Le griot : le porteur de la parole en Afrique noire profonde - Page 4

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 Le cri de coeur du Fo'o Sokoudjou

Qui part dire à ceux avec qui nous étions ce que le derrière est devenu.

C'était le 6 février 1953, après un séjour de près de 7ans a Oveng adopté par une famille Béti, que je revenais a Bamendjou manger la maison de mon père et j''avais alors 17 ans. Rien n'a été facile jusqu'à ce jour rien n'est facile.

A partir de 1955, soucieux du devenir de ce pays malgré mon jeune âge, j'ai pris une part active à la lutte d'indépendance et à la libération de mon pays.

J'ai refusé que je ne pouvais pas arrêter ma nourriture entre mes mains, laisser le colon blanc manger et je ne sois réduit qu'à ne lécher que les feuilles.

Cela m'a valu torture, misère, brimades et par moment j'ai frôlé la mort mais mes ancêtres m'ont toujours gardé. Ces colons m'ont fessés, m'ont torturés, m'ont emprisonné mais jamais je n'ai fléchi car pour moi le pays de quelqu'un n'est comparable a rien.

Nous nous sommes battus mais l'indépendance à été passé par la fenêtre et remis a ceux qui n'avaient rien demandé et on s'est dit "au lieu que ça se brûle, mieux ca cuit mal". Le blanc noir à pris la place du blanc et malgré tout nous continuons la bataille pour la construction de ce pays.

Le café est prospère, les planteurs vivent du fruit de leurs travail, les FO'O sont dignes et donnent de la valeur à la chefferie, la royauté pèse, chacun voit comment la plante Cameroun lance les légumes et la récolte du haricot est abondante . Malgré que nous soyons dans un régime ou personne ne peut ouvrir la bouche, chacun mange à sa faim et dort son sommeil sans tousser.

Aujourd'hui ou en sommes nous?

La tête fibrée du macabo qui était réservé au porc est devenue le principal repas de la famille, la banane qui nourrissait le cochon est devenu le remède face à la dureté des temps....qui pouvait l'imaginer que ce pays ci allait se retrouver a ce niveau aujourd'hui ?

Le peuple côtoie la misère, la souffrance au quotidien sous le regard méprisant des dirigeants qui vivent dans une richesse insolente et que quelques uns arrêtent seulement leurs corps pour ne même pas essuyer leurs fesses avec les billets d'argent!

Qui part dire à mon père Atangana Simon qui m'avait adopté a Oveng que le pays est resté se gâter si bien qu'on me rappelle chaque jour que mon village c'est Bamendjou a l'ouest du pays!!!!

Qui part dire à Ernest Ouandié, à Abel Kingué, à Roland Moumié, à Um Nyobe, à Ossende Afana que le pays est resté se gâter si bien que les mangeurs ne saluent plus les travailleurs.

Qui part dire à ceux la qui, soucieux de l'avenir des enfants de demain avaient rempli le grenier avant de partir que les souris sont restés ronger tous les arachides qui étaient dans le grenier?

Qui part dire à ceux là avec qui nous étions que voici que tout est resté se gâter si bien que en allant aux élections nous connaissons déjà la part de chaque candidat qu'il aura!!

Qui part dire au FO'O Abega Martin des Ewondo a Efoufan( Efoula Meyong qui veut dire rencontre de toutes les tribus)que le pays est resté se gâter si bien que ses enfants ne peuvent plus se couper un morceau d'eau. Le derrière s'est tellement gâté qu'on identifie déjà les ressortissants de chaque tribus et leur montre la route qui va chez eux .

Qui part dire au Lamido Bouba Ndjida de Rey Bouda que le derrière est resté se gâter au point où le FO'O est à la cuisine lui même pour couper sa viande, son serviteur étant devenu son adversaire politique.

Qui part dire au FO'O Alexandre Douala manga Bell que le pays est resté se gâté si bien que les chefs allés au fond de l'eau rentrent sans aucun message des ancêtres parcequ'ils ne reconnaissent plus les visages qui sont devant eux, l'administration ayant tout détruit!!!


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