Centrafrique…en déliquescence, font partie de la privatisation de la violence. Les interventions directes des armées impérialistes dans les États membre de l’ONU, sont mal vues par les opinions nationales internationales. Il faut donc user, des « forces sous-marines » et occultes, avec des prétextes fallacieux, pour mener la guerre politique afin de s’assurer du contrôle des ressources humaines et naturelles. 

Nous dénommons la « guerre sous-marine » cet ''instrument'' de la politique occulte (le terrorisme islamique), destinée à contourner la réglementation nationale et internationale, visant à saper les conditions des termes de l’échange que la diplomatie n’a pas été en mesure de régler ou ne veut pas régler.

Classiquement, la hiérarchie des moyens militaires (et en cas de "guerre sous-marine'') et des fins politiques inspire la distinction des trois niveaux de la guerre (tactique, stratégie, politique), qui elle-même fait écho à la ‘’Trinité clausewitzienne’’ (peuple-chef de guerre-chef d’État) : la tactique dépend des soldats (professionnels et citoyens) qui sont issus du peuple (ou des combattants terroristes ‘’fabriqués’’ de toute pièce par les services secrets). Clausewitz considère la guerre comme un instrument politique placé sous l’autorité du pouvoir civil, le rôle du politique étant de fixer à l’action militaire des objectifs précis et ainsi de limiter la guerre à ces objectifs.  Dès lors, quelle est la nature profonde de la guerre ? Est-elle dans la violence déchaînée ou dans la raison politique ? Mais à qui profite la « guerre sous-marine » comme c’est le cas au Nigéria avec Boko Haram? Aux multinationales, bien entendu, avec la couverture des Paradis fiscaux et judiciaires. Parallèlement, le peuple américain est abreuvé de « bonnes intentions »: mettre fin au terrorisme islamique.

D’où une augmentation considérable du budget militaire; la course folle à l’armement; l’enrichissement croissant des marchands d’armes; la dislocation des États agressés et leur mise sous coupe réglée; la destruction des biens publics à l’échelle mondiale; la fragilité des acquis sociaux obtenus après d’âpres luttes de classe; la surabondance des capitaux toxiques; l’accentuation des fractures sociales; le renforcement du mercenariat et du crime organisé à l’échelle planétaire.


 3.3. La science de la peur

 L’écrivaine Canadienne Naomi Klein, dans son ouvrage ‘’La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre’’, édition LEMÉAC/ Actes Sud, 2008, nous apprend que :

« La stratégie du choc imite la démarche en tentant de reproduire, à l’échelle d’une société, les résultats obtenus avec un seul détenu dans une cellule de prison. À cet égard, l’exemple le plus probant est le choc du 11 septembre, qui, pour des millions de personnes, fit voler en éclats le ‘’monde familier’’. Il déclencha du même coup une période de désorientation et de régression que l’administration Bush exploita de main de maître. Soudain, nous nous retrouvions en quelque sorte en l’an zéro. Tout ce que nous savions du monde relevait d’ ‘’avant’’ la catastrophe. Nous, les Nord-Américains, qui de toute façon connaissions mal notre histoire, formions désormais un État vierge, une ‘’feuille blanche’’ sur laquelle ‘’on peut écrire les mots les plus beaux et les plus nouveaux’’, ainsi que Mao le dit à propos de son peuple. Une nouvelle armée de spécialistes se chargea aussitôt d’écrire des mots beaux et nouveaux sur la table rase de notre conscience traumatisée :’’choc des civilisations’’, ‘’axe du mal’’, ‘’islamo-fascisme’’, ‘’sécurité intérieure’’.

Pendant que les citoyens étaient mobilisés par de nouvelles guerres culturelles aux conséquences mortelles, l’administration Bush accomplit ce dont elle n’aurait pu que rêver sans les attentats du 11 septembre : lancer des guerres privatisées à l’étranger et créer un complexe de la sécurité assujetti au contrôle du privé à l’intérieur des frontières des États-Unis.Voici donc comment fonctionne la stratégie du choc : le désastre déclencheur-le coup d’État, l’attentat terroriste, l’effondrement des marchés, la guerre, le tsunami, l’ouragan-plonge la population dans un état de choc collectif. Les sifflements des bombes, les échos de la terreur et les vents rugissants ''assouplissent'' les sociétés, un peu comme la musique tonitruante et les coups dans les prisons où se pratique la torture. À l’instar du prisonnier terrorisé qui donne le nom de ses camarades et renie sa foi, les sociétés en état de choc abandonnent des droits que, dans d’autres circonstances, elles auraient défendues jalousement. Jamar Perry et les autres évacués entassés dans le refuge de Baton Rouge devaient renoncer à leurs logements sociaux et à leurs écoles publiques.

Après le tsunami, les pêcheurs sri-lankais devaient céder aux hôteliers leurs précieuses terres du bord de la mer. Si tout s’était passé comme prévu, les Irakiens, eux, auraient dû être sous le coup du choc et de l’effroi au point d’abandonner aux bases militaires américaines et aux zones vertes la maîtrise de leurs réserves de pétrole, de leurs sociétés d’État et de leur souveraineté. » (pp.27-28)

Vidéo : La stratégie du choc

 http://www.youtube.com/watch?v=ZXgFPpGmoSk


 La "thérapie du choc" est également employée dans le domaine de la santé. C’est ainsi qu’en inondant le public des publicités et des effets dévastateurs des cancers, la population consent à une augmentation du budget alloué à la "lutte contre les cancers", qui en réalité, profite aux firmes pharmaceutiques qui fabriquent des chimiothérapies dont les doses sont hautement toxiques pour les patients :

« L’utilisation du cancer dans le discours politique encourage le fatalisme et justifie de mesures ‘’rigoureuses’’ tout en renforçant l’idée largement répandue que cette maladie est obligatoirement mortelle. Le concept même de la maladie n’est jamais innocent. Mais on pourrait répondre que les métaphores liées au cancer portent en elles, et implicitement, l’idée de génocide. » (Susan Sontag, La maladie comme métaphore, traduit de l’anglais par Marie-France de Paloméra, 1993)

Pour Milton Friedman dans une lettre adressée au général Augusto Pinochet, le 21 avril 1975 :

« Si cette méthode de choc est adoptée, il faut, je crois, l’annoncer publiquement et en détail et procéder sans tarder. Plus le public sera pleinement informé, et mieux ses réactions en faciliteront l’ajustement. » (Milton Friedman et Rose D. Two Lucky People. Memoirs, University of Chicago Press, Chicago, 1998, p. 592).

Dans les années 90, les pays africains ont subit de façon effroyable la thérapie du choc, à travers les mesures d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, ayant pour conséquences une augmentation croissante des dettes; le démantèlement des services sociaux de base; la destruction du tissu social et l’éclatement des familles; la mise au chômage de million de travailleurs; la pauvreté galopante; l’exode rural. Dès lors, des milliers de bras valides se sont retrouvés pris au piège d’une immigration clandestine. La fuite des cerveaux du Sud vers le Nord, étant le butin de guerre des « choqueurs » de la mondialisation-globalisation.

Pour Eduardo Galeno, 1990 :

« Les citoyens étaient en prison pour que les prix fussent en liberté. » (Lawrence Weschler, A Miracle, a Universe. Setting Accounts with Torturers, Pantheon Books, New York, 1990, p. 147.)

Boko Haram apparaît comme le cheval de Troie pour mettre en application la politique occulte de l’Oncle Sam, afin de créer un état de choc mondialisé, pour asseoir ses bases militaires en Afrique et s’assurer le contrôle des ressources naturelles et humaines.

 4. Boko Haram, la face cachée d’AFRICOM

Dans un article du Réseau Voltaire, on peut lire ceci :

« A l’horizon 2013, un quart du pétrole et des matières premières consommés aux USA devraient provenir d’Afrique. Sur la base de constat, un think tank israélo-états-unien l’Institute for Advanced Strategic & Political Studies (IASPS) a préconisé la création d’un commandement militaire US pour l’Afrique, l’Africom. Il a été inauguré par l’administration W. Bush à la fin de son mandat et placé sous le commandement du général afro-américain William E. Ward, ancien coordinateur de la sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne. L’annonce de ce dispositif a suscité une forte résistance en Afrique et aucun État n’a accepté d’héberger le commandement général, lequel s’est en définitive installé en Allemagne (Stuttgart) et en Italie. La montée en puissance de l’Africom devrait s’articuler autour de la base US de Djibouti où stationnent déjà des troupes israéliennes. Une emphase particulière devrait être portée au contrôle du Golfe de Guinée. Dans un premier temps, pour des raisons diplomatiques, elle devrait prendre la forme d’un réseau de petites bases, plutôt que de la construction de grandes installations. »


 AFRICOM GO HOME
 


 Le Politologue et universitaire Aziz Salmone Fall du GRILA (GROUPE DE RECHERCHE ET D'INITIATIVE POUR LA LIBERATION DE L'AFRIQUE, fondé en 1984), a récemment produit un documentaire AFRICOM GO HOME.

Voici ce qu’il écrit en substance :


« Bases étrangères hors d'Afrique est un film document dans le cadre du cinquantenaire des "indépendances" africaines, (OUA 1963 -2013). C'est un document de contre propagande et de sensibilisation, aux fins non commerciales, et d'usage d'archive et de consultation.
Ce document vidéo est une interprétation personnelle de l'enjeu géopolitique africain et mondial. Il n'engage que l'auteur et nullement la responsabilité du GRILA et de ses membres. Le film s'adresse aux dirigeants africains, aux panafricains, aux internationalistes et à la jeunesse africaine préoccupés de la condition de l'Afrique dans le système monde. Il compare la vision des pères progressistes du panafricanisme à celle des tenants de la domination et leurs alliés locaux.

L'objectif de ce document est une contribution subjective au suivi de la déclaration AFRICOM go home, signée par une cinquantaine de personnalités et d’organisations africaines et allemandes qui s'opposent à la présence de l'AFRICOM en Allemagne comme en Afrique. Ce document audiovisuel est articulé sur des images du WEB dont les auteurs ne portent aucune responsabilité dans le traitement du film. 
Le document audiovisuel est bâti sur les enjeux fondamentaux suivants :

Le suivi de la déclaration Africom Go home et le bien fondé de cette déclaration
,

L'histoire et l'évolution de la présence militaire impérialiste et néo coloniale en Afrique sur les 50 ans,

L'avènement de l'AFRICOM, son décryptage et celui des rivalités et visées impérialistes sur le continent,

mais aussi leur surveillance réciproque et leurs contradictions dans la lutte contre le terrorisme,

La dénonciation de l'extension rampante et faussement humanitaire de l'AFRICOM en Afrique et sa position en Allemagne ainsi que dans toute une série de bases,

Les contradictions des africains et leurs organisations à se défendre contre les conflits liés au pillage des ressources et l'accès au territoire,

La nécessité de la résistance panafricaine et internationaliste et la repolitisation démocratique de notre jeunesse.

Le film suit la visite du président Obama en Allemagne et en Afrique, traque les positions de divers présidents européens, américains, africains et chefs militaires de l'AFRICOM, comme ceux et celles qui s'opposent à elle. Il fait le bilan de la politique sécuritaire du continent et s'attarde sur l'influence des néo-conservateurs américains et la poursuite actuelle de certaines de leurs politiques, y compris à travers des puissances régionales. Il explicite les agissements de l'impérialisme et du néocolonialisme, et les processus de cooptation de nos élites, de nos dispositifs militaires comme de nos sociétés civiles. Illustration de bavures graves auxquelles on s'expose lorsque ces bases s'installent. La responsabilité de nos élites est engagée autant que celle de leurs commanditaires.


Recension de toutes les bases existantes qui ceinturent ou infiltrent le continent africain, la position de l'OTAN, la vulnérabilité et la mise en tutelle de l'Union africaine, et la montée des convoitises surgissant de la présence de pays émergents, comme les BRICS. Il creuse l'hypothèse de l'enjeu de la rétrocession de l'or de l'Allemagne détenue aux Etats Unis, en France et en Angleterre, et la prééminence de la Chine dans l'enjeu monétaire, comme un des éléments d'explication du fait accompli de l'établissement de la base militaire en Allemagne, mais aussi une des causes de la crise au Mali. Le film divulgue au monde l'existence de la base de l'AFRICOM en Allemagne. Il apporte surtout un éclairage sur les efforts courageux de citoyens et de parlementaires du parti Linke, rend hommage à la plainte en justice qu'ils ont déposée contre les frappes par drones et assassinats ciblés de l'AFRICOM.

Au delà de l'enjeu sécuritaire, le film montre comment la crise du capitalisme, et le sous-développement sont un terreau fertile pour le culturalisme, l'intégrisme, le populisme et le terrorisme qui deviennent alors autant de leviers capables de diviser le continent et freiner sa souveraineté.
Les formules censées assurer la sécurité africaine sont concoctées par l'AFRICOM et l'OTAN. Le film est un plaidoyer pour un développement autocentré plus équilibré, la redécouverte de la marge progressiste de l'État et l'accélération de l'intégration panafricaine dans une perspective internationaliste et pour un monde polycentrique défendant le «bien » commun de l'humanité. »

A regarder absolument. Note. Le son n'est disponible qu'à partir de 1min20s

http://www.youtube.com/watch?v=2Wu8vC9MLoU

 Le journaliste Glen Ford de ‘’Mondialisation.ca’’, dans son article du 10 juin 2014 nous informe que :

« L’Afrique est un territoire occupé. L’Union africaine ne prétend même pas être responsable de ses propres missions de maintien de la paix, qui sont devenues en fait des opportunités pour les forces armées africaines de se faire payer pour faire le job de l’Occident. La Chine et le Brésil peuvent recueillir la part substantielle du commerce avec l’Afrique, mais les hommes disposant des armes à feu sont fidèles à l’AFRICOM – le papa gâteau pour la classe militaire africaine. Les troupes étatsuniennes dorment maintenant dans les casernes africaines. Elles sont les frères d’armes des officiers africains et peuvent déterminer les futurs présidents africains. Le rythme de la pénétration étatsunienne de l’Afrique de l’Ouest s’est accéléré de façon spectaculaire depuis 2011, quand Obama (Sarkozy et Cameron, ndt) a liquidé le gouvernement libyen de Mouammar Kadhafi, installant un flux de jihadistes et d’armes vers la Syrie et vers le Sud pour déstabiliser les nations du Sahel. »

 L'Afrique sous très haute surveillance américaine, cliquez ici

La guerre secrète des États-Unis en Afrique, cliquez ici

Boko Haram : le bras armé de l'Occident pour détruire le Nigéria et chasser la Chine du Golfe de Guinée, cliquez ici


 Gaz et Pétrole: Comment la France a Mené une Guerre Contre la Libye pour du Pétrole

http://www.dailymotion.com/video/xwwhm3_gaz-et-petrole-guerres-secretes-special-investigation-comment-la-france-a-mene-une-guerre-contre-la_news

5. La guerre contre Boko Haram et l’enfumage du peuple

Voici les raisons pour lesquelles le fait, pour les « États berlinois » de la postcolonie, de déclarer la guerre à Boko Haram (CIA, Qatar), relève de l’enfumage du peuple. L’acquisition, la gestion, la conservation et la transmission du pouvoir, relèvent du  modèle de spoliation politique type Patrimonialisme rationalisé.

Le Professeur Jean-François Médard est assez explicite :

« Je constate que la plupart des systèmes politiques africains qui ont connu une stabilité ont été construit autours d’un homme. On peut parler du ‘’système Houphouët’’ en Côte d’Ivoire, du ‘’système Kenyatta’’ au Kenya et du ’’ système Bongo’’ au Gabon. Comme l’on peut parler des systèmes locaux de pouvoir personnel autours des grandes villes. Je viens de Bordeaux où nous avons connu pendant longtemps le ‘’système Chaban’’. J’ai d’ailleurs travaillé sur ces derniers avant d’aborder le régime africain, ce qui a été une très bonne passerelle.

C’est un système de pouvoir personnel que j’aborde à partir de travaux d’un grand sociologue Allemand, Marx Weber. Il a travaillé sur les Mérovingiens, les Chinois,…et non sur l’Afrique. Mais il a élaboré la notion de  patrimonialisme et de domination patrimoniale, type traditionnel de domination. Cette domination patrimoniale se caractérise par le fait qu’il s’agit d’un système politique différencié dans la mesure où un chef commande à des personnes qui ne sont pas ses parents. Cependant, la logique du pouvoir repose sur la confusion du public et du privé, le chef patrimonial gouvernant son royaume comme une propriété privée. Ce patrimonialisme peut être transposé dans le contexte africain. Je parle alors de néo-patrimonialisme parce qu’il ne s’agit pas d’un système de pouvoir traditionnel. C’est un système qui, formellement, comprend un Etat comme le nôtre, avec des tribunaux, des administrations et des lois. Mais les agents de l’Etat privatisent leurs fonctions, du sommet à la base, ce qui conduit à la patrimonialisation d’un Etat bureaucratique.

Le  système patrimonial se caractérise par deux éléments :

1. la personnalisation du pouvoir

Non seulement parce qu’il s’agit d’un pouvoir personnel (contrôlé par un individu et structuré autour de celui-ci), mais aussi parce que toutes les relations politiques sont personnalisées. Il n’existe pas de relations abstraites à l’Etat, il est question de relations d’amitié, de clientélisme et de népotisme: tout un tissu de relations personnelles irriguent et font fonctionner le système de pouvoir.

2. la confusion du pouvoir et de la richesse

Les ressources économiques et politiques sont interchangeables, et c’est l’accès au politique qui ouvre celui à l’économique. La clé est de contrôlée le pouvoir politique, ce qui conduit à l’accumulation et la richesse. Il existe ensuite une interaction entre les deux types de ressources mais, dans le contexte africain, où il n’existe ni développement économique ni bourgeoisie, c’est évidemment la classe politique au pouvoir qui a l’accès direct aux ressources économiques. L’enjeu fondamental  de la lutte politique consiste non seulement dans les positions de pouvoir, mais aussi de l’accumulation.Ceci s’applique à mon avis parfaitement au cas du système politique gabonais, avec des nuances. Il faut d’abord tenir compte du fait ce que tout le monde sait que le Gabon est un pays minier et non agricole, ce qui concerne en particulier le pétrole. C’est donc un Etat rentier, la base économique de l’Etat reposant sur la rente minière et non sur la production et le travail.

Le système est différent en Côte d’Ivoire .Si Félix Houphouët-boigny prélevait sa quote-part par le biais de caisse de stabilisation, la croissance de la Côte d’Ivoire reposait sur sa mise en valeur économique et le travail de la population. C’est un élément important, car nous constatons que les Etat miniers sont plus naturellement enclin à la corruption et la prédation que les Etat non miniers avec une exception, cependant: le Botswana, Etat minier fondé sur lez diamant, que sa classe dirigeante a su gérer en investissant  dans le développement.

Nous nous trouvons dans le cas du Gabon, en face d’un système politique où le Président est véritablement le propriétaire de l’Etat .Il gère donc son pays comme il gère sa propriété privée. Le problème fondamental d’un chef d’Etat Africain dans un contexte extrêmement contraignant, est la survie politique. Pour survivre, lorsque l’on ne bénéficie pas d’une légitimité intrinsèque, le pouvoir doit s’appuyer sur certains ressorts. Au Gabon, le ressort essentiel est la redistribution à laquelle M. Bongo fait d’ailleurs allusion de façon intéressante dans son ouvrage. En effet, si l’on veut solidifier son pouvoir et se créer des soutiens, il faut se créer des clients. C’est là que réside tout l’art politique.

Il faut d’abord extraire les ressources (ce qui n’est pas difficile dans la mesure le pouvoir politique les contrôle) puis les redistribuer, car sinon on scie la branche sur laquelle on est assis, ce qui pose des problèmes d’instabilité politique. Les chefs d’Etat Africains qui ont duré sont ceux qui ont su redistribuer. Cependant, il ne s’agit pas de redistribuer en fonction d’une loi générale applicable à tous, car tout est basé sur le favoritisme à travers le jeu de la grâce et de la disgrâce. On arrive en faisant tourner la distribution, à contrôler le pays, puisque les personnes qui bénéficient à un moment donné d’une faveur en sont reconnaissantes et tirent une obligation loyauté. Quand elles perdent cette faveur, car il faut bien en faire profiter d’autres, elles se soumettent encore davantage, au lieu de se rebeller, en espérant que la prochaine elle sera plus importante. Tout le jeu repose sur l’extraction, et une redistribution de type clientéliste.

Je fais une distinction entre deux systèmes politiques : ceux qui fonctionnent selon un mode de régulation patrimonial ou ‘’Patrimonialisme rationalisé’’, et ceux qui arrivent à survivre par la redistribution. Le Gabon appartient à la première catégorie, il se rapproche en cela des systèmes camerounais, kenyan, ivoirien, etc. A l’autre pôle, existent des systèmes qui ne se préoccupent pas de la survie à court terme et se montrent beaucoup plus violents Ils ont recours à l’extorsion et à la prédation violente directe, ce qui fait référence aux cas les plus extrêmes et les plus sanglants de systèmes politiques africains, et aux ‘’seigneurs de la guerre’’. Dans ce cas, le pouvoir politique cherche à contrôler directement les mines, à en extraire les ressources en à s’enrichir sue cette base. Le Gabon s’inscrit plutôt dans ce que j’appelle le ‘’patrimonialisme rationalisé’’. C’est grosso modo mon analyse du système gabonais dans sa dimension  interne, une autre de ses caractéristique étant la dimension externe : il s’agit non seulement entre le chef  et se sujets mais aussi entre le Gabon et la France.


J’en viens à l’idée de : ‘’Françafrique’’. Ce terme a été repris par M. Verschave, mais je l’assume totalement. En effet, seulement c’est une belle image (on retrouve le mot fric dans Françafrique), mais aussi un véritable concept. C’est la meilleure expression permettant de caractériser le tissu très particulier de relations qui s’est créé  entre la France et les pays Africains qui sont ses anciennes colonies voire avec d’autres.

La Fançafrique est un concept original. Il n’existe pas d’ ’’angloafrique’ ou de ‘’belgioafrique’’.  En ce sens, le type de relations entre la France et les pays Africains de la Françafrique  illustre parfaitement l’expression de ’’néocolonialisme’’ dont il a à mon sens été abusé. Le néocolonialisme repose sur un tissu d’échanges complètement mélangé. Nous pouvons tout d’abord l’analyser en terme de relations de clientèle qui, normalement s’appliquent aux relations entre individus inégaux contrôlant des ressources inégales, et qui les lient de façon affectifs sur la base d’échange de services .On devrait pas, dans le cas de relations entre Etats, parler de relations de clientèle puisque les Etats sont censés être des abstractions. Mais c’est différent dans le contexte franco-africain, les relations entre la France et ses anciennes colonies ne sont pas des relations entre des Etats comme les autres.

On peut parler de clientélisme franco-africain à double titre, tout d’abord étant donné le nature de l’échange et ensuite par rapport à la personnalisation de celui-ci .Il s’agit d’un échange entre inégaux, avec d’une part le patron, qui contrôle des ressources critiques pour le client et d’autre part le client qui a inversement besoin de ce patron pour sa survie.C’est sur cette base que des échanges de services de toute nature vont se créer.

Les Etats Français et Africain sont enracinés dans un tissu de relations interpersonnelles qui lient les membres des classes dirigeantes et des élites à la fois politiques et économiques, de nos pays respectifs .C’est très caractéristique aujourd’hui, lorsqu’on constate les relations amicales qu’Omar Bongo entretien avec des membres de notre classe dirigeante Toute la Françafrique a été fondée sur des relations amicales, avec des échanges sociaux entre les membres de nos classes dirigeantes .Sa principale caractéristique est, selon moi le mélange des genres, à travers des échanges personnels privés et amicaux mais aussi publics. C’est le rapport entre les Etats qui est en question, car les relations d’amitié sont instrumentalisées au profit de relations d’Etat et inversement. Il s’agit aussi d’échanges politiques et économiques mélangés. En effet, Omar Bongo passe pour financier tous les partis français, ce qui indiquerait que les Français sont corrompus, mais dans d’autres cas c’est l’inverse .On ne peut pas distinguer les corrupteurs des corrompus, car cela joue dans les deux sens. Enfin, un leader africain est fragile et a besoin de protection.C’est la raison pour laquelle la France remplit un rôle de protecteur à la fois militaire, politique et économique.

En 1960, le général De Gaulle a été obligé d’accorder l’indépendance, instaurant une nouvelle légalité internationale formelle. En même temps, il chargeait son bras droit, Jacques Foccart (homme de l’ombre de gaullisme, Jacques Foccart est l’ancêtre les réseaux franco-africains depuis l’Indépendance. Secrétaire général de l’Elysée sous la présidence du général le Gaulle, chargé du domaine réservé Afrique et Services, puis conseiller personnel pour l’Afrique de Georges Pompidou, il est devenu le conseiller personnel de Chirac à Matignon de 1986-1988 puis à l’Elysée, de mai 1995 jusqu’à sa mort en 1997), de faire exactement l’inverse pour des raisons stratégiques c’est-à-dire de maintenir la dépendance d’un certain nombre de pays.

Il l’a fait  en sélectionnant  des chefs d’Etat amis par la guerre civile (comme au Cameroun, une guerre épouvantable qui a fait entre 100 000 et 400 000 morts), par l’élimination physique comme celle de Sylvanus Olympio au Togo (premier Président élu du Togo indépendant, il a été assassiné le 12 janvier 1963 par le feu Etienne Gnassingbé Eyadéma) ou du Centrafricain Barthélemy Boganda, disparu dans un accident d’avion, ou par la fraude électorale massive. Avec ces chefs d’Etat amis à la France, ont pu être  maintenus les "intérêts de la France", moyennant une omniprésence des services secrets et la mise ne place de financements parallèles, comme ceux que l’on voit aujourd’hui émerger dans l’affaire Elf. C’est comme dans un iceberg : la réalité la plus profonde est fort différente de l’apparence. Quand vous voulez gérer une dépendance et que vous proclamez une indépendance, cette gestion se fait forcément avec des moyens illégaux, occultes. » (Extrait de Noir Procès, François-Xavier Verschave, édition les arènes, mai 2001, pp. 291-293).

À la lumière des enseignements du Pr Jean François Médard, nous constatons que dans le système de clientélisme politique (Patrimonialisme rationalisé), il n’existe aucune « fusion » entre les « dirigeants » et le peuple. Les deux ne font pas corps unique. Le peuple est pris en otage par la pseudo-bourgeoisie à la mélano-leucodermie. La question de l’ « ennemi » (de qui?) mérite d’être clarifiée. Rappelons une nouvelle fois que dans son œuvre maîtresse, Vom Kriege, Clausewitz (1780-1831) a fortement souligné la subordination de la guerre à la politique. La ‘’Trinité clausewitzienne’’ (peuple-chef de guerre-chef d’État), suppose que la guerre est mené au nom du peuple par les États majors sous la responsabilité du Chef de l’État (ou du Guide du peuple). Or, dans l’écrasante majorité des « États berlinois » de la postcolonie, il se pose un sérieux problème de confiance entre le peuple est le sommet de l’État.


 Quelles sont les leçons à retenir?

Il me semble légitime de poser les questions suivantes :

1. Pourquoi le bourreau doit-il ‘’défendre’ son otage? (Sommes-nous en présence d’un ‘’syndrome de Stockholm’’ à l’envers?)

2. Le peuple étranglé a-t-il mandaté son « serre-gorge » pour le défendre? Le peuple doit-il assurer sa propre défense puisqu’il applique lui-même la « justice populaire » (comme c’est le cas au Cameroun, depuis l’avènement du ‘’Renouveau’’), en raison de la défaillance du système de justice et de protection des masses?

3. Qui est l’ennemi de qui dans cette guerre déclarée?

4. Et puis, gagner la guerre pour qui et pour quoi faire?

 Il me semble utile de préciser que les armées Françafricaines n’ont pas été formées pour défendre le peuple contre un éventuel « ennemi », mais pour mater le peuple en cas de rébellion contre l’ordre colonial ou néocolonial. Ce fut par exemple le cas au Cameroun dans le courant de l’année 2000 avec le ‘’Commandement opérationnel’’ et au mois de février 2008 où on a assisté à la mise en application de la guerre psychologique. Durant ces périodes funestes, l’armée a été déployée massivement dans les rues pour envoyer des milliers de Camerounais dans des fosses communes. Le peuple « choqué », s’est résigné et a abandonné tout sursaut de revendication de ses droits, même les plus élémentaires. L’expression « ON VA FAIRE COMMENT ! » est assez illustrative de la thérapie de choc collectif, laissant le champ libre à la « kleptocratie ». Boko Haram, apparaît comme une bestiole qui se pose sur une plaie surinfectée. Dans cette guerre contre Boko Karam, le peuple peut-il légitimement faire confiance à cette armée pour assurer sa sécurité et la protection de ses biens?

Une armée et un gouvernement peuvent-ils gagner la guerre sans être en « harmonie » avec le peuple dont ils sont ‘’sensés’’ protégé?

Les personnes qui jubilent parce que la guerre est déclarée contre Boko Haram, doivent comprendre qu'elles se mettent résolument dans la logique d'une victime qui danse au son du tamtam de son bourreau tout en ayant illusion de s'échapper au moindre mouvement si ce dernier se fatigue de taper sur le tamtam. Or, il ne cessera jamais de taper sur le tamtam car le fait pour la victime de danser à son rythme, est la condition sine qua non pour que lui, le bourreau se maintienne en vie. La seule façon pour la victime (prise en otage par le son du tambour de son bourreau), de se libérer, c'est soit de percer le tamtam, soit de briser les bras de son bourreau afin qu'il arrête de taper sur le tamtam. Mais, il est plus facile de se libérer en arrêtant tout simplement de danser au son du tamtam du bourreau, et inventer son propre rythme de danse. Finalement, le bourreau pourra se fatiguer de taper sur son propre tamtam car il se rendra compte qu'il tape dans le vide. Qui plus est, à la longue, il pourra même imiter le son du tamtam de sa victime provisoire. Dès lors, la peur changera de camp.


En guise de conclusion

Le peuple doit prendre son destin en main par une insurrection-révolution suivie d'un enracinement (redéfinition de l’identité culturelle, retour aux Humanités Classiques Africaines), pour mettre fin à la "République des Évolués". Cela suppose une rupture paradigmique et épistémologique.

Face aux actes terroristes et au sabotage de leurs investissements, pour protéger leurs investissements et leurs  intérêts sur le continent noir, les Chinois vont se résoudre à installer aussi leurs bases militaires partout en Afrique et le piège final va se refermer sur les Africains. Sans une insurrection-révolution suivie d'un enracinement, nous devons nous préparer à passer les 20 prochaines années dans la douleur et les tourments. Nous aurons des comptes à rendre à la future génération. Notre couardise doublée d'une absence de vision à long terme va nous coûter très cher. Continuons de dire "ON VA FAIRE COMMENT!" et attendons "Jésus le Sauveur".

 Les Africains appellent le pillage passif de leur pays, la paix.

L’édification et la protection d’un État fédéral d’Afrique noire, passe obligatoirement par la mise sur pied d’une armée continentale forte. Pour ce qui concerne la défense anti-aérienne. Il n'y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons anti-aériens. Qui plus est, les cartes géographiques dont disposent les états-majors datent de l’époque coloniale et ne reflète en rien la réalité. Aucun pays n'a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d'aéronefs suspects dans son espace aérien sans l'aide de forces étrangères, voilà pourquoi la CIA et le Qatar n’ont eu aucune difficulté à introduire leurs sbires de Boko-Haram au Nigeria.

Les roitelets nègres croyaient être à l’abri des attaques de la France en signant les humiliants « Accords de défense». Mais, nous savons bien que c’était pour mater les populations en cas de rébellion, et non pour faire face aux grands enjeux que nous dictent les descendants de Napoléon. La conséquence de cette inertie ? Aujourd'hui, des pays comme les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d'une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu'en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques. Je suis certain que Koudou Gbagbo serait encore au pouvoir si l’armée ivoirienne disposait seulement de 6 avions de combat F-16, ou un seul avion furtif, voire un bombardier B-52.

C’est pourquoi, j’appelle instamment la Nouvelle Génération Consciente et Patriote, à inscrire dans son programme politique, une part importante à un armement ultrasophistiqué. La création d’un centre continental d'études géostratégiques, de recherche et d'application sur les systèmes de défense, s’avère capitale. C’est une question de survie!

Chaque État fédéral d’Afrique noire doit accepter de donner au moins 10% de son budget pour le fonctionnement de cette structure continentale. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour peu afin de nous livrer des armes sophistiquées (fabriquées sur le continent, si cela est possible).

  L'Afrique manque de pédagogie axée sur la gravité:

 http://www.youtube.com/watch?v=ypPbvh2yVL0

  Bombe atomique africaine : conquérir la paix par la force, cliquez ici

 Du point de vue géostratégique, sans une armée puissante, nous ne serons jamais respectés et tous nos investissements vont partir en fumée comme ce fut le cas en Libye, après 6 mois d’intenses bombardements de l’OTAN. Le rapprochement vers les États comme la Russie, l’Inde ou encore le BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud), est vitale. Nous sommes persuadé qu’au lieu d’aller se faire dérouler une tente à Matignon par SARKOZY, le combattant Mouammar Kadhafi serait encore en vie, s’il s’était tourné vers la Russie pour nouer un véritable partenariat gagnant-gagnant. Pour preuve, Bachar al-Assad, le protégé de Poutine est encore en vie et il vient de remporter les élections présidentielles. Le rattachement de la Crimée à la Russie, atteste que Poutine est un excellent géostratège. Alors, ouvrons les yeux et regardons dans la bonne direction. Une autonomie sur tous les plans s'avère nécessaire et inévitable.

Les Noirs ont bâti la plus brillante civilisation humaine de tous les temps (civilisation négro-égypto-nubienne), en tant que précurseurs de l’humanité. Les Noirs ont subit les razzias négrières, donc travail gratuit en tant qu’esclaves. Les Noirs ont subit la colonisation, ils ont des dettes à rembourser en tant qu’indigènes. Les Noirs subissent le néocolonialisme, ils continuent de rembourser des dettes en tant qu’« Évolués ».

 Voici le message du sage Vusamazulu Credo Mutwa pour l'humanité:

 http://www.dailymotion.com/video/xfxr4l_credo-mutwa-avant-que-la-mort-me-clore-les-yeux_news


Vie, Santé, Force!

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